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 Hailraen - Tome 1 Adeleim

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Mikan
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MessageHailraen - Tome 1 Adeleim   Publié le : Jeu 1 Mai 2014 - 5:12

oO° Hailraen - Tome 1 Adeleim °Oo


Cette fiction est mon plus grand projet. Commencé en 2004, c'est seulement aujourd'hui que l'univers est suffisamment abouti pour que je puisse envisager de faire lire les chapitres que j'ai écrits. Il s'agit d'une fiction de fantasy qui se déroulera sur quatre tomes (Adeleim, Noraelg, Elgeir, Handait) et chacun sera divisé en trois parties. Des annexes seront nécessaires pour suivre le déroulement de l'histoire, mais vous n'en avez pas besoin pour lire le prologue, je les mettrai donc plus tard.
Un détail : je ne donnerai pas de prononciation "officielle" pour les noms (bien qu'il y en ait une).

N'ayant pas de bêta-lecteur disponible, ce texte n'a pas été corrigé, mais puisqu'il est prêt depuis des mois, j'avais envie de le publier.

Disclaimer : Tout l'univers d'Hailraen m'appartient : les lieux, les personnages, l'histoire... Merci de ne rien utiliser.




oO°INDEXE°Oo


_________________________________________________

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Dernière édition par Mikan le Jeu 1 Mai 2014 - 5:25, édité 1 fois
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Mikan
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MessagePrologue   Publié le : Jeu 1 Mai 2014 - 5:25

Prologue



Allongée sur d'épaisses couvertures imprégnées de sang, une jeune femme hurlait sa douleur de sentir tout son corps se déchirer. Elle tentait vainement de respirer calmement, de rassembler ses dernières forces pour lutter tandis que la fatigue se faisait de plus en plus écrasante. Dans un ultime effort, elle se redressa, prenant appui sur ses coudes, les dents serrées. Des larmes se mêlaient à la sueur, laissant un sillon salé sur ses joues creuses. Depuis combien de temps supportait-elle cela ? Des jours lui semblait-il et pourtant, si long fut ce supplice, il ne pouvait tant s’étendre. Elle ne savait plus quand cela avait commencé, elle ne savait plus où elle était. Tout lui paraissait à présent si lointain, pour elle, rien n’existait d’autre que cette douleur qui lui brûlait les reins et le ventre.

Ses cheveux emmêlés et sa chemise collaient à sa peau moite. À force de contractions, ses muscles étaient pris de crampes, mais bien que douloureux, ses membres alanguis ne la faisaient plus souffrir, elle ne ressentait plus rien de cela, pas même ses ongles qui meurtrissaient ses paumes. Secouée de sanglots, elle attendait impatiemment le moment où tout s'arrêterait, où elle pourrait enfin goûter au repos auquel elle aspirait tant. Elle sentait la vie s'échapper d'elle avec le flot de sang qui la quittait. Pourtant, son cœur battait plus fort que jamais, si vite qu'elle le sentait résonner dans tout son être. Un sourire étira alors ses lèvres ; bientôt tout serait terminé.

Rassemblant sa volonté, elle s’efforça de bander ses muscles une dernière fois, elle devait supporter la douleur, ne pas succomber. Luttant contre l'inconscience, elle ne voyait plus ce qui l'entourait, il lui semblait qu’autour d’elle, plus rien n'existait d’autre qu’une confusion de couleurs et de sons. Submergée par la souffrance, elle ne percevait plus les volutes de fumée qui s’élevaient dans la pièce ni même les drogues qui auraient pu la soulager. Elle ne devait pas oublier que tout dépendait d'elle. Elle laissa échapper un cri, la tête basculée en arrière, les yeux écarquillés par la douleur. Ce n'était pas la première fois qu’elle vivait cela, elle savait que la fin était proche. Elle l'avait déjà fait par trois fois et elle espérait bien ne plus avoir à vivre cette horrible épreuve.

