Partagez | 

 [18+] Prophétie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivantAller en bas
AuteurMessage

avatar

Rikku-chan
Tache d'encre

Messages : 16
Féminin Inscrit le : 18/01/2012
Localisation : Plongée dans mon univers


Message[18+] Prophétie   Publié le : Mer 18 Jan 2012 - 18:39

Prophétie


Trailer :

Description :

Épouse du Désespoir,
Amante de la Souffrance,
Rivale de la Réalité,
Ennemie de la Souvenance.

Toi qui as tout oublié...
Écoute...

Une prophétie te sera révélée, alors que ton passé oublié viendra te hanter...

Sauras-tu le confronter afin d'obtenir la vérité sur celle que tu as, un jour, été ?


¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
Personnages principaux : Kotetsu/Kayla
(Très)Léger OOC.

¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
Crédits :

L'univers et les personnages sont la propriété de Masashi Kishimoto.
Les personnages de Kayla et sa famille sont la propriété de : Rikku-chan.

Le rating de 18+ est en place dû à la violence - très explicite - , autant physique que psychologique, contenue dans cette fanfiction.


Commentaire(s) : Espace commentaire(s)


Avertissement de l'autrice a écrit:

Avertissement : Cette fanfiction s’adresse à un public ayant l’âge légal de la majorité en vigueur dans leur pays. (Entre 18 et 21 ans) Le texte suivant contiendra des scènes pouvant choquer les plus jeunes et, pour cette raison, ne devrait être lu que par des adultes. L’autrice Rikku-chan, l’administrateur/trice du site, et tous ses membres se dégagent de toutes responsabilités face aux lecteurs qui ignoreront délibérément cet avertissement et l’âge requis pour lire cette histoire.

Si un mineur souhaite toutefois lire cette fanfiction dans son intégralité, la pré-lecture des parents est conseillée par l’autrice. Parents qui seront tout à fait capable de juger si leur enfant peut lire ou non ce genre de texte.

L’autrice, Rikku-chan, ne répondra à aucun message de la part des parents ou des lecteurs qui souhaiteraient se plaindre du contenu de cette histoire.

Cet avertissement – plus que visible – vous ayant déjà parlé du contenu de cette fanfiction. En plus du rating clairement indiqué.

Merci de votre compréhension !

_________________________________________________
« Dear God ! I don't want to understand !!! » Tatsumi Souichi

¤ Naruto ¤ [18+] Prophétie


Dernière édition par Rikku-chan le Jeu 19 Jan 2012 - 11:10, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Rikku-chan
Tache d'encre

Messages : 16
Féminin Inscrit le : 18/01/2012
Localisation : Plongée dans mon univers


MessageRe: [18+] Prophétie   Publié le : Mer 18 Jan 2012 - 19:11

Chapitre un
Bienvenue à Konoha


Une jeune femme marchait le long du chemin cahoteux qui menait à Konoha. Elle regardait loin devant elle, laissant le soleil caresser son visage de sa douce chaleur printanière. Elle passa une main dans sa chevelure mi-longue à la teinte d'un riche café. Elle ne masqua pas un sourire face au confort qu'elle ressentait présentement. Le paysage qui défilait au fil de ses pas la laissa rêveuse un instant. Elle qui n'avait connu que les récifs et l'odeur particulière de la mer : le fait de voir et humer les divers parfums de la nature étaient une toute nouvelle expérience.

Son enfance n'avait pas été facile, loin de là. Pendant la Grande Guerre, les petits villages n'avaient pas été épargnés. Les ninjas blessés, perdus, affamés ou simplement en manque de « chaleur humaine » venaient trouver satisfaction à ces endroits où la guerre avait laissé ses traces. « *Taiyou » son village natal, n'y avait pas fait exception. Au souvenir pénible de cet épisode de son passé, son sourire s’était effacé, ses yeux s'étaient voilés, ses pieds s'étaient stoppés. Elle était devenue une statue de sel dans ce décor enchanteur. Tout était toujours si vivant dans sa mémoire qu'elle avait l'impression de le vivre une nouvelle fois. C'était si loin... mais si près tout à la fois.

Elle se souvenait parfaitement de cet après-midi. Celui où tout avait changé...

Les conditions de vie de sa famille étaient loin de susciter de l'envie. Ils n'avaient pas grand-chose pour se nourrir et très peu à boire : que de l’eau de pluie. Ils passaient leurs journées entières dans cette maison – qu’ils ne possédaient pas – à l'allure négligée, presque abandonnée. Les volets étaient clos en permanence – malgré certains qui, dû à leur âge, laissaient voir l'intérieur de certaines pièces –, les occupants ne parlaient qu’à voix basse et seulement lorsque c'était nécessaire : tout ça dans l'espoir de tromper les ennemis. Mais deux d'entre eux ne furent pas dupes. Et ce, par sa faute. Elle avait insisté afin de pouvoir utiliser la toilette. Cependant, son père s'obstinait à le lui refuser. Elle devait se montrer patiente et attendre que la Lune soit levée… seul moment où ils pouvaient compter sur une protection, aussi fragile fut-elle être.

Malgré ses six années, elle comprenait que cette guerre n'était pas un jeu. Qu'un seul faux pas ou une respiration trop forte serait suffisant afin de les faire repérer. Mais quand notre corps était déjà au paroxysme de ce qu'il pouvait endurer, il était bien difficile de le raisonner. Son pauvre père, après des heures à entendre les suppliques de sa progéniture, avait fini par céder. Prudemment, ils avaient pris la direction de l'endroit où elle pourrait enfin se soulager de la trop grande pression qui régnait dans son ventre. Alors qu'ils approchaient de la porte, elle sentit un petit chatouillis. Très léger. Elle se dit que ça ne devait pas être grand-chose. Peut-être était-ce simplement à cause de la poussière qui s'accumulait un peu partout.

Elle commença donc ce pour quoi elle avait dû plaider sa cause, puis de nouveau, la titillation revint. Un peu plus forte cette fois-ci. Nerveuse, elle pinça son nez le plus fort possible, attendant que ça se calme. Mais lorsqu'elle retourna voir son père, un petit rayon de lumière frappa directement son visage.

