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 [Poésie] Umbra Oscillum

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Anayen
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Message[Poésie] Umbra Oscillum   Publié le : Jeu 23 Fév 2012 - 10:57

Eh oui, cela faisait un certain temps déjà que je n'avais plus touché à la poésie. J'ai compté m'y remettre, mais il faut avouer que j'ai acquis bien plus de mouvance dans la prose que je n'aurai jamais pu espérer en avoir dans la versification. J'ai plus ou moins officiellement arrêté la poésie, et c'est à cet effet que je publie mes derniers poèmes, ceux que j'avais écris plusieurs mois auparavant et dont je n'avais pas trouvé utilité jusqu'à ce jour. Certains pourront trouver ça paradoxal, mais oui, je publie bien ces poèmes pour en finir avec la poésie !
Mes derniers poèmes n'ont rien à voir avec les premiers, j'étais déjà très orienté dans la prose et je ne prenais alors plus la poésie pour de la poésie, plutôt comme un travail littéraire en supplément à l'entraînement rédactionnel classique. N'y voyez donc aucun mauvais emploi du terme poésie, vous pouvez appeler ça des poèmes, comme vous pouvez les nommer des textes, ou des entraînements, ou des résidus... enfin, pour ce qui est du terme, je vous en laisse maître dans le choix !
Voilà, je vous présente donc ma dernière formation poétique: Umbra Oscillum !

Et si vous avez le temps, n'hésitez pas à poster un commentaire !


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Anayen
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MessageRe: [Poésie] Umbra Oscillum   Publié le : Jeu 23 Fév 2012 - 11:21

Le Culte de la Chair


La Voix du Sang

D'un même parcours le sang survit,
D'un même détour l'humain détruit:

Suivez le son du sang s'écoulant dans nos veines.
Quelques gouttes suffisent, valets du vivant,
Même un seul globule à sa chaste mission;
Parcourant fibres et artères jusqu'à sa fin,
Dans un long périple pour n'avoir transporté
Qu'une infime portion de l'air inspiré.
Son voyage achevé et sa dette à néant,
La perle rougeâtre s'exile et meurt sereine.
Pour n'avoir accompli qu'un travail, mais en vain:
Un autre cycle nait à chaque inspiration.

L'individu est le sang de l'espèce,
L'avenir de l'Homme écrit en une seule goutte de sang.



Le Cheval Mort

C'était par un matin d'automne,
Quand le soleil scintillait peu,
Que je vis un cheval difforme,
Les dents à la place des yeux.

Sa peau, fissurée dans le creux,
Avait dispersé ses organes
Sur le sol froid de couleur bleue.
Que d'effroi devant tant d'infâme !

À ses côtés je fis aux dames:
Ce n'est pas un banal cadavre !
Il n'existe ici pas de flammes !
Mirez vos chairs pâles et hâves !

Caressez ces viscères suaves !
Pourquoi imiter l'air des autres?
Embrassez plutôt son corps hâvre !
Car ses peaux sont aussi les vôtres.



Le Danseur Désarticulé

Un cercle dans le noir
La pénombre se mouvait
Une forme dans les ténèbres
Vers mon repos venait

Dans la glace se figeaient mes cris
Qui, à l'aube, s'éteindront d'avanie
Un lancinant reflet parcourt le givre
Surplombant mes visions de plaisir ivre

Mes mots me manquent dans le marbre
Que cesse la ronde et ses pétales
Je mirerai retors l'avenir vénal
À chaque instant s'éteint un feu du candélabre




Les Distorsions


Bloc 607

Un mur, un sol
Un toit, un bruit
De toi, qui vole
L'azur, des bris
Là-haut, l'orage
En bas, mes cendres
Le mât, de rage
Vers l'eau, descend
Un ronflement sourd sonne
Là-haut, vers l'eau
Un sol, qui vole
Un toit, l'orage
Descend, l'azur
De toi, un mur
Mes cendres, des bris
Le mât, de rage
En bas, un bruit
Là, ses yeux te regardent
L'azur, mes cendres
Des bris, de rage
En bas, un toit
Là-haut, un sol
Un bruit, le mât
Vers l'eau, qui vole
L'orage, de toi
Un mur, descend
Vois, ses yeux te regardent
Mes cendres, de toi
Un mur, là-haut
Le sol, l'orage
Des bris, de rage
L'azur, un bruit
Le mât, qui vole
Descend, vers l'eau
Le toit, en bas
Un ronflement sourd sonne



Emphase

Un cycle de brises en un déluge de flammes
Des notes disjointes en une douce harmonie
Un soupir extirpé pour une vie épuisée
Un éreintant soupçon en une averse de larmes
Quelques murmures pour donner naissance à un cri
Un souffle dérobé pour une mort retardée
Des vers s'entremêlant comme le fil de nos âmes
Glissant le long d'une pente vers une eau livide
Ci-gisent nos alcools, nos douleurs et nos pensées.



