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 Le Repos du Guerrier

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Anayen

Anayen
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MessageLe Repos du Guerrier   Le Repos du Guerrier Icon_minitimePublié le : Mer 5 Déc 2012 - 5:56

Le Repos du Guerrier

Le Repos du Guerrier est un récit yaoi narrant les aventures de plusieurs personnages, notamment de la romance entre Natyos, un jeune elfe de sang, et l'ennemi de sa race, Maïko, un elfe de la nuit. Le texte mêle différent type de narrations, à l'image de la personnalité de chacun des protagonistes.


]Présentations des Principaux Personnages:


Natyos

Race: Elfe de Sang
Genre: Masculin
Âge Elfique: 61 (~17 ans)
Taille: 1,78m
Poids: 62kg
Histoire: Natyos est un jeune elfe de sang originaire de Lune d'Argent. Elevé par sa mère en fils unique dans un milieu modeste, il parvint malgré cela à apprendre le maniement de la magie de ses entraînements réguliers et des cours particuliers qu'il recevait en cachette: même si l'économie familiale avait été insuffisante pour l'inscrire dans l'école reputée de la capitale, l'hostilité de sa mère à l'égard de la magie, tenue responsable de la mort de son père, semblait condamner Natyos à une vie privée de sortilèges. C'est ainsi qu'il prit contact avec Dethean, étudiant les arcanes de la magie, afin d'être son élève personnel. Deux années plus tard les trolls du sud de la capitale lancèrent une attaque sur les villages alentours, et Natyos fut engagé de force dans l'armée afin de repousser tous les assauts. Que ceux-là venaient des trolls ou des morts-vivants du Fléau il s'en fichait, cela lui donnait l'occasion de tester ses pouvoirs. Malheureusement ses confrères ne furent pas aussi téméraires et l'abandonnèrent, le laissant seul à son sort et entouré d'ennemis...

Description: Bien que pauvre, Natyos appartient à une noble lignée d'elfes de sang, dont il a hérité les traits fins et naturels. Ses cheveux mi-longs sont d'un blond si pâle qu'ils semblent blancs, et deux de ses mèches retombent sur des épaules d'une minceur enfantine. Ses yeux verts reflètent les rayons du soleil en de magnifiques teintes émeraude. Il arbore en toute circonstance un bouc au menton d'une finesse exemplaire.

Tempérament: Natyos aime prendre soin de son physique et de ses humeurs. D'une sensibilité rare, il n’apprécie guère pourtant que l'on éprouve de la compassion pour lui. Son caractère impulsif le rend parfois arrogant et personnel, et lui attire de nombreux ennuis que son insouciance ne fait qu'aggraver. Il est cependant un ami loyal et sincère qui n'hésite pas à apporter son soutien dans les situations difficiles.


Maïko

Race: Elfe de la Nuit
Genre: Masculin
Âge Elfique: 342 (Jeune adulte)
Taille: 1,84m
Poids: 75kg
Histoire: Maïko est un elfe de la nuit, né dans un petit village d'Orneval disparu depuis. Très jeune, il s'allia à la cause de sa patrie et partit combattre les hordes de démons de la Légion Ardente. Ayant suivi une formation dans le druidisme médical, il put sauver de nombreux frères, mais tout aussi nombreux furent ceux qui périrent de la magie noire des démonistes. Désemparé devant un tel déchaînement de violence, Maïko trouva place au sein d'une petite équipe pour infiltrer les rangs ennemis, fermer la porte des ténèbres qui reliait le monde d'Azeroth à Draenor, celui des démons et des orcs corrompus, était leur objectif premier. Cependant ils échouèrent et furent dispersés à travers les royaumes de l'Est. Bien plus tard, lorsqu'il perçut une force sombre naître dans le nord, il partit combattre à nouveau le mal. Il se rendit par bateau aux terres fantômes, situées juste au sud de Quel'Thalas, le royaume des elfes de sang, afin d'y combattre le Fléau à sa source. Il eut un nouvel échec, et les armées des ombres se répandirent bien plus au nord, jusqu'au continent glacé de Norfendre, contaminant toute vie qu'elles touchaient. Depuis lors, Maïko erre dans les territoires elfiques, survivant avec le reste de sa troupe aux assauts des dissidents du Fléau, des trolls amanis, ainsi que des elfes de sang alliés aux terribles réprouvés.

Description: Maïko est un elfe à la silhouette musclée d'un homme ayant enduré une vie de rigueur et de combat. Il n'est pas d'une taille très élevée pour un elfe de la nuit, et pourtant cela ne lui a jamais posé de problème. Sa longue chevelure blanche brille sous le clair de lune en milliers de fibres opales. Bien qu'il est habituel pour un elfe de la nuit d'arborer une barbe, Maïko prend soin de ne pas en posséder. Sans doute est-ce pour se donner mine plus jeune après plus de trois siècles d'existence...

Tempérament: D'une nature sauvage, Maïko va difficilement vers les autres si ceux-là ne sont pas blessés. Dans ce cas il tentera tout pour les guérir. Il place l'honneur comme une condition de vie, et a horreur de la félonie. Teldrassil est sa mère patrie; il peut bien mourir pourvu que la sauvegarde de son peuple soit assurée.


Dethean

Race: Elfe de Sang
Genre: Masculin
Age: 129 (~37 ans)
Taille: 1,68m
Poids: 76kg
Histoire: Dethean fait partie de la haute noblesse de Lune d'Argent. D'un père commandant d'escadrille et d'une mère influente au sein du cercle des démonistes de la capitale, il a grandit dans la richesse, la solitude et les plaisirs divers. Il suit des études dans la plus respectable école de Lune d'Argent; celle des magistères, dans laquelle il est très performant de part un intellect supérieur. Il sera le professeur de Natyos dans la formation magique de ce dernier, puis une fois son élève faconné Dethean tentera tout pour l'anéantir. Il en fera son activité favorite et une raison de son existence qu'il percoit comme un jeu.

Description: Dethean n'a pas le physique d'un elfe noble: cheveux courts que ses abus de magie ont rendu blancs, il est de taille moyenne et assez enrobé de corpulence. Ses yeux ne sont plus verts mais bleus, signe d'un retour de la mort. Il est cependant toujours très bien habillé, tant par ses vêtements de luxe que par ses nombreux bijoux qu'il exhibe à outrance.

Tempérament: Calme et froid. Son caractère calculateur l'oblige à faire oeuvre de manipulation pour arriver à ses fins. Il est rempli de fantasmes dont il se sert comme soutien pour assouvir ses desseins personnels. Il est riche et aime à le montrer, cependant son ostentation s'arrête là où débute le domaine de l'intimité: il déteste qu'on le voit nu, ou qu'un autre que lui puisse prendre du plaisir dans une relation, ce qui dénote un certain penchant pour le voyeurisme.


Skor'jin

Race: Troll
Âge: 27 ans (Jeune adulte)
Genre: Masculin
Taille: 2,03m
Poids: 81kg
Histoire: Skor'jin est un troll originaire des régions désolées de Kalimdor. Très jeune, il a rejoint les tribus d'amanis en qualité de prisonnier, puis a su monter les échelons parmis ses geôliers en usant de ruse à l'égard de chefs peu intelligents. Son agilité au combat fait de lui un adversaire redoutable, en particulier lorsqu'il s'arme de double hachettes ou de vouges. Son style de combat prend alors l'apparence d'une danse martiale à laquelle n'échappent guère ses ennemis. Il rêve de pouvoir retrouver son pays natal, mais pour cela il sait qu'il doit rester en vie, et rester en vie implique l'obéissance à ses maîtres.

Description: Skor'jin n'a rien du physique robuste de l'amani. De peau bleutée, ses membres sont fins et longs et ses défenses peu longues mais solides. Il arbore une chevelure en désordre et d'un blanc vif, et peint sur son visage des masques tribaux oscillant entre les teintes blanches et noires. Ses yeux sont devenus d'un bleu total à force de cotoyer les membres du Fléau.

Tempérament: Skor'jin est un combattant avant tout, mais un combattant qui a placé l'honneur et le dévouement au centre de son art. Il n'a que peu d'attrait pour le cannibalisme, et apprécie la lutte perpétuelle entre deux rivaux. Féroce dans le combat, il peut néanmoins se montrer d'une attention exagérée quand il s'agit de prendre soin des êtres qui lui sont chers.


Aleksei (dit "Griffe-en-sang")

Race: Humain (Worgen)
Age: 26
Genre: Masculin
Taille: 1,79m (1,96m)
Poids: 81kg (86kg)
Histoire: Aleksei fut encore jeune lorsque la malédiction d'Arugal s'abattit sur tout le nord de Gilnéas. Il a vu les hordes de loups-garous ravager ses villages et massacrer leurs habitants. Il se jura de repousser toutes les calamités et s'engagea dans un groupe spécialisé dans la traque de worgens. Grâce à un réel talent pour la chasse il monta les échelons rapidement, de sorte qu'il fut devenu le leader de son ordre quand la maladie ravagea sa terre natale. Avec férocité et courage il combattit ses anciens camarades qui se changeaient les uns après les autres en créatures assoiffées de sang, nul alors ne pouvait lui échapper. Aleksei était promis à un brillant avenir, mais le destin en fut autrement lorsque les premiers symptômes de la contamination commencèrent à apparaître en lui...

Description: Aleksei est un homme au physique ténébreux: cheveux courts et d'un brun opaque, son visage arbore de larges sourcils au-dessus d'un regard sombre et perçant et tout son corps fait montre d'une pilosité avancée. Lorsqu'il se transforme en worgen, ses membres deviennent plus longs et plus fins et sont recouverts d'une épaisse fourrure noire que la nuit dissimule aisément.

Tempérament: Protecteur en toutes circonstances, Aleksei est néanmoins porté par le désir de sauvegarde, tant de son peuple que de l'héritage de sa famille. Il se montre parfois vulgaire, et a souvent tendance à faire fi des courtoisies. Depuis la chute de l'ancien royaume de Gilnéas, il cherche comme tant d'autres à maîtriser sa métamorphose, non pour en tirer quelques intérêts, mais bien pour anéantir la bête en lui.



Quelques choses à savoir sur le monde de Warcraft


Les races sont regroupées en plusieurs hautes instances militaires: les deux principales en conflit sont la Horde et l'Alliance.
La Horde: sous le commandement de l'orc Garrosh, chef brutal et souhaitant plus que toute autre chose l'extermination de l'Alliance. La Horde regroupe les orcs, les trolls et les taurens, constituant la "Horde tribale", ainsi que des réprouvés, des elfes de sang et des gobelins. Ces trois dernières races tirent profit de la Horde, mais ont tendance à voir d'un mauvais oeil les ordres de Garrosh, comme ce dernier a de la méfiance envers celles-ci.
L'Alliance: sous le commandant de l'humain Varian, chef militaire de l'organisation bien qu'ayant moins d'influence sur les races de l'Alliance que Garrosh envers la Horde. L'Alliance est composée des humains, des nains et des gnomes autour de la capitale humaine Hurlevent, ainsi que des elfes de la nuit, des draeneis et des worgens.