À bout de souffle, elle se laissa tomber en arrière, soulagée de voir l'alleresse devant elle s'éloigner légèrement, tenant dans ses bras un petit corps sale, replié sur lui-même. Les pleurs du bébé que l'on nettoyait s'élevèrent dans la pièce tandis qu'on rompait son dernier lien physique avec sa mère. Les yeux rivés sur le petit être qui s'agitait faiblement, la jeune femme reprit doucement une respiration plus régulière. Elle se sentait tellement plus légère à présent. Sa soudaine sérénité effaça la douleur si bien qu'elle s'endormit, oubliant la saleté dans laquelle elle baignait, épuisée par l'effort fourni, satisfaite de savoir son enfant parmi les vivants. Un fils. Un autre.

Dès qu'il fut lavé et chaudement emmailloté, le nouveau-né fut aussitôt sorti à la lumière du jour et présenté aux curieux amassés devant la porte de la masure. Chacun se pressa pour voir le petit paquet remuant, lançant des félicitations pour cette naissance. Il arborait déjà une belle toison noire au sommet du crâne et braillait à pleins poumons. On disait de lui qu'il ressemblait à son père, on établissait déjà des projets pour son avenir. Sa voie était dès lors toute tracée : il serait élevé dans la tradition familiale et deviendrait rempailleur. Il suivrait son apprentissage auprès de son père avec son frère aîné puis s'établirait après avoir acquis les savoir-faire de maîtres des quatre duchés. Devenu homme, il se marierait et à son tour aurait de solides garçons auxquels il transmettrait son art. On envoya prévenir le prêtre du temple le plus proche afin qu'il vînt bénir la nouvelle vie qu'on accueillait et qu'il fît part de son augure pour la prospérité de la maison. La mère fut saluée pour avoir donné un autre fils à son époux tandis que le père était entraîné vers l'auberge où on trinqua pour partager son bonheur.

On l'imaginait déjà jeune homme tandis que le premier né de la famille, de cinq ans son aîné, le toisait avec curiosité et dégoût, visiblement incommodé par l'arrivée de cette petite chose bruyante. Il ne comprenait pas ce que ses parents avaient l'intention de faire avec, mais le garçonnet espérait de tout cœur qu'ils ne projetaient pas de le garder. Inutile de s'encombrer de... ça, quoi que ce pût être. Cette curiosité apparaissait pour lui comme une menace du fait de l'attention que lui portait sa mère, il craignait d'être devenu trop grand et que ses parents songeassent à le remplacer. À quoi servait d'avoir un petit-frère ? On le rassura néanmoins bien vite et il apprit à aimer ce nouvel arrivant. Devant la fragilité de ce petit corps, il devint rapidement fier de pouvoir le protéger et ne manquait jamais une occasion de montrer qu'il était capable de veiller sur lui.

Comme de coutume, le prêtre de Belione avait interrogé l’avenir au sujet du bébé. Après une longue méditation, l’homme avait perçu en lui la capacité de communiquer avec les dieux. Il prédit qu’il était destiné à de grandes choses. Il l’avait alors marqué d’une huile sacrée en signe de reconnaissance : cet enfant devait se préparer à être accueilli par la divinité solaire. On décida qu’il entrerait au temple dès son quatrième anniversaire pour se mettre au service de Belione, le divin protecteur du royaume. Il serait d’abord envoyé au grand temple Gabelien où il recevrait la formation de l’ordre des plus sages protecteurs du royaume. S’il était intelligent, il réussirait sans mal à embrasser la voie des prêtres, branche de l’ordre bénie par les dieux. Peu parmi les gabeliens étaient amenés à suivre cette voie, on disait d’eux qu’ils étaient choisis par Belione lui-même pour recevoir le privilège de transmettre sa parole.

On décelait à la naissance le Don chez de nombreux enfants toutefois, il était bien souvent trop faible pour être développé et s’essoufflait avant même leur premier anniversaire. Seul un petit nombre recevait l’honneur d’être admis au temple pour y recevoir la formation des gabeliens. Il ne faisait aucun doute que l’enfant faisait partie de ceux-ci ; le prêtre avait décelé chez lui des qualités exceptionnelles, encore en sommeil, mais qui ne demandaient qu’à grandir. On ignorait encore s’il atteindrait la prestigieuse fonction de Grand Prêtre, mais il semblait certain qu’il faisait partie des très rares Appelés. L’ordre Gabeliens réunissait les plus sages et les plus érudits des hommes d’Hailraen, tous doués d’aptitudes mystiques extraordinaires. Ils avaient la charge de veiller sur le royaume et de le guider grâce à leurs sages conseils. Instruits par les dieux eux-mêmes, ils étaient les seuls à ne pas être assujettis au souverain.

