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 Textes en vrac [13+]

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Vinou
Factrice suprême et fourbe

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MessageTextes en vrac [13+]   Publié le : Mar 13 Avr 2010 - 11:29

Bonjour tout le monde

Vous voici sur un petit recueil de textes sans vraiment de rapports les uns avec les autres. La plupart de ce qui est et sera posté ici sont mes participations aux défis ou autres « jeux » d'écriture du forum, même si je n'exclus pas de retenter un jour l'expérience de donner à lire un de mes textes plus personnel.

Voici le sommaire de ce recueil pour vous y retrouver plus vite (je sais qu'il n'y a pour l'instant pas grand chose mais on sait jamais) :

Marlène
(rating G, publié pour le premier week-end des défis).

Un loubard parmi tant d'autres...
(rating 13+, publié pour le second week-end des défis).

Je vous souhaite une bonne lecture en espérant que mes textes trouveront de l'intérêt à vos yeux

Un petit mot pour ceux qui ont lu mon tout premier texte aujourd'hui retiré:
 

_________________________________________________
Frère de Kiki, beauf' d'Edo-choue, Chinois du sud-est contrefait, Mongol fier, empereur autoproclamé des Nains, floodeur invétéré, alcool frelaté
Troisième bras de la dictatrice è_é
Accessoirement vieux et fourbe.
(AKA Damdin')

Interviewer: ''So Frank, you have long hair. Does that make you a woman?''
Frank Zappa: ''You have a wooden leg. Does that make you a table?''


Dernière édition par Vinou le Lun 25 Juil 2011 - 10:04, édité 3 fois
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Vinou
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MessageRe: Textes en vrac [13+]   Publié le : Dim 24 Avr 2011 - 13:10

Bonsoir !

Voici ma modeste participation au premier week-end des défis.
J'ai choisi de traiter le premier défi proposé en utilisant la 7ème liste de mots : virtuose _ saint _ baffe _ détresse _ engeance. Ces mots sont en gras et en couleur dans le texte (ils sont parfois accordés comme l'autorise la règle du défi).

J'ai fait de mon mieux pour traiter le sujet convenablement avec le peu de temps disponible, en espérant que ce sera satisfaisant.
Ca m'aura donné un peu l'occasion d'écrire (d'ailleurs je vais demander aux lecteurs si vous pouviez me faire remarquer les phrases bancales que j'ai pu faire, au cours de l'écriture j'ai eu l'impression parfois d'être débarqué en France depuis hier tellement j'hésitais à comment les tourner x_x j'ai l'impression de régresser xD donc si vous pouviez m'aider sur ce coup je serais content, merki ).
C'est loin d'être une tuerie littéraire et c'est probablement assez niais xP mais je me suis bien amusé à faire ça en temps imparti.

Fandom : fiction originale.
Rating : G, tout public (l'ambiance n'est pas forcément des plus joyeuses mais rien de méchant).

Et si vous avez envie de me laisser un commentaire sur ce texte (me gronder si j'ai oublié un mot imposé par exemple ), vous pouvez le faire ici, je suis tout ouï.

Merci pour votre intérêt et vos éventuels commentaires, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que j'aurais écrit quelque chose d'intéressant pour vous dans le contexte du défi (et du temps imparti, argh)




Marlène




Marlène contemplait depuis maintenant une bonne demie-heure son reflet dans le miroir terne de la salle de bain.
Un maquillage noir trop lourd plombant son regard déjà fortement altéré par l'abus d'alcool et de cigarette marquait son visage que la pénombre de la pièce ne contribuait pas à rendre plus agréable.

Soupirant légèrement Marlène ajusta quelques mèches de ses cheveux d'un châtain incertain, tentant par ce geste de redonner un semblant d'éclat à sa physionomie trop peu avenante à son goût.
Il fallait au moins qu'elle ait l'air correct et un minimum éveillé malgré l'heure tardive.

Dans la solitude froide de son petit appartement elle commença une fois de plus à se demander ce qu'aurait pu être sa vie si elle avait eu plus de chance.
Aurait-elle eu les mêmes traits tirés et cet air d'être toujours au bord des larmes ? Aurait-elle contemplé son visage blafard dans la salle de bain étroite d'un appartement misérable ?.. Sans doute non, mais elle n'en saurait jamais rien. Et peu lui importait en réalité, sa vie était ce qu'elle était et il n'en serait jamais vraiment autrement.
Quoiqu'elle fasse. A son âge, on ne se fait plus d'illusions.

