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 De L'Autre Côté De La Porte (+18)

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Hagaren

Hagaren
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MessageDe L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Sam 1 Mai 2010 - 15:13

D'un côté, Ran dessine et vit à Tokyo.
De l'autre Il y a Le FullMetal qui cherche toujours à récupérer son corps.
Sauf que c'est Ran qui dessine Edward.
Mais que ce passe t-il si la foudre s'en mêle?

(OC/ Edward/ les autres; Fic avec lemon; +18)

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MessageRe: De L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Sam 1 Mai 2010 - 15:14

Chapitre 1 :

- Ran ! Hé, Ran ! Bouge-toi, tu vas rater le train !


Désolée, Yumiko. Mais tu devrais savoir que quand j’ai sorti mon carnet de croquis, le Shinkansen pourrait me passer dessus, je ne m’en apercevrais même pas. Et vu que ça fait maintenant 3/4h que nous attendons sur ce quai bondé, je ne vais pas lâcher mon crayon si facilement.

- Merde, Ran, dépêche-toi…

Ok, Yumiko, je t’autorise un sursis. Je referme mon carnet, le temps de pousser tout le monde dans le wagon pour essayer de rentrer la moitié de mon corps entre les sardines qui tiennent lieu de passagers, et de fermer les yeux pour continuer à structurer le synopsis du oneshot que je dois présenter demain à Hiromu.
Ca m’évitera de vouloir trucider les personnes serrées contre moi.
J’ai horreur qu’on me touche.
Bon.
Réfléchissons.
Après l’énorme succès de « Les Conquérants de Shambala », nous devons trouver une approche qui permette aux deux frères de braver tout un tas de dangers sans lasser les futurs spectateurs pour autant. L’ennuyeux, c’est qu’Hiromu à des contraintes liées au studio d’animation et qu’elle refuse pour l’instant de donner des indications sur son idée de scénario. Super pratique pour élaborer une trame. Mais bon, je ne vais pas non plus me plaindre, faire partie de son équipe de mangakas quand on a à peine 18 ans et pas de formation particulière, c’est déjà énorme.
Yumiko à réussit à m’extirper par le col de ma chemise du wagon bondé, et nous nous dirigeons maintenant vers le lycée. Les examens approchent, et ça m’ennuie royalement. De toute façon, tout m’ennuie. Mon QI est trop élevé, et les cours trop faciles. Je passe mon temps à rêvasser, vu que les professeurs m’ont interdit de dessiner en classe, et pendant ce temps, ils rament comme des malades pour inculquer un minimum de savoir dans la cervelle atrophiée de mes congénères. Ce n’est qu’une fois rentrée chez moi que je me mets au travail. Et c’est à ce moment que je redeviens moi.
Je reconnais avoir beaucoup de chance. A l’époque, Hiromu sortait avec Grand Frère, et elle n’avait pas encore édité de manga. Petite provinciale sortant de sa laiterie, impressionnée par le rythme infernal de Tokyo, elle passait beaucoup de temps à la maison. C’est comme ça qu’on est devenues amies.
Et c’est aussi elle qui m’a poussé à ne plus avoir peur de mal faire, à arrêter de rechercher la perfection coûte que coûte, et a affirmer mon trait de crayon.
Quand elle a été un mangaka reconnu, puis adaptée en anime, elle a eu la gentillesse de m’appeler afin de me demander si je voulais intégrer son équipe à titre de stagiaire. Pour une fois, je n’ai pas pesé le pour et le contre pendant 3 plombes avant de prendre une décision.
J’ai accepté en hurlant de joie.
Et maintenant, Hiromu m’a demandé de prendre en charge un passage entier du prochain film.
Plutôt génial comme sensation, quand vous savez que vos rêves ont aboutis.
Dommage que Grand Frère ne soit plus là pour partager mon bonheur.
Mais avec Hiromu, on évite soigneusement d’en parler.
C’est encore trop tôt, pour elle comme pour moi.

- Ran ! J’étais en train de te demander si tu sortais avec nous ce soir ?
- C’est bon, Yumiko, pas la peine de gueuler, je t’entends…
- Ouais, mais avec toi, on ne sait jamais si tu es là ou pas !

Je laisse Yumiko pérorer comme une vieille rombière. Mais elle a raison ; je suis déjà loin d’ici.
Central City et les alchimistes d’état sont bien plus intéressants. Même s’ils sont imaginaires. Mais c’est en partie mes créations.
Et ça, aucune sortie, aucun garçon ne pourra rivaliser avec.
Finalement, je rentre chez moi, après que Yumiko m’ai extorqué de force une promesse de venir à une soirée chez une vague connaissance. Je n’irais probablement pas, mais elle ne le sait pas encore. J’ai juste accepté pour avoir la paix. Si je la laissai parler, elle aurait un débit de paroles pire que le débit du fleuve Jaune.
Et elle ne s’aperçoit même pas qu’elle me saoule.
Depuis deux ans maintenant, j’ai mon propre appartement. Mes parents me l’on offert, quand ils ont compris que mes cauchemars me feraient hurler toutes les nuits, et que j’appellerai de toutes mes forces Grand Frère.
Mais qu’il ne viendrait plus jamais.
Voulant au début se rapprocher de leur fille, ils ont commencé par refuser que je m’en aille. Six mois à partager mes insomnies, et me voilà l’heureuse propriétaire d’un 45m². Quand on connaît un peu le marché de l’immobilier à Tokyo, je peux affirmer que j’adore mon palace. Et surtout ma solitude.
Avant de mettre devant ma table à dessin, je fais un tour aux bains publics à côté de chez moi ; impossible de dessiner avec la pollution du 21ème siècle collée à la peau. L’établissement ferme tard, et je n’y croiserai pas grand monde.
L’absence est à mes yeux la forme la plus proche du bonheur.
J’ai laissé en état ma dernière planche avec le story board. Pas question d’avoir à ranger quoique ce soit, je ne retrouverai pas mes idées. Aussi, le moindre courant d’air est banni de cet appart. Pour assainir un peu l’atmosphère, je fais brûler de l’encens, auquel je rajoute quelques minuscules miettes d’opium.
Parfait pour aiguiser mon esprit.
Et apaiser mes cauchemars.
Sous les traits inachevés qui attendent le bon vouloir de mon crayon, je remonte le fil de ma propre histoire. Hiromu est très liée aux personnes qui l’entourent, et elle les a saupoudrés dans son œuvre ; aussi, Edward à hérité de la natte qu’elle porte quand elle dessine, Winry de la garde robe assez étrange de sa sœur ; Izumi possède l’amour des enfants comme sa principale assistante, et Roze a les mêmes mèches de cheveux colorés que moi.
Mais le plus difficile à accepter pour moi, est de voir Roy Mustang.
Elle lui a donné les traits de Grand Frère.
J’ai toujours du mal à corriger les planches ou il est.
Son souvenir est encore trop vivace.
C’est trop tôt.
Il est déjà 23h35 ; je dessine depuis 6 heures sans que je m’en aperçoive. Un orage gronde au dessus de la ville.
Je n’ai même pas pensé à manger.
Des coups redoublent à la porte d’entrée. Vu l’intensité, ça doit faire un moment que la personne frappe dessus.
M’en fous.

- Ran ! Ouvre ! Je sais que tu es là, espèce d’obsédée !
- Obsédée ? Ah, bon ? Rappelle moi une chose : qui fait des passes avec des vieux pour pouvoir s’acheter des sacs à mains ?

Que j’ai ouvert la porte sans l’avertir alors qu’elle était en train de vociférer, laisse Yumiko le poing en l’air et la bouche ouverte. Mais ma dernière tirade ne la froisse pas ; malgré toutes mes vannes, elle ne se fâche jamais. C’est peut être pour ça que je la tolère, elle si opposée à mon univers. Mais je n’ai pas menti ; son amour pour les marques françaises l’entraîne vers les hôtels avec des vieux dégueulasses qui reluquent les collégiennes. Elle ne voit pas le côté dégradent de la chose ; selon elle, chacun des protagonistes y trouvent son compte. Je ne sais pas comment elle fait.

- Hein ? T’es d’accord ?

Comme souvent, je ne l’ai pas écoutée. Je préfère hausser les épaules, et donner une réponse bateau.

- J’en sais rien.
- Je sais que c’est l’anniversaire de la mort de ton frère, mais tu peux pas rester cloîtrée chez toi comme ça…

En une seconde j’ai compris. Cette conne essaie de me faire sortir demain ! Demain ! Le jour où je ne sors pas de chez moi, quoiqu’il arrive ! Le jour où je me retrouve avec mes démons, et surtout avec le fantôme de Grand Frère ! Elle veut peut être que j’arrête de vénérer sa mémoire, pour aller me trémousser dans une boite quelconque, pleine de jeunes cadres complètement bourrés pour impressionner leur patron, et qui essaieront de me peloter ! Avant que je ne lui jette quelque chose à la tête, je préfère lui sauver la vie en la foutant dehors.
Gueule tant que tu veux, Yumiko, il est des barrières à ne pas franchir. Tu as essayé de le faire, ne t’étonne pas de te retrouver hors de mon monde.
Je vais à la fenêtre et colle mon front contre la vitre pour regarder le spectacle des éclairs qui courent sur la ville, là en dessous. La pluie fouette mes carreaux, mais je ne la vois pas ; mes larmes brouillent ma vue.

Le lendemain, je me réveille avec une migraine persistante ; j’ai abusé des boulettes d’opium dans le brûleur d’encens, et l’air vicié de l’appartement n’est pas fait pour arranger mon état. De plus, le temps est toujours orageux, rendant le ciel particulièrement sombre, menaçant, comme si le soleil ne s’est pas levé.
Ça n’a pas d’importance.
Ce n’est pas un temps radieux pour moi de toute façon.
Je passe la journée au fond de mon lit, à savourer avec délices mes sanglots. Je les laisse couler sans essayer de les contrôler.
C’est le seul moment de l’année ou je m’autorise à me laisser aller, à exprimer mes émotions. L’altière et glaciale Ran, la « Reine des Glaces » comme me surnomment les garçons du lycée que j’ai envoyé bouler lorsqu’ils essayaient de me draguer, ne montre jamais rien.
Sauf en ce moment. Mais il n’y a que moi pour voir ce changement.
J’ai débranché mes téléphones, et n’ai même pas pris la peine de changer de vêtements. De toute façon, je ne bougerai pas de la journée.
Ma seule compagne sera la bouteille de vodka importée directement de Russie. Yumiko me répète que malgré mon mépris pour ses sacs européen, je fais la même chose avec mon remontant préféré. Larmes et alcool, c’est mon cocktail à moi pour oublier ou pour me rappeler les circonstances de la mort de Grand Frère, je n’ai pas encore réussi à le déterminer. Ça n’arrangera pas ma migraine, mais je ne changerai pas mes habitudes.
Ma famille connaît mon rituel, et elle me laissera tranquille. Ils ont bien essayé de m’en éloigner, mais quand ils ont vu que j’étais prête à ne plus jamais les revoir s’ils recommençaient, ils me laissent cuver mon chagrin en paix.

Il n’est pas loin de minuit, maintenant. J’ai tellement pleuré que j’ai du mal à ouvrir les yeux. Je me lève et vais mettre la tête sous un robinet d’eau froide pour dissiper un peu ma gueule de bois. La tête dégoulinante, j’ouvre la véranda et vais regarder les éclairs zébrer le ciel. L’eau coule le long de mon cou, envahit mes épaules et mon dos. Je grelotte mais je ne bouge pas.
Je me sens un peu mieux. Je devrais respirer de l’air frais plus souvent, finalement.
Les grondements du tonnerre se rapprochent, preuve que l’orage se dirige droit sur moi. Je regarde aux alentours ; le ciel à la couleur de l’encre, et la lumière de la foudre qui apparaît par intermittence le rend encore plus sombre. Ca titille mon imagination.
Je rentre et vais vers ma dernière planche que j’ai dessinée. La dernière bulle représente Edward en gros plan, avec une expression sur le visage que j’aime particulièrement et que je suis fière de réussir à lui faire prendre : il y a sur ses traits un mélange de lutte intérieure et de résignation. Ses yeux sont graves et il a la tête légèrement baissée. Il est magnifique.
Fait exceptionnel pour quelqu’un qui refuse d’aérer son appartement, j’ai laissé la véranda entrouverte, laissant la pluie mouiller le sol. Je suis maintenant tellement euphorique que j’ai une brusque envie de danser. Mon cœur bat la chamade, et je serai bien incapable de tenir un crayon.
Un effet des restes de ma bouteille de vodka pratiquement finie ? Je n’en sais rien.
Toujours est-il que j’emporte la feuille inachevée avec moi, et la tient à bout de bras, comme si j’effectuai une valse frénétique avec l’alchimiste qui me dévisage. Ses yeux limpides me cherchent, et son regard semble sonder mon âme.
Je rapproche le visage du papier, et pose mes lèvres sur les siennes.

L’accident a lieu sans que je puisse faire grand-chose pour l’éviter. Bizarrement, j’ai l’impression que tout se déroule au ralenti, et je vois chaque détail avec une netteté parfaite.
Peut être parce que je vais sûrement mourir ?
Je pose le pied sur la petite flaque d’eau formée devant la fenêtre, et déséquilibrée, je bascule en arrière, la bouche toujours sur celle d’Edward. La foudre touche ma balustrade au même moment, et l’eau qui dégouline depuis dehors jusque sous mes pieds fait conducteur ; une fraction de seconde plus tard, toutes mes cellules enregistrent en même temps l’extraordinaire énergie de la décharge électrique.
Puis tout devient noir quand je sombre dans l’inconscience.


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Hagaren

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MessageChapitre 2 :   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Ven 12 Nov 2010 - 14:02

Le bruit autour de moi est confus, comme s’il passait à travers une vielle radio usée. Une douleur intense irradie dans tout mon corps, si bien que j’ai l’impression d’avoir tenu le rôle de la balle dans un match de base-ball. Je ne veux pas ouvrir les yeux, j’ai trop de mal à me remettre. Mais me remettre de quoi, au fait ? Je ne me souviens plus. Soudain, je sens qu’on se secoue sans ménagement, mais je ne réagis pas. Mon esprit est trop embrumé.
Qu’on me laisse dormir.
Je souffre.
J’ai besoin de paix.

- Mademoiselle ! Veuillez circuler, s’il vous plait ! La gare n’est pas un dortoir !

Les mots percent enfin mon engourdissement pour arriver jusqu’à mon cerveau.
Que fait cette voix inconnue dans mon appartement ?

- Si vous persistez à rester par terre, je vais devoir vous arrêter ! Circulez, maintenant !