Puis... un éclat avait résonné dans toute la petite habitation.

Son éternuement.

Et c'est à ce moment précis que tout avait basculé. L'atmosphère était alors devenue très tendue... chacun avait retenu son souffle. À pas de loup, sans un mot, ils s'étaient empressés de se cacher. Son père avait levé une petite trappe qui donnait accès à une cachette sous le plancher. Il s'était dépêché de la faire descendre, puis il avait posé son pied sur la deuxième marche de l'échelle provisoire. Il attendait que sa mère et son frère les rejoignissent, mais le grincement de la porte d'entrée avait fait perdre cet espoir au vieil homme. Précipitamment, il s'était laissé glisser en bas de l'échelle après avoir rabaissé les lattes du plancher, seules couvertures de leur abri. Sur la pointe des pieds, il avait rejoint sa fille. Il posa son index sur ses lèvres et malgré le sourire qu'il affichait, le sérieux de son regard couleur de jade lui fit comprendre qu'elle n'avait pas droit à une seconde erreur.

Sa mère s'était levée du sol où elle était précédemment agenouillée. Elle n'avait pas vu son visage, mais elle savait que sa maman devait être en train de sourire, resserrant son frère dans un de ses bras. Et lui. Il devait avoir la moitié de son corps dissimulé par la jupe de la femme, une main agrippant le tissu. Les hommes avaient demandé à être nourris, remerciant le ciel d'avoir trouvé une demeure avec des occupants qui les avaient « accueillis chaudement ». Son petit cœur d'enfant battait si fort dans sa poitrine. Étaient-ce des gentils ou des méchants à qui sa maman avait affaire ?

Elle eut tôt fait de connaître la réponse. De leur refuge, ils entendirent les pattes des rares meubles de la cuisine glisser sur le sol, amenant avec eux un son quelque peu strident. Deux larges mains s'étaient alors posées sur ses oreilles, provoquant un léger bourdonnement qui couvrait faiblement les autres sources de bruit. Elle avait alors levé les yeux vers leur propriétaire. Le visage de ce vieil homme si bon, si doux, s'était vu marqué de traits durs et menaçants. Ses sourcils étaient froncés, réveillant une profonde ride au centre de son front. Ses deux jades avaient, alors, fixé un point qui semblait être juste au-dessus de leur tête.

La dextre de son père s'était resserrée, attrapant par son geste quelques mèches de sa chevelure sombre et fine de fillette. Elle avait entendu des sons étouffés, sans pour autant arriver à comprendre leur nature. Ce ne fut que lorsque cet homme si aimant, celui qui lui promettait des jours encore plus beaux que le précédent, lui qui ne se laissait jamais abattre et qui souriait face à la misère qu'était cette vie, ce ne fut que lorsqu'elle vit des larmes rouler sur son visage qu'elle sut... que la responsable de ça... de sa tristesse... c'était, elle.

Elle versa des larmes silencieuses, tandis que sa petite main s’était tendu sur le bras protecteur de l'homme à la chevelure grisonnante qui avait baissé les yeux vers elle. Dans son regard, la douleur avait été la seule émotion présente, mais elle n’avait pas su la déchiffrer. Tout ce qu’elle avait constaté fut qu’il n’y avait plus cette étincelle, cette lumière, de bonne humeur… à ce moment… tout était si sombre… si douloureux…

« Papa... est-ce que j'ai le droit de pleurer avec toi ? » avait-elle alors pensée.

À ce moment, tout ce qu'elle avait su, était que les perles d'eau qui ruisselaient sur ce visage avaient été provoquées par son erreur. Elle ne savait pas encore que la situation était bien plus grave qu'elle ne le pensait. Elle avait cru qu'il était seulement très inquiet. Jamais l'idée que les étrangers qui étaient dans sa maison faisaient bien plus que se nourrir autour de la table de la cuisine ne lui avait traversé l’esprit.

Il eut une détonation, à laquelle répondit son père par une étreinte ferme et solide. La tête contre son torse, elle avait pu entendre le cœur de son protecteur battre aussi fort que le sien. L'angoisse arriva à son apogée lorsqu'elle avait entendu un second éclat suivi d'une très légère odeur de poudre, bientôt accompagnée par celle de déjections. Sa respiration s’était accélérée, elle avait fermé les yeux le plus fort qu'elle avait pu, ses mains avaient resserré la chemise délavée de son père. Elle avait souhaité que tout s’arrête. Tout ce qu'elle avait voulu, à ce moment, avait été de voir sa maman et son frère assis dans la poussière avec eux.

Des larmes avaient frayé un chemin à travers les paupières fermement closes de la petite fille. Un nœud s'était formé dans sa gorge, emmenant avec lui une puissante étreinte. Ses tempes lui faisaient mal à force de maintenir sa mâchoire fermée, tentant d'empêcher les sons d'une fillette qui sanglotait de trouver une voie libératrice vers ses lèvres.

Elle avait serré ses petits poings, la chemise toujours otage de sa poigne solide d’enfant, au point où elle sentit une douloureuse sensation lui engourdir les doigts. Son père n'avait pas fait un geste pour la réconforter, trop à sa peine et sa colère pour voir la détresse de sa fille ; maintenant, l’unique souvenir de sa famille. Mais la petite fille ne l'avait pas vu de cette façon...

« Papa... me détestes-tu ? »

Les années s'étaient écoulées, lentement. La guerre avait pris fin… tout comme la vie de son protecteur. Le temps n’avait pas été doux à la cicatrisation, bien au contraire. Tous les jours, elle avait senti ses reproches silencieux, chacun des soupirs qu’il avait pu pousser avait été un maillon de plus à la chaine autour de son cœur. Une fois, une seule, elle avait pu voir toute la colère, la rancœur, mais surtout la douleur physique et mentale qu’il avait gardée cachée jusqu’à ce jour où tout avait éclaté.

Qu’avait-elle fait déjà ?