Humains: Basés à Hurlevent dans les royaumes de l'est et sous la direction de Varian Wrynn. Les humains combattent sans relâche les invasions réprouvées depuis le royaume de Lordaeron, au nord. Leurs ennemis mortels sont les orcs.
Nains: Basés à Forgefer dans les royaumes de l'est, non loin de Hurlevent. Il est connu que les nains aiment la bière et n'apprécient guère la compagnie des elfes.
Gnomes: Basés à Gnomeregan dans les royaumes de l'est, non loin de Hurlevent. Les gnomes sont la frappe technologique de l'Alliance et livrent une véritable guerre commerciale aux technologies gobelines.
Elfes de la nuit: Basés sur l'île de Teldrassil en Kalimdor (continent ouest) et sous la direction de Tyrande Murmevent. les elfes de la nuit aspirent plus que tout à la sauvegarde de la nature, et dans la lutte des forces démoniaques. Ils entretiennent d'étroites relations avec les taurens par les voies du druidisme. Leurs ennemis héréditaires sont les elfes de sang.
Draeneis: Les draeneis sont un peuple venus de l'Outreterre dans un immense vaisseau qui s'est écrasé en Kalimdor. Autrefois nombreux, il ne reste qu'un poignée de survivants: beaucoup ont été corrompus par la magie gangrenée de la Légion Ardente, et beaucoup d'autres sont morts par ceux qui cherchaient la puissance dans la magie des démons: les elfes de sang.
Worgens: Accueillis par les elfes de la nuit au sein de l'Alliance, les worgens sont basés au royaume de Gilnéas, proche du territoire réprouvé de Lordaeron. Les gilnéens souffrent d'une ancienne malédiction, les faisant se changer en loups-garous. Ils apprirent cependant à contrôler ce mal, afin de l'utiliser contre la peste réprouvée: en effet, l'homme qui peut se changer en worgen ne peut être ranimé une fois mort en esclave de la Dame Noire.

Orcs: Basés à Orgrimmar en Kalimdor sous la direction de Garrosh Hurlenfer, les orcs exercent une domination sans faille sur la plupart des races de la Horde. Peuple de guerriers honorables, ils n'apprécient pas les méthodes pour le moins douteuses des réprouvés pour remporter la victoire, et se méfient des réprouvés autant que de leurs proches alliés les elfes de sang.
Trolls: Basés aux îles Echos juste au sud d'Orgrimmar et dirigés par Vol'jin. Les trolls sont divisés en plusieurs tribus ennemies; celle qui a rejoint la horde est la tribu des Sombrelance.
Taurens: Basés aux Pitons du Tonnerre proche d'Orgrimmar, les taurens sont un peuple honorable et dans le respect des lois ancestrales. Bien qu'ils n'aient aucune hostilité première envers un autre peuple, les agissements contre la nature des réprouvés leur font se méfier de ceux-là.
Réprouvés: Basés à Fossoyeuse en Lordaeron et dirigés d'une main de fer par Sylvanas Coursevent, aussi nommée la Dame Noire. Les réprouvés sont originellement des humains ramenés à la vie par la peste noire du Fléau, et qui ont su se détacher de l'emprise du Roi-Liche suite à l'affaiblissement de ce dernier. Sylvanas est une ancienne elfe de sang, en cela elle a insisté pour que ce peuple intègre la Horde malgré les réticences de l'ancien chef de la Horde: Thrall, qui se méfier des elfes de sang et de leur ancienne allégeance envers les démons de la Légion Ardente.
Elfes de sang: Basés à Lune d'Argent au nord-est de Fossoyeuses et fébrilement dirigés par le régent Lor'themar. Les elfes de sang sont les survivants parmi les survivants de nombreuses luttes et divisions: par leur haine du Fléau ils ont rejoint Sylvanas dans sa guerre vindicative contre le Roi-Liche. Ils ont une tendance à abuser de la magie, jusqu'à perdre tout contrôle et sombrer dans la folie: ceux-là sont nommés les "déshérités".
Gobelins: Les gobelins sont basés sur les îles du Maelstrom, en plein milieu de l'océan, et ont assez aisément rejoint la Horde. Les gobelins sont avides de richesses et d'activités lucratives, leur technologie est avancée mais manque parfois de sécurité.




Dernière édition par Anayen le Sam 5 Jan 2013 - 8:13, édité 1 fois
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Anayen

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MessageRe: Le Repos du Guerrier   Le Repos du Guerrier Icon_minitimePublié le : Sam 5 Jan 2013 - 8:06

Scène 4

Une Nuit, En Tout Lieu



La bataille avait débutée lors d'un hiver rigoureux. Je n'étais alors qu'un simple fantassin sous les ordres de Darnassus. Elfe de la nuit de mon état, j'avais rejoint l'armée très jeune. À dire vrai, c'est elle qui m'avait rejoint, moi parmi tant d'autres, au lendemain d'une défaite qui fut lourde pour la nation. Je ne connaissais rien de la vie que déjà la mort foisonnait autour de moi. J'ai perdu sur le champ d'honneur nombre de mes frères, tombés pour une cause que nous croyions juste. J'ai arpenté de somptueux territoires que la guerre avait mutilé, et j'ai du tuer tant d'inconnus que l'on avait forcé à se battre. Maintenant, mes idéaux sont morts, mes espoirs jetés au néant. Seuls mes rêves perdurent, rêves d'un souvenir qui jamais ne s'effacera.

C'était lors d'une nuit glaciale. Le froid et la neige rendaient notre progression difficile tandis que nous essuyions les tirs des ennemis embusqués dans les montagnes. Nous n'étions plus qu'un groupe d'elfes ; une douzaine tout au plus, acculés dans un petit renfoncement naturel. Ainsi à l'abri des armes à longue portée, nous avions installé un modeste campement. La contre-offensive ne pouvait plus se faire : nous étions trop peu nombreux, et les blessures de certains rendaient ces derniers inaptes au combat. Les anciens soldats devinrent vite des guérisseurs. Le camp ne profita pas de fortifications supplémentaires, misant davantage sur la discrétion que sur la capacité défensive. Nous n'aurions sans doute guère pu contenir un assaut, qu'il provienne des elfes de sang au nord ou des trolls à l'est. Les jours passèrent. Nous n'avions pas subi la moindre attaque depuis, mais très rapidement les rations vinrent à manquer. Ayant suivi des études de druidisme, je pus proposer mon aide afin de voler des vivres à l'ennemi. Il fallait pour cela s'infiltrer dans un de leur camp ; l'opération nous faisait prendre à tous un risque conséquent : si l'un d'entre nous venait à se faire capturer, les forces ennemies auraient vite connaissance que nous nous cachions à proximité.

En guise d'entraînement, ils m'envoyèrent dérober de la nourriture et de l'eau dans un camp troll. Leurs défenses n'étaient pas vraiment efficaces, d'autant que les animaux les accompagnant avaient été dressés à renifler la chair elfique, alors transformé en félin je n'eus aucun mal à les tromper. Cette première mission fut un succès, mais les denrées ramenées étaient pour la plupart périmées, sujettes à la pourriture des sols et à la maladie. Que ce fut par la faim ou par empoisonnement, beaucoup d'entre nous moururent au cours de la nuit. Le lendemain matin il fallut enterrer le tiers de nos troupes, tandis que d'autres se mirent à souffrir d'atroces douleurs. Nous ne pouvions plus compter sur un ravitaillement depuis les campements trolls, alors nous décidâmes que je devais infiltrer un camp elfe de sang. Nous savions que la nourriture serait meilleure, autant que nous étions persuadés que leurs positions seraient bien mieux gardées, mais nous n'avions plus le choix : une nourriture saine devenait une nécessité pour notre survie.

Je partis pour le campement ennemi dès que cela fut possible. La nuit me garantissait un meilleur camouflage, et me permit d'atteindre ma destination avec plus de sûreté. Une fois arrivé je ne vis pas plus qu'un simple garde gisant à terre. Il avait été éventré récemment. Je ne trouvai aucune ration à subtiliser, allant de tente en tente afin de constater l'évidence : le campement avait été attaqué et sûrement déserté par la suite, ses habitants mis à mort ou retenus ailleurs en captivité. C'est alors que je pénétrai dans une tente plus larges que les autres, celle-là d'ailleurs par laquelle j'aurai dû commencer mes recherches. Ce n'était pas un lieu de garde, sans pour autant être une résidence. Je reconnus aux multiples paillasses qu'ils se servaient autrefois de cet endroit pour soigner les blessés. Quelques tâches de sang recouvraient encore les tissus. Je me faufilai à travers la grande tente jusque dans une zone secondaire, située à l'arrière et qui n'était accessible que depuis l'unique entrée que j'empruntai. Cette fois encore, seul un entassement de coussins et de couvertures s'étendait devant moi. Peu à peu, mon regard s’accommoda à l'obscurité. C'est alors que je le vis : emmitouflé dans des draps propres, un elfe de sang était allongé non loin de moi, parfaitement immobile...

J'approchai de lui avec une indéfectible discrétion, octroyant à chacun de mes pas une lenteur à en faire maudire le silence. Je m'arrêtai lorsque je fus en situation d'apercevoir son visage, moi-même placé seulement à une très courte distance de ce dernier. Il respirait. Son apparence était celle d'un jeune combattant, les paupières recouvrant ses yeux semblaient manifester l'ardeur du débutant. Son teint pâle se liait harmonieusement à ses mèches blondes qui disparaissaient sous la couverture. La couverture... Des pensées que je ne savais admettre me traversèrent l'esprit avec violence, tandis que je m’efforçais de garder une distance minimale de l'elfe assoupi. Il était mon ennemi, un traître à la race des elfes de la nuit. Mon devoir en tant que soldat était de le tuer, mais mon âme s'y opposait farouchement. Pourquoi était-il le seul survivant ici ? Était-ce un piège ? Tenterait-il de m'abattre si je lui exprimais mon désir de l'aider ? Mais alors que mon esprit était tourné vers ces interrogations, l'une de mes mains s'était posée sur la couverture de laine, repoussant cette dernière, centimètre après centimètre, du corps de l'elfe...

Mes yeux oscillaient incessamment entre cette main que je ne contrôlais plus, et le visage de l'elfe toujours en sommeil. Ses épaules apparurent, peu larges et nues. Soudain un frisson parcourut l'endormi. Ma main s'immobilisa alors. Ses lèvres s'étaient mises à bouger. Elles avaient prononcés quelques mots dans une langue que je ne connaissais pas, puis se figèrent à nouveau. J'attendis quelques instants, le temps de reprendre le dessus sur moi-même. Mon cœur battait la chamade avec une telle intensité que je pensai bien qu'il aurait été capable de le réveiller de ses pulsations. J'entendais chacun de ses bonds percuter rapidement mes vertèbres, la secousse résonnait jusque dans mon crâne. Ce n'est que lorsque que ma main reprit sa course que mes yeux purent quitter le visage de l'elfe afin de se reporter sur son torse tout juste apparu. Un pansement de lin recouvrait probablement une blessure, juste en-dessous de la poitrine. Mais mon regard avait déjà quitté le bandage pour rejoindre à nouveau ma main. Elle était parvenue au niveau de la taille, et s’apprêtait à repousser une fois encore le drap vers les jambes. Elle descendait, peu à peu. Et la couverture suivait le mouvement... Je voyais à présent la courbe du bassin... Encore un peu plus bas... Brusquement la respiration de l'elfe redoubla de puissance. Son ventre venait de se crisper et effectuait des mouvements rapides en saccades. Mes doigts se retirèrent avec hâte, mais il était trop tard : les yeux de l'elfe étaient fixés vers moi, grands ouverts...

