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 Symbolisch {R}

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Flam'Assassin

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MessageSymbolisch {R}   Symbolisch {R} Icon_minitimePublié le : Mar 27 Avr 2010 - 8:50

Bonjour !

J'ouvre ainsi mon tout premier topic de fiction (c'est pourquoi je vous demande d'être un peu indulgents Symbolisch {R} 561413 )


Alors Symbolisch c'est une fiction que j'ai déjà référencée sur mon profil auteur Symbolisch {R} 645670
Et dont je parle aussi dans ma Présentation Générale

Commençons par disclaimer :
(Merci Resha-Tsubaki)

L'univers de FullMetal Alchemist ne m'appartient pas, l'écriture d'histoires reliées à cette histoire pré-existante aux droits acquis par la maison d'édition du manga et par la société de diffusion dybex (pour la "saison 1" sur laquelle je m'appuie) ne m'apporte aucun revenu qui serait par voie de fait, illicite. Je ne fais ça qu'à titre d'exercice de style gratuit et à titre de hobby.

Voici un bref résumé (réécriture)

"Belle ambition que de vouloir devenir généralissime. Mais combien de temps un homme peut tenir en ne concentrant ses efforts que sur un objectif altruiste? Jusqu'où peut aller un homme s'il renonce à tout ce qui constitue une vie normale? A quel point peut-on vivre dans l'abnégation de soi? Moi, je n'y arrive pas. Je n'y arrive plus. Je ne parviens plus à résister, nerveusement. Plus les frères Elric progressent dans leurs recherches, plus mon jugement sur le degré de corruption de l'armée s'aggrave. La situation devient dangereuse. Combien de temps mes amis seront près de moi? Pour combien de temps pourrais-je encore compter uniquement sur mes conquêtes et sur mes collègues? C'est ça, le problème, Hughes.

-Et qu'est-ce que tu vas faire pour y remédier, fit mon ami sceptique mais compréhensif

-Je vais me marier."




Et maintenant, la liste des chapitres publiés...


Chapitre 1 :(Correction et Semi-Réécriture Exclusive For The Phoenix) Emily

Chapitre 2 : Monster

Chapitre 3 : Promesse Macabre



Et pour commenter la fiction cela se passera sur le Topic Commentaire Associé à l'Histoire

Flam'Assassin : Au plaisir de vous lire... Symbolisch {R} 583833

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"La mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf." S.JOBS Symbolisch {R} 875776
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Dernière édition par Flam'Assassin le Mer 5 Mai 2010 - 10:04, édité 8 fois
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MessageChapitre 1 : Emily   Symbolisch {R} Icon_minitimePublié le : Mar 27 Avr 2010 - 10:33

Ainsi, voici le premier chapitre corrigé avec quelques add-on pour le transformer en véritable exclusivité phoenixfic... !

CHAPITRE PREMIER :
Emily



Trois mois. Trois mois que c’est le même rituel. J’entends le léger bip d’un réveil de l’autre côté du lit. Ce fameux côté du lit occupé par mon autre à moi. Occupé par la nouvelle, et la dernière, autre partie de moi. Sa petite main que je perçois d’un œil à moitié ouvert s’extirpe rapidement et très souplement du lit pour aller très délicatement tourner la clé dans le réveil pour le désactiver.


Ensuite, elle se tourne et glisse pour sortir de notre lit, s’assoit sur le rebord, s’étire longuement et se lève après avoir enfiler ses pantoufles. Mes pantoufles, en fait. Qu’elle avait adopté après les avoir trouvées lâchement abandonnées dans un coin de mon bureau depuis tellement longtemps qu’elle avait d'ailleurs du les laver pour les dépoussiérer.


Quand elle est debout, chaussée et échauffée, elle se retourne doucement. Le tout se fait très silencieusement et je ne le perçois que d’un œil à demi-ouvert (ou à demi-fermé) grâce aux minces rayons du soleil qui filtrent dans les rainures des volets en bois. Les jeux d’ombres et de lumière sur son corps lui dessinent des courbes fabuleuses dont elle n’a pas conscience. La sensualité qu’elle dégage et la vibration que peuvent avoir certains de ses mouvements, elle les ignore aussi. Elle me regarde, je crois qu’elle a un air attendri, quand même. Et elle fait bien en sorte que je sois couvert. Il me reste encore une vingtaine de minutes avant qu’elle ne me réveille pour m’envoyer au travail à l’heure, à l’avance, même. Car depuis qu’elle est avec moi ce sont les collègues qui sont contents de ma nouvelle ponctualité.


Elle tasse mes oreillers par petites pressions silencieuses autour de ma tête, elle replace une mèche de cheveux qui s’est égarée sur mon front, elle rentre ma main sous le drap. Enfin bref, elle veille à ce que je finisse bien ma nuit et que je profite au maximum de ces vingt dernières minutes.


Mais au lieu de dormir, moi, je la regarde sans qu’elle ne le sache. Cette femme, ma femme, qui est la discrétion incarnée. On lui a appris à ne jamais faire de vagues, de bruits inutiles et ses gestes sont tellement délicats que pendant ces vingt petites minutes, j’ai plus la sensation de vivre avec un félin qu’avec une femme. Mais quel beau félin. L’infime crissement de sa nuisette de soie devient le plus beau crissement du monde, et le léger bruit sourd de ses pas sur la moquette, devient automatiquement un bruit qui berce.


Elle ouvre notre placard, sort mon uniforme, l’extirpe de la housse dans lequel elle persiste à le ranger chaque soir et le met en forme sur un valet de couture reconverti pour l’occasion en banal support. Elle sort de la chambre pour allumer la cafetière et le four. Elle remonte, elle cherche les vêtements qu’elle va enfiler, elle les dispose soigneusement sur une chaise.


J’entends qu’elle prend une douche très rapide, elle sort drapée dans une longue serviette. Elle enfile ses vêtements, se maquille en des gestes lents... un véritable délice visuel d’érotisme et de douceur. Dès le matin, c’est beau.


Ce sont mes plus beaux moments de la journée. Quand elle met ses bas, elle a des mouvements d’une finesse... incroyable. D’abord, elle retrousse cette très longue chaussette en nylon entre ses index et ses pouces tenus en petites pinces, puis elle pose le bout de ses orteils dans le renfort un peu plus foncé, à la couture du tissus. Là, elle laisse délicatement glisser le tissus froissé contre son pouce pour bien l’appliquer le long de sa chair.


Ils ne sont pas très très beaux, ses pieds, mais elle prend tant de soin à les vêtir de ses bas, à les vernir avec de jolies couleurs pastels et à les glisser dans de magnifiques chaussures, qu’ils deviennent les plus beaux pieds d’Amestris. Après avoir fait glisser le bas jusqu’à mi-cuisse, elle positionne le ceinturon en dentelle de son porte-jarretelle à sa taille et accroche le bas, au niveau de la jarretière grâce à la petite pince.


