Partagez | 

 Mes One-Shots

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivantAller en bas
AuteurMessage

avatar

Tiha
Tache d'encre

Messages : 59
Féminin Inscrit le : 17/07/2010

MessageMes One-Shots   Publié le : Sam 17 Juil 2010 - 9:54

Bonjour^^

Je posterais ici mes divers One-Shots.

Liste des One-Shots:

-Jusqu'à la mort [AP]

Résumé: " Et voici enfin la raison pour laquelle Sasuke et Sakura ne seront jamais heureux."

-Le Deuil [G]

Résumé: "Elle pleure, et le ciel pleure avec elle. Sans savoir que deux orbes noirs l'amèneront au Diable..."

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.

Commentaires ici!




[b]EDIT: Premier OS réécrit


Dernière édition par Tiha-Miyu le Sam 18 Sep 2010 - 0:50, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Tiha
Tache d'encre

Messages : 59
Féminin Inscrit le : 17/07/2010

MessageRe: Mes One-Shots   Publié le : Sam 17 Juil 2010 - 9:58

Titre: Jusqu'à la mort
Rating: AP
Auteur: Tiha-Miyu
Genre: Romance, Drame.

Attention présence de quelques spoils. Bonne lecture!

"Je le hais.

Tout en lui me pousse à le haïr : la perfection de son visage, l’élégance de sa personne, la froideur de ses mots, le cynisme de ses pensées. Voilà maintenant dix années qu’un Chuunin nous a unis jusqu’à ce que la mort nous sépare...Dix ans que je vis au plus profond des Enfers avant même de mourir.

Pour le meilleur et pour le pire.

Pas un regret pour l’époque où je le suivais partout et l’admirais. Nos douze ans, l’équipe sept, mon cœur empli d’amour et d’espoir...Tellement rempli que j’aurais pu en vomir. Pas un regret pour cette innocence qui était bien trop pesante pour mon âme et pour lui aussi. Parce qu’à l’époque je n’étais qu’une idiote...Parce qu’au bonheur insouciant je préfère la sagesse de mon malheur.

Je ne veux plus de son ses quatre ans d’absence. J’étais vidée par mon amour, et il était comblé par sa haine. J’étais seule, j’ai pleuré, j’ai menti. Et comme une idiote j’ai pris Naruto pour un idiot. Il n’allait jamais être à moi et je n’allais jamais être à lui, car je ne méritais pas sa bêtise et il ne méritait pas mes mensonges. Je ne veux plus revivre cette époque, parce qu’à la solitude baignant dans mon âme, je préfère la haine consumant mon esprit.

Et son fameux retour...Mon Dieu, plus jamais ça ! Naruto ne l’a pas tué, et il n’a pas tué Naruto. J’attendais le regard vif et impénétrable qui me faisait fondre autrefois, et tout ce que je retrouvais, c’était un œil vitreux et faible qui me donnait des frissons. Car à ses yeux ternes et meurtris, je préfère ses orbes noir et colériques.

Je ne regretterais jamais l’époque où il logeait chez moi et où je le soignais. Lui, un blessé, un assisté. Il détestait être appelé ainsi par les Jounin de notre génération, et je détestais cela aussi. Je détestais le voir faible et je détestais le soigner. Parce que, jour après jour, nuit après nuit, ses blessures se refermaient, son esprit s’ouvrait un peu plus à moi et par un soir orageux, il avait retrouvé juste assez de vigueur pour s’offrir un héritier...Et j’en avais fait les frais. Mais à l’amour qu’il porte à son vénéré clan je préfère la haine qu’il porte à la piètre épouse que je suis devenue.

Je le hais, je hais l’amour qui me consume et qui ravive son regard mauvais. Je ne peux plus vivre, car Sasuke, ce monstre, je l’aime à en mourir.

En réalité...je l’aime et je me hais. Je ne suis plus rien, et la seule chose qui comble le vide en moi sont sa présence, sa colère, sa rancœur et sa haine.

Notre fils ? Il est l’enfant prodige du village, promu Genin à six ans. Notre fille ? Elle est la plus jolie et la plus puissante de toutes les Konohannes. Oui, nos enfants sont parfaits mais ne rient pas. Et ce vide, ce sourire absent me rappellent qu’ils sont à notre image.