Mon épaule est broyée dans un étau. Quel est l’espèce d’abruti qui ose me traiter comme ça ? Il ignore donc que je ne supporte pas qu’on me touche ? Du coup, j’ouvre les yeux.
La surprise me fige. Je sens ma mâchoire se détacher et pendre comme les seins d’une vieille concierge ratatinée. Penché sur moi, la cigarette au bec, je vois... Le lieutenant Havoc.
J’éclate de rire. C’est tout simplement surréaliste ! Ca ne peut pas être vrai ! Un personnage de bd en chair et en os, qui me regarde les yeux ronds, comme si j’étais échappée d’un l’asile ! Mon fou rire ne s’atténue pas, et je ri tellement que je ne peux pas faire un mouvement. Le lieutenant pousse un soupir à faire pâlir d’envie une locomotive, et d’un geste brusque, me remets debout. Ma crise de fou rire et ma stupéfaction sont telles que j’en oublie même qu’il vient de me toucher.
Il se tourne vers un de ses collègues et marmonne :

- Complètement fêlée…

Et il s’en va.
Vu que j’ai dormi toute habillée et avec la tête mouillée, il n’est pas trop difficile de me prendre pour une mendiante qui a choisi le sol de la gare pour cuver son vin. Ce qui est le cas, d’ailleurs, avec toute la vodka que j’ai pu m’envoyer… Je dois être un modèle de fraîcheur et d’élégance.
Hé, une minute ! La gare ? Quelle gare ? Et ma chambre ? Mon appart ? Où est ce que je suis ?
Je vois Havoc de dos, et la vérité s’impose à mon esprit. Je l’écarte immédiatement : je ne veux surtout pas l’admettre.
Allez Ran, vas prendre l’air, ça te remettra les idées d’aplomb. Et fait-le vite.
Les jambes en coton, je trébuche à chaque pas. Une fois dehors, le soleil m’ébloui. Je me retourne afin de vérifier si la pancarte que j’ai si souvent dessinée est là ; ça ne loupe pas : sur le fronton de la gare se trouve l’immense panneau indiquant « Central City ». Mon rire nerveux me reprend.
Puis je tombe à genoux, incapable de bouger, de penser. Je suis anesthésiée.
Comment cela peut t-il être ? Pendant un instant, une pensée folle tourbillonne dans mon esprit ; quelqu’un essaie de me piéger, ou de me faire une farce de très mauvais goût. Mais dans quel but ? Comment quelqu’un pourrait-il faire pour reproduire une ville entière, jusqu’aux personnes existantes, et tout ça uniquement pour moi ? Finalement, j’écarte bien vite cette hypothèse : c’est complètement ridicule.
Mais alors… Mais alors comment suis-je arrivée ici ? Que c’est-il passé ?
J’essaie de remettre de l’ordre dans mes idées, afin de pouvoir analyser la situation. Je me trouvais dans mon appartement… J’avais « fêté » à ma façon la mort de Grand Frère… Il y avait un orage… De la pluie… Je tenais ma planche à dessin… Tiens, au fait, je ne l’ai plus avec moi. Je me relève et retourne à l’endroit où j’étais.
Rien.
Je suis nue et crue avec ma gueule de bois, et mon uniforme de lycéenne que j’ai sur le dos depuis deux jours maintenant, dans un univers qui n’existe pas.
Super.
Je dois être effectivement échappée d’un asile.
Un éclair me traverse brusquement ; et si j’étais tout simplement en train de dormir ? Je serai en train de faire un rêve particulièrement désagréable de réalisme, mais un rêve tout de même ? Je me raccroche à cette idée qui me redonne espoir. Mais il y a hélas une façon rapide de savoir si j’ai raison : je me pince le bras tellement fort que c’est mon propre cri qui m’arrête. Je me remémore brusquement une étude américaine qui a démontré que lorsqu’on rêve, on ne lit jamais pour la simple et bonne raison que notre esprit est incapable de reconnaître l’écriture en pleine phase de sommeil paradoxal.
Donc je n’aurais pas pu lire la pancarte de la gare. Ok, je ne dors pas.
Je me redresse et respire à fond, et commence à marcher d’un pas vif. Il ne me reste plus qu’une chose à faire.
Trouver les frères Elric.

J’ai de la chance ; Havoc n’est pas parti, il est en train de fumer une cigarette adossé à une voiture. En le voyant, je me mets à courir. Comme souvent, il lève les yeux vers le ciel et semble perdu dans ses pensées.
Pour les avoir façonnés depuis si longtemps, je connais très bien le tempérament des personnages du manga. Je sais que les filles sont sa faiblesse, il a une mentalité de « chevalier servant » qui va m’être très utile. Aussi, je ralenti brusquement, et m’avance vers lui à petits pas, chancelante, tête baissée. En me voyant il se redresse d’un bond et essai de prendre un air supérieur, du style « je suis quelqu’un d’important, fait gaffe à ce que tu vas faire » et m’aboies dessus de circuler quand il me reconnaît.
Mais j’ai trouvé la parade ; je lève vers lui un regard embué de larmes, et chuchote :

- S’il vous plait, Colonel… Aidez-moi, je vous en supplie…

Le cirage de pompe fonctionne. Il se rengorge comme un paon, le rouge aux joues. Et c’est maintenant un second lieutenant très compréhensif qui s’adresse à moi :

- Non, vous vous trompez, mademoiselle… Je ne suis pas Colonel ! Je suis le second lieutenant Havoc, à votre service ! Vous avez besoin d’aide ?

Non, pas du tout, espèce de crétin. Je suis juste à moitié moribonde devant toi. Pourquoi aurais-je besoin d’aide, franchement ? Mais je garde mes sarcasmes pour moi et murmure :

- J’ai été enfermée et droguée, voilà pourquoi j’ai l’air si mal en point… Il n’y a que lorsque je vous ai vu que j’ai compris que j’avais réussi à m’échapper… Ce doit être les effets des drogues qui m’ont fait rire, tout à l’heure… Mais vous devez m’aider… Je dois fournir des informations très importantes au chef de l’armée… Aidez-moi, je vous en prie… C’est une question de vie ou de mort…

Puis je me laisse glisser à ses pieds, comme si je venais de m’évanouir. Pour un bobard improvisé, je le trouve plutôt pas mal ! Havoc bondit pour me rattraper, et je fais mine de rester inconsciente tandis qu’il me ramasse et me dépose sur la banquette arrière de la voiture. Il conduit comme un malade, et il freine si brutalement que je manque de tomber du siège. Je l’entends descendre de la voiture et ouvrir la portière à la volée, manquant de l’arracher. Il crie à des personnes de venir l’aider et d’apporter un brancard. Il vient de m’emmener à l’hôpital.
Parfait.
Pile ce que je voulais.
Les yeux toujours clos, je me laisse aller. C’est vraiment étrange… Est-ce parce que je sais qu’elles appartiennent à des personnes qui n’existent pas que de sentir toutes ces mains étrangères sur moi ne me fait strictement rien ? Mais voilà qu’une aiguille vient de percer ma peau, et un liquide lourd et douloureux se propulse à toute allure dans mes veines. Je m’endors pour de bon, cette fois.

*********************

- Alors, ma jolie, on se promène toute seule si tard ? Ce n’est pas très prudent…

Je sais qu’il est tard, pas loin de 21h45. J’ai les bras chargés de classeurs et de cahiers. Je suis restée à la bibliothèque jusqu'à sa fermeture, une fois encore. Je travaille sur une dissertation qui me passionne, et je veux avoir une excellente note. J’aime tellement être la première de la classe ! Et puis, je n’ai pas peur, Grand Frère est sûrement sur le chemin pour venir à ma rencontre. Il ne laissera jamais sa petite sœur adorée seule, et rentrer chez elle par ses propres moyens. Aussi, je souris et continue ma route :

- Merci, mais on m’attend ! au revoir !

Un bras se pose contre le mur, me barrant le passage :

- Ce n’est pas très poli de refuser de se faire raccompagner par de beaux et forts garçons comme nous… Je crois que tu mérites une petite leçon de savoir vivre…

**********************

J’ouvre les yeux en grand, le bruit de mon chemisier qu’on déchire résonne encore dans mes oreilles.
Ce n’était qu’un cauchemar, Ran, rien qu’un cauchemar.
Calme-toi.
Respire.
Oublie.
Je me détends un peu et me laisse aller contre les coussins. J’espère ne pas avoir hurlé une fois de plus.
J’entends des bruits de pas dans le couloir. Plusieurs personnes viennent par ici. Je ferme les yeux, et échafaude un plan à toute vitesse. Il faut que je rencontre Edward coûte que coûte.
Lui seul pourra m’aider.
La porte s’ouvre. J’ai les paupières suffisamment baissées pour faire croire que je suis en train de dormir, mais je laisse entrouvert un espace entre elles de quelques centièmes de millimètres. Je peux ainsi voir que Havoc, Hawkeye, et Breda entrent dans ma chambre.
Si la cavalerie arrive la première, ça veut dire qu’ « IL » sera bientôt là.
Pense que ce n’est pas Grand Frère. Pense que c’est son ancienne fiancée qui fait vivre son amour pour lui en lui donnant ses traits, même s’il mort. Pense que ce n’est PAS Grand Frère ! C’est…

- Généralissime Mustang ! Voici la jeune femme dont je vous ai parlé !

Je fais mine de me réveiller. Je porte une main à mon front, comme si j’essayai de m’éclaircir les idées, ou de montrer que je souffre atrocement. J’ouvre les yeux en papillonnant des paupières, et me tourne vers Havoc. Je lui souri faiblement.
Mes talents d’actrice m’épatent moi-même.

- Que c’est-il passé, Colonel ?

Il pique derechef un fard. Il faudrait vraiment que j’arrête de mettre les gens mal à l’aise juste pour m’amuser. Ma situation est assez grave comme ça.

- Je… Vous vous êtes…
-
Bafouille t-il. Puis il se reprend et s’écrit en tendant le bras vers son supérieur :

- Je vous présente le Généralissime Mustang !

Il se penche vers moi, et me sourit :

- Vous ne vous rappelez pas ? Je suis le Second Lieutenant Jean Havoc… Vous à l’hôpital de Central… Vous ne craignez plus rien.

« IL » s’est approché de mon lit. Comme Grand Frère, son expression est indéchiffrable. Il m’est assez difficile de le voir dessiné sur du papier, alors de le savoir près de moi… Je me hurle à moi-même de me ressaisir et m’interdit de pleurer.

- Il paraît que vous avez des choses vitales à m’apprendre ?

En prenant bien soin de ne pas le regarder, je confirme :

- En effet… Ça concerne un alchimiste d’état que vous connaissez bien, je crois… Edward Elric, le Full Metal Alchemist. Il est en danger.
- Ça ne sera pas la première fois… Il est assez grand pour se débrouiller tout seul. Je ne vois pas ce que l’armée et moi venons faire là dedans.

Merde. La situation dérape dans un sens que je n’avais pas prévu. Vite, un argument avant qu’elle ne soit définitivement hors de contrôle.

- Si le danger qui le menace arrive jusqu'à lui, c’est le pays tout entier qui en subira les conséquences. Et l’armée la première, Généralissime.

Je viens de marquer un point, on dirait. Mais c’est Riza qui prend la parole :

- Et si vous nous expliquiez en quoi consiste ce fameux danger, mademoiselle… ?
- Ran.
- Et bien, mademoiselle Ran ?

Cette fille a vraiment l’esprit vif, et le mien est trop dans le coltard pour la contrer efficacement. J’ai besoin de toutes mes facultés mentales pour me sortir de cette situation. Aussi je préfère biaiser, histoire de gagner du temps, et de monter un scénario digne de ce nom.

- Je ne parlerai qu’au Full Metal et au Généralissime.

Breda intervient :

- Je crois que ta copine se fout de nous, Havoc…

Je le fusille du regard et rétorque :

- Je sais pertinemment que de mentir au chef des armées peut être lourd de conséquences pour moi, Lieutenant…

Je me rattrape juste à temps avant de l’appeler par son nom. Nul n’est sensé savoir que je connais les personnes présentes dans ma chambre aussi bien que ma famille.

- Et sachez que je n’ai pas pour habitude de faire perdre du temps aux représentants de l’ordre ! Mais si je vous dis que seul Edward Elric et le Généralissime Mustang peuvent entendre ce que j’ai à dire, ce n’est pas pour rien !

Je me tourne à présent vers lui, et fixe le sommet de son crâne plutôt que ses yeux :

- Tout ce que je peux vous dire pour l’instant, Généralissime, c’est que ça concerne La Porte… Il faut faire vite. Le pays tout entier est en danger. Et Edward le premier.




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MessageRe: De L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Sam 27 Nov 2010 - 9:12

Chapitre 3 :


- Cette fille ment.

Comme à l’accoutumé, le Lieutenant Hawkeye se tient assise très droite sur la banquette arrière de la voiture, et regarde droit devant elle. Mais pour une fois, le Généralissime Mustang préfère ignorer la remarque de sa collaboratrice, même si l’expérience lui a démontré qu’elle ne se trompait rarement sur les gens qu’elle avait jaugés au premier coup d’oeil.
Elle développe son idée et poursuit :

- Je ne sais pour quelle raison elle insiste autant pour ne parler qu’au Full Metal et à vous-même, mais je suis sûre que ça cache quelque chose de plus important que cette histoire de soi-disant menace. Je n’aime pas ça.

- Vous n’aimez pas ça, ou vous ne l’aimez pas ? Est-ce parce qu’elle est ravissante et visiblement très intelligente que vous la condamnez sans même de la connaître ? Seriez vous jalouse, Lieutenant ?

Stupéfaite, elle se tourna vers son supérieur. Mais qu’est ce qui lui prenait, tout à coup, de tenir des propos pareils?

- Si c’est une plaisanterie, je la trouve d’un goût douteux, mon Général. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous prenez sa défense de cette manière ?

Roy Mustang garda le silence. Pourquoi cette fille aux mèches roses vue pendant quelques minutes le touchait il autant ? En la voyant, il avait eu comme un coup de poing dans l’estomac ; une volonté de fer mêlée à une souffrance immense irradiait d’elle. Il avait cru se voir dans un miroir ! Et la flamme qui avait embrasée son regard quand elle avait rembarré Breda ! Littéralement terrifiante ! Elle pourrait sans aucuns problèmes faire un excellent Général des Armées, dans quelques années, si elle le décidait ! C’était à coup sûr une meneuse d’hommes. Rien ne devait lui résister bien longtemps.
Mais Riza avait raison, il y avait un part d’ombre en elle trop importante. Elle était aussi certainement une manipulatrice. Mais sans qu’il puisse l’expliquer, il avait envie de la croire. Il se sentait comme… Comme un grand frère envers cette jolie fille inconnue. Protecteur, et compréhensif.
Très bizarre comme attitude, surtout venant de sa part. Il soupira, et finit par dire :

- Je n’en sais rien.