La panique me fit céder. Je dégageai rapidement la dague de ma ceinture, avant de l'avancer sous la gorge de l'elfe qui n'avait pas bougé. Au début, je le crus surpris de me voir, surpris d'un réveil aussi brutal. Mais lorsque l'arme entra en contact avec sa chair, je vis dans son regard du dégoût pour un ennemi. Puis, lorsque l'elfe remarqua que la couverture avait été repoussée, et qu'une bonne partie de son corps était nue, ses yeux se remplirent de terreur. Il était paralysé par la peur, et n'osait plus bouger. Le moindre battement de paupières qu'il effectuait semblait être un mouvement des plus pénibles. Je ne sus ce qu'il se passa dans mon esprit, mais je me décidai à retirer la dague. L'elfe ne parut pas comprendre, bien que le retrait de l'arme ne l'avait pas incité à remuer davantage. J'avais voulu l'aider, et voilà que je me retrouvai dans une position délicate... Ma main se tendit vers sa taille. Je sentis qu'il tremblait dans l'attente de mon acte. Pourtant, une fois que mes doigts eurent atteint la couverture, ils ramenèrent calmement celle-ci sur lui. L'elfe semblait totalement désorienté. Il se mit assis tout en ne me quittant pas des yeux, avant de me faire un léger sourire amical.

Je hochai la tête lorsqu'il tenta de m'adresser la parole, ne comprenant pas ses mots. Il me répondit en tendant son bras vers plusieurs sacs maladroitement disposés dans un coin du lieu. Ils renfermaient tous de la nourriture ; ce devait être les quelques réserves à utiliser au cas où le ravitaillement de la ville d'attache venait à être retardé. Je m'inclinai promptement en réaction à son geste. Il s'empressa de m'imiter d'un mouvement de tête, puis me fit signe qu'il était préférable pour lui de s'habiller en pointant du doigt quelques habits proches. Il se racla la gorge pour me demander une chose improbable, et dans un excès de confiance ou d'insouciance je m'exécutai et gardai le regard détourné de lui le temps qu'il se revêtisse. Tout cela devenait grotesque, tourner le dos à un ennemi... J'étais affaibli par la faim et la fatigue, il s'en doutait sûrement. Je devais me méfier de lui... Et pourtant, j'avais sacrifié ma sécurité pour sa pudeur... Si je jetais un bref coup d’œil, s'en apercevrait-il seulement ? Ce ne serait que le juste protocole envers un prisonnier... Pourquoi un tel traitement de faveur ? Qu'auraient fait les autres si... Mes songes s'estompèrent soudain. Une lame s'était plaquée contre ma gorge.

L'elfe me parlait avec une tonalité aussi douce que terrible. Bien que je ne parvenais pas à distinguer un sens, je ressentais dans sa voix une émotion inhabituelle, oppressante. Ses mains tremblaient, les inflexions de sa parole voguaient en courbes. Peu après je sentis l'étreinte de ses doigts sur mon poignet, qu'il tenta de manipuler. Ma résistance fut vite réprimée : le couteau s'était approché un peu plus de l'artère et repoussait la chair sans la déchirer. L'elfe hurlait dans ses murmures. Le message était clair cette fois-ci : je devais me laisser faire. Je relâchai la pression dans mon bras, et le couteau se desserra. J'avais de nouveau perdu le contrôle de ma main, qui vacillait lentement d'avant en arrière. Au début, elle ne faisait que brasser l'air sans jamais rien atteindre. Puis elle se posa sur une surface lisse, douce et chaude. L'elfe avait dirigé mes doigts sur sa cuisse nue, avant de complètement les relâcher. Il attendait leur réaction et, sans que j'en eusse été l'auteur, ces derniers commencèrent à caresser sa peau avec entrain. Je me rendis compte alors que l'arme s'éloignait de ma gorge peu à peu : l'elfe ne faisait plus attention à celle-ci, le moment était venu d'agir...

D'un geste brusque et précis je fis tomber d'un coup de coude l'elfe à la renverse. Il perdit prise sur le coutelas, qui alla se perdre dans l'obscurité de la pièce. Tandis que je reprenais mes esprits il tenta de s'enfuir ; quasiment rampant à ras-le-sol il n'avait que peu de chance de m'échapper. Je l'e rattrapai avec une rapidité exemplaire, l'obligeant à reconsidérer sa posture afin de mieux me contrer, ce dont il n'eut le temps. Mes mains étreignirent sa gorge et, bien qu'il tentait de me repousser je gardais sans mal le dessus, ma force étant bien supérieure à la sienne. Je percevais de l’extrémité de mes doigts sa vitalité décroître, ses respirations se raréfier dans leur rythme, s'amenuiser dans leur débit, ses mouvements se ralentir et perdre progressivement toute volonté de se débattre. Je ne sus pourquoi à ce moment-là mon esprit se détourna de mes paumes, qui peut-être tendaient à se desserrer. Probablement ce manque d'attention avait-il été causé par cette nouvelle sensation que j'éprouvais dans le bas-ventre, et qui ne cessait de s'intensifier. Je me rendis soudain compte de la totale nudité de l'elfe. Je m'aperçus de ses mouvements, s’exerçant dorénavant dans les basses régions. Il m'avait, dans un dernier souffle de vie, fait comprendre qu'il s'offrait à moi. Mes mains relâchèrent complètement la pression sur sa trachée, suivirent les courbes de ses bras jusqu'à se serrer de nouveau, cette fois-ci autour de ses poignets afin de l'immobiliser. Il faut dire qu'il ne bougeait plus, hormis qu'il toussait beaucoup pour reprendre son souffle. Il ne daignait cependant pas m'adresser un regard, et même s'il me laissait faire je savais qu'il continuait à me haïr. Mon bassin caressa le sien dans des mouvements de va-et-vient qui redoublèrent très vite dans leur célérité. Je voulais aller plus loin, dépasser le simple fait que lui était nu et que moi, je restais entièrement vêtu. L'une de mes mains libéra son poignet et se reporta à son visage, obligeant ce dernier à faire face au mien. Ses yeux rayonnaient faiblement. Les reflets verts vacillaient, comme une haine qui se terrait au plus profond de son âme, mais il comprit ce qu'il avait à faire, et surtout à ne pas faire, suite à quoi j'ôtai mes habits.

J'eus au contact de ma chair à la sienne un frisson glacial qui s'estompa avec grande hâte, puis je repris lentement le mouvement tandis que grandissait mon désir. Je fus surpris de constater que, malgré ses apparentes réticences, les membres de mon partenaire montraient eux-aussi tout de l'excitation. Ma lenteur en fut amoindrie. Ses joues se mirent à rougir ; il venait sans doute de comprendre la raison de cette soudaine vitesse ; je l'embrassai alors au visage, ce qui renforça davantage encore la teinte automnale qui embrasait déjà sa peau. Sa tête se tourna vers moi ; il me regardait. Les lueurs de ses yeux scintillaient allègrement. Ses lèvres me sourirent alors, puis son regard se reporta aux bas-endroits de nos corps avant de se plonger à nouveau dans le mien. Je déposai une fois de plus un baiser sur sa joue ; il répondit en caressant la mienne de sa langue. Quelque part, je fus troublé de ce dernier geste, assez troublé pour réitérer les baisers malgré le fait que je restai envoûté par sa bouche. C'est alors que sans même l'avoir commandé, bien que l'ayant ardemment désiré, mes lèvres rencontrèrent les siennes. Je fus incapable d'aller plus loin ; j'étais comme paralysé. Ainsi perdu dans mes pensées, je ne sus ce qu'il aurait pu faire tant je ne contrôlai plus la moindre de mes articulations : j'avais probablement dû relâcher ses poignets ; peut-être préparait-il déjà une action qui me serait fatale ; il me semblait pourtant que mes hanches effleuraient encore les siennes ; cependant je n'en sentais plus aucune sensation. J'imaginais le pire sans pourtant m'en préoccuper vraiment et l'elfe de sang perçu l'occasion qui se présentait à lui. Il la refusa et en silence entrouvrit la bouche pour que ma langue puisse s'y glisser ; ce qu'elle fit dès lors sans hésiter. Une pensée naquit dans mon esprit, et se mit à grandir à tel point qu'elle devint vite certitude : depuis notre rencontre, le jeune elfe n'avait fait que de me montrer son entière soumission, il avait souhaité tout ce qui est arrivé, il souhaitera ce qui arrivera ensuite, j'étais seul maître à décider de ses actions ; il était mien. Sachant cela je déliai mes lèvres des siennes et le fixai quelques secondes, sans trop savoir comment m'y prendre pour communiquer avec lui autrement que par la parole. Il me semblait prêt à tout accepter, au pire je pourrais toujours l'en contraindre s'il venait à refuser un ordre. Je me penchai jusqu'à lui et, doucement pour ne pas l'effrayer, lui tapotai la taille comme pour lui demander de se pousser. La démarche fut des plus maladroites, cependant je sus qu'il avait comprit à l'expression qu'arborait son visage : il était devenu, en l'espace d'un instant, aussi blafard que le bandage qu'il portait autour de son corps.

Tandis que je réitérais mon geste, il n'avait pas cessé de me regarder, comme pour m'implorer de le laisser partir. Je m'interroge encore quant aux motivations réelles de l'elfe, peut-être avait-il vraiment voulu que je le laisse et que tout cela n'avait été qu'un jeu auquel il donnait une participation forcée, mais à ce moment aucune question ne m'avait fait douter ; seuls mes désirs comptaient, et il était à moi. Devant mon insistance il se plia finalement. Il se mit ventre-à-terre, sans s'élever davantage que le strict minimum dont étaient capables ses formes sveltes, et attendit. Mes mains caressèrent ses cuisses, ces dernières s'éloignèrent de part et d'autre et me cédèrent assez de place pour que je puisse m'installer plus près de lui. Je ne pus empêcher mes doigts de glisser le long des courbes qui se présentaient devant moi. Une fois de plus, je savais ce que je devais faire, sans savoir comment le faire. L'elfe de sang pleurait ; je le percevais malgré ses tentatives pour rester silencieux. Durant un bref moment, je me demandai qui il était, ce qu'il faisait-là, seul dans ce campement abandonné, comment il s'appelait, s'il avait une famille, une femme peut-être, je ne savais pas son âge après tout, à vrai dire je ne savais rien du tout sur lui, il avait l'air si jeune... La passion qui m'animait reprit de plus belle, effaçant mes doutes et ravivant la flamme. Je m’élançai en lui au rythme de ses tremblement. Lorsque je ne patientais pas pendant qu'il recouvrait le contrôle sur lui-même, je pénétrais un peu plus profondément encore. Arrivé à mi-parcours je m'arrêtai totalement ; il venait de prononcer quelque chose et, bien que j'eusse été incapable de comprendre ses mots, la tonalité haineuse de sa voix ne me laissait qu'un faible champ d'interprétations. Je me décidai à finir rapidement, mais à finir tout de même. J'entrai soudain en lui autant que je le pus, puis débutai un rythme de pendule. Aux prémices ma démarche fut lente et peu accentuée, mais étrangement les gémissements de douleur du jeune elfe et les quelques paroles qu'il lança par la suite eurent l'effet inverse que précédemment : au contraire d'en être perturbé j'en fus davantage excité. Plus il gémissait plus mon désir en était accru, ainsi la pénétration était plus profonde, ainsi ses plaintes s'intensifiaient encore. La cadence ne pouvait plus être ralentie, ni par ses cris ni par mes vœux, il aurait dû comprendre la futilité de ses appels à l'aide puisque personne ne viendrait à son secours. Au moins il se tenait immobile et ne cherchait plus la fuite, je dois dire que je le tenais fermement à la taille, au risque sûrement de lui avoir fait mal. Le plaisir atteignit vite son paroxysme, non dans une bonne volonté de ne pas faire durer le plaisir, mais plutôt que ce dernier était resté trop fort pour être maîtrisé. Je me déversai enfin à l'intérieur de l'elfe dans une ultime pénétration qui dura longtemps.

