Partagez | 

 Heroic Queens

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivantAller en bas
AuteurMessage

avatar

Fleur-de-pluie
Tache d'encre

Messages : 12
Féminin Inscrit le : 27/12/2012

MessageHeroic Queens   Publié le : Jeu 27 Déc 2012 - 6:48

Heroic Queens



Résumé:

La magie… Vous y croyez? Normal, je ne vous jette pas la pierre, vous n’avez pas souvent l’occasion d’en apprécier les us.

6,5 milliards d’hommes sur terre. Combien de chances y avait-il pour que ce soient elles?
Deux.
Appelez ça le hasard, la fortune, la destiné ou comme vous voudrez, mais elles étaient les deux élues.

Le rêve. Ca vous inspire? Alors imaginez…

Un monde, autre que celui que vous avez toujours connu. Alex et Willow vont y être capturées, emprisonnées. Amis? Ennemis? Leurs questions trouvent rarement des réponses, mais elles ne sont pas femmes à se laisser faire.
Dans l’ombre d’un noir passé, elles vont lutter entre sécurité et danger, sens du devoir et culpabilité, amour et haine. Un ballet endiablé dans une bataille pour le pouvoir où celui qui l’emportera sera le meilleur à cacher son jeu.

Et les esprits? Vous pensez que ça existe?
Et moi? Évidemment que j’y crois! Après tout, j’en suis bien un…




Liste des chapitres:


Dernière édition par Fleur-de-pluie le Jeu 27 Déc 2012 - 7:39, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Fleur-de-pluie
Tache d'encre

Messages : 12
Féminin Inscrit le : 27/12/2012

MessageRe: Heroic Queens   Publié le : Jeu 27 Déc 2012 - 7:00

Prologue:


Il y a des choses que l’on croit savoir. On pense que la vie nous donne des leçons, qu’on en apprend chaque jour davantage… Mais c’est faux. On ne sait rien de la vie ni de l’espèce humaine jusqu’à ce qu’elle nous lance sa cruauté au visage de toutes ses forces. Qui aurait pu croire que la convoitise, la jalousie et l’ambition pouvaient mener à cela…
Je ne sais pas comment j’aurais vécu si j’avais su plus tôt que je mourrai si jeune. Il y a encore tellement de choses que j’aimerais faire…
Adieu, vous qui pouvez tout avilir… Même la mort.



Dernière édition par Fleur-de-pluie le Jeu 27 Déc 2012 - 7:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Fleur-de-pluie
Tache d'encre

Messages : 12
Féminin Inscrit le : 27/12/2012

MessageRe: Heroic Queens   Publié le : Jeu 27 Déc 2012 - 7:19

Chapitre 1


« -Alex? Aaaaaaaaalex! Alex où es-tu?!

Willow Miller arpentait la cour de l’un des nombreux lycées de Norwich. Les élèves s’écartaient sur son passage, non pas parce qu’elle était l’une des élèves les plus respectées de l’école, mais car ses yeux lançaient des éclairs, et qu’il aurait été très mal venu de l’interrompre dans ses recherches. Grande et svelte, elle avait un visage fin à la peau laiteuse. Ses yeux, d’un bleu océan profond, contrastaient à merveille avec le noir de jais de sa chevelure parfaitement raide qui lui tombait en cascade sur les épaules.

-Alex?!

La jeune femme arriva sur la pelouse qui servait aux pique-niques les jours ensoleillés, bien que l’atmosphère humide de Londres ne laisse guère espérer plus de un ou deux mois de soleil par an. Derechef, la jolie brune atteint le saule pleureur qui se trouvait au fin fond du parc. Allant se planter juste sous l’arbre imposant, elle rejeta négligemment sa frange qui lui tombait dans les yeux et appela de plus belle:

-Alex? Tu es là?
-Hmmm…

Assise à califourchon sur l’une des branches, le dos appuyé contre le tronc, Alexandra Miller n’avait même pas daigné soulever une paupière au son de la voix furieuse de sa sœur.

-Je m’en doutais… siffla Willow, triomphante.
-On ne peut rien te cacher…
-Descend de là!

Aucune réponse. Alexandra était l’opposée totale de sa jumelle. Athlétique, le teint halé, ce qui pouvait paraître plutôt surprenant vu le climat de l’Angleterre, ses cheveux étaient blonds-roux et redescendaient en boucles souples jusqu’au milieu de son dos. Elle n’avait absolument rien de la Londonienne classique, ce qui lui attirait souvent les regards curieux des garçons de l’école.