****************************


Havoc est revenu me voir deux fois en une heure. « Pour m’assurer que vous ne manquez de rien ». Sans le savoir, il endosse le rôle que tient Yumiko dans mon monde. Et ça y est, il me saoule. Mais bon, je ne dis rien, grâce à lui mes vêtements sont de nouveau propres et j’ai pu prendre un bain. Maintenant, je suis en train de dévorer littéralement une part de gâteau sous son regard attendri ; il ne bouge pas, il se contente de me regarder finir mon dessert. Au lieu de l’envoyer paître, je lui souris et essaie de lui tirer les vers du nez :

- Dites-moi, Lieutenant… Pardon, Second Lieutenant… Excusez-moi, je suis un peu perdue avec tous ces grades…

Il rougit encore, et éclate d’un rire forcé en se grattant la tête :

- Non, non, ne vous excusez pas ! c’est bien normal de s’y perdre quand on n’appartient pas à l’armée, ah, ah !

Mon Dieu que les hommes sont stupides. Mais je continue de sourire, et me fais câline :

- Alors si vous le voulez bien, est ce que je peux vous appeler Jean ? Et vous, appelez moi Ran… Entendu ?
- Entendu… Ran !

Dit-il dans un éclat de rire encore plus forcé que le premier. Et il est content de lui, en plus. Je masque mon exaspération, et songe un instant que quand ce cauchemar sera fini, il faudra sérieusement que j’envisage une carrière d’actrice. Je poursuis néanmoins mon petit jeu :

- Alors, Jean… Savez-vous ce que fait le Full Metal en ce moment ? J’espère que vos collègues le retrouveront rapidement… Il est en grand danger, et je m’inquiète beaucoup…

Havoc s’approche et me prends les mains. J’ai un sursaut malgré moi, et en s’en apercevant il me lâche brusquement, comme si je l’avais brûlé.

- Il est très fort, vous savez… Et puis il n’est pas très loin, il a à faire ici avant de rentrer chez lui. Ne vous inquiétez pas, nous le protègerons à partir de maintenant encore plus que par le passé. Vous pouvez dormir tranquille.

Même s’il a l’impression de rester vague et de ne pas divulguer d’informations importantes, Havoc vient de me dire ce que je voulais savoir ; Edward est à Central, certainement pour passer son évaluation d’alchimiste (après tout, il a quitté ce monde ci pendant plusieurs années) avant de retourner à Rizembul. Parfait. Et sa dernière tirade vient de me donner une idée.

- Excusez-moi, Jean, mais toutes ces émotions m’ont fatiguée… Je crois que je vais dormir un peu.

Je me fais violence et serre les dents avant de poser une main sur les siennes. J’espère que ce geste effacera l’humiliation que j’ai pu lui infliger par le précédent.
Avant que mon dégoût reprenne le dessus et avant qu’il se fasse des idées, je m’allonge et ferme les yeux. Dès qu’il aura tourné le dos, j’en profiterai.
Mais il bousille tous mes plans en tirant une chaise à lui et en murmurant :

- Dormez bien… Je vais veiller sur vous jusqu’à ce que vous soyez endormie.

Et merde.



********************************

- Je crois que tu n’as pas bien compris, poupée… on te dit « ferme ta gueule » alors, tu la fermes ! Et si tu essayes encore de crier, ça va te coûter cher… Pas vrai, les gars ?

Des rires gras lui répondent. J’étouffe à moitié, avec cette main plaquée sur mon visage. J’ai les bras tordus dans le dos, et le mastodonte qui me tient contre lui ne sens pas sa force et me fait mal, en me serrant ainsi. J’écarquille les yeux, complètement terrifiée, quand ce qui semble être le chef de la bande sort un couteau et approche la lame de mon visage. Je voudrai hurler ma terreur, mais le « ça va te coûter cher » me bâillonne plus efficacement que la main de mon agresseur. Grand Frère, où est tu ? Sauve-moi, je t’en prie!

*************************

Je me réveille en sursaut la main contre la bouche. Le souvenir du rêve est encore si vivace que je me mords pour ne pas crier. Quand j’ai un peu retrouvé mes esprits, je m’aperçois que je me suis mordue jusqu’au sang.
Je regarde autour de moi. Havoc est parti, et je suis seule. Je me lève silencieusement, et me dirige vers l’armoire où sont pendues mes affaires. C’est vrai que dans ce monde, il n’y a pas de salle de bains moderne… J’avise un broc d’eau sur la commode de la chambre, et m’arrose le visage plusieurs fois. Ça y est, les dernières images de mon rêve sont effacées, et j’ai maintenant l’esprit clair.
Une fois habillée, je vais à la fenêtre. Il me serait évidemment plus facile de m’éclipser par la porte, mais Havoc-pot-de-colle risque de me croiser. Le ciel est avec moi, je suis au rez-de-chaussée. J’enjambe la balustrade et traverse la pelouse rapidement.
J’arrive, Edward.

Je suis devant l’entrée principale du QG de l’armée de Central City. Parmi toutes les personnes qui entrent et sortes, je n’en reconnais aucune.
Je m’avance vers le premier gradé que j’aperçois, et prends une voix de petite fille perdue :

- Excusez-moi, Monsieur… Pouvez-vous me dire si l’évaluation des alchimistes d’état est terminée ? J’attends mon frère, mais je crois qu’on s’est perdus…

En souriant de toutes ses dents, le vieux médaillé se penche vers moi, me gratifiant de son haleine douteuse :

- Je crois que vous avez de la chance, mademoiselle ! L’examen vient de se finir, et si vous vous dépêchez un peu, vous pouvez les rattraper très facilement.

Je suis en train de courir avant la fin de sa phrase. Et là, brusquement, devant moi, je reconnais la silhouette drapée dans son manteau rouge. Je m’apprête à aller le rejoindre quand les mots de Havoc me reviennent en mémoire : « nous le protègerons encore plus que par le passé ». Et en effet, la voiture du Généralissime vient s’immobiliser devant lui. Il monte à l’intérieur avec Hawkeye et « LUI ». La voiture roule au pas.
Je décide de la suivre.

Connaissant Riza comme si je l’avais faite (et pour cause !) je sais qu’elle sera sur ses gardes. Dans ce monde, il n’y a pas d’uniforme autre que celui des militaires ; ma tenue ne va donc pas passer inaperçue, et je suis très facilement repérable sur un trottoir, en train de suivre une voiture officielle. Il faut que je sois très vigilante.

Arrivé devant l’hôtel qui sert de point de chute à chacune des visites de l’alchimiste, le véhicule s’arrête. Les trois militaires en descendent, puis pénètrent dans le hall.
J’attends une demi-heure cachée derrière un tronc d’arbre quand je vois la voiture repartir. Parfait. Il doit être seul, maintenant.
Une fois à l’intérieur, je profite que l’hôtelier à le dos tourné pour me faufiler à pas de loup jusqu’à son desk. Là, je prends le registre et m’accroupi afin de le consulter en toute discrétion. La dernière signature est celle d’Edward, à côté du numéro de la chambre. Je lève précautionneusement la tête : le tenancier de s’est aperçu de rien, il me tourne toujours le dos. Je remets le registre en place, et cours le plus silencieusement possible vers les escaliers. Le tapis installé sur les marches étouffe le bruit de mes pas, et je suis rapidement au 3ème étage.
N’y tenant plus, j’ouvre à la volée la porte de la chambre 307, et m’immobilise instantanément. En un seul coup d’œil, je m’aperçois que je me suis trompée lourdement. Intelligence supérieure, hein ? Bravo, jolie réussite, Ran. Pauvre gourde !

Car Edward est loin d’être seul. Dans la pièce, Hawkeye, Havoc, Breda, Mustang et Ross, Al et Winry sont en train de discuter avec l’alchimiste. Tous ont tournés la tête vers moi en m’entendant arriver, et mes yeux rencontrent ceux d’Edward.
Je ne peux plus faire un mouvement.
Riza réagit la première ; elle dégaine à la vitesse de l’éclair, me mets en joue, et s’écrie :

- Je savais bien que cette fille était dangereuse ! Elle nous a suivit pour atteindre le Full Metal Alchemist ! Ne bougez pas, mademoiselle, ou je tire!

De toute façon, j’en suis bien incapable, j’ai la sensation d’être clouée au sol. Edward est toujours en face de moi ; Mes yeux sont toujours rivés aux siens. Quelle impression bizarre… je devrais pouvoir rire, ou bien hurler, bref réagir, faire quelque chose, n’importe quoi, que de regarder dans les yeux sans bouger une personne qu’on à dessinée. Mais j’en suis incapable, je suis tétanisée. Et son regard me transperce plus efficacement que n’importe lequel des lasers de la NASA.
Je perçois vaguement que Roy Mustang aboie sur son lieutenant qui me menace toujours, mais Ed contourne Riza et s’approche de moi.

Et là, toujours sans un mot et sans me quitter des yeux, il fait une chose qui fait retomber le silence immédiatement dans la pièce, une chose que je voulais depuis tellement longtemps… Il se penche vers moi et pose ses lèvres sur les miennes.

Ses bras entourent ma taille, il me presse davantage contre lui, et sa langue ouvre ma bouche pour fouiller la mienne. Je passe les bras autour de son cou pour l’attirer à moi et réponds à son baiser. Si la dernière fois qu’un homme m’a embrassé de la sorte à provoqué en moi un sentiment de dégoût tellement intense qu’il est encore vivace aujourd’hui, maintenant ce n’est vraiment plus pareil. Je pourrais continuer jusqu’à la fin des temps, tellement le plaisir que je ressens est absolu.
Il a des lèvres très douces, et je me sens en sécurité entre ses bras musclés. Oh, oui, j’adore qu’il me touche. 7 personnes nous regardent ? Je m’en fous. Ça n’a pas la moindre importance. Seul compte Edward, et ses bras autour de moi, et sa bouche sur la mienne.






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MessageRe: De L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Dim 5 Déc 2010 - 10:23

Chapitre 4 :

Notre baiser aurait duré un bon moment encore si une poigne de fer n’avait pas attrapé Ed par l’épaule et l’avais brutalement séparé de moi.
Que c’est-il passé ? Que m’est il arrivé ? Hébétée, je regarde autour de moi : c’est « LUI » qui vient de nous séparer.
En regardant le visage des autres personnes, je vois de la stupéfaction sur la plupart, de la tristesse sur celui de Havoc, et des larmes couler sur celui de Winry.
Pourquoi avons nous agit de la sorte ? Je jette un coup d’œil à l’alchimiste, mais il a l’air aussi perdu que moi. Bon sang, mais qu’est ce qu’il nous a pris ?
Winry est la première à rompre le silence qui s’était installé depuis mon entrée dans la chambre en partant en courant, me bousculant au passage. Jalouse ? Certainement. Même si Hiromu ne me dit jamais rien sur l’évolution de la psychologie de ses personnages, je l’aurais parié. Al et le premier à réagir, et lui cours après.
Edward n’a pas bougé. Je sais que si je le regarde encore, nous allons tomber de nouveau dans les bras l’un de l’autre, et recommencer notre petit manège. Vu les circonstances, vaut mieux pas.
Je préfère prendre mon courage à deux mains et le regarder, LUI. Bon sang que la ressemblance est frappante ! Il a l’air impassible ; exactement le même air que prenait Grand Frère quand il était surpris. Mais je peux faire confiance à Hiromu pour lui avoir donné ses traits de caractères ; du coup, je sais qu’en fait il gamberge à toute vitesse, du style: qui je suis, d’où est ce que je viens, est ce que la menace dont je parlais est sérieuse, pourquoi le Full Metal a t-il réagit comme ça en me voyant. Bref, il va sûrement enquêter ou me faire suivre pour avoir des réponses à toutes ces questions.
En attendant, il se tourne vers ses subordonnés et leur dit :

- Dehors. Tous.

Personne ne bronche ou ne réagit. Ils gardent leur tête ahurie encore plusieurs secondes sans que rien ne se passe. Mais lorsqu’ il s’écrit :

- J’ai dit : « Dehors ! »

Ils sursautent avec un bel ensemble, et se ruent sur la sortie dans un beau bordel qui n’a rien à voir avec la rigueur nécessaire à tout militaire digne de ce nom.
Nous restons seuls tous les trois. Je me mets soudain à espérer : est ce que le passage de la Porte aurait pu se faire aussi pour… ? Et si c’était vraiment… ? Je me secoue mentalement : inutile de spéculer pour l’instant.

- Depuis quand vous connaissez vous, tous les deux ?

Son ton est sec, agressif.
Piqué au vif, Ed se redresse pour mieux se tourner vers Mustang ; son caractère ne s’est toujours pas assoupli, et je sais qu’il va l’envoyer bouler.
Ça ne loupe pas.

- Qu’est ce que ça peut bien vous foutre ?

Il ne regarde pas son subalterne.
Il me regarde moi. Je n’ai pas la force d’en faire autant et baisse les yeux. Ma vielle, c’est toi qui à voulu cette situation, alors débrouille toi pour t’en dépêtrer. Fais marcher tes méninges, bordel !
Je sens que l’inspiration me viens et réussi à lever les yeux sur lui pour intervenir dans leur petite joute :

- Edward ne me connaît pas, Général.

Il lève un sourcil, mi interrogateur mi moqueur.

- Vous avez une drôle de manière de saluer les personnes que vous n’aviez jamais vues avant…
- Je n’ai jamais dit ça.

Pour le coup, ils me fixent tous les deux. Je continue à faire comme si l’alchimiste n’était pas proche de moi, en train d’essayer de me noyer dans ses prunelles d’ambre. J’ai du mal à respirer normalement, mon cœur s’est remis à battre la chamade, et j’ai l’impression que ma peau est en train de bouillir. Pour un peu, je lui arracherai ses fringues sans autre forme de procès pour mieux me coucher sur lui.
Coincée entre un homme qui m’attire au-delà de la raison, et un autre qui est l’incarnation de mon frère défunt, j’ai connu des jours meilleurs. Qu’est-ce que c’est que ce délire ?
Je m’ébroue mentalement, histoire de ne pas mettre mon fantasme à exécution, et poursuit ma pseudo théorie :

- J’ai eu la mauvaise idée d’avoir entendu la conversation d’un groupe de personnes qui entraient clandestinement dans le pays: pour faire simple, ils expliquaient comment ils comptaient enlever le Full Metal Alchemist pour leur donner le secret de la Porte qui donne accès sur l’autre monde.
De plus, ils veulent lui faire créer une pierre suffisamment puissante pour pouvoir se promener à travers les époques afin de tirer profit de la science qui est développée là bas, puisque l’alchimie n’y existe pas.
Cette science leur permettra de posséder de nouvelles armes contre lesquelles les alchimistes d’état et l’armée de ce monde-ci ne pourraient rien, et ils en profiteront pour créer un coup d’état et instaurer une dictature.

