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 Une erreur de la nature

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Mikan
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MessageUne erreur de la nature   Publié le : Jeu 6 Mai 2010 - 9:23

oO° Une erreur de la nature °Oo

Bon voilà, comme j'ai plusieurs fic originales en stocke je vous en publies une aujourd'hui. Un OS très très court écrit il y a environ 4 ans et que j'ai repris.
Je précise que j'ai choisi le rating AP parce que c'est pas gai comme texte mais c'est pas méchant.
Bonne lecture.




oO°INDEXE°Oo



_________-oO•*°*°*•Oo-_________

1 - Ma vie (AP)

J'aime venir m'assoir dans ce coin du parc, à l'abri des regards, et prendre le temps de réfléchir. J'ai peu l'occasion d'être seule, aussi ces moments de méditations sont devenus une vraie bénédiction et j'en savoure chaque seconde avec joie. L'être humain, dès lors qu'il est en société, devient bruyant. Moi j'aime le calme et pour cela je fuis la foule. Je l'ai toujours détestée. Non pas que je sois agoraphobe, non, mais je ne me sens pas à l'aise dans ces marées grouillantes qui m'empêchent de penser. Je ne suis pas misanthrope, pas tout à fait du moins, mais j'apprécie la solitude, est-ce un mal ? On ne me laisse pas m'isoler, on me reproche même de le vouloir. Alors je m'échappe, discrètement, sans un mot. C'est pourtant tellement plus agréable de rester seule dans ce coin de verdure et de garder le silence.

J'y viens quand il n'y a personne, ainsi je suis certaine de n'y être pas dérangée. Aujourd'hui il pleut. Il est midi. Tout le monde doit être à l'abri devant une assiette. Moi je n'ai pas faim. Je n'ai plus faim depuis des mois, quelle importance ? Laissez-moi tranquille. Mon pull, mes chaussures, mes cheveux, tout est imprégné d'eau, pourtant je n'ai pas froid, je suis bien ici, je ne sens même pas les goutes qui coulent sur mes joues trempées. C'est bien la pluie, c'est pratique, elle glisse sur mon visage pour effacer toute trace ; on ne me posera pas de question.

Je reste debout dans ce coin désert sans plus faire attention à rien, pas même au temps qui continue pourtant sa course, indifférent à tout. Je me sens comme lui, hors du monde, détachée de lui, seule là où plus rien n'a d'importance. Envolées les questions métaphysiques qui viennent sans cesse perturber mon esprit adolescent. Elles ont déjà une réponse, à quoi bon en chercher une autre ? Alors voilà bien le vrai problème : accepter la réalité si dure soit-elle. Sortir de l'enfance et regarder en face ce que l'on ne veut pas voir.

La vie ne sert à rien, nous ne servons à rien, et il m'aura fallu dix-sept ans pour le comprendre. Non, pour l'accepter. J'ai toujours su que je n'étais rien, je n'ai jamais cherché à être, la reconnaissance n'est que futilité. Je suis toujours là pourtant. Pourquoi ? Pour remplir la vie qu'on m'a « offerte ». Et je le rempli bien ce cadeau empoisonné. Jour après jour j'y ajoute des souvenirs comme des petites perles que j'enfilerai le long d'un collier. Des perles, mais rien d'important, rien n'est important.

A quoi tout cela sert-il puisqu'au final nous ne garderons rien ? Puisqu'à la fin plus rien n'existera ? C'est difficile à accepter, mais il le faudra bien, non ? Et puis après tout je n'ai pas à me plaindre je crois. C'est vrai, je ne pense pas pouvoir espérer avoir mieux puisque j'ai déjà tout. J'en ai trop peut-être. J'ai le sentiment de devoir être heureuse ainsi, que c'est presque condescendant de ne pas l'être. Pourtant, lorsque votre vie est parfaite, lorsqu'elle n'a plus rien à vous apporter, on peut considérer qu'elle est finie. Mieux vaut mourir avec ce sentiment de satisfaction que risquer de tout perdre un jour.

C'est attirant. Très attirant. Tout comme ce bout de verre un mètre plus loin. Pourtant j'ai beau le fixer je ne m'en approche pas ; ça fait mal, et si le résultat est plaisant, le moyen me rebute. Il y a d'autres manières d'arriver à ce même but, cependant je sais que je n'userai d'aucun. Peut-être que finalement je ne sais pas ce que je veux. Mes deux plus grands désirs s'opposent et me laissent dans un conflit intérieur insoluble. Je voudrais que tout s'arrête. Je voudrais connaître la suite. Et pourquoi je pense à eux maintenant ? Parce qu'il m'attendent. Sans doute se demandent-ils où je suis. Je leur manquerai ? Oui sans doute, ils ne comprendraient pas. On a pas le droit de décider seul le chemin que l'on suit, parce qu'on nous accompagne, parce qu'on veut nous voir aller le plus loin possible. C'est un défaut de penser que l'on est maître de sa vie n'est-ce pas ? Je vais leur sourire alors, et effacer toute trace de cette journée. La pluie s'en chargera. J'ai toujours aimé la pluie.


