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 Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]

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Lucifuru
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MessageLes Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:11

Donc, avant tout : Cliquez ici pour vos commentaires

Ensuite, je vous souhaite bonne lecture ^^


LES GUERRIERS MAUDITS TOME 1 - L'HISTOIRE DE LA PASSION



«En tout homme, même le meilleur,
sommeille une bête sauvage, sans loi,
qui relève la tête dans ses rêves. »
Socrate (470-399 avant Jésus-Christ).



PROLOGUE



Mal. Froid. Quelque chose de dur. Le sol. C'était le sol sous sa main. De la pierre.

L'inconnu essaya de comprendre, il était confus, tout ce qu'il savait c'était que le froid lui mordait la peau, pénétrant cruellement jusqu'à ses os. Le vent, coupant, lui donnait l'impression de pouvoir balayer son existence d'une seconde à l'autre.

Je suis par terre, se dit-il. Il sentait qu'il était étendu sur des pavés, une de ses jambes était douloureuse, un de ses bras était replié sous lui. Mais pour le moment, il avait du mal à se rappeler qu'il avait des bras et des jambes. Il n'était qu'une conscience confuse. Il ouvrit les yeux, mais n'en eut pas conscience, il vit les pavés, gris, presque noirs dans la nuit, mais il ne comprit pas ce qu'il voyait. S'il avait tout-à-l'heure pu penser qu'il était « par terre », maintenant il n'était plus certain de savoir ce que ça voulait dire, « par terre ».

Tout à coup, il entendit des bruits, vifs, rythmés, claquants, quelque chose frappait les pavés, résonnaient contre la pierre. Qu'est-ce que c'est que ça ? pensa-t-il, en ne parlant pas de l'origine du bruit : il se demandait ce qu'était le bruit. Il ne se souvenait pas avoir déjà entendu quoique soit. Cette « sensation » nouvelle l'intriguait. Ne sachant pas qu'il avait des oreilles, il se demandait comment il faisait pour percevoir cette étrange sensation.

Le bruit se fit plus fort, il se rapprochait. L'inconnu sentit le sol trembler, et un bruit de respiration saccadée lui parvint. Cette chose a peur, pensa-t-il, sans savoir comment il avait pu le deviner, il n'était même pas sûr de savoir ce qu'était la peur.







Dernière édition par Lucifuru le Mer 30 Mar 2011 - 7:46, édité 16 fois
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Lucifuru
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:14


Chapitre 1 : La rencontre



Elizabeth venait de passer une sale journée, elle venait de perdre son boulot dans cette fichu école primaire privé où le gratin de cette vile aimait inscrire leurs enfants.
Tout avait commencé à cause de cet homme, qui lui avait tout simplement mis la main aux fesses, comme à une stripteaseuse ! (et encore, elle pensait que les femmes qui pratiquaient ce métier, avaient elles aussi droit à plus d'égard que ça !).

Lorsque, offusqué, elle avait crié son dégout, ce vil personnage c'était défendu, et personne ne l'avait cru, elle. Ou si on l'avait cru, de toute évidence cela importait peu. M.Hawke était plus important qu'elle, et avait le droit de peloter qui il voulait ! Apparemment... Cela était sans doute sans aucun rapport avec les larges « dons » qu'il faisait à l'école chaque année ! Peu importe... De toute façon c'était mieux comme ça, elle n'aimait pas cette école. Pourtant des enfants étaient des enfants, et elle aimait les enfants, c'est avec les parents qu'elle avait du mal... Mais peu importe... Il allait maintenant falloir qu'elle trouve un autre job, n'importe quoi ! Car elle serait bientôt à cour d'argent...

Elizabeth devait se débrouiller seule, sa seule famille était son petit frère, qu'elle adorait, mais elle ne pouvait pas compter sur lui, d'ailleurs c'était elle, l'aîné. Elle avait fait des études de mathématiques. Mais elle avait dut les interrompre plus tôt qu'elle ne l'aurait voulu, à cause de la mort prématuré de ses parents. Et c'était retrouvé seule, à 20 ans, avec à sa charge un petit frère de douze ans son cadet et seulement une licence en poche. Depuis, elle parvenait à se débrouiller tant bien que mal.

Elizabeth soupira violemment, ça suffit ! Elle devait arrêter de se plaindre, de ressasser de mauvaises pensés. Il était temps de passer à l'action ! C'est à dire de rentrer chez elle, de prendre un chocolat chaud, et de consulter les offres d'emploi sur internet, d'envoyer des CV... Fichu vie de merde ! Mais c'était comme ça, et elle s'y ferait, elle était assez forte pour s'adapter.

Elle prenait une petite rue, sombre, froide et venteuse, pavé de pierres grisâtres, quand elle entendit une sorte d'explosion. Des éclairs bleus illuminèrent pendant un moment le bout de la rue et l'aveuglèrent. Un contenaire électrique avait exploser ou quoi ? Ça ne pouvait pas être la foudre, il faisait un temps pourri mais il ne pleuvait pas. Il était huit heures du soir, en plein mois de décembre, il faisait nuit à 17h30 depuis déjà des semaines... Mais cette nuit là, le ciel était dégagé, bien que déprimant.

Elizabeth resta pétrifié, son coeur se mit à battre à tout allure. Elle retint sa respiration, sentant sans savoir pourquoi, que sa vie menaçait de basculer. Elle se remit à respirer, mais en faisant le moins de bruit possible.

Allons, ce n'était rien. Elle était une grande fille après tout ! Pas de raison d'avoir peur de quelques étincelles bleus. Il faisait peut être nuit, la petite rue n'était peut être pas très engageante, mais elle avait déjà fais ce chemin des centaines de fois, et il ne lui était jamais rien arrivé. On vivait dans un monde où la sécurité de chacun n'était pas trop mal garanti n'est ce pas ? Elle voyait des horreurs à la télévision, comme tout le monde, mais dans la réalité, sa vie avait toujours était sûr... Oh ! Elle était habitué à devoir subir la bêtise, le mépris, l'indifférence, la jalousie, la méchanceté des autres, de ses compatriotes... comme tout le monde. Mais jamais elle n'avait eu à faire face à une agression contre sa vie. Et elle ne voyait aucune raison que ça commence aujourd'hui.

C'est ton imagination, se dit-elle pour s'encourager. Il n'y a pas de danger. C'est les nerfs, tu as eu une dur journée. Pourtant, elle hésitait toujours à avancer. Elizabeth plissa les yeux, elle essaya de distinguer d'où avait pu venir ces éclairs. Elle inspecta du regard le bout de la petite rue sombre et elle cru voir quelque chose. Un tas de chiffons ? Il y avait une forme, étendue sur le sol. Elizabeth resta un moment encore muette, sans bouger, respirant à peine. Puis elle s'ébroua, elle n'allait pas rester comme ça jusqu'à demain matin non plus ! Courageusement (elle espérait que ce n'était pas inconsciemment) elle se mit en route d'un pas décidé, ses talons haut claquant résolument sur les pavés de pierres. Elle avait l'intention d'aller voir par elle même ce qu'était au juste ce tas de chiffon.

L'inconnu se redressa, et distingua la créature responsable de tout ce bruit. C'est une femme et elle a peur, se dit-il, toujours en se demandant s'il comprenait vraiment ce que ça signifiait. Il lui semblait qu'une part de lui comprenait, une part de lui savait, mais l'autre, apparemment celle qui était aux commandes, était complètement perdu. L'inconnu attrapa le poignet de la femme, qui poussa un gémissement, et essaya immédiatement de se libérer. Sans savoir pourquoi, il serra encore plus fort.

Elizabeth se pencha sur la masse affalé sur le sol, mon dieu ! C'était un homme ! Et quel homme ! Immense, blond, massif, blessé, il faisait battre son coeur à cent à l'heure. Elle devait appeler un médecin ! La police aussi ? Oui, sûrement. Il portait un long manteau, du cuir noir ? Elle ne savait pas, il faisait trop sombre. Cela aurait tout aussi bien pu être un imper kaki, comme celui que portent les inspecteurs dans les séries policières de bas étages. Tout d'un coup, l'homme, encore allongé face contre terre il y a instant, se redressa, et plongea son regard doré droit dans ses yeux.

Mon dieu ! C'était comme fixer un fauve, comme le regard de ce lion qu'elle avait vu lors d'un voyage scolaire en Angleterre, qui l'avait amené à visiter un zoo insalubre, où les animaux semblaient tous plus mort que vif, comme s'ils continuaient à vivre sans savoir pourquoi, sans grande motivation. Elle y avait vu un lion, magnifique, enfermé dans une cage en verre, dont les vitres étaient affreusement sales. Un lion en aquarium. Jusque là, elle n'en avait jamais vu, et elle ne s'attendait pas à ce que cet animal soit si gros, ni à ce qu'on voit ainsi ses muscles puissant bouger sous son pelage d'or. Mais ce qui l'avait marqué plus que tout, c'était son regard triste. Ce regard s'était incrusté en elle, la marquant pour toujours. Elle avait pendant un moment haï ce qu'elle était, haï les humains, haï les zoos, haï de ne pouvoir le libérer, d'être impuissante. Puis elle s'était détourné de ce spectacle trop dérangeant, mais jamais, jamais elle n'avait pu oublier, et à chaque fois qu'elle y repensait, à toute cette noble puissance rabaissé par l'homme, elle se sentait à nouveau coupable d'être humaine.

Cet homme avait exactement le même regard ! C'était incroyable, un homme, avec le même regard qu'un lion ? L'étranger la fit revenir brutalement à la réalité en attrapant son poignet, immédiatement, elle paniqua et tenta de se dégager.

L'inconnu essayait de comprendre, pendant que la femme s'agitait (inutilement) comme un poisson hors de l'eau. Il tentait de comprendre ce qu'elle était, ce qu'il était, et pourquoi il ne voulait pas la lâcher. Elle était chaude. Il avait si froid ! Machinalement il se mit à lui caresser l'intérieur du poignet, faisant de petit rond avec son pouce. Mon dieu ! Quelle sensation magnifique !

_ Non mais ça ne vas pas ?! hurla Elizabeth indigné. La colère avait momentanément pris le dessus sur sa peur et lui avait descellé les lèvres.

L'homme eut une attitude qui aurait fait doucement rire Elizabeth en d'autre circonstance, il mit sa tête de coté, et son regard se voilà de confusion, de détresse, et d'une question muette, comme les chiens quand on leur donne un ordre qu'il ne comprennent pas, mais qu'ils tiennent à bien faire quand même.

_ Lâchez moi, j'ai dis ! insista-t-elle.

L'homme comprenait, et ne comprenait pas... Apparemment, elle lui était hostile. Pourquoi ? Lui, il l'aimait bien, elle était douce, chaude, agréable, belle. Il aimait la voir. Il aimait les bruits qu'elle faisait. Les sensations qu'elle lui faisait ressentir. Elle était belle, mais n'avait pas l'air bien. Qu'avait-elle ? Ah... oui, il l'avait pensé tout à l'heure. Il avait su alors, pendant une seconde. Elle avait peur ! C'est ça, peur. Peur de lui ? Il ne lui voulait pas de mal ! Comment lui faire comprendre ?

_ Bon sang ! Lâchez moi je vous en supplie, paniqua-t-elle, et elle eut honte de la détresse palpable dans sa voix. L'homme lui enserré le poignet dans un étau indestructible, la différence de force était si grande ! Elle ne pouvait rien.

En l'entendant, cette fois l'homme se sentit mal, coupable, mais il avait peur de la lâcher, il sentait qu'elle disparaitrait s'il le faisait. Et à cette idée, il avait la nausée. Il était assis sur le sol, et elle debout, penché vers lui, le bras tendu. Il la trouvait trop haute, d'une impulsion il tira sur son bras, et la fit s'avachir sur le sol à genou. D'où il put enfin mieux la voir sans le contre-jour crée par les lampadaires.

Elle avait des magnifiques yeux d'un bleu intense avec de longs cils bruns et des cheveux brun-roux soyeux et flamboyant, lâché librement sur ses épaules, et encadrant un visage d'ange au petit nez et aux lèvres sensuelles. Un visage pâle pour le moment déformé par la terreur. À nouveau, il eu honte, mais ne lâcha pas.

Face là lui, Elizabeth était tétanisé, les yeux de l'homme plongeait sans retenu au fond des siens. Elle admira sa mâchoire ciselé, et eut envi d'y faire courir son doigt. Ses traits, à la fois virils et fragiles, la désarmait complètement, ainsi que son expression de détresse. Qui est-il ? pensa-t-elle.

_ Ecoutez... hésita-t-elle. Je ne sais pas qui vous êtes, mais... Il l'interrompit d'un baiser, sa bouche encore ouverte, il y glissa sa langue, mordilla ses lèvres, elle sentit avec stupeur une bouffé d'excitation la parcourir et s'en voulu. Ce n'était pas la bonne façon de réagir dans une telle situation !

A ce moment là, une explosion retentit derrière eux, plus loin dans la rue. Du coin de l'oeil Elizabeth revit pour la deuxième fois des éclairs bleu éblouissant. Et une silhouette se matérialisa de nulle part, c'était un homme massif, qui sans perdre de temps se dirigea vers eux.

_ Bah dis donc Luc ! dit le nouvel arrivé d'une puissante voix moqueuse. Tu m'impressionnes ! À peine quelques minutes que tu as été envoyé sur terre, et tu batifoles déjà ? Si on m'avait dis que tu étais un tel jouisseur, j'aurai cherché à te rejoindre plutôt, pour qu'on s'amuse. Au lieu de ça, je suis ici pour te tuer... c'est dommage tu ne crois pas ?

Dans la tête de l'inconnu, quelque chose se remit en place en entendant l'homme. Déjà il s'appelait Luc, ce n'était pas son nom complet, mais peu importe, il était Luc. Il le savait. Ensuite il se rappela qu'il avait des jambes, et se déplaçait debout. Il se leva donc, soulevant avec lui l'adorable femme dont il tenait toujours le poignet. Mais surtout, Luc se rappela comment parler.

_ Pardon ? Tu peux répéter ? Tu es là pour quoi ? dit-il d'une voix rauque, cassé, tout en serrant la femme contre son corps.

_ Pour te tuer, Luc, mais peut être que si tu me rends gentiment ce que tu as volé, peut être que je m'en irai en te laissant tranquille.

_ Volé ? J'ai volé quoi ? Je ne me souviens plus, qui es tu ?

_ Houlà, mon vieux ! Tu n'as pas l'air en forme ! Amnésique ? Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou pas... fit l'homme en ce grattant la barbe naissante qu'il avait au menton.

_ Oui, c'est ça, je ne sais pas qui je suis, dis Luc, espérant que l'homme lui donnerai plus d'indices.

_ Bon, peu importe pour l'âme alors, je vais me contenter de te tuer, conclut l'autre. Et il se rua sur le couple.

Luc eut peur. Oh, pas pour lui. Il ne savait même pas qui il était, lui. Un voleur apparemment. Il se sentait très bizarrement détaché de tout ce qui pouvait lui arriver, et n'en voulait pas à l'autre gars (qu'il ne connaissait pas en plus), de vouloir le tuer. Après tout, il l'avait peut être mérité. Et il était un inconnu pour lui même, vous souciez vous de ce qui arrive aux inconnus ?

Non, il était inquiet pour la femme qu'il serrait en ce moment même contre lui. Si jamais le grand brun mal rasé lui faisait du mal, il ne pourrait jamais se le pardonner. Mais là n'était même pas la question, peu importe qu'il eut la conscience tranquille ou pas. Ce qu'il fallait surtout, c'est qu'elle vive. Parce que le monde serait beaucoup moins beau, beaucoup moins bon, sans elle. Il en avait la conviction, sa mort serait une tragédie universelle. Quelque chose de très mal, de complètement injuste et d'irréparable.

De toute ses forces, Luc souhaita être ailleurs, pouvoir fuir, emporter la fille à l'abri, loin de cet homme. Et son souhait fut exaucé. Ils disparurent de la ruelle. Laissant le grand brun pester de rage tout seul.


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Dernière édition par Lucifuru le Dim 29 Mai 2011 - 17:45, édité 13 fois
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Lucifuru
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:15



Chapitre 2 : La loi du plus fort



Elizabeth senti l'univers se distordre, même si elle ne le comprit pas. Elle eut en fait l'impression d'être sur un tourniquet lancé à toute vitesse. Tout cela était complètement dingue ! Ils réapparurent sous un sapin, sur une grande place commerciale bondé où raisonnait une musique de noël. Heureusement, personne ne les vit apparaître de nulle part. Tout les regards étant accaparé par les attrayantes devantures illuminés et multicolores des magasins.

Luc, inquiet, éloigna la femme de son corps, pour mieux la voir, tout en la maintenant par les épaules. Son regard croisa le sien, et ils se mirent à bégayer en même temps...

_ Je suis désolé, réussi à dire Luc après leur petit dérapage à tout les deux. Vous ne devez pas avoir peur, je ne vous ferai pas le moindre mal.

Dans sa tête Luc se demanda pourquoi il se sentait obligé de devoir le préciser, comme s'il aurait pu lui en faire, du mal. Il ne se connaissait pas. Était-il quelqu'un de dangereux ? Non, se dit-il, tu dis ça parce qu'elle a peur, c'est tout. Mais cela ne le convainquit pas, il se méfiait de lui même. Comment pourrait-elle lui faire confiance dans cette situation alors ? Mais il voulait qu'elle lui fasse confiance. Lui, il lui faisait confiance.

_ Vous êtes désolé ? demanda-t-elle avec un sourire désabusé. Qui êtes vous ?

_ Je ne sais pas. L'autre m'a appelé Luc, je crois que c'est mon prénom, ou tout du moins un espèce de surnom. J'ai l'impression qu'il y a autre chose, mais je ne sais plus.

_ Lâchez moi, laissez moi, gémit-elle.

_ Si je vous lâche, j'ai peur que vous partiez, avoua-t-il, sincèrement horrifié à l'idée de se retrouver sans elle, c'était pire que de se retrouver sans bras.

_ Bien sûr que je vais partir ! J'ai des choses à faire ! Je ne vous connais pas ! Vous n'avez pas le droit de me retenir.

_ S'il vous plait, paniqua-t-il, je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas où je suis, dans quel pays ? Dans quel ville ? Je n'ai nulle part où loger. Et j'ai très peur.

Oui, pensa Luc, il avait peur. Peur de la perdre. Le reste, il s'en moquait.

Elizabeth failli éclater de rire, il avait peur ! Lui ? Une montagne de muscle d'un mètre quatre-vingt-seize ? Et elle alors ? Jamais elle n'avait été aussi terrifié. De plus son univers partait à vau-l'eau. Ne venaient-ils pas de se téléporter ? Heureusement, elle connaissait cette place, ils n'étaient pas très loin de chez elle.

_ Restez avec moi, implora-t-il. (il la tenait toujours fermement par les épaules)

_ Lâchez moi où je hurle, prévint-elle.

_ J'ai peur, dit-il, je ne vous veux aucun mal. Aidez moi.

Elizabeth eu tout d'un coup l'impression d'avoir à faire à un enfant perdu, tellement il semblait fragile et sincère.

_ D'accord, soupira-t-elle, mais nous allons aller à l'hôpital. Je ne vous emmènerez pas chez moi !

_ C'est quoi un hôpital ? demanda-t-il avec tout le sérieux du monde.

_ C'est un endroit où on soigne les gens, ils pourront peut être faire quelque chose pour votre mémoire, mentit-elle.

Elle ne pensait pas que les docteurs pourraient faire grand chose pour lui, mais c'est ce qu'on était censé faire dans une situation pareille, et l'hôpital appellerai la police, quelqu'un avait peut être porté Luc disparu. Il sortirait de sa vie. Et il y aurait une explication logique à ces éclairs, et tout rentrerait dans l'ordre.

_ Je veux bien y aller si vous restez avec moi. Vous ne partirez pas ? lui demanda-t-il avec espoir.

Seigneur ! pensa-t-elle, mais il avait deux ans ou quoi ?

_ Oui, je resterai avec vous, dit elle en pensant qu'elle déciderai après ce qu'elle ferait. Mais d'abord lâchez moi.

_ Vous ne partirez pas ? répéta-t-il.

_ Non, je vous accompagne à l'hôpital, c'est promis.

Il la lâcha.

_ On va prendre le bus jusqu'au CHU Saint-Pierre, l'informa-t-elle mal à l'aise après avoir mit de la distance entre eux.

_ Nous sommes dans quelle ville ?

_ Bruxelles, en Belgique. Suivez moi, on y va, ajouta-t-elle en se mettant à marcher.

Luc fut à ses côté, presque collé à elle, en une seconde et deux pas de géant. Décidément, il était résolu à ne pas la lâcher, d'une manière ou d'une autre !

_ Vous pourriez me laissé respirer un peu, oui ? s'agaça-t-elle.

_ Comment vous appelez vous ? demanda-t-il en ignorant sa remarque.

_ Elizabeth.

_ Elizabeth, qu'est ce que c'est un CHU ?

_ Un Centre Hospitalier Universitaire. Un Hôpital, vous vous souvenez ? Là où on pourra vous aidez.

_ Vous ne me laisserez pas seul là bas ? N'est ce pas ?

_ Je vous ai déjà dis que non !

Luc pila net. Il lui attrapa une épaule et la força à se tourner vers lui.

_ Je ne vous crois pas. Vous avez décidé de vous débarrasser de moi, dit-il d'une voix blessé, et le regard coupable qu'Elizabeth ne pu s'empêcher d'avoir le lui confirma.

Luc s'énerva, il ne la laisserai pas l'emmener dans un piège. Sa mâchoire se contracta, et il entendit Elizabeth gémir, effrayé par son attitude. Désireux de ne pas la brusquer, il lâcha son épaule et fit un tout petit pas en arrière avant d'expirer bruyamment pour expulser sa colère.

Le regard d'animal blessé et furieux que Luc avait eu pendant une seconde, avait fait frémir Elizabeth des pieds à la tête. Cet homme était dangereux.

_ Nous n'allons pas l'hôpital, exigea-t-il, nous allons chez vous.

_ C'est hors de question, affirma-t-elle. Elizabeth ne pouvait accepter qu'un tel individu se retrouve à quelques mètres de son adorable petit frère qui devait déjà s'être couché à l'heure qu'il était. Vulnérable dans son lit, avec un fauve dans le salon ? Certainement pas. Elizabeth ne pourrait pas le protéger.

Luc saisit encore ses épaules, mais violemment cette fois, il lui fit presque mal.

_ Nous n'irons pas à l'hôpital, pesta-t-il entre ses dents serrés. Et il est inutile d'essayer de m'échapper. Je ne vous laisserai pas partir, prévint Luc.

Paniqué Elizabeth se senti prise au piège. Résigné à en venir à la violence contre beaucoup plus fort qu'elle, elle lui donna des coups de pieds. Luc l'entraina par le poignet et la plaqua contre un mur, l'écrasant de tout son corps, bloquant tout ses membres. Elizabeth hurla, elle vida ses poumons, relâchant un cri aigüe qui perça douloureusement les oreilles de Luc.