Notre demeure ? C’est la plus grande de Konoha. Elle a coûté une fortune et est ornée de multitudes d’éventails rouges et blancs. Elle est la plus sublime de toutes et la plus luxueuse, mais demeure sans vie et sans joie. A notre image...

Et lui ? C’est le second Hokage de Konoha, partageant ses fonctions avec Naruto. Il est le nouveau fondateur du clan Uchiha dont je fais les frais. Lui et Naruto maîtrisent désormais les cinq éléments tout comme le Rikudou Sennin. Il est sans doute l’homme le plus convoité par les femmes du village, sous mon œil indifférent. Mais il ne rit pas. Car il est à notre image.

Et désormais, notre image ne reflète plus rien. Aussi blanche qu’un linceul, aussi noire que le fond d’un cercueil.

Parce que nous ne souhaitons que la mort, pour enfin être séparés et ne plus avoir à se regarder en face.

Nous nous sommes unis pour la vie, mais puisqu’on ne peut pas changer notre vie nous allons subir la haine de l’autre jusqu’à la mort.

Chaque seconde de plus est ensevelie dans la douleur. J’ai beau chercher, je ne trouve pas d’issue. Je suis condamnée à être à lui pour toujours et j’attends silencieusement le jour de ma libération. Je souffre, et plus encore que son fameux Amaterasu, sa seule présence me consume sans m’achever.







Ca m’écorche la langue de l’admettre...

Mais j’aime tout en elle : ses yeux dénués de vie, ses cheveux criards qui ne ravivent rien de son portrait terne, sa voix affreusement douce, son corps inutilement bien sculpté.

Oui, j’aime tout chez cette immonde poupée rose qui me sert d’épouse depuis une décennie. Et pourtant, je regrette tout.

Je regrette sa bêtise et mon indifférence. Son sourire enfantin, ses affreux cheveux roses et sa voix insupportable... Ce souvenir exquis me hante. Parce qu’à son mutisme, je préfère sa voix fluette d’antan.

J’aurais voulu m’éloigner une seconde fois d’elle, l’oublier en l’espace de quatre années ou plus, ne plus avoir ne serait-ce qu’une petite pensée pour cette greluche qui ne pensait qu’à moi et mon ego démesuré. Maintenant que je suis à elle, mes pensées sont occultées par son image morne. Parce qu’à son indifférence, je préfère son amour envahissant.

Je veux souffrir une seconde fois, saigner, hurler, frapper et faire du mal mon frère d’arme, dans le seul but de revoir le regard brûlant d’inquiétude et d’effroi qu’elle m’a offert à la fin de mon combat. Désormais personne ne peut comprendre ma douleur. Car à la froideur de son sourire je préfère la chaleur de ses larmes.

Elle ne m’a soignée qu’une seule fois dans ma vie et je donnerais tout pour revivre cette période, être près d’elle, respirer à plein nez son parfum fraise absolument écœurant qui m’a enivré la nuit où le clan Uchiha a reprit vie dans son corps. Parce que désormais, plutôt que de donner la vie je préfèrerais m’offrir la mort.

Je la hais, je hais mon passé, je hais ce qu’elle est devenu à cause de lui. Nous nous sommes unis jusqu’à la mort, mais puisqu’on ne peut pas changer notre vie nous allons subir l’amour pour l’autre toute notre vie.

Elle m’avait promis de ne rien me faire regretter et que nous allions être heureux...j’ai bien fait de la laisser plantée aux portes de Konoha comme une idiote ! Parce que ce n’est qu’une misérable menteuse, et elle ne mérite rien de plus que la haine.

Notre fils ? Ce n’est qu’un écervelé aux chevilles enflées incapable de produire un Katon : Gokakyu No Jutsu sans postillonner au point d’en éteindre les flammes. Notre fille ? Elle est affreuse parce qu’elle ressemble à sa mère et elle me fait honte à imposer le respect aux Konohannes de son âge. Nos enfants sont des bons à rien et leur regard vide me révolte.

Notre demeure... ? Elle est tachée d’affreux éventails rouge et blanc et ses murs immaculés m’écoeurent. C’est la plus immonde des maisons de Konoha, parce qu’elle ne porte aucune trace du passé.

