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 L'enseignement

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Killy
Iznogood

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MessageL'enseignement   Publié le : Mer 13 Oct 2010 - 17:34

Bien le bonsoir ! Ici Killy en direct de son lieu de job, mais bon, c'est pas ça le sujet !
Alors, aujourd'hui, qu'avons-nous en stock, côté débat...Hum...Ah oui, tout est dans le titre !
Donc, la question qui va lancer le débat sera simple : pensez-vous que l'enseignement, de la façon dont il est dispensé en France, est adapté à ses élèves/étudiants de nos jours ?
Personnellement j'ai un avis bien précis sur la question, souhaitant travailler dans l'enseignement dans un avenir plus ou moins proche, cependant je serai curieux de recueillir ici quelques avis sur la question...Alors...Place au débat ^^

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doragon
Tache d'Encre

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Jeu 14 Oct 2010 - 12:07

Je te répondrai par une boutade ; cela fait belle lurette que l'enseignant doit faire tout ... sauf enseigner !

Voici les métiers passionnants auxquels vous vous destinez vous, futurs enseignants :

Assistante sociale, orthophoniste, psychothérapeute, médecin traitant, nourrice gratuite, assumer la totalité des spécialités dispensées dans les centres médicaux sociaux, faire des plus-values, organiser la cantine, les études, garder les enfants quand les parents sont chez le gynécologue (7 fois pas mois), à Carrefour à 18h30 du soir, éduquer, faire le parent à la place de ( pas enseigner hein) ...

Mais, nous ne sommes pas du tout compétent pour enseigner puisque nous n'avons qu'une voix consultative pour les décisions d'orientation !

BIENVENUE DANS CE MONDE MERVEILLEUX QUI VA LE DEVENIR ENCORE PLUS

Waouhhhhhh, d'autant que l'on va faire tout ce qui est cité plus haut jusqu'à 70 ans. Enfin, je parle pour moi hein, car vous, il faudra ou euthanasier les vieux ou travailler jusqu'à votre dernier jour inscrit dans le death note.

Mouahahahah, et là, je positive !
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Hamtaro
Bettapouale

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Jeu 14 Oct 2010 - 12:37

Mais tout ça, c'est valable jusqu'au ... aller, au lycée, pour viser large. Mais au-dessus, c'est fini, on enseigne pour de vrai !

J'ai appris un truc récemment, sur les horaires scolaires très mal adaptés, paraît-il, aux enfants et aux adolescents. En gros, les enfants devraient commencer à 8h, et finir tôt dans la journée/soirée, alors que les adolescents devraient commencer vers 9h30 et finir plus tard. Une histoire de décalage de sommeil dû à une hormone.

Moi ça me plairait bien... ¬¬

C'est marrant, Dodo, mais dans nos cours de didactique, on nous raconte pas tout ce que tu dis ! Il va falloir apprendre sur le tas... Enfin, merci de prévenir en tout cas XD

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WillTMG
Tache d'encre

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Jeu 14 Oct 2010 - 12:53

Moi je viens d'entrer à l'IUFM et j'ai déjà envie de me pendre... Les profs avec la nouvelle réforme sont aussi largués que nous ! On est pas arrivés !

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doragon
Tache d'Encre

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Jeu 14 Oct 2010 - 13:18

Qu'est-ce qu'enseigner pour de vrai ?

Ou plutôt qu'est-ce qu'enseigner ?

Transmettre du savoir uniquement, du savoir-faire, du savoir être ?

1- Avant de mettre la charrue avant les boeufs et de trouver tout un tas d'excuses (horaires, vacances trop longues etc.), il faudrait revenir, et de toute urgence, à une vieillerie bien oubliée "LA PEDAGOGIE". Maintenant, on demande au futur prof, une somme de connaissances impressionnante pour les concours de l'enseignement ; cependant, s'il est incapable de transmettre un savoir et de mettre ses élèves en situation d'apprentissage, ses élèves ne progresseront pas même s'il possède un doctorat en mathématiques.

2- Ensuite, enseignement et vision utopiste du monde ne font pas bon ménage. Il est de bon ton et politiquement correct de dire que tout le monde a les mêmes chances à l'école. Ouhhhhhhh, je rigole. Car un enfant de CP dont la langue maternelle n'est pas le français et dont les parents ne parlent pas ou peu la langue française à la maison part déjà avec un gros handicap.

Tout le monde n'a pas les mêmes envies et compétences alors plutôt que de s'acharner à tirer au bac 80% d'une tranche d'âge, favorisons les filières spécialisées et plus courtes. Je peux vous garantir qu'un type sortant avec un CAP passé chez les Compagnons du devoir se verra offrir un pont d'or dû à l'excellence de la formation. Certes, c'est ce que l'on appelait autrefois les filières "manuelles". Ouhhhhhh, il ne faut plus employer ce terme car c'est mal, cela sous-entend qu'on qualifie ces élèves de bêtes car ils ne vont pas au bac et ensuite dans la sacro-sainte faculté.
Le problème est la fermeture de ces établissements proposant des métiers qualifiés.