Nul doute que cet enfant allait être une grande figure de l’ordre, connue à travers tout le royaume. Il deviendrait un érudit investi d’un don sacré, respecté et honoré. La famille fut couverte de cadeaux venants de tout le village, chacun se précipitant pour offrir de quoi assurer le confort du nourrisson : s’il était touché par la grâce, peut-être qu’alors les dieux accueilleraient ces présents avec bienveillance et couvriraient le village de leurs bontés. On chanta ses louanges et trinqua à sa santé, inondant les parents d’une kyrielle de vœux de bonheur et de prospérité. Jamais le temple ne reçut tant d’hommages que durant les jours qui suivirent l’accouchement. En signe de dévotion à Belione, des dizaines de petits bouquets d’héliotropes blancs furent déposés, laissant flotter dans l’air comme un parfum de vanille. Une semaine durant, le village célébra cette naissance, heureux d’enfin recevoir la reconnaissance divine. Ils n’avaient plus vu naître un enfant possédant le Don depuis plusieurs générations, si bien qu’ils en étaient venus à penser que les dieux les avaient abandonnés. L’arrivée de ce garçon redonna courage et fierté à toutes ces pauvres gens.

Pourtant, quand le voile qui masquait ses yeux se leva, ceux qui s'étaient tant réjoui de l'arrivée de ce nouveau fils le virent désormais comme une malédiction. Sans doute, mécontent d'eux, leur dieu avait voulu les punir et avait glissé un démon au sein de leur famille, un être maléfique qui apporterait le malheur sur le foyer. On déplora alors la méprise du prêtre qui n’avait su déceler la véritable nature du don qu’avait reçu le nouveau-né. Accablés, les pauvres parents prièrent jours et nuits, implorant Belione de libérer leur enfant encore si innocent. Le grand dieu n’exhaussa cependant pas leurs vœux, délaissant la famille à son désespoir. On voulut l’exorciser, mais, malgré l’ardeur des incantations, l’esprit malin ne fut pas sensible au rituel. Pris de panique, son père envisagea alors de l’abandonner dans les montagnes qui bordaient le village, de le laisser en proie au froid et aux loups. Sa résolution ne tint toutefois pas, il perdit tout courage  alors que le bébé le fixait : il ne pouvait courir le risque d’une vengeance.

Sa mère voulut l'aimer malgré la malédiction ; elle avait tant souffert pour le mettre au monde, elle ne pouvait accepter que la vie qui avait grandi en elle fût maléfique. Elle voulait toujours voir en lui un petit être à protéger toutefois, ses yeux vairons provoquaient en elle une angoisse incontrôlable. La malheureuse peinait à le nourrir, répugnée d’approcher ce démon de son sein, mais il restait malgré tout un nouveau-né et elle ne pouvait demeurer insensible à ses pleurs. Si cela se savait, leur honneur serait inévitablement souillé. Ils n'étaient que de petites gens, mais ils pouvaient s’enorgueillir d'appartenir à l'une des plus anciennes et respectables familles du village. Nul ne devait voir les iris dépareillées du bébé  dont une était restée d’un marron très foncé tandis que l’autre s’éclaircissait de jour en jour, prenant une teinte grise très claire.