Sa chair était encore tendre lorsque je me fus retiré. Durant les deux minutes qui suivirent je restais immobile, contemplant le corps de mon partenaire sans y distinguer trace d'une quelconque imperfection. Il était mon ennemi, et il était magnifique. J'eus une sensation désagréable en l'admirant, lui qui conservait sa posture, allongé devant moi, toujours sans aucun geste, patientant que je mette fin à sa vie. Je l'avais fait tant souffrir... Je ne sus ce qui me prit à ce moment-là, mais je lui caressai le pied, comme pour lui annoncer que j'en avais terminé et qu'il n'aurait plus à craindre de moi. Il se remit lentement assis, recroquevillé, sans même me regarder. Je compris qu'il avait honte, sans immédiatement en apprendre la raison. Les larmes coulaient encore le long de ses joues. Ses paupières recouvraient des yeux fixés vers le sol. Ma main se posa sur son visage d'enfant, dès lors il détourna la tête. Je me levai, enfilant mes habits avec un remord qui me tiraillait les entrailles. Lui ne désirait plus remuer ; sa paralysie envenimait ma peine. Je cherchai du regard le drap qui le couvrait à mon arrivée afin qu'il n'attrape pas froid. Ce n'est que lorsque je voulus dissimuler sa nudité que je m'aperçus de ce qu'il tentait de cacher : son ventre était encore humide. Je fis mine de ne rien remarquer et achevai ma tâche, l'embrassant une fois encore, l'étreignant entre mes bras pour lui demander pardon, puis quittai la tente à vive allure sans un regard en arrière. Cela est resté mon meilleur souvenir de mon passage dans le royaume elfique, bien qu'empreint de regrets ; regret d'avoir pu lui infliger des souffrances, regret de n'avoir réussi à le croiser à nouveau depuis...



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Anayen

Anayen
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Le Repos du Guerrier Empty
MessageRe: Le Repos du Guerrier   Le Repos du Guerrier Icon_minitimePublié le : Sam 5 Jan 2013 - 8:11

Scène 1
Un Simple Jeu
(Natyos x Dethean)



Salut ! Non, non... ça ne va pas. Je dois me concentrer pour écrire mieux. Salutation ? Hum, voyons... Hey ! Salutation ! Cela est mieux... mais je ne m'y vois plus. Bon, oublions les salutations et passons à l'essentiel : je me nomme Natyos, et je vis actuellement à Lune d'Argent. C'est une jolie ville si on passe quelques détails, quelques détails oui... comme le fait que je n'ai pas assez d'argent pour étudier à l'école de magie. Maman souhaite me voir apprendre à dresser des animaux, mais moi, les animaux, je les trouve un peu idiots. Enfin soit, je ferai semblant de m'en aller travailler là-bas et, alors qu'elle m'y pensera en compagnie des bestioles, je serai en train d'étudier les sciences des arcanes ! J'ai réussi à trouver un contact, il est étudiant à l'école des magistères et il a promit de me donner des leçons. C'est une école prestigieuse, la plus haute qui soit dans le domaine de la magie ! Il a dû faire tellement d'années d'étude pour en arriver là ! Je n'ai pas tout compris dans la lettre qu'il m'a envoyé la veille : il doit rouler sur l'or pour avoir répondu favorablement à mon annonce, qui précisait que je n'avais pas d'argent ! Enfin bref, je m'apprête à partir en ce moment-même chez lui, on verra bien ce que ça donne.

Nous nous sommes indiqués une heure de rendez-vous et un lieu ; c'était un endroit assez étroit à ma connaissance, très cossu, certes, mais étroit et l'heure, elle, était tardive. J'eus beaucoup de mal à persuader ma mère que c’était une sortie entre amis, mais j'y étais quand même parvenu Lorsque je fus assez proche du lieu en question, je remarquai avec une étonnante précision qu'il était désert. La nuit commençait à tomber, et je ne savais quelles personnes pouvaient traîner dans ces quartiers une fois le jour enfui. J'avais peur, mais je ne désirai pas rentrer chez moi pour autant. Il fallait juste attendre un peu. J'avais tellement hâte de commencer ! Les minutes passèrent, toujours rien en vue. Je me demandais si la réponse n'était pas une mauvaise farce des riches, juste histoire de moquer un noble sans argent contraint à mendier leurs cours. Le seul fait d'y penser... Une ombre se dessina à mes pieds. Elle venait de la rue principale, parfaitement éclairée au contraire de celle où je me tenais. L'ombre me dépassa alors, quelqu'un approchait. Je restai immobile, tête baissée, en l'attente d'excuse de sa part. Je savais que c'était lui ; je n'aurais su dire comment, je le savais, c'est tout. Les pas s’arrêtèrent à ma hauteur, puis vint le silence. Il me regardait sans prononcer un seul mot... Je devais peut-être lui pardonner... il était venu après tout... Lorsque je me fus décidé, quelques instants après réflexion donc, mon regard s'éleva vers l'homme. Il était vêtu d'une longue robe bleue comme celle que portaient les mages elfiques. À ses gants de cuir véritable étaient incrustées des pierres qui émettaient un faible rougeoiement à la lueur des lanternes, son cou était lui-même garni de multiples colliers dont le talisman, qui descendait jusqu'au centre de son torse, recouvrait dans trois griffes d'or une opale parfaitement ciselée, jamais je n'en avais vu de si grosse ! En vérité, c'est la première fois que j'en voyais une. Il était bien habillé ça oui ! Toutefois, et malgré tant d'éclat, je lisais la fatigue sur son visage et les signes de l'âge ne manquaient pas bien qu'il n'était pas un vieillard pour autant. Ses yeux, en revanche, étaient emplis de malice et de quelque chose d'autre que je ne saurais décrire.
« C'est bien toi, Natyos ? »
J'affirmai d'un mouvement de tête. Il se mit à sourire ; un sourire qui était, à mon grand étonnement, non de sarcasme, mais de joie.
« Moi c'est Dethean. Ravi de te voir enfin. »
C'est ainsi que, sans même davantage se présenter, Dethean commença à repartir. Je me relevai rapidement, interpellant son nom à travers la ruelle mais, voyant qu'il ne s'arrêtait pas, finis par le rattraper à vive allure. Qu'est-ce qu'il lui a pris bon sang ? J'avais déjà du patienter dans une ruelle sombre et déserte, et voilà qu'il me fallait maintenant lui courir après ! Son doigt posé sur ses lèvres m'indiquèrent de me taire et de le suivre en silence. Selon ses dires, il n'habitait pas loin et ne désirait pas attirer l'attention sur lui, ou bien était-ce sur moi ?

Nous longeâmes les bâtisses de la grande place jusqu'à s'arrêter devant une large maison. Dethean et moi y entrâmes sans même prendre la peine d'éclairer les lieux. Il me tira par le bras jusque dans un endroit sombre et froid puis me relâcha. Je l'entendis murmurer des incantations, puis un immense brasier étincela le bois fendu de la cheminée. La lueur des flammes fit sortir des ombres de nombreux meubles, tous magnifiques, de vastes tapisseries recouvraient les murs et je crus même apercevoir au plafond un grand candélabre qui flottait, seul, dans les airs. Malgré les magnificences de l'habitat, mon regard retourna bien vite en direction du feu. Il avait jaillit de nulle part!C'était de la magie, de la vraie magie : celle qu'il me fallait.
« Cela semble te fasciner. »
Dethean parut amusé. Il alla s'installer sur un lit de coussins, et prit un livre sur l'étagère qui lui faisait face, à plusieurs mètres du lit, par un nouveau sortilège. Cette fois encore je ne pus cacher mon admiration, et une profonde jalousie à l'égard d'autant de pouvoirs. Il déposa le bouquin sur le sol et me fixa longuement, fronçant les sourcils, inclinant lentement la tête dans un sens puis dans l'autre.
« Mais es-tu assez fasciné pour que le temps que je viens de perdre avec toi ne me soit pas vain ? »
Tandis que je lui narrais les origines de mon obsession pour la magie ainsi que les raisons m'ayant contraint à demander son aide, Dethean feuilletait ses notes et écrivait beaucoup, bien que je ne le trouvais pas vraiment concentré sur mes propos. Je racontais alors les méfiances de ma mère pour la sorcellerie, son désir de ne jamais me voir en faire, ses attentes quant au dressage et, bien sûr, le fait que j'ai dû mentir pour le rejoindre ce soir, et probablement pour tous les autres soirs à venir s'il venait à m'accepter comme élève. Sa plume s'était tenue immobile. Il n'avait plus rien écris. S'il s'était intéressé à ce que je disais avant, il m'avait perdu dès l'irruption de mon parent dans le monologue. Lorsque j'eus achevé mon discours, un long silence sépara ce dernier de sa réaction. Dethean me regarda alors, et m'adressa un léger sourire. Il semblait plongé dans ses pensées.
«Cela m'enchante que tu y tiennes à ce point. J'espère que tes efforts autant que ma paie en seront à la hauteur. »
Sa paie ? Mais je n'avais pas d'argent et il le savait ! Il avait accepté de me rencontrer pour débuter l'entraînement en connaissance de cause ! Pour la seconde fois, son doigt se porta devant sa bouche, ce qui fit taire mes contestations. Il me demanda de contempler de ce qui se tenait autour de moi avant de m'interroger sur ce qu'il pouvait trouver d'intéressant à me soustraire quelques pièces d'argent. Il m'expliqua ensuite que la magie, il ne faisait que ça de la journée et, une fois la nuit venue, ce n'était pas forcément un plaisir de s'y remettre. Cependant, il me spécifia adorer le dessin. Je n'en pris pas vraiment compte au début, pensant à une plaisanterie de mauvais goût, puis il me montra ce qu'il avait gribouillé pendant que je parlais : c'était un portrait d'elfe, mon portrait pour ainsi dire. Quelques coups de plumes supplémentaires et il n'en resta plus aucune trace.
« J'adore le dessin, tu adores la magie. Alors je t'apprendrai la magie, et toi tu m'apprendras à te dessiner. »
Lui apprendre à me... dessiner ? Qu'entendait-il par-là ? De ce que j'en avais vu, il paraissait être déjà bien plus doué que moi en la matière. Distinguant que je n'avais pas saisi ses paroles, Dethean se leva, s'approcha de moi, me regarda des pieds à la tête comme un sculpteur l'aurait fait de sa statue, puis se pencha et me susurra à l'oreille que si je tenais tant à apprendre la magie de la meilleure école qui soit, il fallait me montrer à lui, totalement nu. Mes pensées m'échappèrent. Un grand vide venait de s'installer en moi à l'instant où je compris ce qu'il attendait de moi. Désirait-il me violer ? Il se contenta de ricaner à ma question, répondant comme une évidence que j'étais trop jeune pour lui. Ses arguments fusèrent de toute part sous les teintes d'un épouvantable chantage. Non, je ne souhaitai pas me déshabiller devant lui ni devant qui que ce soit. Non, je ne souhaitai plus qu'il fasse des dessins de moi. Non, il ne pouvait pas être le seul ! Non, si c'était vraiment le cas, alors je ne veux plus apprendre la magie. Non, plus de magie, non... Il me criait dessus, je répliquai avec colère, puis sortis de la chambre. Il me poursuivit un court moment, me lançant des injures jusqu'à arriver aux portes de l'habitât, puis vînt le silence de la grande place, toujours déserte. Je ne m'arrêtai de courir qu'une fois une ruelle atteinte. Elle était différente de celle où s'est tenue la rencontre, et assez éloignée de chez moi pour ne pas craindre d'avoir été suivi. Lorsque je fus assuré d'être seul, je m'assis sur le trottoir.