Son arrangement capillaire semblant enfin lui convenir, elle posa les deux mains sur la tablette de bois que surplombait le miroir, poussa un dernier soupir, et sortit de la petite pièce en éteignant machinalement la faible lumière à l'agonie, avant de quitter l'appartement sans plus de manières.

...

Les talons aiguilles de Marlène claquaient avec la régularité d'un métronome sur le bitume alors qu'elle arpentait le trottoir.
De nuit, les bruits lui semblaient toujours amplifiés, et c'est avec un petit plaisir puéril qu'elle se réjouissait du son que produisait ses chaussures sur la surface noire et dure. Tant que seuls ses talons résonnaient ainsi elle savait qu'elle était seule au monde.
Paradoxalement, Marlène détestait la solitude autant qu'elle la désirait. Solitude forcée contre solitude choisie, la première lui rappelait combien son existence manquait d'intérêt quand elle apprivoisait la seconde pour en faire une amie fidèle qui l'enveloppait d'une douceur amère et la consolait de ses peines.
Les larmes coulent plus librement lorsque personne n'est là pour les voir.
Du moins c'est ce que Marlène voulait croire.

Marlène, aussi attirante que repoussante.
La peur d'être contaminé par sa douloureuse folie, ses larmes acides et ses angoisses dévorantes créait comme un champ de force invisible qui la mettait en marge du monde.

Elle-même ne s'expliquait pas vraiment cette nécessité de sortir ainsi, seule, le soir. Toujours seule.
Un besoin de respirer peut-être, quand sa détresse l'étreignait à lui faire trop mal.
La journée la foule est trop présente, elle est bruyante et agressive, elle blesse. Cette engeance populaire qui entraîne dans une spirale délirante et étouffante, des bousculades humaines qui abîment le corps, et usent le cœur.
La nuit est douce, elle emporte paisiblement les chagrins d'une vie manquée, et dans les rues désertes personne ne juge un physique disgracieux ou une allure étrange.
Personne d'autre n'entend les talons aiguilles de Marlène claquer sur le sol, rythmant sa vie l'espace d'une nuit.

Habituée à ces promenades nocturnes, elle s'était prise d'affection pour un petit bar, une bulle isolée de l'Univers qui concentrait le désespoir et la misère de tout un quartier et restait ouvert tard pour recueillir les larmes des uns et les plaintes des autres.
Le seul endroit où elle semblait se fondre dans le décor, voire peut-être le seul lieu qui lui donnait l'impression d'être plus ''normale'' que les autres.
Normale et posée au milieu des volutes de fumée et de l'odeur d'alcool.

Ce soir là ne faisant pas exception, Marlène se tenait là, assise sur un petit banc de pierre, bras croisés devant la petite table d'où elle pouvait contempler toutes les autres.
Elle n'avait jamais aimé la sensation oppressante qu'on puisse la surprendre par derrière, ou regarder par dessus son épaule. Aussi elle prenait soin de choisir méthodiquement sa place, consciente malgré tout de sa paranoïa infondée.
Seule sur son banc de pierre gris terne, elle laissait basculer doucement une de ses jambes d'avant en arrière comme l'aurait fait une gamine, et regardait sans vraiment le voir son environnement direct, appréciant le léger choc de son talon contre la surface de pierre.

A quelques pas de son banc une jeune femme qu'elle ne reconnue pas s'avança à travers le nuage de fumée que dégageaient les nombreuses cigarettes allumées dans la petite pièce confinée.

La jeune femme avait l'air gavroche, les cheveux coupés courts, une salopette usée, et un imposant accordéon de facture modeste porté comme on porte un bébé contre sa poitrine juvénile.
Elle semblait elle aussi ne pas trop prêter attention au monde qui l'entourait. Mais les traits de son visage serein et sa fraîche jeunesse contrastaient avec le regard désabusé de Marlène qui ne put s'empêcher de froncer les sourcils imperceptiblement en jalousant l'apparente béatitude de la nouvelle venue.