Ensuite, elle positionne son soutien-gorge, on lui donnerait le bon Dieu sans confession quand elle fait ça. D’abord, elle fait glisser ses bras dans les toutes petites bretelles, puis elle amène le tissus contre sa poitrine, fait glisser ses deux magnifiques lobes de chair bien fermes dans le bonnet, en les maintenant bien grâce à l’armature en fer... Et elle replie ses bras dans son dos pour fermer les agrafes.


Elle allume une petite lampe pour se maquiller face à une grande glace. Je profite du spectacle dans les réflexions de ce miroir. Tous ces pinceaux, ces couleurs délicates qu’elle met sur sa peau blanche avec des caresses souples et lentes sur son visages. Ses petits flacons de parfum dont les odeurs me ravissent chaque matin... elle en choisit un et l’applique doucement dans le creux de son cou, juste sous sa mâchoire et derrière ses oreilles.


Puis, une fois qu’elle est vêtue, maquillée, et coiffée, elle redescend dans la cuisine. Elle met un peu de temps à remonter car elle me sert dans mon bol favoris, le café qu’elle me prépare si bien. Avec deux sucres, un nuage de lait (chaud, car elle pense à tout), accompagné de deux biscuits qu’elle me prépare la veille et d’une brioche qu’elle fait chauffer le matin même. Avec deux carrés de chocolat, qu’elle va spécialement acheter dans une chocolaterie à l’autre bout de la ville une fois par semaine. Hmmm le petit-déjeuner préparé par ma petite fée... un vrai bonheur !


Elle remonte chargée de ce plateau, le pose sur ma table de nuit et s’assoit sur le rebord du lit.

-Bonjour, Roy.

-Bonjour, Emy.

-Comment allez-vous aujourd’hui, cher mari?

-Bien et vous, mon épouse?

Quand je dis ça, comme chaque matin, elle sourit, elle rougit, et elle m’embrasse sur la tempe. Ses yeux bleus s’agrandissent énormément et elle resplendit.

-Il va falloir vous lever si vous ne voulez pas être en retard au travail, monsieur, souffle-t-elle contre mon oreille.

Le petit trémolo dans sa voix, là, la toute petite hésitation presque imperceptible était le petit trémolo qu’ont les femmes contrariées qui essayent de contenir leur tracas pour ne pas gêner leurs interlocuteurs. Mais difficile de contenir un tel tracas, ma belle. Ne t’en fais pas, je le sais.


Le travail... Mon travail. Ma secrétaire, surtout. C’était ça qui la contrariait, Madame Mustang.


C’était hier, que la bombe était tombée. A table. Je m’étais assis, je venais juste de rentrer du travail, et elle était venue à ma rencontre très coincée, raidie par je ne sais quoi. Je m’en étais inquiété aussitôt. Emily n’est pas vraiment du genre à être pincée, au contraire, elle est très douce et très délicate avec son prochain. Avec tous ses prochains, d’ailleurs. Ce qui me rend très jaloux, très facilement. Mais enfin bref, là, elle n’était pas dans son état normal.


Elle était allée s’asseoir à l’autre bout de la table, elle qui d’habitude tient à être proche de moi, et elle avait demandé à notre domestique de nous servir le repas (chose qu’elle fait habituellement elle-même). La domestique avait servi le potage, et quand elle avait tiré derrière elle la porte de la cuisine, je me permis la question qui déclencha l’explosion d’Emily Mustang.

-Que se passe-t-il, ma chère?

Je l’avais entendue ravaler un sanglot, se dénouer la gorge en avortant un grognement de hargne. Elle était dans un état incroyable de fureur pure.

-Que vous ayez une maîtresse, passe encore. Je comprends. Tous les hommes finissent par avoir une maîtresse ! catapulta-t-elle, Que ce soit au bout de trois mois de mariage ou trente ans, c’est du pareil au même, vous partez Tous ! D’autant que pour la vôtre, on m’avait tenue informée bien avant que nous soyons mariés.

-Si vous parlez de Lisa, Emily, sachez que...

-Faîtes SILENCE ! avait-elle hurlé d’un seul coup d’une voix suraiguë, je ne veux pas entendre son nom dans ma demeure ! (elle fit une pause) Je disais donc, reprit-elle après avoir respiré un grand coup. Que vous ayez une maîtresse, je le conçois, et je l’admets. Mais que cette femme, se permette de me manquer de respect chaque matin lorsque je vous téléphone à dix heures pour savoir où est-ce que vous manger et s’il faut que je mette un couvert à table, ça, je ne peux pas. J’en ai assez de me faire envoyer sur les roses à chaque fois que j’ai une question à vous poser et ce, avec votre aval. Je suis votre épouse, bon Dieu de merde !

L’entendre jurer m’avait comme arraché une partie du ventre. Emily, la gentille poupée de porcelaine que je connaissais maintenant depuis presque deux ans d’abord en tant que connaissances de ses parents qui venait faire un tour, puis en tant qu’ami, puis en tant que fiancé, puis en tant qu’époux.


Jamais en deux longues années elle n’avait eue ne serait-ce qu’une toute petite exclamation qui détonne au milieu de ses intonations calmes, paisibles et toujours douces.

-Mon aval? Lisa Hawkeye vous envoie... sur les roses, répétai-je hébété, avec... mon aval, chérie?

-Oui ! Chaque matin que dieu fait depuis trois mois, votre maîtresse m’empêche de vous parler au téléphone et me raccroche au nez sans daigner prendre mon message à votre attention !

J’avais le sel dans la main gauche, ma fourchette dans la droite, et j’avais l’air aussi bête que si mon chat domestique venait de se transformer en dinosaure sous mes yeux (Ce qui, d’après le degré de rougissement des pommettes de ma femme, était un peu le cas)...

-Depuis trois mois et vous ne m’en avez jamais entretenu? Alors pourquoi maintenant? Mon lieutenant aurait-il dérapé plus que... plus qu’à... l’accoutumée , si je puis me permettre? (bien décidé, déjà, à remettre Lisa à l’heure dès que possible sur ce genre de comportement. Emily, bien qu’elle soit jeune et qu’elle arrive comme un cheveux sur la soupe, demeurait tout de même l’épouse d’un officier supérieur.)

-Vous souvenez-vous, monsieur mon mari, qu’il y a quelques semaines, je vous ai demandé d’aller commander un nouvel uniforme au stock militaire car le votre commence à faillir des coutures et le tissus est trop épais pour que je le retouche moi-même?

-Oui, vous me l’avez demandé et j’ai demandé à mon lieutenant de le faire à ma place parce qu’elle me sert d’assistante et c’est elle qui s’occupe de l’intendance...