_ Qu'est ce que vous faites ? S'exclama un homme. Lâchez-la ou j'appelle la police !

Luc pivota, en maintenant Elizabeth contre le mur. L'homme était plus petit que lui, brun, bien habillé, d'une trentaine d'années, et avait l'air déterminé. Luc l'aima bien immédiatement, il essayait d'aider son Elizabeth. Mais pour le moment il l'agaçait.

_ Allez vous en ! Elle n'est pas en danger, dit-il en y mettant toute l'autorité dont-il était capable.

Elizabeth frissonna, cette voix n'était pas normale, elle résonnait dans sa tête comme des dizaines de voix dans une cathédrale. Le regard de l'inconnu qui était venu à son secours se voila, et mécaniquement, comme un pantin, il s'éloigna.

_Revenez ! Appelez la po... Luc lui plaqua une main sur la bouche, écrasant ses dents, et étouffant toute velléité de résistance chez elle. Et l'homme continua de s'éloigner comme si de rien n'était.

Luc plongea ses yeux dans ceux d'Elizabeth dont les pupilles étaient dilaté par la peur.

_ Je ne suis pas humain, dit Luc. Ça venait juste de lui revenir, comme une évidence. Comme quand reviens un mot qu'on a sur le bout de la langue. Mais ce qu'il était au juste, il ne s'en souvenait pas encore.

_ Je peux faire des tas choses impossibles pour les humains, précisa-t-il. Alors tu ne m'échapperas pas. N'essaie plus ! Et je promet que je ne te ferai aucun mal, assura-t-il d'un ton qui se voulait rassurant.

_ Mais pourquoi ? demanda Elizabeth au bord de la crise de nerfs. Pourquoi ne voulez vous pas me laissez partir ?

Luc soupira, il était désolé pour elle. Mais la laissez partir était au dessus de ses forces. Ce serait pire que de laisser partir l'air dont il avait besoin pour respirer.

_ Je suis perdu sans vous. J'ai besoin de vous car vous connaissez ce monde, et pas moi, improvisa-t-il. Ma mémoire reviens par bribes. Quand je l'aurai retrouvé je vous relâcherai, mentit-il pour la réconforter.

Il espérait seulement que d'ici là, elle accepterait de rester de son plein gré.

_ Vous le jurez ? demanda-t-elle d'une petite voix.

_ Oui, mentit facilement Luc. Pour la garder, et dans de pas trop mauvaises dispositions, il ferait n'importe quoi. Le parjure n'avait aucune importance, et il se félicita tout de suite de sa décision lorsqu'il la senti se détendre.

_ Si nous ne pouvons pas aller chez vous, alors où pouvons nous loger pour la nuit ? s'enquerra-t-il.

_ À... À l'hôtel, bégaya-t-elle. L'Hilton Brussels Hotel n'est pas loin, suggéra-t-elle en pensant que ça allait lui couter les yeux de la tête.

_ Allons y, dit Luc tout en la poussant devant lui pour qu'elle lui montre le chemin.

Elizabeth pensait toujours à son porte monnaie, et regrettait d'avoir parlé de ça. Mais la sécurité de Thomas, son adolescent de frère, n'avait pas de prix.

_ Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, baragouina-t-elle néanmoins. Pas cet hôtel en tout cas...

_ Pourquoi ? demanda Luc tout en lui faisant signe de parler en marchant.

_ Je crois que je ne peux pas me le permettre financièrement.

Luc s'arrêta, pensif, il ne voulait pas qu'elle paye pour lui. Surtout si elle n'en avait pas les moyens. Il n'avait pas pensé à ça. Il fourra la main dans ses poches de manteau et de pantalons, mais comme il le pensait, tout était vide. Il en avait eu plus ou moins conscience, sinon il aurait regardé avant. Au fond de lui il savait que de toute sa vie, il n'avait quasiment jamais rien eu dans les poches, surtout pas d'argent.

Ça le fit réfléchir, comment avait-il survécu sans argent ? L'argent c'était pour les humains, lui répondit une petite voix intérieur, et il ne l'était pas. Il devait s'y prendre autrement. Tout d'un coup, il eut une idée, et sourit de toute ses dents.

_ Pas de problème, laissez moi faire, ils se feront un plaisir de nous donner leur plus belle chambre, dit-il avec machiavélisme et amusement tout en se remettant en marche.

Ça ne disait rien qui vaille à Elizabeth... Mais ne voyant rien d'autre à faire pour le moment, elle obtempéra et se remit en route, repassant devant lui pour le guider.

Arrivé à l'hôtel Luc jeta un regard circulaire dans le hall et se dirigea d'un pas assuré vers l'accueil. Elizabeth suivit, prudente, et pas sans se demander si elle n'aurait pas du profiter de ce moment pour filer à l'anglaise. Mais il l'aurait certainement remarqué. Il n'arrêtait pas de la scruter. Et s'il pouvait se téléporter, et se faire obéir d'une parole, allez savoir ce qu'il pourrait bien lui faire si elle essayait de s'échapper ?

Luc n'avait pas l'habitude des bâtiments comme ça, d'ailleurs il pensait n'avoir tout simplement pas l'habitude du monde des mortels. Il était sûr que la dernière fois qu'il l'avait arpenté il était alors bien différent. Mais la nouveauté ne gênait pas Luc. Cela attisé sa curiosité et lui donnait un sentiment d'euphorie. De plus il aimait cette époque, elle était confortable, luxueuse presque, sans être trop exagéré. Luc apprécié le confort sobre et pratique que ce siècle semblait avoir adopté. Il lui semblait qu'a sa dernière visite chez les humains, il y avait ceux qui vivait mal et ceux qui vivait dans un luxe ostentatoire qu'il n'avait jamais aimé. Cette époque était un progrès. Ces observation en tête il se dirigea vers l'accueil.

_ Bonjour, fit-il de son plus beau sourire charmeur à la jeune réceptionniste, qui rougit même si l'effet fut quelque peu gâché par son air hirsute et les habits douteux qu'il présentait. Nous voudrions votre plus belle chambre s'il vous plait.

_ La suite présidentielle ? Attendez je regarde si elle est libre... Désolé mais elle est réservé, fit-elle après avoir pianoté sur son ordinateur.

_ Oui, c'est nous qui l'avons réservé, nous avons décidé de venir plus tôt, inventa Luc.

_ Ah ? Dans ce cas, puis-je avoir vos noms et vos pièces d'identité s'il vous plait ?

_ Vous savez déjà tout ça, notre identité correspond, et nous avons déjà payé, tout est en règle, dit-il de « sa voix de pouvoir ».

_ Ah... oui... très bien... fit la jeune femme, les yeux voilé. (elle se tourna pour prendre une carte magnétique qu'elle tendit à Luc) Voilà la clé... Bon séjour parmi nous...

_ Merci bien, fit Luc en acceptant la carte. Et si jamais d'autres personnes viennent vous dire qu'ils ont réservé la suite, appelez la police, ils sont recherché, dit Luc en espérant que le remue ménage occasionné les préviendrait lui et Elizabeth de l'arrivé des véritables clients.

_ Très bien monsieur, acquiesça-t-elle, le regard dans le vide.

Luc entraina par la main, une Elizabeth qui n'en revenait pas. Cet homme (individu humanoïde de sexe masculin et de race indéterminé plutôt) était un dieu ou quoi ? Rien de ce qu'il voulait ne lui était impossible ?

_ Elle est où leur suite à la fin ? demanda Luc après être tourné en rond et avoir regardé partout dans le hall.

Elizabeth éclata de rire, un dieu ? Ça ? Mais qu'est ce qui lui avait pris de croire ça ?

_ Ben quoi ? fit Luc, en faisant semblant d'être vexé, en réalité il était ravi de l'entendre rire.

_ Il faut prendre l'ascenseur, le numéro de la chambre est marqué sur la carte, expliqua-t-elle.

_ L'ascenseur ?

Elizabeth ricana encore une fois et lui prit le bras, pour le guider jusqu'aux portes métalliques du dit engin. Luc, enchanté de ce contact se laissa faire, s'étonnant qu'elle semble tout d'un coup amicale.

Une fois dans la chambre Luc n'en revenait toujours pas, une pièce qui vous monte ! Quelle époque ingénieuse ! Il allait l'aimer. Il se sentait comme un gamin. Il aimait la sensation dans le ventre lorsque cela s'arrêtait ou démarrait. Mais surtout il aimait quand les portes s'ouvraient et que tout avait changé. Il aurait bien repris l'ascenseur plusieurs fois de suite. Mais quelque chose lui disait qu'Elizabeth n'aurait pas apprécié comme lui.

La suite, avec deux salles de bain, une chambre, un salon, et une salle de conférence l'impressionna beaucoup aussi (mais moins que la pièce qui vous monte). Mais c'était parce qu'il n'avait pas encore vu comment fonctionnaient les salles de bains.

Elizabeth, à son corps défendant, était en train de bien s'amuser. Il était comme un gamin surdoué découvrant le monde pour la première fois. Elle s'étendit sur le lit king size et poussa un gémissement de plaisir en constatant la qualité du matelas.

Luc lui fit un sourire malicieux, et tout d'un coup paniqué elle s'assit brusquement. Il ne fallait pas qu'elle oubli qu'il était dangereux.

Luc soupira doucement de déception, elle ne lui faisait toujours pas confiance. Mais il la comprenait. Il s'assit à l'autre bout du lit, et attendit.

_ Vous pouvez vous faire obéir de n'importe qui ? demanda-t-elle.

_ De presque n'importe qui je crois, dit-il. Mais je jure de ne jamais le faire sur vous, s'empressa-t-il d'ajouter. Et il ne mentait pas, la contraindre l'aurait révulsé, elle était faite pour être libre. Trop belle pour être avili, et tout de suite il se demanda si il ne lui volait pas déjà sa liberté. Il s'en voulu, mais encore une fois préféra ça à ce qu'elle parte.

_Vous êtes née quand Elizabeth ? lui demanda-t-il, parce que ça l'intéressait, mais aussi pour changer de sujet, et lui faire oublier qu'il avait tout pouvoir sur elle.

_ Le 23 janvier 1983. J'ai 27 ans, ajouta-t-elle.

27 ans ? Elle faisait moins que son âge. Tout d'un coup Luc paniqua :

_ Avez vous un homme dans votre vie ? demanda-t-il avec angoisse.

_ Oui, déclara Elizabeth, puis elle éclata de rire à la mine horrifié de Luc. Mon petit frère c'est tout, se moqua-t-elle pendant que Luc recommençait à respirer.

_ Pas de mari ? Pas d'amants ?

_ Non, rien de tout ça, hésita Elizabeth, elle avait envie de l'envoyer sur les roses, mais elle se retint.

_ Comment s'appelle votre frère ? Et quand est-il né ? demanda-t-il en s'allongeant sur le lit en diagonal, mettant les bras sous la tête.

_ Il s'appelle Thomas, et il est né le 3 mars 1995. Mais c'est quoi cette obsession pour les dates de naissances ? demanda-t-elle, intrigué.

_ C'est pour connaître vos signes.

_ Nos signes ?

_ Oui, vos signes astrologiques. Ils en disent long sur les gens en général.

_ Vous rigolez ! Vous croyez à ses choses là ?

_ Oui. Pourquoi ? Pas vous ?

_ Je ne sais pas, bafouilla Elizabeth. Après tout y'a quelques heures encore elle ne croyait pas qu'on puisse se téléporter.

_ Ces choses sont vraies, croyez moi Elizabeth.

_ Ah oui ? Alors que pouvait vous me dire sur moi et mon frère ?

_ Eh bien, vous, Elizabeth, vous êtes Verseau et Chien. Je dirais que tu es... idéaliste, altruiste, indépendante, doué, humaniste, intelligente mais sans en faire étalage, toujours sur la défensive, cynique, renfermé, dévoué, surtout à tes amis, tellement que ça frise l'abnégation, acharné, moraliste, généreuse, désintéressé, mais parfois résigné, distante, trop utopique, froide, tu possèdes une grande force de travail, tu es quelqu'un de très droit et tu as peu d'ambition personnelle. Tu souhaites de grandes choses, mais ce sont des causes à l'échelle mondiale. Fantastique confidente, tu sais écouter mieux que personne. Mais tu es méfiante de nature. Tu aimes les enfants, et tu rêves d'être mère. Je me trompe ?

Non, il ne se trompait pas, aux yeux d'Elizabeth il n'avait même que trop raison, en plus elle n'avait pas manqué de remarquer le passage au tutoiement, mal à l'aise elle éluda sa question par une autre :

_ Et mon frère ? Que pouvez vous me dire sur lui.

_ Ton frère, Elizabeth, est Poisson, Cochon. Si je ne me trompe pas, ce doit être quelqu'un de très émotif, très sensible. Dévoué, compatissant, doué d'une grande imagination, empathique, mais indécis, introverti, intériorisé, crédule, et romantique. Très affectif, très attaché à sa famille, fidèle et prudent. Serviable, et digne de confiance, bien qu'un peu étourdit et paresseux. Il réfléchit longtemps avant d'agir. Mais une fois décidé il fait preuve de beaucoup de volonté. Il paraît faible, mais il est seulement pacifique. Il a peu d'amis, mais il les garde à vie. Il est impulsif, susceptible, et honnête, il fuit les conflits. Et n'accepte de dialoguer qu'avec ceux qu'il estime et en qui il a confiance... Alors ? demanda Luc pour finir. Tu en penses quoi ?

Si on avait demandé à Elizabeth de décrire son frère, elle n'aurait pas pu faire mieux.

_ Comment sait-tu tout ça ? lui demanda-t-elle, tu n'es pas amnésique ?

_ Si, mais je me souviens de ça, ne me demande pas pourquoi.

_ Et tu es quoi toi ?

Luc fit la grimace.

_ Je ne m'en souviens plus, mentit-il. Et puis de toute façon ce n'est pas à moi de faire ma description.

_ Je pari que tu es Lion et Tigre se moqua-t-elle. Et elle ne vit pas qu'il refit la grimace.

_Assez parlé de ça, soupira-t-il, lui tournant le dos, agacé qu'elle ait par hasard mis en plein dans le mille.

Le silence ce fit dans la chambre, gêné. Luc savait qu'il était aussi flamboyant et extraverti qu'elle était réservé et froide. Aussi ambitieux qu'elle était désintéressé, aussi confiant qu'elle était méfiante, et qu'horrible confident, il savait parler mieux que personne. Il était tout son contraire.

Elizabeth s'inquiétait, un peu tard elle trouvait, de la tournures des choses. Seul avec cet homme dangereux, sur un lit dans une luxueuse chambre d'hôtel. Elle aurait du prendre ses jambes à son cou. Sauf que ça n'aurait servi à rien. Il l'aurait rattrapé. Elle le haïssait pour la tenir sous son joug comme ça.

Tout d'un coup Luc l'attrapa par le cou,enserrant sa gorge dans sa main droite. Elizabeth cru qu'il allait la tuer, mais il se contenta de la plaquer au matelas, de grimper au dessus d'elle et de prendre sa bouche, lui volant un baiser. Elizabeth envoya ces deux bras en avant, contre la poitrine de Luc pour le rejeter. Et Luc fut fantastiquement projeté à l'autre bout de la pièce, il alla s'écraser contre un mur, manquant de peu de percuter le gigantesque écran plasma. Elizabeth regardait stupidement ses mains, qui s'éteignaient, car oui, elles avaient émit un flash lumineux.

_ C'est moi qui ai fais ça ? demanda-t-elle.

_ Ça vous ai déjà arrivé, auparavant ? demanda Luc, qui se relevait péniblement. Il avait eu atrocement mal à la poitrine, là où les mains d'Elizabeth l'avaient touché, et avait encore du mal à respirer.

_ Vous ! Restez où vous êtes ! hurla Elizabeth.

Luc, parfaitement calme, s'appuya contre le mur, et leva les mains en l'air en signe de reddition. Il n'avait pas peur d'Elizabeth, il pensait juste qu'il avait bien mérité qu'elle le traite ainsi. Il n'aurait jamais du l'embrasser de force. Mais il était un impulsif et agissait sans réfléchir.

_ Vous avez déjà fait quelque chose de ce genre ? redemanda-t-il calmement.

_ Je... non, c'est... c'est la première fois, bafouilla-t-elle

_ Je suis désolé, dis Luc. Désolé de vous avoir malmené. Je voulais pas vous faire peur.

_ Ah ! Maintenant que je ne suis plus sans défense c'est facile à dire, se moqua Elizabeth.

Luc esquissa un sourire triste.

_ Je dois avouer que c'est ce que ça à tout l'air d'être, dit-il. Mais je vous assure que ce n'est pas à cause de votre... nouvelle capacité, que je m'excuse. Je l'aurai fait de toute façon. Je ne suis pas fier de ma conduite, c'est aussi pour ça que reste contre le mur Elizabeth.

_ Bien sûr ! Mais oui, c'est ça, il y a peu de temps encore vous ne supportiez pas que je m'éloigne de plus d'un mètre, et vous m'embrassiez de force. Mais maintenant que j'ai le pouvoir de vous faire du mal, vous avez un sursaut de mauvaise conscience et décidez de vous conduire comme il faut ? Mon oeil !

Luc soupira, elle avait raison de ne pas le croire, il était sincère, mais c'est parce qu'il était un idiot.

_ Je vous jure que c'est vrai, dis Luc. Je n'ai pas peur de vos jolie mains, même si elles peuvent être assez douloureuses, dit-il en souriant tendrement. D'ailleurs je vais vous le prouver.

Et Luc s'avança, il s'approcha nonchalamment jusqu'au bord du lit, à quelques centimètres d'Elizabeth qui lui lançait des menaces à chaque pas qu'il faisait.

_ Allez y, refaites moi votre coup. J'attends, dit-il.

Énervé par la suffisance de ce bonhomme si sûr de lui, Elizabeth souhaita de toute ses forces d'être capable de refaire le « coup de la lumière », elle allait lui apprendre que tout ne marchait pas toujours comme il le voulait ! Et avec toute la haine dont elle était pouvait faire preuve, elle lui envoya un coup de poing en pleine mâchoire.

Luc, dans une explosion de lumière blanche, se retrouva affalé par terre avec un goût de sang dans la bouche.

_ Oh mon Dieu ! s'exclama Elizabeth, sautant du lit.

_ Je vous en prie, appelez moi Luc... baragouina-t-il souriant, parvenant de peu à être compréhensible avant de perdre connaissance.


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Dernière édition par Lucifuru le Ven 29 Avr 2011 - 10:52, édité 6 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:17



Chapitre 3 : Dressage



Une flaque de sang grandissait à vue d'oeil sur la moquette, auréolant le visage de Luc, toujours étendu par terre. Elizabeth était complètement paniqué. Jamais elle n'aurait cru être capable de lui faire si mal ! Et si elle l'avait tué ?

_Oh mon Dieu ! Faites que cet imbécile soit toujours vivant ! pria-t-elle.

Depuis le sol, Luc émit des marmonnements étouffés et incompréhensibles, sûrement lui disait-il ce qu'il pensait du fait d'être qualifié d'imbécile. Quoi qu'il en soit Elizabeth poussa un fantastique soupir de soulagement en l'entendant.

_ Vous allez bien ? demanda-t-elle en se figurant l'effet d'une idiote.

Pas de réponse. Elizabeth se baissa et du bout du pied, lui donna des petits coups dans les côtes. Rien, pas de mouvements, pas de réponse. Il avait certainement perdu conscience une deuxième fois... Quel incapable ! pensa Elizabeth, agacé. Et si elle en profitait pour rentrer chez elle ?

Au lieu de ça, elle se dirigea vers la salle de bain, et alla chercher une serviette, elle releva Luc et l'assit par terre, le dos appuyé contre le lit, puis elle essaya d'endiguer le flot de sang.

Luc était sur un toit, tout au bord du toit d'un grand manoir, pour être plus exact. Le bout de ses chaussures étaient presque dans le vide. Il était bien à 30 mètres de hauteur. Peut être plus, il n'avait jamais su apprécier les distance. Il avait un très mauvais sens de l'orientation aussi. Mais ça n'a aucun rapport, il était donc en haut d'un toit, occupé à regarder en bas. Il s'y imaginait, les os broyés, démantibulé, démembré même peut être ? Avec un bras ou une jambe gisant loin de lui. Avec de la chance aussi, son crâne s'ouvrirait, peut être même qu'un peu de cervelle partirait. La résurrection serait alors lente, deux jours sans doute. Deux jours entier à ne ressentir que de la douleur, à sombrer dans l'inconscience par intermittence. C'était tentant.

_ Oh non ! Tu ne vas pas faire ça ? s'indigna une voix masculine derrière lui.

_ Fou moi la paix La Mort ! hurla-t-il.

_ Luc, écoutes, lui dit l'homme d'un ton raisonnable, si tu fais ça tu vas dégueulasser la cour !

_ Fiche moi la paix ! répéta Luc que l'odeur de rose entêtante que dégageait La Mort agaçait.

_ Luc ! J'en ai déjà un comme ça à la maison ! Pourquoi est ce que je suis cerné par les fous à tendance suicidaire et masochiste ? Vous me déprimez !

_ Eh bien vas t'en ! Vas te divertir ailleurs ! Tu n'as pas d'âmes à emmener en enfer pendant que tu y es ? Je suis certain que tu t'amuses comme un petit fou là bas.

_ Vas te faire foutre ! Tu sais très bien que je déteste ça ! lui cria l'homme, indigné.

_ Oh ! La Mort déteste tuer des gens ? La pauvre ! fit Luc, cassant et ironique, sachant très bien qu'il était injuste. Il essayait seulement de mettre son ami tellement en colère qu'il partirait en souhaitant qu'il saute. Ainsi, Luc aurait la paix.

_ Je sais ce que tu essais de faire, dit La Mort tout en saisissant fermement Luc par le bras et en se mettant à articuler distinctement, de colère maîtrisé. Ça ne marchera pas, tu ne parviendras pas à me vexer, je ne te laisserai pas seul sur ce toit.

_ Fais chier ! On ne peut plus se foutre en l'air tranquille dans ce monde de merde ?

_ Qu'est ce qu'il y a Luc ? Qu'est ce qui t'es arrivé ?

_ Étant immortel je sais que je ne peux pas crever ! l'ignora Luc. Mais je croyais qu'il m'était encore permis d'horriblement me mutiler ! N'es tu pas d'accord la mort ? N'en sais tu pas quelque chose ? demanda pernicieusement Luc dans l'espoir de réveiller de vielles blessures chez son ami.

La mort s'était affreusement mutilé le visage lui même, après un chagrin d'amour, afin d'être tellement laid, que personne ne pourrait plus l'aimer. Heureusement il avait échoué, et était aujourd'hui heureux en couple, avec une déesse.