Mes jambes tombèrent d'elles-mêmes. Je ne pensai plus, ou du moins plus à ce qui venait de se passer. Mes yeux m'irritèrent, mes lèvres étaient sèches, et mes mains et mes jambes tremblaient de tout côté. Je sentis le froid de la nuit s'abattre sur mes épaules, une lourdeur me brisa. L'instant suivant je tombai en larmes. Je pensai à mes vœux, je pensai à ma mère. Fallait-il avouer, et ainsi renoncer définitivement à la magie ? Fallait-il mentir, pour la protéger de moi ? Tout semblait lointain et pourtant si dense dans mon esprit. La fureur me gangrena : Dethean était le seul par lequel je pouvais apprendre une aussi haute magie, et sans argent. Fallait-il renoncer à mes rêves juste pour ça ? Juste pour ça, un vieillard de deux fois mon âge qui me demandait de m'exhiber devant lui. Je l'aurais tué si j'en avais eu la force. Je l'aurais tué si j'en avais eu le courage. Mon visage s'était amplement abreuvé de la fureur de mes pleurs lorsque ceux-ci s'estompèrent. La force, je n'en avais même plus assez pour chialer. Juste bon à ça, un pleurnichard. Devais-je me condamner à ça ? Je n'en pouvais plus d'être aussi faible. Frêle et stupide, ignorant de tout, à tout. Sans rien d'autres que des rêves décharnés qui me moquaient dans leur transparence. Je n'en pouvais plus de la colère. J'étais exténué, et il était l'heure, maman ne s'inquiétera de rien. Je me relevai, essuyant des mes manches mes joues humides, puis repris le chemin de la maison. À mon arrivée dans la bonne ruelle, je vis quelqu'un attendre près de ma porte. Je m'avançai dans la plus grande des discrétions jusqu'à distinguer dans la nuit les formes qui me faisaient face. Mère se tenait-là, devant l'entrée. À moitié rassuré, je m’efforçai de faire bonne figure en l'approchant. Elle me souriait, apparemment fière de moi, et m'accueillit à bras ouverts dans notre humble maisonnée. À peine de retour chez moi je m'en allai dans ma chambre. J'avais besoin de repos, et j'avais besoin d'être seul. Mes songes cette nuit-là me secouèrent davantage qu'ils me portèrent conseil, et le lendemain je feignis la maladie pour ne pas me lever. La journée se déroula sans que j'eusse éprouver le besoin de quitter ma chambre, mais une fois le soir venu maman me rendit visite. Je lui expliquai les maux dont j'imitais les effets sans parvenir à la convaincre de me laisser au repos. Elle voulait que j'aille voir les animaux, et répondit de mes arguments qu'elle était désolée, mais que l'argent qu'elle gagnait ne lui permettait pas de m'offrir une place dans une bonne école. Quelques minutes plus tard j'étais dehors, en route vers la maison de Dethean...

Celui-ci ne sembla pas surpris de me revoir. Il accepta de me reprendre en tant qu'élève et nous allâmes nous installer dans cette même pièce que j'avais quitté la veille avec tant de rage. Il me donna à boire et à manger, puis sortit son carnet.
« Alors ? Prêt à collaborer ? »
Douloureusement je lui répondis par l'affirmative. Il alla alors vers l'armoire et en sortit des haillons, deux morceaux de pantalon noir en tissu, et me les tendit, expliquant qu'il fallait que j'enfile ça à la place de mes vêtements en les serrant autour de mes cuisses. Je ne posai aucune question lorsque je pris ce qu'il souhaitait me voir porter hormis une seule : en quel endroit je pouvais me changer ? En de pareilles circonstances, mon interrogation le fit éclater de rire, je restai impassible dans mes apparences. Il m'indiqua une petite porte derrière-moi et se remit sur ses coussins. Je me dirigeai vers la pièce désignée et refermai l'entrée. Elle était petite et étroite, cela ne me gêna guère. Je préférai la pénombre pour me déshabiller, uniquement le bas, puis enfilai le vêtement avant de constater avec horreur que je n'avais rien pour dissimuler mes hanches. Je retirai le tissu, le remis et le retirai à nouveau, peu importe le nombre de mes tentatives rien ne cachait l'entrejambe ni les fesses. J'interrompis les essais, comprenant que tout ceci était prévu, et que je devais m'y astreindre. Je ressortis alors de la pièce, mains plaquées où il fallait, attendant les prochaines directives de Dethean. Il me fit signe d'approcher. Ses yeux luisaient d'une lueur vorace. Ces derniers fixèrent un moment l'endroit que je tenais encore à cacher, avant de se rediriger vers les miens. Il annonça qu'il commencera par me dessiner de dos, après quoi il me demanda de me retourner. Je m’exécutai. Un long silence s'en suivit. Il s'était remis debout et s'approcha de moi. Je sentis son souffle chaud sur ma nuque, puis ses doigts autour de ma taille... Non ! Il s'arrêta net. Il me dit alors que s'il devait me dessiner, ce serait dans une pose convenable et non pas tendu comme un poteau. Il remit ses mains de part et d'autre de mon corps tout en me promettant de ne rien me faire de sexuel. Je m'immobilisai. Si je me laissais faire cela se terminerait sans doute plus vite. Il me fit élever un bras au-dessus de la tête, tandis que l'autre se posa sur ma jambe. Ses doigts glissèrent sur ma peau, puis se rétractèrent du côté intérieur de mes cuisses afin de me forcer à les écarter. Dethean exerça une légère pression sur le bas du dos pour l'incliner un peu, puis sa main suivit les courbes postérieures jusqu'aux testicules qu'elle étira vers le bas. Il me relâcha enfin, s'éloigna de quelques pas, poussa un soupir de satisfaction, puis se mit à dessiner. Les bruits de la plume sur le papier me furent difficilement supportables, tant je savais ce que chacun d'entre eux représentait : un jet d'encre après l'autre, comme un viol de mon intimité en taillades successives. Il ne fallut qu'une dizaine de minutes à Dethean avant de poser sa plume. Un nouveau silence arriva, pendant un instant je crus que c'était enfin fini, jusqu'à ce qu'il m'ordonna de faire un demi-tour. J'hésitai, et il répéta l'ordre, tentant de me persuader que ce serait le dernier dessin qu'il ferait de moi, et que j'aurai payé à ce niveau-ci un bon moment d'études arcaniques. Je tentai bien de dévier mon bras de ma cuisse afin de le reporter une dizaine de centimètres sur le côté, mais Dethean contesta toute action qui ne venait pas de lui. Il voulait seulement que je me retourne, sans changer de position. J'étais cependant pétrifié de terreur, incapable du moindre mouvement autre que celui de me recroqueviller. Il le comprit et se remit debout, s'approcha de moi afin de retirer de mes jambes les vêtements qu'il m'avait confié, et profita de mon inaction pour enlever mon débardeur noir. J'étais à présent complètement dénudé. Dethean n'eut qu'à se mettre en face de moi, carnet et plume à la main, pour me dessiner à l'angle qu'il préférait.

Je me sentais tellement ridicule, immobile et nu devant lui. Je pouvais sentir son regard frapper ma chair tellement il m'épiait avec avidité, et cette honte que j'éprouvais... Elle m'aurait bien fait frissonner à en faire trembler l'immeuble tout entier, mais la peur de remuer était là elle aussi. Je me tenais alors comme Dethean me désirait, et attendait. Soudain il s'arrêta, bien plus tôt que pour le premier dessin. Une expression de mécontentement se lisait sur son visage, il grimaçait. Il me conseilla alors que pour avoir une posture parfaite, il me fallait dresser mon intimité, ce à quoi il ajouta que si je ne désirais pas le faire moi-même il s'en chargerait pour moi. Ma main la plus proche se décala alors, prit possession de mon entrejambe, et remua d'avant en arrière avec un entrain forcé. Si je voulais penser à autre chose, je ne pouvais que songer au campement des forestiers pour y dompter des animaux, là où j'aurai dû être en ce moment. Je percevais alors le visage de ma mère. Si elle me voyait, là, me masturbant devant un inconnu dans ses âges, qu'aurait-elle penser de son fils unique ? J'avais peur de ce qu'elle aurait eu à dire, pourtant je ressentais une sincère volonté qu'elle soit à mes côtés. Elle aurait sans doute mis un terme à ce vice, et serait restée fâchée pendant une courte période. Mais elle aurait avec le temps comprit que ce que je désirai plus que tout était de vivre mes rêves, même si pour cela je devais traverser seul le cauchemar. Je voyais bien les gestes de Dethean, une main tendue sur le papier à y inscrire mes formes, une autre entre ses cuisses imitant les gestes de la mienne. Mais comment en étais-je arrivé-là, à me faire abuser par un pervers ? Dethean me commanda alors de retirer ma main et de la remettre où elle se trouvait avant. Il ne lui restait que quelques secondes pour achever son œuvre. Je devrais ensuite m'efforcer à oublier cette soirée. L'entraînement de magie commencera bientôt, ce n'était qu'une question de temps, plus d'argent non, ni plus de dessin, seulement de temps. La plume disparut en une vague de fumée noire. Dethean referma son carnet et le rangea précieusement sur son étagère. Il me prévint que si j'avais l'idée folle de revenir sans son consentement afin de détruire celui-ci, il mettrait l'ensemble de ses pouvoirs en œuvre pour satisfaire tout, absolument tout ses désirs les plus macabres sur ma personne, puis il me donna rendez-vous le lendemain. Il ne serait alors plus question de poser, mais bien de pratiquer la magie. Je quittai ensuite sa demeure, titubant à travers la grande place de honte de ce que j'avais fait, et c'était fait. Je ne pouvais plus rien y changer après tout. Je regagnai avec une particulière nonchalance ma maison, où m'attendait une fois encore maman, sauf que cette fois-ci, ce n'était pas de la fierté que je lisais dans ses yeux, mais une profonde tristesse...