-Tu as encore séché le cours de maths!
-Bien vu…

Le ton ironique de sa sœur insupportait la jeune brune. Au bord de l’implosion, elle ordonna:

-Descend de cet arbre! On a cours de physique dans dix minutes et je n’ai aucune envie que tu brilles encore par ton absence! Tu sais bien que pour moi c’est…
-Important qu’on se rende compte de ton efficacité… coupa son interlocutrice. C’est bon, c’est bon…

Dans un soupir, elle ramena ses jambes du même côté de sa branche et se laissa glisser au sol. Willow l’accueillit avec un soulagement non dissimulé. Agacée d’être ainsi prise pour le messie, Alex commença à marcher tout en lançant d’un air agacé:

-Ca va, tu sais bien que je ne veux pas que ma chère sœur soit perçue autrement qu’en déléguée modèle!

Elles commencèrent à avancer toutes les deux côte à côte pour traverser le parc. Il était, au premier abord, difficile d’affirmer que les deux Miller du lycée étaient jumelles. En plus de leurs différences physiques, leurs comportements respectifs semblaient tout aussi éloignés.

-Rentre ta chemise dans ta jupe!
-Et puis quoi encore?!
-Boutonne là au moins jusqu’en haut!
-Will… On n’est pas dans un couvent ici!

Exaspérée, la jeune blonde se tourna vers la déléguée. Cette dernière ressemblait d’ailleurs plus à une poupée de porcelaine qu’à un être humain. Jamais uniforme n’avait été repassé avec tant d’attention depuis l’ouverture de leur lycée, il n’y avait pas à en douter! Willow était parfaite sous bien des angles. Première de la classe, elle pouvait prétendre à de nombreuses universités très prestigieuses, ce qui impressionnait bon nombre de personnes, en plus de sa prestance et de sa beauté.

-Écoute, poursuivit la jeune femme tandis qu’elles gravissaient les marches du bâtiment scientifique, je sais que pour toi les garçons sont une espèce dégoûtante, bruyante et brutale! Mais toutes les filles ne sont pas montées à l’envers comme toi!

Willow considéra sa sœur alors qu’elles étaient maintenant dans un long couloir blanc, à quelques pas seulement de leur salle. Ses cheveux bouclés négligemment ramenés en arrière avec une simple pince était déjà un sacrilège… Mais cette cravate, si mal nouée, ça, c’était un pur blasphème!

