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 [R] Songe Nocturne

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Ezarc Cesire

Ezarc Cesire
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Message[R] Songe Nocturne   [R] Songe Nocturne Icon_minitimePublié le : Ven 30 Avr 2010 - 5:28

Songe
Nocturne



1

Crépuscule




Les derniers rayons rouges disparurent derrière les immeubles d'acier glacé. Les vitres sombres de ces géants de métal, reflétaient les premières étoiles et la lune pâle. Le ciel baignait dans une lumière violette qui se teintait de rose au seuil de l'horizon et sur les quelques nuages solitaires. Les cloches lointaines firent entendre leur musique dans les vieille ruelle désertique en pierre sèche. La montagne s'endormait paisiblement, berçant en son sein, une petite ville sombre et mystérieuse où les terrifiants buildings grimpants vers les cieux, côtoyaient les anciennes maisons recouvertes de mousse, grimpant les unes sur les autres, dont les murs s'effritaient, dont les tuiles rouges et noirs tombaient avec fracas sur le sol au pied des rares passants.

La lumière faiblissait, l'ombre nocturne prenait place, chassant toute couleur, le monde en noir et gris fit surface, le monde de l'étrange et de l'inconnu. Les morts sortirent doucement de leurs tombes, les mauvaises herbes s'étirèrent et s'agrippèrent pour grandir à tout ce qui se trouvait à porter de fibre. Les cauchemars et les monstres nocturnes grognèrent et sortirent en rampant de leurs cachettes. Les fous et les désespérés sautèrent du haut de leur fenêtre pour
rejoindre la communauté de la nuit, les cavaliers noirs firent hennir leurs montures et armés d'un fouet, ils claquèrent l'air et le vent.

Une à une, les fenêtres se fermèrent, les rideaux furent baissés, les volets tirés. La lumière des lampes de chevets s'éteignirent peu à peu. Quand le dernier nuage rose s'évapora, quand le ciel fût recouvert de noir et d'un violet ténébreux et majestueux, quand les étoiles s'allumèrent et la lune brilla, il ne restait dans la ville, pas une seule fenêtre ouverte, pas une seule lampe allumée. Tous les bons hommes et les bonnes femmes étaient allongés dans leur lit, seul ou à deux, à rêver dans les bras de Morphée, dans les bras de son aimé, ou de son oreiller. Les âmes s'évaporaient vers un autre monde.

Le voile des illusions tomba, recouvrant tout, chaque être, chaque objet.


Puis, ce fût le silence.
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Ezarc Cesire

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MessageRe: [R] Songe Nocturne   [R] Songe Nocturne Icon_minitimePublié le : Ven 30 Avr 2010 - 5:50

Songe
Nocturne



2

Eveil



Petite lumière clignotante.

Son qui s'échappe, qui vole à travers la pièce et vient se nicher dans les tympans où il hurle, hurle, hurle encore jusqu'à arracher l'âme à l'autre monde.

L'esprit revient dans le corps, il s'étire, les yeux encore fermés, les dernières images de cet ailleurs s'envole. Ça y est. Il ne s'en souvient plus du tout. De là où il était. De ce qu'il a vu. Ce qu'il a fait.

Les membres se remettent doucement à bouger, à souffrir. Pénible. Le dos se plis dans un mauvais sens, les jambes sont lourdes et pleines de piquant, les bras endoloris, impossibles à déplacer, la tête immense, grosse, grasse, vide, pleine, vide, pleine, clignotante, les idées viennent et s'échappent aussitôt. La tête bat les impulsions du cœur, trop fortes ou trop faibles, la tête souffre, douleur étrange, comme si les pensées la broyaient. Le sexe mort, à plat sur le ventre, perdu entre deux jambes immenses, le sexe qui ne bouge plus, ne pense plus, ne ressent plus. Les poumons noirs, enfumé, plein de crasse et de déchets, la respiration, l'air de la ville qui vient les remplirent apporte à chaque fois un coup de poignard déchirant. Le ventre, qui grogne, rouspète, qui réclame pitance, qui ne reçoit que des restes.

Le réveil continu de sonner, de brûler les oreilles, de cramer le silence.

La main, dans un effort suprême parvient jusqu'au bouton pour faire régner le calme. Douce satisfaction. Le corps se relâche, les muscles se décontractes, la bouche aux lèvres sèches pousse un profond soupire.