Notre portrait de famille, notre image me fait mal aux yeux car toutes ces taches de vie colorées jurent affreusement l’une avec l’autre.

Et tout cela à cause d’elle, Sakura. Parce que la haine que je lui porte me permet de vivre. Elle qui partage mon lit, j’ai pourtant l’impression qu’elle est à l’autre bout du monde.

Qu’elle y reste !

Chaque seconde de plus se perd dans l’immensité de son indifférence. J’ai beau chercher je ne trouve pas notre chemin, nous nous sommes égarés à jamais. Sa présence coule lentement dans mes veines mais à ce poison-là, elle ne trouvera jamais d’antidote.







Et ce jour là, nous nous sommes enfin compris...Je lui demande pourquoi, elle me dit que c’est parce qu’elle est heureuse. Elle me demande pourquoi, et je lui réponds que c’est parce que je ne manque de rien. Nous savons tous les deux que c’est la vérité...

C’est la seule fois où elle ne m’a pas menti, parce que j’ai ressenti la même chose qu’elle.

Alors c’est ça, le bonheur... Est-ce pour cela que nous nous battons toute notre vie ? Nous avons tout ce dont nous avons rêvé, j’ai tué Itachi même s’il n’était pas à l’origine de ma vengeance, j’ai reconstruit mon clan même si ses premiers descendants sont des bons à rien. Elle a réussi à gagner mon amour, même si de celui-ci ne reste que la haine.

Nous ne manquons de rien et pourtant nous souffrons comme jamais. Nous n’avons plus aucun but, notre vie a perdu le nord, nous nous sommes perdus dans un coin paradisiaque de notre avenir et nous sommes las de respirer son parfum écœurant.

Nous n’avons plus de raison de nous battre, de chercher le bonheur, de vivre. Parce qu’en réalité le bonheur est derrière nous, et nous a quitté en même temps que nos espoirs et notre courage.

Nous avons atteint nos idéaux et nous n’avons plus rien à apprendre de la vie. Je suis resté en vie dans l’espoir que ça change, dans l’espoir de souffrir afin de chercher à m’en sortir une nouvelle fois...

Et elle me dit que je mens, que je reste en vie parce que je suis lâche. Et je lui dis qu’elle l’est autant que moi.

Et elle me hurle qu’elle est la seule à pouvoir s’occuper de ses enfants, et je lui gueule qu’elle n’en a rien à foutre de leur petite existence.

Et elle pleure, et je soupire.

Et je sors de la demeure sans me retourner. J’invoque mon faucon et il m’emmène sur le mont des Hokage, sur mon propre visage de pierre. J’observe d’un œil fatigué l’horizon, les maisons colorées de Konoha, la verdure les entourant et là, non loin, une tignasse de cheveux roses appartenant à ma fille. Je pousse un long soupir.

J’ai l’air d’un idiot ainsi, les yeux levés au ciel, le visage déformé par la haine. Oui, je la hais tellement que je l’aime encore. Je n’en peux plus. Est-ce de ma faute... ? Est-ce moi qui ait fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui ? Je n’ose pas y croire. J’ai accompli moult crimes, mais celui-ci doit bien être le pire de tous.

C’est d’une évidence...

Alors à cet instant, tout ce que je porte en moi s’est alourdi et m’a fait basculer en avant.

Et je suis tout bonnement tombé. Ma mort sera un évènement aussi regrettable que ma venue au monde.

Pardon, Naruto, les enfants, mais j’ai fait ça pour votre malheur. Parce que je ne vous souhaiterais jamais de bonheur, parce que c’est lui qui m’a tué.







Me voilà six pieds sous terre, complètement abattu. Parce que mon épouse est tellement parfaite qu’elle s’est taillé les veines au moment où j’ai chuté.

Nous voilà réunis dans le même tombeau, nos âmes emprisonnées dans cette étroite demeure éternelle.

« Ainsi reposent en paix les époux Uchiha. Unis pour l’éternité. Leurs âmes sont entre les mains du Paradis, sous les larmes de leurs enfants. »

Le Paradis, nous l’avons laissé derrière nous, et l’Enfer aussi. Et nos enfants n’ont même pas été foutus de pleurer lorsque nous étions encore parmi eux.