-Met-toi au Yoga, soupira Alex en remarquant l’attention que la jeune femme portait à sa cravate alors que la sonnerie retentissait. Si tu continues dans cette voie tu vas finir par faire un ulcère.
-Ce serait uniquement de ta faute! Répliqua sa jumelle en s’engouffrant dans la salle de cours pour s’asseoir au premier rang, se séparant, ainsi de sa sœur qui alla s’installer à l’exact opposé, réfléchissant déjà à ce qu’elle pourrait bien dessiner sur son jean… »

~~~

« -Change de station! J’en ai marre d’entendre des tubes des années 80 que je connais par cœur! Gémit Alex, tout en passant la quatrième.
-Hors de question! Rétorqua la deuxième Miller, assise du côté passager du pick-up gris métallique, une boîte d’œufs sur les genoux. J’ai supporté ton groupe de Rock hier, aujourd’hui c’est à toi de souffrir!
-Tu as raison, écouter du Patrick Swayze après une longue journée de cours et une soirée à faire les courses, c’est vraiment de la torture!

Sur ces bonnes paroles, la chauffeuse tourna brutalement son volant vers la droite et bifurqua dans une étroite ruelle tout en embrayant pour passer à la vitesse suivante. Comme à chaque fois qu’elle empruntait ce « raccourci », Willow serra les dents. Elle n’arrivait pas à se faire à la conduite de sa sœur, ni à son goût prononcé pour les sens interdits…
Enfin, la camionnette déboucha sur l’entrée de leur pâté de maisons qu’elles traversèrent au pas, étant donné l’abondance de chiens dans le quartier! L’allée centrale, tout comme les différentes habitations qui bordaient le chemin, était impeccablement entretenue. Pas une feuille morte n’encombrait le passage, bien que le vent ait commencé à souffler avec force depuis peu. Leur jeune voisin Théo, ne tarderait sûrement pas à venir leur proposer ses services pour cinq livres de l’heure, car leur jardin était le seul à ne pas être nettoyé de manière journalière.
Au bout de quelques mètres, Alex se gara dans une petite voie, serra le frein à main, repassa au point mort et coupa le contact. La maison devant laquelle elle s’était arrêtée était modeste, sobre, aux proportions harmonieuses. Le gazon avait retrouvé une couleur normale depuis la fin du mois de septembre, avec le retour de la pluie.

Les deux jeunes femmes commencèrent à débarquer leurs sachets de courses dans la maison après s’être essuyée les pieds sur un paillasson où était écrit « Welcome at Home! » dans une grosse bulle sortant de la gueule d’un labrador.

-Je vais ranger les courses et faire un gratin… déclara Willow en déposant les sacs sur la table de la cuisine.
-Okay, je m’occupe du linge! Répliqua sa sœur en filant vers la buanderie. Elle avait horreur de cuisiner.

C’était une soirée banale à Norwich. Une routine pour les deux lycéennes, habituée à leur vie dans le Norfolk.
Alors qu’Alex avait déjà étendu plus de la moitié du linge sur un petit séchoir d’intérieur, le grincement caractéristique de la porte d’entrée se fit entendre, et comme chaque soir depuis dix-huit ans, son père s’exclama:

-Je suis rentré!

La jeune femme eut un petit sourire et abandonna ses sous-vêtements mouillés pour aller embrasser le nouvel arrivant. Bien sûr, Will l’avait devancée…

-C’était bien le travail? Demanda cette dernière en mettant fin à leur chaleureuse étreinte.
-Comme d’hab! Et vous, le lycée? Vous avez appris des choses intéressantes? Questionna l’homme en enlaçant sa deuxième fille.
-Mouais… répondit celle-ci, sachant pertinemment que la question lui était adressée.
-On passe à table!

Et personne ne se fit prier, car le gratin de pommes de terre de Willow avait embaumé toute la maison d’un doux parfum de crème fraîche.
Monsieur Miller était un homme d’une cinquantaine d’année. Malgré son crâne un peu dégarni et beaucoup de rides d’expression, ses cheveux poivre et sel, son sourire et ses yeux bleus-verts lui conférait tout de même un certain charme pour quelqu’un de son âge.
Le dîner fut animé, comme chaque soir. C’était le seul moment de la journée où toute la famille était vraiment réunie, car le père des jumelles quittait le domicile familial bien avant le réveil de ses filles et s’endormait souvent devant la télé alors que le générique d’ouverture de la série n’était même pas encore terminé! Cette vie en décalée était un peu désagréable, mais, depuis la mort de sa femme seize ans plutôt, lui et ses enfants s’étaient retrouvés très soudés, et leurs quelques moments d’intimités étaient savourés avec le plus grand délice…

-Il y a des cas intéressants en ce moment? Questionna la jeune femme brune tout en rangeant les assiettes dans le lave-vaisselle. Je n’ai pas trop eu l’occasion de suivre l’actualité ces derniers temps…
-Une histoire de trafic de drogue… Ce serait tout un réseau apparemment, et qui aurait des contacts sur tous les continents!
-C’est Warner qui devait être aux anges… s’exclama Alex en passant un coup d’éponge sur la table.
-Tu n’imagines même pas! J’ai cru qu’il allait en pleurer de joie quand le second de la bande principale s’est décidé à parler pour une réduction de peine! Ca fait plus d’un an qu’il bosse sur cette affaire! Je sens qu’une fois tous ces mafieux en taule, il va s’ennuyer ferme, l’assistant du procureur!

Et comme à chaque fois qu’il parlait de son travail, les yeux de d’Alan étincelaient. Car, même s’il n’était qu’agent administratif, M. Miller s’intéressa à toutes les affaires du cabinet d’avocat dans lequel il travaillait, puisque après tout, traiter ce genre de dossier était son métier…

-Bon, mes chéries… Je vais aller regarder la télé… »

Les deux sœurs s’échangèrent un regard complice. Il était sûr que leur père n’allait pas tarder à s’endormir et qu’elles seraient libres de choisir le programme qu’elles voudraient! Aussi, toute la famille se retrouva au salon et quelques minutes plus tard, « Agence Acapulco » était remplacé par « Ally Macbeal ». Au bout du troisième épisode, néanmoins, les jumelles piquaient du nez à vu d’œil et se rendirent à l’étage. Après une rapide toilette, elles allèrent se glisser sous leurs draps respectifs dans deux lits de taille raisonnable mais qui se trouvaient dans la même chambre.
A peine leur tête toucha t-elle l’oreiller qu’elles s’endormirent profondément. Qui aurait pu prévoir que la nuit du 11 au 12 octobre 1998 serait la dernière qu’elles passeraient dans cette chambre…

~~~

« -Pfff… T’as de la chance qu’on habite aussi loin du lycée et que ça me prenne plus de temps d’y aller en footing qu’en voiture! Grogna Alex en s’engouffrant dans leur vieux Mazda boueux.

Il était à peine six heures à Norwich. Le quartier était désert et une fine bruine avait commencé à tomber. L’épaisse couche de nuage cachait les tous premiers rayons de soleil, donnant l’impression qu’il faisait encore nuit.

-Tu n’auras qu’à en profiter pour réviser l’interro d’histoire… rétorqua la deuxième Miller en claquant sa portière et en allumant le contact et le chauffage.