3- Continuons dans le politiquement correct : l'obligation d'accueillir tous les enfants présentant tous types de handicap. Traduction dans le milieu scolaire : des classes ne fonctionnant pas car très perturbées, des enfants en très grande souffrance laissés sans soins spécialisés effectués par des personnels soignants formés. Sous couvert d'intégration, on laisse des enfants se dégrader. On ferme les structures d'enseignement spécialisées. C'est ignoble et scandaleux.
Comment enseigner à lire à 28 élèves avec un enfant autiste, hurlant toute la journée, se mutilant tellement la collectivité lui est insupportable ? Ces 28 enfants sont en droit de recevoir l'enseignement qui leur est dû et l'enfant en souffrance doit recevoir tous les soins auxquels tout être humain a droit. Mais, il y a des priorités économiques !!!
Dans un autre genre et par mesure d'économie toujours, la fermeture progressive des Réseaux d'Aide Spécialisée : qui prendra en charge les enfants présentant des troubles de l'apprentissage nécessitant une rééducation spécialisée ? (toutes les pathologies en dys : dysphasie, dyspraxie etc).


Bien sûr, on peut choisir l'enseignement supérieur mais ma question sera la suivante : les élèves ont-ils réellement besoin d'un professeur à ce niveau ?
Je peux paraître très pessimiste mais ne vous y trompez pas, j'y crois encore et s'il faut être un des derniers "hussards noirs" de la République et bien je le serai ! Enseignant est un très beau métier, passionnant qui apprend beaucoup sur les autres et sur soi-même. Encore faut-il le choisir pour de bonnes raisons et pas parce que l'on a beaucoup de vacances et peu d'heures de cours dans le supérieur ...





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Whyle
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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Lun 10 Jan 2011 - 3:48

Hm ... J'ai essayé de bien lire et comprendre vos arguments et j'en suis arrivée à la conclusion que vous ne parlez presque pas des répercussions sur les élèves.

Je comprends ton indignation, doragon. Surtout pour les handicapés. Mais ne nous voilons pas la face. D'après toi, pourquoi leur enseignement est aussi "bâclé" voire mis de côté ? Parce que la très grande majorité ne pourra pas "utiliser" leurs études pour se permettre de trouver un emploi. Suis cette logique horrible : ils ne seront pas sur le marché du travail, alors à quoi bon les aider à étudier ? C'est un cercle vicieux, moins ils peuvent étudier, moins ils seront sur le marché du travail ... Comment y remédier ? En foutant des taxes au patron pour qu'il les embauchent ? Je crois que c'est déjà fait et qu'il préfère largement les payer. Bref ... ça m'attriste profondément.

Je vais changer de sujet. Passons maintenant à ce que je pense comme un vrai problème. Les élèves.
Là, je pense qu'il y a un gros, gros problème. Je ne vais même pas parler des inégalités. Je vais juste dire que je pense qu'une certaine partie des élèves ne croient plus en l'enseignement. Allez-y, demandez leur ce qu'ils pensent parfois de leur prof ! Soit ils ont un prof excellent qui se déchire pour eux et ils sont contents. Soit ils traitent leur prof de glandeur, d'imbécile, d'injuste et de profondément ennuyeux. Je le sais, je parle souvent à des jeunes élèves. C'est vraiment affreux ! Ils ne respectent même pas leur prof et trouvent que ce qu'ils apprennent ne sert à rien.
En dehors de ce problème, je pense que notre système est vraiment trop con. Prenons un exemple avec la suprématie de la S au lycée. Dites moi que j'ai tort. J'y suis allée, même en spé maths. Notre prof de seconde nous répétait souvent : c'est la voie royale qui vous ouvrira toutes les portes.

Passons à un autre problème. Les cours, la surcharge de travail. J'ai eu la chance d'aller en Allemagne, et là les choses sont différentes.
Les élèves ont certes moins de vacances, mais leur cours sont mieux répartis. Ils ont cours le matin et l'après-midi libre pour leur activité. Eux, au moins, n'ont pas la pression que nous avons. Des journées de 8hà18h, des contrôles tout le temps, parfois jusqu'à 4 dans la journée, une montagne de devoir ... Je ne pense pas que ça soit sain pour assimiler et avoir l'envie d'apprendre. Et des vacances de deux voire trois mois ne compensent guère. Au contraire, je connais pas mal de gens qui s'y font chier.

Alors oui, je suis dégoutée de l'enseignement. Sans parler de la compétition des notes, du classement dans certaines filières.
Je ne connais pas l'envers du décor pour les enseignants, comment ça se passe pour eux. Mais je ne pense pas qu'ils soient à blâmer, dans leur majorité.
Seulement, y'en a quelques uns qui font des abus (absences répétées, contrôles corrigés au bout de deux mois, et la perle : une dame qui était toujours payée pour enseigner alors que ça faisait trois ans qu'elle n'avait pas vu un élève et qu'elle n'était pas en congé maladie) et qui pourrissent la réputation des autres.

Faut dire, quand des salariés ou même des libéraux se tuent à la tâche et font pas mal de boulot sans presque de congés payés (véridique pour les libéraux, mon père fait 7h22h du lundi au samedi avec 15 jours de vacances par an) et qu'ils voient les profs faire la grève alors qu'ils ont des heures de travail favorables, des avantages multiples comme les vacances payées, et surtout qu'ils voient les abus ... et bien ça les dégoute parfois et transmettent cela à leurs enfants.
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Killy
Iznogood

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Jeu 27 Jan 2011 - 4:57

Doragon a écrit:
1- Avant de mettre la charrue avant les boeufs et de trouver tout un tas d'excuses (horaires, vacances trop longues etc.), il faudrait revenir, et de toute urgence, à une vieillerie bien oubliée "LA PEDAGOGIE". Maintenant, on demande au futur prof, une somme de connaissances impressionnante pour les concours de l'enseignement ; cependant, s'il est incapable de transmettre un savoir et de mettre ses élèves en situation d'apprentissage, ses élèves ne progresseront pas même s'il possède un doctorat en mathématiques.