-Et bien, figurez-vous que ce matin j’ai appelé. Comme d’habitude, elle a refusé de me mettre en communication directe avec vous et, comme d’habitude, elle n’a finalement pas répondue à ma question... Mais cette fois-ci, avant qu’elle ne raccroche, j’ai demandé à votre lieutenant...(dire le grade sembla lui arracher la langue) de me dire où en était cette fameuse commande d’uniforme.

Là, j’avais compris. Je m’étais douté de quelque chose. Alors j’avais commencé à me lever de ma chaise et à aller vers mon épouse visiblement catastrophée.

-Qu’est-ce que mon lieutenant vous a répondu?

-Votre lieutenant a sous-entendu que vous n’aviez pas le temps pour ce genre de babioles et que comme je passais pour ainsi dire toutes mes journées à ne rien faire, je pourrais bien faire un tour par moi-même au stock militaire pour vous commander un uniforme. Elle a rajouté aussi que si cela ne me plaisait pas, c’était tant pis pour moi car «il faut bien que vous vous débrouilliez un peu toute seule, Roy ne sera pas toujours là pour céder à vos caprices. D’autant que ce n’est pas comme si vous étiez occupée toute la journée».

Elle avait fondu en larmes, elle avait laissé sa tête venir se caler contre le creux de mon torse, juste au dessus de mon ventre, et moi, j’avais caressé ses longs cheveux bruns ondulés.

-Je suis désolée... Je ne devrais pas m’énerver comme ça... je ne suis pas une bonne épouse...

-Détrompez-vous, madame, j’ai beaucoup de chance de vous avoir à mes côtés, lui disais-je en lui caressant les cheveux (et quels cheveux! Une vraie peluche!)

-Cette femme travaille avec vous, elle... elle s’occupe de vous quand moi je n’ai pas le droit de le faire... elle a une activité, une vie sociale... Je ne suis pas depuis longtemps à Central et je tourne comme un rat en cage dans votre maison.

-Je croyais que faire du piano occupait vos journées ?! lui fis-je sur le ton de la reproche.

Elle ne m’avait jamais parlé de cet ennui avant, elle m’avait toujours soutenu que jouer du piano l’occupait, avec l’entretien de la maison qu’elle prenait très à cœur et le perfectionnement de ses talents culinaires.

-Cela m’ennuie de vous le dire, Emily, mais nos parents accepteraient mal qu’une femme de votre rang et de votre dignité travaille. Et que diraient les gens s’ils savaient que la femme d’un général de brigade...

-Je passe mes journées à me faire belle, m’interrompit-elle, à faire briller votre maison, à m’occuper de vos affaires, à ranger votre bureau. Lisa Hawkeye a raison, Roy. Je passe mes journées à ne rien faire. Je n’ai pas d’enfants à m’occuper et vous n’avez pas l’air très décidé à m’en faire.

-Vous avez seize ans, Emily, est-ce un âge pour porter un enfant à notre époque, en 1920? Ne désirez-vous pas attendre encore quelques années pour pouponner?

-Je ne sais pas...Les Hughes ont l’air tellement heureux d’avoir une petite...

-Les Hughes ne sont pas tout à fait issus du même milieux que nous. Les Hughes n’ont pas été mariés par leurs parents pour faciliter les alliances financières de leurs familles respectives et les Hughes n’ont pas seize ans d’écart. D’autant que Maes a un comportement un peu particulier vis-à-vis des enfants...

-Certes, vous avez raison. Je vous ai vexé, monsieur?

-Non... Vous avez eu raison de me parler de vos tracas. Ne passez-vous pas du temps avec Madame Hughes, pendant votre ennui? Elle pourrait vous faire rencontrer du monde...

-Oui... murmura-t-elle pour me faire plaisir mais sans vraiment y croire.

Le repas avait pris fin, calmement au final. L’idée de faire des réprimandes à Lisa ne me plaisait pas trop car -en dehors du fait qu’elle avait la détente facile, je ne pouvais nier les difficultés que j’éprouvais lorsqu’il fallait lui faire une remontrance. Le fait qu’elle soit une femme devait y faire beaucoup. Mais je ne pouvais certainement pas nié que c’était surtout le fait qu’elle eut été une de mes amantes pendant longtemps qui me contrariait. Moi qui lui avait accordé tant de faveurs, qui lui avait fait tant de facilités pendant tant d’années, j’allais devoir lui voler dans les plumes et cela ne me réjouissait pas.


Elle avait déjà du mal à se faire à ma nouvelle situation, j’allais devoir en remettre une couche.


Mais pour quoi je passerai si je laissais une simple roturière marcher sur les délicats souliers de ma petite Emily Mustang, issue de Rockwood et de Kimblee, les deux familles les plus importantes du pays?

-Et pour ce qu’il s’agit de vous faire des enfants, Emily, avais-je dis enfin. Devenir père en ces temps troublés ne me réjouit pas, je ne pourrais pas consacrer à nos petits l’attention qu’ils méritent. C’est pourquoi nous attendrons un peu. Une attente courte, de deux ou trois années seulement...

-Mais... vous me désirez, n’est-ce pas?

-Oui, ça ne fait aucun doute, rassurez-vous ! Mais je vous crois vierge et je préfère attendre que nous nous connaissions bien.

... Et attendre que l’image du corps de Lisa sorte de ma mémoire une bonne fois pour toutes.

-Vous êtes un vrai gentleman.

...Je me taisais. Il valait mieux qu’elle croit ça plutôt qu’elle sache la vérité.


Puis, j’étais allé m’isoler dans mon bureau pour travailler un peu. Elle m’y avait suivi, et s’était assise dans un fauteuil avec son cahier de dessin et un fusain à la main.

-Vous n’êtes pas obligée de me veiller, vous savez, fis-je un petit peu ennuyé d’être contemplé.

-Oh, je le sais. Vous êtes un célibataire endurci qui avez l’habitude de vivre seul. Vous me le répétez souvent, ce refrain.

-Oui, c’est un peu ça l’idée, admis-je un peu embarrassé.

-Est-ce que je vous dérange vraiment?

-Non, pas vraiment. (mais quand même!)

-Alors puis-je rester près de vous? Je me sens bien, près de vous, vous savez.

-Si vous vous sentez bien, alors... restez.

Elle opinait du chef satisfaite, elle avait gagné cette bataille. Les femmes gagnent en permanence, surtout les femmes de militaires, parait-il. Mais c’était la première fois qu’Emily exprimait sa volonté et qu’elle s’y tenait, alors j’étais content. Si ce qu’elle disait été vrai, si elle se sentait vraiment bien dans une pièce quand j’y étais aussi, ce mariage faux, arrangé et encore difficilement soutenable dans mon esprit n’allait peut-être pas la détruire complètement, cette petite.


Au bout d’un moment elle m’ôta le crayon des mains, me massa un petit peu les épaules et m’ordonna d’aller me coucher. En faisant preuve d’une grande sincérité :

-Vous n’êtes plus bon à rien ce soir, Roy, ça fait dix minutes que vous êtes sur le même paragraphe de trois lignes. Vous feriez mieux d’aller vous coucher, je m’occupe de mettre en ordre votre bureau.