Arriver en avance en cours devenait de plus en plus fréquent pour Willow. Car, avec la motivation et l’énergie qu’elle déployait pour satisfaire au mieux toutes les responsabilités qu’incombaient son poste de déléguée, on lui confiait de plus en plus de tâches. Cela n’était pas pour déplaire la jeune femme, et au contraire, représentait la concrétisation de ses efforts! Mais, en contre-partie, elle devait se lever plus tôt pour réussir à concilier ses cours et ses obligations.
De son côté, Alex était loin de rechercher autant d’implications et avait du mal à comprendre sa sœur sur ce point. La jeune blonde regardait défiler le paysage tandis qu’elle songeait à un moyen de tuer le temps pendant que Sœur Willow, bienfaitrice des élèves en détresse allait faire le sale boulot des larbins…

-Tu roules vraiment à une allure d’escargot paraplégique…
-Désolée de t’apprendre qu’il existe d’autres vitesses que la cinquième!

Trente minutes plus tard, les sœurs Miller se trouvaient devant leur lycée désert. A peine la voiture fut-elle garée que Willow s’évapora. Quant à Alex, elle se retrouva seule sous la pluie.
Décidant d’aller s’abriter, elle suivit sa jumelle jusqu’au bâtiment principal et la laissa continuer, s’arrêtant dans le hall. Le silence était total, rompu uniquement par le bruit des gouttes de pluie s’écrasant au sol. La jeune femme trouvait cet endroit lugubre quand personne n’y était. Surtout avec un temps pareil!
Incapable de rester en place, elle finit par aller faire quelques pas sans savoir où aller et se retrouva dans un long couloir, sombre, les rideaux étant encore tirés. La lycéenne avançait en traînant les pieds, rêvassant à sa nouvelle cible: Alexander Johnson, capitaine de l’équipe de soccer. L’athlète parfait, au corps parfait et au sourire ravageur…

Soudain, un bruit la sortie de ses pensées. Un craquement, comme un objet qu’on laisse tomber sur un sol métallique. Surprise, elle sursauta, regarda derrière elle. A mi-chemin du couloir, tout semblait normal. Tout, à part une ombre qui se reflétait sur le mur du fond.

-Il y a quelqu’un? »