C'est tout à fait vrai, ça. On se plaint souvent de nos profs, tout le long de notre scolarité, mais bien qu'il y ait toujours une part d'exagération, il s'avère que OUI, certains profs n'ont vraiment rien à faire là. Parce qu'ils n'ont aucune fibre pédagogique, tout simplement. Alors il serait en effet important de créer une matière 'la pédagogie' pour tout cursus destiné à nous mener vers le professorat.

Whyle a écrit:
En dehors de ce problème, je pense que notre système est vraiment trop con. Prenons un exemple avec la suprématie de la S au lycée. Dites moi que j'ai tort. J'y suis allée, même en spé maths. Notre prof de seconde nous répétait souvent : c'est la voie royale qui vous ouvrira toutes les portes.

Il me semble que l'on cherche actuellement à réévaluer les deux autres sections générales...Il était temps, espérons que cela porte ses fruits. Sinon je pense que dès le lycée, on devrait avoir un plus large choix de spécialisation. Par exemple, le féru d'histoire, qui sait déjà ce qu'il veut faire après son bac, pourrait avoir un cursus personnalisé qui mettrait en avant des matières comme le français et...l'histoire (noooon...). A quoi cela sert-il de vouloir à tout prix nous inculquer des choses qui, de toutes façons, ne nous servirons jamais plus tard ? C'est bien d'avoir une base commune de connaissances, mais il y a quand même matière à discussion pour la personne qui se dirige vers des études supérieurs en lettres et qui est obligée de se farcir de la géométrie dans l'espace...


Citation :
Passons à un autre problème. Les cours, la surcharge de travail. J'ai eu la chance d'aller en Allemagne, et là les choses sont différentes.
Les élèves ont certes moins de vacances, mais leur cours sont mieux répartis. Ils ont cours le matin et l'après-midi libre pour leur activité. Eux, au moins, n'ont pas la pression que nous avons. Des journées de 8hà18h, des contrôles tout le temps, parfois jusqu'à 4 dans la journée, une montagne de devoir ... Je ne pense pas que ça soit sain pour assimiler et avoir l'envie d'apprendre. Et des vacances de deux voire trois mois ne compensent guère. Au contraire, je connais pas mal de gens qui s'y font chier.

J'avoue que le système allemand semble être une bonne alternative. Après, j'imagine qu'il comporte également certains défauts, qui nous sont encore inconnus.


Citation :
Alors oui, je suis dégoutée de l'enseignement. Sans parler de la compétition des notes, du classement dans certaines filières.

Vive la charmante loi de la méritocratie, bien propre à la culture française (bien que ce soit également le cas dans d'autres pays), qui contribue allègrement à ces fléaux. En primaire, c'est rigolo de figurer en top de classement et de crier à son copain qu'on est du coup plus intelligent que lui. Ca l'est déjà moins quand on croit encore à cela bien des années après...

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Naelin
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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Dim 6 Fév 2011 - 4:41

Killy a écrit:

C'est tout à fait vrai, ça. On se plaint souvent de nos profs, tout le long de notre scolarité, mais bien qu'il y ait toujours une part d'exagération, il s'avère que OUI, certains profs n'ont vraiment rien à faire là. Parce qu'ils n'ont aucune fibre pédagogique, tout simplement. Alors il serait en effet important de créer une matière 'la pédagogie' pour tout cursus destiné à nous mener vers le professorat.

C'est exact. Cependant, je pense qu'il ne faut pas généraliser, il y a des profs géniaux, qui font passer leur enseignement comme une lettre à la poste (Quand elle n'est pas en grève ! *SBAF*). Mais c'est vrai qu'il faut songer à réformer l'enseignement d'une autre manière... aujourd'hui, c'est la voie vers la catastrophe (Allez mettre des nouveaux profs directement devant des élèves... c'est intenable, il faut les former au fur et à mesure...

Whyle a écrit:
En dehors de ce problème, je pense que notre système est vraiment trop con. Prenons un exemple avec la suprématie de la S au lycée. Dites moi que j'ai tort. J'y suis allée, même en spé maths. Notre prof de seconde nous répétait souvent : c'est la voie royale qui vous ouvrira toutes les portes.

Killy a écrit:
Il me semble que l'on cherche actuellement à réévaluer les deux autres sections générales...Il était temps, espérons que cela porte ses fruits.

Une belle blague. Ma mère (Prof d'allemand de son état) m'a donné les élément de la réforme de la première... c'est juste minable. La S garde sa suprématie, on nous colle du droit en L... et de "l'enseignement des problèmes politiques". Euh... mais pourquoi c'est "Littéraire" le nom de la filière ? Je ne suis pas contre le droit, mais... dans ce cas, faisons comme Killy le dit :
Killy a écrit:
Sinon je pense que dès le lycée, on devrait avoir un plus large choix de spécialisation. Par exemple, le féru d'histoire, qui sait déjà ce qu'il veut faire après son bac, pourrait avoir un cursus personnalisé qui mettrait en avant des matières comme le français et...l'histoire (noooon...). A quoi cela sert-il de vouloir à tout prix nous inculquer des choses qui, de toutes façons, ne nous servirons jamais plus tard ? C'est bien d'avoir une base commune de connaissances, mais il y a quand même matière à discussion pour la personne qui se dirige vers des études supérieurs en lettres et qui est obligée de se farcir de la géométrie dans l'espace...
En gardant une réserve pour ceux qui ignorent ce qui veulent faire plus tard au lycée (Et ils sont nombreux.)