_ Ça ne marchera pas Luc. J'ai déjà vécu ça avec un autre ami, je ne veux pas que ça recommence.

_ C'était Reyes ?

_ Oui.

_ Il a sauté ?

_ Oui.

_ Et tu t'en veux ?

_ Oui, dit tristement La Mort.

_ Alors je suis encore plus désolé de t'infliger ça, quand mon corps sera réparé j'aurai un gage envers toi, dit Luc avant de violemment dégager son bras et d'envoyer La Mort tomber sur le cul quelques mètres plus loin sur le toit.

Puis, il sauta...

Au bout de plusieurs longues minutes qu'Elizabeth vécu avec angoisse, l'hémorragie finit par s'arrêter et Luc par se réveiller.

_ Dieu merci ! fit-elle lorsque ses yeux s'ouvrirent.

Luc trouvait qu'il n'y avait rien de plus magnifique au réveil que de voir le visage d'Elizabeth. Même angoissé elle était terriblement belle. Surtout que c'était pour lui qu'elle s'angoissait, se dit-il, ému.

_ Allons, je vous ai déjà dis que vous pouviez m'appeler Luc, ricana-t-il.

_ Oh ! Arrêtez avec ça ! Ça n'a jamais été drôle... Est ce que je dois appeler un médecin ?

_ Non ! Surtout pas. Ça va guérir tout seul, bien plus vite que vous ne le croyez. Dans quelques heures il n'y paraîtra plus... enfin il me semble... fit-il en se rappelant avec un temps de retard qu'il était amnésique, pourtant de plus en plus de choses lui revenaient. Comme cette scène sur le toit. C'était un souvenir réveillé par la douleur. Mais qui avait-il bien pu être pour être ami avec La Mort ? Rien que ça...

_ Je suis désolé, dit Elizabeth, je ne pensai pas vous faire si mal.

_ C'est rien, je comprends ça, moi aussi je n'ai jamais voulu vous faire de mal. Et puis, vous êtes resté. Ne vous êtes vous pas dit que c'était le bon moment pour filer ? Quand j'étais inconscient.

_ Si, avoua-t-elle.

_ Mais vous êtes resté, et je vous en suis reconnaissant.

_ Quelle genre de personne abandonnerai un homme dans cet état ? demanda Elizabeth.

_ Je ne suis pas un homme, répondit Luc.

_ Vous êtes quoi au juste ? demanda-t-elle.

_ J'en sais rien, mais ça me reviendra. En tout cas je sais que je ne peux pas mourir, je m'en suis souvenu quand j'étais inconscient. Je sais que je peux être blessé, même découpé en morceau, ou désintégré, mais je finis toujours par revenir à la vie, intact.

_ Comment c'est possible ?

_ Ça, j'en sais rien.

_ Attendez, si vous savez ça, ça veux dire que vous avez déjà été découpé en morceau ? Ou désintégré ?

_ Je ne sais pas, je suis déjà tombé d'un toit en tout cas, ricana-t-il.

_Oh mon Dieu ! s'exclama-t-elle.

_ Arrêtez avec ça, Dieu n'a rien à voir avec tout ça. En plus je ne l'aime pas ce type, dit inconsciemment Luc.

_ Oh, je suis désolé, ce n'est qu'une façon de parler, je ne suis même pas croyante, dit Elizabeth.

_ Tant mieux, affirma Luc.

_ Attendez ? Vous avez dit que vous n'aimiez pas ce type, vous n'allez pas me dire qu'il existe et que vous le connaissez personnellement ?

_ Je ne sais pas pourquoi j'ai dis ça, c'est juste sorti comme ça. Je ne sais pas si Dieu existe. En tout cas l'enfer existe, et La Mort aussi, c'est autre chose dont je me suis souvenu pendant que j'étais dans les vapes.

_ La mort ? Vous voulez dire le gars avec la faux ?

_ Je ne sais pas si il a une faux, en tout cas il me semble que c'est un mec plutôt sympa.

_ Sympa ? La mort ?

_ Oui, il déteste son boulot.

_ Vous plaisantez ?

_ Pas du tout ! C'est un ami je crois...

_ À quoi il ressemble ?

_ À un homme plutôt bien foutu autant que je puisse en juger, avec des cheveux noirs qui lui tombent jusqu'aux épaules et qui bouclent aux extrémités. Il a un oeil bleu et un autre vert. Et le visage balafré d'horrible cicatrices... Il sent la rose aussi.

_ Il sent la rose ? fit Elizabeth, incrédule.

_ Oui, c'est grotesque hein ? Mais c'est comme ça, il sent l'eau de rose.

Le silence se fit, et Luc repensa à son « flash back », si c'était cela sa vie avant d'avoir rencontré Elizabeth, il ne savait pas s'il souhaitait véritablement s'en souvenir finalement. D'ailleurs comment avait-il pu supporter de vivre seul ? Sans elle ? En se jetant des toits, certainement, pensa-t-il.

_ Allez vous laver, fit soudainement Elizabeth. Je reviens avec des vêtements propre pour vous, vous ne pouvez pas continuer à porter ces loques !

_ Vous ne partez pas seule ! s'exclama Luc.

_ Je fais ce que je veux à partir de maintenant, dit-elle. À moins que vous ne vouliez encore vous retrouver sur le tapis ? En plus, depuis que je sais que vous ne pouvez pas mourir, comme vous avez eu l'obligeance de me le dire, je n'aurai aucun remord à vous refaire mordre la poussière, menaça-t-elle.

_ Vous êtes terrible ! gémit Luc.

_ Je vais juste vous acheter des vêtements qui vous conviendront mieux, je le jure. Ceux que vous portez ont l'air d'avoir étaient emprunté à un sans abris. En attendant lavez-vous et je serai rapidement de retour.

_ Vous me le jurez ? demanda Luc.

_ Oui, je vous le jure.

_ Et vous ne mentez pas cette fois ?

_ Non, pas cette fois, dit Elizabeth, joueuse.

_ Ok, je vous crois, mais comment je dois faire pour me laver ?

Après lui avoir montré comment se servir de la vaste baignoire, (qui impressionna énormément Luc) et des différents produit pour le corps, Elizabeth se précipita hors de la chambre d'hôtel avec mal aise, puisqu'il avait commencé à se déshabiller sans même attendre qu'elle soit sortie de la salle de bain. Il n'avait aucune pudeur !

Elle fila jusqu'au centre commercial où elle acheta une tenue chic et décontracté pour Luc. Un pantalon noir, une chemise blanche, une ceinture et des chaussures marrons, et un french coat pour homme, noir. Le tout d'une grande marque de prêt à porté masculine. Puis comme elle l'avait promis, elle rentra à l'hôtel.

Luc l'attendait dans la chambre, une serviette noué autour de la taille, allongé sur le lit. Elizabeth fut rassuré de voir la serviette, elle avait craint (après la scène de tout à l'heure) qu'il ne l'attende nue.

_ Essayez les, dit elle lui tendant ses achats.

Luc lui fit un grand sourire et accepta le paquet qui contenait les vêtements. Il les déballa, et s'habilla devant elle, sans la moindre gêne. Elizabeth ne détourna pas les yeux une seconde, mais Luc ne sembla pas le remarquer.

_ Que faisons nous maintenant ? demanda-t-il, docile, sa nouvelle tenue lui allant à merveille.

Elizabeth pensa qu'il était maintenant totalement irrésistible, et se demanda si ces vêtements étaient une bonne idée finalement.

_ Enlevez les, c'était juste pour voir s'ils vous allaient, vous les porterez demain. En attendant remettez vos vieille fripes.

_ À vos ordre, fit-il amusé. Et il se déshabilla de nouveau, avant de se rhabiller, toujours devant une Elizabeth fasciné, qui ne perdait pas une miette des muscles souples de Luc.

_ Vous croyez que vous pourriez utiliser votre voix magique pour nous commander à manger ? demanda-t-elle en pensant que les vêtements lui avaient déjà couté assez cher comme ça.

_ Oui, bien sûr, je descends en en bas ?

_ Non, nous allons nous servir du téléphone, dit Elizabeth.

S'en suivit comme on devait s'en douter, une scène ou Luc s'extasiait devant la « machine pour parler à des gens qui sont loin ». Puis une discussion où Luc charma et hypnotisa en même temps la jeune réceptionniste pour leur faire monter un repas tout simple. Salade, canard rôti, pomme de terre aux herbes et mousse au chocolat, dont ils se régalèrent. Puis Elizabeth , épuisé, exigea qu'il dorme sur le canapé, pendant qu'elle prenait le lit. Luc, trop content qu'elle reste avec lui de son plein gré, ne discuta pas.

Tôt, le lendemain, après un luxueux petit déjeuner avec chocolat, café, tartines, confitures et viennoiserie, toujours commandé grâce à l'autorité de Luc, Elizabeth appela son petit frère. Elle lui dit qu'elle ne rentrerait pas pendant quelques jours, de ne pas sécher le collège, qu'elle l'aimait, qu'il y avait de l'argent sur la plus haute étagère de la cuisine, qu'il pouvait l'utiliser si besoin était, qu'elle l'appellerait tout les jours et qu'il ne devait pas s'en faire. Même si comme elle le savait, il se ferait quand même du soucis.

Au moment même où Elizabeth raccrocha, la porte de la chambre s'ouvrit, dévoilant toute la hauteur du type qui avait menacé de les tuer dans la ruelle. Luc se mit aussitôt devant Elizabeth, la protégeant.

_ Comme on se retrouve, les tourtereaux, fit l'homme, toujours moqueur. Alors Luc, on a retrouvé la mémoire ? Prêt à mourir ?

_ Pourquoi cherchez vous à me tuer ? demanda Luc.

_ Ah, tu es toujours amnésique à ce que je vois. Tu ne saurais toujours pas où est passé la chose que tu as dérobé ?

_ Dérobé quoi ? À qui ? s'agaça Luc.

_ Quoi, je ne peux pas te répondre, à qui en revanche... C'est simple, aux dieux de l'Olympe.
Elizabeth s'étrangla. Luc était poursuivit par des dieux ? Par les dieux grecs ? Rien que ça !

_ Oui ma jolie, fit l'homme, compatissant, tu ferais mieux de le laisser tomber si tu ne veux pas des ennuis. Bon c'est pas que je m'ennuie mais... Puis, sans finir sa phrase, il attaqua Luc.

Sans réfléchir Elizabeth passa devant ce dernier ,interdit, et cogna le torse de leur agresseur. La lumière explosa, illuminant la chambre, et le géant sombra sur le sol, inconscient. Luc et Elizabeth en profitèrent pour quitter les lieux.

Angelo reprit conscience avec l'impression qu'on lui avait enfoncé les côtes dans les poumons. Il devait souffrir de blessures internes. Comment cette toute petite femme, une humaine, avait-elle pu lui faire ça ? Ça n'avait aucun sens. À moins... à moins qu'elle ne... mais bien sûr ! C'était ça ! Il devait toute de suite en référer aux dieux. Il se concentra et se téléporta, direction : L'Olympe.

_Le Vice ! Hurla Zeus, quand il le vit arriver.

Angelo détestait qu'on l'appelle Le Vice. Ok il n'était pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un enfant de coeur, mais il avait un nom tout de même !

_ Le Vice, répéta Zeus, un imposant vieillard en toge blanche à l'air pas commode du tout, tu m'as ramené ce que je veux ?

_ Non, mais...

_ Tu l'as tué ?

_ Non mais...

_ Alors que fais tu là ? Incapable ! rugit le Dieu des dieux.

_ Je sais où est passé L'Espérance, dit-il, pensant qu'avec ça il lui clouerait le bec une bonne fois pour toute. Il avait tord.

_ Alors pourquoi ne me la tu pas rapporté ? s'énerva-t-il.

_ C'est que, c'est une humaine... se justifia-t-il.

Les dieux n'intervenaient pas dans les affaires des simples mortels, c'était une loi qu'ils avaient adopté il y a longtemps, et ce, pour de très bonnes raisons.

_ Une humaine ? hurla Zeus, faisant trembler les colonnades du temple, et s'hérisser la peau d'Angelo. Une humaine à MON ESPERANCE ? Reprend le lui ! Tu m'entends Luxure ? RE-PREND-LE-LUI ! éructa-t-il, fou furieux.

_ Le problème c'est que l'humaine n'a pas l'Espérance, elle EST l'Espérance.

_ QUOI ? s'étouffa Zeus. Comment c'est possible ! Luc l'a volé il y a moins de 24 heures terrestres ! Comment peut-elle être l'Espérance ? C'est ridicule ! Hier encore elle était au fond de la boite de pandore !

_ D'une manière ou d'une autre, dit Angelo, il a dut le lui transmettre.

_ Lui ! Cet être infernal ! postillonna Zeus. Je le veux MORT ! Tu entends Luxure ? MORT.

_ Vos désirs sont des ordres, mais... et pour L'Espérance alors ? Elle, je ne peux pas la tuer, elle est mortelle, fit Angelo, non sans esquisser un sourire, conscient de l'ironie de ses propos.

Hum... fit Zeus, réfléchissant.

_ Je sais ! Il faudrait qu'elle coopère avec nous !

_ Elle ne voudra pas, et en tant qu'espérance, j'aurai du mal à l'y obliger, dis Angelo qui sentait déjà ses côtes redevenir douloureuses à l'idée d'une deuxième confrontation avec cette femme.

_ Elle a un frère ! répondit Zeus après une minute de réflexion durant laquelle Angelo n'avait pas osé bouger un cil. Un petit frère auquel elle tient comme à la prunelle de ses yeux ! Et il est sans protection, tout seul ! Fit-il d'un ton malsainement suave. Capture le ! Ordonna-t-il. Kidnappe-le et amène le moi !

_ Bien, à vos ordre, dis Angelo, se téléportant immédiatement à Bruxelles.

Caché derrière une des colonnades, un autre dieu avait tout espionné, et enchanté il se dit qu'il venait de trouver un nouveau moyen d'emmerder son vieil ennemi : Zeus.


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Dernière édition par Lucifuru le Ven 29 Avr 2011 - 10:54, édité 11 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:19



Chapitre 4 : L'enlèvement



Thomas s'était habillé à reculons, avait pris son petit déjeuné avec le coeur au bord des lèvres, puis il était parti au collège en trainant les pieds. Il avait EPS aujourd'hui. Thomas détestait le sport. La dernière fois, ils avaient du courir de longues minute, et il avait eu un malaise. En fait, Thomas ne détestait pas que L'EPS, il détestait aussi les maths, presque tout les élèves, et surtout il détestait le collège en général. Heureusement, il était en dernière année. Plus qu'un an à tirer ! Et il aurait 16 ans. L'école ce serait finit pour lui.

Thomas était grand et mince, un mètre quatre-vingt pour soixante kilos. Il avait de longs bras, de longues jambes, la peau pâle, de longs doigts fins et élégants. Son visage de chérubin avait des lèvres épaisses et colorés, de long cils, un petit nez, les oreilles un peu décollés, de grands yeux marrons, et des cheveux châtains clairs aux reflets doré.

Il arrivait devant l'entré de son collège, (avec l'envie de faire demi tour), repensant au mystérieux coup de fil de sa soeur, Elizabeth, quand il vit un homme louche le fixer de l'autre coté de la rue. Le type était immense, large d'épaules, brun, aux court cheveux bouclés, il était mal rasé et avait des yeux bleus aigue-marine rieurs qui semblaient se moquer. Il était habillé avec un grand soin, à la dernière mode des stars hollywoodiennes. Et il ne lâchait pas Thomas du regard.

Angelo était de mauvaise humeur. C'était du à sa malédiction. Il était Le Vice. Lorsque la boite de pandore avait été ouverte, la première fois, les dieux, furieux, l'avaient condamné à porter, enfermé en lui, le Vice. Il était maudit, comme 9 autres de ses semblables. Il y avait la Mort, la Maladie, la Guerre, la Douleur, la Misère, la Folie, le Vice, le Mensonge, la Passion, et depuis très peu de temps, l'Espérance. Mais cette dernière était tout à fait spéciale, et séparé des autres.

Angelo était le Vice, et sa malédiction faisait qu'il devait avoir de régulières expériences sexuelles avec de multiple partenaires si il ne voulait pas lentement s'affaiblir, et dépérir. Hors il n'avait pas baisé depuis un bon moment. Il était fatigué et irritable. Il aurait aimé être ailleurs que devant ce collège à effrayer un adolescent androgyne. De préférence quelque part dans le monde où le soleil s'était couché, à arpenter une boite de nuit. Mais il n'avait pas le choix, on ne rigolait pas avec son employeur.

Aussi se dirigea-t-il résolument vers le pauvre gosse.

Thomas resta planté comme un idiot au milieu du trottoir pendant qu'Angelo avançait vers lui. Que lui voulait ce mannequin à l'air peu recommandable ? C'était bien vers lui qu'il se dirigeait. Qu'est ce qu'un homme comme lui pouvait bien lui vouloir ? À lui ? Il n'était qu'un gamin trop maigre et peu sûr de lui.

En quelques secondes Angelo fut sur lui.

_ Bonjour mon garçon, fit-il tout sourire, tu vas venir avec moi.

_ Pardon ? articula difficilement Thomas après être resté muet de stupeur un instant.

_ Fais moi plaisir, sois un gentil garçon et suis moi sans faire d'histoires, demanda Angelo.

_ Non, dit Thomas n'en revenant pas, qu'est ce que c'était que cette situation surréaliste ?

Il essaya de contourner le mannequin hollywoodien qui lui bloquait le passage pour se réfugier à l'intérieur de l'enceinte du collège. Il avait tout d'un coup une envie impérieuse d'aller en cours. Mais monsieur Hollywood fit un pas de coté et lui barra le chemin.

Thomas lui rentra de dedans, Angelo le souleva d'un seul bras et le jeta sur son épaule. Thomas se débattit, lui donnant des coups de pieds et tambourina sur son dos avec ses poings, en protestant plus ou moins vivement, mais Angelo n'en avait cure. Il marcha tranquillement jusqu'à un rue moins fréquenté, et s'assurant que personne ne l'avait suivit, d'une téléportation, il retourna au Mont Olympe.

Arrivé à destination, Angelo déposa Thomas par terre. Le petit n'avait nulle part où fuir désormais. Ce dernier était absolument stupéfait, ce qu'il avait sous les yeux n'avait rien à voir avec Bruxelles, ni avec quoique ce soit qu'il connaissait d'ailleurs. Tout ici semblait être de marbre blanc, il y avait une multitudes de temple et de colonnades, que même lui pouvait authentifier comme étant de style grec ancien, et le ciel bleu étincelant n'avait rien à voir avec celui qu'il venait de quitter.

_ Où on est ? bégaya-t-il.

_ Sur le Mont Olympe.

_ Hein ? fit Thomas, sans comprendre.

_ C'est la demeure des dieux grecs, expliqua Angelo se demandant ce qu'on pouvait bien apprendre aux jeunes de nos jours à l'école.

_ Mais ? fit Thomas. Qu'est ce que... pourquoi ? Hein ?

_ Avance, soupira Angelo, lui poussant le dos du plat de la main. On va voir Zeus.

_ Pas tout de suite, les intercepta une voix qu'Angelo reconnut tout de suite avec horreur.

_ Hadès, souffla-t-il entre ses dents. Que nous vaut le plaisir ?

_ Hadès ! s'exclama Thomas qui fixait le nouvel arrivé avec des yeux écarquillés.

_ En personne ! fit ce dernier, en s'inclinant pour saluer comme un acteur de théâtre.

_ Que nous vaut le plaisir ? redemanda Angelo, la mâchoire crispé.

_ Oh allons, alors que je vous fais l'honneur de monter sur l'Olympe rien que pour vous parler, c'est comme ça que je suis accueilli ? Par des remarques acerbes ?

_ Hadès, que voulez vous ? demanda Angelo, peu désireux de rentrer dans le jeu d'un tel individu.

_ Oh mais rien du tout ! Je n'ai qu'un petit poème à vous réciter. Je me suis récemment mit à la poésie, et j'aimerai que vous me donniez votre avis.

Il s'éclaircit la gorge et ajouta : Ne m'en voulez pas surtout si vous n'aimez pas le résultat, je débute :

Désormais vous êtes liés,
Où que l'un ira, l'autre suivra,
Que vous le vouliez ou pas,
Vous entretuer, vous ne pourrez pas.

_ Alors ? demanda-t-il, ça vous a plu ? J'avoue que c'est un peu simple, mais vous verrez, c'est efficace, dit-il en s'amusant.

_ Qu'est ce que tu as fait serpent de malheur ! demanda Angelo.

_ Oh mais rien du tout ! C'est comme ça qu'on me remercie de faire partager mon art ? Puis que c'est ça je vous laisse entre rustres que vous êtes !

Et il disparu baragouinant un commentaire sur les barbares incapable d'apprécier la poésie.

_ Éloigne toi ! ordonna Angelo à Thomas en se tournant vers lui.

_ Hein ? fit ce dernier.

_ Éloigne toi de moi ! répéta Angelo.

Thomas fit un pas ou deux, et se retrouva bloqué.

_ Et alors ? hurla Angelo.

_ Je ne sais pas ! paniqua Thomas, je ne peux pas...

_ C'est pas vrai ! beugla Angelo. Puis il essaya à son tour de s'éloigner du gosse. Mais rien à faire. Apparemment ces 3 ou 4 mètres représentaient la distance maximale qu'ils pouvaient mettre en eux. Fichu Hadès ! pesta Angelo.

Zeus s'impatientait en attendant Angelo, qu'est ce qu'il lui prenait autant de temps ? En tant que dieu des dieux, Zeus avait beaucoup de pouvoirs, mais son influence sur le monde des humains était très limité. Il pouvait l'espionner, mais il avait pour cela un temps limité par jour. C'est comme cela qu'il avait su que la femme qui accompagnait Luc avait un frère seul et vulnérable. Le capturer n'aurait du causer aucun problème à Angelo, il aurait déjà du être de retour !

_ Avance ! ordonna Angelo.

_ Ramenez moi à Bruxelles ! ordonna Thomas.

_ Punaise ! Mais tu n'as rien compris ? On est coincé l'un avec l'autre ! Je ne peux pas m'éloigner ! Tu crois quoi ? Que je vais allé en cours avec toi ? Que je vais m'installer dans ta maison ? Tant qu'on sera inséparable tu ne retrouvera pas ta vie d'avant ! Il faut te faire une raison !

Angelo était psychologiquement épuisé, il ne pouvait pas forcer le garçon à avancer, encore une conséquence du poème nullissime du gardien des enfers. Quand il essayait d'utiliser la force pour contraindre le gamin, tout ses muscles se paralysaient. Hors Zeus devait attendre, et Thomas refusait de mettre un pied devant l'autre... Cette situation était infernale.

_ Alors avance ! Suis moi, conclut Angelo sur les nerfs. De toute façon qu'est ce que tu peux faire d'autre ? Tu comptes rester planté là éternellement ?