Je me rends compte que mon mensonge est carrément tiré par les cheveux, mais au moins, je donne tous les éléments qu’ils doivent savoir : l’existence d’un autre monde, des personnes pouvant voyager à d’autres époques que la leur, et ayant des technologies qu’ils n’envisageront certainement jamais.
Si je suis amenée à leur dire toute la vérité, au moins, ils seront préparés.

- Pourquoi vous croirait-on ? Qui nous dit que ce n’est pas juste une façon pour vous de vous rendre intéressante ?
- Pour la simple et bonne raison qu’il à fallu m’hospitaliser afin de me remettre de cette découverte, Général. Je serai bien atteinte si je me rendais exprès malade rien que pour venir vous raconter des salades, non ?

L’argument à l’air de porter. Il croise les bras et se renfrogne ; comme Grand Frère, il réfléchit à la meilleure attitude à prendre. Bon sang qu’est-ce qu’ils peuvent se ressembler ! Les larmes me brûlent les yeux ; Hiromu a décidément trop de talent.

Je les contiens du mieux que je peux, car je sais qu’ils ne comprendraient pas pourquoi quelqu’un qui à l’air si froid en apparence peut coup sur coup rouler une pelle à creuser un bassin olympique dans une carrière de granit à un parfait inconnu, et fondre en larmes à chaque fois qu’elle lève les yeux vers un gradé de l’armée.

- Vous allez retourner à Rizembul. Tous les deux.

Je le regarde Mustang avec des yeux ronds ; là, ce n’est plus du tout la façon de faire de Grand Frère ! Dans mon idée, il allait me dire de rester en ville afin de me surveiller, et j’aurais profité pour parler à Edward en tête à tête ce soir ou demain matin. Jamais je n’aurais pensé qu’il m’enverrait directement chez l’alchimiste !
Et avant que dernier n’ai réussi à ouvrir complètement la bouche pour protester, il ajoute :

- Des hommes seront postés autour du village afin de vous protéger. De cette façon, le temps que ces terroristes arrivent jusqu’à Rizembul, nous aurons eu le temps d’enquêter pour les retrouver les premiers et les empêcher de nuire.

Il regarde Ed droit dans les yeux, et ajoute d’un ton qui n’accepte pas de commentaires :

- C’est un ordre.

Finalement, cette décision est une bonne idée, Général. Ensemble, on trouvera une solution pour me renvoyer dans mon monde; et quant à ton enquête, je te souhaite bien du courage, mon gars.

************************

- Écartez vous, s’il vous plaît ! Vous gênez le passage !

Même s’il n’est plus militaire, Louis Amstrong fait parti de notre escorte ; par amitié pour Ed, il a absolument tenu à venir. Vu son gabarit, il attire certes l’attention, mais dissuade plus efficacement qu’une meute de pitbulls d’éventuelles agressions de pseudos terroristes. Edward et moi somme au milieu d’un convoi pour le moins exceptionnel ; une troupe de 12 miliaires armés jusqu’aux dents nous encadrent dans la gare de Central. Il ne nous manque plus qu’une fanfare, et à peu près toute la ville saura que le Full Metal part pour Lior. Évidemment, c’est faux, mais seul Mustang, Ed et moi somme au courant.
Une fois le train parti, nous profiterons d’un ralentissement afin de sauter en marche, et déguisés en pèlerins du peuple d’Ishbal, nous remonterons jusqu’à Rizembul. Des doublures poursuivront le voyage jusqu’à Lior à notre place. Plan simpliste, mais efficace : Personne ne saura où est le véritable alchimiste d’état. Nous n’aurons plus personne sur le dos, pas même Al ou Winry.
A l’idée de me retrouver seule avec lui nuits et jours, j’ai de brusques bouffées de chaleur, et mes paumes deviennent moites. Ça devient intenable. Il faut vraiment que je résolve ce problème.
Je sens un début de migraine resserrer son étau sur mes tempes ; l’interrogatoire poussé que j’ai subit n’y est certainement pas étranger. Pendant plus de 4 heures, il m’a fallu inventer des détails sur les pseudos terroristes : combien étaient-ils, pourquoi entrer clandestinement dans le pays, comment avaient-ils eu connaissance de la Porte, comment allaient-ils s’y prendre pour faire faire au Full Metal une pierre philosophale, bref, tout juste si le Généralissime ne voulait pas savoir la marque de leur sous-vêtements. Ma concentration a été mise à rude épreuve, et j’aurai bien besoin d’une aspirine que hélas je ne pourrai pas avoir.
Une ombre gigantesque se penche sur moi, visiblement inquiète, ce qui me fait sourire : malgré ses muscles, Amstrong a vraiment la sensibilité d’une adolescente.

- Vous semblez souffrante, mademoiselle Ran ?
- Rien de grave, monsieur Amstrong, ne vous inquiétez pas.

Pour la première fois depuis bien longtemps, je peux sourire à quelqu’un spontanément. Sourire tout court, en fait. Décidemment, après les contacts tactiles, c’est au tour de mes sentiments de s’exprimer.
Si ça continue comme ça, « l’ancienne » Ran va refaire surface.
Et merde.
Le sifflet du chef de gare nous rappelle à l’ordre. La garde rapprochée monte en même temps que nous dans le wagon ; il n’y a personne d’autre à part un couple de vieux avec 2 gosses endormis. Les grands-parents avec leurs petits enfants, sans doute.
Pour éviter d’avoir à lui sauter au cou et de lui faire l’amour entre les banquettes du train, je me suis installée en retrait, laissant Edward à côté de Mustang et entouré de soldats. Comme ma vieille copine la migraine a décidé d’être la plus forte, je me couche en travers des sièges, et m’endors aussitôt.

****************************

- Aïe ! Cette salope vient de me mordre !

Une gifle monumentale vient punir ma tentative de résistance. Le goût du sang empli ma bouche. Le coup était tellement fort que je me suis blessée la langue avec les dents. La tête me tourne. C’est la première fois qu’on me frappe.

- Je vais te faire passer l’envie de mordre, moi !

Deux mains sèches mais puissantes se posent sur mes genoux pour mieux écarter mes cuisses. Je suis allongée par terre, clouée au sol par ces trois hommes qui sont bien plus forts que moi. Je ne peux pas bouger, je ne peux pas m’enfuir, je ne peux que pleurer. Et je ne peux que subir.
J’ai peur, j’ai mal, oh, j’ai tellement peur !
Grand Frère !

***************************

J’ouvre grand les yeux, haletante, et voit Ed penché sur moi. Je comprends que la main que je sentais sur mon épaule était la sienne.
Je me redresse d’un bond, et regarde le paysage à travers la vitre. A côté du Shinkansen, ce tortillard va si lentement que je pourrai aller plus vite à pieds. Les yeux toujours fixés vers l’extérieur, je demande :

- Il est temps d’y aller, non ?
- Ouais, c’est bientôt. Prépare-toi.

Il a forcément vu mes larmes.

Je vais dans un couloir désert à l’extérieur du wagon, pour passer la tunique du peuple d’ lshbal, et donne mon uniforme à la fille qui va jouer mon rôle jusqu’à Lior. Elle ne me ressemble pas vraiment, mais comme elle a ma taille, et qu’elle s’est colorée les mèches de devant en rose, avec mes fringues sur le dos elle fera une très bonne doublure.
Elle me laisse seule.
Je sens la présence d’Edward dans mon dos. Il claque ses mains l’une contre l’autre, et frôle mes cheveux de son automail ; immédiatement, ils retrouvent leur couleur naturelle et uniforme.

- Tu attireras moins l’attention, comme ça.

J’ai envie de lui rétorquer qu’avec une tresse blonde et un membre en acier, il n’est pas spécialement discret non plus ; mais je me souviens que les habitants de ce monde sont plus habitués à ça qu’à ma chevelure bicolore. Aussi, je me contente de hocher la tête sans dire un mot.
Ne te retourne pas, Ran.
Ne le regarde pas.
Tu sais ce qui va se passer, sinon.
Il est si proche de moi que je sens sa respiration dans mon cou. La tenue que je viens de mettre n’est pas un bouclier bien épais contre son magnétisme ; si je me penche légèrement en arrière, je peux me reposer entièrement contre lui, et me retrouver entre ses bras.
Comment trouver la concentration et la volonté nécessaire pour ne pas faire ce simple mouvement, alors que je ne demande que ça?
Et si le moment n’était pas si inapproprié, je pourrai me consoler en affirmant que je ne suis pas la seule à en avoir envie.
Blottis l’un contre l’autre dans ce couloir de train exigu, ma volonté de ne pas faire déraper la situation est en train de fondre comme neige au soleil. Heureusement, nous sommes interrompus par l’arrivée du Général, venu sans doute nous donner les dernières instructions.
Nous nous séparons immédiatement.

- Vous allez sauter bientôt: le train va décrire une courbe dans très peu de temps, et donc fortement ralentir. Pour ne pas vous blesser, penser à vous mettre en boule dès que vous atterrirez par terre, dit-il en me regardant. Ensuite, vous marcherez vers l’est pendant environ 1 km ; Là, vous trouverez le vieux Kayal. Il vous guidera.

En entendant que nous serons accompagnés, je ne peux m’empêcher de pousser un soupir de soulagement; un garde-fou ne sera pas de trop pour nous empêcher de nous retrouver soudés l’un à l’autre comme des aimants, uniquement préoccupés à faire l’amour ensemble.
Encore une fois Mustang est tourné vers moi et ne regarde pas Edward. Il plonge ses yeux dans les miens, comme s’il voulait sonder mon âme. Je me rends compte que je me suis complètement fourvoyée, même si la théorie était belle : la seule personne à être passée de mon monde vers celui-ci par la Porte, c’est moi.
En mourant, mon frère n’est pas venu ici pour prendre la place et la personnalité d’un Généralissime.
L’homme en face de moi n’est pas Grand Frère.
Juste un homme possédant les mêmes traits que lui, preuve de l’amour que lui a porté sa fiancée de l’époque. Mais les similitudes entre eux s’arrêtent là : ils sont aussi différents que le jour et la nuit, même si j’ai voulu de toutes mes forces me convaincre du contraire.
C’est fini, Ran, ton frère n’a rien à voir avec ce militaire soucieux de bien faire son travail.
Il est mort, sauf dans ton cœur.
Je peux enfin lever les yeux à mon tour vers le gradé en face de moi. Il soutien mon regard pendant un moment, et aucun de nous ne parle. On dirait presque qu’il comprend ce que je ressens.

- Allez. Il est temps.

Il se retourne une dernière fois et ajoute :

- Bonne chance.

Bonne chance pour qui ? Lui ou nous ? Pourquoi ? Je ne sais pas.
Mais Edward a ouvert la porte donnant à l’extérieur, et le vent s’engouffre sur la plate-forme du wagon.
Je m’approche de la rambarde, et avant d’avoir peur, saute dans le vide.






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Dernière édition par Hagaren le Sam 15 Jan 2011 - 14:25, édité 1 fois
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MessageRe: De L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Sam 15 Jan 2011 - 14:16

Chapitre 5 : Attention, lemon!



Notre marche jusqu’au point de rencontre à été rapide et silencieuse ; j’étais trop plongée dans mes pensées en essayant de comprendre ce qu’il m’était arrivé et surtout de savoir comment m’en sortir, que je n’ai même pas pensé à entamer une discussion. De son côté, l’alchimiste n’a pas ouvert la bouche.
Notre guide nous attendait avec des chevaux, et aucune question. Une fois en selle, le vieil homme se montre bavard comme une pie, mais a la bonne idée de se placer entre nous deux. Personne ne l’écoute, mais ça ne semble pas le gêner beaucoup. Il continu son récit comme s’il se trouvait devant un amphithéâtre attentif.
Je regarde le soleil couchant: quand est-ce que je vais rentrer chez moi ?

- Bon ! Les enfants, c’est ici que je vous laisse. Continuez à longer la chaîne de montagnes, et dans six jours environ, vous serez arrivés. Les chevaux ont des vivres pour une semaine, ça devrait suffire.

Pour le coup, je manque de tomber de ma monture : pourquoi ce vieux cinglé nous laisse t-il en plan ?

- Vous partez ? Mais je croyais que vous allez nous guider !
- Mais oui, jolie demoiselle ! C’est ce que je viens de faire ! Je n’ai jamais dit que j’allais rester avec vous jusqu’à votre arrivée ! Vous êtes assez grands pour vous débrouiller tous seuls, non ?

Et sans autres explications, ce vieux débris tourne casaque et disparaît au petit trot. Il est déjà loin quand il se retourne et lance :

- Les nuits sont fraîches, dans le désert ! Pensez à bien vous couvrir !

Génial.
Il ne manquait plus que ça.

Je tente un rapide coup d’œil vers mon compagnon de route, mais il l’air parfaitement calme. N’y tenant plus, je demande :

- Edward… Qu’est ce que nous allons faire ?

Il ne doit pas être dans une de ses périodes de bavardage intensif, car il se contente de répondre sans me regarder :

- Continuer.

Tout ce que j’espère, c’est qu’il connaît le chemin. Et qu’il apaisera ma frayeur.


**************************

A la nuit tombée, nous n’avons toujours pas parlés et ma frustration et mon angoisse me rongent comme de l’acide. Je passe mes nerfs sur mes ongles en les massacrants à coup de dents. Si je continue comme ça, il ne va bientôt plus me rester que des moignons. Pas franchement idéal quand on est mangaka ; mais je n’ai rien d’autre pour passer mes nerfs, et je n’ai même pas pensé demander à Havoc un paquet de clopes.
Nous avons chevauché pendant 2 heures avant de s’arrêter pour monter notre campement ; une tente rudimentaire et un feu de camp. Il fait nuit noire, et malgré la chaleur des flammes, je suis bien contente d’avoir une couverture enroulée autour des épaules. Ed n’est pas là, il est parti chercher du bois pour alimenter notre chauffage rustique.
C’est bizarre, même si je sais que c’est une amie qui a inventé le fait qu’il puisse créer des transmutations en réunissant ses mains l’une contre l’autre, et même si je l’ai dessiné en train de le faire des centaines de fois, je ne peux m’empêcher d’être impressionnée par ses démonstrations d’alchimie.

- Tu as faim ?