Citation :
Passons à un autre problème. Les cours, la surcharge de travail. J'ai eu la chance d'aller en Allemagne, et là les choses sont différentes.
Les élèves ont certes moins de vacances, mais leur cours sont mieux répartis. Ils ont cours le matin et l'après-midi libre pour leur activité. Eux, au moins, n'ont pas la pression que nous avons. Des journées de 8hà18h, des contrôles tout le temps, parfois jusqu'à 4 dans la journée, une montagne de devoir ... Je ne pense pas que ça soit sain pour assimiler et avoir l'envie d'apprendre. Et des vacances de deux voire trois mois ne compensent guère. Au contraire, je connais pas mal de gens qui s'y font chier.
Killy a écrit:

J'avoue que le système allemand semble être une bonne alternative. Après, j'imagine qu'il comporte également certains défauts, qui nous sont encore inconnus.

Une bonne alternative ? Absolument pas. J'ai aussi eu l'occasion d'aller souvent en Allemagne, je connais élèves et profs allemands, et j'ai les résultats internationaux... l'Allemagne a l'un des pires système d'enseignement au monde. C'est vrai que sur le papier, ça sonne bien... mais c'est une erreur : 45 minutes pour un cours, enlevez l'intercours => Vous pouvez faire un cours en 40 minutes ?
La liberté est bien plus grande en Allemagne au niveau scolaire, c'est un fait, mais ça a des effets contre-productif (Beaucoup de j'menfoutisme en classe... bon, là dessus, on est pas mieux, je l'admet.) Mais la surcharge de travail est un problème évident (Et encore, là je te dis que c'est très gentil au lycée. En prépa c'est juste odieux... et je crois que ma prépa est gentille.).

Citation :
Alors oui, je suis dégoutée de l'enseignement. Sans parler de la compétition des notes, du classement dans certaines filières.

Killy a écrit:
Vive la charmante loi de la méritocratie, bien propre à la culture française (bien que ce soit également le cas dans d'autres pays), qui contribue allègrement à ces fléaux. En primaire, c'est rigolo de figurer en top de classement et de crier à son copain qu'on est du coup plus intelligent que lui. Ça l'est déjà moins quand on croit encore à cela bien des années après...

La méritocratie et l'élitisme ne sont pas mauvais, pour moi... les notes et tout cela, il faut juste essayer de comprendre le vrai interêt de la chose. Ma prof d'histoire, cette année, nous dit, à chaque fois qu'elle rend un devoir "Ce n'est pas vous que je note, c'est votre travail. Vous ne valez pas une note, on ne note pas un humain" (Soit dit en passant, c'est ce qu'on fait en entreprise, la compétition, tout cela... bienvenue dans le capitalisme, la concurrence, et tout le tralala. Encore une fois, n'est-ce pas le système, le problème ?)
La méritocratie permet la progression sociale, cependant, elle est à revoir pour qu'elle le fasse réellement.
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Killy
Iznogood

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Mar 15 Fév 2011 - 6:48

Naelin a écrit:



Citation :
Alors oui, je suis dégoutée de l'enseignement. Sans parler de la compétition des notes, du classement dans certaines filières.

Killy a écrit:
Vive la charmante loi de la méritocratie, bien propre à la culture française (bien que ce soit également le cas dans d'autres pays), qui contribue allègrement à ces fléaux. En primaire, c'est rigolo de figurer en top de classement et de crier à son copain qu'on est du coup plus intelligent que lui. Ça l'est déjà moins quand on croit encore à cela bien des années après...

La méritocratie et l'élitisme ne sont pas mauvais, pour moi... les notes et tout cela, il faut juste essayer de comprendre le vrai interêt de la chose. Ma prof d'histoire, cette année, nous dit, à chaque fois qu'elle rend un devoir "Ce n'est pas vous que je note, c'est votre travail. Vous ne valez pas une note, on ne note pas un humain" (Soit dit en passant, c'est ce qu'on fait en entreprise, la compétition, tout cela... bienvenue dans le capitalisme, la concurrence, et tout le tralala. Encore une fois, n'est-ce pas le système, le problème ?)
La méritocratie permet la progression sociale, cependant, elle est à revoir pour qu'elle le fasse réellement.


Je pense tout de même que la méritocratie en elle-même n'est pas une bonne chose : en quoi une personne qui obtient un 15 à un concours (pour être prof, disons) est-elle plus à même d'enseigner qu'une personne qui aura un 9 ? Là on récompense le mérite, au mépris d'autres donnes, parce que si ça se trouve, la personne éliminée à l'issue du concours avait des talents à enseigner que l'autre qui a été reçu n'a pas. Le concours de prof n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, c'est dommage que l'on juge compétent les personnes en fonction de leur taux de connaissances plutôt qu'en leur capacité à occuper des postes. Cela dit je suis d'accord que le système en entier est à revoir.