_ Où on va ? Voir Zeus c'est ça ? Pourquoi ? Pourquoi vous m'avez enlevé, pourquoi vous m'amenez à Zeus ? Je... Je ne ferais pas un pas tant que vous ne m'aurez pas répondu !

_ Je suppose que je n'ai pas le choix ! soupira Angelo en maudissant Hadès. C'est ta soeur, elle est devenue très spéciale depuis peu de temps et Zeus veut l'obliger à... se ranger de notre coté, et pour l'y forcer rien de mieux que d'avoir son petit frère non ?

_ Comment ça ma soeur est devenue très spéciale ? C'est n'importe quoi !

_ Laisse tomber, c'est trop compliqué, tout ce que tu as besoin de savoir c'est qu'elle a un pouvoir que convoite Zeus, mais qu'elle s'est rangé du coté de notre ennemi. Du coup je devais t'enlever pour la « convaincre » de nous aider !

_ C'est incroyable ! hallucina Thomas.

_ Oui, bon, je t'ai répondu, tu viens maintenant ?

Thomas avait envie de répondre non, rien que pour voir encore une fois cette caricature de mannequin américain pour sous-vêtement se mettre en rogne contre sa propre impuissance. Mais finalement, dans un sursaut de bonté, (et surtout parce qu'il pensait aussi qu'il ne pouvait pas resté là éternellement), il acquiesça et suivit Angelo qui se mit en route en soupirant de soulagement.

_ Ah ! Te voilà, Le Vice !fit Zeus en les voyant arrivé. Qu'est ce qui t'a pris si longtemps ? N'importe, enferme le petit dans une chambre, j'ai une nouvelle mission à te confier !

_ C'est que... Nous avons croisé Hadès.

_ Hadès ! Oh non c'est pas vrai ! Qu'est ce qu'il a fait encore celui là ? Rien de grave, j'espère ?

_ Il nous a lié le garçon et moi, on ne peut pas s'éloigner plus de quelques mètres ni s'agresser l'un de l'autre.

_ Enfer et damnation ! jura Zeus. Bon, toi et le petit vous allez partir rassembler les guerriers immortels, je veux que tu trouves chacun des huit et que tu leur transmette un message, c'est clair ?

_ Oui, soupira Angelo en pensant que ça n'allait pas être une mince à faire avec le gosse dans les pattes.

_ Bien ! Voilà le message : Dis leur que Luc a volé l'Espérance de la boite de pandore, mais qu'ils n'ont pas intérêt à choisir son camp. Préviens les que Luc sera bientôt exécuté et que je tuerai sans faire preuve de la moindre pitié quiconque lui viendrai en aide. Surtout si il s'agit de l'un d'eux. Et ensuite dis leur que je récompenserai généreusement celui d'entre eux qui aura l'amabilité de me livrer Luc et l'Espérance sur un plateau. Vois-tu, Luxure, je pense que Luc ne va pas tarder de se souvenir de ses semblables. Et à ce moment là je ne veux pas qu'il puisse trouver des alliés. Tu comprends ?

_ Parfaitement, assura Angelo en trouvant le plan de Zeus affreusement simple.

_ Bon, alors qu'est ce que vous faites encore là ? En route ! dit Zeus en les chassant d'un geste de la main, comme on repousse des moustiques.

Angelo attrapa Thomas, et se téléporta avec lui à Budapest, en Hongrie, là où comme il le savait, logeait La Mort.


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Dernière édition par Lucifuru le Dim 6 Fév 2011 - 16:10, édité 3 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:21


Chapitre 5 : Les maudits



_ Lucien ! appela Gideon agacé, la douche fonctionne toujours parfaitement !

Dans le salon, La Mort était en train de lire le journal.

_ Je sais, dit-il, j'ai déjà appelé plusieurs plombiers, mais ils connaissent la réputation du manoir et de ses habitants, aussi j'ai beau promettre de grassement les rémunérer, ils déclinent tous poliment l'offre d'emploi.

_ Pas grave, je supporterai très bien cette situation indéfiniment, fit Gidéon la mâchoire serré.

_ Je finirai bien par en trouver un qui acceptera, dit La Mort, en attendant tu n'as qu'a te laver à l'eau froide.

_ J'adore l'eau froide ! râla Gideon.

C'est sur ces entrefaites qu'apparurent Thomas et Angelo, au beau milieu du salon. Et Thomas atterri en plein sur Gideon.

Thomas comprenait qu'ils venaient à nouveau de se téléporter. Comme la première fois, il eu l'impression d'être dans un manège à sensations forte à la foire. Quand il reprit ses esprit, au bord de la nausée, il remarqua qu'il était à quatre patte sur de la moquette, mais surtout que sous lui se trouvait un un type tout droit sorti d'un cauchemar steampunk.

En effet, Gideon, un mètre quatre-vingt-cinq et quatre-vingt kilos de muscles athlétiquement répartie, était percé partout de multiples anneaux et décorations métalliques. Il avait un teint cadavérique et des cheveux hérissé teint en bleu électrique. Là il portait un débardeur noir, un pantalon et des bottes de cuirs noires elles aussi, et trois kilos de chaînes et de piercings. Sans parler des shurikens et des couteaux qu'il dissimulait plus ou moins.

Effrayé, Thomas se releva en paniquant, un cri coincé dans la gorge.

_ Panique gamin, j'ai très envie de te faire du mal, dit précipitamment Gidéon qui se relevait lentement tout en reculant de quelques pas.

Épouvanté, Thomas recula jusqu'à se cogner contre le torse d'Angelo qui se tenait derrière lui.

_ N'aie pas peur, dit se dernier, ce n'est que Gidéon, il dit toujours le contraire de ce qu'il pense, ce qui signifie qu'il ne te veut aucun mal.

_ Pourquoi fait-il ça ? demanda Thomas, la gorge toujours noué.

_ Il est maudit, il est Le Mensonge. Il ne peut pas formuler la moindre vérité.

_ Qu'est ce que tu viens faire ici Angelo ? demanda Lucien.

_ On est ravi de te voir Luxure, dit Gidéon.

_ Qu'est ce qui t'as pris d'amener un gamin ? renchéri La Mort.

_ Je vous présente Thomas, les gars. C'est le petit frère de l'Espérance.

_Me voilà rassuré, fit Gidéon.

_ Qu'est ce que ça veut dire ? demanda Lucien. Je croyais que l'Espérance était la seule à être resté coincé dans la boite de pandore.

_ Ouais, mais ça c'était avant que notre cher Luc ne la dérobe pour je ne sais quelle raison.

_ Luc a fait ça ? demanda La Mort. Mais pourquoi ?

_ Ça m'étonne de lui, fit Gidéon. Il a toujours été si respectueux des règles.

_ Il est peut être indiscipliné, dit la Mort, mais jamais il ne ferait quelque chose d'aussi dingue sans motif plus ou moins valable... du moins à ses yeux, ajouta-t-il après réflexion.

_ En tout cas quelque soient ses raisons, comme je l'ai dis tout à l'heure, je ne les connait pas. Et à l'heure qu'il est plus personne ne les connait, vu qu'il a perdu la mémoire avant de pouvoir s'expliquer.

_ Il a perdu la mémoire ? fit la Mort.

_ C'est banal, commenta Gidéon.

_ Ouais, fit Angelo, il est amnésique. Et Zeus veut sa mort. Il m'a envoyé pour le tuer, et pour vous dire aussi que si vous aidez Luc, il vous ajoutera à la liste de ses ennemis.

_ Méchant rebelle, lui reprocha Gidéon, méprisant.

_ Tu sais bien que Zeus me tient par les couilles ! Au sens propre comme au figuré, se justifia Angelo.

_ Puisque tu dis que cet enfant est le frère de l'Espérance, ça veut dire que l'Espérance a déjà trouvé un hôte ?

_ Oui, une femme, une humaine prénommé Elizabeth. Elle semble s'être allié avec Luc pour le meilleur ou pour le pire.

_ Pourquoi nous dis tu tout ça Angelo ? demanda Lucien.

_ Je ne fais qu'obéir à Zeus, comme la si bien fait remarquer Le Mensonge.

_ Je ne te crois pas, dit La Mort, tu aurais pu te contenter de moins d'information, ou de plus de menaces.

Angelo soupira brutalement, il avait toujours détesté l'intuition infaillible de la Mort.

_ En fait j'espérai que vous désobéiriez à Zeus. Surtout toi Lucien. Toi et moi somme les seuls à pouvoir nous téléporter -sans compter Luc- Moi je le peux parce que je suis au service de Zeus, mais il peut me suivre à la trace. Toi au contraire tu es libre de tes mouvements Lucien. J'espérai que tu trouverais Luc et que essaierais d'y voir un peu plus clair dans tout ça. Voilà pourquoi je suis venu vers toi en premier, comme tu étais le plus proche de Luc.

_ Pourquoi veux-tu que j'aide Luc ? demanda Lucien.

_ Parce que, quelque chose me dit à moi aussi qu'il avait un plan quand il a volé l'Espérance. Surtout quand je vois comment Zeus panique. Et l'humaine qui est possédé par l'Espérance désormais semble maîtriser un pouvoir capable de mettre n'importe quel immortel sur le tapis. Allez savoir ce qu'elle peut faire encore ? Et si Luc avait tout prévu depuis le début ? Avant de perdre la mémoire comme un con ?

_ Tu es peut être un gentil toutou finalement, fit Gidéon avec espoir.

_ Qu'est ce que tu veux dire Le Vice ? Qu'il est possible que Luc ait trouvé un moyen valable de nous libérer du joug et de la malédiction des dieux grecs ? De tous nous sauver ? dit la Mort, en ignorant Gidéon.

_ Tu connais Luc, ça lui ressemblerai bien non ? fit Angelo.

_ Absolument pas ! s'enthousiasma Gidéon.

_ Qu'est ce que tu proposes alors ? Que je trouve Luc ? Et alors ? Il sera toujours amnésique, fit remarquer La Mort.

_ Ouais, mais tu pourras peut être l'aider à se rappeler quelque chose, en ce moment il nage dans le brouillard complet. Et toi, tu comprendras peut être quelque chose en rencontrant l'Espérance.

_ Je vais essayer, fit Lucien. Rien d'autre ?

_ Si, Torin et Reyes sont là ?

_ Oui, Torin est dans sa chambre sur son ordinateur et Reyes dans la salle de gym en train de soulever des altères, je crois. Tu veux que je leur disent de venir ?

_ Non, pas la peine, je suis certain qu'ils n'ont pas envie de me voir.

_ Quelle bêtise voyons ! S'exclama Gidéon.

_ Passe leur juste le message de Zeus, Lucien. Ah oui ! J'oubliai, Zeus promet aussi une grande récompense pour qui tuera Luc et/ou ramènera l'Espérance. Dis leur aussi Lucien. Sinon, tu sais où trouver Aaron, Daniel et Dorian ? demanda Angelo.

_ Je crois que Daniel est sur une île déserte, quelque part dans le pacifique sud. Aaron est au Darfour, il se bat. Quant à Dorian il est extrêmement facile à trouver, il a une adresse à New York, il dirige un empire financier florissant, récita la Mort. J'ai son adresse noté quelque part... Attends, je reviens, fit-il se téléportant et réapparaissant presque instantanément. Tiens, voilà, dit Lucien en lui tendant une carte de visite sur laquelle était noté un nom et une adresse.

_ Merci Lucien, dit Le Vice, tout en se gardant bien de préciser qu'en fait il savait très bien où trouver Dorian.

_ De rien, maintenant vas t'en Angelo.

_ Et repasse vite nous voir, tu nous manques mon chou, ajouta Gidéon.

_ Moi aussi je vous aimes les gars, susurra Angelo en leur envoyant un baiser avant de se téléporter avec un Thomas toujours muet de stupeur.

_ Tu ne devrais pas être si méchant avec Angelo, Gidéon. Zeus exerce une grande pression sur lui, dit Lucien.

_ Je ne savais pas, dit Gidéon. Évidement, ça lui donne le droit de tous nous trahir.

_ J'espère que Luc a vraiment un plan, fit La Mort en soupirant un grand coup.

_ Moi pas, renchéri Gidéon plein d'espoir en s'affalant dans un fauteuil.


Luc et Elizabeth déjeunaient tranquillement dans leur chambre de l'hôtel Amigo, en plein centre de Bruxelles, quand ils entendirent des cris dans le couloir.

_ Reviens ici immédiatement ! ordonna une voix masculine.

_ Tu peux toujours crever ! répondit une femme.

Puis la femme cria douleur. Luc, se leva et se précipita hors de la chambre d'hôtel. Il vit un homme d'une quarantaine d'année qui tenait fermement le poignet d'une jeune fille d'environ seize ans. Il y avait sans conteste un air de famille entre eux. Se qui détendit Luc, ce n'était peut être qu'une dispute un peu musclé, comme il y en a dans tout les foyers.

_ Lâche moi ! dit la jeune fille.

_ Qu'est ce qui passe ? demanda Luc.

_ Ça ne vous regarde pas ! hurla l'homme, et Luc se dit en passant qu'il ressemblait à un Grizzly.

_ Ça se passe un peu trop près de ma porte pour que ça ne me regarde pas, dit Luc. Tout ce qui est dans notre champ de vision est de notre responsabilité, assura-t-il pendant qu'Elizabeth sortait elle aussi dans le couloir.

_ Il veut me forcer à tuer mon bébé ! fit la jeune fille catastrophé.

_ Ce n'est même pas encore un bébé ! fit l'homme, il n'a que quelques semaines ! Tu es trop jeune pour avoir un enfant !

_ Vous ne pouvez pas la forcer à avorter, fit Elizabeth. Il doit y avoir des lois contre ça.

_ Vous en êtes sûr ? Et puis de quoi je me mêle ? C'est ma fille ! hurla-t-il en tordant le bras de l'adolescente, qui gémit.

_ Lâchez-la, fit Luc, qui voyait le poignet de la fille se tuméfier à vue d'oeil.

_ Ah ouais ? Sinon quoi ? fit l'homme.

_ Sinon je vais vous aplatir ! Grosse brute ! menaça Elizabeth.

_ J'aimerai bien voir ça ! ricana ce dernier.

Elizabeth, révolté, leva la main et invoquant la lumière elle lui envoya une gifle en plein visage qui claquant en résonant dans tout le couloir. Mais qui n'eut d'autre effet que de mettre le Grizzly en colère. Furieux il lâcha sa fille qui s'enfuit aussitôt, puis il agrippa Elizabeth et la projeta la tête la première contre le mur

Luc sauta sur l'homme et l'envoya s'aplatir sur le sol. Tombant sur lui, Luc le bloqua de tout son poids, et commença à frapper, à frapper, puis quand son visage ne ressembla plus qu'a une boule de chair boursouflé, il frappa encore, du poing droit, en rythme, de plus en plus rapidement, il était complètement enivré, hypnotisé par le bruit de la chair contre la chair. Il sentait le sang battre dans ses veines, et chacun de ses muscles contracté. Il devenait de plus en plus excité. Euphorique, il se mit à rire tout en cognant.

Elizabeth n'avait perdu connaissance que quelques secondes, lorsqu'elle ouvrit les yeux elle vit Luc, transformer en bête sauvage, en train de tuer l'homme. Le réduisant littéralement en bouillie. Et le pire était qu'il semblait exulter.

_ Luc ! Hurla-t-elle. Luc ! Luc arrête ! Mais il ne réagissait pas, continuant son massacre, frappant de plus en plus vite (tellement vite que c'était presque surnaturel) et riant de plus en plus fort.

Elizabeth était incapable de bouger. Elle n'avait jamais vu autant de sang. C'était impossible ! Luc n'était pas comme ça ! Elle se souvenait lui, dormant gentiment sur le canapé après qu'elle lui eu demandé. S'extasiant dans l'ascenseur. Lui souriant d'un air coquin en finissant le fond du plat de mousse au chocolat avec les doigts. Le monstre qu'elle avait sous les yeux ne pouvait pas être le Luc qu'elle connaissait. Pourtant il n'y en avait qu'un. Et c'était lui. L'homme devait être mort maintenant, et certainement depuis un bon moment.

_ Luc ! Il est mort ! cria-t-elle.

Et c'est ce moment là que choisi la fille de l'homme pour revenir. Elle hurla à la mort en voyant le spectacle et ses genoux ployèrent sous son poids, titubant elle voulu se jeter sur Luc.

_ Papa, papa, papa, gémissait-elle.

Elizabeth la rattrapa avant qu'elle n'est pu toucher Luc. La fille se débattu sans ses bras, la griffant cruellement, tout en hurlant de plus en plus. Le remue ménage avait peu à peu attiré des témoins qui se joignaient au concert de cris. Des hommes arrivèrent et saisirent Luc, qui en ruant des épaules les fit tous valdinguer dans le couloir. Puis il se pencha sur un des hommes de la sécurité, et commença à tabassé en riant à gorge déployé comme un dément.

S'en était assez pour Elizabeth, rassemblant enfin son courage, elle vint se mettre au dessus de la victime de Luc, attrapa son visage à deux mains, et rapprocha le sien à un centimètre à peine.

_ Arrête ! fit-elle en le regardant droit dans les yeux. Et ses mains s'illuminèrent.

Luc hébété, cligna des yeux. Il avait mal aux mains. Elizabeth se trouvait collé à lui, ils étaient sur le sol, baignant dans du sang et dans une cacophonie de cris.

_ Qu'est ce qui s'est passé ? Demanda-t-il.

_ Téléporte nous ! Tout de suite ! lui ordonna Elizabeth. Ce qu'il fit.


Écoeuré, La Mort arriva pour prendre l'âme du mort. Que ce massacre fut l'oeuvre d'un ami le peinait énormément. Surtout qu'en arrivant un peu plus tôt il aurait pu empêcher Passion de commettre ça. Le fait de savoir que l'homme était corrompu, et destiné aux enfers, soulagea vaguement Lucien. Mais il savait que quoi qu'il en soit, Luc ne se le pardonnerait pas. Et qu'il n'aurait pas complètement tord.

Passion était le fléau le plus violent de la boîte de pandore. Le plus... imprévisible. Être possédé par lui c'était comme devoir contenir en soit une énorme puissance dévastatrice. Luc avait assez de coeur, et était assez pacifique pour se contrôler la plupart du temps. Mais il était comme une cocote minute accumulant de la pression, et parfois il explosait. Il ressentait alors un bien fou, sous le contrôle total du démon Passion. Qu'on nommait aussi Violence. Amnésique, Luc avait du relâcher sa garde. Après tout, durant la période qui avait suivit l'ouverture de la boite de pandore pour la première fois, ils avaient tous commis des choses plus ou moins épouvantable contrôlé par leurs malédictions. Ils leur avaient fallu des mois pour apprendre à dominer leurs démons. De plus, même avant tout cela, Luc avait toujours été du genre s'emporter facilement. Il était bon, mais peu tolérant envers ce qu'il désapprouvait totalement.

C'est avec ce genre de pensée en tête, que La Mort se mit en chasse. Plus résolu que jamais à retrouver Luc avant que pire ne se produise.


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Dernière édition par Lucifuru le Mar 15 Fév 2011 - 2:46, édité 5 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:22



Chapitre 6 : Liaisons



Luc et Elizabeth, réapparurent dans une rue opportunément vide, derrière un grand restaurant.

Horrifié, la scène de violence revint toute entière à Luc, ne lui épargnant rien.
Il avait tué, non, il avait massacré, non (le terme n'étais pas encore assez fort), il avait... Peu importe le bon terme ! Il avait commis quelque chose de pire qu'épouvantable, et il avait aimé ça. Il était une calamité, un démon de l'enfer, un monstre, un suppôt de Satan, une ordure, il était mauvais, il était dangereux. Dangereux pour Elizabeth. Il se dégoûtait, mais surtout il ne pouvait plus rester avec elle.

Elizabeth observa en silence le teint de Luc (normalement sainement hâlé) virer au blanc, puis au vert. Comme un automate, il alla plaquer son front contre un mur. Elizabeth cru qu'il allait vomir. Mais bientôt, il se figea. Patiente, elle attendit quelques minutes, (elle pensait qu'il méritait bien un peu de repos et de temps pour se remettre). Puis, elle approcha.

_ Luc ? Pas de réponses. Luc ! insista-t-elle sans plus de succès. Youhou ? Luc ? Luc, ça suffit maintenant ! elle soupira, puis le secoua par les épaules, enfin elle essaya, mais il était rigide comme du marbre, cloué au sol, les yeux dans le vide. Des yeux qui exprimés l'angoisse la plus totale.

_ Oh Luc ! fit-elle, avec pitié. Ça suffit maintenant ! répéta-t-elle. Oui, mon dieu, c'est horrible, ok, mais ton attitude ne sert à rien.

Un gros silence lui répondit.

_ Ça suffit bon sang ! Répond moi où je t'envoie une méga claque magique !

Une bonne heure plus tard, Elizabeth avait tout essayé, elle l'avait menacé, secoué, frappé, insulté, réprimandé, s'était moqué de lui, lui avait lancé des objets, tiré les cheveux, chatouillé, raconté des blagues, marché sur les pieds, mis les doigts dans les oreilles, monté sur le dos. Rien à faire, il était toujours dans un état catatonique. De dépit, elle s'était assise par terre à ses pieds et regardait les nuages en jouant à lancer un petit caillou en l'air.

Plus pour elle même que pour lui, elle se mit à parler, elle s'épancha comme elle ne l'avait jamais fait, parlant de toute sa vie, depuis son enfance. Comment petite, elle avait voulu vaincre la mort en y trouvant un remède avec sa panoplie de parfaite petite chimiste et n'était parvenu qu'a créer une substance jaune qui avait dissout la moquette. Comment en primaire, elle avait travaillé pour maîtriser, cette chose affreuse qu'était les nombres, persuadé qu'ils étaient la clé de la science, qui était la clé pour réussir tout et n'importe quoi. Elle lui raconta comment elle avait cru être capable de grandes découvertes, qui auraient changé le monde. Comment elle aurait voulu le marquer. Elle aurait voulu trouver un moyen de faire repousser les membres, les organes, de guérir les paralysés, de terraformer Mars, de résoudre l'équation du pont d'Einstein-Rosen. Elle lui raconta comment elle avait un jour coincé son pied dans le trou de toilettes turcs, comment elle avait un jour dit ses quatre vérité à une sale petite pimbêche. Comment elle discutait philosophie avec son père, science avec sa mère. Combien elle avait eu peur de l'insalubrité du bac à sable en maternelle. Du souhait qu'elle avait fait en soufflant elle même les bougie de son gâteau d'anniversaire pour la première fois, de sa couleur préféré, des musiques qu'elle aimait écouter, des souvenirs flou de ses grands parents. De la solitude qu'elle avait ressentit quand elle avait emménagé seul en appartement après avoir eu son bac, avant la mort de ses parents. Des amis qu'elle avait eu, de ceux qu'elle avait perdu. Des étoiles, de l'univers, du monde, du sens de la vie. Et elle finit par conclure :

_ Toute ma vie j'ai attendu quelque chose. Je ne crois pas en Dieu, ni en la résurrection, ou en une quelconque forme de vie après la mort, je ne pense plus être capable de marquer le monde de façon indélébile. Alors, je vis sans buts. Certaine personnes, peuvent se contenter de vivre tout simplement. Moi si je le fais, c'est par dépit. J'aurai voulu avoir une mission à remplir pour le temps que j'ai à passer dans ce monde. Mais je n'ai pas su la trouver. Et je commençais à me faire à l'idée. J'avais décidé que je prendrai ce que je pourrai. Que je n'aurai que ça. Et tu es arrivé, tu as foutu un merdier pas possible dans ma vie, qui a tout d'un coup pris une tournure dantesque. Et cette sensation de manque, de trou, de vide, s'est envolé. Depuis que je t'ai rencontré, je n'ai plus l'impression de vivre par dépit. Je n'ai plus l'impression d'avoir à chercher quelque chose. Grâce à toi Luc, je suis enfin parfaitement vivante. Alors je t'en prie, ne me laisse pas tomber maintenant, je t'en conjure, pria-t-elle d'une toute petite voix.