Il n’y avait jamais personne avant l’ouverture des portes en temps normal! Depuis le temps que la jeune femme accompagnait Willow, elle n’avait jamais croisé aucun élève dans l’enceinte de l’établissement à une heure pareille!
L’ombre ne bougeait pas. Elle était loin, il était tout à fait possible qu’il se soit agit d’un objet en réalité.
Alex était un peu effrayée. L’endroit sombre ne la rassurait pas, et elle doutait que Willow s’amuse à ce genre de plaisanterie. Sans crier gare, elle se mit à courir dans la direction opposée, vers le fond du couloir. Elle aurait dû se montrer rationnelle dans une situation pareille, mais sa logique lui échappa totalement quand elle entendit qu’on courrait derrière elle. Elle hurla et, prise de panique, ne se retourna même pas, de peur de perdre du temps. La lycéenne accéléra pour atteindre le bout de l’allée, sentant la personne qui la poursuivait se rapprocher derrière. Elle se jeta à l’angle du corridor pour descendre les escaliers mais percuta quelqu’un de plein fouet. Une silhouette massive, robuste. Son cœur s’affola, mais la seconde qu’il lui fallut pour reprendre ses esprits fut de trop. En un instant, elle se retrouva le dos plaqué contre le torse de l’inconnu, un linge humide sur la bouche. Elle allait se débattre, elle allait s’enfuir, mais le monde devenait de plus en plus sombre. Du chloroforme, pensa t-elle dans un dernier instant de lucidité avant de s’écrouler sur place, inconsciente.

~~~

Willow terminait de remplir le registre des absences, seule dans sa prochaine salle de cours, quand elle entendit des pas dans le couloir.

« -Alex? Interrogea t-elle, relevant la tête de ses papiers. »

Mais se fut un homme qui fit irruption dans la pièce. Il était grand, très musclé, ressemblait à un soldat mais avait quelque chose de bizarrement inhumain. Sa précipitation à s’approcher d’elle laissa entendre à Willow qu’il n’était pas un professeur en avance. Rapide, elle sauta de sa chaise, courut jusqu’à la porte opposée de la salle mais se glaça lorsqu’elle entendit le déclic d’une arme. A l’instant où elle atteignait la sortie, une douleur fulgurante lui traversa le bras, comme si son sang la brûlait! Elle baissa les yeux pour distinguer, la vision troublée, une seringue plantée dans sa peau. Elle bascula, incapable de résister à l’irrépressible envie de dormir qui venait de la submerger, et ne sentit même pas ses genoux heurter le sol.

Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Fleur-de-pluie
Tache d'encre

Messages : 12
Féminin Inscrit le : 27/12/2012

MessageRe: Heroic Queens   Publié le : Dim 30 Déc 2012 - 15:09

Chapitre 2



« -Willow? Willow, réveille-toi!!!

Mais la jeune femme était incapable d’ouvrir les yeux. Pourtant, des sons de plus en plus nombreux et nets lui parvenaient de l’extérieur. La voix d’Alex, pour commencer, mais aussi des murmures et des gémissements en arrière fond… Cependant, elle était incapable de bouger. Son corps lui semblait peser des tonnes.

-Will!

La gifle de sa sœur lui fit l’effet d’un électrochoc! Elle s’éveilla d’un coup, inspirant une grande bouffée d’air comme si elle avait manqué d’oxygène pendant des heures! La chaleur ambiante et l’humidité ne lui apportèrent pourtant pas les bienfaits escomptés.

-Enfin… soupira Alex, de soulagement, à l’évidence.

Willow ne répondit pas. Ses yeux s’habituaient peu à peu à l’obscurité dans laquelle toutes les deux se trouvaient. Elles, et d’autres personnes qu’elle ne distinguait pas bien. Ils étaient tous recroquevillés dans un recoin de leur « prison ». La plupart pleurait en silence.
Les parois qui les retenaient prisonniers étaient constituées de planches de bois, comme une caisse totalement hermétique. La hauteur ne leur permettait pas de se tenir debout, mais presque. Le tout était en mouvement, sur une route qui n’avait pas l’air très bien entretenue…

-Où est-ce qu’on est?

La jeune femme à côté d’elle n’avait pas l’air bien non plus. Elle la fixait d’un air inquiet, perdue.

-Je ne sais pas… Je viens de me réveiller et on bougeait déjà…

Près des deux sœurs, un garçon d’à peu près leur âge éclata en sanglot, basculant sur le côté, en proie à une violente crise de panique.

-Il n’y a que des lycéens… expliqua Alex pour répondre à la question naissante de sa jumelle. On en connaît quelques-uns uns… Brooke Williams est là bas, dit-elle en désignant une masse sombre vers la gauche, et Peter Sanders aussi. Il y en a encore deux ou trois que je connais de vu…

La voix de la jeune femme était tremblotante. Autour, les lycéens se tassaient, cherchaient à trouver une ouverture comme des rongeurs dans une boîte en carton. À chaque virage, tout le monde basculait du même côté. Le voyage était vraiment inconfortable car leur moyen de transport semblait loin d’être stable.
Willow ne voulait pas inquiéter sa jumelle, mais son esprit d’analyse fonctionnait aussi vite que possible après avoir passé plusieurs heure dans le brouillard le plus total.

-Proxénétisme? Une rafle…
-Ou trafic d’organes…

Leur discussion fut interrompue par l’immobilisation de la caisse dans laquelle elles se trouvaient. En un instant, tout le monde se tut, attendant dans l’angoisse. Seuls quelques gémissements plaintifs se faisaient entendre dans le silence. La tension devint palpable quand le crissement des pas sur un sol rocailleux leur parvint de l’extérieur. Les cœurs s’affolaient, les respirations aussi… Personne n’eut le temps de réagir quand l’un des quatre côtés de leur enclos s’abattit, surprenant tout le monde par la luminosité.
A cause de l’obscurité parfaite, tous s’étaient attendus à se retrouver dans la nuit complète. Or, c’était le crépuscule, émettant une lumière suffisamment puissante pour les aveugler momentanément, les alarmant encore plus.

-Descendez! Ordonna une voix dure.

Alex battit des paupières et découvrit l’homme qui l’avait enlevé. Il était grand, aussi large d’épaule qu’une armoire à glace. Bronzé, chaque centimètre de son corps n’était que muscle hypertrophié. Et il était armé aussi. Couteaux, matraques, armes en tout genre et seringues de tranquillisant accrochées en ligne à sa ceinture.

-Descendez, j’ai dit! Tonitrua t-il, comme personne n’osait bouger.

Et, pour illustrer ses paroles, il empoigna le bras de la fillette la plus proche de lui. Son membre paraissait ridicule, ainsi compressé par cette main énorme. En un instant et sans effort, il la tira hors de leur caisse et la posa dehors sans délicatesse tandis qu’elle hurlait à la mort.
Devant une telle démonstration, tout le monde se rapprocha de la sortie pour descendre, ayant compris qu’il ne servait à rien d’essayer d’échapper à ce colosse alors qu’il n’y avait pas d’autre issue.

-Plus vite… Plus vite! S’impatientait-il tandis que les jumelles retrouvaient enfin de l’air frais.

Les deux jeunes femmes tressaillirent au contact du sol et tentèrent de s’éloigner le plus vite possible de cet homme imposant. Malheureusement, trois de ses camarades, bâti de la même manière, entouraient le groupe de personnes déjà dehors, les empêchant de fuir. Et ce n’étaient pas leurs jambes engourdies par le voyage qui allaient leur permettre de sortir triomphantes d’une course poursuite.
Leur prison provisoire s’avérait en fait être une énorme caisse en bois montée sur des roues et tirée par quatre chevaux. Personne, néanmoins, ne s’attarda sur ce détail plutôt étrange, car il y avait beaucoup, beaucoup plus impressionnant, juste devant eux. Une immense, une gigantesque forteresse, pareille à un château fort moyenâgeux. Il était partiellement caché par des remparts. La seule nature environnante était une épaisse forêt qui avait l’air de s’étendre sur des dizaines de miles…
Impossible de fuir.

-Avancez! S’exclama l’un des quatre mastodontes, ne leur laissant pas plus le temps d’admirer le paysage. »

Et le groupe obéit. Les sœurs Miller, malgré la panique, ne purent s’empêcher de remarquer l’importance du groupe en question. Ils étaient au moins une trentaine. Peut-être même plus. Et que des personnes d’à peu près leur âge… Ca ne sentait pas bon du tout.
Les captifs furent amenés à franchir les remparts grâce à une grande porte de bois ouverte et à traverser un pont-levis qui permettait de passer au-dessus des douves et d’accéder à la cour du château. Tout était désert et on les forçait à présent à marcher au pas de course. Ils s’engouffrèrent tous dans le bâtiment principal et montèrent les étages dans la précipitation. La fatigue, la peur, la pression que leur mettaient leurs quatre énormes ravisseurs ne laissaient en rien le temps de détailler la décoration.

Il semblait à Alex et Willow qu’elles montaient depuis des heures! Leurs jambes n’en pouvaient plus, sans compter les coups accidentels qu’elles recevaient à cause de la densité du groupe. Et puis, soudain, tout le monde s’arrêta. Les jumelles essayèrent de voir ce qui se passait à l’avant, mais beaucoup de personnes étaient plus grandes qu’elles et tout se passa, encore une fois, très vite. On déverrouilla une porte et on pressa tout le monde de rentrer le plus vite possible. Les quatre gaillards semblaient nerveux, crispés, particulièrement irritables. Quand tout le monde eut pénétré dans la pièce, la porte claqua violemment et fut fermée à double tour. Ils étaient de nouveau tous pris au piège.