Mère pleurait en me voyant approcher. J'étais incapable d'accélérer mes pas, autant que je l'aurais été si j'avais voulu ralentir la cadence. Mes jambes marchaient d'elles-mêmes, sans que ma volonté en soit requise et mon regard, fixé dans celui de mère, n'exprimait qu'une attente à laquelle il ne désirait davantage de son terme que sa totale inexistence. Et si elle savait le lieu d'où je venais? Et si elle savait ce qui s'y était produit? Et si elle venait à me déconsidérer? Mes pensées étaient pleines de vide tandis que mon corps se forçait en des mouvements mécaniques à amenuiser la distance du jugement. Une fois à quelques mètres de l'entrée, l'automate se rendit inerte, glacial et sans-vie, le visage tourné vers la terre. Mère fit les derniers pas qui nous séparaient l'un de l'autre, déposa la main sur mon épaule et se mit à fredonner un air que je connaissais; du temps avait passé depuis le jour où je l'avais entendu pour la dernière fois; j'étais encore un enfant, je parvenais rarement à trouver le sommeil après avoir fait un mauvais rêve alors mère restait près de moi et me murmurait une mélodie, celle-là même qu'elle chantait à présent au fond de sa gorge. Sa main caressa ma joue froide puis passa dans mes cheveux. Elle me sourit alors, avant de me faire part de ses sentiments: elle me narra certains épisodes de mon enfance, quelques bribes d'un passé que j'avais oublié, fit certaines allusions à des moments plus récents.. Elle arrêta soudain le récit. Quelques larmes de tristesse auxquelles la joie se mêlait coulaient sur son visage, elle me déclara ainsi ses inquiétudes quant à mon travail, sa brutale prise de conscience d'une maturité qu'elle n'avait jamais vue en moi jusqu'alors et, sans ajouter un mot, m'embrassa en me serrant contre elle. Je fus à la fois surpris d'une telle déclaration en un soir si particulier, si triste de part son affection, tant soulagé que le mensonge subsiste toujours, et pourtant encore tellement mal.

Le reste de la soirée se passa rapidement. Le lendemain en fin d'après-midi je retournai chez Dethean pour débuter mon apprentissage. Il tenu parole et nous commençâmes les entraînements, qui se poursuivirent sans la moindre difficulté -hormis sa façon de me regarder- durant environ un an. Mais un jour, mère me demanda d'inviter le gérant du centre des forestiers à diner. Bien qu'ayant évidemment tenté de l'en dissuader, il me fut impossible de ne pas lui accorder cette faveur. Savoir Dethean dans la même pièce que mère me faisait trembler l'échine, mais je n'avais pas le choix: je devais l'inviter. Cela ne durera que quelques heures tout au plus. Je prévins alors l'intéressé, et nous nous rendîmes ensemble chez moi après une séance de magie. Il faisait nuit noire, le vent venait du nord, nous glaçant la chair jusqu'à l'os. Mère nous accueillit tous deux avec sa bienveillance habituelle, et nous allâmes nous asseoir à table. Elle posa à Dethean une série de questions pour mieux le connaître; celui-ci ne fit aucune erreur dans ses réponses. Je savais que la plupart de ces dernières m'étaient tout autant adressées, à moi directement comme des signes de sa perfidie, qu'à mère en guise de fournitures à la discussion. Mère le questionna ensuite à mon sujet. Dethean ricana en répondant qu'elle avait un fils adorable. Je ne pouvais pas supporter ses regards ni ses manières. Après que nous ayons achevé le plat principal, mère nous présenta ses excuses du fait d'avoir manqué le dessert mais que, si nous lui en laissions le temps, elle pourrait nous en préparer un autre. Dethean acquiesçait, proposant que je lui ferai visiter la maison pendant ce temps. Elle me jeta un bref regard pour lui rendre ce service, puis nous quitta pour rejoindre la cuisine. Je me levai et pris la direction du salon. Dethean me suivit de très près durant la visite. Je décrivis avec autant de précisions que possible les divers meubles et teintures qui ornaient la pièce, lui apprenant le travail de ma mère dans l'esthétique, inventant souvent quelques références afin de garnir mes paroles. Il ricana et en un souffle m'injuria d'être un imbécile.
« Nous en avons assez vu du salon, pourquoi ne pas me faire montrer ta chambre? »

Je ravalai ma salive. Je n'avais pas envie de lui présenter davantage de l'endroit dans lequel je vivais, sans doute que cela m'évoquait trop de mauvais souvenirs de lui faire part de mon intimité. Il insista, me menaçant de sa voix calme de rapporter à ma mère l'insolence de son fils. J'avais eu peur de ce qu'il pourrait me faire jusqu'à ce qu'il évoque la présence maternelle. Je me sentis l'instant suivant rassuré, protégé de tout mal que Dethean désirait m'infliger. Dans cette confiance aveugle je le conduisis à l'étage, jusqu'à ma chambre, restant près de la porte au cas-où. À peine arrivé, il se moqua de ce qu'il nomma le piteux état de la jeunesse, trouvant nombre de reproches à mon égard. Blessé dans ma fierté je lui rétorquai n'avoir pas prévu son intrusion dans mon domaine. Il ricana, faisant du lit mal bordé le paradigme de mon caractère régressif, puis alla vers la penderie, y trouva mes hauts et mes bas et ironisa sur la pauvreté ostentatoire des lieux. Je m'interposai entre lui et le reste de mes tiroirs. Il crachait sur le travail de ma mère, notre mode de vie, avec une suffisance des plus insultantes. Le temps que j'avais mis à refermer l'armoire, Dethean en avait profité pour faire barrage à une éventuelle sortie. Je lui conseillai de cesser de jouer avec moi. Il ria de plus belle. Nous entendîmes alors maman nous appeler du rez-de-chaussée. Sans faire plus attention à la présence de Dethean j'entrepris de me frayer un passage pour quitter ma chambre. Celui-ci m'en empêcha, me tirant par le bras jusqu'à me plaquer contre la porte qu'il venait de refermer. Je ne résistai pas longtemps, Dethean me surpassant autant par sa force que par sa magie. Il me retourna sans précaution face contre le bois de la paroi, et murmura à mon oreille.
« Tu peux bien crier pour que ta mère vienne, elle ne te sauvera pas pour autant. Combien crois-tu qu'il me faudra débourser pour qu'elle me laisse jouer avec toi? Les pauvres, ils sont abjects. Ils croient posséder santé et famille et que tout cela leur est suffisant, mais ils seraient prêts à tout vendre pour profiter ne seraient-ce que de quelques années de véritable richesse. Tu crois que ta mère t'aime, qu'elle refusera sûrement l'idée de te vendre, et tu auras raison, au début. Mais autant le coût viendra à croître, autant son attachement pour toi s'amenuisera jusqu'à disparaître totalement. Et si jamais elle venait à refuser dans un élan de pure sottise que vous vous plaisez à nommer fidélité, je n'aurais alors qu'à payer quelqu'un d'autre pour faire ce qui devrait être fait. Comprends-tu jeune Natyos, que si je le désirais, je pourrais bien te pénétrer sous les yeux de ta chère mère? J'en serais capable. Le tout est de trouver le prix adéquat, puisque tout s'achète dans la pauvreté, et qu'il n'existe pas pire hypocrisie que de penser le contraire. Alors, souhaites-tu toujours appeler à l'aide et risquer de perdre tout ce que tu crois posséder? Oh, pleures-tu maintenant? Les larmes, ces illusions désenchantées. Eh bien, soit, si cela peut te consoler durant le temps que j'ai à te consacrer, alors vas-y, pleure. Je n'ai pas de justification à donner, surtout pas à toi, alors cesse de me poser des questions et sois sage, Natyos, et il n'arrivera rien de néfaste ni à toi ni à ton entourage. »

Mère montait les escaliers tandis que la main de Dethean tentait de se faufiler entre mes cuisses. Je n'avais comme moyen de retarder celle-ci que de repousser mes hanches vers l'arrière. Je détestais moins la manière dont Dethean se frottait contre moi que le fait de devoir sentir ses doigts s'emplir de satisfaction perverse en me touchant les parties intimes. J'entendis mère m'appeler à quelques mètres derrière la porte. Je repensai à tout ce que Dethean avait dit, toutes ces menaces qu'il était capable de mettre à exécution. Je ne voulais pas que ma mère souffre à cause de moi. Je ne voulais pas qu'elle sache ce qui se passait dans la chambre. C'est alors que, tentant de reprendre une tonalité assurée, je l'interpellai assez fort pour qu'elle m'entende distinctement puis, prenant mal à articuler mes mots, je l'informai que Dethean m'apprenait une nouvelle incantation pour ranger ma chambre, et qu'il ne fallait donc pas qu'elle entre pour le moment. Mère, bien que fâchée à l'évocation de magie, crut au mensonge et redescendit, me laissant seul aux mains de Dethean. Ce dernier enleva ma ceinture et abaissa mon pantalon jusqu'aux genoux. Ses mains semblaient vouloir me dévorer tant elles gesticulaient avec frénésie entre mes jambes et parfois se glissaient sous ma chemise, remontant jusqu'aux épaules avec un désir vorace. La chemise me fut ôtée peu de temps après. Pendant ce qui me sembla être une éternité Dethean me caressa sans omettre la moindre parcelle de chair que ses mains pouvaient atteindre. Je sentis passer sa langue sur ma peau à de nombreuses reprises, au début sur la nuque, puis sur les épaules, le dos et en dernier lieu le bas du bassin. Dethean prit une attention particulière une fois arrivé aux fesses, qu'il tâtait comme les dresseurs le faisaient des membres de leurs bêtes pour s'en assurer la bonne constitution. Puis, quand il eut fini de me recouvrir le bas du dos de sa salive, il se remit debout, et tira sa braguette. Il me confia ne pas avoir l'intention de me pénétrer, avançant comme raison son respect d'hypocrite à l'égard de mon âge. Une pression s'exerça ensuite entre mes cuisses, passant d'abord entre celles-ci et frappant mon entrejambe, puis remontant un peu et se blottissant dans la région creuse. S'en suivirent des mouvements pendulaires de son bassin contre le mien, reprenant le rythme sempiternel de ses mains que me dénaturaient les hanches. Il me parlait, de temps à autre, me complimentant sur mon physique ou de ma faculté à assouvir ses désirs dans ma grande passivité. Il accentua soudainement la cadence, raccourcissant dans le même temps la distance entre chaque aller-retour jusqu'à être presque immobile et vibrant sur un seul point. L'instant d'après un liquide chaud se déversa sur l'arrière de mon bassin. Celui-ci s'écoulait le long de la paroi centrale alors que Dethean remettait entre nos deux corps une distance convenable. Il se rhabilla, me priant de me laver avant d'en faire de même, puis quitta la chambre en me caressant la joue.