J’avais obéi et en sortant, j’avais trouvé un très beau dessin de moi en train de travailler, visiblement fatigué et très concentré. Elle avait inscrit en dessous «Mon Mari». Mon orgueil d’homme rustre, de petit homme des cavernes s’en était trouvé comblé. J’étais retourné sur mes pas, l’avait attrapée par la taille et l’avait embrassée. Puis nous étions allés nous coucher, et à peine étions nous dans le lit, malgré la tendresse de notre début d’étreinte, que je m’étais profondément endormi, en la serrant contre moi.


Jean Havoc dut klaxonner trois fois pour me tirer de ma rêverie, malgré ma distraction, je m’étais habillé et j’avais pris mon petit déjeuner. Emily était allée accueillir mon chauffeur avec une tasse pleine de café chaud et des biscuits que Jean appréciait vraiment.


Une fois que j’avais fini de m’installer dans la voiture, pourtant, il démarra un peu plus fort que d’habitude.

-J’ai beaucoup de respect pour vos parents, mon général. Mais de là à vous marier à une petite fille, je trouve qu’ils exagèrent.

-Elle est jeune mais incroyablement mature.

-Je veux bien vous croire mais vous ne m’empêcherait pas de penser que Lisa Hawkeye n’était pas un si mauvais parti que cela. Et quand bien même elle l’aurait été, passer d’une femme de votre âge, qui vous plaît depuis longtemps à une jeunette que vous n’aviez pour ainsi dire jamais côtoyée, je trouve ça limite.

-Est-ce que ma femme vous a paru triste?

-Non, mon général.

-Est-ce que ma femme a l’air malheureuse à mes côtés?

-Non, mon général, céda-t-il après une longue hésitation. Pas encore, en tout cas.

-Sous-lieutenant Havoc, vous êtes un ami mais désormais je vous prierai d’éviter le sujet. Emily est la femme qu’il me faut. Mes parents sont des gens directifs, mais jamais mon père ne m’aurait marié avec une truie bourgeoise et incapable, si c’est ce à quoi vous pensez sans oser me le dire, Jean. Elle a un esprit vif et elle est capable de corriger mes traités d’alchimie
-à un certain degré...

-Quel degré, Roy?

-...Le degré de l’orthographe. Mais c’est bien quand même, non? En tout cas, c'est mieux que toi!

Il y eut un silence de mort dans la voiture.

-Bon sang mais comment tu as pu laisser tes parents faire ça? Comment tu as pu laisser tes parents diriger ta vie à ce point? Comment? Comment le Flame Alchemist a-t-il pu se laisser manipuler jusque là !? s’écria d’un coup Havoc en se garant sur le bas côté. Pourquoi? Dis moi qu’il y a une raison, Roy ! catapulta-t-il encore, Dis moi que tu as agis pour une cause, pour un intérêt ! Ne me dis pas que tu as accepté ces noces aussi facilement qu’un sucre en plus dans ton café du matin, PAS TOI !

Je maintins volontairement mon visage le plus fermé possible, et je m’avançais sur la banquette arrière, en posant les coudes sur les épaules des dossiers de la banquette avant.

-Quand je l’ai vue pour la première fois, elle avait quatorze ans. Elle portait une petite robe blanche en un genre de satin très léger. Avec une doublure en voile presque transparent avec des minuscules petites fleurs de toutes les couleurs. Elle avait la peau toute blanche. Elle n’a aucun grain de beauté, nulle part. Aucune cicatrice. Maintenant elle a un peu changé mais auparavant les traits de son visage n’étaient pas aussi formés et son corps étaient à peu près aussi voluptueux qu’une planche à pain. Elle n’avait pas de hanches, pas de tailles. Elle était encore une fillette dans une robe de dames.

-Mais...

-Tais toi. Il y avait ses grands yeux bleus aussi, et ses cheveux noirs tout bouclés qui retombaient en cascade sur une seule de ses épaules parce qu’elle les avaient rabattus d’un geste derrière sa nuque.

-Tu es tombé amoureux, Roy?

-Chut, je te dis. Elle est arrivée, là, comme ça, devant moi. Et elle n’a rien dis. Nos parents discutaient bruyamment près de nous, ne nous regardant que d’un oeil. Elle portait un chapeau, un chapeau en paille avec un ruban couleur crème je crois, ou beige. Voire même blanc cassé, je ne m’en souviens plus trop.

-Roy...

-Elle avait un petit bouquet, dans sa main, aussi. Des violettes et des roses blanches coupées à la même hauteur qu’elle tenait dans un petit gant blanc.

-Roy écoute si tu l’aimes c’est autre chose...

-Et tandis que je la regardais en imaginant la femme qu’elle pourrait devenir, sa mère est arrivée derrière moi, m’a tapotée l’épaule et m’a dit «Nous allons la marier. Vous êtes l’un des deux prétendants monsieur Mustang.» alors moi j’ai dis «Et contre quel parti vais-je devoir me battre pour obtenir ce joyaux?» j’ai dis ça, mais je ne le pensais pas. J’étais avec Lisa et elle était si jeune...

-Qui était l’autre?

-Zolf Jean Kimblee. L’alchimiste écarlate.


Mon lieutenant écarquilla les yeux et en laissa même tomber sa chère cigarette du bout de ses lèvres.

-Ils voulaient marier la gamine à cet espèce de malade? s’étonna-t-il

-Il semblerait.

-... tout s’explique maintenant ! Tu as fait ça pour éviter qu’elle soit tuée !

-Mais Ecarlate ou pas, je l’aurais épousée quand même, avouais-je finalement.

-Pourquoi?

-Parce qu’après que sa mère ait dit ça, les parents sont partis. Alors, elle s’est approchée de moi, et elle m’a dit «Monsieur, il semblerait que nous n’ayons plus le choix.»

-Mais toi, tu l’avais, le choix, tu aurais pu la laisser dans sa merde !

-Non. Non, je ne l’avais plus parce que... je suis tombé amoureux d’elle, ce jour-là, Jean.

Alors Jean écarquilla les yeux encore plus grands.

-Mais tu avais Lisa ! Et elle avait douze ans !!!

-Quatorze ! tonnais-je un peu fort. Et je n’ai pas d’autres explications à donner. Elle était là, j’étais là aussi, nous étions là tous les deux et ça s’est produit. Je ne sais pas pourquoi. Elle était douce, elle était délicate. Elle était la personne qui pourrait me redonner confiance en moi, j’étais la personne qui pouvait le mieux la protéger. Nous étions des éléments complémentaires.

-Mais...

-Je sais que ça fait un peu belle et la bête, dit comme ça. Mais... tu sais que nous nous écrivons des courriers ?

-Mais vous vivez ensembles !