Enfoiré de Chuunin, tu nous as menti. La mort ne nous a même pas séparés.







Commentaires ici



Dernière édition par Tiha-Miyu le Mer 28 Juil 2010 - 1:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Tiha
Tache d'encre

Messages : 59
Féminin Inscrit le : 17/07/2010

MessageRe: Mes One-Shots   Publié le : Sam 17 Juil 2010 - 10:02

Titre: Le Deuil
Rating: [G]
Auteur: Tiha-Miyu
Genre: Romance, Horreur, Univers Alternatif et OOC.

Un OS un peu plus ancien. Bonne lecture!

"Ce jour-là, la famille Haruno était en deuil. La mère nous avait quttés, Paix soit sur elle.

Sa jeune fille Sakura fut prise dans un désespoir sans fin, un gouffre d’où elle ne voit ni l’entrée, ni la sortie. Elle ne cessait de pleurer, pleurer sa mère, sa présence, son sourire, son odeur. Elle n’allait la revoir que dans l’Au-Delà. Elle ne savait comment vivre, comment rester forte, comment...sans elle. Sans sa chair. Son sang.

Et elle ne cessait de pleurer. Elle pleurait, la Haruno.

Ce jour-là fut enterrée la défunte, sous les larmes de la famille Haruno, le père, le grand frère. Ils pleuraient, les Haruno. Ils ne cessaient de pleurer le départ de la mère.

Alors, dans sa robe d’un noir mortel, Sakura restait devant la tombe fraîche, sous la pluie, à pleurer avec le ciel. Le ciel pleurait aussi.

La tristesse accaparait ce paysage gris. La pelouse emplie de boue, les fleurs fermées, le ciel affreusement gris, et la pluie. Cette pluie dont les gouttes glacées envahissaient le visage de Sakura.

La nuit tombait, et Sakura allait honorer la mémoire de sa mère. Tous les conviés l’attendaient au domicile, affichant de fausses mines dépitées et adressant leurs sincères condoléances sur un ton qui ne l’était pas du tout, lui.

Hypocrites.

Sakura restait alors assise dans un coin de son salon, observant ce défilé de costumes et de robes noires, la mine dépitée de son frère, son père à moitié ivre.

Et elle pleurait, la Haruno. Tous...Tous étaient venus leur souhaiter leurs condoléances, comme si cela ferait revenir la défunte. Tous...Tous ? Non, un inconnu la transperçait de ses orbes noirs et n’avait aucunement l’intention de venir la voir.

Il était là, debout, à l’observer. Lorsqu’elle le vit, le monde s’arrêta de tourner, les convives de parler, son frère de se lamenter, son père de boire. Il était là.

Ses cheveux bleutés encadrant son visage d’une pâleur irréelle, ses yeux plus noirs que le gouffre dans lequel elle se morfondait. Il était là, et la transperçait du regard.

Elle, Sakura, ne voyait plus que lui, l’Inconnu. Son corps se mit à trembler, son cœur à s’emballer, son ventre subissant la terrible secousse de mille papillons.

Elle ne voyait que lui. Ses yeux, tels des gouffres sans fond, semblaient l’attirer et la laisser tomber dans l’infini.

Ses jambes ne connaissaient plus que le chemin qui la séparait de cet être irréel. Elle se leva, machinalement, et tel un robot et marcha, non sans bousculer divers convives qui n’étaient plus qu’objets pour elle.

Etait-ce un ange ? Laissez-la rire. Les ailes des anges s’effriteraient rien qu’à sa vue et laisseraient choir leurs propriétaires dans le gouffre de ses yeux. Etait-ce le diable ? Laissez-la rire. Le diable ne lui arriverait pas à la cheville. Et pourtant, il l’attirait. Cette créature, ce mirage, l’attirait.

« Mes condoléances, Sakura »

Et cette voix. Elle ne voulait rien d’autre qu’entendre sa voix. Si suave et glaciale à la fois, elle voulait n’entendre que cela. Elle se fichait d’ailleurs de savoir comment cet inconnu connaissait son nom.

Il l’observa un instant, l’hypnotisant à chaque seconde. Il se tourna lentement, lui jeta un dernier regard par-dessus l’épaule et prit la direction de la sortie.