La fille à l'accordéon alla s'asseoir sur le banc de Marlène, à l'opposé de cette dernière. Elle ne regardait rien ni personne en particulier, comme détachée de cet univers, et pourtant tout en elle dégageait une certaine attirance, une sympathie naturelle qui irradiait comme une aura apaisante.
Lentement, elle ajusta son instrument sur ses genoux, ramenant les sangles sur ses épaules pour leur donner une position plus confortable, sous l'œil passablement intrigué de Marlène.

Il lui semblait déjà une éternité qu'elle n'avait plus entendu la moindre note de musique. Elle qui autrefois aimait tellement ça n'avait aujourd'hui plus envie de musique.
Plus envie de rien, à vrai dire.

Alors qu'elle contemplait les ruines de ses souvenirs les yeux dans le vague, Marlène perçut les premières notes. La musicienne entamait un air enjoué qui ne lui disait rien. Une mélodie un peu bourrue et rythmée peu propice au rêve.
Et Marlène aimait qu'on la laisse rêver en paix.

Une légère antipathie à l'égard de la femme à l'accordéon commença à doucement naître en elle alors que le morceau semblait interminable, une sorte de valse-musette grinçante et déplaisante qui jurait un peu avec l'image tendrement bohème que cette fille dégageait.

Dans le petit bar brumeux quelques personnes semblaient pourtant apprécier, au contraire de Marlène qui trouvait affreusement niais et déplacé une telle musique dans un endroit qui concentrait autant de paumés dépressifs.
Elle du même se retenir de mettre une baffe à un homme passablement aviné qui la pressait pour avoir la faveur d'une petite danse au milieu d'autres poivrots en manque de femme.

Sa patience commençait à arriver à expiration et elle envisageait de reprendre sa marche nocturne quitte à rentrer chez elle retrouver sa compagne solitude, lorsque soudain l'accordéon se tut.
Quelques personnes applaudirent vaguement, la musicienne sembla accueillir ce geste avec un léger manque de modestie et beaucoup de plaisir. Un immense sourire trop satisfait et éclatant de perfection presque enfantine barra son visage frais de demoiselle en pleine santé et heureuse de vivre.

Il n'en fallut pas d'avantage à Marlène pour la détester.

Elle perçut sans les voir les doigts de la jeune femme reprendre leur place, les ongles produisant de légers cliquetis en heurtant la coque rigide couleur crème de l'instrument massif.
Marlène souffla imperceptiblement alors que quelques notes lui parvenaient de nouveau.

Mais cette fois, elle cligna prestement des yeux.
Il lui semblait reconnaître la mélodie, même si sa mémoire lui refusait plus de détails.
Un instant de concentration raviva en elle un souvenir, le souvenir, son souvenir, doux et rassurant. Si elle avait été seule, elle aurait pleuré, peu importe le trop plein de noir qui ourlait ses paupières lourdes et tristes.

L'accordéoniste lui apparue comme la plus merveilleuse des saintes, la danse de ses doigts sur les touches réchauffait son âme et ravivait à chaque instant un peu plus le souvenir précieux.

Le son de l'accordéon qui l'exaspérait quelques instants auparavant lui parut si doux alors qu'elle en aurait étreint la musicienne.
Elle ferma les yeux, et laissa sa tête piquer d'avantage en avant comme pour cacher pudiquement le plaisir un peu triste qu'elle éprouvait à redécouvrir ces quelques notes.

Et, doucement, elle se mit à chanter. Tout bas, imperceptiblement.
Quelques mots sortaient d'entre ses lèvres trop maquillées, comme ils venaient, comme ses souvenirs acceptaient de les redistribuer à sa voix, une vague réminiscence du passé et la douceur amère d'un temps révolu qui ne reviendrait jamais plus.

Sans s'en rendre compte, Marlène poussa sa voix. Un peu plus, encore un peu, jusqu'à ce qu'elle soit audible de la musicienne.
Cette dernière, interpellée, faillit perdre le fil de son morceau mais veilla à garder le rythme alors que du coin de l'œil elle avisait cette femme à l'âge incertain, trop maquillée et dont les épaules voûtées semblaient porter la moitié de la misère humaine.