_________-oO•*°*°*•Oo-_________
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Dernière édition par Mikan le Mar 29 Mar 2011 - 7:54, édité 8 fois
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MessageRe: Une erreur de la nature   Publié le : Sam 29 Mai 2010 - 19:09

Voici un deuxième texte pour ce recueil qui redonne le sourire... Bon celui-là non plus n'est pas très gai, désolée. Écrit entre une et trois heures du matin.
Bonne lecture


_________-oO•*°*°*•Oo-_________

2 - Vide (AP)

Vide. Il se sentait horriblement vide et léger. Comme si plus rien n'existait autour de lui. Il se sentait seul, abandonné du monde, sans plus rien ressentir d'autre qu'un étouffant néant en lui. Il lui semblait ne plus avoir la moindre émotion, seulement cet étrange mal qui lui rongeait l'estomac. Il ne voyait personne où qu'il regarde. Nulle autre voix que l'écho ne répondait à ses appels suppliants, ne l'entendait-on pas ? Peut-être étaient-ils tous là à rire de son désespoir.

Il ne savait pas où il était, entouré d'une opaque lumière blanche. Il se sentait guidé à travers ce paysage singulier sans pour autant distinguer la voix qui lui murmurait où faire chacun de ses pas. Il aurait pourtant voulu résister, prendre une toute autre direction, mais il continuait inlassablement d'obéir docilement sans chercher à se rebeller, il avait le sentiment que cette voix le menait à une chose qu'il ne pouvait se permettre d'abandonner, quelque chose qui lui avait été précieux. Alors il continuait, il n'avait pas le choix, mais à chaque pas, il se demandait s'il ne devrait pas s'écarter de ce chemin qu'on lui imposait, après tout ça ne pouvait pas avoir de graves conséquences, et puis il ne s'en soucierait pas. Ou peut-être que si, justement. Il se sentait incapable de ne pas se préoccuper de ce qu'il laissait derrière lui, et pour cela, il ne pouvait pas l'abandonner.

Et pourtant, il désirait plus que tout au monde tout arrêter, fuir loin de tout cela sans même un regard en arrière. Il avait cru qu'il pourrait s'y complaire, mais il s'était lourdement fourvoyé ; il n'avait pas trouvé ce qu'il cherchait, il n'avait fait que rejouer inlassablement le même scénario auquel il avait tourné le dos une première fois, espérant trouver mieux ailleurs. Il s'était créé cet ailleurs, il était lui-même allé le chercher pour finalement être déçu de sa trouvaille. Il ne voulait plus de cela et pour cette raison il pensait de nouveau à tourner le dos à ce monde dont il se sentait rejeté. Le pouvait-il une nouvelle fois ? S'accorder une troisième chance ? Il se sentit soudainement bien lâche de fuir ainsi plutôt que d'affronter la réalité si douloureuse soit-elle.

Des bruits, des images s'imposèrent soudainement à lui, des rires, des jeux, des visages heureux. Toutefois rien ne venait troubler l'indifférence qui s'emparait de lui. Plus rien ne lui importait. Tant mieux s'ils étaient heureux ainsi, un peu grâce à lui mais sans lui, ils ne remarqueraient peut-être même pas son absence. Certains le regretteront quelques jours mais l'oublieront vite, il n'était pas important, il ne faisait que passer. Il était tellement las de tout, il avait déjà emprunté tellement de voies différentes sans jamais trouver la bonne, sans jamais se sentir bien nulle part ; recommencer n'était pas une solution, il le savait pour l'avoir déjà fait. L'attrait de la nouveauté faisait qu'il se sentait à sa place dans chacun de ses choix, mais cela ne durait jamais plus de quelques mois. Il doutait que quiconque se soit déjà aperçu du malaise qui le traversait. Il se fichait de ne pas savoir où il allait, au fond, la fin est la même pour tous, seulement la route à parcourir lui paraissait à présent désespérément longue. Non pas que ça le dérange, mais il ne voulait en aucun cas continuer ainsi jusqu'à la fin ; à tâtonner sans jamais rien rencontrer de concret. Il faisait toujours du mieux qu'il pouvait, mais il avait souvent la cruel déception de ne rien recevoir en retour, pas même un sourire.

Il s'arrêta au milieu de ce néant de lumière ; il n'avait aucun repère sur lequel s'appuyer pour continuer et il savait qu'ainsi il ne tarderait pas à s'effondrer comme un château de carte. Vraiment aucun ? Ne s'en était-il pourtant pas créé un ? Cette chose qu'il avait accompli et qui lui tenait tant à cœur, à laquelle il s'apprêtait à tourner le dos, n'était-elle pas la concrétisation d'un rêve qu'il s'était si longtemps contenté d'effleurer du bout des doigts ? Son cœur battit plus fort à cette pensée ; il ne pouvait pas abandonner ses rêves, il se devait de persévérer, pour lui mais aussi pour tout ceux qui partageaient cette réussite avec lui. Et ils étaient nombreux. Pas seulement à y participer et le rendre concret mais d'autre encore l'avaient encouragé dans cette voix, et il y était parvenu. Finalement il avait réussi quelque chose, ils avait réussi quelque chose, il n'en serait pas là sans eux. Ils avaient tous les yeux braqués sur lui, et les bras levé pour le soutenir en cas de chute.

Charly se réveilla en sursaut, le souffle court, son pyjama collant à sa peau moite. Il se passa nerveusement une main sur le visage ; quel étrange rêve. Il avait mainte fois pensé à tout cela, mais à présent, il se sentait étonnamment serein et confiant. Il se sentait prêt à avancer vers ce but qu'il s'était fixé et à mener son projet à bien. Non il n'était pas seul, il lui suffisait d'ouvrir les yeux pour les voir autour de lui. Il n'avait simplement pas su regarder au bon endroit.


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