Elle ne s’en souvenait plus. Une phrase de trop ? Un mot ou un geste déplacé ? Elle n’arrivait tout simplement pas à s’en rappeler. Il s’était enflammé. Les sourcils froncés, les lèvres dessinant une grimace agressive : son visage, que disait-elle, son corps tout entier transpirait la haine. L’ambiance était devenue tendue, les rides de son père avaient ajouté une expression inquiétante sur sa figure. À cet instant, elle aurait souhaité disparaître ; ne plus être le rappel constant de cette journée… elle aurait dû être celle sur qui les soldats avaient déversé leur souillure immaculée et non sa mère. C'était son sang qui aurait dû imbiber le bois du sol, pas celui de sa famille. Sans dire un mot, elle avait gardé ses lèvres scellées. L’angoisse avait envahi son corps, la peur avait étreint son corps et la culpabilité l’avait maintenu en place.

Qu’avait-il dit déjà ?

Ah oui…

« Ma fille, que Dieu te pardonne. »

Rien de plus. Malgré son air sévère et terrifiant, il n’avait point hurlé ses mots. Sous un soupir, il avait prononcé cette phrase qui la hantait encore aujourd’hui. Elle avait tenté de la décortiquer dans tous les sens, mais une seule chose s’imposait : il était incapable de lui accorder son pardon… et il espérait que Dieu, Lui, en fût capable. Elle avait détruit la vie de cet homme et elle était face à lui tous les jours pour le lui rappeler. Qui aurait pu lui pardonner ? Elle-même ne le pouvait pas…

Puis lorsque cet être, suffisamment bon pour ne pas la répudier ou la frapper d’ostracisme, s’était éteint, elle avait quitté la vieille maison qui l’avait vue grandir. Au préalable, elle avait mis en terre le vieil homme près de sa femme et de son fils : enfin réunis. Elle avait pleuré pour lui, pour eux, mais souriait maintenant de les savoir ensemble. Ils pouvaient, enfin, rattraper le temps perdu…

Maintenant, elle devait voyager. Elle ne pouvait plus rester dans cette demeure délabrée. Elle ne l’avait fait que pour payer « sa dette » envers son paternel, elle n’avait pas le droit de le laisser seul dans ses souvenirs. Le pauvre en serait devenu fou et se serait, sans l’ombre d’un doute, retiré la vie. Partir aurait été le coup fatal à la douleur de l’homme. Par ce geste, elle aurait envoyé le message clair de son indifférence la plus totale envers cette fameuse journée qui avait fait couler le sang d’innocentes victimes.

Le chemin de gravier accueillait doucement les pieds nus de la jeune fille. Elle savait qu’en suivant cette route, elle trouverait la liberté. Dans les jours heureux, bien avant la guerre, on disait que Konoha était le pays le plus accueillant et prospère de tout le territoire des clans ninjas. Sa réputation n’avait que très peu changé suite à la fin de la guerre. On avait simplement ajouté que ses habitants étaient, à présent, une grande menace pour toutes les nations. Mais cette « menace » ne la concernait en aucune façon ! Elle ignorait tout ce qui concernait les combats, les techniques de chakra et toutes les choses qui s’y rattachaient, mais elle avait un talent indéniable : le dessin. Certes, ce n’était pas extraordinaire ; bien au contraire, c’était même plutôt banal. Cependant, elle qui avait vu les horreurs de ce monde pendant si longtemps, elle avait également su en voir la beauté et ne s’était pas privée de l’esquisser dans son livre usé qui accueillait ses croquis. Depuis longtemps, elle avait voulu les montrer à son père, mais il n’avait eu de cesse de lui répéter que cela était inutile… et ce, même avant le jour fatidique qui avait changé tant de choses.

Plongée si profondément dans ses souvenirs, la pucelle ne remarqua que très tard que le décor s’était assombri depuis un moment déjà : non pas que la nuit s’était levée, mais à présent une dense forêt l’entourait. Les feuilles étaient si près l’une de l’autre qu’elles cachaient facilement le bleu du ciel et les rayons du soleil. Là était le signe indéniable qu’elle verrait poindre, sous peu, le portail du village caché des feuilles. Elle pressa donc le pas, souhaitant ne pas se heurter à des portes closes à son arrivée. Elle les vit enfin une heure plus tard… Fatiguée de son voyage, elle se présenta à l’homme qui était responsable des livres d’accueil.

« Bonjour. » dit-elle simplement.

Le ton léger et accueillant de l’inconnue attira l’attention de Hagane Kotetsu qui releva la tête paresseusement. Sous son regard inquisiteur, elle se sentit quelque peu nerveuse. Elle devait l’avouer, se faire scruter de la sorte n’avait rien de plaisant, bien au contraire. Mal à l’aise, elle sourit légèrement puis annonça le but de sa présence.

« Je ne suis pas une ennemie. Je n’appartiens à aucun village. Je souhaiterais donc remédier à cela en demandant une citoyenneté dans votre pays. » déclara-t-elle doucement et sans bafouiller.

Le ninja au bandage fouilla alors dans un épais cartable d’où il retira quelques feuilles, puis s’activa à trouver une plume qui contenait encore un peu d’encre. Lorsque ce fut chose faite, il invita la demoiselle d’un geste courtois de la main à prendre place sur une chaise qui s’ennuyait près d’une table dans un coin de la petite cabane.

« Vous devez remplir ces formulaires, lorsque ce sera chose faite, vous n’avez qu’à m’en avertir. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser. » formula agréablement le mercenaire.

Il retourna à l’accueil et attendit. Après quelques minutes, il se retourna afin de voir si l’inconnue avait terminé c’est alors qu’il se rendit compte que quelque chose n’allait pas. La jeune femme avait la tête baissée, une main dans sa chevelure. On pouvait facilement voir qu’elle avait honte ou qu’elle était la proie d’un profond embarras. Il s’assit donc face à elle et afficha un doux sourire.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-il.

La jeune femme oscillait entre la colère et la honte, elle n’osait lever la tête. Elle sentit des larmes qui cherchaient à se frayer un chemin jusqu’à ses yeux ce qui eut pour effet de décupler son ire. Elle prit une profonde inspiration, tentant de trouver la force d’avouer la cause de son trouble, mais les mots ne franchirent pas ses lèvres. Elle se trouvait pathétique de ne pouvoir dire une chose qui semblait si banale pour les gens, mais qui se trouvait être très humiliante pour les personnes qui devaient vivre avec ce handicap.