Depuis ce soir-là, Sakura fut malheureuse. Elle s’était remise de la perte de sa mère, plus ou moins, mais elle n’avait jamais revu son Inconnu.

Et elle pleurait, la Haruno. Elle ferait n’importe quoi pour se perdre à nouveau dans ses yeux, admirer son visage pâle et irréel, entendre la douce mélodie de sa voix. Et le ciel, une fois de plus, pleurait avec elle.

Des jours, des semaines, des mois passèrent, mais aucun jour où elle ne pleurait pas. Elle ne sortait plus, ne parlait plus. Elle ne vivait plus.



Une année passa, et ce jour-là, la famille Haruno était en deuil. Le père nous avait quitté, Paix soit sur lui.

Et elle continuait de pleurer, Sakura, tantôt observant la tombe, tantôt se tournant vers la mine dépitée de son frère.

Là, devant la tombe fraîche de son paternel, près de celle de sa mère, elle laissait ses larmes aller où bon leur semblait et se mélanger avec les larmes du ciel. Elle pleurait, et le ciel pleurait avec elle. Le temps partageait son désespoir.

Ce soir-là, Sakura allait faire honneur à la mémoire de son défunt père. Elle retourna alors machinalement vers son domicile familial.

Elle restait assise dans son coin, observant les visages hypocrites des convives, habillés de ce foutu noir. Elle était là, elle pleurait, et il était là, l’observait.

Alors, comme machinalement, attirée par son Inconnu, cette créature irréelle, elle s’apprêta à se lever et à aller vers lui, pour entendre sa voix encore une fois. Ce dernier la toisa de ses terribles yeux un instant, et avant qu’elle n’arrive, il tourna les talons et partit dehors. Elle le suivit... Cette fois, elle allait le suivre. Peu importe où.

Il était là, assis sur le muret, à contempler le ciel et sa pluie d’un air absent. La jeune fille vint s’asseoir à ses côtés et l’observait.

Il n’avait pas changé. L’eau de la pluie ruisselait sur son visage et plaquait ses cheveux sur son front. Il gardait cet air absent, les yeux mi-clos, la bouche entr’ouverte.

« Mes condoléances, Sakura »

Il avait prononcé cette terrible phrase à mi-voix, et cela avait suffi pour procurer des frissons à la jeune fille. Sa voix. Sans savoir ce qui allait en sortir, elle ouvrit la bouche à son tour.

« Qui es-tu ? »

Entendant cette simple question, le jeune homme se tourna lentement vers elle et eut l’ombre d’un sourire. Le cœur de Sakura ne cessait de tambouriner violemment dans sa poitrine.

Il leva lentement une main pâle et la porta à la joue rose de Sakura. Celle-ci crut mourir de bonheur, ressusciter et mourir encore une fois de la même manière, et ainsi de suite.

Sa douceur. Elle fermait les yeux et savoura la douceur glacée de sa main. Elle ne voulait plus entendre d’autre voix que la sienne, et ne voulait plus avoir de contact avec autre chose que sa peau.

Elle semblait dans un autre monde, où rien de ce qui l’entoure n’existait. Juste lui. Elle et lui. Rien d’autre.

Quelle fut la déchirure lorsqu’elle le vit se lever et partir sans un mot.

Et depuis ce soir là, elle n’était plus. Elle pleurait, la Haruno. Elle ne reverrait plus ni son père, ni son bel Inconnu. Elle n’avait plus que ses yeux pour pleurer, et le ciel pour l’accompagner.

Des jours, des semaines, des mois passèrent, mais aucun jour où elle ne pleurait pas. Elle ne sortait plus, ne parlait plus. Elle ne vivait plus.

Deux années passèrent, et ce jour-là, Sakura Haruno était en deuil. Son défunt frère nous avait quittés, Paix soit sur lui.

Et elle pleurait, la Haruno. Là, devant la tombe fraîche de son aîné, à côté du lieu de repos Eternel de ses parents, elle pleurait. Le ciel pleurait aussi, des gouttes d’eau glacées comme la mort caressant brutalement le visage rose de Sakura.

Une fois de plus, elle allait faire honneur à la mémoire de son frère au domicile familial.