Lorsqu'elle leva les yeux vers Luc, elle vit que les iris dorés de celui-ci étaient braqué sur elle.

_ Je t'aime, dit il. Je ne sais pas qui je suis, et je ne me fais pas confiance, mais je sais une chose : Je ne pourrai pas vivre sans toi. Depuis l'instant où je t'ai vue j'ai eu peur que tu ne partes. Rien qu'a cette idée j'angoisse tellement que j'en oublie de respirer. Je préfèrerai plonger dans une marmite d'huile bouillante plutôt que de devoir m'éloigner de toi. Tu m'es complètement indispensable. Si tu t'en vas je suis certain que je passerai le reste de l'éternité à hurler comme un dément la douleur de t'avoir perdu même après que ma voix et ma raison ne se soient brisés.

_ Eh bien... dit-elle, sans voix.

_ Tu n'es pas dégouté par moi ? Terrorisé ? Tu ne désires pas me fuir ? demanda-t-il.

_ Non, je sais que c'est dingue, mais j'ai confiance en toi. Malgré ce que j'ai pu voir. Il y a une part de ténèbres en toi, mais je suis certaine que ta part de lumière est bien plus importante et aveuglante.

_ Je veux te faire l'amour, murmura-t-il brusquement. Laisse moi poser mes lèvres partout sur toi, je t'en prie.

_ Ici ? dit-elle, affolé, le souffle coupé.

_ Retournons dans la première chambre d'hôtel. Tu veux bien ? proposa-t-il avec espoir.

_ Oui.

_ Elizabeth, fit Luc, rayonnant de joie. Si je te fais mal, n'hésite pas à te servir de tes pouvoirs sur moi, sans attendre une seconde, et en y allant à fond. Si je te fais la moindre égratignure, je ne suis pas sûr que mon équilibre mental pourra le supporter.

_ D'accord, mais ne vas pas me traiter comme si j'étais en porcelaine non plus, hein ?

_ D'accord.

Ce marché scellé, Luc enlaça Elizabeth dans ses bras et se téléporta dans le hall de l'Hilton Brussels Hôtel et ordonna de toute son autorité qu'on ne les dérange pas dans la suite présidentielle.


Dans le monde spirituel, La Mort avait tout espionné depuis la déclaration de Luc. Étant La Mort, Lucien avait plusieurs pouvoir bien utile que requerrait sa fonction. Il pouvait entre autre voyager dans le monde spirituel, dans lequel il pouvait manipuler le temps. Il pouvait le ralentir, l'arrêter, ou même revenir en arrière. Malheureusement, seulement sur vingt-quatre heures. Et si quelque chose s'était déjà produit, il pouvait retourner l'observer, mais pas intervenir pour changer les faits. Un nombre conséquent de gens meurent constamment dans le monde, aussi ce pouvoir lui était indispensable pour avoir le temps de récolter toute les âmes. Il avait cherché Luc, puis s'était arrêté, constatant que ce n'était pas le bon moment pour se montrer. Depuis, intrigué, il s'attardait auprès d'eux. Il avait l'intention de partir, il était juste ravi et étonné pour son ami.

_ Oh ! Ils sont trop mignon ! S'enthousiasma une voix féminine derrière lui.

_ Anya ! fit-il, qu'est ce que tu fais là ?

_ Comme toi, je fais du voyeurisme, dit-elle se penchant en avant, ce qui fit tomber ses longs cheveux blond vénitien sur ses seins, qu'elle avait autrement presque dénudé sous un soutient gorge plus symbolique qu'autre chose.

_ Anya, grogna douloureusement Lucien, combien de fois je t'ai dis de mieux te couvrir.

_ Pour manquer le spectacle de voir ainsi tout le sang quitter ton cerveau pour aller engorger ton pénis ? Et puis quoi encore !

_Anyaaa, fit-il en grommelant, la voix déjà rauque.

_ Et si nous le faisions en les regardant faire, Ma Rose ? demanda-t-elle en frottant son entre jambes sur une des cuisses de Lucien d'un mouvement lent et sensuel.

_ Hmphr, ne put-il qu'approuver.


Luc posa Elizabeth tendrement sur le lit, et se mit à lui baiser le cou. Les doigts d'une de ses mains glissé dans ceux d'Elizabeth, il recouvrait chaque surface visible de sa peau d'un voile de baiser, tout lui caressant tout le corps de l'autre main, à travers ses vêtements. À califourchon au dessus d'elle, il se mit torse nu, et lui enleva délicatement son manteau. Puis il passa sa main sous la veste de tailleur d'Elizabeth et lui caressa la poitrine, à travers la dentelle du soutien-gorge. Elizabeth haletait, choqué de l'effet que de simple caresses avaient sur elle. Elle fit courir ses mains sur le torse aux muscle souples et doré de Luc tout en s'émerveillant de la finesse et de la beauté de tout ses traits. Luc lui enleva sa veste, lui mit une main sous la nuque pour lever sa tête et l'embrassa fougueusement, sa langue torturant la sienne avec exigence et passion. Puis il retira sa jupe et ce mit à lui caresser les jambes, lentement, tendrement, fébrilement, des chevilles à l'intérieure des cuisses.

Elizabeth était déjà prête pour lui. Physiquement. Elle le sentait. Mais une chose la tenaillait, pas que cela ait une réelle importance pour elle, mais elle avait l'impression qu'elle devait le dire, avant qu'il n'aille plus loin.

_ Je suis vierge, fit-elle.

_ Hein ? bégaya Luc, s'arrêtant subitement. Pa... pardon ?

_ Je suis vierge, répéta-t-elle.

_ À 27 ans ? demanda-t-il, sous le choc.

_ Oui. Elle n'avait pas envie de parler de ça, elle avait eu des petits amis, et elle avait déjà eu des orgasmes, mais sans pénétration. Elle s'était déjà masturbé aussi, mais avec les doigts seulement.

Luc était surpris, mais assez honteusement, il était heureux d'être le premier. Il trouvait ça lui même assez sexiste de sa part, mais c'était plus fort que lui. L'idée qu'il rentrerait dans un territoire vierge le rendait fou de bonheur. Mais tout d'un coup l'angoisse remplaça l'euphorie. Il allait lui faire mal ! Ça faisait mal la première fois...

_ Oh non mon Dieu ! gémit-il.

_ Quoi ? demanda-t-elle.

_ Je vais te faire mal, l'hymen va se rompre, tu vas saigner, fit-il, épouvanté.

_ Luc, je t'ai dis de ne pas me traiter comme si j'étais en porcelaine !

_ Je préfèrerai me châtrer avec une lame rouillé plutôt que de te faire mal, assura-t-il.

_ Ne soit pas idiot, je ne veux pas que tu t'arrêtes, dit-elle.

_ Je pourrai peut être ne me servir que de ma langue? fit-il après un moment de réflexion.

_ Luc ! Je ne veux pas rester éternellement vierge ! Et je veux le faire avec toi !

_ Elizabeth... gémit-il, je... je ne sais pas... ton sang... je ne peux pas... supporter l'idée... te faire mal... c'est...

Il tremblait des pieds à la tête désormais, et claquait presque des dents.

_ Luc ! Ça suffit maintenant ! Tout va bien se passer ! Tu m'entends ? Prends ton courage à deux mains et continue.

Luc resta un moment agenouillé au dessus d'elle, sans bouger, indécis. Puis il respira profondément, et enfoui sa tête dans les cheveux d'Elizabeth, il lui lécha le cou, et descendit jusqu'à son épaule, qu'il mordilla, puis nouant les doigts d'une de ses mains avec les siens, il entreprit d'enlever son soutien-gorge avec ses dents, tout en titillant ses mamelons avec sa bouche. Une fois les seins d'Elizabeth dénudés, Luc retira ce qui lui restait de vêtements, et nu il la serra contre lui, ils écoutèrent un instant les battements de leur coeurs, endiablés, puis Luc lui mi la main dans la culotte. Tout en la maintenant contre lui, il glissa ses doigts en elle, du pousse il tyrannisait son clitoris et de l'index et du majeur, il la pénétrait doucement, veillant à l'agrandir sans la déchirer. Lorsque Elizabeth, se mit à gémir de plus en plus fort, il lui retira complètement le dernier triangle de soie blanche qui la couvrait encore. Puis, une main dans chacun des creux de ses genoux, il lui écarta les jambes, et plongea la tête la première entre elles, pour la gouter. Il la lécha, et la pourlécha, consciencieusement, se régalant de sa moiteur, et diminuant mesquinement la fréquence de ses attouchements lorsque ses contractions indiquaient qu'elle était sur le point de jouir.

_ Je t'en prie ! supplia Elizabeth en appelant la délivrance de tout son être.

Avec un sourire triomphant, Luc augmenta la vitesse de sa douce torture jusqu'à qu'elle s'arqueboute en explosant de plaisir. Ses doigts toujours en elle, il perça l'hymen au moment où son extase atteignait son point culminant, si bien qu'elle sentit à peine la douleur, noyé qu'elle était dans le plaisir. Puis, lorsqu'elle retomba sur le matelas, le coeur lui sortant de la poitrine et pourtant plus détendu que jamais, il lui chuchota à l'oreille :

_ Ce n'est pas encore fini.

Et il la pénétra, la force de ce que ressentit Elizabeth lui coupa le souffle, il s'enfonça doucement jusqu'au bout, lui lassa quelques secondes pour s'habituer, puis il bougea. Elizabeth se perdit dans un flot de sensations, elle n'était même plus humaine, elle n'était que sensations. Elle enfonça ses ongles dans les avant bras de Luc, qui en gémit de plaisir, il en accéléra ses mouvements, ayant de plus en plus de mal à se retenir. Une sensation encore plus au delà de tout ce qu'elle avait imaginé et ressentit naquit en Elizabeth, qui explosa encore de plaisir, et quelques secondes après, alors qu'elle était encore secoué de spasme de jouissance, elle sentit la réponse de Luc qui l'avait imité. Puis il s'effondra sur elle, roula sur le coté, et se lova contre son corps. Vidé, heureux, et véritablement en paix pour une des toutes premières fois de leurs vies, ils s'endormirent l'un contre l'autre.

Mais juste avant de fermer l'oeil, alors qu'Elizabeth dormait déjà, Luc récita :

Deux flammes pour une braise / Brûlent d'un même désir / Où tu iras, qu'il plaise aux dieux que j'aille aussi / Fasse que le temps n'apaise ni flammes ni souvenirs.


Quelque part, en Olympe, Zeus eut un sursaut :

_ Il a lié son âme ! Ce démon infernal a lié son âme ! éructa-t-il.


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Dernière édition par Lucifuru le Dim 6 Fév 2011 - 16:11, édité 3 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:24



Chapitre 7 : Les visiteurs de la misère



Furieux, Zeus attendit que le serment soit renvoyé à Luc. C'est avec stupeur, qu'il constata que cela n'arrivait pas ! Luc avait eu la sottise de se lier sans que son âme soeur n'en fasse autant ! C'était une occasion inespéré ! Rasséréné, il se frotta les mains de satisfaction.

Dans le monde spirituel, Anya et Lucien avaient eux aussi entendu Luc.

_ Enfer ! jura Lucien, j'espère qu'il sait ce qu'il a fait ! Il est sensé être amnésique !

_ Je crois qu'il la fait inconsciemment, dit Anya, et il a très bien fait. C'était magnifique. Ce genre de déclaration devrait toujours être faite si naturellement, sans même savoir si elle nous sera retourné. Quelle plus belle preuve d'amour ?

_ Mais tant qu'elle ne lui aura pas répété le serment il sera en danger ! protesta Lucien. En plus on ne peut rien leur expliquer tant qu'elle ne lui aura pas dit ! Personne n'a le droit de s'en mêler ! Mais normalement, les couples qui prononcent ces mots savent parfaitement à quoi s'en tenir ! Alors que là...

_ Ça ira, elle lui dira. Ils sont fou amoureux, ça se voit.

_ Comment est-elle sensé lui dire des mots dont elle ne connait pas l'existence ? Si Luc à récité ces vers inconsciemment comme tu le penses, il faudra bien que je lui parle de ce qu'il a fait ! Au diable les lois !

_ Tu risques très gros en faisant ça Lucien ! paniqua Anya.

_ Je sais, grommela La Mort. Mais imagine que je ne fasse rien, et que l'Espérance ne lui retourne jamais ses paroles, l'âme de Luc serait condamné.

_ Ils ont trois jours encore, avant que les choses ne se gâtent. Il peut se passer plein de choses en trois jours. Regarde, ça n'en fait que deux qu'ils se connaissent. Alors je comprends ton désir d'aider ton ami Lucien, tu sais bien que j'apprécie beaucoup Luc également. Lui et moi somme aussi épris de liberté l'un que l'autre. J'ai toujours aimé la façon dont il n'en fait qu'a sa tête sur l'Olympe. Mais promet moi, Lucien, de n'aider Luc que si la date limite arrive à son terme. Et pas avant. Laisse leur une chance de régler ça dans les règles de l'art. Car si tu enfreins de si vieille lois, j'ai vraiment peur de ce qui arrivera.

_ D'accord, acquiesça Lucien, je n'interviendrai que le troisième jour, si elle ne lui a toujours pas rendu ses paroles.

Anya hocha la tête, satisfaite.

Mais, Lucien était fou d'inquiétude, le serment des âmes était une épée à double tranchant. S'il était correctement fait, c'est à dire échangé entre deux êtres complètement dévoués l'un à l'autre. Il était une grande source de pouvoir. Il rendait les deux amoureux extrêmement puissant. Renforçait leurs durées de vie, leur volonté, leur santé, leur force d'âme en fait. Il donnait aussi, aux âmes soeurs, l'assurance qu'ils ne se perdraient jamais l'un l'autre, que leur destin seraient toujours lié, même s'ils en venaient à mourir, ils renaîtraient avec leurs sort de nouveaux entremêlé, leur amour et même leurs souvenirs intactes. Tout les dieux y veilleraient.

Mais accompli dans un seul sens, il condamnait l'âme du malheureux qui l'avait récité à une éternité de solitude. Plus jamais aucune âme soeur ne lui serait désigné, même en cas de réincarnation il naitrait avec son chagrin, avec son coeur brisé, que le temps serait incapable de réparer, et jamais il n'aurait de deuxième chance de connaître le bonheur. Il s'affaiblirait, dépérirait, se transformerai en loque, et si Luc en arrivait là, les dieux se feraient alors un plaisir de se venger de lui en ramassant les morceaux pour le torturer à l'infini sans qu'il n'ait plus l'espoir ni l'énergie nécessaire pour les combattre. Zeus en ferait alors un esclave sans volonté, c'était à n'en pas à douter.

Lucien pensa qu'il ne pouvait pas laisser une telle chose se produire. Il interviendrait avant. Quels qu'en soient les risques.

Mais Anya, elle, de son coté, ne pensait qu'a la sécurité de Lucien, la malédiction qu'il devait porter était déjà assez lourde comme ça pour que le courroux des dieux ne lui en apportent d'autres. Elle espérait de tout son coeur que Luc et Elizabeth auraient un avenir heureux, mais elle ne laisserait pas Lucien se sacrifier pour eux. Quoi qu'il en dise.


Daniel était la Misère, et en tant que tel, il avait très peu de chance. Non, ce n'est pas vraiment ça, disons plutôt il était effroyablement mal chanceux. Non... plutôt qu'il avait une poisse démoniaque.

Oui, donc en tant qu'hôte de la Misère, Daniel était affligé d'une poisse épouvantable, s'il possédait le moindre argent, l'ont lui volé, ou il le perdait, souvent dans les quelques secondes qui suivaient son acquisition. S'il emménageait quelque part le toit de la maison s'effondrait inexplicablement, et s'il utilisait la moindre machine, elle tombait en panne sur le champ, bref la vie de Daniel était misérable.

Mais ce qui était le plus insupportable pour lui, c'était la solitude. Sociable, Daniel aimait la vie, et il aimait les gens, enfin... la plupart. Mais, il était une catastrophe ambulante qu'il ne souhaitait à personne, enfin... à presque personne.

Quoiqu'il en soit il avait depuis un bon moment -qui se chiffrait en siècles- abandonné l'idée de vivre parmi les humains. Fuyant les villes, il se réfugiait donc dans les endroits désert, et, n'aimant guère le froid, Daniel c'était retranché vers les îles désertes. Mais le problème, c'est que le nombre d'îles VRAIMENT déserte ne faisaient que baisser ces dernières années. Heureusement, il était toujours parvenu, jusque là, à en trouver une nouvelle, même si leurs superficie diminuaient d'année en année comme une peau de chagrin. En effet, les humains avaient la sale manie, de s'installer VRAIMENT partout.

Daniel vivait donc sur une minuscule île déserte quelque part dans le pacifique sud, quand il entendit une énorme explosion et distingua de la fumée venant de la plage qui s'élevait dans les airs. Intrigué, il se précipita vers l'origine du bruit, et caché, il entendit des voix. Cela le rendit à la fois heureux, et désespéré. Heureux, parce qu'il avait soif de contact humain, et puis disons le sincèrement : il s'emmerdait. Et désespéré, parce que cela présagé pour lui un nouveaux déménagement, pour on ne sait où.

Mais revenons un peu en arrière, ce matin, Daniel était partit en chasse de nourriture, il avait trouvé un bananier, et quand il l'avait approché, celui ci avait pris feu, foudroyé par un éclair. En plein ciel bleu. Plus tard il avait cru avoir à faire à un mirage quand il avait distingué une noix de coco sur le sol -alors qu'il n'y avait pas l'ombre d'un cocotier à l'horizon- mais, juste avant qu'il puisse la ramasser, un singe surgit de nulle part avait fuit avec dans les arbres. Heureusement Daniel était immortel, il ne pouvait pas mourir de faim, ce qui ne l'empêchait malheureusement pas, de la sentir : la faim.

C'est pourquoi son estomac gargouillait, faisait un bruit de tremblement de terre. Ce qui explique que lorsqu'il entendit les visiteurs, ceux ci l'entendirent aussi.

_ Il y a quelqu'un ? demanda une voix en mandarin.

Daniel, vu son grand âge, et le peu de loisir qui lui était permis, avait eu le temps d'apprendre bon nombre de langages. Il parlait non seulement le mandarin, mais aussi le cantonnais, le japonais, le coréen, le russe, l'allemand, le néerlandais, l'anglais, le français, l'espagnol, le portugais, l'italien, le grec -ancien, et moderne- et tout un tas d'autres langues mortes ou sur le point de le devenir.

Immobile, Daniel retenait sa respiration, il ne fallait pas qu'il lui réponde. Mais son estomac avait sur la question un avis différent, et il le fit savoir, bruyamment.

_ Je vous en prie ! Sortez de là ! Il y a eu un crash d'avion ! Il y a des blessés ! dit la voix.

Merde ! C'est bien ma veine ! pensa Daniel en se disant qu'il pouvait même en être la cause. Après tout, lui exclu, quel était le pourcentage de chance qu'un avion s'écrase pile sur une île aussi minuscule ? Sortant de la végétation avec air penaud, il émergea sur la plage.

Une puissante bouffé de culpabilité l'atteignit quand il vit l'étendu du massacre, la carcasse de l'avion, dont le plus gros morceau flambait encore, était éparpillé un peu partout. Non loin de lui Daniel vit une glacière, affamé, il se jeta dessus, l'ouvrit, et découvrit des sandwichs poulet crudité, puis, très vite -avant qu'un malheur l'en empêche-, il en engloutit un.

Ensuite -et seulement ensuite, après avoir avalé le sandwich tout rond, presque avec le plastique qui l'emballait- il se rappela qu'il était observé.

À la décharge de Daniel, il faut rappeler, qu'il vivait seul depuis longtemps, complètement coupé du monde extérieur. Les bonnes manières, il en avait, au mieux, un vague souvenir...

Pourtant lorsqu'il croisa le regard outré de cette jeune fille, il se les rappela. Et se rappela aussi qu'il était presque nu. En fait il ne portait qu'un très vieux pantalon qui avait été beige. Au moins, je suis propre, pensa-t-il.

_ Vous êtes un naufragé lui demanda-t-elle dans un anglais presque potable.

_ Je parle mandarin, lui dit-il dans cette dernière langue.

_ Ça alors ! Vous n'avez pourtant pas l'air d'un asiatique, lui répondit-elle dans un chinois parfait.

_ Vous non plus, dit Daniel.

En effet, la jeune fille avait bien une peau doré et de long cheveux noirs et raide, mais elle avait plutôt l'air d'une natif des philippines par exemple, que d'une chinoise.

_ Je suis étonné que vous fassiez la différence, lui dit-elle. Ça fait combien de temps que vous êtes sur cette île ?

Daniel commit la bêtise de lui dire la vérité :

_ Ça fait 17 ans, deux mois, et vingt huit jours.

Il avait l'habitude de compter ainsi le temps, en faisant des entailles dans un bâton pour chaque mois passé sur une île, même si ça ne lui servait pas vraiment...

Daniel se mordit la lèvre, parler à quelqu'un pour la première fois depuis si longtemps le rendait idiot et hystérique.

_ Mon Dieu ! Mais vous deviez être terriblement jeune lorsque vous avez échouez ici !

_ Où sont les blessés ? demanda-t-il, parce que c'était urgent, mais aussi pour couper court à l'interrogatoire.

_ La dernière est morte pendant que vous mangiez votre sandwich lui dit-elle d'un ton mordant tout en lui désignant le cadavre d'une vieille femme.

_ Il n'y a aucun survivant ? demanda Daniel, surpris.

_ Aucun à part moi, lui dit-elle.

_ Mais, je comprends pas, balbutia-t-il, vous n'avez aucune égratignure.

_ Oui, c'est incroyable non ?