-Nous avons pris cette habitude. Nous nous envoyons des courriers, comme ça, par surprise. De l’un, de l’autre. Nous avons commencé après cette fameuse première rencontre.

-...C’est pour ça... (il semblait avoir eu une révélation) c’est pour ça que quand tu as quitté Lisa tu avais l’air tellement sûr de toi, tu avais l’air tellement distant et déjà tant loin de tout ça. C’était déjà du passé, Lisa.

-Jean, il va vraiment falloir que tu redémarres pour qu’on aille au boulot.

-Oui, oui, bien sûr mon général.


(To Be Continued)

Pour commenter rendez-vous ici !

Chapitre 2 : En cours de correction et de réécriture, à paraître bientôt !

Flam'Assassin : Au plaisir de vous lire Symbolisch {R} 583833 !

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"La mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf." S.JOBS Symbolisch {R} 875776
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Dernière édition par Flam'Assassin le Mar 19 Juin 2012 - 10:32, édité 1 fois
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MessageRe: Symbolisch {R}   Symbolisch {R} Icon_minitimePublié le : Mer 28 Avr 2010 - 13:30

Chapitre 2 :
Monster


C’était ma femme qui avait rangé les dossiers dans mon attaché-case c’est pourquoi je ne m’étonnais pas de les trouver beaucoup plus soigneusement empilés que ce qu’ils ne le sont d’habitude. Les stylos soigneusement glissés dans les étuis en tissus, mon carnet de ticket pour aller manger au mess rangé dans la petite pochette...


Et un objet que je ne connaissais pas. Un petit cadre de la taille d’une grosse enveloppe avec une dessin du style d’Emily. C’était une scène qu’une photo avait déjà immortalisée mais qu’elle avait du refaire au fusain durant une de ces longues journées d’ennui.


Je jetai un regard torve au cadre déjà présent sur mon bureau, Liza, les cheveux défaits et un débardeur civil allongée dans une prairie. Mon équipe était déjà installée, elle travaillait. La gêne qui me saisit d’un seul coup m’incita pourtant à regarder le lieutenant Hawkeye, qui me regarda à son tour.


Elle ne comprenait pas. Je pris le cadre qu’elle connaissait si bien pour le glisser dans un tiroir de mon bureau. Elle pinça les lèvres. Je le remplaçais par celui qui avait été subrepticement glissé dans mon sac.

-Il est... il est probable, fis-je, que madame Mustang appelle au cours de la matinée pour ... pour me parler. Alors... alors ce serait bien que l’on me fasse sa commission... vous comprenez, n’est-ce pas, lieutenant Hawkeye?

Je lui posais, il me semble, plus la question pour ce qui s’agissait du cadre, que pour le fait qu’avoir ma femme au téléphone m’importait vraiment.

-Alors c’est fini, n’est-ce pas, murmura-t-elle d’une voix éteinte.

-Je n’ai pas le choix, Lieutenant, croyez moi, Emily peut devenir angoissante quand elle n’obtient pas l’interlocuteur qu’elle désire au téléphone...murmurais-je pitoyablement

Nous avions compris tous les deux que je n’étais pas à côté de la plaque. C’était l’essentiel, me direz-vous, mais voir mon lieutenant retenir sa respiration et fermer les yeux pour avorter un sanglot cela me fit mal. Bien plus que je ne l’aurais cru.


Je m’étais concentré sur Emily pendant plus de six mois maintenant, sans arrêt. L’organisation de la cérémonie, le déménagement d’Emily, les formalités chez le notaire, annoncer la nouvelle aux gens, faire paraître les bans, poser des congés, organiser notre voyage dans le sud... Et pendant six mois le lourd dossier Liza Hawkeye s’était légèrement éclipsé du premier plan de la grande photo de ma vie.


Mais cette douleur, tellement vive, tellement cruelle et tellement de ma faute, me fit percuter une nouvelle fois à quel point ce «dossier» de mon passé était significatif et encore lourd de sens dans mon coeur.


-Allons, mon lieutenant, ce n’est rien, tenta de l’apaiser Fuery avec toute la maladresse du monde.

-Vous avez raison, ce n’est rien, fit-elle en ravalant un sanglot et en essuyant sa joue du dos de sa main.


Moi, j’étais là, j’aurais pu être ailleurs mais j’étais là quand même, et j’aurais pu partir mais je restais là. J’étais là, face à elle, face à cette souffrance qui l’avait coupée en deux, et face à ce cadre qui me rappelait à quel point Emily tenait à moi... ou à l’image qu’elle aimait du couple qu’on nous avait demandé de former.


En tout cas j’étais là, sous le regard de Jean -ce qui n’était pas rien, sous le regard de Liza et sous les yeux du croquis d’Emily. Finalement, je glissais le nouveau cadre avec l’ancien, en faisant passer l’ancien par dessus, pour voir Hawkeye la première. Tant pis pour le coup de crayon d’Emily, ce qu’elle ne sait pas ne peut pas lui faire de mal et tant qu’elle pourra me parler au téléphone elle ne me questionnera pas de trop sur l’agencement de mon bureau.

-Oh là, mais qu’est-ce que c’est que ces têtes d’enterrements ! s’écria la voix d’un jeune homme que je connaissais bien, en profitant pour me tirer de ma rêverie contrariée

-Ah tiens, Edward ! s’écria Jean Havoc

-Non, sérieusement, il s’est passé quelque chose de grave?

-Grave ce n’est pas le mot ! s’esclaffa Breda bourru... Le Général Mustang s’est marié !

-Marié? Toutes mes félicitations, mon général, ainsi qu’au lieut...


Mais Fuery interrompit le Fullmetal alchemist coup de dossier qu’il avait lancé dans la tête de Edward pour l’occasion, lui qui d’habitude mettait un point d’honneur à ne pas se faire remarquer... Brillant ! Edward avait automatiquement compris qu’il ne fallait pas épiloguer sur le sujet. Je remerciais intérieurement le sous-officier Fuery pour cette initiative et me promit de lui accorder une prime de salaire ce mois-ci rien que pour ça.

-Je me suis marié avec Emily Kimblee, fis-je en me sentant interrogé par le regard surpris d’Edward

Ed eut l’air tellement estomaqué qu’il lâcha finalement :

-Je crois que j’aurais toujours un train de retard sur vos conquêtes, mon général.

-C’est ce que beaucoup de gens me disent, quand ils sont jaloux, fis-je faussement fier (mais vraiment content de pouvoir le railler).

-Mon général je viens vous voir aujourd’hui parce que...

-Parce que tu as trois rapports en retard à me rendre ! catapultais-je

-Hm. Oui... et non. Parce que Winry a décidé de s’installer à Central et que la caserne refuse d’héberger des civils, alors je me disais que comme vous êtes le seul que je connaisse à posséder une villa gigantesque... maintenant, comme vous vous êtes mariés peut-être que votre épouse ne sera pas...