Temps qui passe. Léger, invisible, qui s'en va comme un papillon vers une autre fleure, comme une abeille que personne n'a vu passer.

Deux yeux verts apparurent. Brillant un instant dans l'obscurité, puis, disparaissant peu à peu pour laisser place au gris. La lumière qui en émanait devint vide, noir.

Corps immobile, allongé, endolori. Les deux yeux, eux, sans expression, observent l'endroit, la pièce sombre et froide. Observe le plafond dénué d'éclairage, le sol poussiéreux, les tas de livres rongés par le temps, la fenêtre ouverte. Une chauve-souris passa.

Tordu, comme battu par l'air, l'être se leva, émergea de la chaleur des draps, plongea dans les courants d'air de l'existence. Une larme coula un instant sur sa joue, puis s'évapora aussitôt. Si vite, si seule, qu'on ne saurait dire si elle fût réelle ou effet d'optique, ou poussière de lune.

J'allumai la lumière.

L'ampoule frémit, trembla, et un soleil jaune remplit la pièce, débordant même sur l'extérieur, par la fenêtre, où la lune mauvaise l'observait d'un œil noir.
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Ezarc Cesire

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MessageRe: [R] Songe Nocturne   [R] Songe Nocturne Icon_minitimePublié le : Ven 30 Avr 2010 - 5:52

Songe Nocturne


3

Devant la Glace



Il y avait l'un de ces beaux jeunes hommes, tout droit sorti d'une école prestigieuse. Il avait le visage fin et souriant, les yeux verts, brillants, pétillants de vie et d'espoir envers l'avenir. Il était de taille moyenne, portait une veste marine et une cravate rouge. Sa peau semblait fraiche, légèrement bronzé, reposé. Il avait de ces lèvres douces et appétissantes, ces lèvres que les filles aiment bien mordre. Du moins, c'est ce que j'imagine.

J'avais les yeux noirs et le teint gris. Deux grosses et pesantes cernes respirant comme deux monstres blessés, se vidant de leur sang. Ma gorge me brûlait, mon ventre était glacé, mes poumons encrassé, mon cœur anéanti. Une vieille chemise me tombait sur le torse, sale, déchirée par endroit.

Je ne sais combien de temps je suis resté devant la glace ce soir là. Tout était flou dans mon esprit. Chaque objet dans la pièce, m'inspirait la peur. Le miroir, j'avais peur qu'il explose. Mon reflet m'observait droit dans les yeux, il semblait être plein de haine à mon égard. Qu'avais-je fais ? Qu'avais-je fais pour me haïr moi-même à ce point ? J'avais mal, mal partout. Et cette glace fissurée devant moi. Elle pouvait exploser, je sentais qu'elle allait exploser, que j'allais rester immobile. Je me verrais, moi, dans des bouts de verre déchirant, un à un, ils allaient me pénétrer la peau, me ronger la chaire, me détruire les os, me traverser. Et je tomberais lourdement sur le sol. Seul. Et mort.

Mon reflet m'observait toujours avec ses yeux brillants et haineux.

Il y avait derrière lui une table, une table vide, sans rien.

Il y avait derrière moi, mon vieux bureau de travail, plein de feuilles et d'encres. De stylo à plume sans bouchon, et des bouchons sans stylos. Il y avait des feuilles remplies de lignes, de pensées étranges et abstraites, il y avait des carnets gribouillés de dessins, des livres aux pages trouées posés dans un coin. Et une feuille. Une feuille blanche. Posée devant la chaise. Une feuille blanche. Avec quelques larmes dessus.

Il me sembla entendre comme un rire venant du miroir. Un de ces rires ironiques qu'on entend que dans les mauvais films.

J'étais fatigué, malade.

Ce devait être ça.

Une illusion.

Une imagination.

Un songe.

Rien de plus qu'un songe.

Qu'un songe éveillée,

Qu'un songe nocturne.


Dernière édition par Ezarc Cesire le Jeu 6 Mai 2010 - 7:37, édité 2 fois
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MessageRe: [R] Songe Nocturne   [R] Songe Nocturne Icon_minitimePublié le : Ven 30 Avr 2010 - 7:04

Songe Nocturne


4

Pas à Pas


Je descendais les marches une à une. Chaque fois que le pied se posait sur le sol, j'entendais un craquement dont la source m'était inconnu. Je ne parvenait à savoir, si le son venait du vieux bois ou de mon pied bouffé par les champignons.