Je retirai avec dégoût la semence encore fraîche de Dethean, enfilai ma chemise, attachai solidement mon pantalon autour de ma taille et pris le chemin de la salle à manger. Mère et l'infect convive se tenaient à table et étaient en pleine conversation. Maman s'inquiétait de ma formation magique, qu'elle aurait souhaité inexistante, mais se rassura d'elle-même en ajoutant qu'elle avait placé une grande confiance dans le monstre qu'était Dethean, au point qu'elle lui avoua savoir son fils en sécurité en compagnie d'un tel homme. Ce dernier lui admit que mon bien-être était sa principale préoccupation. Voilà une conversation à mon propos à laquelle personne ne désirait mon avis. Je me sentis isolé, sale, incompris, et épuisé... et sale, si atrocement sale. Je décidai dès lors de feindre la fatigue afin de prendre congés de cette mascarade, puis montai à l'étage et rejoignis la salle de bain pour m'y laver entièrement. L'eau sur ma peau n'eut cependant pas l'effet escompté. Au contraire de me sentir mieux, la seule sensation que me procurait le contact avec le liquide se tenait en une infâme résurgence corporelle des attouchements de Dethean. Chacun de mes membres ressentait à nouveau les caresses de ses mains, le passage de sa langue et l'abjection des sévices. Mon esprit avait fait de lui un réceptacle dans lequel il avait placé le moindre toucher, la moindre chaleur, le moindre désir ainsi que la plus haute terreur. Durant tout le temps passé sous l'eau, mon esprit s'en était allé loin, loin ailleurs, et mon corps quant à lui bouillonnait: mon entrejambe était de feu et mes doigts avaient répondu à son appel charnel. Les paupières lourdes ne filtraient plus le liquide qui s'en échappait, et mes lèvres suintaient de salive. Un jour, j'en fais la promesse, je tuerai Dethean.

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Anayen

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MessageRe: Le Repos du Guerrier   Le Repos du Guerrier Icon_minitimePublié le : Lun 21 Jan 2013 - 4:33

Scène 2

Voyage au sein des Terres Fantômes
(Natyos x Skor'jin)



Ce jour-là, Natyos devait quitter pour la première fois Lune d'Argent, sa ville natale, pour, une fois passés ces trois jours de marche qui s’annonçaient dans les terres australes, combattre le troll amani qui menaçaient les frontières du royaume elfique. Cela faisait deux années déjà qu'il suivait les cours de magie de Dethean, deux années à le mépriser tout en continuant d'admirer la seule chose d'admirable que ce dernier possédait : la maîtrise des arcanes, pour laquelle Natyos avait trompé sa mère durant tout ce temps en lui mentant sur la véritable nature de ce professeur si particulier qu'elle avait fini bien malgré-lui par estimer. Soit, ce jour-là il s'en allait rejoindre un régiment de Lune d'Argent. De sa mauvaise fortune ce fut parmi les forestiers, comme le voulait le protocole de recrutement, bien qu'il n'avait acquis aucune connaissance en matière de pistage, domptage, braconnage ainsi que tout autre mention dont il ne connaissait guère encore le nom. Il avait bien pris soin d'emmener avec lui quelques flacons emplis de mixtures aux couleurs peu rassurantes, mais ignorait tout de leur utilité. Au sujet de sa mère il s'inquiétait ; la laisser seule par des temps de guerre ne faisait pas partie de ses convictions, ou bien était-ce qu'il ne désirait pas aller se battre. On lui avait colporté des rumeurs terrifiantes sur les trolls amanis, de redoutables guerriers, impitoyables pour défendre leurs terres. Lorsqu'ils luttent contre un envahisseur, à la massue ils lui brisent les os, au lancer de hache lui transpercent le corps. Ils sont d'une telle force qu'ils peuvent démembrer un elfe de leurs mains avant de le dépecer et s'en faire des peaux qu'ils maculent de sang. Si par malheur un étranger survit à leurs assauts, alors il est dévoré vivant, et ne s'entendent plus à la ronde que les étreintes des crocs de ces animaux arracher par morceaux les chairs de leur victime. Natyos avait cru à ces histoires, et en silence la terreur s'était instillée en lui alors qu'il marchait pour rejoindre son régiment. Il atteignit les portes de la ville, arc et carquois solidement fixés à son dos par une lanière de cuir, laquelle comportait quelques emplacements pour y attacher de petites bricoles : les flacons en l’occurrence, avec lesquels il avait redouté s'encombrer.

À son arrivée, Natyos salua ses compagnons de route : beaucoup semblaient aussi jeunes que lui. Les officiers étaient aisément reconnaissables par les marques de luttes qu'arborait leur visage, tandis que les autres, les novices, se regroupaient autour d'eux dans l'attente de leurs instructions. Ils partiront lorsque la lune sera perchée au sommet du ciel. Les apprentis acquiescèrent en chœur, Natyos en resta confus. Étrangement, celui-ci était soulagé à la vue de vétérans de guerre ; on pouvait donc s'en sortir vivant... Mais qu'avaient-ils combattus jusqu'alors ? Sûrement pas des amanis ! Les cicatrices lui paraissaient bien trop superficielles. Sans doute aurait-il été davantage rassuré d'avoir pour officiers des estropiés incapables de se défendre... Non, c'était idiot. Natyos arrêta de penser et se contenta de patienter l'apogée lunaire, qui advint rapidement. Du moins, c'est ce que les mouvements mécaniques propres aux armées qui naissaient aux alentours lui suggéraient. Il avait un rôle à jouer et ne comptait pas se faire remarquer alors il suivit la marche et, toujours dans un silence que seuls les pas brisaient, s'éloigna de sa maison.

Ils poursuivirent à cadence régulière. Natyos avait finit par oublier son propre rythme pour épouser celui du régiment. Satisfait de s'être si bien intégré au corps militaire, il chassa de son esprit les pensées qui l'avaient préoccupé à son départ de Lune d'Argent. Il ne sut depuis combien de temps ils marchaient lorsque les officiers annoncèrent le premier arrêt. Il faisait nuit noire. Disparues les bougies, envolées les douces lumières qui inondaient les ruelles de la capitale ; seule la lune renvoyait son peu de lueurs grisonnantes sur les armures légères de l'attroupement elfique. Certains profitèrent de la halte pour nourrir leur familier, d'autres pour faire une sieste nocturne, Natyos quant à lui patienta assis que vienne la reprise, qui fut donnée quelques dizaines de minutes après la première annonce. Ils repartirent, distançant davantage à chacun de leur pas leur foyer, auquel seul Natyos avait songé durant la pause. La marche continua au même rythme durant trois longues demi-journées, lesquelles n'ayant été que succession de marches, de haltes, de reprises et d'un peu de sommeil. Le premier repos, fait dans la ville alliée de Tranquilien, n'aurait pas été désagréable si la puanteur morbide des réprouvés n'était pas aussi nauséabonde. Cependant le second repos, le dernier avant de se trouver en terres trolles, allait se faire à la belle étoile. Le vent ce soir-là n'était pas si froid qu'à l'habituel et la terre, malgré son dépérissement avancé, s'accordait à merveille aux formes du corps. Natyos s'endormit très vite, les autres en firent de même.

Les songes s'évanouirent lorsque retentit un cor aux échos lointains, trop lointain pour que Natyos y prête attention. Il resta couché. Il entendit alors des pas légers tout autour de lui, puis un hurlement proche lui glaça l'échine jusqu'à l'immobiliser de terreur. Il ouvrit difficilement un œil qu'il fixa au loin, et perçut parmi la brume d'immenses silhouettes s'amasser autour des corps de ses compagnons. Certains voulurent se lever, certains y arrivèrent. On entendait alors le sifflement des longs couteaux racler l'air jusqu'au fracas des têtes dépossédées de leur corps qui retombaient au sol. La puanteur des amanis s'était installée, l'embuscade avait été parfaitement menée. Natyos tenta de feindre la mort, espérant que la brume le dissimulerait et que les trolls seraient trop sots pour remarquer sa présence. Il attendit en silence, sans aucun mouvement. Il avait réduit sa respiration au plus bref soupir tandis que ses camarades tombaient les uns après les autres. Lorsqu'il ne resta plus de résistance les trolls laissèrent derrière eux la plupart des cadavres, et paraissaient se rejoindre autour de quelques autres. Ils les soulevèrent du sol et les corps auparavant inertes s'animèrent d'opposition. Mais les trolls étaient trop forts et trop nombreux, et mirent rapidement fin aux tentatives pour leur résister. Un amani emmena l'elfe d'une seule main, tandis que les trolls restants réitérèrent l'enlèvement à un autre forestier endormi. Ils enlevèrent ainsi trois autres de ses compagnons. Lorsque les créatures se mirent à encercler Natyos, celui-ci ne remua guère alors qu'il sentit les doigts amanis se resserrer autour de lui, imitant la mort jusqu'au dernier instant de peur d'attiser la colère de ses ravisseurs. Pourtant, une fois totalement aux mains des amanis, sa raison l'abandonna et Natyos crut profiter de la négligence des trolls pour leur échapper. D'une main ces derniers le retinrent, d'une autre ils lui firent perdre connaissance. Natyos, comme beaucoup d'autres de ses compagnons encore vivants, fut amené jusqu'aux campements amanis longeant les montagnes de l'est.

La première vision que Natyos eut à contempler fut celle des captifs devant lui, adossés aux parois de la tente dans laquelle tous étaient retenus, mains et pieds liés par d'épaisses cordes originellement faites pour retenir de grands animaux. Tous durent rester immobiles jusqu'à ce qu'un troll fasse irruption dans la tente. À ses nombreuses « décorations » qui ornaient son cou, ses bras et ses défenses, on pouvait deviner qu'il était le chef du village. Il fut vite suivi d'un autre troll qui portait à sa ceinture de nombreuses clefs. Bien qu'il ne voyait pas l'utilité de celles-ci pour se délier les mains, Natyos éprouvait étrangement le désir de s'en emparer. Le chef amani ordonna à son second d'abattre un prisonnier. Celui-ci semblait hésitant au fait de porter son arme contre un adversaire impuissant et incapable de se défendre. Son supérieur haussa le ton jusqu'à hurler en boucle le même ordre que précédemment, le gardien des clés finit par obéir et trancha la tête d'un captif parmi les plus âgés. Le chef troll riait aux éclats en aboyant à nouveau les mêmes ordres, et il continuait à rire et à ordonner le meurtre jusqu'à ce que tous les officiers aient péri de la lame de son second. Une fois la basse besogne achevée, le troll hystérique quitta la tente en emportant les corps fraîchement abattus tout en faisant mine de retenir ses pulsions joyeuses. Quant au gardien des clefs, il resta au centre du lieu et s'installa de sorte à garder un œil sur l'ensemble des survivants, dorénavant au nombre de six.