-Emily serait ravie d’accueillir quelqu’un chez nous à tel point, je crois, que tu pourrais même venir avec ton frère. Nous avons 15 chambres, tu sais?

-C’est sérieux?

-Non en fait il n’y en a que 13, si on enlève la chambre qu’Emily a transformé en atelier de dessin et celle dans laquelle j’ai installé mon bureau.

-Non mais je veux dire, vous m’invitez chez vous pour de vrai ?

Quel môme, ce Edward ! Bien sûr, pour de vrai ! Sinon pourquoi aurais-je dis quelque chose de pareil?

-Oui enfin, ce n’est pas non plus une raison de me le faire payer, Fullmetal.

Enfin, un môme. Non, c’était une personne de l’âge d’Emily ! Ca alors, ça faisait bizarre. Je n’avais pas réalisé avant. Et si, pourtant. Edward avait seize ans. Exactement comme Emily a quelques mois près.


Cela dit, ce n’est pas Edward qu’on aurait pu marié si facilement.


Le téléphone sonnait, au bout d’un long moment de platitudes réglementaires entre le FullMetal et moi-même, mon lieutenant décrochait puis me tendit le téléphone.

-Votre épouse, monsieur, vous demande -exactement comme chaque jour depuis trois mois, se permit-elle de rappeler, si vous désirez manger chez vous où au mess des officiers ?

-Cela te tenterait un déjeuner chez moi, Edward? Avec ton frère et Winry? Ce midi?

-Euh, oui, d’accord, répondit-il un peu sceptique.

-Dîtes à ma femme que je viendrai accompagner de notre joyeuse bande de campagnards, dis-je le plus froidement du monde sans tendre la main vers le combiné du téléphone qu’elle m’offrait. Avec Havoc, en plus, car il ne va pas passer sa pause déjeuner à faire des allers-retours en voiture.

-Et elle vous demande aussi si elle a la permission de demander à Maes Hughes d’arrêter de l’inonder de photographies, continua-t-elle après avoir fait l’intermédiaire une première fois il est arrivé chez vous depuis deux heures et qu’il n’a de cesse de lui réciter la biographie d’Elyscia.

J’explosais d’un rire non-feint, cette remarque me détendit un peu... depuis deux jours que mes nerfs étaient à cran, je la méritais, ma détente.

-Donnez carte blanche à Emily sur ce qu’il s’agit de réfréner les passions de mon collègue.


La matinée s’évapora aussi facilement que la fumée d’une cigarette de Havoc en plein vent. Tout comme le déjeuner, suite à celui ci, Edward, Alphonse et Winry avaient pris leurs quartiers temporaires chez moi et je me faisais accompagner au bureau par Jean, comme d’habitude.

-Vous n’avez pas décroché un mot de tout le repas, Lieutenant Havoc.

-En effet, je suis gêné en la présence de madame Mustang, me confia-t-il sans détour (car après tout, les détours, ce n’était pas la caractéristique de l’esprit de Jean, simple et direct... ça ne changera jamais, même pour épargner mon orgueil et ma fierté lorsqu’on parlait d’Emily).

Savoir pourquoi m’intriguait. Cependant je n’osais pas vraiment interroger mon subordonné, car après tout, lui et Riza vis-à-vis de moi et de ma nouvelle situation : même combat. Où peuvent se mettre les manifestations de votre passé quand vous cohabitez avec elles depuis si longtemps mais que d’un seul coup, votre vie prend un tournant significatif. Tellement significatif, d’ailleurs que vos compagnons de toujours n’y trouvent pas forcément toute la place qu’il leur faudrait dans votre coeur.

-Avant, tu sais, je me disais... Bon sang, les frères Elric, quand même, quel malheur d’avoir grandi tellement vite !... J’étais persuadé que les fils de Hohenheim étaient les seuls enfants a devoir assumer autant de choses aussi jeunes qu’ils soient...

-Et qu’est-ce qui a changé?

-Bien, maintenant... Je connais Emily. Cette enfant a été... brutalement arrachée de son monde de petites poupées, de son univers de jeunesse et de candeur pour être greffée comme un nez au milieu d’une figure dans ton existence a toi. Elle arrive comme un cheveux dans ta soupe et elle a perdu tous ses repères.

-C’est vrai.

-Elle a toujours l’air grave, toujours l’air froid, distante. Douce et gentille, attention, je ne dis pas... Mais elle a toujours cette lueur dans les yeux qu’ont les gens tristes.

-Comme moi? fis-je en me rappelant qu’il m’avait tenu exactement le même discours un soir au lit

-Oui, comme toi. Mais elle, elle n’a que seize ans et elle n’a jamais vu la guerre. Pourtant, regarde les frères Elric, ils ont pour ainsi dire le même âge et eux arrivent encore à déconner ou à s’esclaffer. On dirait que quelque chose s’est brisé en elle. Quelque chose qu’on ne réparera pas. Jamais.


L’enfance, me permis-je de penser sans le dire à voix haute. C’était l’enfance qui s’était cassée la gueule, qui avait pris la fuite face aux exigences de ses parents. C’était l’insouciance qui s’était évaporée après qu’on lui eut fait la leçon sur «Comment bien s’occuper d’un mari», «Comment être la parfaite petite bo-bonne à son époux». Cependant je ne pouvais pas nier que cette incursion dans le monde des adultes avait forcée Emily à se départir de son côté aristocrate coincée. Elle avait eu ce sixième sens, celui de l’adaptation. Elle allait être mariée à un bidasse légèrement plus instruit que les autres mais célibataire endurci et don juan reconnu? Ok, pas de quartier !


Elle était devenue, en l’espace de quelques mois, une femme fabuleusement belle. La gamine innocente et sommes toutes banale était devenue un monstre de beauté, d’élégance. Mais aussi de dignité, et d’élégance. En dehors de ça, elle avait l’air douce, mais n’en pensait pas moins. Elle ne s’en doutait pas mais je l’avais vue un jour se battre, pendant son seul loisir hebdomadaire accordé par son père : les arts martiaux. Une lionne, vraiment. Elle avait malmenée son professeur pendant une heure et demie durant.


Je ne doutais pas que la violence, la rage et la force dont elle avait su faire preuve pendant ce cours de combat demeuraient tapie, quelque part, en elle. Et qu’il ne suffirait que d’une goutte d’huile pour attiser le feu jusqu’à peut-être, le rendre incontrôlable.


Les Kimblee avaient tous ça, en commun. Cette fausse-froideur, cette diplomatie hypocrite... et cette lueur de folie pure et furieuse dans la pupille.


Mais sous mes airs de dramaturge, je ne me leurrais pas. Si elle n’avait pas été comme ça, si elle n’avait pas fait preuve d’un minimum de puissance brute je ne l’aurais pas épousée. Et puis cette vieille histoire, aussi... Enfin c’est du passé. Ah, tiens, en parlant de passé?