Elle n'était de toute évidence pas à l'aise de solliciter ainsi ses cordes vocales, elle n'avait rien d'une virtuose. Marlène savait bien qu'elle n'était rien, et encore moins chanteuse.
Mais la jeune accordéoniste n'avait guère plus de talent, et son amateurisme n'avait pas semblé la brider dans sa volonté de jouer devant ce public triste et froid.

Marlène n'aimait pas qu'on la regarde, qu'on la voit, qu'on la détaille, et qu'on la juge.
Mais assise sur ce banc, à quelques centimètres de l'aura bienfaisante et délicate de l'accordéoniste, elle se sentait bien. Elle n'avait plus qu'envie de réveiller cette voix qu'elle avait emprisonnée depuis trop longtemps.

Une voix éraillée et voilée par des années de tabagisme et un trop plein de larmes stagnantes. Marlène se laissa guider par les notes lentes et paisibles de l'accordéon. Les paroles de cette chanson d'autrefois lui revenaient lentement en mémoire alors qu'une flamme de joie vacillante naissait en son cœur.

Elle frissonna légèrement tandis qu'un léger vibrato involontaire sortait de sa gorge, offrant à son timbre la couleur nuancée qu'elle aurait aimé lui donner plus tôt.
Et cela suffit à lui donner l'illusion qu'elle était douée. Pour une fois Marlène se disait qu'elle faisait bien les choses, que tout allait comme elle le voulait, et les doigts graciles de l'accordéoniste qui dansaient avec légèreté devinrent autant de partenaires complices qui l'entrainaient malicieusement dans leur transe apaisante.

La dernière note de Marlène lui sembla durer une éternité, elle la maintint aussi longtemps que possible alors que l'accordéon rendait doucement son dernier souffle.
L'intensité alla decrescendo, puis le son finit par mourir. Avec lui s'éteignit la voix suave de Marlène.

Quelques applaudissements s'élevèrent poliment des tables les plus proches, réchauffant le cœur meurtri et pansé de Marlène, et faisant naître un nouveau sourire satisfait sur le visage de la jeune femme à l'accordéon.
Le silence revenu laissa le champs libre aux bruits de verres d'alcool qui s'entrechoquaient et aux murmures ronflants de la population présente, les discussions fades reprenant leur court où elles s'étaient arrêtées.

Lentement, Marlène tourna la tête vers sa partenaire improvisée qui lui offrit un large sourire, soulignant ses yeux brillants et vifs. En réponse, elle sentit les muscles fatigués de son propre visage lui rendre un léger rictus dans lequel elle investit avec application tout son bonheur du moment.
Puis Marlène se redressa et se leva, surplombant l'assistance du haut de ses talons aiguilles.
Et, sans plus un regard à personne, elle quitta les lieux.

Marlène ne reverrait probablement jamais ce visage enfantin, cette coupe garçon manqué, cette salopette trop large et l'accordéon couleur crème. Le prénom de sa complice du soir lui demeurerait sans doute inconnu.
Peu lui importait.

Les talons aiguilles claquaient doucement sur le bitume froid, rythmant avec légèreté la chanson qui ne quittait plus les lèvres trop maquillées ni le cœur de Marlène.




H.V.

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Vinou
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MessageRe: Textes en vrac [13+]   Publié le : Dim 17 Juil 2011 - 8:27

Bonjour

Je vous propose ici ma participation au second Week-end des défis du forum. J'aurais aimé prendre le temps de mieux travailler mon texte mais je risque fortement de ne pas pouvoir le faire ce soir comme je l'avais prévu donc je poste maintenant.

Défi n°7 a écrit:
Prenez une chanson que vous aimez beaucoup. Sans écrire une songfic, vous devrez en quelques sortes reformuler le texte de la chanson afin de mettre sous forme d'histoire narrée de façon classique ce que racontent les paroles de la chanson.

J'ai eu envie de tenter ceci en le relisant.
Pour ce défi, j'ai hésité entre quelques chansons mais très vite je me suis arrêté sur une chanson française (pour que tous les lecteurs ici puissent en comprendre les paroles), et j'ai pris la Chanson du loubard de l'ami Renaud (une de mes préférées depuis bien longtemps).