~~~

A peine la porte eut-elle claquée que toute la tension imposée par ce voyage de quelques secondes retomba. Comme quelques minutes plus tôt, beaucoup se mirent à pleurer. Les nerfs lâchaient, on se laissait glisser au sol.
La pièce dans laquelle ils étaient enfermés était vaste. Les murs étaient en pierres, il n’y avait aucun meuble, aucune fenêtre. Par terre, en guise de matelas sans doute, des tapis de sol à base de paille avaient été installés.
Alex, comme toutes les personnes présentes, était à bout de nerfs. Heureusement qu’ils s’étaient réveillés en fin de voyage, car l’angoisse aurait été à son paroxysme s’ils avaient eu à attendre pendant des heures… Néanmoins, malgré le choc et la peur, elle se sentait parfaitement à même de réfléchir. L’instinct de survie, sans doute.

« -Will? Tu as ton portable?

La question raisonna dans la pièce. Comme personne n’émettait de paroles vraiment concises, cette phrase, prononcée à haute et intelligible voix, avait pu être audible par tous. La jeune brune fouilla dans la poche de son jean, ferma les yeux de bonheur lorsque ses doigts entrèrent en contact avec l’objet métallique.

-Oui, je l’ai!

Elle sortit l’appareil en question son pantalon et observa l’écran.

-Pas de réseau. Je tente un numéro d’urgence.

Hâtivement, la lycéenne entreprit de composer le 112 et plaqua le téléphone contre son oreille. Chaque personne dans la pièce était pendue à ses lèvres. Elle attendit quelques secondes, leva les yeux vers sa sœur…

-Rien du tout. C’est comme si on avait été coupé de la civilisation…
-Je m’en doutais… soupira Alex. J’avais déjà essayé avec le mien pendant le voyage.

Plusieurs personne dans la pièce sortirent leur téléphone respectif et tentèrent de contacter quelqu’un, mais cela semblait peine perdue.