« Mademoiselle ? »

Revenant à ses esprits, elle ravala sa frustration et émit un petit rire : le genre qui n’était pas plaisant d’entendre. Elle ne riait pas d’une blague qu’il avait pu dire ni même d’une situation cocasse. Non, ce rire était destiné à cette pauvre fille qui était extrêmement mal à l’aise. Elle s’éclaircit la voix à l’aide d’un raclement et afficha un sourire en coin.

« Je ne peux pas remplir vos papiers. » lâcha-t-elle platement. « Je ne sais ni lire ni écrire. » avoua-t-elle.

Elle regardait fixement le jeune homme qui se tenait là, tout près. Elle attendait son rire moqueur, une remarque sur le fait qu’à son âge elle devait le savoir ou encore une allusion à son rang social… mais il n’en fit rien. Il tourna les feuilles vers lui et prit la plume qui dormait sur la table.

« Si cela ne vous dérange pas, je les remplirai pour vous. » répondit-il. « Vous n’aurez qu’à signer votre nom : un simple gribouillis sera suffisant ! » plaisanta-t-il.

Est-ce que tous les gens de Konoha étaient comme cet homme ?

Elle le remercia d’un chaleureux sourire, puis ils commencèrent à combler les lignes blanches de diverses lettres à la couleur de feu. Il commença par demander son nom, son âge, le nom de l’endroit où elle avait vécu, le nom de ses parents, etc. Les choses que devaient savoir la Hokage pour permettre ou non la citoyenneté de l’artiste.

« Vous voyez ce cadre blanc, ici ? pointa Kotetsu.
— Oui.
— Vous devez y inscrire des informations additionnelles. Des choses qui vous concernent et pour lesquelles aucune question n’a été posée.
— Comme quoi ?
— N’importe quoi. Une chose utile à savoir.
— Eh bien… je suis une survivante ou une victime, tout dépend du point de vue, de la Grande Guerre. »

Il hocha la tête et prit soin de le noter. Il attendit encore un peu, dans le cas où elle souhaiterait ajouter autre chose, mais elle eut tôt fait de l’avertir qu’il n’y avait rien d’autre. Il lui tourna une feuille afin qu’elle la signe : ce qu’elle fit à sa façon. Une petite fleur terminait la suite de petites vagues indéchiffrables. Le combattant à la barbe discrète se leva donc et invita la demoiselle à en faire de même.

« Nous allons voir la Hokage du village : Dame Tsunade. Elle est autoritaire, mais très aimable… quand on sait s’y prendre. » plaisanta-t-il.

L’immigrante exprima son amusement d’un rire discret et adorable qui caressa doucement l’oreille de l’homme. Ravi que sa blague eût l’effet escompté, il alla d’abord voir son ami d’enfance : Izumo, afin de lui demander s’il pouvait le remplacer. Ce dernier, bienheureux de lui rendre ce service, accepta sans hésiter. Les deux jeunes gens purent alors se rendre à la tour de la chef du village, pendant le trajet, le Chûnin fit office de guide touristique en indiquant les points forts du lieu-dit et ceux à éviter. La pucelle put enfin voir de ses yeux que toutes les paroles, positives ou non, qui lui avaient raconté l’histoire de Konoha étaient fondées. Elle retrouva toutes les échoppes, les boutiques, les restaurants dont on n’avait eu de cesse de tarir d’éloges. Elle eut également la chance de voir la gaieté de vivre des gens : beaucoup de scènes l’inspirèrent, et à plusieurs reprises, elle dut se contrôler afin de ne pas s’asseoir sur le chemin sablonné, son calepin en cuir usé dans une main et son crayon de plomb dans l’autre. Elle savait bien, de toute façon, que ce n’était que partie remise. L’artiste en herbe suivit vigilamment l’utilisateur de Genjutsu, elle tenta de prendre des repères visuels afin de limiter les risques de se perdre. N’ayant pas encore de domicile, elle trouva cela un peu audacieux puisqu’elle n’avait pas de point de départ, mais cela s’avérerait bien utile en temps et en heure. Ils arrivèrent au pied d’une haute tour à la couleur du pays, soit : le rouge. L’éphèbe ouvrit une des portes et laissa la silhouette fine de la vénusté à la carnation basanée s’y introduire, pour ensuite s’engouffrer à son tour. Il lui emboita le pas afin de la guider : bien que le chemin fût d’une simplicité enfantine à suivre, n’ayant qu’un simple escalier à monter et que chaque étage était bien identifié : mais quitte à rendre service, aussi bien le faire jusqu’au bout. Alors qu’il s’apprêtait à toquer, annonçant ainsi sa présence, il entendit un brin de conversation qu’il n’aurait jamais dû entendre. Bien que les paroles fussent étouffées derrière les portes épaisses, il reconnut l’aveu d’un tendre sentiment provenant d’une voix semi-grave et comportant un fin filet charmeur.

« Je crois que le moment est mal choisi… Que diriez-vous si je vous faisais goûter à une des spécialités de Konoha ? »

Déçue de ne pouvoir rencontrer la chef du village après cette si longue marche, elle se réconforta à l’idée de pouvoir manger un repas décent. Mais une petite réflexion secrète la fit soudainement plonger ses mains dans ses poches afin d’en sortir son porte-monnaie. Elle l’ouvrit, un faible espoir illuminant son cœur, mais il fut rapidement chassé. Elle ne put que, à son grand désespoir, constater l’étendue de sa pauvreté : elle n’avait pas un sou. Armée d’un sourire, elle refusa poliment l’invitation de l’homme – prétextant son inappétence – qui ne fut pas dupe de la réelle raison qui avait motivé son choix.

« Comme vous êtes nouvelle ici, je vous invite ! » lança-t-il gaiment.

Mais plutôt que de voir une mine réjouie, il fut surpris de la voir se renfrogner. Elle remit son porte-monnaie dans sa poche et, après s’être assuré visuellement qu’il était bien en place, elle dévisagea le jeune homme.