Voici en spoiler le texte de la chanson pour ceux d'entre vous qui ne la connaissent pas :

La chanson du loubard:
 

Rating : 13+ (ce n'est pas particulièrement cru, mais un peu « dur » dans les propos donc je préfère mettre ce rating. C'est surtout triste donc si vous n'aimez pas les trucs tristes ça ne vous plaira sans doute pas.).
Disclaimer : Renaud, pour la chanson.

Le texte n'est pas très long et pas forcément très bien construit, mais je pense qu'il reflète bien mon état d'esprit lorsque cette chanson me passe dans la tête. J'ai tenté d'étoffer chaque phrase de cette chanson avec ce qu'elles m'évoquent. Peut-être que vous l'interprèteriez complètement autrement, d'ailleurs.
J'aurais aimé rendre un plus joli hommage à cette chanson que j'adore mais le temps me manque un peu, et puis c'est pas grave. Je voulais absolument participer au week-end des défis, c'est un peu les seules occasions où j'arrive à passer au dessus de ma timidité pour poster des textes.

Sur ces paroles je vous souhaite une bonne lecture
Si l'envie vous prend vous pouvez me donner vos impressions ou me faire vos remarques sur le topic de commentaires. En vous remerciant par avance pour votre intérêt





Un loubard parmi tant d'autres...




Petit matin d'été. Le soleil pointe à peine son nez, mais de toute façon de là où je suis je ne peux pas encore le voir. Les barres HLM cachent à ma vue l'horizon, comme pour m'empêcher de constater que l'herbe est plus verte au-delà de ces prisons en forme de cages à lapins. Peut-être que c'est mieux comme ça. Il est plus difficile de rêver d'une vie meilleure lorsqu'on ne sait pas à quoi ça ressemble...

Encore une fois cette nuit je n'ai pas réussi à dormir plus de quelques heures. Un sommeil agité sans trop que je sache pourquoi. Un sommeil sans rêves. Ça fait bientôt une demie-heure que je contemple depuis le balcon la misère du quartier, complètement mort comme tous les jours à cette heure, une cigarette au coin des lèvres. Ça coupe la faim matinale, comme ça je n'ai pas besoin de me demander ce que je pourrais bien manger.
On mange quand on trouve un truc dans les placards, sinon tant pis. Et personne ne remplit le frigo ici alors... Quelle merde.

Je baille, longuement, dans l'espoir que ça me réveille un peu mieux. C'est bête, mais ça me fait me sentir moins mort. Mon système nerveux réagit encore...
Je me demande ce que je vais pouvoir faire de ma journée, les projets c'est pas trop mon truc. C'est fait pour ceux qui ont un but... A quoi bon si on ne va nulle part ?
Après avoir écrasé négligemment ma clope sur la semelle de ma chaussure usée, je rentre dans le petit appartement et enfile mon blouson, avant de sortir sans faire de bruit.

A tâtons dans les couloirs je descends les escaliers, jusqu'à arriver à une lourde porte déglinguée que je pousse, dernier rempart de cette grande tour-prison moche et oppressante.

Il fait froid. Plus que dans l'appartement. Je remonte le col râpé de mon blouson tant bien que mal pour me protéger un peu, je ne supporterais pas de tomber malade. L'impression d'enfermement est décuplé lorsqu'on doit garder le lit avec pour seule compagnie la saleté des tapisseries gondolées et les hurlements incessants des voisins.
Tant que je peux encore m'échapper, la vie ici me paraît supportable...

Tout en marchant entre les immeubles, je fouille dans mes poches. Comme toujours je suis fauché. L'argent quand j'en ai est vite dépensé.
Quand papa était encore là il m'avait collé à l'usine, dans l'espoir que je comble les trous de son compte bancaire. Je pensais que c'était aux parents de prendre soin des enfants.
Dans le monde au-delà des grandes tours je suppose que c'est ainsi que les choses se font. Ici, la vie n'offre rien.
Les cadeaux, ça aussi c'est un truc de privilégiés.
Rapidement j'ai laché l'usine. Se tuer à la tâche pour trois francs ça ne vaut pas le coup. Je mourrais jeune si je trime comme ça dès maintenant. Remarque, il paraît que vingt ans c'est le plus bel âge. Je n'ose pas imaginer à quoi ça ressemble, après... Est-il vraiment utile que je continue si plus tard tout est pire que le pire actuel ?
Papa n'a pas aimé que je plante le boulot. Je coûte à nourrir et je ne ramène pas d'argent, alors je suis inutile. Je ne suis pas comme papa aurait voulu que je sois. Je ne ferais jamais la gloire de mon père.
Alors dehors, fils indigne.