_ Incroyable ? Ce n'est pas le mot qui me viendrait à l'esprit. Impossible je dirais plutôt.

_ Pourtant, vous voyez bien, je suis devant vous et je n'ai rien.

_ Vous êtes bien humaine n'est ce pas ? demanda Daniel en se mettant à tourner autour d'elle pour l'inspecter sous tout les angles.

_ Et c'est vous qui parler de choses impossibles. Vous croyez que je suis quoi si je ne suis pas humaine ? Toutes ces années sur cette île vous ont rendu frapadingue ?

_ Si vous êtes vraiment une simple mortel vous devriez faire attention à ce que vous dîtes, on est seul tout les deux, ça pourrait devenir dangereux.

_ Vous me menacez ? Demanda-t-elle.

_ Non... bégaya-t-il, prit de court, je dis seulement que vous êtes très imprudente, m'insulter comme ça... vous ne me connaissez pas.

_ Non c'est vrai, êtes vous le genre d'homme qui abusent des femmes ?

_ Je... euh... non.

_ Dans ce cas c'est parfait, dit-elle.

_ Vous êtes toujours comme ça ? demanda-t-il, décontenancé.

_ Je crois oui, mais comme ça comment ?

_ À dire tout ce que vous pensez ? Et à être aussi sûr de vous et imperturbable alors que la situation est complètement invraisemblable ?

_ Oui, je dis la plupart du temps tout ce que je pense, et non je ne suis pas toujours aussi imperturbable quand la situation est complètement invraisemblable parce que c'est la preemière fois que je vis une telle situation.

_ Vous n'êtes vraiment pas humaine n'est ce pas ? Vous êtes une espèce de déesse, non ? Sinon c'est pas possible, sinon j'y comprends rien... dit Daniel, désemparé.

_ Ou sinon vous êtes complètement dingue, aussi, lui rappela la jeune fille.

_ Vous devez être en train de vous moquez de moi, c'est bien un truc de dieux ça, et bien sachez que ça ne prendra pas, vous ne pouvez pas n'être qu'une simple humaine, complètement à l'aise, là, à parler à un homme à moitié nu, en le traitant de frapadingue, sur une île déserte, au milieu des décombres fumant d'un avion, seule survivante du crash, sans une égratignure, même pas décoiffé. Et vous seriez normale ? Et c'est moi qui est fou ? Laissez moi rire, ricana Daniel.

_ Hum, je comprends votre point de vue, fit-elle. En fait, je ne sais pas si vous allez me croire, mais, je ne suis pas une déesse, par contre je ne suis pas exactement normale non plus...

_ Ah ! Je le savais ! fit Daniel, victorieux. Alors, qu'est ce que vous êtes ? Demanda-t-il.

_ Une veinarde.

_Hein ? Pardon ? fit Daniel.

_ Une grosse veinarde, une chanceuse, j'ai du bol quoi ! Et ça ne date pas d'aujourd'hui, depuis le jour de ma naissance j'ai une chance d'enfer. Je n'ai jamais perdu de toute ma vie à pile ou face, pourtant j'ai du y jouer des milliers de fois.

Daniel avait tout le temps une grosse pièce dans sa poche, dix francs en argent. Un ami avait réussi à ensorceler la pièce pour qu'il puisse la garder. Depuis qu'il avait été maudit, il y a des millier d'années, il n'avait jamais gagné une seule fois en la lançant. Pourtant il la gardait, et continuait à jouer à l'envoyer en l'air, en espérant à chaque fois qu'un miracle se produirait.

Daniel sortit la pièce de sa poche.

_ Pile ou face ? demanda-t-il, toujours plus ou moins persuadé qu'elle se foutait de sa gueule.

_ Face dit-elle.

D'une chiquenaude du pousse, Daniel envoya la pièce monter dans les airs en tournant sur elle même, puis il la rattrapa, l'enferma dans son poing, et toujours sans la regarder il la retourna et la présenta sur le dos de son autre main.

_ Pile ! s'exclama-t-il victorieux, avec un grand sourire de gamin. Vous avez perdu.

_ Ça alors ! s'exclama-t-elle. J'en reviens pas ! C'est la première fois de toute ma vie que je perds !

Elle avait l'air si sincèrement choqué, que Daniel eu un doute, se pouvait-il qu'elle dise vrai ? Se fiant à son instinct, Il annonça :

_ Je choisi pile. Et lança la pièce. Puis, il gagna.

Daniel hurla de joie, faisant des bons et des saut périlleux arrière dans le sable.

_ Oh c'est bon, s'énerva la jeune fille, vous n'avez fait que gagner à pile ou face !

_ Non ! Vous ne comprenez pas ! Je n'avais jamais gagné ! Enfin, pas depuis des années... Mais je crois que la chance à tourné, précisa-t-il.

_ Quoi, vous voulez dire que vous m'avez volé ma chance ? demanda-t-elle.

_ Non, je ne crois pas que ce soit possible, fit Daniel.

Après tout une malédiction lancé par des dieux ne s'annulait pas aussi facilement n'est ce pas ?

_ On va réessayer, fit-il en sortant sa pièce.

Dix minutes plus tard, ils avaient joué trente et une fois, Daniel avait gagné 7 fois et perdu 6 fois, et la jeune fille, elle, avait gagné 8 fois et perdu 10 fois.

_ On gagne à peu près une fois sur deux non ? demanda Daniel.

_ Oui, c'est affreusement normal, se plaignit-elle. Vous tuez ma chance c'est ça ?

_ Je crois oui, et vous vous annulez ma poisse.

_ Vous voulez dire, que vous êtes en quelque sorte mon contraire, et que nous nous équilibrons ?

_ C'est ce qui me semblerait en effet. Pour en avoir le coeur net, éloignez vous donc de moi quelques temps, que je constate combien de fois je gagne quand vous n'êtes pas dans les parages.

L'inconnue s'exécuta et revint quelques minutes après.

_ Je l'ai lancé 16 fois, j'ai perdu les 16 fois, ça confirme ma théorie, soupira-t-il, déçu, en pensant que le contraire eut été trop beau.

Mais cette fille était déjà une aubaine, en quelque sorte, sauf qu'elle ne voudrait pas rester avec lui...évidemment...

_ Qu'est ce qu'on fait maintenant ? demanda-t-elle, les bras ballant. Restez avec vous diminue mes chances d'être secourue, mais en même temps je n'ai pas vraiment envie d'être seule.

_ J'ai un bateau, dit Daniel, mal à l'aise.

_ Comment ça se fait ? N'êtes vous pas bloqué ici depuis des années ?

_ Je n'ai jamais fait naufrage, je suis venu ici de mon propre chef, et je ne suis pas assez bête pour venir m'isoler sur une île sans prévoir un moyen pour en partir.

Daniel était malchanceux, c'est vrai, mais heureusement il possédait certains objets -comme la pièce- qui ne lui faussaient pas compagnie, ou ne lui claquaient pas entre les doigts, sinon ça vie aurait été un enfer. Enfin... encore plus...

_ Comment vous appelez vous ? Moi c'est Daniel, ajouta-t-il précipitamment.

_ Téa.

_ Vous vous foutez de moi ?

_ Non, pourquoi ? demanda-t-elle, agacé.

_ Mais Téa ça signifie Dieu en grec !

_ Et alors ? Ce n'est même pas du grec, mon prénom est polynésien et désigne quelqu'un à la peau très clair, dit-elle avec une moue hautaine.

_ Votre peau n'a rien de très clair, alors que vous m'avait tout l'air d'une divinité, rétorqua-t-il.

_ Ça suffit ! Vous êtes complètement malade. Si j'étais une divinité croyez moi, je ne le nierai pas ! Et j'utiliserai mes pouvoirs pour vous faire taire et vous obliger à me lécher les bottes !

_ Un point pour vous, confessa Daniel. Alors, vous êtes originaire de la Polynésie française ?

_ Oui, répondit-elle.

_ Dans ce cas pourquoi parlez vous chinois, et pas français ?

_ Je parle français également ! Mais cela ne m'empêche pas de parler chinois figurez-vous, dit-elle en français.

_ Mais votre anglais n'est pas très au point en revanche, dit-il, en français.

_ Je n'ai jamais aimé cette langue, grimaça-t-elle. Mais, c'est bientôt fini cet interrogatoire ? Vous commencez à me fatiguer.

_Je suis désolé, dit Daniel, avec des faibles remords.

_ Vous ne m'avez même pas donné votre nom, vous, fit-elle, le menton levé et les lèvres pincées.

_Pardon, je m'appelle Daniel, et je suis originaire de Grèce.

_ Eh bien, Daniel, fit-elle, merci c'était sympa cette petite conversation, je me suis bien amusé, maintenant je vais y aller si ça vous dérange pas.

_ Hein ? Y aller ? Où ça ? Je comprends pas... balbutia-t-il.

_ Y aller c'est tout, et quand je serai partie, je pense que vous devriez en faire autant.

_ Partir ? Attendez, Téa ? Je comprends pas... Vous partez seule ? Comment ?

_ Oui, maintenant que je vous ai rencontré je suis quelque peu rassuré et je peux m'en aller. Rassurez vous, je vous laisse votre bateau, vous en aurez besoin.

_ Besoin pour quoi ? demanda Daniel, complètement perdu.

_ Besoin pour retrouver et sauver ma petite fille.

_ Hein ? Pardon ?

_ Regardez dernière moi Daniel, sur la plage, la carcasse de l'avion, regardez bien.

Daniel obéi, et aussitôt ce qui restait de l'avion disparu, ainsi que tout les corps des prétendu « victimes ».

_ Ce n'était qu'une illusion Daniel, dit Téa, et avant de jubiler en proclamant que vous aviez raison, je ne suis pas une déesse, je suis un fantôme. Je suis déjà morte, ce qui explique que je vais quitter cette île sans votre bateau, ou quoique ce soit.

_ Je comprends pas...répéta le mâle.

_ Non, effectivement, soupira Téa. Je suis venue vous rencontrer pour voir si pouviez m'aider, enfin... aidez ma petite fille. Voyez vous, dans notre famille, nous naissons avec un don incroyable, de mère en fille, nous sommes chanceuses. Mais cela à aussi un terrible prix. Nous mourrons jeune, très jeune, avant la trentaine. C'est comme le revers de la médaille. Peut être que nous grillons extrêmement vite le potentiel de chance de toute une vie, et que nous mourons jeune pour cela ? Quoiqu'il en soit, j'ai une petite fille, Luana. Elle vit à Honolulu, à Hawaii. Elle va bientôt avoir 25 ans. Elle approche déjà de la date limite... De l'autre monde vous savez, on voit beaucoup de chose, c'est là que je vous ai entraperçu. Vous êtes notre contraire total, nous sommes chanceuses mais notre vie est éphémère, vous êtes malchanceux mais immortel. C'est là que j'ai pensé que si ma petite fille et vous étiez réuni, les choses pourraient peut être s'équilibrer. Je suis venue vérifier, et ça marche...

_ Vous voulez que je trouve votre petite fille et que passe ma vie près d'elle pour l'empêcher de mourir jeune ? C'est ça ? demanda-t-il.

_ Oui, pourquoi ? Vous avez mieux à faire peut être ? Vous préféré cette vie de solitude et de misère ? Dois-je vous rappeler qu'elle effacera votre malchance ? Vous pourrez enfin vivre normalement.

_ Je... euh... Je ne voulais pas dire ça... Je demandai juste confirmation. Je serai honoré d'aider votre petite fille...

_ Tant mieux ! s'exclama Téa. Et vous avez intérêt à la traiter avec égard, elle n'est pas du tout comme moi, la pauvre enfant à toujours été de nature gentille et sensible. Quoiqu'il en soit, je dois me dépêcher, je n'ai pas le droit de faire ce que je suis en train de faire en ce moment vous savez ? Ils me cherchent...

_ Qui ça ? demanda Daniel.

_ Les anges, pour me ramenez. Bref, peu importe, ma fille vit donc à Honolulu, son adresse est 51 south beretania street, répétez, demanda-t-elle.

_ 51 south beretania street, répéta-t-il, machinalement.

_ Vous vous en souviendrez ? demanda-t-elle.

_ Oui, promit-il, assurément.

_ Bien, alors maintenant j'y vais, et vous aussi ne perdez pas de temps, elle pourrait mourir d'un jour à l'autre, ne laissez pas ça arriver, compris ?

_ Je vais faire de mon mieux, promit Daniel.

_ Espérons que ça suffira, soupira Téa avant de se volatiliser.

_ Mais ? Et si elle ne veut pas de moi ? demanda Daniel trop tard, dans le vide.

Évidemment, personne ne lui répondit... Moins de quinze minutes plus tard Daniel était déjà sur son bateau en train de finir les préparatifs de départs, quand Thomas et Angelo se matérialisèrent sur la plage.

_ Hey ! fit Angelo en lui faisant des grands signes de la main.

Daniel l'imita pour lui répondre en se disant que décidément, cette semaine était mouvementé, pour lui qui n'avait vu personne depuis des années...

_ Salut Daniel, fit Angelo une fois plus proche.

_ Salut mon vieux, répondit Daniel, qui est avec toi ?

_ Ah, Dany, je te présente Thomas...

_ Enchanté Thomas, salua poliment Daniel d'un signe de tête, tout en hissant une voile (son bateau était moderne, et avait un moteur, mais aussi un mât central).

Thomas hocha la tête en retour, bizarrement il ne se sentait pas intimidé par celui ci, Daniel lui faisait bonne impression. Et ce n'était pas dut à sa politesse, Thomas était insensible aux flatteries, c'était surtout que Daniel lui avait sincèrement offert un sourire gentil, ce type avait l'air naturellement sympa.

_ Tu vas quelque part Daniel ? lui demanda Angelo.

_ Oui, je quitte l'île pour Hawaii, sur le champ.

_ Ce n'est pas... un peu plus fréquenté que les lieux où tu as l'habitude d'aller ? demanda Angelo.

_ Oh que si ! fit Daniel joyeux, c'était justement ça qui rendait la chose si géniale.

_ Et ça va aller ? demanda Angelo, un peu inquiet, (Daniel était le seul avec qui il s'était toujours bien entendu, il faut dire qu'il était difficile de se disputer avec ce gars là...).

_ Ouais, t'en fais pas, ça devrait aller, fit Daniel, l'air quand même pas complètement convaincu.

_ Eh bien, je te souhaite bonne chance, fit Angelo sans ironie.

_ Tu étais venue pour me dire quelque chose ? demanda Daniel.

_Non, rien de particulier, je voulais juste voir comment tu allais, mentit Angelo. Il pensait que quoique Daniel compte faire, ça allait sans doute l'occuper assez comme ça, pas la peine de lui rajouter des soucis avec les histoires du démon de la Passion et du grand patron... Zeus.

_ Ah ? Merci, fit Daniel avec un grand sourire, sincèrement touché. C'est bizarre tu sais, il ne m'arrive rien pendant des années et cette semaine je reçoit la visite de quatre personnes ! Étonnant non ?

_ Quatre ? demanda Angelo. Moi, Thomas, et deux autres ?

_ Oui, acquiesça Daniel.

_ Qui sont les deux autres ? demanda Angelo, mené par une soudaine inspiration.

_ Oh... Il y a eu le fantôme de cette femme il y a quelques minutes, et Luc, il y a quelques jours.

_ Luc ? Luc est passé te voir ? s'exclama Angelo. Quand ?

Daniel le fixa, la bouche ouverte, il lui parlait d'un fantôme et tout ce qui intéressé son ami c'était Luc ? Voilà qui était pour le moins étrange... Mais maintenant qu'il y repensait, Luc avait eut une attitude bien bizarre lui aussi ce jour là...


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Dernière édition par Lucifuru le Dim 6 Fév 2011 - 16:12, édité 6 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 26 Jan 2011 - 21:25


Chapitre 8 : Et la lumière fut



_ Tu t'appèles Elizabeth Hayden c'est bien ça ? demanda Luc.

_ Effectivement, confirma Elizabeth.

_ Hayden, c'est un nom irlandais non ?

_ Presque, c'est originaire du pays de galles, comme mes grand-parents.

Luc et Elizabeth, encore enlacé dans le lit, vidaient les réserve du mini bar et discutaient paisiblement. Chacun avait envie de profiter de ce moment pour en apprendre plus sur l'autre.

_ De Grande Bretagne donc, tu sais parler anglais Elizabeth ?

_ Euh... pas vraiment... oui, enfin, comme tout le monde ! J'ai appris à l'école c'est tout, en fait, j'ai une bonne compréhension, et pas mal de vocabulaire, mais un accent à couper au couteau.

_ J'aimerai bien entendre ça ! rigola Luc.

_ Pour te moquer de moi ? protesta Elizabeth. De plus, ce n'est pas juste, tu peux me demander plein de choses, alors que moi je suis aussi curieuse que toi, mais tu es amnésique ! Je ne sais toujours pas quel genre de créature tu peux bien être !

_ Bof, on s'en fou ! ricana Luc. Peut importe si je suis un humain, un dieu, ou un démon, ce qui compte c'est ce que je veux être, et je veux être avec toi.

_ Cela t'es vraiment égal ? Si j'étais toi je suis sûre que ça m'obsèderait ! Ça ne te déranges donc pas de n'avoir presque aucun souvenir de ton passé ?

_ Non ! Pas du tout. Sans doute que je suis et que j'ai toujours été une personne du genre à vivre dans le présent sans ce soucier du passé ni du futur.

_ Cela doit être merveilleux une telle inconscience, mais c'est affreusement irresponsable, désapprouva Elizabeth.

_ Peut être un peu, vis à vis de moi même, mais je pense que je suis du genre à assumer mes responsabilité envers ma famille et mes amis, je te rassure.

_ En parlant de ça, fit Elizabeth, le sang glacé tout d'un coup, et si tu avais une famille ? Mon dieu ! Rien ne nous dit que tu n'as pas déjà une femme et des enfants !

_ Non, non, la rassura Luc, je le saurais ça. Crois moi, je le sentirai, je le sais. Il y a plein de choses que je ressent inconsciemment en fait. Parfois j'ai l'impression que mes souvenirs ne sont qu'enterré superficiellement sous une faible couche de sable qu'un simple coup de vent pourrait révéler.

_ Alors pourquoi ne fais tu pas un effort pour te souvenir ?

_ Parce que je ne sais pas comment faire. Tu sais toi comment faire souffler un coup de vent révélateur dans ta tête ? S'amusa-t-il.

_ Tu n'as qu'a essayer de te rappeler notre rencontre, dans la ruelle, et à partir de là essayer de te souvenir ce que tu faisais avant.

_ Impossible, j'ai déjà essayé, mentit Luc. En fait il avait bien tenté de se souvenir mais extrêmement rapidement, il ne tenait pas particulièrement à se rappeler, cela lui paraissait être une entreprise pénible et dangereuse auquel il préférait échapper.

_ Je suis sûre que tu n'as pas fait beaucoup d'effort, devina Elizabeth avec justesse.

_ Non, et je n'en ai pas envie, avoua Luc.

_ Mais moi je veux savoir qui tu es ! S'exclama Elizabeth.

_ On finira par le savoir tout les deux, crois moi, j'en ai la certitude, fit Luc, un sourire amer sur les lèvres.

_ D'accord, concéda Elizabeth, en attendant dis moi tout ce dont tu te souviens.

_ De pas grand chose, en fait. Je me souviens de d'autres époques, de batailles, je pense que je suis très vieux, et probablement un espèce de guerrier. Je me souviens aussi de compagnons, on a passé beaucoup de temps ensemble, nous devions être une dizaine. Je crois que j'étais pas loin d'être le chef, ou en tout cas incroyablement populaire, fit-il en affichant un sourire de gamin d'une oreille à l'autre. De ce temps là j'étais vraiment très heureux et insouciant, plein d'optimisme, je ne perdais jamais confiance en moi, et je ne connaissais pas la peur. Puis quelque chose est arrivé, je crois que j'ai mis quelques personnes, se trouvant certainement être des dieux, sacrément en colère... et j'ai été puni... Je crois que je suis condamné à... à contenir en moi une formidable puissance très violente.

_ Ce qui explique cet homme, à l'hôtel... fit Elizabeth, diplomate.

_ Ce qui explique que je l'ai réduit en chair à pâté, oui... fit Luc, soudainement très pâle.

_ Tu sais, tu m'a toujours l'air insouciant, plein de confiance en toi, et très courageux, dit Elizabeth, en souhaitant le réconforter.

_ Détrompes toi, j'ai peur maintenant. J'ai peur de faire du mal, de Te faire du mal... J'ai peur de te perdre, j'ai peur d'être seul, et j'ai peur de découvrir ce que j'ai fais pour mériter d'être maudit.

_ Être courageux ce n'est pas ne pas avoir peur Luc, mais parvenir à faire ce qui doit être fait malgré ses peurs.

_ Oui, eh bien, disons que j'ai peur que toutes mes faiblesses ne me fasse échouer, alors... Je suis certain que je n'étais pas comme ça avant, jamais je ne doutais de moi, jamais mes entrailles ou ma gorge ne se nouaient...

_ Et que s'est-il passé ? s'informa Elizabeth.

_ Je te dis, je ne sais pas, mais j'ai certainement dut commettre une grosse bourde. Sans doute justement à cause de mon orgueil et de ma suffisance, fit-il, amer. Bon assez parlé de moi, fit-il, au bord de l'indigestion. J'ai encore plein de questions à te poser !


_ De quoi t'as parlé Luc ? répéta Angelo.

_ C'était une conversation assez personnel en fait, je crois qu'il préférerai que je la garde pour moi, marmonna Daniel, surpris par la véhémence d' Angelo.

_ N'importe quoi ! Tu connais Luc, il n'a aucun tabou, il parle de lui sans aucun problème, je doute que ce gars n'ai jamais eu le moindre secret pour qui compte, y'a qu'a voir le nombre de fois où il a soulé l'un de nous en lui racontant toute sa vie dans les moindres détails !

_ Oui, mais cette fois là c'était différent, fit Daniel, il ne parlait qu'avec hésitation, comme si les mots avaient du mal à sortir, et ce qui m'a dit était assez intime, je crois qu'il n'a pu me parler que parce qu'il me faisait confiance, je ne vais donc pas le trahir en te révélant notre conversation... désolé.

_ Tu comprends pas ! Daniel. C'est très important, je ne comptais rien te dire, parce que tu m'a l'air très occupé, mais Luc est dans la merde jusqu'au cou.

_ Hein ? Quoi ? Comment ? Pourquoi ? Balbutia Daniel, soudain inquiet.

_Il a volé le dernier fléau de la boite de pandore, Zeus veut le tuer, il a perdu la mémoire, et a promis son âme à une femme qui n'a pas prononcé le serment en retour, en fait, elle ne sait même pas que ce serment existe...

_ Mon Dieu ! Comment il a fait pour se mettre dans une telle panade en moins d'une semaine ? hallucina Daniel.