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Vinou
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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Mar 15 Fév 2011 - 7:00

Je ne me sens pas trop de débattre de ce sujet en ce moment, donc je passe juste pour une petite phrase (je reviendrai sans doute développer mes idées avec un gros pavé mais là j'en ai pas le courage).

Je suis tout à fait d'accord avec toi Kiki sur la méritocratie. Je déteste, j'abhorre, je vomis ce système. Parce que quoi qu'on dise comme jolies phrases enrobées de rose bonbon la majorité des professeurs jugent la valeur d'un élève sur ses notes et rien d'autre. Quoique ça doit varier dans les établissements mais là où j'ai fait mes études on avait droit aux qualificatifs glorieux "moins que rien", "nul", "peut espérer devenir balayeur s'il fait des efforts"...
Avoir une bonne note est loin d'être un signe d'intelligence et de compétences, juste d'adaptation optimale à un système. Moi il m'a jamais réussi ce système...
Enfin voilà, je pense que je repasserai poster un "pavé copyright moi-même" un de ces quatre, j'en aurais pas mal à dire sur le sujet...

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Killy
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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Mar 15 Fév 2011 - 7:12

Je ne peux que plussoyer Vinou, j'ai en tête l'exemple d'une amie qui a un master en littérature, qui a les gosses pour passion, qui dispose réellement de cette fibre pédagogique qui manque tant à de nombreux enseignants, et qui, malgré tout, ne sera jamais prof. Pourquoi ? Parce qu'elle n'a pas pu obtenir son examen pour l'être. Un bête examen où l'on demande des quantités astronomiques de connaissances dans de nombreux domaines, et qui ne sera donc réussis que par les grosses têtes. Où est le mérite là dedans ? Ou plutôt, est ce normal que le mérite prenne le pas sur les compétences réelles ?

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Naelin
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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Jeu 24 Fév 2011 - 4:40

Je n'ai jamais dit que le système était bon tel qu'il était. Cette histoire de compétence est aussi agaçante qu'autre chose... les compétences sont loin d'être innées, il faudrait éviter de croire ce genre de chose; L'importance de la socialisation est ici déterminante. Je pense qu'il y a quelque chose à changer, mais l'idée en elle même n'est pas mauvaise : Au départ, ce système est prévu pour permettre la mobilité sociale au sens où, théoriquement, n'importe qui peut apprendre. Malheureusement, la condition sociale reste déterminante plus qu'autre chose, notamment parce que les écoles, bien qu'on essaye de nous faire croire le contraire, ne sont pas égales. Et je pense que s'il y a un problème majeur dans l'éducation nationale, c'est celui là : Les vieux profs sont tous dans des lycées "tranquilles", et les autres, tout jeunes sorti du concours, se retrouvent sans formation au milieu d'élèves dits "difficiles". Génial, non ?
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Zack
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Localisation : Il y a très très longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine


Messageto my mind...   Publié le : Ven 4 Mar 2011 - 14:41

Celon moi, le système éducatif part en cacahuète... Le niveau baisse d'années en années, les élèves sont de plus en plus indisciplinés tandis que les profs sont de moins en moins autoritaire...

De plus on nous balance un flot de savoir (pas toujours utile, mais ça, c'est un avis personel) qui ne nous prépare pas forcement à l'avenir et souvent on ne nous dit pas le but de cela. Exemple tout bête... Qui s'est déjà servi d'un cercle trigonométrique (math) en dehors des cours o_O ou d'une fonction phatique (Français)...

Celon moi l'école devrai former les gens à ce qui les attendent dehors, devrai leur insuffler des valeurs comme la perseverance, la confiance en soi, le respect des autres (d'une manière plus simple, le fait de faire TOUT ce que l'on veux, tant que cela ne lèse personne).
Leur apprendre comment réaliser leurs projets, garder une attitude mentale positive, trouver des solutions à tous ses problèmes...

De plus les moeurs ont changé :/ le respect des professeurs est quasi-inexistant ce qui ne favorise pas cet apprentissage...

Voilà ce que je pense, je prétend pas que c'est la seule véritée, et je suis ouvert aux critiques et autre ^^

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________________________________________________________________________________________________

Un jour, je dominerai le monde !!!!!!

... Mais pas demain, j'apprend l'chinois T.T

"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber mais de se relever à chaque chute"
"Je m'empresse de rire de tout de peur d'avoir à en pleurer"

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Edward Smith
Romancier

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Ven 4 Mar 2011 - 15:17

Zack a écrit:
De plus on nous balance un flot de savoir (pas toujours utile, mais ça, c'est un avis personel) qui ne nous prépare pas forcement à l'avenir et souvent on ne nous dit pas le but de cela. Exemple tout bête... Qui s'est déjà servi d'un cercle trigonométrique (math) en dehors des cours o_O ou d'une fonction phatique (Français)...

L'utile... Toujours cette espèce de lubie de l'utile. Si nous ne devions apprendre que l'utile, cessons d'apprendre l'histoire, la littérature, les arts, la philosophie pourquoi pas... Pardonnez ma rudesse, mais les meilleurs choses dans la vie sont à mon sens ce qui n'est pas utile. L'amour, l'art, le loisir... Ces choses sont parfaitement inutiles à la marche sociale, au monde du travail et au grand capital. Vous ne gagnerez pas plus -vous serez même moins productifs -, vous ne ferez pas grimper un quelconque PIB, vous ne ferez rien progresser en vous abandonnant à ce genres de choses. Pourtant cela me semble aussi, voir plus essentiel que le reste. Traitez-moi d'idéaliste, mais je connais plus de gens riches que de gens heureux.