Tandis que je rumine le souvenir de papa en continuant ma marche aléatoire dans le petit matin qui se lève, j'aperçois sur le parking d'un immeuble propret du quartier adjacent la plus belle des merveilles.
Une moto.
Je rêverais d'avoir une moto, rien qu'à moi, pour m'enfuir loin de toutes ces saloperies moches et tristes. Pour voir ce qu'il y a loin, très loin de ces HLM pourris. Voir si là-bas il y a des gens qui me sourient... Et puis, une moto, ça donne l'air important. On craint moins cette vie de merde quand on chevauche une bonne bécane.
Quelques regards furtifs à droite et à gauche, personne. Je trottine vers ma trouvaille, et prends le temps de la caresser du plat de ma main encore juvénile. Elle est belle... Quelqu'un qui peut se payer une telle moto pourra bien s'en offrir une seconde... Alors je décide de la prendre.
On ne m'offre jamais rien. Alors je me fais un cadeau à moi-même.
Joyeux anniversaire.

La moto gronde, ronfle, toute belle et neuve, produisant une vibration violente à mes oreilles et dans mes entrailles. J'aime le bruit que fait ma monture, qui me donne la fantastique impression d'être puissant.
Comme une femme que je dominerais je lui fais faire ce que je veux. J'ai alors le pouvoir de me montrer arrogant, je n'ai peur de rien et je contemple le monde comme s'il était mon royaume.

Je suis un roi.

Mes cheveux blonds libres dans le vent font comme une couronne auréolant mon visage de petite teigne, illuminant le sourire étrange que mes muscles sculptent sur mes traits.
Roi soleil au milieu des ténèbres.

Le froid n'est plus un problème. Le vent a beau s'engouffrer dans chaque ouverture de mes vêtements pour venir griffer ma peau, je ne m'en préoccupe pas. Ce froid me réveille, fait naître des larmes aux coins de mes yeux et paradoxalement la chaleur du bonheur dans ma poitrine. Je suis heureux, seul sur la route, comme le dernier survivant d'une immense catastrophe. Le cavalier de l'Apocalypse.
Le soleil naissant rougeoie dans mon dos, restes sanglants de la fin d'un monde qui verrait un nouveau dieu régner.

Le ciel saigne.
Comme le bitume.
Il y a trois mois un copain de la bande s'est planté en mobylette. On a fait les cons une fois de trop ce jour-là, un peu trop bu et roulé un peu trop vite sur la route inondée de pluie.
Il doit bien se foutre de moi de là où il est.
Comme pour me convaincre qu'il me voit perché depuis un paradis de nuages gris, je lève le poing dont le majeur tendu menace le ciel encore noir de nuit. Qui sait, il contemple sans doute ma misère assis sur son étoile, très loin de toute cette merde.
Pauvre con, moi je sais rouler sur une bécane, je ne m'encastre pas la tronche sur le gravier pour finir entre quatre planches.
Je t'aimais bien, petit con...

Tu me manques.

Si tu savais comme tout me soule ici... Comme j'étouffe dans cette vie de merde qui ne m'offre aucune chance. Je ne sais pas si je peux espérer vivre longtemps comme ça, à errer tous les jours sans but, inlassablement, sans savoir qui je suis, d'où je viens ni où je vais...
On me parlait de la France comme une terre d'accueil et d'espoir, mais au final je vis dans un ghetto, je ne vis pas dans l'espoir que tout s'arrangera un jour. Papa l'avait dit pourtant.
La France est une banlieue merdique.
Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal pour me retrouver ainsi perdu entre deux mondes sans qu'aucun ne veuille de moi ?..
Je n'arrive pas à croire qu'il y ait des hypocrites pour dire que la vie est belle. Vivre dans un HLM c'est moche, ne pas bouffer tous les jours à sa faim c'est moche, devoir ramener du fric à la place des parents c'est moche, prendre des coups c'est moche... Voir un copain crever c'est encore plus moche que tout.
La vie est d'une laideur terrifiante.
Je ne l'aime pas, parce qu'elle non plus elle ne m'aime pas. Et j'en ai marre d'aimer trop fort ceux qui me détestent.