_ Et apparemment, tu es la dernière personne à qui il ait parlé, avant de dérober l'Espérance. Ce qu'il t'as dit peut être important, pour l'aider.

_ C'est ce que tu veux ? L'aider ?

_ Je veux savoir ce qui lui ait passé par la tête !

_ Et tu n'es pas en mission punitive pour Zeus ?

_ Si, officiellement, mais il ne m'a jamais demandé ça, disons que d'un coté je fais ce qu'il me demande, et de l'autre... disons que je fais bien autre chose...

_ Tu ne causeras pas d'ennuis à Luc ? demanda Daniel.

_ Je n'ai aucune envie de lui en causer, assura Angelo.

Daniel soupira et décida de faire confiance à son ami.

_ Luc est venu me parler d'une femme, selon lui elle était son âme soeur, une humaine.

_ Elizabeth, compris Angelo.

_ Oui, le problème c'est que Luc ne pouvait séjourner sur terre longtemps, à cause de la haine que lui porte le Dieu unique des chrétiens.

_ Ah oui, j'avais oublié cette histoire...

_ Luc ne l'a jamais oublié lui, et il avait un second problème, Elizabeth était une mortelle, destiné à une vie courte, alors qu'il était immortel. Il m'a dit qu'il ne supporterai pas de nager dans le bonheur une petite cinquantaine d'années avant de tout perdre.

_ Et donc ? demanda Angelo.

_ Je lui ai répondu que si il pensait que la femme était vraiment son âme soeur, il ne devait pas la laisser filé, et que si j'étais lui je chercherai un moyen pour devenir mortel pour partager une vie avec elle en étant son égal.

_ Et ? fit Angelo qui commençait pourtant à voir où tout ça allait mener.

_ Eh bien il a dit qu'effectivement Elizabeth et lui devait être égaux, puis il s'est exclamé qu'il avait une idée, et il est partit.

_ Ah ce Luc ! s'exclama Angelo. Il s'est dit qu'au lieu de devenir mortel il devait rendre sa femme immortelle ! C'est bien lui ça, lui tout craché. Mais comme tu me l'as rappelé Luc était coincé depuis des siècles avec une interdiction de se promener sur terre, comment à t-il fait pour échapper au Dieu des chrétiens ?

_ Eh bien... Je n'en sais rien... Tu dis qu'il est sur terre ?

_ Depuis deux ou trois jours, oui, fit Angelo.

_ C'est étrange, fit Daniel, Dieu aurait déjà du lui causer des ennuis...

_ Les parques empêche Zeus de venir foudroyer Luc lui même, mais qui empêche le Dieu des chrétiens d'en faire autant ?

_ Ça, c'est la question à million de dollars Angelo, commenta Daniel.


_ Essai encore, ordonna Elizabeth.

_ De quoi ? De me rappeler ? Je te l'ai déjà dis Eli, j'en ai vraiment pas envie, et puis de toute façon quelque chose me dis qu'on découvrira bientôt la vérité.

_ Et tu préfère la découvrir le plus tard possible c'est ça ?

_ Ouais...

_ Tu fuis.

_ Peut être oui.

_ Ce n'est peut être pas si terrible ?

_ Si ça ne l'est pas tant mieux.

_ Mais tu crois que ça le sera ?

_ Je ne sais pas ce que j'ai oublié, mais j'ai une mauvaise impression, oui...

_ Rien ne me fera changer d'avis sur toi.

_ Dis pas ça, on sait jamais... Et si tu apprends que je suis... le diable en personne ?

_ Ne me fais pas rire ! Toi ? Le diable ? Il y a quelques minutes tu culpabilisais de finir la dernière cacahuète du paquet, pourtant tu en avais vraiment envie, et j'ai du insister cinq fois avant que tu accepte de la manger à ma place ! C'est vrai, tu es très diabolique !

_ C'est ça, moque toi. J'ai massacré un type je te rappelle.

_ Ce n'était pas vraiment toi, j'en suis sûre, dit-elle en le fixant droit dans les yeux. On trouvera un moyen de te débarrasser de ça... quoique ce soit...

_ Tu le crois vraiment ?

_ Oui, et toi aussi tu devrais faire un effort, avoir confiance en sois c'est le premier pas vers la réussite.

_ Comment pourrai-je avoir confiance en moi alors que je ne sais même pas ce que je suis ?

_ Justement, c'est pour ça que je veux que tu te rappelles.

_ Même si je voulais, je ne saurais pas comment faire, chuchota Luc.

_ Pour ça je peux filer un coup de main, annonça Lucien, son apparition subite faisant pousser un cri à Elizabeth qui s'empressa de remonter la couette jusqu'à son cou pour se dissimuler.

_ Lucien ! s'exclama Luc.

_ Tiens, tu te souviens de moi ? demanda la Mort, flatté.

_ C'est, c'est lui la fau... faucheuse ? demanda Elizabeth, qui ne pouvait à sa grande honte s'empêcher de frissonner devant les cicatrices qu'arborait le visage de l'homme.

_ En personne, salua Lucien en hochant respectueusement la tête.

_ Luc, tu peux aller chercher mon pantalon ? Et mon haut s'il te plait... fit Elizabeth, soucieuse de pouvoir s'habiller sous les draps, pour ne plus se sentir si mal à l'aise.

_ Bien sûr, fit Luc, jaillissant complètement nu de sous les draps, sans aucune gêne, il alla chercher les affaires dispersé d'Elizabeth et les lui apporta.

_ Merci, dit-elle, avant de faire disparaître quelques vêtements avec elle sous la couette.

_ Je peux vous laisser quelques minutes pour que vous vous prépariez, proposa Lucien.

_ Bof, tu ne ferais certainement que nous observer d'ailleurs, et là c'est nous qui ne pourrions plus te voir, dit Luc sans réfléchir.

_ Tu es vraiment amnésique ? questionna Lucien.

_ Ah... euh... oui... mais certaine choses me reviennent constamment sans prévenir, balbutia Luc, gêné.

_ Habille toi Luc, fit Elizabeth, qui s'était déjà vêtu, elle. J'admire comme tu es à l'aise en tenu d'Adam, mais moi je suis mal à l'aise pour toi, alors enfile au moins un pantalon, soupira Elizabeth.

_ C'est à cause de l'époque dans laquelle il a été élevé, la nudité n'était pas un problème en ce temps là... Sauf quand il faisait trop froid... Bien sûr... expliqua Lucien, pendant que Luc obéissait à Elizabeth.

_ Vous savez à qu'elle époque il est né ? Vous pouvez nous le dire ?

_ Oui, enfin à peu près... Il est né il y a à peu près...

_ Avant de m'annoncer mon âge, j'aimerai commencer par savoir ce que je suis, le coupa Luc.

_ Tu étais humain il y a longtemps, l'élite de ton peuple, puis une déesse, une divinité très ancienne, a... a récupéré ton âme après ta mort. Elle ne voulait pas que tu ressuscites encore dans le corps d'un simple mortel, ce dieu trouvait que tu méritais mieux, alors elle t'a donné un corps immortel et d'impressionnant pouvoirs. Mais en échange elle exigea beaucoup de toi, ta liberté.

_ Aie... Elle n'avait pas tout simplement le béguin cette folle ? demanda Luc.

_ Si, elle était folle de toi, et voulait te posséder pour l'éternité, et si elle t'avait donné de la force, ce n'était que pour qu'elle puisse t'exposer comme un trophée aux yeux des autres divinités.

_ J'ai du me barrer très vite non ? questionna Luc.

_ Non, tu ne le pouvais pas, elle n'était pas idiote. Tes pouvoirs avait une faille : Elle.

_ J'aurais dû m'en douter... soupira Luc.

_ Tu étais obliger de lui obéir, par magie.

_ Fantastique... j'étais quoi alors ? Un espèce d'esclave sexuel ?

_ Oui... Ça et aussi son chien de garde, entre autre...

_ Charmant... Je vois pourquoi je ne veux pas m'en souvenir... Et ? Ensuite ?

_ Ensuite, le temps à passer, beaucoup de temps... Et le monde avait beaucoup changé, la déesse qui te maintenait en esclavage avait perdu beaucoup de pouvoirs et d'influence, car peu d'humains lui vouaient encore un culte, et d'autres dieux avaient fait leurs apparitions, qui avaient le vent en poupe eux... Il s'agissait du panthéon grec en fait...

_ Laisse moi deviner... J'ai du les contacter pour qu'ils me débarrasse de la folle, c'est ça ? se demanda Luc.

_ Tout à fait, tout ce temps à passé mais tu réfléchis toujours exactement pareil, Luc. D'ailleurs c'est déjà comme ça que tu l'appelais : La folle. En fait elle était la divinité de la chasse. Tu étais un très bon chasseur, c'est sans doute ce qui lui avait tapé dans l'oeil en premier... sans compter ton physique bien sûr.

_ Fantastique... ironisa Luc.

_ Elle n'était pas vraiment folle ou mauvaise, mais seulement habitué à avoir tout ce qu'elle voulait, et à le prendre par la force. C'était une chasseresse après tout, et tu étais sa proie...

_ Oui, bon ! Et ensuite ? s'énerva Luc préoccupé par ce que pouvait bien penser de tout cela Elizabeth qui écoutait Lucien comme fasciné.

_ Tu as proposé à Athéna un marché : Ils te débarrassaient de ton encombrante maîtresse et en échange tu devenais leur soldat. Leur chef de guerre en fait... Et ça les faisaient baver d'envie de t'avoir car peu de guerrier ont ta force Luc, ou ta presque invincibilité.

_ Pourtant je prends les coups, et saigne comme tout le monde. J'ai pu le constater, fit Luc.

_ Oui, mais toi tu t'en remets toujours parfaitement, Zeus à donné l'ordre de te tuer, mais personne ne sais même si c'est possible. La déesse qui t'a donné tes pouvoirs était une des toutes premières depuis la création du monde, et une des plus aimé des premiers hommes. Qui sait quelle est l'étendu exacte des pouvoirs qu'elle t'as donné ?

_ Les premiers hommes ? fit Elizabeth. Ça veut dire qu'avant d'être recueilli par cette divinité, Luc était un homme de la préhistoire ?

_ Oui, exactement, il est né il y'a environ 30 000 ans. Je crois bien... pas facile d'être précis quand ça remonte à si loin... même Luc a arrêté de compter.

_ Mon Dieu ! fit Elizabeth.

_ Elle est croyante ? demanda Lucien à Luc qui dédaigna de la tête. Tant mieux, conclut Lucien.

_ Pourquoi ? demanda Elizabeth. Il y' aurait un problème à ce que je sois croyante ?

_ Ouais, et pas qu'un petit... Le dieu des chrétiens et Luc ne s'aiment pas beaucoup...

_ C'est pas vrai ! Il existe ? demanda Elizabeth. Dieu ?

_ Ouais... M'enfin, ce n'est que le nouveau tyran du moment si vous voulez mon avis...

_ Depuis deux milles ans quand même, ça commence à faire un long moment, nota Elizabeth.

_ Le temps est une affaire de relativité, philosopha Lucien.

_ Qu'est ce que je lui ai fais à celui là pour qu'il ait une dent contre moi ? demanda Luc en décapsulant une bouteille de bière du mini bar, des images venu de ses souvenir l'assaillaient et il n'aimait pas ce qu'il y voyait. Combien d'ennemis parmi les dieux ai-je encore ? Ajouta-t-il.

_ Plusieurs, mais revenons là où on en était. Faisons ça dans l'ordre chronologique sinon on ne va plus s'y retrouver voyons ! dit La Mort avec énergie.

_ Oui, donc, on en était quand je passai un marché avec Athéna, récapitula Luc.

_ Ah oui, donc bien sûr, Athéna en a parlé à Zeus, et ils ont acceptés. Je ne sais pas comment ils se sont débrouillés mais les pouvoirs de ton ex maîtresse avaient bien diminué et elle s'est retrouvé sans défense contre les dieux grecs, surtout que son influence sur toi était elle aussi amoindri et que tu l'as sans doute trahi à un moment critique...

_ Je ne l'ai pas trahi ! Je ne lui avait jamais été fidèle ! s'indigna Luc.

_ Oui, oui, pardon... se reprit Lucien. Donc, Athéna et Zeus ont vaincu ta vieille déesse de la préhistoire, et tu es devenu le... guerrier protecteur de l'Olympe.

_ Et ? demanda Luc.

_ Et, tu as demandé à recruter des hommes, que tu rendrais immortel. Les dieux de l'Olympe étaient en guerre contre les titans et tu avais besoin d'avoir de bon soldats sous tes ordres.

_ C'est là que je t'ai engagé, Lucien...

_ Oui, tu as recruté parmi les âmes des guerriers de l'antiquité mort tragiquement. Tu nous as offert une deuxième vie : Nous entrions à ton service, et en échange nous pouvions nous venger...

_ Vous venger ?

_ Oui, comme je viens de le dire, nous étions tous mort tragiquement... Et nous avions tous quelqu'un à blâmer pour cela...

_ Donc, je vous ai recruté ? Et ensuite ?

_ Attends, du calme... Tu as recruté huit guerriers de l'antiquité, moi, Reyes, Torin, Daniel, Angelo, Aaron, Gidéon, et Dorian. Tu te souviens d'eux ?

_ Un peu... avoua Luc. Je crois que je me souviens de Daniel... Et Angelo c'est le brun mal rasé qui veut ma peau ! réalisa Luc.

_ Oui, pouffa Lucien, en effet... Vous avez toujours eu des... relations conflictuelles, tout les deux...

_ Bref ? Ensuite ? Que s'est-il passé ? demanda Luc.

_ Il faut préciser que les dieux grecs, même si tu faisais de l'excellent travail, t'en voulaient tous plus ou moins pour une raison ou pour une autre. C'est que tu étais très indiscipliné. Tu finissais toujours par remplir le contrat, c'est à dire protéger l'Olympe, mais pour cela tu n'en faisais qu'a ta tête. Et parfois tu utilisais même tes pouvoirs et ton influence pour intervenir dans les affaires des dieux... Ce qu'ils apprécient que modérément en général...

_ On dirait que tu étais déjà casse cou... s'amusa Elizabeth.

_ Certains diraient suicidaire même, renchérit Lucien, mais il était surtout sûr de lui et très entier, quand quelqu'un ou quelque chose ne lui plaisait pas il n'hésitait pas à le dire tout haut et à intervenir.

_ J'en avais sans doute marre d'obéir après avoir passé des millénaires à être le jouet d'une cinglé, fit remarquer Luc.

_ Tu ne crois pas si bien dire ! confirma Lucien. Et puis, tu l'avais supporté d'autant moins bien, que l'obéissance n'a jamais été dans ta nature...

_ Bref, qu'est ce que j'avais fait exactement qui leur était resté en travers de la gorge, à ces dieux grecs ?

_ La liste de tes exploits serait bien trop longue ! Mais, eh bien, par exemple, tu avais aidé Éros et Psyché à être ensemble...

_ Hein ? fit Luc, très éloquent.

_ Psyché était une humaine, la fille d'un roi, elle était tellement belle que des milliers de gens venaient l'admirer régulièrement, et certain lui vouaient même un culte. Cela ne tarda pas à attirer la jalousie d'Aphrodite qui envoya Éros, aussi appelé Cupidon, rendre la jeune fille amoureux de l'individu le plus méprisable qui soit. Mais alors que Éros allait remplir sa mission, on dit qu'il tomba lui même amoureux de Psyché en se blessant lui même avec son arc, fit Elizabeth, avant d'ajouter devant la confusion de Luc et de Lucien : C'est de la culture générale.

_ Oui, eh bien, c'est à peu près ça... Sauf que Éros ne s'est pas « blessé lui même avec son arc ». En fait, Luc avait entendu Aphrodite donner son ordre de mission à Éros, et il avait suivit ce dernier, et quand Éros à fait mine de tirer sur la jeune fille, il a retourné la flèche à l'envoyeur, expliqua La Mort.

_ Ah ah ! ricana Elizabeth. Bien fait !

_ C'est aussi ce que pensait Luc... fit Lucien, mais après cette histoire Aphrodite lui voua une haine inextinguible...

_ Mais pourtant ça n'a pas changé grand chose au final... L'arc d'Éros ne peut pas provoquer ou faire disparaître le véritable amour, il peut seulement créer un très puissante attirance chimique entre deux êtres, mais ils ne sont pas réellement amoureux. Hors Éros et Psyché sont fou l'un de l'autre comme de vrais âmes soeur. Donc ce n'est certainement pas à cause de la flèche que j'ai renvoyé contre lui... Pourtant, ça n'empêchait pas Aphrodite de me juger coupable de tout ce bazar... fit Luc en secouant la tête d'incompréhension.

_ Elle cherchait sans doute un coupable sur lequel se défouler comme Zeus lui avait ensuite interdit de se venger sur Éros et Psyché après leur mariage... Et puis, il faut dire que sans toi, Éros serait tombé amoureux de Psyché mais il aurait quand même, l'imbécile, tiré sa flèche pour obéir et aurait par la même occasion commit la plus grande erreur de sa vie, puisqu'il aurait ainsi condamné son âme soeur à se marié avec l'homme épouvantable que lui avait élu Aphrodite. Je te rappelle qu'elle avait choisi l'homme en fonction de sa plus totale cruauté et bêtise... c'était presque un animal...

_ C'est une chose admirable que tu as fait là Luc, fit Elizabeth approbatrice.

_ Bof, renvoyer sa flèche contre lui ne m'a demandé que d'agiter une main... contesta Luc.

_ Oui, mais il fallait avoir le courage de défier Aphrodite... nota Elizabeth.

_ Ou l'irresponsabilité et l'idiotie, fit remarquer Lucien, s'attirant des regards noirs.

_ Et donc ? Comment ai-je finis maudit ? Parce que je le suis, non ? demanda Luc.

_ Oui, j'y viens. C'était donc la guerre entre les dieux de l'Olympe et les Titans, et tout deux voulaient obtenir un objet puissant : La boite de Pandore.

_ Je me souviens ! s'exclama Luc. Nous avons réussi à vaincre les Titans, mais les démons de la boite se sont échappés pendant la bataille, et Zeus, fou de rage, nous a maudit à contenir chacun un fléau en nous, devant vivre avec ses pulsions démoniaques. J'ai hérité de la Passion, et toi Lucien... de La Mort... conclu-t-il en grimaçant.

_ Oui c'est ça, sans les détails du moins... dit Lucien.

_ Je suis désolé Lucien... fit Luc, penaud.

_ C'est déjà de l'histoire ancienne, ces événements se sont déroulé il y a des milliers d'années, je ne suis pas aussi rancunier que ça, ricana Lucien. En plus ce n'était pas vraiment de ta faute, tu as fait ce que tu pouvais...

_ Tant que ne serait-ce qu'un seul d'entre nous sera toujours maudit, ce ne sera pas de l'histoire ancienne pour moi, déclara Luc. Et en temps que chef ce qui arrivé était de ma faute, mon boulot n'était pas de faire ce que je pouvais, mais de remporter une victoire totale... J'ai échoué.

_ Oh ! Je t'en prie ! Luc ! Tu n'as vraiment pas changé hein ? Ça fait des siècles et siècles que tu me chantes le mêmes refrain dans toutes les langues ! s'agaça La Mort.

_ Et ? Ensuite ? demanda Elizabeth, pressée d'avoir le fin mot de l'histoire.

_ Ensuite ? Eh bien... il n'y a plus grand chose à raconter... si ce n'est que les millénaires sont passées, et que les dieux grecs ont perdu de leur influence au profit d'un petit nouveau qui fait cavalier seul : Le Dieu des chrétiens. Et évidemment, Luc à encore réussi à attirer sa sympathie, ironisa La Mort.

_ Qu'est ce qui s'est passé cette fois ? demanda Elizabeth.

Luc fit discrètement signe à La Mort de se taire et prit la parole :

_ Oh... trois fois rien, il a voulu me recruter, que je fasse sa basse besogne au lieu de celle des dieux grecs, mais j'ai refusé. Il m'avait promis monts et merveilles pourtant, un rôle à tenir dans sa religion, et des tas d'adorateurs. Je lui répondu que je n'en voulais pas. Et puis, des adorateurs j'en avais déjà, on me vénérait sans que je ne sache pourquoi, comme le dieu de la lumière et de la connaissance, pas que je le veuille d'ailleurs... ça m'indifférait.

_ Et ? questionna Elizabeth, fasciné de découvrir que l'homme qu'elle aimait été une divinité païenne.

_ Eh bien, quand je lui ai parlé, je l'ai foutu sacrément hors de lui, il n'avait sans doute pas l'habitude qu'on lui réponde avec autant de désinvolture... Alors il m'a fait une place dans sa religion, et m'a donné des adorateurs... que je le veuille ou non... conclu Luc faisant éclater Lucien d'un rire tonitruant.

_ C'est une façon de voir effectivement ! dit La Mort, qui s'esclaffait toujours.

_ Comment ça ? Je ne comprends pas, fit Elizabeth, demandant de plus amples explications.

_ En fait, Dieu a ensuite commencé un campagne de... discréditation du nom de Luc. Il l'a calomnié, s'est mit à répandre les plus grandes horreurs sur son compte. Ça devenait tellement horrible, que Luc a dut changé de nom.

_ Attendez, mais alors, quel était le premier nom de Luc ? Ne me dîtes pas que... paniqua Elizabeth.

_ Si, répondit Luc en se retournant, dos à elle. À l'origine, je me nomme Lucifer.


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Dernière édition par Lucifuru le Mer 16 Mar 2011 - 11:09, édité 4 fois
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Lucifuru
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Sam 29 Jan 2011 - 9:33



Chapitre 9 : Le calme avant la tempête



_ Lucifer... prononça Elizabeth, le souffle coupé. Vous vous moquez de moi ?

Lucien dédaigna lentement de la tête. Elizabeth n'en revenait pas, c'était vraiment trop gros ! Enfin, déjà quand ils avaient parlé de Zeus, d'Athéna, d'Aphrodite, etc, elle avait trouvé ça hallucinant. Mais alors là ! Elle avait couché avec Lucifer ! À cette idée elle partie d'un rire nerveux, quand sa grand mère lui disait que ses jupes trop courtes allaient attirer le diable, elle ne savait pas si bien dire !

Elle allait faire remarquer l'énormité et l'ironie de la chose à haute voix, quand elle vit les épaules de Luc – qui était toujours dos à lui – trembler.

_ Luc, retournes toi, dit-elle gentiment.

Lentement, Luc pivota jusqu'à être face à elle, mais il ne la regardait pas.

_ Luc, je m'en fous ! s'exclama-t-elle. Tu peux bien être le diable en personne si ça te chante, je sais que tu es quelqu'un de bien.

_ En fait ce n'est pas le diable, il n'existe pas, c'est des... intervint Lucien

_ Oui, ça paraît évident, le coupa Elizabeth, c'est des mensonges, je sais. Luc serait l'incarnation du mal ? Laissez moi rire ! Mon ancien patron était cent fois pire ! s'amusa-t-elle.