Synthesis

Le réveil sonne
L'homme en blanc grogne

La dame pleure
Elle pleure encore

Le lit est blanc
Les draps en sang

La femme hurle
La salle est blanche

De l'autre côté
Survient un décès

Le bébé solitaire
Sera parmi les vers

Sa peau sera blanche
Ô naissance étanche

La vie déchire
La mort déchiffre
Synthesis



Umbra Oscillum

Chacun de nous deux ne percevait plus que les deux globes occulaires de l'autre au sein des ténèbres avoisinnantes.
Démunis d'outils qui nous auraient permis de prendre connaissance de la longevité de notre échange visuel.
Nos corps semblaient n'être devenus que vapeurs et nos âmes tentaient vainement de s'en évader.
Seul, un pendule reposait entre nous. Il se balancait, voguait d'un côté puis de l'autre.
Seulement, un pendule se balançait.
Rien ne transparaissait de son mouvement et le temps devenait un infernal supplice.
Nous nous regardions. Nos regards fixés vers les horizons. Ceux-là aptes à nous guider, nous diriger.
Mais nous n'entendions que le néant. Les frèles fibres de nos êtres paraissaient s'étendre vers le vide absolu.
Nous nous regardions, sauvages et irascibles, empreints du farouche désir de nous entredévorer, tels deux animaux.
Nos destins étaient liés depuis notre naissance commune. Seule, l'hostilité façonnait les liens du désir avide.
Nous puisions dans l'absolue amertume de notre inconsistance sans prêter soin au néant alentour.
Une roue tournait. Elle tournoyait. Sa fureur ne faisait que s'accroitre au fil du temps.
Furieusement, une roue tournoyait.
Que nos yeux se tournent à l'unisson avec elle pour y être aveugles et imperméables.
Les fougères de nos passés se calcinent aux crépuscules. Délaissant au rêve ses sourires déments.
Et nos yeux tournent, ils se balancent et restent figés sur la place d'un village que l'horloge a préféré oublier.
Nous nous voyons nourrisons, enfants, adolescents, adultes et vieillissants. Nos soupirs s'amenuisent et s'achèvent.
Derrière les portes des bâtisses, les visages monstrueux nous fixent tout en souriant. Toujours, ils souriaient.
Les portes sont closes. Les bâtisses tremblent. Les sourires par-delà les vitres se glaçent d'horreur.
Le soleil nous regarde, il vacille lentement de bas en haut. Jusqu'à s'effondrer au sol.
Le soleil vacille, puis nous regarde.
La place se mouvait suivant le rythme du pendule. L'horloge venait de sonner minuit.
Un effroi soudain surgit des maisons. Les portes s'ouvrent et le rêve recommence encore une fois.
Mais le pendule lui a descendu. Et le soleil devient rouge sang. En face, immobile, l'inconnu sourit lui aussi.
Il sera bientôt temps à la nuit de revenir. Les crocs des figures innommables se profilent derrière les vitres tachées.
Le froid revient. Le pendule descend. Des cris stridents parcourent la brise des vents inanimés. Je les vois.
L'inconnu penche sa tête d'un côté puis de l'autre. Ses deux yeux tournent à contresens, disjoints.
La place recommencait sa ronde. Les aiguilles de l'horloge tournaient, tournoyaient.
Les aiguilles de la place tournaient.
L'HORLOGE HURLAIT. LE SOLEIL SAIGNAIT. LES PORTES SE CLAQUAIENT, OUVERTES.
LES MONSTRES S'APPROCHAIENT. ILS VENAIENT. LA PLACE SE FIGEAIT. L'INCONNU SE PENCHAIT.
LES BÂTISSES SE FISSURAIENT. LE VENT AGONISAIT. LA FIGURE DE l'INCONNU SE MOUVAIT, CHANGEAIT.
Le pendule tomba au centre de la place. Il n'y avait plus rien à son reflet. Pas même l'ombre d'une présence passée.




Les Dérives Oniriques


À Nos Souvenirs

Te souviens-tu quand ensembles nous errions,
Au bord d'un lac lorsque la nuit s'y refletait?
Nous nous admirions durant de longues heures.
Je fermais les yeux et je t'écoutais parler..
Nous étions si bien, nous voguions aux horizons.
Jusqu'à l'aube, quand vint cette immonde torpeur.

Tu n'étais plus, le soleil venait te brûler,
Et le temps malgré lui m'a fait perdre tes cendres.
Mon regard noir, mes yeux devinrent de pierre.
Mais chaque soir, à ce grand lac je revenais,
Et ne t'y voyant plus, je voulais y descendre.
Fais-moi un signe par-delà les rivières.

À mon ami de la pensée que j'ai perdu
Aux larmes de la pluie qui un jour s'était tût.
Ô imaginaire reviens-moi comme avant
Ô temps cruel ramènes-moi jusqu'à l'enfant.