Zack a écrit:
Celon moi l'école devrai former les gens à ce qui les attendent dehors, devrai leur insuffler des valeurs comme la perseverance, la confiance en soi, le respect des autres (d'une manière plus simple, le fait de faire TOUT ce que l'on veux, tant que cela ne lèse personne).
Leur apprendre comment réaliser leurs projets, garder une attitude mentale positive, trouver des solutions à tous ses problèmes...

La plupart de tes souhaits sont réalisés dans l'enseignement de la philosophie. Encore faut-il que les élèves y prêtent attention. Quand à ce qui nous attend dehors, je te pose la question: qu'est-ce qui t'attends dehors? Moi je n'en sais rien. Une vie rangée derrière un bureau? Une vie d'artiste guitare à la main? Une vie d'écrivain penché sur une feuille de papier? Une vie misérable dans une ruelle à me lamenter sur ce que j'ai perdu? Je ne le sais pas moi-même, l'école aura bien du mal à me l'enseigner.
Quand aux valeurs que tu proposes, permet-moi de te dire que l'école n'est pas en cause fondamentalement. La société n'apprend pas les valeurs dont tu parles. elle reste muette face à tes questions, et c'est bien de ça dont nous devons, à mon sens, avoir peur. Je te précise que lorsque tu évoques le respect des autres, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen indique ceci:

"La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui."

La magnifique notion de liberté (ironie) comporte en réalité déjà ce dont tu parles. Or, cette constitution devrait refléter notre société. Une société qui crie au profit, qui accepte le fait que des gens, les traders, jouent avec la vie de centaines de milliers d'employés en pariant sur le court d'actions. Une société qui accepte le sacrifice des pauvres pour les plus riches. Une société capitaliste qui demande à la liberté de se limiter au tord causé par autrui. Nous vivons dans ce paradoxe continue, et l'école n'est qu'un organe de l'État qui promeut cette société. L'éducation que tu sembles souhaiter - et que je pense nous souhaitons tous - est à mon sens impossible dans un monde où la morale n'est qu'une sorte d'outil politique pour attirer l'électeur moyen.

Tu évoques également le respect envers les professeurs. C'est un non-respect très médiatisé pour descendre notre "décadence juvénile". A la vérité, je ne vois plus de respect nul part. Je vois des gens qui toisent une caissière au supermarché d'un air maussade en lui demandant d'aller plus vite parce que leur temps compte. Je vois des gens qui se plaignent de cinq minutes de retard pour une quelconque prestation de service. Je vois des gens qui ne disent plus bonjour à personne. Je vois des gens sur la défensive lorsqu'on s'adresse à eux. Je vois des gens qui râlent sur ces "fainéants de fonctionnaires" et sur ces "branleurs de grévistes". Je vois des gens qui iraient bien "buter de l'arabe". Je vois des gens qui iraient bien "buter du blanc". Ce que je vois également, c'est que ces gens ont des excuses. La femme qui toisait la caissière devait rentrer au plus vite pour voir ses enfants malades. L'homme qui se plaignait du retard de son médecin était un peu stressé par son travail. Le vieil homme qui ne salue pas le chauffeur de bus n'avait pas à le saluer en premier. La jeune fille à qui j'ai adressé la parole pour lui demander l'heure a eu quelques problèmes avec des jeunes la semaine passée. La femme au foyer qui s'indigne devant les fonctionnaires n'a rien contre eux, mais tout de même ils ont la sureté de l'emploi et les congés. Contre les grévistes non plus, mais ils bloquent la circulation. Cet homme qui veut "buter de l'arabe" a eu de mauvaises expériences avec quelques musulmans, et inversement pour celui qui aimerait "buter du blanc". Nous avons tous des excuses. Nous sommes tous des cas isolés, à des moments isolés. Et pourtant au final, sans nous en rendre compte, nous formons cette société" maussade, terne, aux valeurs bancales et contradictoires avec le système.

Alors le rôle de l'école dans l'apprentissage du respect? On me l'a apprit. Mes parents l'ont fait. C'est leur rôle. Le reste la vie me l'a apprise. C'est aussi son rôle. L'école a eu une part de responsabilité. Cependant, elle n'est pas tout, elle ne peut rien faire seule. Je ne la dédouane pas, je ne dis pas qu'elle ne mérite pas réformes et débats, bien au contraire, il y a des débats de formes extrêmement importants à avoir,d es débats triviaux mais d'une grande importance. Cependant, pour le fond, l'école n'est à mon sens qu'une institution à laquelle on demande des choses qu'elle ne peut pas offrir.
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Hamtaro
Bettapouale

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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Sam 5 Mar 2011 - 3:47

Sans grand développement, je pense effectivement qu'il ne faut pas négliger le rôle des parents.

Zack a écrit:
Celon moi l'école devrai former les gens à ce qui les attendent dehors, devrai leur insuffler des valeurs comme la perseverance, la confiance en soi, le respect des autres (d'une manière plus simple, le fait de faire TOUT ce que l'on veux, tant que cela ne lèse personne).
Leur apprendre comment réaliser leurs projets, garder une attitude mentale positive, trouver des solutions à tous ses problèmes...