-Et sinon, toi, tu le vis comment, tout ça, Jean? Je veux dire en tant qu’ancien...

-En tant qu’ancien amant? Je n’encaisse toujours pas la nouvelle, pour être honnête... mais bon, ce ne sont pas mes oignons. Moi ce que je vois c’est que depuis qu’Emily est dans ta vie tu as l’air plus stable, moins lunatique, tu arrives à l’heure et tu as l’air d’avoir un uniforme propre tous les matins. Maintenant, est-ce que c’est ça qui te plaît? D’autant que Roy, tu n’as pas encore affronté le plus dur, nous le savons tous deux. Là, ça ne fait que trois mois, tout le monde pense encore que c’est une gentille farce, tout le monde est persuadé que ce n’est qu’une passade. Si jamais tu te stabilises vraiment, là, vous allez commencer à prendre ! Et je pense qu’Emily en souffrira probablement plus que toi. C’est à ce moment là qu’on te demandera d’être responsable. Là, tu n’as que les avantages. La brioche du matin et l’uniforme repassé. Mais est-ce que, quand il faudra que tu assumes pour «de vrai», tu te sentiras les épaules assez larges? Et est-ce que cela te conviendra?

Je réfléchissais un moment. Il n’avait pas tort. Est-ce que cela me plairait? Est-ce que cela allait me plaire à perpétuité, même face aux difficultés?  En effet, sentir qu’il y avait une âme dévouée qui s’occupait de moi comme si j’étais la huitième merveille du monde, cela rengorgeait mon ego, mon orgueil, ma fierté. J’étais là, je me sentais important, je me sentais influent.

-Pour le moment c’est ce dont j’ai besoin, je crois.

-J’ai la sensation qu’elle apaise quelque chose en toi, et cela me conforte un peu sur ton état général.

-Tu n’as pas tort.



Un jour, elle était venue dans mon dos, comme ça, un de ces soirs de déprime et de blues, avec un verre de whisky à la main avachi dans le canapé. Elle avait glissé ses petites mains sur mes épaules et avaient entamé un long massage pour me détendre, remontant jusqu’à ma nuque et mon crâne. Puis elle s’était assise face à moi, m’avait enlevé mes chaussures et avait recommencé sa douce caresse appuyée contre ma voûte plantaire.

-Vous pensez à la guerre? m’avait-elle demandé en murmurant

-Oui.

-Vous vous sentez monstrueux...

-En effet.

-C’est parce que vous l’êtes. Un esprit sain comme le votre ne fabule pas des ressentiments pareils sans raison, fit-elle pour se justifier, mais vous savez, Roy, moi, cela ne me dérange pas que vous soyez un monstre.

-Ton cousin Zolf t’a tout raconté, n’est-ce pas?

-Oui. Chez moi, côtoyer les monstres est une habitude.

-Tu m’aimes malgré ça?

-Oui. Ne t’en fais pas pour ça, j’éprouve une forme d’amour pour toi, envers et contre tout.


C’était la seule fois que nous nous étions tutoyés vraiment, mais j’avais pris la décision que dès ce soir, nous nous rapprocherions et nous deviendrons linguistiquement familiers. Oui. Promis !


«Emily comme je suis content ! lui avais-je écris un jour, je suis vraiment satisfait. Déjà, de savoir que nous allons pouvoir demeurer proches l’un de l’autre, proches au point de ne plus avoir besoin de papier et de stylo pour communiquer. Mais je le suis encore plus de savoir que la menace qui planait sur vous en la personne de votre cousin, Zolf, alias mon collègue, vient de s’évaporer par la même occasion.
Emily, je suis heureux d’avoir appris aujourd’hui que cette fois les choses sont claires, vous allez devenir ma femme et moi, votre mari, et nous aurons grandement le temps de nous instruire l’un l’autre.
En matière d’alchimie, notamment. Vos énormes capacités héréditaires m’intriguent énormément et nous allons pouvoir en parler tous les deux pendant de longues heures. Je vous apprendrai le violon, puisque vous aimez cet instrument. Et en contrepartie, me donnerez-vous des cours de dessin? Je n’ai jamais été bon en gribouillis...

Dans l’attente de votre réponse,

Lieutenant Colonel Roy Mustang
»


Mais finalement, les choses avaient été très différentes, mon entourage proche, c’est-à-dire mon frère, le peu de collègues desquels j’étais très ami et quelques amis du long terme avaient pris le parti de dénigrer cette décision. Ils n’en étaient pas à me jeter des cailloux, certes, mais ils étaient persuadés que j’allais en abandonner mes convictions et les causes pour lesquelles je me suis toujours battu, à cause d’une femme.


Ce serait bien la première fois, pourtant ! Et depuis les choses n’avaient cessé d’empirer, et d’empirer. Un article était même paru dans le journal, sous la plume d’un journaliste de l’opposition pacifiste, pour souligner à quel point je pouvais être simple d’esprit.


Et cet acharnement, malgré moi, était parvenu à m’écarter un peu des jolies promesses que j’avais faites à Emily. De la gentille vie d’amourette et d’eau fraîche que je lui avais prédite. Alors nous étions ensemble, certes, mais il y avait ce poids sur ma conscience.


Bien sûr, elle, elle était restée telle qu’elle l’avait été depuis le début. Elle avait toujours fait preuve d’une grande douceur avec moi, en toutes circonstances (sauf bien sûr pour l’affaire Liza mais sa colère était quand même justifiée). Elle me réclamait souvent des leçons de violon mais je prétendais ne pas avoir le temps.


Souvent, elle me demandait de venir manger avec elle, de venir me balader avec elle, le week end. Et jusqu’ici, j’avais toujours trouvé mille ruses, mille et une astuces pour y échapper.


Je n’avais toujours été qu’un con avec elle, et Jean venait de me certifier, en quelques sortes, que si je ne changeais pas de comportement avec elle, les choses allaient se dégrader sévèrement et rapidement parce qu’autour de nous, les gens déjà amers n’allaient pas s’attendrir si rapidement ! Donc, il fallait que je change de politique. Et vite.


Dès ce soir, donc, je commencerai à remédier à la situation...


Quand Jean et moi arrivâmes au travail, tandis que Liza Hawkeye empilait des dossiers en attente de traitement sur le côté de mon bureau, moi j’avais sorti un bloc notes et je faisais une liste des idées qui me venaient pour tenter d’entamer le dialogue et de me faire pardonner par Emily.


Malgré ma bonne volonté, au bout de trois heures surgit dans ma liste non-exhaustive déjà bien fournie le point «Faire le point avec Liza. Ne pas rester dans une situation de non-dit et d’abrégé. Je veux que tout soit clair. Pas de clarté avec Liza = Pas de clarté avec Emily non plus». Logique élémentaire, s’il en est !