Autant baisser maintenant le rideau, qu'on en finisse et point.

Mes doigts se crispent, je serre fort cette moto qui m'a rendu si grand et puissant l'espace d'un instant. Une joie éphémère en carton-pâte qui m'aura réchauffé le cœur avant de me rappeler qu'aimer les gens est une faiblesse.
Je crois que les larmes qui naissent à ce moment dans mes yeux ne sont en fait que des pleurs d'enfant qui demandent à s'échapper depuis trop longtemps.

Et alors que j'aborde un virage, je perds le contrôle de l'engin volé. Il me projette au sol, pour me punir de mon impertinence comme mon père désormais absent l'aurait fait.
La moto se couche et m'emporte dans sa chute, écrasant ma jambe mais je ne ressens aucune douleur. J'ai froid pourtant. Je suis mort ? A l'intérieur sans doute, oui.

Ma complice du petit matin me quitte alors pour aller s'écraser plus loin dans un bruit que je perçois mal.
Mes yeux se ferment, et mon cerveau semble un instant déconnecté de la situation.

Mes cheveux blonds étendus par terre couronnent mon visage crispé de prince déchu alors que je contemple avec amertume mon royaume d'en bas.
Je suis en bas, tout en bas, étalé sur le sol dans une position lamentable.
A quelques mètres de moi gît mon destrier si fier encore quelques minutes auparavant. Le feu semble le consumer à une vitesse terrifiante. Flammes rouges sang léchant le bitume bleu.

Le sol est froid et je souffre, je suis vulnérable. J'ai peur.
Je ne suis plus un roi arrogant. Je suis un enfant.

Je suis un loubard parmi tant d'autres.

Mon dieu...



H.V.

_________________________________________________
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MessageRe: Textes en vrac [13+]   Publié le : Lun 17 Déc 2012 - 14:06

Bonsoir

… Ce qui suit est... Heu...
Ca n'a aucun intérêt xD
Je viens de le retrouver dans des dossiers en bazar et histoire d'alimenter les publications du forum je me dis après tout pourquoi pas (ça a beau être autobiographique je me demande bien en quoi ça peut me nuire de l'exhiber vu ce que je raconte -z'allez être déçus-).
En fait, à la base je voulais juste évacuer une frustration, mais au fil de l'écriture je me suis senti l'âme lyrique et j'ai bien déconné à écrire ce truc. Voici donc une vieille œuvre d'improvisation totale
C'est court, c'est con, c'est approuvé par Chuck Norris.

Disclaimer : aucun, à moins que je ne sois moi-même une marque déposée ou un truc du genre (et même si c'était le cas je me paierais des droits à moi-même).
Rating : G. Eventuellement, si vous ne supportez pas le langage passablement ordurier, je ne vous conseille pas ce texte (j'ai une tendance nette à la vulgarité spontanée, et comme à la base c'était pas censé être un texte à publier mais un défouloir...).
Appréciez ce texte comme mon humble hommage à Salinger et son Attrape-coeurs...

Et non je ne me fous pas de vos gueules en publiant ça, j'estime qu'il y a au moins un semblant de fœtus avorté de qualité littéraire dans quelques-unes de mes métaphores. Allez...

S'il vous prend l'envie de commenter cette merveille, vous êtes libres de le faire sur le topic de commentaires.
En tout cas, je vous souhaite une bonne lecture en espérant que ça aura le mérite de vous distraire un peu à défaut de vous amuser follement (moi ça m'avait amusé follement à écrire par contre ).




Fuck les pub !

D'aucun savent combien je peux conspuer la publicité, j'ai jamais trop su expliquer pourquoi mais rien que d'entendre deux secondes de pub (ou pire : l'entendre ET la voir) suffit à me mettre les nerfs. Je déteste ça, plus encore qu'avoir de la pluie sur les lunettes, me casser un ongle ou me rendre compte que les pépites noires sur un cookie sont des raisins secs et pas du chocolat (rageface style).
Bref... (Non mais fallait quand même que vous compreniez à quel point je peux vomir la publicité sans quoi la suite n'aura pas d'intérêt).