« Je vous remercie de votre générosité, mais je n’ai nul besoin de plus de pitié venant de votre part. J’attendrai ici que la Hokage ait terminé ses affaires, même si cela implique que je passe la nuit ici. » déclara-t-elle froidement.

Ce ton de voix ne plut pas au soldat qui, plutôt que de partir, attrapa la jeune femme pour la mettre sur son épaule. La pauvre se débattit violemment, ne se privant pas de lui offrir une sérénade d’insultes. Ce spectacle intéressant eut tôt fait d’attirer les regards curieux des quidams, une fois à l’extérieur. Jamais elle n’avait essuyé une telle avanie ! Elle fut transportée de la sorte jusqu’au comptoir d’un petit restaurant où seul un petit rideau assurait une timide intimité. Une fois assise décemment sur un tabouret, le regard torve de l’homme lui fit comprendre qu’elle n’avait pas intérêt à en bouger. Prisonnière de cet homme qu’elle avait trouvé si gentil et amusant, elle baissa la tête : attendant sagement la suite des évènements. Elle entendit sa voix dire deux numéros puis il vint prendre place près d’elle. Quelques minutes passèrent où aucun ne souffla mot. Sans prévenir, un homme arriva et déposa un bol juste sous ses yeux. Il débordait de bonnes choses : un bouillon clair et parfumé avec des herbes qu’elle ne connaissait pas, un œuf, une petite pièce de viande et une portion généreuse de pâtes longues. Elle releva la tête et dévisagea son kidnappeur qui lui fit un petit clin d’œil discret. Alors qu’il prenait une bouchée de son appétissant repas, il entendit le chuchotement d’un « merci » doucereux et sincère. Le cœur léger, il termina son bol, bientôt suivi de la ravissante jeune femme. La note réglée, ils sortirent et reprirent la direction de la tour.

« Nous n’avons pas tous la chance d’avoir la vie que nous rêvons de vivre. Il ne faut pas se sentir humilié face à l’aide des gens. Je n’ai jamais eu à vivre le manque : qu’il fut monétaire ou alimentaire. Même si nous étions bien loin d’être riches, nous avions toujours pu subvenir à nos besoins. Mais je suis parfaitement conscient que tous n’ont pas eu ma chance. Ne confondez pas l’entraide et la pitié. À la vue du contenu de votre porte-monnaie, vous n’avez pas mendié, vous avez simplement repoussé mon invitation. Vous ne cherchez pas à profiter des gens et j’ai pu constater que vous êtes du genre à vous débrouiller seule ; j’ai pu apprendre ça de vous aujourd’hui, alors que nos routes ne s’étaient jamais croisées.»

L’étrangère ne sut quoi lui répondre et même si elle le pouvait, pourrait-il comprendre ? Il ne l’avait que vue, il croyait en saisir le sens : mais il ignorait tout de ce qu’était la pauvreté. Elle le savait, jamais cet homme n’avait connu le supplice que fut le manque d’eau et de nourriture. Il n’avait, sans doute, jamais souhaité l’inconscience plutôt que la faim. Jamais, il n’avait dû regarder les riches gens se nourrir dans l’espoir d’attraper un bout de pain tombé au sol… La pitié des gens lui avait fourni – à l’occasion – un maigre repas : des restants qui auraient dû prendre le chemin des poubelles où quelques charognards se seraient disputés pour obtenir l’intégralité de leur nouveau butin. Mais même si les aliments étaient de maigre qualité, ces rares repas lui avaient fait verser des larmes tant elle était heureuse de pouvoir se mettre un morceau sous la dent. Son père, absent du monde réel, avait toujours refusé net de partir de leur demeure où dormait sa famille perdue. Il refusait de les abandonner : ils étaient donc restés là. Nul travail ne pouvait être trouvé dans ce petit village détruit par la guerre, tous l’avaient fui sans se retourner et maintenant qu’il n’y avait plus que deux fantômes pour hanter les lieux, personne ne souhaitait prendre le risque d’ouvrir un magasin. Eux avaient compris que rien de bon ne pouvait arriver dans ce village… Évidemment, pour tenter de se nourrir convenablement elle avait tenté de faire pousser quelques légumes, mais la terre peu fertile n’avait pas donné beaucoup de résultat ; mais même si la récolte était mince, elle y retrouvait un certain réconfort : une assurance que quelque chose poussait et qu’ils pourraient s’en nourrir. À la souvenance de ces temps difficiles, un malaise l’envahit. Son cœur se serra ; un fort sentiment d’amertume la submergea et elle poussa un profond soupir. Ce souffle inattendu attira l’attention de Kotetsu qui détailla l’inconnue.

« Je suppose qu’il est plus facile de l’imaginer que de la vivre. admit-il.
— Quoi donc ?
— La pauvreté. Comme je vous l’ai dit, je ne l’ai jamais vécue… je ne peux alors qu’imaginer comment, moi, je me sentirais dans une telle situation. Peut-être que mon raisonnement est faux après tout.
— Il ne l’est pas totalement. Mais comment différencier l’entraide de la pitié ? Sans elle, aiderions-nous les autres ? Si les gens ne sentaient pas qu’ils devaient faire quelque chose, qu’ils devaient aider, aideraient-ils leurs voisins qui vivent dans la misère ? Nous voulons tous aider un pauvre à se nourrir, mais jamais nous le ferions alors que nous n’avons que peu de nourriture dans notre placard, car nous ne voulons pas devenir le pauvre à aider… philosopha-t-elle.
— Qui sait ? » conclut-il.

Au fil de leur conversation, ils avaient finalement rejoint le mirador. Ils montèrent de nouveau l’escalier jusqu’au bureau du Hokage. Discrètement, l’homme approcha son oreille de la porte afin de s’assurer que la conversation intime qui avait provoqué leur départ était bel et bien close… et qu’elle qu’elle n’avait pas mené à autre chose. Rassuré, il toqua fermement et attendit qu’on l’invite à entrer.