Je commençais à fouiller dans mon agenda de travail une date qui serait ni louche, ni suspecte, ni trop encombrée et qui, si possible, pouvait ne pas être sujette à un changement de programme brutal. Et là encore, si possible : le plus tôt possible. Pour discuter avec Liza et tout faire propre pour tout recommencer sur de bonnes bases.


-Demain après-midi, lieutenant, nous irons faire une mission d’inspection des compteurs électriques du quartier nord de la ville.

-Mais ce n’est pas de notre juridiction, mon général, fit Breda surpris

-Oh? Mais qui c’est, le général, dans cette équipe, Breda? C’est vous ou moi?

-Vous, monsieur, naturellement, monsieur...

-Alors retournez à votre sieste, je vous prie.


Non mais oh! Bande de militaires mal élevés ! Liza marqua le créneau horaire dans son propre calendrier et mon esprit était déjà tranquillisé, en quelques sortes...

-Je pars plus tôt, ce soir, à titre exceptionnel. Etant donné que ça fait trois mois que j’arrive en avance sur l’horaire habituel, je pense que mon quota d’heures n’en sera pas bousculé... et puis s’il l’est... (je m’en fous! pensais-je) Je vais prendre le taxi pour rentrer chez moi, histoire de ne pas déranger Havoc dans l’exercice de ses fonctions.

-Mais vous ne me dérangez pas !

-Travaille ! fis-je en enfilant mon manteau et en attrapant déjà mon attaché-case


En rentrant à la maison, j’étais d’abord parce que la voiture et le chauffeur que j’avais délégué du QG pour rendre service à Winry durant ses premiers temps à Centrale City n’était plus dans l’allée. Ensuite parce que dans le grand porte-manteau du Hall il n’y avait plus la cape rouge d’Edward. Or, comme Tic ne se déplaçait jamais sans Tac, et que Winry était la seule à formellement avoir le droit de se servir du chauffeur...


Ils devaient être tous les trois en vadrouille, me souffla mon esprit de fin limier. Par contre, le manteau favoris d’Emily était toujours pendu, lui.

-Emy ? fis-je en me déshabillant et en me déchaussant

-Roy ! Vous rentrez plus tôt que d’habitude !


Et alors? Qu’est-ce que ça peut bien te foutre que je rentre plus tôt que d’habitude si tu es toute seule dans la maison et que tu t’ennuie comme un rat mort? C’est quoi ce ton exaspéré?

-... Roy ! Tu es déjà là, vieux frère !

Maes était donc revenu chez moi après être allé manger chez lui uniquement pour parler à ma femme de sa fille? Il était vraiment allumé, ce type...

-Emily m’a gentiment accueillie une partie de l’après-midi, ...

-Il est rentré tout seul, en fait, souffla ma femme un peu à bout

-Maes... Ecoute moi bien. Emily et moi avons besoin de passer du temps... face à face parce que nous sommes des jeunes mariés et que c’est important d’avoir du temps pour soi quand on est jeunes mariés, tu saisis?

-Oui, bien sûr ! Je vous laisse tous les deux mes petits tourtereaux. Au fait, Roy, tu devrais définitivement réparer la cuisinière de ta femme, c’est la honte d’avoir un piano de cuisson pareil quand on est l’alchimiste de flamme. Enfin, je dis ça, je dis rien.

-Oui bah c’est ça, ne dis rien ! Et dégage ! Tu reviendras un autre jour !


Il s’éclipsa rapidement et je pus m’installer dans le salon pendant qu’Emily me servait une limonade fraîche et très appréciable en ces temps de grosses chaleurs sur Central.

-Emily, j’ai pris une décision.

-Oui?

-Désormais... j’aimerais que nous nous tutoyons. Oui. Et désormais je ne ramènerai plus de travail à la maison, nous irons dans mon bureau pour... pour nous raconter nos journées et... Et parler de nous. Et nous engagerons une domestique.

-Une domestique? Mais je suis tout le temps ici nous n’avons pas besoin de domestique !

-J’ai pensé que tu pourrais aménager la petite maison de gardien pour y donner quelques leçons de piano, de combat ou de dessin... Ce ne serait pas un vrai travail mais si tu y mets tout ton coeur cela t’occupera et cela me soulagera l’esprit de te savoir en train de faire des choses constructives.

-Mais je croyais que cela vous... te gênait si les gens disaient qu’une femme de général travaille...

-Et bien avec l’argent que tu monteras une association caritatives, les gens adorent les gens qui s’occupent des autres gens. Qu’en penses-tu?

-C’est une superbe idée ! C’est gentil, Roy ! C’est un très beau cadeau !


J’avais évalué le niveau de dégradation de la petite maison de gardien, il faudrait à mon avis un bon mois pour tout remettre en état, nettoyer, ranger et aménager... Cette entreprise donnerait au moins un os à ronger à Emily et nos discussions du soir seraient au moins alimentés par ce sujet intarissable.

J’avais tout gagné sur ce coup-là.

Plus tard, dans l’après-midi, nous recevions un coup de fil des Hughes qui nous annonçaient avoir inviter les trois adolescents à se joindre à eux pour le souper. Donc Emily et moi nous calions autour du piano, elle avec ses partitions et moi avec mon violon, tranquillement.

Lassés et un peu fatigués, nous décidions de monter quelques victuailles directement dans notre lit. Nos discussions
durèrent jusqu’à trois heures du matin. Nous étions passés par tous les stades possibles et imaginables de la discussion. D’abord le récit de notre journée, elle m’avait racontée toutes les colères d’Edward, les discussions entre filles avec Winry, les blagues d’Alphonse, les jeux de cartes endiablés...


Je lui parlais de mes dossiers, du QG...


Et comme ça, comme une poignée de minutes, de secondes, était arrivé trois heures du matin. J’étais assis contre la tête de lit, en caleçon et je lui avais raconté un passage de mon enfance visiblement long, ça et son épuisement eurent raison d’elle. Si bien qu’elle s’était allongée sur moi. Sur Moi, la tête contre mon torse, les bras autour de ma taille et ses jambes entre les deux miennes.


Je dus me laisser glisser contre l’oreiller pour m’allonger sans la réveiller. Je la remontais un peu sur moi pour que ses pieds ne débordent pas. Et en remontant le drap qui nous couvrait sur elle, devinez quoi? Mon pouce s’est accroché à l’ourlet de sa nuisette et je provoquais ainsi la remonté du fin tissus de satin sur sa divine paire de fesses.


Oh là là.. Heureusement qu’elle s’était endormie ! Sinon elle se serait rendue compte de ... enfin, heureusement qu’elle dormait et puis c’est tout !


Je m’endormais moi aussi, mais la nuit fut pleine de longs fantasmes physiologiquement dérangeants.

A sept heures, un léger bip, une main qui sort du drap... Et ma main qui attrape la taille de sa propriétaire pour la serrer contre moi.

-J’ai envie de toi.

-Roy, tu vas arriver en retard au travail...

-On s’en fout, j'ai envie de toi, maintenant.


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