La tristesse l’avait envahie, mais au fond, au fond, elle avait l’espoir, oui, l’espoir de revoir son Inconnu. Elle restait alors assise, la tête baissée, dans un coin parmi les convives et leur mine triste complètement hypocrite.

Elle leva les yeux, et il était là. L’Inconnu. Une vague de bonheur morbide l’envahit, balayant toutes ses tristes pensées. Elle se leva, avança, il sortit, elle le suivit.

Comme l’autre jour, il était là, assis sur le muret et contemplant vaguement le ciel et ses larmes. Comme l’autre jour, elle s’assit à ses côtés et le contemple. Il n’avait pas changé.

« Mes condoléances, Sakura.

-Je veux ton nom.

-Mon nom...

-Non...je ne veux rien. Je t’appartiens. Emmène-moi au diable. »

Le jeune homme tourna la tête, la toisa et sourit. Il prit le visage de la rose entre les mains et déposait un chaste baiser sur les lèvres.

Ses lèvres. Contrastant affreusement avec sa froideur, elles étaient douces et brûlantes.

Elle ne voulait plus goûter autre chose que ses lèvres. Elle ne voulait plus sentir autre chose que sa peau. Elle ne voulait plus entendre autre chose que sa voix.

« C’est déjà fait, Sakura, c’est déjà fait... »

Ainsi il se leva et s’éloigna dans la pluie.

Et depuis ce jour, elle pleurait, la Haruno. Seule, elle ne faisait que pleurer, et le ciel pleurait avec elle. Elle avait perdu sa mère, puis son père, puis son frère, puis son bel Inconnu.

Oui, elle l’avait perdu, car elle ne le reverrait plus jamais. Et elle était seule.

Elle ne pouvait plus rien faire pour le ramener à elle. Non, plus d’Inconnu, plus d’enterrement, plus personne à enterrer, plus personne à tuer."


Commentaires ici

Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Tiha
Tache d'encre

Messages : 59
Féminin Inscrit le : 17/07/2010

MessageRe: Mes One-Shots   Publié le : Ven 24 Sep 2010 - 0:23

Voici donc une tout nouvelle version de Le Deuil. Je n'ai rien gardé de l'ancienne. Bonne lecture !!

Amen.

La pluie semblait chanter cela de sa voix glacée, caressant son échine comme pour la consoler. Les nuages observaient la scène de loin, immobiles et sombres. La mélodie funeste du vent passait au travers des chênes presque chauves accompagnait les sanglots de la jeune fille.

Maman était partie... Partie. Un aller sans retour. Un voyage inconnu. La mort.

Sakura était immobile depuis plusieurs heures et pourtant, elle se sentait choir violemment dans le désespoir. La pluie lui glaçait les os alors qu’elle désirait accompagner sa mère visiter les Enfers. Sakura sombrait.

Qu’était-elle sans sa chair ? Rien, elle n’était rien. Alors que faisaient tous ces convives chez elle ? Ils étaient venus pour son père ivre, son frère dépressif et elle, qui ne cessait de pleurer. Autrement dit, ils étaient venus pour rien.

Elle aurait voulu rester plantée là éternellement à contempler les nuages et à se laisser bercer par la pluie, mais pour sa mère elle devait rejoindre ces hypocrites vêtus de noir. Pour l’honneur. Alors elle mit un pied devant l’autre, titubant comme s’il s’agissait de ses premiers pas.

Après quelques minutes de marche macabre et les pieds imprégnés de boue, elle passa le pas de la porte d’entrée. La lumière du salon l’éblouit et l’espace d’un instant, et elle ferma ses yeux pour tenter de chasser ces désagréables taches colorées obstruant sa vision. Les rouvrant lentement et continuant sa marche, elle distingua vaguement les silhouettes des convives un peu partout dans la salle et tenta en vain de les éviter.

L’orpheline parcourut alors les quelques mètres qui la séparaient du vieux fauteuil de cuir comme s’il s’agissait d’un chemin infini. Elle poussa un énorme soupir de soulagement lorsqu’elle se laissa tomber dessus. Les yeux mi-clos, elle entendit diverses voix mielleuses lui murmurer leurs condoléances, mais elle n’écoutait pas. Elle se laissait bercer par leur désagréable symphonie sans prendre la peine de répondre quoi que ce soit. Mais au bout d’interminables secondes, une voix, une seule, la fit sursauter de tout son être et écarquiller les yeux d’effroi.