« Entrez. »

L’homme fit place à la pucelle qui, intimidée, entra tête baissée, suivie du mercenaire qui referma la porte derrière lui. La protectrice de Konoha leva la tête d’un livre à la couverture vierge afin de voir les gens qui souhaitaient lui parler. Elle reconnut sans mal Hagane Kotetsu, mais pas la jeune femme. Elle la détailla de la tête aux pieds : sa chevelure était mi-longue, d’une couleur similaire au café et son teint lui rappelait celui d’une épice : la cannelle. Elle avait une silhouette fine, mais on pouvait aisément comprendre qu’elle ne l’avait pas voulue ainsi. Ce n’était point une question esthétique si elle avait cette apparence. La vieille dame pouvait facilement voir, et non deviner, la forme de ses os qui n’était guère masquée par son épiderme. De plus, si elle s’en fiait à son accoutrement, on pouvait, sans coup férir, connaître sa condition sociale. Elle n’avait qu’un simple petit chandail, déchiré par endroits et délavé : s’ajoutait à cela une jupe qui avait dû appartenir à bien d’autres femmes avant d’en arriver à elle, tout comme sa besace de lin. Le seul petit détail qui faisait preuve d’un peu de richesse était un long foulard qui se camouflait dans sa chevelure, il était fait d’un tissu qui avait été fort en demande avant la guerre et dont l’importation avait été coupée après que Konoha ait vaincu le pays du sable : soit, le camlet. Il était simple en apparence : une bande d’un ton léger d’orange, mais en y prêtant grande attention, on pouvait voir de longs fils dorés qui captaient discrètement la lumière.

« Relevez la tête, mademoiselle. » ordonna-t-elle gentiment.

Sans rechigner, sans poser de questions, elle s’exécuta. Tsunade put alors admirer toute la finesse de son visage. Si ce n’eut été de ses habits, elle aurait facilement pu passer pour une femme de la noblesse. Ses traits étaient fins, délicats, ses cils étaient abondants et épais, ses sourcils étaient légèrement arqués en bout de ligne, peu fournis, et de la même teinte que sa chevelure. Ses lèvres étaient magnifiquement dessinées, ni trop charnues, ni trop maigres. Son nez était légèrement retroussé, ce qui lui donnait un petit air enfantin, presque espiègle. Puis elle plongea son regard dans le sien… Une couleur peu commune dans ce monde : un intense turquoise. C’était indéniable, elle était très séduisante. Si elle avait pu naitre dans d’autres circonstances, on aurait eu de cesse de vanter sa beauté dans tous les bals de la haute société !

Pendant ce moment de silence, la jeune femme tenta de ne pas bouger. Elle ignorait si cette habitude de détailler les gens était typique de Konoha, mais chose certaine, elle n’y prenait guère de plaisir. Au contraire, elle avait cela en horreur ! Mais elle se soumit silencieusement à cet examen visuel dont elle était l’objet : qui était-elle pour exiger que cette si grande dame cesse son activité de toute façon ? Alors, elle attendit. Ce fut le ninja qui mit fin à cela lorsqu’il s’aperçut du malaise évident de la jeune femme. Émotion qui avait visiblement échappé à Tsunade qui, elle, semblait plongée dans une profonde réflexion.

« Maitresse Tsunade. Voici la raison de la venue de cette jeune femme. » dit-il.

Le ninja déposa sur le bureau la demande de citoyenneté puis retourna face au bureau. La mousmée à l’apparence trompeuse lut attentivement la requête. Lorsqu’elle termina, elle sortit d’un tiroir un petit tampon et frappa le document doucement.

« Je te souhaite la bienvenue à Konoha… Kayla. »
Surprise, la jeune femme dévisagea la maitresse du village. Était-ce tout ? N’avait-elle pas droit à un examen médical ou alors des questions plus approfondies sur son passé ou même sur elle ? Il suffisait de remplir un questionnaire et de se présenter à la blonde pour avoir le droit de vivre dans le pays du feu ? Croyant à une erreur, elle se risqua à poser la question. La dame éclata de rire et acquiesça d’un signe de tête.

« Si quelque chose ne va pas, tu viendras me voir. » répondit-elle simplement.

Son état d’incompréhension se transforma aussitôt en une explosion de joie. La simplicité existait donc dans ce monde... Non pas qu’elle en eût douté, mais il était si rare d’y avoir affaire que l’on venait à se dire que ce n’était fait que pour les gens riches.

« En sortant de mon bureau, suis le corridor par où tu es arrivée jusqu’à voir une porte à ta gauche : il s’agit du bureau de mon assistante, Shizune, qui te montrera le logement que tu habiteras. Elle te donnera un peu d’argent pour que tu puisses manger : si tu as besoin de plus, n’hésite pas à lui en demander. Elle connait tout ce qu’il y à savoir dans cette ville, alors écoute bien ses conseils, termina Tsunade.
— Oui, Hokage. » répondit-elle souriante.

Elle s’inclina légèrement et sortit du bureau, laissant derrière elle l’homme qui l’avait si bien accueillie avec la maîtresse des lieux. Le ninja ne bougea pas, on aurait facilement pu croire qu’il était devenu une statue de sel. Il restait là, attendant les questions de la princesse blonde. Il la vit se lever et asseoir nonchalamment sur le coin de son bureau, tenant la demande de citoyenneté dans ses mains.

« Je me doute bien que c’est toi qui as rempli le formulaire, Kotetsu, et je n’ai nul besoin d’explication quant à la raison. À voir son état, il est évident qu’elle n’a pas grandi dans la soie et l’or. Je n’ose imaginer ce qu’a dû être son enfance, soupira-t-elle. Tu t’entends bien avec elle ?
— J’ignore si elle apprécie ma compagnie, Madame. répondit-il.
— Alors, tu auras tout le temps de le découvrir. Je voudrais que tu veilles sur elle… les premiers jours du moins. Elle pourrait facilement se perdre ou être incommodée par la présence des ninjas-soldats qui patrouillent nos rues ; cela lui ramènerait à la surface des souvenirs probablement désagréables, si cela peut être évité pour le moment, je l’apprécierais.
— Oui, Madame. »

Alors qu’il s’apprêtait à sortir, la voix de la vieille dame résonna dans la pièce.