Il s’est approché de moi sans que je l’entende, et je sursaute au son de sa voix. Je ne l’imaginais pas avec ses intonations là, si différentes de celles de son doubleur. Je le scrute, intensément. Les flammes affirment son profil, et font danser son ombre. Il est superbe, sans même s’en apercevoir. Comme moi, autrefois.
Je me prends brusquement la tête entre les mains. Je sens que je suis en train de devenir folle.
Cette situation ne peut pas avoir lieu ! C’est impossible !
Je regarde autour de moi, le désert, le feu, les chevaux, Ed qui me tends une sorte de brochette, et j’ai le tournis : mais qu’est-ce que je fous là ? Qu’est-ce que je fous là ?!
Moi, j’ai 18 ans, j’habite Tokyo, je suis une dessinatrice agoraphobe, droguée et cynique, qui tente vainement d’oublier qu’elle a été violée quand elle en avait 15 et demi, et que son frère adoré est mort ce même jour! Je ne peux pas être dans un désert, en train de me peler de froid, face à un mec qui a un bras en acier articulé ! Ce n’est pas moi !

Ça y est, j’explose.

Je me relève, et d’un même mouvement envoi valser la couverture de mon dos, la brochette qu’il tient à la main, et les angoisses, frustrations, peurs qui m’étreignaient jusque là se libèrent enfin.
Je ne m’aperçois que je suis en train de hurler que quand ma voix meurt sur mes lèvres, après une éternité.
Vidée de mes forces, je me retourne et fait face à Edward.
Un poisson mort échoué sur une plage doit avoir dans l’œil une lueur plus intelligente que lui en ce moment.
Mais j’ai un sursaut d’énergie et me remets à gueuler de plus belle :

- Non ! Je n’ai pas faim ! Et tu sais pourquoi ? Parce que je ne peux pas avoir faim, bordel ! C’est tout simplement impossible ! Oui, impossible !
Oh, je sais, tu dois te dire un truc du genre : « qu’est ce qu’elle raconte ? Comment est-ce impossible de ne pas avoir la dalle ?» Mais c’est tout simple ! Parce que rien, absolument rien de ce qu’il y a autour de moi n’existe ! Rien, tu entends ! Ni ce vent glacé, ni cette saleté de sable collant, ni ces étoiles, ni ce feu, rien n’est vrai ! Ce n’est qu’une illusion ! Ce monde n’a rien à voir avec le mien !
« Et tu veux savoir le plus drôle dans tout ça ? C’est que cette illusion, c’est la mienne ! C’est moi qui l’est crée ! Et je me suis même battue pour pouvoir le faire ! Et je me retrouve dedans ! C’est à mourir de rire !

Et voilà que je me mets à ricaner comme une hyène asmathique, sans pouvoir m’arrêter, effrayée par les sons qui sortent de ma bouche. Et la pluie qui s’y met, maintenant ! L’eau coule sur mon visage, elle vient m’étouffer davantage, m’aveuglant, pénétrant dans ma gorge pour m’empêcher de respirer. J’essaie de m’arrêter de rire, mais je n’y arrive pas.
Je titube, perds l’équilibre, et me retrouve cassée en deux, essayant peut être de trouver près du sol mon souffle, ou mieux, une réponse à toutes mes questions. Je suis en train de me demander si de m’enfoncer la tête dans le sable ne serait pas la solution la plus appropriée, en fin de compte, car au moins, ce cauchemar sera bel et bien fini.

J’en suis à ces réflexions quand tout à coup mon épaule est soulevée violemment, ce qui a pour effet de me remettre debout. J’entends la gifle claquer bien avant de sentir ma joue se mettre à cuire.
Je m’arrête enfin de rire, et retrouve par la même occasion mes esprits.
C’est en portant ma main contre ma joue que je m’aperçois de la provenance de l’eau qui y ruisselle.
Ce n’est pas de la pluie.
C’est moi qui pleure sans même m’en rendre compte.
Face à face avec Edward, nous nous regardons sans un mot.

En plus de l’incompréhension que ma tirade a certainement provoquée, je vois aussi du chagrin dans ses prunelles dorées.
J’essuie mes larmes d’un geste rageur, me traitant mentalement de tous les noms. Ma joue continue de me brûler, douleur et honte mêlées.
Fait quelque chose, Ran ! Ne reste pas sans rien dire, bordel !

Je baisse la tête, et articule un :

- Pardon.

Le plus difficile de toute ma vie.
Puis je m’écroule par terre, pleurant comme une madeleine, les larmes les plus amères que j’ai jamais pleurées. Je répète comme une litanie :

- Pardon, pardon, pardon….

Tout en me demandant auprès de qui je m’excuse.
Edward ne dit toujours rien mais je sens qu’il se penche vers moi. Lorsqu’il me prend dans ses bras, je continue de pleurer de plus belle, mais m’accroche à lui comme une désespérée. Il soulève mon menton pour chercher mon regard, mais j’ai encore trop honte de ma conduite et détourne la tête. Son automail dégage délicatement les mèches de cheveux emmêlés devant mes yeux, collés par les larmes, afin de dégager mon visage. Puis il se penche encore, et encore une fois, ses lèvres trouvent les miennes.



Notre baiser à le goût du sel de mes larmes, mais ce n’est pas ça qui va nous arrêter. Sa langue fouille ma bouche, presque avec fureur. On dirait qu’il veut m’empêcher de parler, de penser.
Et ça marche. J’arrête de me lamenter sur mon sort pour ne me consacrer qu’au plaisir d’être dans ses bras, de sentir son corps contre le mien. Je veux profiter de cette sensation au maximum. Je ne l’ai toujours pas lâché, et l’attire davantage encore contre moi.
Il se dégage un instant pour chuchoter contre mon oreille :

- C’est à moi de te demander pardon, je ne voulais pas te frapper, mais…

Je l’interromps en l’embrassant de nouveau, puis secoue la tête :

- Non, il le fallait ….

Ma langue a retrouvée la sienne, et je le serre si fort contre moi que je dois sûrement laisser la trace de mes doigts incrustée sur sa peau. Ses mains glissent sous ma tunique, à la recherche de ma taille, de mes reins. Est-ce le contact de sa main d’acier où les souvenirs douloureux qui remontent à la surface, quoiqu’il en soit, je tressaille brusquement. Il lâche mes lèvres pour mieux me regarder, les yeux interrogateurs.
Non, Edward, je te promets que les démons du passé ne vont pas s’immiscer entre nous deux. Je lui souris, et murmure :

- Prends-moi dans tes bras…

Il s’exécute et nous remets debout tous les deux. Toujours dans les bras l’un de l’autre, nous nous dirigeons tant bien que mal vers la tente, comme deux ivrognes qui se soutiendraient.
Nous avons à présent franchit le seuil de notre refuge nocturne, et je ne sais même pas comment ; je me sens totalement vidée, abrutie. Ma vision est brouillée, mes oreilles bourdonnent… Je suis bien incapable de suivre un raisonnement, ou tout simplement de parler. Ed doit le sentir, car il me dépose délicatement sur le couchage en me déposant un baiser sur le front. Alors que quelques instants seulement auparavant j’aurais tout donné pour retrouver « mon monde », je prie maintenant en silence pour que cet instant d’abandon ne s’arrête jamais.
Puis il entreprend de me débarrasser de mes vêtements avec délicatesse et précision. Il n’a pas cette gaucherie propre aux apprentis amants.
Bon sang, mais qu’a t-il apprit dans mon monde ?
Il se redresse pour dévorer mon corps nu du regard. D’ordinaire si pudique, j’aurais du me sentir gênée, mais au lieu de cela, je me sens bien, détendue. Les images qui reviennent me hanter toutes les nuits, qui retracent la dernière fois où j’étais dans cette situation, nue devant d’autres yeux que les miens, s’envolent comme des mauvais souvenirs.
Je m’allonge plus confortablement, et écarte doucement les cuisses. Regarde-moi, Edward, regarde-moi toute entière. Tu es ma création, mais je suis à ta merci, à ton bon vouloir. Et cette attente me ravit. Le froid et la chair de poule font dresser la pointe de mes seins, mais l’excitation que je ressens maintenant m’embrase littéralement, me consume de l’intérieur. Ma température doit certainement atteindre les 100 degrés. J’entends mon souffle se faire plus fort et plus profond. Ed ne bouge toujours pas, on dirait qu’il attend un signal de ma part.
Alors je le fait : je prends sa main dans la mienne et la pose sur mon ventre. Il se penche aussitôt pour m’embrasser à nouveau, plus fougueusement, plus passionnément.
Il se met à genoux à coté de la couche et entreprends de m’embrasser partout en partant du cou, s’attardant sur la pointe de mes seins, puis sur mon ventre, juste en dessous du nombril. Mes doigts jouent avec ses cheveux. Les siens caressent doucement ma jambe, avançant de ma cheville vers l’intérieur de ma cuisse. Ses lèvres remplacent ses doigts et se posent à la commissure du pli de l’aine. De longs frissons me parcourent l’échine. En soupirant de plus belle, j’écarte davantage les jambes, mais Ed continue sa caresse buccale en descendant vers mon genou.
Arrivé sur ma cheville, il se redresse, ma jambe toujours dans sa main, et entreprends de faire jouer sa langue sur mes orteils. Cette succion m’électrise tout entière et mon intimité s’embrase davantage. Ed fit subir le même traitement aux autres orteils puis, voyant que je n’y tiens plus, quand je l’attire vers moi, il se laisse faire avec docilité. Notre baiser est particulièrement fougueux d’autant qu’en l’embrassant, je lui arrache sa chemise.
Je pose les paumes de mes mains sur ses pectoraux, encore plus excitée de sentir sous mes mains les battements précipités de son cœur. La sensation me plait trop, et je ne peux me résoudre à les laisser là. Mes doigts se font légers, et caressent avec délectation sa peau, incroyablement douce. Il est en train de s’acharner sur son pantalon, afin de l’enlever plus vite ; je ne peux m’empêcher de sourire devant le spectacle, mais attrape brusquement le vêtement et l’envoie valser, roulé en boule, à l’autre bout de la tente, surprise de ma propre audace.
Nous sommes maintenant tous les deux complètement nus, et je savoure la sensation de le sentir peser de tout son poids sur moi. Nos peaux sont collées l’une à l’autre, et je n’ai jamais rien senti de comparable, d’aussi délicieux. Je continue d’explorer son corps du bout des doigts, et visiblement, cela lui plait autant qu’a moi. Je lui arrache des gémissements quand mes caresses se font plus précises, et je le sens s’abandonner complètement, la tête au creux de mon cou.
Ravie de découvrir ce pouvoir sur lui, je m’empresse d’en user ; je le fais basculer par-dessus moi et me retrouve à califourchon sur lui. C’est maintenant à mon tour de le faire soupirer.
Suivant son exemple, je refais mes caresses avec le bout de la langue, me délectant de la saveur de sa peau. Son corps est arqué vers le plafond, et ses deux mains viennent se perdre dans mes cheveux, afin de mieux diriger ma tête.
Souriant toujours devant le spectacle de ce puissant alchimiste réduit à peu de choses attendant mon bon vouloir, je n’ai pas le cœur de le faire languir davantage, et fait ce qu’il me demande. Il ne peut s’empêcher de crier tant le petit animal énervé qui me sert de langue est agile ; et je n’arrête pas ma caresse lorsqu’il explose dans ma bouche.
Son orgasme passé, j’entreprends de raviver la flamme, et reprends ma caresse buccale de plus belle. Je n’ai pas à le faire bien longtemps : rapidement, je peux profiter pleinement de sa nouvelle érection. De sentir autant de pouvoir sur lui me grise complètement ; je décide, il accepte. Ça n’a rien à voir avec ce que j’ai déjà pu vivre, car notre plaisir est sur la même longueur d’ondes. C’est tellement délicieux que je suis vraiment intriguée lorsqu’il me supplie d’arrêter. Je m’exécute quelques secondes, sans comprendre ; puis je réalise qu’il n’avait pas l’intention d’arrêter, mais juste de se calmer un peu… je le regarde, goguenarde, et suis surprise par la couleur de ses yeux : on dirait de l’or en fusion. Son regard sort du brouillard, rencontre enfin le mien, et il me sourit à son tour. Puis ses doigts dans mes cheveux impriment à ma tête un mouvement de va et viens de plus en plus rapide. Mais pour ma part, je suis tout simplement à l’agonie ; la coulée de lave qui me consume n’est pas décidée à baisser en intensité.
Encore une fois, Ed doit deviner ce que je ressens, car il se redresse plante son regard dans le mien et un instant plus tard me prends sous les bras, me met à plat dos et il prend mon clitoris entre ses lèvres pour mieux y poser la langue. Je suis tellement surprise que mon orgasme est foudroyant et c’est à mon tour de crier.
Le Ed poli et réservé que je connais a disparu. Il est revenu s’allonger de tout son poids sur moi, ses mains s’emparent de mes seins qu’elles pétrissent en agaçant leur pointe, tandis que sa langue explore encore ma bouche ; je peux retrouver la saveur de ma jouissance sur ses lèvres.
Sans me laisser le temps de reprendre mon souffle, il a décidé de me réconcilier avec moi-même ; il passe doucement sa main sur le haut de mes fesses, me soulève légèrement, et plonge brusquement son sexe dans le mien. Je crie. De peur ou de surprise, je n’en sais rien.
Il ne se retire pas, et continue le mouvement régulier de son bassin. Il va et vient en moi, et malgré moi, la panique m’étreint brusquement. Je me raidis sans même m’en apercevoir, mais Edward m’apaise en me caressant les cheveux tout en murmurant mon nom.
C’est aussi simple que ça ? Je m’accroche à lui, de peur de perdre ce sentiment d’abondon qui vient de m’étreindre.
La vérité m’assaille : je suis en train de faire l’amour. Pas d’être violée.
Mon corps se détend, comme une bouée qui se dégonfle. Tout en accélérant le rythme, Ed me regarde, et me souris davantage. Sa bouche revient taquiner le lobe de mon oreille, et il murmure :

- Tu aimes ?

Je m’aperçois que oui.
Et je le lui dis. Dans un chuchotement, d’abord, puis de plus en plus fort, à mesure que le plaisir me submerge.
Nous avons eu notre plaisir de concert, fourbus, fiévreux, éreintés et sans voix.
Je crois qu’ensuite, nous nous sommes tout simplement endormis dans les bras l’un de l’autre.







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MessageRe: De L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Sam 22 Jan 2011 - 11:57

Chapitre 6 :


- Arrête de bouger ! tu vas finir par me foutre en rogne pour de bon!


Il rapproche sa bouche de mon oreille, et son murmure aviné me terrifie :


- Et tu sais ce qu’il va t’arriver si je me mets en colère ?


Ses acolytes se réjouissent grassement. Je voudrais vomir, tellement le dégoût me submerge. Mais je ne peux pas : la peur scelle mes lèvres.

- Retourne-toi, petite pute !