L'autre soir, je fais le squatteur et vais chez un de mes amis (et accessoirement voisin, pratique) pour manger et mater un film.
En bon squatteur je me vautre dans le canapé (assez tard le soir, because film pas pour les enfants -non, pas un porno, rhôôô- donc diffusé en seconde partie de soirée).
Film commence, nickel, on fait en moyenne une vanne foireuse toutes les 5 minutes (nous avons beaucoup d'humour)... Arrive alors le moment fatidique de la pub. L'enfant de Satan. La chienne. La gueuse. Celle qui me sort tellement par les yeux que mon angélique visage n'est plus qu'un trou béant ouvert sur mon âme sauvagement violée par la société de consommation.

Sans attendre le consentement hypothétique de mon camarade d'infortune vautré allègrement sur le canapé adjacent, je saisi la télécommande et appuie sur la touche salvatrice : mute.
Je sauvais ainsi mon audition, la télévision n'ayant eu que le temps de lui infliger le jingle de la chaîne.
Afin de préserver également mon intégrité visuelle (tout en limitant le risque que la persistance rétinienne ne fasse ressurgir des images malsaines lors de mon sommeil futur), je me retourne dans le canapé avec la grasse de la limace dans une flaque de bière et tourne ainsi le dos à l'objet du déli.

Mon pote me chambre, je grogne et lui déconseille vivement de remettre le son sans quoi je ne réponds plus de rien. Ajoutons qu'il est tard et que l'envie de dormir est pesante et me rend irritable.
Mon pote me chambre encore et décide alors d'employer la demie-heure suivante (temps moyen d'attente pour espérer la fin de la pub) à des choses constructives et essentielles comme vérifier la fonctionnalité de son tractus urinaire et aller chercher une binouze pour recharger la machine et pouvoir ainsi re-vérifier plus tard.

Moi sur mon canapé, je me languis de la suite du film. Film que j'ai déjà vu moult fois mais qui me fait jubiler à chaque visionnage. Aussi, j'attends avec frustration l'une de mes scènes favorites, priant pour ne pas la louper si la pub durait moins longtemps que prévu et que je ne vérifiais pas la reprise du film à temps.
Au loin (à deux mètres du canapé), j'entends la voix feutrée de mon ami me raconter je ne sais quelles conneries, auxquelles je réponds invariablement par un grognement auréolé de flemmardise et d'une once de fatigue.
J'enlève mes lunettes le temps d'essuyer les larmes qui naissent dans mes yeux à force de trop bâiller, et le simple essuyage m'irrite la cornée au point qu'il me faut m'armer de ma deuxième main pour frotter. Je réussi l'exploit acrobatique de tendre le bras derrière moi pour poser mes lunettes sur la table basse et entreprends ensuite de sauver ce qui me reste de globe oculaire.

Bien vite je me roule en mode larve de hanneton (les grosses blanches avec un goût de noix de coco), me disant intérieurement que mon ami guette la fin de la pub et me signalera la chose à temps. Je me prépare à accomplir un enchaînement de maître : retournement vertical sur canapé, détection de la position des lunettes avec yeux bugués, remettage de lunettes, appuyage sur la touche mute de la télécommande, et jouissance suprême de profiter de ma scène fétiche tout en ayant esquivé les déchets télévisuels.

Je fus trop confiant.

Mon ami, ce crevard, ne me prévint pas de la reprise du film.
Pire.
Il me laissa pioncer sur son canapé. Car telle la larve que je suis (aussi délicat que soit l'arôme de sa chair), je n'ai pas résisté suffisamment longtemps à la longueur de la page de pub. Et mon pote en a profité tout seul (quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller sur son canapé le lendemain... Hum).


Dédié à mon salop de voisin sur qui je trouverais moyen de me venger.
Et à Minh la grosse victime des pubs, parce que si juva bien c'est...

H.V.

_________________________________________________
Frère de Kiki, beauf' d'Edo-choue, Chinois du sud-est contrefait, Mongol fier, empereur autoproclamé des Nains, floodeur invétéré, alcool frelaté
Troisième bras de la dictatrice è_é
Accessoirement vieux et fourbe.
(AKA Damdin')

Interviewer: ''So Frank, you have long hair. Does that make you a woman?''
Frank Zappa: ''You have a wooden leg. Does that make you a table?''
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Dernière mise à jour le 03/03/2015