-Éteint le, conseilla la jeune blonde. Si on arrive à s’échapper d’ici, on sera contentes d’avoir de la batterie.
-Tu as une idée de l’endroit où on se trouve? Demanda Willow en s’exécutant. Ce château c’est… vraiment bizarre. Je n’ai jamais entendu parler d’un lieu historique pareil en Angleterre!
-Tu crois qu’on a quitté le pays?
-Non, ça s’afficherait sur nos téléphones si le serveur avait changé, même sans réseau! Intervint Peter, un garçon que les Miller connaissaient du lycée.

A présent, plusieurs d’entre eux s’étaient rassemblés autour d’elles. Personne ne se connaissait, visiblement, venant d’écoles différentes.

-Vous croyez qu’ils vont… nous tuer? Demanda d’une petite voix une fille rousse au visage parsemé de tâches de rousseur.
-Il y a plusieurs possibilités en fait! Répondit un garçon plutôt costaud aux lunettes rondes. On pourrait être revendus comme esclaves, servir pour des expériences… Mais pourquoi on ne vient pas tous du même endroit dans ce cas?
-Tu penses qu’on a été sélectionnés? Interrogea Willow.

La question laissa perplexe. Il était vrai que, pour une razzia de ce genre, capturer tout le monde au même endroit aurait été plus simple que de choisir quatre ou cinq élèves par lycée! Pendant une seconde, ils se cherchèrent en vain un point commun, mais mise à part leur âge et leur région, il n’y avait rien de similaires chez eux. Pas de groupes sanguins, de liens de parentés, de facultés mentales particulièrement exceptionnelles ou de gènes physiques inhabituellement gracieux. C’était à n’y rien comprendre…

Le reste de la soirée fut consacrée à la recherche d’une sortie éventuelle. Un passage dans les murs, une quelconque ouverture, une faille à exploiter, la serrure à crocheter. Le petit groupe le plus courageux avait vite fait connaissance. En plus d’Alex et de Willow, il y avait Peter, Kelly, la jeune fille rousse, Mark, le garçon aux lunettes, Brooke, une fille du lycée des jumelles qui s’était jointe à eux parce qu’elle les connaissait, Grace, une afro-américaine au caractère bien trempée et Marta, soit disant dan 8 d’Aïkido.

Personne ne ferma l’œil de la nuit. Les murs de pierres n’étant pas les meilleurs isolants, le vent glacial les frigorifiait. La longue journée et la panique avaient vidé leur énergie et la faim commençait à se faire sentir. Tout en cherchant désespéramment une solution pour s’évader de ce château gigantesque, tout le monde apprit peu à peu à se connaître, même si certains refusaient net d’ouvrir la bouche.
Il apparut bien vite qu’il n’y avait aucun moyen de quitter la pièce dans laquelle les lycéens étaient retenus. La porte était trop lourde pour être défoncée, les murs, trop épais pour espérer un quelconque miracle et les diverses tentatives pour forcer la serrure n’avaient rien donné…
Il n’y avait plus qu’à attendre: le pire des supplices.

Les heures défilèrent lentement. Certains se mettaient à pleurer de temps à autre mais, la situation n’avançant pas plus avec ou sans larmes de crocodiles, les sanglots finissaient toujours par s’estomper. Au petit matin, tout le monde somnolait, plus ou moins serré les uns contre les autres. Aussi, chacun se redressa en sursaut, le cœur palpitant, quand le bruit d’une clé qui tourne dans une serrure se fit entendre.
En un instant, la troupe fut debout, en alerte, rassemblée le plus loin possible de l’entrée. La porte s’ouvrit, laissant apparaître l’armoire à glace de la veille. Les yeux cernés, il semblait encore plus agressif que lorsqu’il les avait fait traverser le château. Sans crier gare, il se dirigea d’un pas décidé vers le groupe et attrapa violemment l’avant bras d’une fille blonde, l’une de celle qui avait beaucoup pleuré cette nuit et qui n’avait pas desserré les dents. Son cri déchira le silence tandis que personne n’osait bouger ou tenter quoi que ce soit contre un homme aussi fort et imposant. Sans le moindre effort apparent et sans remarquer à quel point elle se débattait, ignorant morsures, griffures et coups dans les tibias, il la traîna hors de la pièce sous ses hurlements en claquant la porte derrière lui.

Cet événement glaça terriblement l’atmosphère. Si quelques-uns uns avaient un peu réussi à canaliser leur peur, s’en était bel et bien fini du self-contrôle! Désormais, c’était l’instinct de survis qui primait!
La porte s’ouvrit une deuxième fois à la volée. Cette fois, chacun était prêt à lutter avec rage. Mais, le deuxième homme qui entra portait un immense plateau rempli de bols en terre cuite. En découvrant le petit attroupement aussi déterminé, il éclata d’un rire sans joie, grave, et déposa le plateau au sol avant de faire demi-tour et de quitter les lieux en prenant soin de verrouiller la porte derrière lui.