Ab Nihilo, Abire Quovis Gentium

Au temps où les astres se disputaient le jour
Naquit l'être aux contours indécis et bestiaux
Sa beauté fut clamée par-delà les cieux
Mais les astres, eux, ne s'en soucièrent guère
En son nom, ses partisans se massacrèrent
Le céleste miroir fut apposé à leurs yeux
Afin de ne voir de leurs visages triviaux
Que l'éclatant reflet à l'oeil haut du vautour

Car nous sommes les batards d'une mère absente
Car nous sommes l'étendard d'une erreur clémente
Les orphelins déchus d'un paradis fictif
Les héritiers rompus d'un jardin maladif
De rien nous venons
Vers l'absent nous irons



Cancer

Aujourd'hui je suis tombé amoureux.
Amoureux d'un être peu envieux;
De ses membres je vis l'asymétrie,
Portant en eux les bris de l'harmonie.
Ses deux iris, rondes et incolores,
Etaient semblables à celles d'un mort,
Mais elles scintillaient à l'unisson,
Réveillant le reflet de mes passions.
Car de son âme je voyais le feu,
Un feu flamboyant et impétueux,
Repoussant la noirceur de la mienne,
En un déluge de mistrals bohèmes.



Folie

Dans la brume un pendule se balance
Comme Amertume qui de sa plume s'élance
Ma foi est allée se perdre en silence
Dansant au sein du trouble d'un océan immense

Les pétales des vents sur mon âme se brisent
La vague agonie frappe le navire
Le trouble renait et dans ses eaux il chavire
La mer noircie jusqu'à mon corps s'incise

Suppliciées les visions s'enbrument du clair voile
D'un navire piégé aux profondeurs sages
Ensorcelé aux mille miroirs de sa toile
Tous leurs reflets ne me renvoient aucune image

La sorcellerie de l'éclatante torpeur
S'en va lorsque reviennent les douleurs
Derrière le verre une infinie tristesse
M'envenime au prélude de mes ivresses.

Que jamais ne puisse le verre se briser
Que jamais ne puisse l'océan me noyer
Que jamais ne puissent les miroirs refléter
Que jamais ne puisse le pendule cesser.



Les Errantes

Au prélude du destin croupissent nos larmes.
Atrophiées, les désunies chantent leur complainte.
Si la marée monte, ce n'est que la vase qui stagne.
Comme un poison enivrant, couleur de l'absinthe.

Nos reflets déséchés brillent à la surface,
Pareils aux lueurs de l'étoile qui se meurt.
Le tocsin sonnera aux horizons fugaces,
Quand le bleu des yeux les aura fuit, pour ailleurs.

Aux paupières enfermées je mire, eternel,
La superbe aura d'une marée cristalline
Dedans, les corps mutilés baignent, pris dans le gel
Du froid dévorant de tes lèvres opalines.

Claire Lune brille au sommet de mes déboires.
Seul l'azur de tes faisceaux pourra me guérir.
Mes mains pénètrent l'eau livide pour y boire,
Les mers de ce que d'ivresse j'ai pu vomir.

Les tintements du clocher résonnent à l'aube,
Les flammes se prennent à la cruelle danse.
Mon regard se déchirera quand viendra l'ode
Puis mes entrailles quand se brisera ma panse.

Quelques lames errantes parcourent le givre,
Quelques souffles perdus ensorcelent la rime.
Et les flots deviendront bleus comme les cieux,
Je plongerai alors dans l'océan de tes yeux.



Un Jour de Pluie

Aujourd'hui je n'ai plus l'inspiration
Elle s'en est allée par la fenêtre
Puis un violent courant d'air est venu
Ma plume a voleté pour la rejoindre
L'encrier a chuté jusqu'à ma feuille
Et ma résolution s'est mutilée

Pourtant, mon regard fixé au papier
J'ai vite repoussé l'envie du deuil
Annihilé ces quelques détails moindres
Qui venaient nourrir ces idées menues
Du noir sur le blanc tendait à paraître
Un chef d'oeuvre esquisse de destruction



Verset17

Aujourd'hui le jour est mort
Et notre lune est en sang
Pleurant mille étoiles encore
Pleurant l'eternité durant

Car les fils ont tué leur mère
Car notre source a tari
Essoufflant ses râles amers
Et souffrant ô palais fleuri

Je vois au loin tous ces rivages blancs
S'éteignant déjà au feu firmament
La voie s'étend en un brasier opale
Où vont se perdre ces visages pâles

Ce soir nous nous endormons
L'aube jamais ne reviendra
Dans nos chimères nous verrons
La blessure de son trépas



Ode Emphatique

Le rêve; la longue léthargie mélodique
Il a su soumettre à lui grèves et rivages
Supplantant de leurs doux lagons mélancoliques
Les larmes s'écoulant le long des blancs visages

Les sons s'embrasent aux violes des sésames
Que le vent emporte à d'inconnus horizons
Aujourd'hui, il ne reste plus rien en ces âmes
Seulement le vide précédant la moisson

Bientôt, les courants cesseront de déverser
Autant d'ombres que de lueurs parmi les cieux
Englouties dans une marée ensorcelée
Elles priveront les navires de leurs yeux

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