« Shizune… »

Son attention étant attirée par ce prénom qui n’était pas le sien, il stoppa tout mouvement.

« Veille bien à lui dire que le logement devra se trouver sur ta rue. »

Il hocha la tête, acceptant l’ordre de sa supérieure, puis sortit. Il valait mieux ne pas s’éterniser dans une série de questions qui resteraient probablement sans réponse. Depuis toutes ses années à côtoyer la princesse, il savait que chaque décision avait sa raison d’être. Descendant paresseusement l’escalier, il passa devant une fenêtre qui attira légèrement son attention. Voyant la lune déjà bien haute dans le ciel, il réalisa l’heure avancée qu’il était. Il devait l’avouer, il avait hâte de retourner chez lui afin de se reposer un peu. Suite à cette réflexion, il reprit sa descente jusqu’à atteindre le bureau de l’assistante. Comme il s’y attendait, Shizune était en proie à plusieurs questions. Il attendit de l’autre côté de la porte, adossé contre le mur, qu’elles aient terminé. Dans le bureau, la nouvelle arrivante écouta religieusement les paroles de l’amie du Hokage. Lorsqu’elle eut terminé son discours, elle laissa la parole à la jeune fille.

« Est-il facile de se trouver un emploi ici ?
— Je ne te cacherai pas qu’il est plus facile d’en trouver quand nous sommes ninja, mais ça ne veut pas dire pour autant que tu ne peux rien trouver. Que sais-tu faire ?
— Eh bien, je sais entretenir un potager… je sais coudre et je sais dessiner.
— Dessiner ? Tu devrais bien t’entendre avec Sai. Bien qu’il ait une approche… différente, il a un réel talent dans ce domaine. Il a, chez lui, beaucoup de tableaux. Il se sert d’ailleurs de ce talent comme art ninja.
— Si l’on peut devenir ami, j’aimerais beaucoup voir cela, répondit-elle souriante.
— As-tu d’autres questions ? »

La demoiselle y songea quelques instants, pensant à quelque chose qu’elle n’aurait pas déjà demandé. Elle en trouva enfin une, mais elle se questionna afin de voir s’il s’agissait d’une bonne idée de la lui poser ; à coup sûr, elle se ridiculiserait. Elle fit une petite grimace et prit le risque de l'interroger.

« J’ai remarqué que les gens de Konoha ont une fâcheuse tendance à… bien, à dévisager les gens. À les fixer intensément… Est-ce que vous faites tous ça ? »

La femme ne retint pas un rire franc qui donna une légère couleur écarlate aux joues de Kayla. De toute sa gentillesse, la chevelure d’encre lui répondit qu’elle était la nouveauté du village et donc qu’elle attirait le regard et que ce ne serait que temporaire, ce qui rassura la jeune fille qui avait trouvé, plus tôt, cette manie plus que dérangeante. N’ayant plus de question, l’assistante donna une bourse bien remplie à l’immigrante qui ne pouvait que se sentir mal à l’aise de recevoir autant d’argent, elle qui n’avait vécu que dans la pauvreté. Le total de cette bourse devait bien être la somme totale de ce qu’elle avait dû dépenser en deux ou trois années. Émue, elle essuya ses larmes qui ne manquèrent pas une si belle occasion afin de montrer toute la gratitude et le bonheur qu’elle ressentait depuis son arrivée. Attendrie, Shizune lui offrit un mouchoir et l’enlaça fermement. Entre deux sanglots, le murmure d’un merci lui parvint aux oreilles. Cette pauvre enfant n’avait jamais dû connaître de facilité dans sa vie, c’était évident. Une fois calmée, le ninja féminin invita la jeune femme à sortir. C’est alors qu’elles trouvèrent Kotetsu qui dodelinait de la tête, appuyée contre le mur. Bienheureux de les voir enfin sortir, il chuchota les ordres de Tsunade à l’oreille de l’assesseure. Elle acquiesça puis ils purent enfin quitter la tour pour une rue bien connue du militaire.

Plongé dans l’obscurité où seuls quelques lampadaires éclairaient le sable froid, le quartier est de la ville était reconnu pour sa tranquillité. La raison étant que beaucoup de ninja habitaient les immeubles à l’allure ancienne et, de ce fait, les criminels du village n’osaient s'aventurer dans ce coin. Émerveillée par la beauté nocturne de cet endroit, la jeune fille n’avait de cesse de regarder dans tous les sens, suivant distraitement la femme de confiance de la Hokage. S’apprêtant à pénétrer dans un immeuble, le militaire dut prendre la main de l’artiste à la peau cannelle afin qu’elle ne pénètre pas dans le domicile voisin. Gênée, elle lui adressa un sourire chaleureux qui attendrit l’homme. Il ne put s’empêcher de la comparer à une enfant qui découvrait le monde ; ce qu’elle était, dans une certaine mesure. Ils montèrent silencieusement deux étages de la bâtisse qui en comptait quatre ; l’escalier d’un magnifique bois sombre excusait parfaitement les murs dénudés, couleur sable, puis s’arrêtèrent devant la dernière porte à leur gauche. L’adjointe engouffra sa main délicate dans son sac pour en ressortir une clef argentée qu’elle introduisit dans la serrure. Aussitôt le déclic entendu, ils pénètrent dans l’appartement de taille convenable. Le cœur de la mousmée orpheline bondit de joie dans sa poitrine à la découverte de l’endroit où elle passerait désormais sa vie. À l’entrée, il y avait un petit placard encastré où elle pouvait ranger ses habits extérieurs et une petite table à sa droite accueillait sur sa tête un large vide poche, ressemblant à un simple bol, en bois vernis. À gauche, elle put voir la petite salle de bain rouge vin, dénudée de toute forme décorative. Une petite pharmacie prenait place au-dessus d’un petit comptoir-lavabo qui se démarquait par sa blancheur des murs, s’agençant ainsi avec la porcelaine de la baignoire et de la toilette. Pressée de découvrir les autres pièces de sa nouvelle demeure, elle sortit et longea le couloir. Elle arriva au salon cuisine, une grande pièce à aire ouverte qui accueillait une grande porte-patio, seule gardienne d’un passage menant à un petit balcon isolé. La pièce commune était suffisamment grande pour loger un canapé chocolat, semblant être extrêmement confortable, où quelques coussins noirs s’entassaient d’un côté laissant l’autre complètement nu. Un petit téléviseur dormait dans un coin opposé au meuble précité et à sa gauche, une petite bibliothèque attendait patiemment que l’on remplisse ses tablettes : le tout était entièrement agencé aux murs simples et nus de couleur blanche. La jeune fille fit quelque pas sur la marqueterie pour caresser la fraicheur de la céramique qui protégeait le sol de la cuisine-salle à manger. Il y avait tout le nécessaire, un réfrigérateur, une cuisinière, une table munie de deux chaises et un petit lave-vaisselle. Tout comme le séjour, les murs partageaient les mêmes attraits. Il ne restait plus qu’une seule pièce à visiter : la chambre à coucher. Amusés de la voir si émerveillée, les deux autres n’osèrent souffler mot, si bien que la jouvencelle les avait complètement oubliés. Ouvrant la porte de l’endroit où tous ses rêves allaient se dérouler, elle ne put retenir un petit soupir d’étonnement. Elle avait l’impression de voir une véritable chambre de princesse. Un grand lit invitant était recouvert d’une couverture rembourrée d’un blanc immaculé et deux oreillers de la même teinte se reposaient sous le duvet propre. Une commode en bois, munie d’un grand miroir, faisait face au meuble de repos. Puis disposées à distance égale de la tête de lit, deux petites tables de chevet donnaient, chacune, l’hospitalité à une lampe simple assortie à la couleur des murs, soit : un doux cacao.