« Mes condoléances, Sakura. »

Cette courte mélodie la fit frissonner comme jamais. Aucun mot n’était assez fort pour décrire ce qu’elle venait d’entendre, doux, glacé, effrayant, sombre. Sa tête se vidait lentement, ne laissant indemne que le souvenir de cette voix grave. Elle lui était parvenue aux oreilles comme une brise lointaine que seule elle pouvait entendre. Un ardent désir de connaître la provenance de cette magie la prit aux tripes et elle releva violemment la tête vers le milieu de la pièce. Sans comprendre comment, elle sut tout de suite que cette voix lui appartenait.

Parmi les hommes et femmes en noir dans la salle, il était là, debout et silencieux, fixant la rose. Son visage semblait immuable, sculpté dans la pierre blanche tel une divinité olympienne. Aucune imperfection n’avait osé se loger sur un quelconque endroit de son visage si pur. Les fils anthracite de sa chevelure s’entrelaçaient gracieusement autour de son visage ornant ainsi le chef d’œuvre divin.

Puis lorsqu’elle croisa son regard, un délicieux frisson la parcourut. Il ne fallut pas plus de quelques instants pour que son esprit s’y perde comme pour toujours. Plus noir que toute l’assemblée, plus noir que ses funestes pensées. Cette alchimie sombre l’attirait irrévocablement vers lui.

Ce fut sans s’en apercevoir qu’elle s’était levée et mise en marche vers lui, bousculant encore une fois les convives. L’impression d’aller à la cueillette aux fruits défendus grandissait en elle et la faisait presser le pas chaque seconde. Son cœur s’emballait à chaque pas et elle ferma les yeux, toute retournée.

Mais lorsqu’elle les rouvrit, il n’y avait plus rien. Disparu...

Sakura tendit l’oreille dans l’espoir de réentendre quelque chose mais tout ce qu’elle perçut fut le brouhaha incessant de la petite foule. Elle se frotta les yeux mais en vain : elle fut forcée de constater que l’inconnu n’était qu’illusion.

Et les secondes, les heures, les jours passèrent sans qu’elle ne s’en remette. C’était idiot... Elle ne comprenait rien à ce qu’il lui arrivait mais elle s’en fichait. Tout ce qui l’importait était de revoir son image, réelle ou non.

Une année s’écoula.

Le ciel immaculé l’éblouissait par les rayons invisibles de son soleil. Un vent givré lui agressait les joues meurtries par les larmes versées. Et encore une fois, les chênes environnant dansaient en silence. Les brins d’herbe gelés craquaient sous ses pieds.

Papa était parti... A jamais et vers une destination bien connue : l’Au-delà.

Sakura se mit en marche et pourtant, elle avait l’impression d’être retenue par sa tristesse, près de la tombe fraîche et déjà verglacée de son paternel.

Rien ne pouvait la consoler et la seule vue de son frère en larmes l’enfonçait encore plus dans le désarroi. La clarté du ciel n’enlevait rien aux ténèbres de ses pensées. Sachant parfaitement que personne ne pouvait changer quelque chose, elle entra dans sa demeure et fit face à la fatale réalité. Elle s’installa dans son fauteuil sans un bruit et soupira longuement.

Encore ces mêmes convives... Encore ce même manège. Mais était-ce possible que...

« Mes condoléances, Sakura. »

Sa respiration se bloqua un instant. Cette voix, cette douce chanson... C’était lui. D’un seul coup elle se leva, bien décidée à ne plus le perdre de vue.

Comme dans un cauchemar, la distance qui la séparait de lui ne semblait vouloir se raccourcir et elle accéléra ses pas, poussant parfois un ou deux convives surpris. S’efforçant de ne pas fermer les yeux et de les garder rivés sur son mirage, elle le vit se diriger vers la sortie et le suivit.

Sans se demander à quelle vitesse il avait pu se retrouver assis sur le petit muret de briques rouges au loin, elle courut à toute vitesse, manquant de trébucher sur le verglas et s’essoufflant de seconde en seconde.