Encore une fois, les mains sur moi cherchent mes vêtements pour mieux les déchirer. J’ai compris que plus je résiste, plus je me débats, plus les trois hommes sont excités. Je demeure glaciale, insensible, totalement méprisante envers ces trois adultes qui s’en prennent à une adolescente. J’ignorais alors que je garderais cette attitude des années durant.
Soudain, j’entends une voix qui se rapproche. Une voix qui crie mon nom. L’espoir, un espoir fou me saisis : j’ai reconnu la voix de Grand Frère ! Il vient me sauver !


**********************


Je me redresse brusquement, et demeure assise sur la couchette, en proie à une terreur qui me broie littéralement toute entière. Mon cœur cogne dans ma poitrine comme un marteau piqueur fou. Je prends ma tête entre mes mains : Mais quand est-ce que ces cauchemars vont-ils enfin arrêter d’hanter mes nuits ?

Je regarde autour de moi, cherchant des yeux quelque chose qui pourra apaiser ma peur et me faire oublier les images de mon cauchemar.
Je ne cherche pas longtemps : je viens de voir Edward endormi près de moi. Un léger sourire flotte sur ses lèvres ; il a l’air plus détendu, plus jeune aussi. De le voir ainsi abandonné dans son sommeil, enroulé autour de moi et sa main près de ma cuisse me console rapidement. Grâce à lui, au moins je n’ai plus peur des contacts, désormais.

Comme s’il avait senti mon regard peser sur lui, il entrouvre les yeux, et ses prunelles d’or croisent les miennes. Il me sourit, et se redresse à son tour pour venir contre moi. Le dos calé contre son torse, je ferme les yeux et me laisse complètement aller contre lui, comme si je tentai d’absorber son énergie, sa chaleur.
J’ai l’impression que ma place a toujours été là, entre ses bras.

Son automail effleure doucement mes cheveux, pour redescendre le long de mon bras. Même si c’est un morceau de métal qui touche ma peau, la caresse est si douce que je réagis instantanément. Je m’abandonne encore plus, savourant le contact de son corps contre le mien.
Nous en somme à nous embrasser éperdument encore une fois, quand un énorme claquement, sec comme un immense coup de fouet, retenti à l’extérieur de la tente. Nous sursautons tous les deux, mais Edward est le plus rapide ; il se lève d’un bond, et ouvre le pan de tissu à la volée. Il est complètement nu, mais ça n’a pas l’air de l’inquiéter beaucoup. En l’espace d’une fraction de seconde, il a transmuté son automail en une lame acérée, prêt à se lancer dans la bagarre si besoin est.

Mon intuition me dit pourtant que nous ne sommes pas en danger, et quelques secondes plus tard, le grondement du tonnerre qui se propage me donne raison. Le bruit de tout à l’heure n’était que le foudre tombant certainement tout près d’ici.
Tout en me rinçant l’œil devant le spectacle d’Ed nu de dos devant l’ouverture de la tente, je me lève à mon tour et viens me coller contre lui une seconde fois. J’ai besoin de sentir sa peau contre la mienne. Et dire que les contacts me dégoutaient jusqu’il y a peu…

Mes mains s’égarent depuis sa taille jusqu’à son torse, poursuivent leur course dans le dos pour revenir sur son ventre. Je l’entends gémir sous mes caresses. J’adore.

La foudre se manifeste à nouveau en zébrant le ciel. Visiblement, l’orage arrive droit sur nous.

Tout en continuant mon exploration de son corps, je lui glisse à l’oreille :

- Tu ne crois pas qu’on ferait mieux de lever le camp ? Si ça continue, on va se retrouver grillés par les éclairs…

Et à peine les mots sortent de ma bouche que la lumière se fait dans mon esprit : Je viens de comprendre pourquoi Edward et moi ne pouvons nous empêcher de se toucher lorsque nous nous retrouvons près de l’autre ; c’est tout simplement dû à la foudre.
Lorsque j’ai eu cet « accident » chez moi, j’ai été foudroyée alors que j’embrassais le Ed de papier. Je croyais mourir, mais au lieu de ça, je me suis retrouvée projetée dans un endroit qui n’existe que sur une planche de dessins, celui que je tenais précisément dans mes bras.

Vu que j’avais mes lèvres collées aux siennes à cet instant, le fait de me retrouver à proximité de leur propriétaire en chair et en os doit avoir une incidence sur l’électricité ambiante. Comme elle a été interrompue dans son travail en en me tuant pas mais en me projetant dans un autre monde, la foudre nous a joué un tour à se façon : nous devons recommencer le même geste de départ, et nous toucher encore et encore pour éviter d’être foudroyés encore une fois.

Quand je suis proche de l’Edward vivant, je suis tout simplement… électrisée.

Je me mets à rire : nous venons de réinventer malgré nous l’expression « avoir un coup de foudre ».

Interloqué, il se retourne vers moi :

- Qu’est ce qu’il y a de drôle ? C’est l’approche de l’orage qui te met dans cet état ?


Tout en continuant de rire, je noue mes bras autour de son cou et pose mon front dans le creux de son épaule :

- Non, c’est rien, je viens juste de penser à une chose… Je t’expliquerai plus tard.

Pendant que je parlais, il avait replié son bras vers moi, et sa main avait chatouillé mon oreille, pour ensuite faire exactement la même course sur ma peau que celle qu’il avait subit de ma part quelques secondes auparavant.

Je me sens mollir, et si je ne me raccroche pas à lui très vite, mes jambes ne vont bientôt plus me porter.
Il se sépare pourtant de moi, visiblement à regrets, et tout mon être se plaint de cette soudaine absence.

- Tu as raison : je crois qu’il vaut mieux qu’on se casse vite fait.


********************


Une légère pluie fine tombe, et les chevaux sont trempés. Mais ils sont visiblement ravis de nous voir nous approcher d’eux pour les seller. Rendus nerveux par l’orage, ils piaffent d’impatience, et agitent la tête pour nous faire partager leur volonté de s’éloigner d’ici au plus vite.
Nous avons replié notre maigre bagage assez rapidement, vu que nous avons bien pris soin de nous rhabiller loin de l’autre, afin de résister à l’envie de nous déshabiller mutuellement encore une fois. Au bout de quelques centaines de mètres, les chevaux semblent se détendre un peu ; notre présence a dû les apaiser, car ils s’agitent moins et gardent un petit trot régulier.
Même si je n’ai pas eu un vrai sommeil réparateur digne de ce nom depuis très longtemps, je me surprends à ne pas être fatiguée ; de plus, je garde le sourire et une bonne humeur que je ne connaissais plus. Et je ne veux même pas savoir pourquoi.

- Dis-moi… Est-ce que je peux te poser une question ?

- Vas-y…

- Qu’est ce qui te fait peur comme ça ? Ce doit être terrifiant, pour que tu cries de la sorte à chaque fois que tu dors.

Ma bonne humeur s’envole aussitôt. Il se tourne légèrement vers moi, et encore une fois, j’ai vraiment l’impression de passer un scanner quand il me regarde de cette manière; aucune échappatoire possible, je suis obligée d’entendre ses paroles.
Mais je me dérobe, comme toujours. Je n’y peux rien, je me suis conditionnée à me replier, à ne pas m’exposer, et surtout à cacher ma sensibilité par mon cynisme et mon agressivité:

- Qu’est ce que tu raconte ? Je n’ai pas peur ! il n’y a rien qui m’effraie !

J’ai haussé le ton sans même m’en rendre compte, espérant me convaincre moi-même par ma voix haut perchée. Manque de bol, ça n’a pas l’air de fonctionner vraiment. Aucun de nous n’est dupe.

Edward ne réplique pas. Il me regarde longuement, et il fait passer tellement de choses par ses prunelles limpides que les larmes montent aux miennes. Puis il se penche doucement vers moi pour caresser mes cheveux. Il attire mon visage vers le sien, et me chuchote à l’oreille avant de m’embrasser :

- Nous en reparlerons… Quand tu seras prête.

Freud et tous les autres, tous ceux qui ont voulus « m’aider » après mon agression et qui n’avaient fait que vous écouter parler, vous pouvez aller vous rhabiller.

Visiblement, l’orage n’a pas changé de place, car plus notre chevauchée nous éloigne de l’endroit ou nous nous trouvions, plus le bruit assourdissant des coups de tonnerre s’estompe, devenant un lointain grondement sourd, comme un chat en colère.
Concentrés sur l’orientation de notre course, nous ne parlons pas. Mais il n’empêche que je me triture les méninges non stop devant l’attitude à tenir désormais vis à vis de l’alchimiste. Dois-je parler librement avec lui de la nature de mes cauchemars, chose que je n’ai jamais avouée à personne, ou bien vais-je garder encore une fois le silence, comme je sais si bien le faire depuis toutes ces années ?

Une partie de moi souhaite se libérer de ces démons qui me taraudent, même si jusqu'à présent, je ne lui pas laissé l’occasion de s’exprimer. Le pire, c’est que je sais pertinemment que cette attitude est en train de me bouffer toute entière.
Je sais que j’ai peur, et que c’est simplement de la lâcheté qui me bâillonne ; mais d’un autre côté, c’est tellement plus confortable pour moi… En étant inapprochable, je n’ai pas à m’expliquer, et sans explications, je n’ai pas à revivre cette douleur. Seuls mes cauchemars me rappellent l’horreur que j’ai vécue cette nuit là.

Alors pourquoi changer d’attitude, pourquoi me mettre en danger devant quelqu’un que je ne connais pas malgré notre nuit passée ensemble, et mettre mon âme à nue ? Pourquoi devrais-je changer de comportement, alors que j’ai tout juste réussi à prendre le contrôle sur ma vie, même si ce contrôle là est bancal ? Que dois-je faire ?

Ed me tire brusquement de ma rêverie :

- Nous avons avancé plus vite que prévu, on dirait. Nous arrivons bientôt près de la forêt qui mène à Rizembul. Est-ce que tu te sens de continuer encore, histoire qu’on puisse camper dans la forêt plutôt que dans le désert ?

- C’est bon, je ne suis pas fatiguée, on peut continuer… Après tout, c’est toi le guide de cette expédition!

Beau joueur, Edward accepte ma blague à deux balles, et sourit à son tour. Qu’est ce qu’on peut avoir l’air débiles, tous les deux, à se forcer à sourire, alors que ni lui ni moi n’en avons envie !
Mais la tension installée entre nous était trop forte ; il apprécie sûrement autant que moi toutes les tentatives, si médiocres soient elles, pour la faire retomber.

Je relève la tête et regarde autour de nous : l’aube est déjà là, elle s’est pointée subrepticement sans qu’on la remarque, et maintenant ses couleurs si particulières jouent à cache-cache avec les montagnes environnantes. Mais je n’ai pas l’âme particulièrement bucolique, et mon cynisme refait surface. De me voir assise sur un canasson, à côté d’un mec beau à tomber par terre, avec lequel je viens de m’envoyer en l’air, et tout ça dans le soleil levant aurai de quoi faire fondre n’importe quel cœur un tant soit peu fleur bleue.

Mais en ce qui me concerne, je sens que si j’entends des piafs se manifester, je vais me mettre à vomir. Je comprends mieux pourquoi j’ai hérité du délicat surnom de « Reine des Glaces ». Je soupire et reprends mon dialogue avec ma conscience, à moins que ce ne soit avec mes démons, je n’ai jamais vraiment su qui j’essayai de convaincre.

Regarde les choses en face, Ran, et sois honnête avec toi-même pour une fois : il y a deux jours, tu devenais hystérique en te rendant compte que tu avais perdu les repères de ta vie quotidienne, et maintenant tu serais capable d’exécuter une danse de la pluie au beau milieu d’un désert afin de rester près d’Edward le plus longtemps possible.

Bon sang, arrête ! Tu es en train de tomber amoureuse d’un personnage de bd ! Et le tien, en plus ! Cette situation est infaisable, ma vieille ! De plus, as-tu seulement remarqué à quel point ça t’a été facile de faire l’amour avec lui, de le laisser te déshabiller, te toucher, te pénétrer ? Et tu crois sincèrement que c’est quelque chose de parfaitement cohérent, de faire ça, la chose que tu avais jusqu’à présent le plus de mal à simplement envisager, avec un mec qui n’existe pas dans ton monde ? Même s’il vient de te prouver plus d’une fois qu’il était un être fait de chair et de sang ?

Tu imagines les conséquences pour toi, pour vous deux même, si tu décidais de rester ici ? Songe à ta famille, à Hiromu, comment réagiraient-ils si jamais tu disparaissais brusquement ? Tu ne sais pas par quel miracle tu as atterri ici, et tu crois naïvement qu’il y en aura un tous les jours pour que l’équipe d’Hiromu te dessines sans se poser de questions, et sans rien remarquer ?

Si tu arrêtais de regarder que ton nombril pour une fois, et pensais un peu aux autres pour changer ? Et Ed ? Tu ne crois pas que ta présence va chambouler pas mal de choses dans sa vie ? Al, Winry, et les autres, sans parler des militaires que tu as réussi pour l’instant à éloigner, tu crois sincèrement qu’ils vont accepter ta venue sans broncher ? Et puis, tu deviendrais quoi, ici ? Menteuse professionnelle ? Écran de fumée pour les dirigeants de l’armée ? Ou bien passer les prochaines décennies en prison pour réparer ce que tu as fait ?

Mets-toi un peu à la place des autres : si tu étais la petite amie d’une bombe comme lui à Tokyo, et qu’une fille débarquée de nulle part se mettait à lui rouler des pelles, et partait plusieurs jours en tête à tête avec lui, tu le vivrais comment, hein ? Tu dirais « amen » sans rien faire ?

Alors, arrêtes de gémir sur ton sort, et regarde la vérité en face : il vaut mieux, et pour tout le monde, que tu repartes d’où tu viens.

Et pour cela, tu dois commencer par faire une chose qui t’es très difficile : avouer la vérité.

Et le plus tôt sera le mieux.









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MessageRe: De L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Dim 13 Fév 2011 - 9:22

Chapitre 7 :

Les deux coups contre la porte furent brefs et discrets, mais suffisamment distincts pour que le Généralissime daigna relever la tête et aboyer un « entrez ! » qui traduisait bien son exaspération et sa frustration.

En rentrant au QG, il avait tout mis en œuvre afin de réunir des preuves concrètes de l’existence d’un groupe de terroristes entrés clandestinement dans la ville. Il avait envoyé des émissaires aux quatre coins du pays, et les rapports qui en revenaient étaient tous du même avis : Riza Hawkeye ne s’était pas trompée quand elle avait dit que la jeune fille aux mèches roses mentait.