Selon moi, c'est justement ça le rôle des parents, pas celui de l'école, ou du moins à un moindre niveau. Aujourd'hui, on crache sur les profs parce qu'ils ne font pas ce que les parents devraient faire. Les profs ne sont pas les parents, ils ne peuvent pas faire leur boulot et en plus combler les lacunes créées par les parents. Ce n'est pas le cas de tous, évidemment, mais comme on ne parle que des problèmes dans les médias, on a l'impression qu'il n'y a que ça.

Edward Smith a écrit:
Alors le rôle de l'école dans l'apprentissage du respect ? On me l'a apprit. Mes parents l'ont fait. C'est leur rôle. Le reste la vie me l'a apprise. C'est aussi son rôle. L'école a eu une part de responsabilité. Cependant, elle n'est pas tout, elle ne peut rien faire seule. Je ne la dédouane pas, je ne dis pas qu'elle ne mérite pas réformes et débats, bien au contraire, il y a des débats de formes extrêmement importants à avoir,d es débats triviaux mais d'une grande importance. Cependant, pour le fond, l'école n'est à mon sens qu'une institution à laquelle on demande des choses qu'elle ne peut pas offrir.

Je suis tout-à-fait d'accord. Et puis, refaisons un peu d'histoire (je ne suis pas experte, mais je lance l'idée) : quand l'école n'existait pas, comment s'effectuait la transmission des savoirs ? N'étaient-ce pas les parents, l'entourage proche qui accomplissaient ce rôle ? Aujourd'hui, la diversité et l'ampleur des savoirs nécessitent des gens qui les maîtrisent, les professeurs qui sont plus ou moins spécialisés dans leur matière. Mais éduquer l'enfant aux notions de citoyenneté et à la vie en société (liberté, respect, confiance en soi, débrouillardise, etc), ça reste avant tout le rôle de la famille.

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doragon
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MessageRe: L'enseignement   Publié le : Mar 8 Mar 2011 - 10:12

Je pense qu'il faut aussi faire une distinction entre les différents niveaux d'apprentissage. Un professeur de lycée n'a pas tout à fait le même public ni les mêmes objectifs d'apprentissage qu'un professeur des écoles.
Déjà, il y a la notion de polyvalence puisque l'enseignant du premier degré a la charge de l'ensemble des matières en plus des matières fondamentales comme les maths et le français. Ensuite, il n'y a pas eu "l'écrémage" . Ce mot va choquer mais c'est une réalité. Au Lycée, les élèves en très grosses difficultés ont disparu puisque l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans et qu'en général, il y a eu une grosse sélection au collège.

En école primaire, les programmes sont très chargés comme les classes d'ailleurs. Les moyens mis en place pour les zones dites prioritaires sont en train de disparaître (RASED avec psy, enseignants spécialisés, les moyens REP etc.). La loi de 2002 sous couvert d'égalité oblige l'école à scolariser des enfants parfois très lourdement handicapés qui sont livrés à eux-mêmes sans soins et qui ajoutent à la difficulté d'enseigner aux autres. Mais, dire ça, c'est se faire taxer de personnes intolérantes qui n'acceptent pas les différences.

Alors que l'état fait des économies en fermant les postes spécialisés, en fermant les établissements spécialisés. Les enfants, sous couvert d'être "comme tout le monde", sont laissés sans soins et leurs familles sont plongées dans un isolement dramatique d'autant qu'ils ne savent plus quoi faire de leurs enfants ensuite puisque les portes des collèges-lycées leur sont fermées en raison des pathologies comportementales lourdes de ces enfants.

Venons-en aux fameux rythmes scolaires : toutes les réformes sont impossibles car les personnes vivant du tourisme ont leur mot à dire et font pression sur le gouvernement. C'est pour cela que nous sommes revenus aux 15 jours pleins de petites vacances car lorsque la semaine était amputée, les locations ne se faisaient pas. On veut réduire les grandes vacances ? Allez le dire aux hôteliers de la Côte d’Azur ? Aux entreprises qui ferment au mois d’août et j’en passe. Bref, il y a tellement d’enjeux économiques que les rythmes scolaires ne sont pas prêts de changer.
Il est aussi difficile de penser une semaine de classe ; ne serait-ce qu'avec les impératifs de travail des parents auxquels on ne peut pas reprocher de travailler. Le modèle allemand où l'après-midi est consacré aux activités artistiques et sportives a ses limites puisque la plupart de ces activités sont payantes. Cela aggraverait encore la fracture sociale entre les écoles dans des quartiers aisés et les écoles moins favorisées où les enfants traîneraient dans les rues toute l'après-midi.

Ensuite, si l’on prend les modèles d’Europe du Nord qui ont des taux de réussite plus élevés que les nôtres, on remarque que les effectifs en classe sont très bas avec un taux d’encadrement plus élevé. Il faut aussi voir le taux d’émigration avec des enfants primo-arrivants ne parlant pas la langue ou des enfants dont les parents ne parlent pas ou peu la langue française (émigration très faible dans les pays comme le Danemark, la Suède, la Finlande). Dans ma classe, souvent, je constate que seul le papa parle le français mais la maman très peu alors que c’est elle qui est au foyer avec les enfants. Mais, de tout cela, on ne doit pas parler sous couvert de se faire taxer de raciste. J’enseigne dans la troisième ville la plus pauvre de France mais mes Supérieurs et l’Etat estiment que cette ville n’a pas à avoir des moyens d’aides supplémentaires en matière d’éducation. Alors, on parle de banlieues violentes, je dirai qu’il faudrait déjà prendre le temps d’éduquer. Ce n’est pas en mettant des jeunes profs pas formés dans des classes surchargées, en les contrôlant sans arrêt que les choses s’amélioreront. Il faut des classes avec de plus petits effectifs et pourquoi pas des binômes d’enseignants quand certaines classes sont plus difficiles avec des équipes stables. Sauf, que plus personne ne veut être directeur d’école car c’est une somme harassante de boulot administratif en plus de la charge de classe.