Jamais elle n’avait eu tant de luxe autour d’elle. Aux yeux de n’importe qui d’autre, cet appartement serait paru bien ordinaire, mais pour elle, il ne s’agissait rien de moins qu’un château. Son château. Ici, elle le savait, elle ne souffrirait pas du froid, elle n’aurait pas à se cacher sous le plancher afin d’éviter que quelqu’un ne la vît, elle n’aurait pas non plus faim ou soif. Elle ne dormirait plus sur le sol n’ayant que pour seule couverture une chemise déchirée. Enfin, elle profiterait d’un peu de confort. Si heureuse de pouvoir enfin tourner cette page cruelle de sa vie, elle ne retint pas ses larmes. C’était enfin un temps nouveau pour elle. Elle allait pouvoir enfin savoir ce que c’était de vivre. Une véritable vie où la peur ne serait pas présente, où la douleur ne serait qu’un souvenir et les maladies un simple cauchemar oublié. Les deux ninja se regardèrent et se sourirent.

« Sèche tes larmes ou nous devrons t’hospitaliser pour te réhydrater. » plaisanta Kotetsu.

La jeune fille rit discrètement. Le bras droit du Hokage lui souhaita la bienvenue, une nouvelle fois, puis la bonne nuit. L’heure avançait et s’ils ne regagnaient pas tous leur lit respectif, le réveil du lendemain risquait d’être déplaisant. Avant de franchir la porte, elle tendit une feuille de papier repliée où elle mentionna le contenu – soit l’adresse du centre local d’emploi – puis sortit accompagnée du militaire aux traits tirés. Avant de refermer la porte, ce dernier lui murmura qu'il lui indiquerait où se trouve le bâtiment dès le lendemain. Maintenant seule, Kayla s’adonna à un petit plaisir, certes enfantin, mais ô combien intéressant : elle ouvrit tous les tiroirs, les placards et armoires qu’elle vit afin d’en voir le contenu. Elle se rendit compte que beaucoup de choses essentielles manquaient, à commencer par la nourriture. Voilà qui occuperait sa journée de demain, mais pour l’instant, la fatigue ne manqua pas de faire sentir tout son poids sur les paupières de la jeune femme. Elle se dirigea vers sa chambre, retira ses vêtements et se glissa avec plaisir sous la couverture confortable. Pour la première fois de sa vie, son dos toucha autre chose que le bois dur et inconfortable. Elle apprécia le moelleux du matelas, la douceur des draps, la chaleur de la couverture ; elle jubilait devant une chose si simple : le confort.

Après s'être assoupie pendant quelques heures, un besoin naturel la réveilla subitement. Repoussant la couverture à ses pieds, elle frotta ses paupières lourdes afin de les stimuler légèrement. Mais dès qu'elle eut terminé cet exercice, un malaise s'empara d'elle. Soudainement, elle s'était sentie épiée de très près... pourtant, elle avait beau regarder autour d'elle ; il n'y avait personne. Elle tenta de se calmer en mettant cette impression sur le compte de la fatigue et de sa journée mouvementée.

Alors qu'elle se dirigeait vers sa salle de bain, une silhouette masculine sortit de sa cachette et reprit place près de la fenêtre ; poste d'observation qu'il avait dû quitter après avoir été repéré par les sens de la demoiselle.

« Eh bien... cela promet d'être intéressant. » pensa-t-il.



À suivre

¯¯¯¯¯¯¯¯¯
*Taiyou : Océan/Soleil
Relecteur : Multipass
Mots : 7 340

_________________________________________________
« Dear God ! I don't want to understand !!! » Tatsumi Souichi

¤ Naruto ¤ [18+] Prophétie
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur
 

[18+] Prophétie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Berry, Steve] Cotton Malone - Tome 4: La prophétie Charlemagne
» Sayanel et sa greffe (La Prophétie)
» La Dernière Prophétie de Gilles Chaillet
» Jones J.V - L'enfant de la prophétie - Cycle du livre des mots T1
» La Prophétie Eldar par CS Goto. 4/5
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Phoenix Fictions  :: Publications :: Animés/Manga :: Fanfictions :: Naruto-

Suivre Phoenix Fictions

FacebookTwitter
Myspace

Design et contenu faits pour Phoenix Fictions, merci de ne pas les utiliser sans permission
Forum propulsé par Forumactif.
Webmaster : MikanThème : Phoenix Fictions v 5.0©.
Dernière mise à jour le 03/03/2015