Tout le monde était de nouveau abattu. Apeuré. Il semblait impossible de quitter les lieux vivants. Le désespoir était lisible sur tous les visages.
Les récipients contenaient une espèce de purée verte. On hésita d’abord à la goutter, mais la faim était trop forte. Willow et Alex partageaient le même bol, car il n’y en avait pas assez pour tout le monde. A côté d’elles, Peter et Kelly, qui semblaient avoir sympathisé, avalaient leur part sans rien dire, d’un air dégoûté.
Willow trouvait à ces légumes écrasés une ressemblance à un mélange de brocolis et d’aubergines, mais sans en être vraiment certaine. Cela dit, tous se moquaient un peu de devoir ingurgiter cette bouillie infâme. Et les cerveaux, certains du moins, étaient encore en ébullition…

-Marta? Interrogea Willow, pensive.
-Hmm?
-L’aïkido, c’est un art martial qui sert à la défense, pas vrai?
-Oui, et alors?
-Tu crois que tu pourrais faire une petite exception…? »


~~~

La jeune femme blonde ne revint pas de la journée et tout le monde, désormais, savait qu’elle ne reviendrait pas, tout court.
Willow, qui avait longtemps réfléchi sur le moyen de s’échapper pendant le court laps de temps durant lequel la porte restait ouverte, avait élaboré un plan assez peu subtil, avec beaucoup d’inconnues, qui tenait à peu de chose et requerrait de la chance. Pas mal de chance. Mais tout le monde était d’accord, parce qu’il n’y avait rien d’autre à tenter, de toute façon.

Personne d’autre ne fut enlevé dans la journée. En fin d’après-midi, vers ce qui devait être approximativement quatre heures, le bruit métallique de la clé se fit de nouveau entendre. Chacun avait le cœur qui tambourinait. La tension était à son paroxysme. Une simple erreur et monsieur l’armoire à glace allait se mettre très, très en colère…
L’homme apparut dans l’entrebâillement, la clé laissée dans la serrure, les bras chargés du même plateau que le matin même. Il considéra le groupe d’un œil mauvais, posa son chargement au sol.

« -Hmmm… gémit Grace, l’Afro-américaine. Aïe, j’ai mal…

Elle était couchée sur le côté, repliée sur elle-même, tournant le dos à leur ravisseur. Ce dernier se montra suspect, jeta un coup d’œil aux autres qui s’étaient un peu écartés de la « malade ». Il hésita, faillit partir mais une longue plainte de la jeune femme le stoppa. Bougonnant, il se rapprocha des lycéens et ordonna:

-Tous contre le mur!

On obéit, se rassemblant dans le coin opposé de la pièce où se trouvait Grace. Le kidnapper se rapprocha d’elle et la fit rouler sur le côté. Avant même qu’il n’ait le temps de réagir, la jeune femme lui enfonça son index et son majeur de toutes ses forces dans chacun de ses yeux. Le colosse hurla de douleur en se relevant brutalement. Profitant de l’effet de surprise, Marta s’accroupit sur sa jambe gauche, tendant l’autre fermement. Avec toute l’énergie dont elle était capable, elle pivota sur elle-même pour faire un tour complet. Sa jambe tendue percuta de plein fouet les tibias de l’individu. Déséquilibré, il bascula et, avant même que son torse ne touche le sol, Alex lui écrasa l’un des bols en argile sur le crâne. Il se brisa en mille morceaux tandis que l’homme restait immobile, sonné.

-Courrez!!! Hurla Willow tandis que la panique la plus totale s’installait. »

Le groupe quitta la pièce précipitamment. L’armoire à glace grogna, se releva et se jeta vers la sortie, juste à temps pour voir la porte se fermer devant son nez, claquée par Will avec toute la violence dont elle était capable. Le cliquetis caractéristique de la clé qui tourne dans la serrure ne se fit pas attendre...

Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageRe: Heroic Queens   Publié le :

Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre :
 

Heroic Queens

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Barbarian Fan Collection Heroic-Fantasy (MAJ 01/01/13)
» HEROIC - FACE
» L’heroic fantasy au cinéma
» Queens Of The Stone Age - Era Vulgaris
» Queens of the stone age
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Phoenix Fictions  :: Publications :: Fictions Originales :: Fictions :: SF / Fantastique / Fantasy-

Suivre Phoenix Fictions

FacebookTwitter
Myspace

Design et contenu faits pour Phoenix Fictions, merci de ne pas les utiliser sans permission
Forum propulsé par Forumactif.
Webmaster : MikanThème : Phoenix Fictions v 5.0©.
Dernière mise à jour le 03/03/2015