L'école est devenue aussi ultra administrative et bureaucratique dans le mauvais sens du terme. Puisque nous sommes de vilains fonctionnaires fainéants, il y a depuis quelques années, une volonté de contrôle absolue. Cela se traduit par des tonnes de paperasses et tableaux divers où l'on doit valider, évaluer les enfants. Les grilles s'accumulent et c'est beaucoup de temps perdu au détriment de la classe et des enfants. Un exemple, pour signaler un enfant en difficulté, je dois remplir 5 papiers différents ; le problème étant qu'ils vont dans un dossier car rien n'est fait pour aider cet enfant. Et puis de toutes façons, si les parents ne veulent pas d’un maintien dans une classe, l’enfant ne redoublera pas. Alors si l’État ne fait pas confiance à ses fonctionnaires et si les parents ne font pas confiance aux enseignants, croyez-vous que nous puissions réussir notre mission ?


Depuis des années, on se bat pour avoir des classes moins chargées surtout en CP. Ensuite, il faut revenir aux fondamentaux : maths et français. Alors, arrêtons de surcharger les programmes en mettant des langues (que chacun commence déjà par maîtriser le français) et de l’informatique !
Mouahahaha, le cours d’informatique en élémentaire où les pauvres instits doivent faire valider les B2I soit le brevet informatique internet. ça prend un nombre d’heures incalculables sur de vieux tromblons. Soit 10 postes dans le meilleur des cas pour trente élèves. Et il faut valider les gosses un par un sur un nombre pas possible d’items.
Après, on s’étonne que les gosses n’aient plus le temps d’apprendre à lire. Ne nous leurrons pas, au CP, c’est calcul, écriture et lecture de manière intensive si l’on veut que les gosses commencent à se dépatouiller en janvier-février. Alors, bla, bla, bla, bla, sur les langues, l’informatique, le secourisme, l’histoire des arts... Revenons aux fondamentaux !

Quant à la formation, bah, y’a Pôle Emploi ! De toutes façons, dans la commune où je suis, depuis septembre, aucun remplacement d’enseignants n’a été effectué. Y’a personne paraît-il. Ce qui fait que nous avons comptabilisé 300 jours de classe non remplacés. Dont des congés maternité (pourtant prévus de longue date ). Alors quand les parents sont sympas, ils gardent leurs enfants. Sinon, ils sont au fond des autres classes. Mais, l’Etat va dire qu’il y a encore trop d’enseignants. C’est simple, avec mes collègues, on va en classe même malade car sinon, on sait que ce sont les autres collègues qui vont se taper nos mômes.

Alors, oui, j’ai fait grève. Sachant que chaque jour de grève, on me retire 100 euros nets. Je le dis car certains pensent peut-être que les jours de grève sont payés aux enseignants.

Je fais finir sur une note militante :

Des enseignants formés à la pédagogie et aux réalités du terrains.
Des classes avec des petits effectifs de 20 élèves notamment la classe de CP.
Des remplaçants formés et en nombres suffisants.
Un retour aux fondamentaux dans les matières enseignées.
Donner un réel pouvoir décisionnaire aux enseignants (pour les validations des acquis et les orientations).
Maintenir les RASED et les enseignants spécialisés.
Ouvrir des centres médicaux éducatifs en plus grand nombre pour les enfants porteurs de lourds handicaps avec des passerelles vers l’enseignement traditionnel (ces enfants pourraient venir passer des moments avec les autres sur des temps qui ne soient pas des temps d’apprentissage - arts visuels, musique, danse ...).
Demander à chacun de jouer son rôle éducatif : les parents ont un rôle très important à tenir car un enfant qui entre à l’école avec un certain nombre de pré-requis aura davantage de chance. Je parle de la mise en place de la langue orale, de la socialisation, de l’éducation à la propreté, des petits gestes du quotidien (savoir s’habiller, mettre le pied dans une chaussure, ranger, demander en faisant une phrase, écouter, nommer, se moucher ...). C’est très basique et cela va vous faire beaucoup rire mais quand on passe plusieurs mois à apprendre tout cela à des enfants, on a moins de temps pour les apprentissages.

C’est par l’école et l’éducation aussi que l’on pourra endiguer tous les intégrismes, les violences et l’insécurité. Vous ne vous rendez peut être plus compte du pouvoir énorme que donne l’accès à l’écriture et à la lecture. Moi, j’ai une maman qui vient du Kosovo. Elle n’est jamais allée à l’école dans son pays. Elle est très jeune, environ 25 ans. Elle ne sait ni lire ni écrire. Elle est très contente que ses gosses aillent à l’école, elle y croit beaucoup. Qu’est-ce que je vais lui dire quand son gosse sera au CP et que son enseignant ne sera pas remplacé ? Bref, allez dans les écoles, regardez ce qui s’y passe, ouvrez les yeux !

Bouarf, ça fait discours de vieux con mon machin. J’assume !
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