Deux mois passèrent, durant lesquels les parents gardèrent leur fils caché derrière les murs de la masure, prétendant une trop grande fragilité pour supporter le froid des montagnes. Craintivement, ils s’occupaient de lui le plus simplement possible, le nourrissant à peine, ne le lavant que lorsque l’enfant le réclamait à grand cris, mal d’être ainsi laissé dans des langes sales. Seule la peur d’une punition divine les poussait encore à accorder un peu d’attention au nourrisson. Le malaise s’accru davantage lorsque tombèrent les premières neiges ; l’œil, jusque-là gris devint alors d’un blanc laiteux. On décida donc de le recouvrir en permanence de manière à ne plus voir ce sceau démoniaque. Le bébé tenta mainte fois d’enlever ce bandeau encombrant, mais chaque fois qu’il parvenait à le bouger, on le lui remettait immédiatement, sans prêter attention à ses pleurs. Les parents prétextèrent que cet œil était malade et ne devait pas être exposé à la lumière, ainsi, ils purent feindre d’avoir un enfant parfaitement normal, sans avoir honte de le présenter à la vue de tous. Ils ne l’aimèrent cependant pas davantage et le craignait toujours autant, tant et si bien qu’ils le délaissèrent, posé dans son berceau sans jamais lui accorder leurs bras, ni une caresse. Lorsqu’ils se résignaient enfin à le nourrir ou le laver, le tenant du bout des bras, le malheureux ne voyait jamais ni sourire, ni visage aimant, seulement des grimaces de dégoût ou d’effroi.

Un soir d'hiver, alors que la neige tombait en un épais rideau immaculé, on vint frapper à leur porte. Ils découvrirent sur le seuil un homme aux longs cheveux blancs et à la peau si pâle qu'il paraissait né de la neige. Vêtu d’une grande cape noire, une capuche masquant partiellement son visage qu’on devinait maigre, il semblait être envoyé de l’autre monde pour répandre la mort. Effrayés par ses yeux rouges, ils voulurent lui interdire l'entrée, cependant, ils se reculèrent dès l'instant où l'étranger fit un pas, décidé à pénétrer dans la demeure. La mère se rua sur son aîné, l'enserrant de ses bras protecteurs tandis que le père se plaça devant eux avec un regard de défi. L'homme se désintéressa pourtant immédiatement d'eux. Sans un mot, il glissa en silence jusqu'au berceau où reposait le bébé qui hurlait et se pencha sur lui. Une main osseuse sortie de l'épais vêtement qui le couvrait et vint se poser sur le petit être. Il lança alors à la famille apeurée un regard lourd de reproches, constatant la maigreur du nourrisson. Dès lors que ces doigts protecteurs le recouvrirent, les pleurs de l’enfant démon s’arrêtèrent.

De son autre main, l’étranger retira le bandeau qui recouvrait l’œil maléfique afin de le révéler. Il l’observa quelques instants, comme pour vérifier sa couleur, impassible face à l’anomalie qu’il présentait. Nullement inquiété par ses yeux maléfiques, il le prit contre lui avec des gestes précautionneux. Il l'enveloppa dans un pan de sa cape, l'installant chaudement et confortablement dans ses bras. Le bébé regardait curieusement ce visiteur inattendu, ses petits poings serrés sur le tissu. Sans doute se sentait-il en sécurité ainsi emmailloté car il n'émit pas la moindre protestation, il ne chercha pas se débattre ni ne versa de larmes. Au contraire, la petite forme se blottit contre le torse qui l'accueillait, heureuse d'être enfin bercée par des bras bienveillants. L'inconnu reporta soudainement son attention sur les trois silhouettes recroquevillées dans un coin. Il les toisa en silence durant quelques secondes, les sourcils froncés dans une attitude de réflexion.

« L'enfant aux yeux oraculaires vient avec moi. »

Il avait fait cette déclaration d'un ton qui n'autorisait aucune protestation, mais alors qu’il s'était attendu à une résistance, il trouva plutôt l'accord enthousiaste des parents du malheureux. Ils le lui donnèrent de bonne grâce, l'encourageant à éloigner d'eux le démon qui les tourmentait. Ils ne se soucièrent pas de savoir pourquoi cet étranger voulait leur enfant, où il l'amenait ni même s'ils le reverraient un jour. Soulagés de le voir partir, ils ne firent pas un mouvement pour retenir l'homme qui leur enlevait un fils. Ils les regardèrent passer la porte puis disparaître sous les flocons.



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