Il fallait avancer. Descendre les marches. Je ne savais pas exactement où j'allais, mais mes membres me dictaient mes actions. Je descendais, encore, encore. La Nature a doté l'Homme de deux jambes, elle l'a mis debout, droit. Elle lui a donné cette capacité de marcher, de se déplacer. Vous me direz, les animaux aussi peuvent se déplacer. Oui, mais l'homme lui, a conscience de son déplacement, du monde, de lui-même. Conscience du mouvement, du geste.
Pied droit qui se lève, inspiration, genoux qui fait rouler son articulation, jambe qui se pli, bassin qui se déplace légèrement, bras gauche qui se balance, corps qui tangue, jambe qui s'étire, expiration, pied qui se pose, regard fixe.

Pied gauche qui se lève, inspiration, genoux...

Et encore, et encore.

Marche après marche.

Pas à pas.

L'homme est docile à la Nature, on lui a dit « lève toi et marche », alors que fait t-il ? Il se lève, et se déplace, un pas en avant, encore un. Il obéit, il avance, il trace sa route. Pour aller où ? Pour faire quoi ? Il ne sais pas, il n'en sais rien. Mais il marche, inscrit dans le temps, dans l'espace, dans le monde, poussière de poussière parmi la saleté. Le grand nettoyage approche, tout du moins je l'espère. Tout ceci était absurde.

C'est alors que je l'entendis. D'autres craquements, qui s'approchaient dans cet escalier en colimaçon. Les murs en pierre noir et glacé étaient comme un tombeau. Et voilà que les morts venaient me chercher. Je ne me suis pas arrêté pour autant, j'ai marché, encore, c'était là mon devoir. Je ne pouvais plus reculer, et s'arrêter était inutile. S'arrêter était la dernière chose à faire.

Les craquements se rapprochés, lentement.

Mon pou s'accélérait, c'était douloureux, je sentais une vague rouge m'emplir et se retirer, m'emplir et se retirer.

Et au même moment, pied gauche qui se lève, inspiration, genoux qui fait rouler son articulation, jambe qui se pli, bassin qui se déplace légèrement, bras droit qui se balance, corps qui tangue, jambe qui s'étire, expiration, pied qui se pose, regard fixe.

Pied droit qui se lève, inspiration, genoux...

Puis je le vis. Devant moi. Grand, un chapeau sombre cachant son crâne surement chauve. Je le vis de dos. Il m'apparus de dos, au milieu des escaliers, montant les marches à reculons. Ses pieds nus recouverts de champignons craquaient comme les miens. On se croisa, chacun sur sa route, sans un mot, sans un bonjour. Regard fixe. Toujours. Regard fixe. Ne jamais faire attention aux autres, rester concentrer sur sa route, devant soit.

Il disparu en passant à mes côtés. Les murs étaient toujours noirs et froids. Et les marches continuaient de se proliférer devant moi.

Pied gauche qui se lève...
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MessageRe: [R] Songe Nocturne   [R] Songe Nocturne Icon_minitimePublié le : Jeu 6 Mai 2010 - 7:34

Songe Nocturne


5

Le Parc



Il faisait froid dehors. Au contacte de l'air, mon corps se crispa, comme si le vent risquait d'emporter certains de mes membres.

Il y avait, pas trop loin de chez moi, un parc. Un immense parc où à n'importe quelle heure, on pouvait entendre des enfants jouer.

J'ai marché au milieu des plantes grasses et des plantes sèches. Elles m'observaient passer au milieu d'elle comme un étranger, elles plantaient en moi un regard de haine. Certaines herbes pleurèrent sur mes pieds et je me sentais bien incapable de les consoler. D'autres me rirent au nez et me donnèrent des coups dans les chevilles. C'était la première fois qu'elle se comportaient ainsi avec moi. D'habitude elles étaient plus calmes, plus souriante aussi. Il y avait quelque chose d'étrange cette nuit là.

Le ciel me semblait plus sombre, les silhouettes plus floues.

Un enfant couvert de sang passa à mes côtés en riant et me bousculant.