Un large sourire s’étendit sur ses lèvres roses lorsqu’elle arriva près de lui et s’y assit. Lentement, elle sentit ce terrible regard noir se tourner vers elle et la sonder. Sakura ouvrit la bouche et la referma à plusieurs reprises avant de lâcher, sans réfléchir :

« Qui es-tu ? »

Sa voix était complètement éraillée et tremblotait. Et plutôt que de lui répondre, l’inconnu se releva et la scruta avant de tendre une main d’une blancheur à la fois fascinante et cadavérique pour la porter à la joue de l’orpheline.

Sakura ferma les yeux, ignorant tant que possible son cœur qui s’affolait.

Cette caresse ne dura qu’une ou deux secondes, comme un souffle glacé. La sensation était si agréable et si terrible à la fois. Elle sentit chaque parcelle de sa peau frémir et geler pour quelques instants, avant de retrouver leur couleur rosée et de sentir une douce chaleur l’envahir.

Et comme elle s’y attendait contre son gré, désormais, lorsqu’elle ouvrit les yeux seul le paysage immaculé lui faisait face, fade, triste, calme. Tout était redevenu comme avant.

Et encore une fois, les minutes, les heures, les jours passèrent sans qu’elle ne se remette de son absence, tantôt pleurant, tantôt riant de sa déchéance.

Mais elle le savait, un jour, oui, il allait forcément revenir pour la voir, pour lui souhaiter ses condoléances. Et ce jour arriva six mois plus tard.

Le soleil l’agressait de ses puissants rayons lumineux et pas une seule brise ne venait rafraîchir sa peau brûlante. Les arbres demeuraient immobiles, à observer sagement la scène en laissant tomber une feuille ou un fruit de temps à autre. L’herbe était sèche, jaunâtre et la terre de la tombe fraîchement creusée était déjà craquelée sous toute cette chaleur.

Son frère était parti. Parti, pour toujours, à jamais, peu importait. Chacune de ses larmes lui brûlait un peu plus la peau et lui asséchait les yeux.

Sakura ne pensait plus rien, la tête baissée. Toutes ses pensées étaient confuses et sans l’avoir voulu, elle courut vers le petit muret de pierres rousses près de sa demeure. Elle n’éprouvait pas la moindre envie de croiser les convives ; elle voulait tout de suite passer à l’essentiel.

Comme s’il avait deviné ses intentions, son mirage était là, sagement assis à contempler le ciel azur dépourvu de nuages.

« Mes condoléances, Sakura.

— Dis-moi ton nom, s’empressa-t-elle de répondre.

— En es-tu sûre ?

— Non... Non ! Je ne veux rien, excepté que tu m’emmènes au Diable. »

Ce fut la première fois qu’elle le vit sourire, découvrant une rangée de dents immaculées et plissant légèrement ses yeux. Alors, sans qu’elle s’y attende, il prit son visage entre ses mains glacées et y déposa un baiser aussi chaste que brûlant.

« C’est déjà fait, Sakura... C’est déjà fait. »

Toute étourdie, elle ouvrit les yeux et constata avec effroi qu’in ne restait plus qu’un paysage caniculaire face à elle.

Et les minutes, les heures, les jours passèrent. Les mois passèrent, les années passèrent, sa vie entière s’écoula dans les larmes et le désarroi.

Voilà ce qu’il en coûte de vouloir à tout prix revoir une illusion, Sakura. Maintenant tu as tout perdu.

Voilà ce qu’il en coûte d’avoir tué toute sa famille pour un vulgaire mirage.


Commentaires : ICI !
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageRe: Mes One-Shots   Publié le :

Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre :
 

Mes One-Shots

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Parting Shots (1999)
» Boite à one shots
» Hot Shots (1 et 2)
» Multi shots avec une silvia
» [One-Shots][Divers] Les Ones-Shots d'IPM
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Phoenix Fictions  :: Publications :: Animés/Manga :: Fanfictions :: Naruto-

Suivre Phoenix Fictions

FacebookTwitter
Myspace

Design et contenu faits pour Phoenix Fictions, merci de ne pas les utiliser sans permission
Forum propulsé par Forumactif.
Webmaster : MikanThème : Phoenix Fictions v 5.0©.
Dernière mise à jour le 03/03/2015