Natyos tenta tant bien que mal de desserrer les cordes qui lui nouaient les poignets, mais en aucune façon il parvînt à ses fins et finit par se laisser retomber de découragement contre la paroi. L'un des captifs s'approcha de lui assez près pour ne pas être entendu de leur geôlier, et lui fit part de son plan pour s'évader. Il espérait amadouer les familiers des amanis afin qu'ils se retournent contre leurs maîtres. Cela lui aurait probablement été d'un grand secours que d'avoir suivi une formation de forestier, bien plus que de s'être embêté tout ce temps avec de vulgaires fioles inutiles. Un sursaut de bonheur inonda soudain Natyos ; il avait depuis sa capture complètement oublié l'existence de ces flacons subtilisés à Dethean. Il en ignorait tant le mode opératoire que les conséquences, mais il n'avait plus grand chose à perdre s'il venait à tenter quelque chose. Perdu dans ses pensées, il fut brutalement rappelé à la réalité par ce compagnon d'infortune qui lui avoua ses frayeurs quant à leur survie hypothétique. Il narra de brefs moments de sa vie pour lesquels Natyos, sans mépris aucun, ne percevait pas l’intérêt immédiat d'en prendre connaissance. Ainsi son plus proche voisin lui apprit son âge, sensiblement le même que celui de Natyos, l'existence de sa famille, d'un père et d'une mère forestiers, de sa compagne, laissée à Lune d'Argent, et de sa passion pour les animaux ; notamment dans le dressage qu'il effectuait d'un faucon-dragon qu'il s'était réjoui de n'avoir emmené aux vues des circonstances. Natyos n'avait écouté que d'une oreille ; il voyait plus de préoccupations à trouver le moyen d'utiliser les fioles ; sans doute fallait-il les briser au sol, ou les verser sur la cible choisie, ou bien même prononcer quelques incantations et manier la mixture comme catalyseur... En vérité il n'en savait pas plus en matière d'alchimie que si on lui avait demandé de dresser une bête contre son maître. Ah ! Et voilà que son voisin s'était tu . Natyos comprit vite la raison de ce soudain silence : le chef troll était revenu.

Il était accompagné d'un de leurs familiers favoris : un lynx des terres fantômes. Cependant celui-ci ne paraissait pas en sa meilleure forme. Il n'avait trace sur le corps d'aucune marque de lutte ni même de faiblesse de la nature, pourtant à la vue de l'animal il était aisé de savoir qu'il avait contracté le mal de la région : celui du Fléau, une maladie de la pestilence et de la mort qui faisait mourir les tissus sur un être encore bien du monde des vivants. Le troll s'amusait de l'apparence des sols que maculaient encore d'innombrables traînées de sangs. Il amena avec lui au centre des captifs l'animal infecté, apposa l'une de ses grosses mains devant ses yeux, tendit l'autre devant lui puis se mit à tourner sur lui-même comme une toupie effrénée. Son regain d'énergie se consuma peu à peu et lentement sa main tendue s'arrêta en direction d'un captif : le voisin de Natyos. Le troll démit sa main qui lui cachait le visage, ricana une dernière fois, alla chercher le jeune forestier avant de le détacher au centre de l'assemblée, puis le déshabilla intégralement. Sa nouvelle victime ne se défendit que très peu tant la terreur que lui inspirait son bourreau était intense. L'amani mit l'elfe face contre terre, lui releva les hanches à hauteur de ses cuisses, puis se recula assez pour contempler la scène qu'il avait monté, plaça le lynx juste derrière l'elfe, les deux pattes de part et d'autre des jambes de celui-ci, et enfin tapota doucereusement l'arrière-train de l'animal. L'instant suivant débuta la pénétration sous les applaudissements du troll qui caressait de temps à autre la chevelure du jeune homme comme s'il s'agissait du pelage d'une bête. Les minutes passèrent et rien d'autre se joua si ce n'est l'acte odieux qui se poursuivait encore. Le familier, déjà faible à son arrivée, semblait s'être dramatiquement affaibli de part ses efforts récents. Il se retira de fatigue et se laissa tomber au sol de tout son corps. Le chef amani ne semblait guère apprécier ce fait, bien qu'il conservait le sourire cruel qui déformait les traits de son hideux visage. C'est alors que, cherchant un nouveau jouet, il tendit une main vers Natyos.

Ce dernier sursauta de panique tout en faisant vaciller avec grande hâte sa tête alternativement à droite et à gauche en signe de protestation. L'amani n'en prit aucune considération, se leva et alla chercher Natyos qu'il mena derrière l'elfe tétanisé d'horreur. Il détacha ce nouvel acteur, et lui fit signe de remplacer l'animal qui avait failli à ce rôle, tout en lui faisant comprendre que si celui-ci refusait, alors il les dévorerait tous deux. Natyos accepta, malgré les réticences qui étaient les siennes à se mettre nu et assouvir devant tout ce monde ses bas-plaisirs. En ce sens il abaissa juste son pantalon à mi-cuisses, et s'approcha du postérieur du jeune forestier. Il n'eut pas besoin de s'échauffer tant le désir charnel était déjà présent, alors il s'engouffra directement dans son compagnon. Lentement il s’enfonçait toujours plus profondément à mesure que les parois intérieures de son partenaire se dilataient, jusqu'à atteindre la distance maximale dont était capable son anatomie. Il s'arrêta brièvement, pensant à la situation dans laquelle il se trouvait. Les gens autour de lui avaient disparus, tout autant que la menace que les amanis faisaient peser sur ses épaules. Natyos pouvait sentir le moindre geste du jeune elfe. Les fesses de ce dernier plaquées contre ses hanches lui procuraient un plaisir inouï, une envie d'aller encore plus loin en lui, et d'y rester éternellement. Le chef des amanis hurla alors à son adresse, et Natyos se remit en mouvement. Heureusement pour le forestier, le plaisir fougueux que ressentait son camarade lui était trop insupportable pour le maîtriser bien longtemps, et il y avait toutes ces conditions alentours qui demandaient la brièveté. Il entendit Natyos laissant échapper un long soupir de soulagement. Le jeune elfe se retira alors, laissant de son passage une large traînée blanchâtre. Le chef troll ébouriffa de sa main les cheveux du garçon, puis se retourna en direction de l'autre sujet toujours à terre, se mit à sautiller autour de lui avant d'abattre son arme sur la nuque du captif. Il s’élança alors vers Natyos, tendant au-dessus de sa tête la lame couleur vif sang dans l'intention de lui faire subir le même sort. Cette fois-ci cependant, le chef troll fut stoppé dans son élan meurtrier : entre lui et l'elfe venait de s'interposer le geôlier, une hachette solidement tenue dans chacune de ses mains et prêt à frapper.

Une lutte sauvage entre le chef du village et son ancien subalterne fit rage devant les yeux terrifiés des quelques survivants elfiques. De nombreux coups firent voler les armes et les pointes d'acier à travers la pièce que les prisonniers tentèrent d'esquiver malgré leur faible mobilité. Le combat traîna en longueur et le chef amani, bien que plus aguerri que son opposant, avait usé vainement trop de ressources pour poursuivre davantage l'affrontement. Il s'attaqua alors dans un ultime assaut à la cause de la mutinerie ; s'élançant de ses dernières forces vers Natyos, le chef troll fut transpercé dans sa course par la hachette de son congénère, mais il eut la vigueur nécessaire pour atteindre l'elfe recroquevillé dans un coin de la tente, et ce en dépit de la sauvagerie du geôlier qui tentait de repousser son ancien chef du captif. Il projeta sa lance en avant, Natyos tenta de l'éviter mais un côté de l'arme lui entailla le ventre. C'est ainsi que le chef amani mourut, et que son assassin s'autoproclama détenteur des terres qui furent jadis celles de son ennemi. L'amani hurla sa victoire dans tout le village, suspendant la tête de l'ancien au-dessus d'une pique, et les autres amanis devinrent ses sujets avec une étonnante docilité. Mais là n'était pas l'objectif de l'amani, qui revînt peu de temps après dans la tente. Natyos n'avait pas bougé : le tissu de sa chemise était devenu rougeâtre tant le sang s'était écoulé de la plaie. Le troll approcha de l'elfe, lui faisant signe qu'il n'avait rien à craindre de lui. Il écrivit d'un coutelas sur le bois ce qui devait être son nom : « Skor'jin », et demanda à voir la blessure. Natyos accepta son aide avant de s'évanouir.

Il ne sut rien de ce qui se passa ensuite, seulement que lorsqu'il se réveilla, la douleur s'était presque dissipée. Il s'éveilla et vit devant lui de nombreux sacs de nourriture et un grand voile filtrant la lumière. Il faisait jour pourtant, toutefois seuls quelques rayons lui parvenaient depuis les cieux ; c'était une tente, non une tente de bois et de peaux comme celles des trolls, mais faite de tissus légers et chauds. Quelques secondes après avoir repris connaissance Natyos était sûr de se trouver dans une tente elfique. Quelqu'un l'avait amené ici, l'avait guéri, nourri et protégé. Il sentit pourtant un froid immédiat, et se rendit compte qu'il était totalement nu sous la simple couverture le recouvrant, seul un ample bandage entourait son abdomen. Il n'en fut pas alarmé : bien au contraire, il baignait dans une joie immense de s'être tiré vivant de cet enfer. Du moins, cette euphorie ne dura qu'un temps ; elle s'estompa aussi vite qu'avait surgi dans la tente l'amani, le dernier qu'il avait vu avant de s'effondrer dans la torpeur. Skor'jin était revenu. Il avait rapporté des vêtements propres et dignes au jeune elfe. Le visage de la créature parut exprimer un grand plaisir lorsque celle-ci vit Natyos sorti du monde des songes, mais cette joie ne lui fut guère rendue. Le jeune elfe avait peur de ce qui allait se passer maintenant ; et si tout ceci n'était qu'une tromperie, une vaste mascarade que les trolls se plaisaient à faire subir à leurs proies ? Skor'jin déposa l’habit elfique non loin du lit. Natyos ramena toute la couverture sur lui, s'emmitouflant complètement dans celle-ci comme si elle aurait pu le protéger d'un éventuel assaut. L'amani eut alors un sursaut étrange ; il s''était rapidement approché de l'elfe puis s'était étendu derrière lui, et de ses bras avait recouvert son ancien captif pour lui tenir chaud. Le jeune homme était perdu ; pourquoi ce troll faisait tout pour le protéger, et pourquoi était-il allé jusqu'à risquer sa vie pour lui assurer la sienne ? Natyos avait remarqué que le regard que Skor'jin lui donnait avait changé après qu'il eut obéit à l'ancien chef amani et pénétrer son compagnon. Espérait-il recevoir librement de lui ses faveurs après lui avoir sauvé la vie ? Natyos ne put attendre de connaître la réponse ; dans un mouvement délicat bien qu'aguicheur il frotta ses fesses contre le bas-ventre de Skor'jin. Celui-ci remarqua vite le geste de l'elfe, et posa immédiatement sa main sur les hanches de Natyos, puis fit s'éloigner celles-ci de ses parties intimes. Apparemment troublé par l'acte du garçon, il se releva vite et quitta la tente en laissant derrière lui une petite arme qu'il mit à côté de la tenue. Natyos ne comprenait plus ; il ne savait même pas où il était, mais s'était persuadé qu'il s'agissait d'un campement allié, et il se sentait si faible. Mieux valait pour lui se reposer et reprendre des forces avant de se lever, suite à quoi il se rendormit dans la foulée.


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