Presque malgré lui, il avait tout fait pour lui laisser une chance de reconnaître qu’elle disait la vérité, et malgré les preuves de plus en plus nombreuses qui lui revenaient, il ne voulait pas rabaisser sa fierté à reconnaître qu’il s’était trompé.
Heureusement pour son ego, son lieutenant avait trop de classe pour se mettre à pavoiser, en lui disant « Hein ? Je vous l’avais bien dit ! Qui avait raison ? ».

Pour le moment, elle se tenait devant lui de l’autre côté de son bureau, l’air impassible, silencieuse, terriblement efficace. Elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Croisant enfin son regard, elle se pencha pour déposer presque sur ses mains un dossier marqué « confidentiel ».

- Qu’est ce que c’est que ça ?

- C’est pourtant clair, mon Général ; Un dossier classé confidentiel.

Roy Mustang respira à fond afin de conserver les miettes de calme qui lui restaient, et de ne pas faire ce que son lieutenant attendait : perdre son sang froid et lui renvoyer ledit dossier à la figure. Après toutes ces années, il la connaissait aussi bien qu’elle le connaissait, lui : tant qu’elle n’entendrait pas « vous aviez raison Lieutenant Hawkeye, cette fille nous a mené en bateau » elle se comporterait comme la dernière des pestes capricieuses à son égard, sans toutefois jamais se défaire de son calme apparent.

- Lieutenant, savez vous ce que méritent les pestes capricieuses dans votre genre ?

- « Peste capricieuse », mon Général ? Je ne comprends pas….

- Elles méritent une bonne fessée, Lieutenant. Et si vous n’arrêtez pas ce petit jeu très rapidement, c’est ce que vous allez obtenir.

- De quel jeu parlez-vous, mon Général ?

- Vous le savez aussi bien que moi, Riza. Alors, ajouta t-il, que contient ce dossier classé confidentiel ?

Toujours imperturbable, le lieutenant fit le tour de son bureau afin de lui reprendre le dossier, et se mit à en tourner les pages. Le Généralissime Mustang avait les traits tirés et les cheveux en bataille, mais Riza Hawkeye décida de ne pas se laisser attendrir, même si elle savait qu’il était tout à fait capable de mettre sa menace à exécution.

- Le résultat de mes recherches sur cette Ran.

- Alors ?

- Alors, mon Général, à part tombée du ciel, je ne sais vraiment pas d’où cette fille peut bien venir.

- Vous pouvez développer ?

- Et bien non, justement. Personne ne sais qui elle est, d’où elle vient, jusqu’à son dossier médical inexistant… il n’y a rien sur elle. Strictement rien. Si nous ne l’avions pas vue en face de nous, je pourrai dire que viens de faire des recherches sur une personne qui n’existe pas.

Mustang posa son menton sur ses mains croisées. Son lieutenant savait qu’il réfléchissait à toute allure, tout en masquant le plus possible ses émotions. Il n’avait toujours pas réussi à déterminer ce qui le poussait à protéger cette fille, mais visiblement, il n’était pas près de lâcher si facilement. Comment et surtout pourquoi, une gamine entrevue pendant quelques minutes méritait elle autant son indulgence ? Surtout qu’elle lui avait paru plus que désagréable en étant hautaine et méprisante… Et sans parler de son comportement quand elle avait vu le Full Metal !

Riza Hawkeye se demandait ce qu’elle avait pu leur raconter à tout les deux, pour les endormir de la sorte. Car la « peste capricieuse » dont parlait Mustang tout à l’heure, s’était bien cette gamine aux cheveux colorés. Et une fessée était encore une punition trop douce, après que la moitié de l’armée se soit mobilisée pour elle. Il faudrait vraiment qu’elle veille à ce qu’elle reçoive le traitement qu’elle méritait. Oh oui, cette Ran pouvait compter sur le Lieutenant Hawkeye pour y veiller.

Elle avait trop touchée le Général.

Et ça, elle ne pouvait le tolérer.


*************************

Dès que je l’ai vue, je n’ai pas pu m’en empêcher : j’ai sauté de mon cheval, et couru droit sur elle tout en arrachant ma tunique, pour me livrer nue, toute nue, entre ses bras. Sa fraîcheur me saisit un instant, puis tout mon corps s’accorde à me dire combien il aime cette sensation, surtout quand, comme maintenant, je suis complètement immergée en elle. Qu’est ce que ça fait du bien ! Quel dommage que je sois seule à l’apprécier…

Me baigner dans une eau si limpide après avoir traversé un désert est un luxe inouï que je ne raterai pas. Le soleil tapait sur nos épaules depuis plusieurs heures avec la délicatesse d’un forgeron qui aurait raté sa ferronnerie ; la chaleur commençait à être insoutenable. La rivière m’est apparue brusquement, au détour d’un virage, scintillante comme une myriade de diamants. La tentation a été trop forte, et maintenant je savoure la douce caresse de l’élément liquide avec délectation. Quand mes poumons sont sur le point d’exploser, je refais surface, ravie.

Edward me regarde depuis la berge, amusé, et je ne peux m’empêcher d’aller le taquiner en l’éclaboussant. Il recule comme un chat qui craindrait de recevoir une douche, et me crie d’arrêter.
Je sais pertinemment que l’eau sur ses automails lui est douloureux, mais j’ai trop envie de lui casser les pieds ; alors je sors de l’eau, et profites du moment où il est occupé à déconnecter son cerveau quand il me contemple pour me jeter sur lui et le faire tomber à la renverse.
Nous roulons à terre enlacés, riant comme des gosses que nous sommes encore. Mais mon rire s’étrangle quand je le regarde ; encore une fois, j’ai l’impression qu’il me lobotomise avec ses prunelles d’ambre :

- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Il écarte doucement une de mes mèches collée sur ma joue, et me demande :

- Est-ce qu’on t’a déjà dit combien tu es belle quand tu ris ? C’est dommage que ça ne t’arrive pas plus souvent…

Décontenancée, je me redresse un peu, mais il resserre ses bras autour de moi, m’empêchant de partir, et me renverse brusquement sur le dos. Penché sur moi, il entreprend de récupérer les gouttes d’eau accrochées à ma peau avec ses les lèvres, sur mes épaules, mon cou, mes seins, et me glisse à l’oreille :

- Mais bon, il y a d’autres moments où tu es très belle…

Ça y est, j’ai maintenant tellement chaud que vais certainement faire évaporer l’eau qui est sur moi s’il continue comme ça. Ah, tu veux jouer à ce petit jeu ? Dis-toi que je ne vais pas te faciliter les choses, mon gars, tout alchimiste d’état que tu sois.
Aussi j’entreprends de lui enlever ses vêtements, tout en enroulant une jambe autour de sa taille pour mieux l’immobiliser:

- -C’est vrai ? Lesquels ?

Eh, eh. J’ai gagné. Tout à la saveur de mes caresses, il est maintenant incapable d’aligner deux mots de suite. Il faut croire qu’on s’habitue à tout, même à déshabiller quelqu’un, car ses fringues volent en deux temps trois mouvements. Et sa peau chaude sur la mienne est la chose la plus douce qui soit. Mais il se reprends très vite et me murmure :

- Je vais te montrer…

Nous avons passé l’après midi à faire la sieste, ou plutôt à tenter de la faire, car elle a rapidement dégénérée. D’un commun accord, nous préférons voyager à la faveur de la nuit, afin de ne pas trop attirer l’attention sur nous. Après tout, nous sommes sensés être poursuivis par des terroristes qui en veulent à Edward… Un étau se resserre sur moi à chaque fois que je pense à tout ce que ça implique, mais j’irai jusqu’au bout. Il le faut, si je veux retourner chez moi.
Aussi, quand nous sommes de nouveau réunis autour d’un feu de camp, je le regarde attiser les braises, et son profil si pur se détache, éclairé par les flammes.

Je repense au fait que je dois cette pureté au trait de crayon magique d’Hiromu, et cette pensée me donne la maigre force de me jeter à l’eau, avec autant d’appréhension qui si je me trouvais sur un fil en équilibre au dessus d’un volcan les yeux bandés ; je sais néanmoins qu’il faut que j’y aille le plus vite possible, et par où commencer :

- J’avais 15 ans et demi… C’était un soir de printemps. Il faisait chaud, et j’étais restée à la bibliothèque jusqu’au soir pour étudier.

Ma voix se brise, et je ne peux plus articuler un mot de plus. Tant d’images se bousculent dans ma tête ! Mon agression, la mort de Grand Frère, mon appartement, Hiromu, mon statut de mangaka, mon monde surtout… Comment lui faire accepter tout ça ? Il va sûrement me haïr, ou me prendre pour une folle, voire les deux… En tout cas, une chose est sûre : il va refuser de me croire.
Mais comment faire autrement ? Je ne peux plus reculer, désormais.

Encore une fois, je suis certaine que ce type possède des antennes, car il se lève, et vient s’asseoir derrière moi, pour mieux me prendre dans ses bras. Il me communique sa chaleur, sa force et les mots franchissent mes lèvres sans que je les dirige pour la première fois depuis cette nuit fatale :

- Ils étaient trois… J’étais jeune, insouciante, gaie et spontanée à cette époque : en classe, j’étais la meilleure élève, et j’adorais les cours. Tout le monde dans mon école rêvait de m’avoir pour amie, et tous les garçons étaient amoureux de moi. Mais moi, je n’avais aucun regard pour eux, car j’adorais encore plus mon frère aîné : il était mon modèle, mon idole.

Quand ces trois hommes ont commencé à me barrer le passage à la sortie de la bibliothèque, je n’ai pas tout de suite compris où ils voulaient en venir : Après tout, Grand Frère venait à ma rencontre, pour raccompagner sa petite sœur… Seulement voilà, ce soir là il est resté un peu plus longtemps que prévu avec sa petite amie, Hiromu… Il est arrivé en retard… Suffisamment pour tomber sur ces trois types, avec moi.

Les larmes coulent sur mon visage depuis longtemps, mais elles ne m’empêchent pas de parler. De son côté, Edward garde le silence, mais j’ai bien cru qu’il allait me casser en deux quand il a resserré les bras autour de moi ; j’ai senti sa colère, qui l’a fait trembler des pieds à la tête ; mais il ne m’a pas interrompue.

- Deux d’entre eux m’on lâchée pour se mesurer à Grand Frère : ils se sont pris une raclée monumentale, j’ai bien cru qu’il allait les tuer… que quelqu’un puisse toucher à sa petite sœur chérie lui était intolérable ; alors trois en même temps, tu penses… Quand il a compris qu’il n’allait pas avoir le dessus, le troisième, leur chef, m’a à moitié assommée d’un coup de poing pour que je me tienne tranquille, et il s’est mêlé à la bagarre… il a sortit son couteau, et à poignardé Grand Frère dans le dos, plusieurs fois… Quand j’ai repris mes esprits, il baignait dans une mare de sang, et les trois hommes avaient disparus. Et mon frère, il… Il est mort dans mes bras…

Encore une fois, Ed me serre plus fort contre lui. J’essuie mes larmes et continue :

- Depuis, je ne supporte plus le moindre contact, et je fais des cauchemars à chaque fois que dors… Mais il y a autre chose que je dois te dire…

Je me retourne et le fixe droit dans les yeux. Mon courage s’envole : je vais le perdre, j’en suis sûre. Qui pourrait rester de marbre et croire sur parole une histoire comme celle que je m’apprête à lui sortir ? Je prends sa main et la pose contre mon cœur. Si c’est notre dernier contact, au moins saura t-il que mon cœur bat pour lui… Allons bon, voilà que je deviens… Amoureuse ? Oui, définitivement oui.
Je respire à fond, puis continue sur ma lancée :

- Tu te rappelles quand je t’ai dit que je t’expliquerai plus tard pourquoi l’orage me faisait rire ?

Il hoche la tête sans mot dire, et encore une fois, j’ai l’impression de me noyer dans l’or de ses prunelles. Bon sang que la vérité peut être douloureuse, quand elle est nécessaire !

- C’est parce que c’est la foudre qui m’a fait venir dans ton monde ; oui Ed, je viens du monde où tu as passé tant d’années avant de revenir ici… Mais mon époque est différente de la tienne, car la guerre à laquelle tu as pu participer de loin s’est finie depuis 60 ans… Il n’y a jamais eu de terroristes qui te courent après… C’est simplement un moyen que j’ai trouvé pour t’approcher, pour que tu puisses m’aider à retourner de l’autre côté de la porte…

Il n’a pas retiré sa main.




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Hagaren

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MessageRe: De L'Autre Côté De La Porte (+18)   De L'Autre Côté De La Porte (+18) Icon_minitimePublié le : Sam 12 Mar 2011 - 11:24

Chapitre 8 :


De nouveau, le lieutenant Hawkeye frappa à la porte du bureau du chef de l’armée; elle le soupçonnait d’être en retard, chose qui ne lui arrivait jamais. Aussi, elle sursauta légèrement quand elle entendit ses pas derrière elle. Elle se retourna et le regarda attentivement. Son expression était mêlée de gravité et de désarroi, et elle dû faire appel à toute sa volonté pour résister à la tentation de le prendre dans ses bras, et lui caresser doucement les cheveux. Elle savait que cette caresse le rassurait et l’apaisait.

- La voiture nous attend, mon Général. Si nous ne partons pas immédiatement, nous allons rater le train pour Rizembul.
- Ne vous inquiétez pas, Lieutenant… Je suis prêt ; nous pouvons y aller.

Même si leurs pensées étaient toutes deux tournées vers la même personne, les sentiments des deux militaires à son égard étaient diamétralement opposés ; le Généralissime Mustang se rendait dans le village de l’alchimiste de métal à reculons, car il savait qu’il allait devoir faire passer un mauvais quart d’heure à la jeune fille aux cheveux roses, en la questionnant bien plus… « efficacement » que lors de leur dernière rencontre, et sur les motivations de ses mensonges.

Et cela l’attristait énormément.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’il ne savait même pas pourquoi il ressentait cette tristesse. Il n’était plus en état de comprendre. Trop de confusion venaient parasiter ses capacités d’analyse, envers la situation, envers cette fille, et surtout envers lui-même.
Se pouvait-il qu’il soit émotionnellement impliqué au point de ne plus se reconnaitre ?

Quant au Lieutenant Hawkeye, elle bouillait intérieurement de ne pouvoir arriver plus vite, tant elle était impatiente de vivre cette confrontation avec la jeune fille ; car ainsi, elle aura les réponses aux questions qu’elle se posait.

Toutes les réponses.

Oh oui, cette Ran pouvait compter sur elle pour lui faire dire absolument tout ce qu « ’il » désirait savoir. Rien ne la mettait hors d’elle que de ce faire mener en bateau ; et c’est exactement ce que la jeune fille avait fait.

A cette pensée, le lieutenant Hawkeye serra les poings.

Elle saurait trouver le moyen de lui faire passer l’envie de se payer sa tête.