J'adorai observer les enfants. Un rire d'enfant. Il n'y a rien de plus beau qu'un rire d'enfant. C'est prenant, enivrant. Ça pousse à faire des choses incroyables un rire d'enfant. Moi, par exemple, ça me donne toujours envie de voler, de battre des ailes et de prendre mon envol.

Ça me donne envie d'aimer.

Ça me donne envie d'aimer un rire d'enfant.

C'est alors que je la vis.

Elle était au loin, cachée par un vieux chêne. Une magnifique robe rouge, flottante dans le vent, portée par le monde, douce et volatile, éphémère, un pétale de rose qui se laisse guider par les aléas du ciel, un regard de braise, un sourire naturel, née des collines verdoyantes, puissante, belle, libre. Libre.

Deux yeux brillants me fixèrent quelques secondes et disparurent aussitôt.

Elle s'en était allée, l'apparition de la nuit. L'espérance rêvait.

Soudain, pour la première fois depuis longtemps, je n'eut plus mal. Je senti le monde, je ne pensais plus à moi.

J'entendais les rires des enfants en loin.

Ça donne envie d'aimer, un rire d'enfant.

Et moi, quand je suis amoureux, j'ai besoin de lever les bras et de me laisser tomber dans les rires des enfants.

Et moi, quand j'aime, j'ai envie de rire comme un enfant ensanglanté.
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MessageRe: [R] Songe Nocturne   [R] Songe Nocturne Icon_minitimePublié le : Jeu 6 Mai 2010 - 7:37

Songe Nocturne


6

Le Rire des Enfants



Ils étaient tous rassemblés sur une immense place, ils se montaient les uns sur les autres en riant à gorge déployée. Les étoiles brillaient dans leurs yeux et la lune dans le ciel, illuminait leur visage merveilleux, baignant dans l'espoir fou de l'atteindre un jour, la grosse boule blanche. C'était là l'objectif de chacun, être le premier à y poser ses pieds, être celui qui la ramènerait à sa belle, aux siens, être celui qui sera vu, regardé, apprécié par tous. Être celui qu'on admira pour avoir touché la lune en premier. Être quelqu'un de formidable, d'unique. Être toute sa vie cet enfant qui aura toujours la lune. Être. Être.
Être.
Exister, exister malgré soit, exister malgré les autres.
Exister pour soit, exister pour les autres.
Toucher la lune.
Ils étaient deux cents, peut-être plus. Deux cents enfants riant et s'amusant, grimpant les uns sur les autres, tendant la main pour toucher la Dame Blanche.
Je me suis assis sur un banc en bois à côté du vieux chêne pour les regarder s'amuser, pour m'enivrer de leur savoir. Me remplir de leur force créatrice, de leur énergie.
Je me sentais si bien, spectateur de ce fantastique spectacle.
Ils grimpaient cet immense échafaud humain, s'approchant du ciel, ils se poussaient en déployant leur joie d'être et d'exister, chacun cherchant sa place dans ce magnifique assemblage, en marchant sur les visages de ceux qui étaient dessous, en arrachant les membres à ceux qui étaient dessus, en mordant les yeux et les oreilles, en griffant les dos, en frappant, frappant. Frapper encore. Pour s'élever encore un peu plus près du ciel, grimpant sur les cadavres de ceux qui avaient péris.
Et ils riaient, ils 'amusaient, et recevaient et prenaient les coups dans une joie total.
Et les voir était un grand bonheur, était d'une force unique.
Ils étaient magnifiques.
Tous.
La structure humaine et vivante se modifiait, se transformait au file des secondes. Il y avait sans cesse de nouveaux morts qui chutaient et tombaient parmi les cadavres, sans cesse de nouveaux arrivants pleins de vitalités qui sautaient dans le tas pour grimper vers la lune. Mais jamais l'échafaudage fût assez haut pour qu'un doigt puisse ne serait-ce que effleurer la grande Dame Blanche, impassible, silencieuse, observatrice dans le ciel. Boudeuse même peut-être.
Et tous ces enfants continuaient d'espérer follement qu'un jour, ils pourrons parvenir là haut, ne serait-ce qu'à la toucher. Mais jamais aucun n'y était parvenu. Et tout en riant, ils continuaient de se pousser et de se couvrir de sang pour exister encore un peu plus.
Moi, assis sur mon banc, je les observais en souriant, l'âme amoureuse, je m'emplissait d'eux. Eux que je trouvais si beaux, si vrais.


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