***********************************

- Winry ! Winry !

En désespoir de cause, Pinako donna un léger coup de pipe sur les jambes de sa petite fille afin d’attirer son attention. Cette dernière était tellement absorbée par la réparation d’un automail, qu’elle ne l’entendait pas l’appeler. De plus, le bruit du chalumeau était assourdissant, et Pinako aurait eu besoin d’un haut parleur pour se faire entendre, tant le vacarme environnant était impressionnant.

Elle observa la jeune femme qui s’était retournée vers elle, et s’étonna encore une fois de la trouver aussi changée ; oui, décidément, la petite Winry avait bien grandit ! Elle était devenue une superbe créature tout en jambes, et ses traits avaient perdus de leur rondeur enfantine. Ses yeux plongeaient dans les vôtres lorsqu’elle vous parlait, et ils étaient tantôt graves, tantôt rieurs ; de plus, son visage s’éclairait quand elle souriait.

Mais depuis quelques jours, le sourire avait déserté sa bouche, et Pinako se demandait bien pourquoi. Quand Alphonse et elle étaient revenus de Central sans Edward, elle les avait trouvés tous les deux fermés, abattus.

Pendant un instant, elle avait cru qu’un nouveau malheur venait de se produire, mais Alphonse avait fait mine de retrouver sa bonne humeur pour la rassurer de la nouvelle absence de son frère aîné. Et depuis, Winry s’était réfugiée dans la construction quasi frénétique d’automails, et Alphonse passait le plus clair de ses journées plongé dans un livre d’alchimie, quand il ne faisait pas des transmutations. Oui, vraiment, elle aimerait bien savoir ce qu’il s’était passé à Central pour que ces deux enfants changent à ce point, et ce en l’espace de quelques jours…

- Qu’est ce que tu veux, mamie ?

Du coup, ce fut Pinako qui sursauta. Elle était tellement plongée dans ses pensées qu’elle avait oublié de parler à sa petite fille :

- Alphonse te cherche. Mais j’aimerai que vous ne traîniez pas trop, le dîner va être bientôt prêt.
- Entendu, mamie…

Les yeux toujours aussi perdus dans le lointain, la jeune femme abandonna son établi et se dirigea vers la porte, sous le regard perçant de sa grand-mère.

- Winry ?

L’interpellée se retourna.

- Oui ?

Pinako hésita, puis finalement dit :

- Non… Rien.

Haussant les épaules, sa petite fille sortit de la pièce. Quelque soit la chose qui la perturbait, c’était suffisamment grave pour que Pinako ait la désagréable sensation de la perdre.

- Si je comprends bien, c’est la foudre qui, en te tombant dessus, t’as ouvert la Porte de notre monde ?
- Je pense que oui… Après tout, j’aurai dû mourir… Personne ne survit à ça. Avec une telle décharge électrique, c’est normal, non ? Aussi, je crois que cet orage m’a permis d’arriver ici en me faisant passer de l’autre côté de la Porte.

Tout en donnant à Edward mon point de vue, l’explication me paraît la plus plausible. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi quelque chose qui n’existe pas a pu se concrétiser. Que se soit la foudre qui me transporte d’un monde à l’autre, aussi invraisemblable que ça paraisse, je peux l’admettre, mais comment expliquer que j’atterrisse dans un monde imaginaire ? Et comment lui faire comprendre ça à lui, alors qu’il vit dans ce même monde sensé ne pas exister ?

Il n’y a rien à faire, je n’arrive pas à trouver la force de lui dire qu’il est issu d’un dessin, et que je suis l’une de ses créatrices.
Comment lui faire comprendre que son environnement, sa famille, ses aventures, son caractère même, sont uniquement crées pour être mis sur des planches de bd ? Je ne peux pas. Déjà qu’il a écarquillé les yeux comme des soucoupes lorsque je lui ai dit d’où je venais ! Sans parler du changement d’époque : sa curiosité était sans limites, et il m’a fallu lui donner des détails sur notre technologie, notre mode de vie, etc.
Un choc à la fois pour lui, c’est bien suffisant.

Je tente une sortie:

- Alors… Crois-tu pouvoir m’aider à retourner chez moi ?
- Et bien…. En fait, je n’en sais rien. Mon retour ici a été particulièrement difficile, et je ne sais pas si je suis prêt à recommencer cette expérience.

J’ai l’impression de recevoir un coup de poing à l’estomac. Si même lui ne peut pas m’aider, ça veut dire que je suis coincée ici jusqu’à la fin des temps ? Ce monde sera désormais le mien ? Mais qu’est ce que je vais devenir ?

Je dois faire une drôle de tête car Edward prend soudain ma main dans la sienne.

- On trouvera une solution, ne t’inquiète pas. Je suis bien placé pour savoir ce que ça veut dire d’être un dans un monde que tu ne comprends pas… Mais dit moi une chose : pourquoi avoir raconté cette histoire de terroristes à Mustang ?
- Il fallait que je gagne du temps. Je ne pouvais pas débarquer comme ça, et te dire « salut, je viens de l’autre côté de la Porte, tu peux faire quelque chose pour moi ? ». Je devais d’abord t’expliquer qui j’étais, et comment j’avais atterri ici… Et puis, en vous parlant de la Porte et des voyages à travers les époques, je pensais que ça serait plus facile à accepter…
- Tu te doutes qu’il ne va pas être fou de joie d’avoir été mené en bateau ? Les conséquences risquent d’être lourdes pour toi !
- Je sais bien. Mais comment faire autrement ?

Ed semble perdu dans ses pensées, à cette dernière remarque.

- Ouais, je suppose que tu n’avais pas trop le choix…

Il se lève brusquement, et me sourit de toutes ses dents, de ce même sourire crétin qu’il peut avoir quand il est content de lui :

- Allez, viens ! Dépêchons nous ! A Rizembul, j’aurai plus de moyens d’alchimie à disposition, et Al pourra également me donner un coup de main ! A nous deux, c’est bien le diable si nous n’arrivons pas à te renvoyer chez toi !

Il me tend la main, pour m’aider à me relever. Décidément, ce type ne cesse de m’étonner. Et il le fait davantage lorsqu’une fois debout, il m’attire contre lui et me serre dans ses bras. Nous restons un long moment accrochés l’un à l’autre, sans rien dire. Pas besoin de se parler ; nos deux cœurs se chargent de le faire pour nous : ils battent sur le même rythme, et je prends conscience que lorsque je m’en irai, cette séparation sera finalement aussi douloureuse pour lui que pour moi.

Lorsque je m’éloigne de ses bras, il retrouve ce même sourire un peu idiot et me tire en avant, m’entraînant dans sa course. Nous sommes proches de Rizembul, et sa bonne humeur est tellement contagieuse que j’ai maintenant aussi hâte que lui de m’y retrouver.
Après avoir chevauchés toute la nuit, le village se profile devant nous dans les lueurs du petit matin. Je vais pouvoir rentrer chez moi, j’en suis sûre, maintenant.

*************************

- Den, ferme-la à la fin !

Furieuse contre les aboiements à répétitions du chien, Winry avait consentie à se lever malgré l’heure matinale, espérant par sa seule présence apaiser l’animal. Il était encore très tôt, bien trop tôt à son goût : le soleil ne s’était pas encore complètement levé, et ses rayons effleuraient à peine les montagnes au loin.

Encore une fois, elle avait veillée très tard, plongée dans la construction de ses pièces métalliques. Si cette bourrique voulait bien se taire, elle pouvait encore croire qu’elle arriverait à se rendormir, car elle avait besoin de sommeil pour récupérer de ses nuits courtes. Elle se demanda un instant si travailler comme une acharnée parviendrai à lui faire oublier le spectacle de cette fille dans les bras d’Edward.

- Je ne crois pas, non… Murmura t-elle pour elle-même, tout en caressant son chien.

Apparemment, son compagnon s’était calmé, et il remuait maintenant faiblement la queue. Mais alors qu’elle se relevait pour concrétiser son intention de retourner dans les bras de Morphée, les aboiements reprirent de plus belle. Winry connaissait suffisamment bien son chien pour comprendre qu’il était maintenant fou de joie, et que s’il tirait sur sa laisse avec frénésie c’était dans l’espoir de filer en direction de la personne responsable de cette félicité.

Elle tourna la tête afin de voir ce qui mettait le gardien de la maison dans cet état, et faillit s’étrangler en voyant la silhouette d’Edward tenant un cheval par la bride se profiler dans le chemin qui menait jusqu’à sa demeure, lui faisant de grands signes de la main. La pensée qu’elle n’était vêtue que d’une nuisette qui ne cachait pas grand-chose de ses formes ne l’effleura qu’un bref instant, et elle répondit avec enthousiasme à son salut. Ed revenait à la maison ! Il lui revenait enfin !

Mais au moment même où elle s’apprêtait à se jeter dans ses bras pour lui prouver ce que sa venue représentait pour elle, elle se figea brusquement, devenant aussi immobile qu’une statue.

Cette fille, celle qui lui avait valu bon nombre de larmes lorsqu’il l’avait embrassé devant tout le monde dans cette chambre de Central… Elle était également là.

Près de lui.

Contre lui.

Au fur et à mesure que le couple s’approchait, elle n’eu besoin que d’un seul coup d’œil pour avoir le cœur en miettes : elle vit comme une série de flashs au ralenti tous les détails qui pouvaient les unir, et que seul un cœur amoureux pouvait reconnaître : leurs mains enlacées, le rythme identique de leurs pas, les cernes sous les yeux de l’alchimiste malgré son sourire étincelant, les étoiles dans ses yeux à elle et son visage rayonnant de satisfaction, que seuls des amants pouvaient avoir.

Tout devenait clair…

Et elle ne pouvait le supporter.

Elle fit brusquement demi tour, et couru aussi vite qu’elle le pouvait vers sa chambre ; une fois enfermée dedans, elle se jeta sur son lit et enfouit son visage dans son oreiller, en espérant que ses sanglots déchirants y seraient étouffés.

*******************

En voyant la maison se rapprocher de nous, Edward a changé d’attitude ; visiblement, son absence prolongée de ces dernières années a ravivé des liens d’attachements qu’il croyait inexistant ; le voilà maintenant impatient d’arriver, et son attitude s’en trouve modifiée, involontairement du moins.

Il s’est redressé sans même sans apercevoir, et son sourire s’est élargit, devenant franc et naturel. L’idée de revoir les siens l’enchantait, même s’il ne voulait pas l’admettre, et encore moins se l’avouer.

Cependant, en voyant Winry lui sourire et soudain faire demi-tour pour disparaître dans la maison, il s’est tourné vers moi, visiblement interloqué devant son attitude :

- Mais pourquoi elle se casse ? Je croyais qu’elle serait contente de nous voir arriver ?!

Mon pauvre Edward. Tu as encore beaucoup à apprendre sur la psychologie féminine, on dirait. Elle crève juste de jalousie, voilà tout. Et si le cynisme fait toujours autant parti intégrante de mon attitude, je me surprends moi-même à ressentir envers elle une chose que je n’explique pas, vague et diffuse ; de la compassion.

Mais je me reprends très vite en axant mon élan d’émotion vers quelqu’un que je connais davantage : moi-même.
Car maintenant, la peur me tenaille que mon ancienne personnalité refasse surface, sans que je puisse la contrôler ; seule « l’ancienne » Ran aurait pu ressentir ce genre d’émotion pour quelqu’un d’autre.

Vu ce que ça m’a coûté la dernière fois, je préfère éviter.

- Je ne sais pas… Elle devait certainement avoir froid et elle est partie se changer.

Mon explication simpliste semble le rassurer, et il franchit les derniers mètres qui mènent au perron en quelques enjambées. Ouvrant la porte à la volée, il se met à beugler littéralement :

- Al ! Eh, Al ! Où es-tu, espèce de marmotte ? Tu ne viens pas saluer ton vieux frère ?

Je suis restée sur le palier, ne voulant pas trop imposer ma présence. Non pas que j’éprouve la moindre gène, mais je préfère rester en retrait afin d’échafauder une explication qui tienne la route, en attendant que l’alchimiste explique à son entourage le pourquoi du comment de ma présence ici.

Le raffut qui règne maintenant dans la maison m’empêche de penser efficacement : les portes claques, les voix des deux frères tonnent comme une corne de brume, les escaliers font caisse de résonance, et le clébard achève de mettre son grain de sel dans ce joyeux bordel.
Voilà des retrouvailles dignes de ce nom !

Pendant un bon moment, ce ne sont qu’embrassades, accolades, et ce genre de démonstrations affectueuses qui me font vomir. Mais je me tiens sagement dans mon coin, observant avec détachement ces effusions qui ne me rappellent plus rien. Soudain, la pipe de Pinako vient me tapoter la hanche, à défaut de ne pouvoir me taper sur l’épaule :

- Ainsi donc, Mademoiselle Ran, vous avez été envoyée par le Généralissime Mustang pour prévenir Edward d’un danger, c’est ça ? Vous permettez que je vous appelle Ran, j’espère ?

Cette vielle peau sous ses dehors affable est bien plus perspicace que toutes les personnes de la maison réunies ; si je veux que mon séjour ici se passe bien, j’ai intérêt à l’amadouer le plus vite possible. Après tout, je suis ici pour une durée encore indéterminée.

J’adopte mon air de petite fille perdue et polie, et réponds :

- Pas tout à fait, madame…
- Pinako.
- Entendu ! Pinako. En fait, j’ai croisé Edward et le Général à Central, et les ai déjà avertis tout les deux a ce moment là.
- Donc, ce danger existe réellement ?
- Mamie ! Laisse la tranquille avec tes questions ! on vient juste d’arriver, et on a voyagés toute la nuit ! On est crevés !

L’intervention de Ed me permets de me ressaisir, et surtout de souffler ; c’est vrai qu’avec le manque de sommeil chronique que je me tape depuis quelques nuits, mon esprit est engourdi, m’empêchant de penser efficacement. Les yeux d’or de l’alchimiste croisent mon regard, et pendant une seconde je comprends qu’il pense à la même chose.

Enfin, maintenant que j’arrive à traduire ce genre de regard, je sais qu’il pense surtout aux raisons de mon manque de sommeil. Il me prend brusquement par la main et me tire par le bras ; je crois qu’une sortie de scène de Kabuki ne sera jamais aussi réussie que la nôtre lorsqu’il annonce au même moment :

- Bon, c’est pas tout ça, mais on a besoin de dormir… on va se coucher ! A plus !

Et sans autre cérémonie, il m’entraîne vers l’escalier qui mène aux chambres de l’étage.

Je crois que le silence qui suit est encore plus assourdissant que le vacarme de tout à l’heure.

Et Winry qui n’a pas encore réapparue…


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