Les yeux de Luc bougèrent doucement pour se fixer sur ceux d'Elizabeth avec timidité et appréhension.

_ Je peux toujours rester avec toi ? demanda-t-il en abaissant aussitôt le regard.

_ Mais oui bien sûr gros idiot ! Et regardes moi je t'en prie ! s'énerva modérément Elizabeth.

Lucien choisit ce moment pour s'éclaircir la gorge, comme s'il voulait dire quelque chose.

_ Quoi ? s'impatienta Elizabeth.

_ Je me demandais, dit Lucien, si vous saviez que votre frère a été kidnappé Elizabeth ?

L'anxiété envahi immédiatement Elizabeth, qui eut l'impression d'avoir loupé une marche, et de tomber en avant.

_Tho... Thomas ? balbutia-t-elle.

_ Lui même oui, il est avec Angelo, expliqua Lucien.

_ Angelo a kidnappé le petit frère d'Eli ? s'offusqua Luc. Comment ce chien à t-il osé ?

_ Oui, assura Lucien, je les ai vu ensemble, je ne pense pas qu'Angelo lui ferait du mal, cependant il en est autre chose de Zeus...

Elizabeth eut la sensation que son coeur se retournait dans sa poitrine et que du feu lui brulait les entrailles... Thomas, son fragile petit frère qui avait déjà du mal avec les racailles notoire au collège, menacé par le Dieu des dieux... Zeus...

Elle l'imagina deux secondes, mort, que serait sa vie sans lui ? Elle n'aurait plus la moindre famille de sang, il était si jeune, elle n'était pas prête à le voir partir, jamais elle ne le serait ! Il avait 12 ans de moins qu'elle ! Elle l'avait vu naître et s'en souvenais encore parfaitement, lui survivre serait contre nature, injuste, et horriblement inacceptable ! Et sans lui, plus rien n'aurait de sens, à la mort de ses parents elle avait promit de le protéger au péril de sa vie s'il le fallait, il était prioritaire sur elle.

_ Luc ! hurla-t-elle. Il faut allé le chercher ! Tout de suite !

_ Bien sûr, approuva Luc.

_ L'ennui c'est que je ne sais pas où est Angelo... fit Lucien. Comme il peut se téléporter, ça ne risque pas d'être évident, de le trouver...

_ Nous pouvons aussi nous téléporter ! s'exclama Elizabeth, pas prête à laisser un détail de ce genre là, ce mettre entre elle et son frère.

_ Moi je peux me téléporter partout dans le monde, mais uniquement seul, je ne peux prendre personne avec moi, et Luc peut uniquement se téléporter sur des distances relativement courtes... Il ne pourrait même pas aller en dehors de Bruxelles, alors qu'Angelo voyage tout le temps aux quatre coins de la planète... fit Lucien, penaud.

En fait Lucien se doutait qu'Angelo était soit avec Aaron, sur un quelconque champ de bataille, soit sur une île déserte avec Daniel, ou à New York avec Dorian... Mais il savait qu'Angelo ne relâcherait pas Thomas, et il n'avait pas envie de les voir se taper les uns sur les autres, depuis qu'ils avaient tous été maudits Luc avait petit à petit, découragé de son échec, perdu confiance dans sa capacité à être un bon chef, et avait pour ainsi dire abandonné son poste. Lucien avait plus ou moins prit le relais depuis, ça c'était fait naturellement et avait semblé contenter tout le monde. Lucien était juste, raisonnable, intelligent, calme, prudent, diplomate et il se préoccupait du bien être de tous. Secrètement beaucoup pensaient que s'il avait été leur chef depuis le début, ils n'en seraient jamais arrivé là. Lucien était d'accord avec cette affirmation, sans Luc, ils seraient morts depuis des milliers d'années, les autres avaient tendance à oublier cela... Surtout Angelo.

Luc, en voyant peu à peu Lucien devenir le leader de la petite bande, avait tout simplement déclaré sincèrement qu'il pensait que c'était la meilleur solution, et qu'il ferait un très bon chef. Lucien l'avait admiré pour ça, Luc n'était pas dépendant du pouvoir, s'il avait recruté des soldats c'était parce qu'il n'aurait pas pu gagner seul contre les Titans, mais jamais il n'avait voulu jouer au tyran. Pourtant il aurait pu. Mais Luc aimait trop la liberté et savait trop bien ce que c'était de la perdre pour soumettre vraiment qui que ce soit, de plus le pouvoir entrainait de grandes responsabilités, et ce genre de choses, n'étaient pas vraiment du goût de Luc, qui s'en passait très bien.

Lucien lui était responsable de nature, humain il avait été l'aîné d'une grande famille, et il ne savait tout simplement pas être autrement, il se préoccupait toujours de tout le monde, que ce soit son job ou pas... Et en ce moment, il préoccupait d'Angelo. Celui ci avait beau être souvent énervant, il n'en était pas moins l'un d'entre eux, et si Luc lui mettait la main dessus dans l'état actuel des choses, Lucien était prêt à parier que cela allait mal finir. Il voyait bien Angelo baignant dans son sang une fois que Luc aurait laissé échapper son démon...

_ Si vous ne savez pas où se trouve cet Angelo, dit Elizabeth, connaissez vous quelqu'un qui le sache ?

_ Oui, fit Lucien qui venait d'avoir une idée, Angelo travail pour Zeus, et Zeus le suit à la trace, de plus c'est lui qui a ordonné à Angelo de kidnapper Thomas, sinon jamais il n'aurait fait ça. Trouvez Zeus, et vous trouverez le vrai coupable. C'est Zeus qui détient vraiment Thomas, Angelo se ferait un plaisir de vous le rendre, s'il le pouvait.

_ Et Zeus n'est pas dur à trouver n'est ce pas ? Il ne bouge jamais, conclu Luc.

_ Effectivement, approuva Lucien.

_ Alors allons y, dit Elizabeth, allons lui dire deux mot à ce dieu qui se permet de kidnapper mon adorable petit frère !

_ Houlà ! Du calme, pas seuls. Je vais aller chercher Torin, Reyes et Gidéon. On ne sera jamais trop nombreux pour affronter un dieu, remarqua Lucien.

Luc était très mal à l'aise, il ne voulait pas mêler plus de monde à ça, ses hommes avaient déjà assez payé pour lui. Mais en même temps, c'est de la sécurité du petit frère d'Elizabeth dont il était question, pouvait-il vraiment refuser de l'aide ? Telle qu'elle soit ? Non, il ne le croyais pas... Il n'avait pas le droit de diminuer les chances de sauver Thomas pour ménager son orgueil et sa fierté. Il allait accepter l'aide de ses amis, et il devrait le leur redevoir plus tard.

_ Comment vas tu aller les chercher Lucien ? Et comment allons nous nous rendre sur l'Olympe ? demanda finalement Luc.

_ Je vais les chercher en me téléportant à Budapest, ensuite nous nous téléporterons tous sur l'Olympe, nous pouvons tous le faire. Tout les neufs, assura Lucien.

_ Comment ? demanda Luc.

_ Contente toi d'attraper Elizabeth et de le vouloir, dit La Mort, ensuite ça devrait marcher tout seul.

_ D'accord, acquiesça Luc, mais tu es sûr de vouloir affronter Zeus, Elizabeth ? Ajouta-t-il en fixant la jeune femme dans les yeux.

_ Pour Thomas ? Bien sûr, il n'y a rien que je ne ferai pas pour lui, assura Elizabeth, absolument déterminé.

_ Bon, alors j'y vais, mais surtout attendez dix minutes avant de vous rendre là bas, le temps que je briefe les autres, conclu Lucien, en disparaissant d'un seul coup.

_ Il a mentit, dit Luc à Elizabeth, une fois Lucien disparut.

_ Ah bon ? Questionna Elizabeth.

_ Oui, il a dit qu'il ne pouvait transporter personne avec lui quand il se téléporte. Il espérait sans doute que je m'en souviendrai plus, mais je sais qu'il peut très bien le faire s'il veut, même si généralement, les gens sont malades à l'arrivée.

_ Pourquoi a-t-il mentit à ton avis ? demanda-t-elle.

_ Je crois qu'il ne voulait pas que je réduise Angelo en un steak sanglant pendu par les pied dans la chambre froide d'une boucherie... expliqua Luc.

_ Il avait peut être raison, nota Elizabeth.

_ Mouais... C'est pour ça que je n'ai rien dit... fit Luc, un drôle de sourire sur les lèvres. Lucien a toujours été plus malin que moi...

_ Ce n'est pas que tu es bête Luc, tu as juste tendance à ne pas réfléchir avant d'agir...

_ Je fais ce que j'ai envie de faire, c'est tout, pas besoin de réfléchir...

_ Tu es contrôlé par tes émotions, remarqua Elizabeth...

_ Et ça me va très bien comme ça, déclara Luc.

_ À moi aussi, assura Elizabeth, parce que je sais que comme tu as un grand coeur, tu ne souhaites généralement que des bonnes choses.

_ Comme massacrer Angelo ?

_ Si tu aurais vraiment voulu massacrer Angelo, tu l'aurais fait. Tu aurais dis à Lucien que tu savais qu'il mentait, et tu serais parti trouver Angelo. Je crois pas que tu ne tiennes vraiment à lui faire du mal, pas si on peut sauver Thomas autrement, n'est ce pas ?

_ Mouais... peut être... avoua Luc en grommelant.

_ J'en suis sûr moi, fit Elizabeth en affichant une expression de gagnante qui se transforma en un sourire de pur bonheur quand le visage de Luc s'illumina d'amour pour elle.

_ Je ne peux rien te cacher Elizabeth, j'ai l'impression que tu ne fais qu'un avec moi, tu lis dans mon âme et mon coeur comme si tu y étais.

_ On feraient mieux de se préparer à y aller, dit précipitamment Elizabeth, gênée et émue, je n'ai pas envie de rencontrer Zeus débraillé et dépenaillé.

_ Moi ça m'est complètement égal, lança Luc qui ne portait toujours qu'un pantalon. Et puis il ne faut pas qu'on fasse attendre Lucien et les autres !

_ Oui, et bien moi j'ai besoin de me prendre une douche et de mettre des vêtements propres, alors ces messieurs devront attendre, déclara Elizabeth.

_ Je t'adore quand tu es comme ça Eli, ricana Luc.

_ Tu ne serais pas un peu masochiste ? s'interrogea Elizabeth, provoquant une crise de rire chez Luc.

_ Bah il se trouve que si, un peu... avoua-t-il gaiment, laissant Elizabeth comme deux rond de flan tellement elle était surprise. Puis, avec un petit sourire légèrement pervers, elle se dit que ce n'était peu être pas une si mauvaise chose, finalement...

_ Et si nous prenions notre douche ensemble ? proposa-t-elle, toujours souriante.

_ Ce sera avec plaisir, dit Luc en lui rendant un sourire semblable au sien, affichant clairement la nature de ses intentions.

Dans le monde spirituel, La Mort secoua la tête d'exaspération en regardant Luc et l'Espérance rentrer dans la salle de bain, en batifolant comme des abeilles autour d'un panier à pique-nique. Ils en auraient certainement pour plus de dix minutes, ça c'était sûr ! Au moins comme ça, il pouvait prendre son temps pour parler à Reyes et les autres, relativisa-t-il. En se téléportant vite fait vers Budapest, de peur de trop en voir.

Au manoir, Gidéon et Torin jouaient à Darksiders, un jeu où l'on incarne Guerre, un des quatre cavaliers de l'apocalypse... Ils firent semblant de sursauter à l'apparition de Lucien, et s'exclamèrent en coeur :

_ Par l'enfer ! Il est sortit du l'écran ! Retourne dans le jeu, créature démoniaque ! Tout, en brandissant avec plus ou moins de succès des leurs manettes comme des crucifix.

_ Ha ha... très drôle, fit Lucien, gardant un visage de marbre. Il ne me ressemble pas du tout ce gros lourdaud, ajouta-t-il en regardant le personnage principal, qui avait deux bras métalliques gigantesques et qui était presque aussi large que haut... Ce serait plutôt Aaron...

_ On ne parlait pas du héros, mais de lui, précisa Torin, en lui montrant un espèce de démon qui avait l'air d'un grand et maigre squelette pervers dans une tenu de magicien, avec des cornes sur la tête, et d'autres dans le dos. Pour ce nourrir il récolte des âmes, et il n'en jamais assez, l'informa Torin, un grand sourire sur les lèvres.

_ C'est fou ce que tu lui ressemble ! Pouffa Gidéon, mort de rire.

En son fort intérieur à ce moment là, Lucien remercia les dieux que Gidéon soit incapable de prononcer la moindre vérité, mais ils se foutaient quand même bien de sa gueule...

Excédé, Lucien tira sur la prise de la grande télé écran plat dernier cri, provoquant un :

_ Hey ! On avait pas sauvegardé ! protestataire de Gidéon et de Torin, toujours en coeur.

Lucien les ignora d'autant plus, que si Gidéon avait pu dire ça, c'est qu'ils devaient avoir sauvegardé il y a très peu de temps...

_ Je crois que vous passez trop de temps tout les deux ensemble, vous semblez avoir une mauvaise influence l'un sur l'autre, fit remarquer Lucien. Quoi qu'il en soit, on arrête les jeux vidéos pour le moment, réunion de crise, on part en guerre, dit-il calmement, que l'un de vous aille chercher Reyes.

_ Tu déconnes ? demanda Torin, redevenu parfaitement sérieux.

_ Non, je vous expliquerai, fit Lucien.

_ Je ne vais pas chercher Reyes, fit Gidéon discipliné, en se levant et en quittant la pièce.

_ Qu'est ce qui se passe ? demanda Torin, ses yeux vert émeraude voilé d'inquiétude.

_ Attendons que Gidéon revienne avec Reyes, déclara Lucien, se qu'ils firent avec impatience, jusqu'à ce que Gidéon réapparaisse.

_ Que se passe-t-il ? demanda Reyes, ses court cheveux châtains clairs encore humide de la douche qu'il venait de prendre, il ne portait qu'un jogging et l'on pouvait voir des plaies plus où moins récente sur tout son corps, certaines saignant encore un peu...

Lucien lui jeta un coup d'oeil de légère désapprobation mêlé d'inquiétude, et aussitôt Reyes braqua sur lui ses yeux gris, couleur de la tempête, lui faisant comprendre silencieusement de ne pas le faire chier là dessus, il n'était pas d'humeur...

_Luc est amoureux, annonça Lucien, ce qui entraina des exclamations de surprises.

_ C'est sérieux ? demanda Torin.

_ Très, il a lié son âme avec cette femme, cette déclaration provoqua tant qu'a elle un véritable tohu-bohu d'exclamations choqués.

_Incroyable.. conclu finalement Reyes, Torin et Gidéon s'empressant d'acquiescer.

_ Angelo est passé il n'y a pas longtemps, Gidéon la vu, il était accompagné d'un jeune garçon, c'est en fait le petit frère de la femme de Luc. Zeus a ordonné à Angelo de l'enlever, il n'a que quinze ans et va au collège à Bruxelles, en Belgique. Nous allons allez ordonner à Zeus de laisser le gamin tranquille. C'est clair ?

_ Euh... fit Gidéon.

_ Vous pensez que nous devrions le laisser à Zeus ? demanda Lucien...

_ Non, dit Reyes, qui imaginait ce que ça devait être pour un jeune humain d'être la proie d'un dieu despotique tel que Zeus.

_ Je ne pense pas non plus, dit Torin, et puis il vaut mieux qu'on aide Luc avant qu'il essai de faire un truc tout seul, on le connait tous, pour le frère de la femme qu'il aime il n'hésitera pas à... à faire quoique ce soit...

_ Et qui sait ce qu'il pourrait faire cet idiot impulsif, conclu Reyes.

_ Et toi Gidéon ? demanda Lucien, en se tournant vers ce dernier.

_ Tout cela me réjoui au plus haut point, fit-il, mais je ne viens pas avec vous.

_ Bien, donc on sera au complet... déclara Lucien, fier de ses amis.

_ J'espère que tu as un plan ? demanda Reyes.

_ Avec Luc ? Avoir un plan ne servirait à rien, il se débrouillerait pour le foutre en l'air en moins de deux secondes. On verra là bas comment les choses tourneront, et on avisera en conséquence...

_ Fantastique... fit Gidéon.

_ Ça promet, confirma Torin.


Dans le pacifique sud, Angelo discutait toujours avec Daniel, quand il sentit que Zeus voulait qu'il rentre immédiatement en Olympe.

_ Je suis désolé Daniel, on doit y aller, dit-il en attrapant Thomas et en disparaissant sans laisser le temps à La Misère de répondre.

Thomas – qui commençait à s'habituer à être téléporter d'un coin à l'autre, sans explication – et Angelo réapparurent dans un atrium, où Hadès, le dos appuyé nonchalamment à une colonne, jouait avec une sorte de grosse balle en plastique verte fluo transparente avec qui petit pics, qui s'illuminait en bleu et rouge quand elle subissait un choc.

Thomas n'en revenait pas, il avait déjà vu ce truc à la Foir'Fouille, c'était un jouet... Et Hadès s'amusait avec... Il secoua la tête et se pinça le bras pour vérifier une fois de plus qu'il ne rêvait pas.

_ Ça va bientôt devenir marrant, dit Hadès, les effets de mon petit poème ne dureront plus très longtemps, vous avez bien apprécié le temps que vous avez passez ensemble tout les deux ? questionna-t-il en avançant vers eux.

Puis il envoya la balle à Thomas, qui l'attrapa in extremis, éberlué.

_ Garde là petit, les jouets aux enfants ! fit-il joyeusement, avant de disparaître.

_ Quel malade ! renifla Angelo, méprisant, pendant que Thomas, sans savoir pourquoi, rangea précieusement la balle dans une des ses poches.

Une fois devant Zeus, Thomas et Angelo attendirent qu'il parle. En effet, plongé dans l'observation du monde des mortels, Zeus ne leur prêtaient pas la moindre attention. Énervé, Angelo se racla la gorge, sans trop y croire, pourtant cela fonctionna : Zeus tourna son regard vers eux, et dit simplement :

_ Préparez-vous, il va y avoir de l'action.


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Dernière édition par Lucifuru le Dim 6 Fév 2011 - 16:14, édité 2 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Jeu 3 Fév 2011 - 20:05


10

COMPLOTS ET CONTRATS



_ Comment ça il va y avoir de l'action ? demanda Angelo, inquiet. Il se voyait mal combattre avec le môme dans ses pattes... En plus ce taré psychopathe d'Hadès avait très bien pu faire en sorte que si l'un soit blessé l'autre aussi... Il n'avait pas envie de perdre un bras et de voir la même chose arriver au gamin (ou inversement).

_ Luc, l'Espérance, La Mort, La Maladie, Le Mensonge et La Douleur arrivent... fit Zeus, sombrement.

_ Tout ce beau monde rien que pour nous ? demanda Angelo, avec un petit sourire ironique légèrement souffreteux. Je présume que leur motif se trouve être le petit bonhomme à mes côtés ? ajouta-t-il en montrant Thomas d'un signe de tête.

_ Effectivement... confirma Zeus.

_ Je ne veux pas paraître défaitiste, dit Angelo, mais je crains de ne pas être très utile lors de ce conflit... Je ne suis pas certain de pouvoir faire quelque chose contre cinq des miens, surtout handicapé comme je le suis avec le gamin...

_ Ne t'en fais pas espèce de larve, se moqua Zeus, j'ai plus d'un tour dans mon sac. N'oublie pas qui je suis ! Je leur réserve quelques surprise provenant de mon meilleur fournisseur d'armes, Héphaïstos.

Zeus n'aimait pas beaucoup Héphaïstos, le fils boiteux et laid qu'Héra avait engendré dans le but de lui prouver, jalouse qu'il ait mis au monde Athéna seul, qu'elle pouvait en faire tout autant. Mais pourtant il lui fallait bien avouer qu'il c'était montré bien utile finalement. Il était à l'origine des meilleurs artéfacts qui avaient fait leurs preuves depuis longtemps sur l'Olympe, comme les flèches d'Artémis et d'Apollon, son propre trône, ou encore le trident de Poséidon et même de la boîte de Pandore. Et surtout... De l'égide, l'arme la plus puissante de tous, celle qui lui permettait encore aujourd'hui, en ses temps troublés, d'avoir gardé autant de pouvoir. Assez même pour être toujours une épine dans le pied de ce satané Dieu des chrétiens qui avait autant de fidèle parmi les hommes sur terre.

Oui, grâce à L'égide, -entre autre-, Zeus était imbattable, il en était persuadé. Seul lui faisait vraiment peur les Parques. Fileuses du destin, elle pouvaient planifier dans les moindre détails le sort de n'importe quel individu. Fût-il même un Dieu. Ça n'avait aucune importance pour elles. Même les dieux était soumis au destin... C'est pour cette raison que Zeus restait sur l'Olympe, à l'écart du monde des hommes. C'était son marché avec les Parques. Elles ne se mêlaient pas de ses affaires sur l'Olympe, et en échange il ne se mêlait pas de la destiné des terriens...

Zeus était un peu angoissé à ce propos surtout... Thomas et l'Espérance étaient humains après tout... Il touchait là un point sensible de son alliance avec les fileuses du destin. Encore, pour l'Espérance il avait une ligne de défense toute assuré, après tout depuis que cette humaine était l'hôte d'un des fléaux de boîte de pandore, elle était devenue une immortelle, et n'était donc plus vraiment humaine... Et puis elle et Luc lui avait volé ce qui lui appartenait. L'espérance était un fléau qui était sensé rester entre les mains de Zeus. C'était un fléau à part, important, qu'il tendait à vouloir garder pour lui. Les Parques comprendraient sans doute...

Par contre pour Thomas... Le petit était complètement humain lui. Mais il ne comptait pas toucher un seul cheveux de sa tête, il s'en servait juste d'appât pour attirer ici Luc et ses rebelles. Dans un piège... Et ensuite il tuerait les mauvaises herbes...

Zeus ricana en se disant que finalement, pour le coup, Hadès l'avait bien aidé ! Comme Angelo était lié à Thomas, si les parques lui reprochait quoique ce soit il n'aurait qu'a dire : Ce n'est pas moi ! C'est Hadès ! Il a lié enchaîner ce pauvre petit à La Luxure ! Que pouvais-je faire après ? Le laisser dans le monde des hommes ainsi ?

Et en plus, ce lien avait un deuxième intérêt, il était sur que comme ça Angelo ne pouvait que surveiller le gamin de près, et être attentif à sa sécurité. Il ne fallait vraiment pas que ce môme soit blessé après tout...

C'est pourquoi Zeus était confiant. Qu'ils arrivent, il les attendaient de pied ferme.


À Bruxelles, Elizabeth et Luc étaient enfin lavé, et habillé, parfaitement présentable. Cela leur avait prit bien plus que dix minutes -presque une heure en fait- mais Luc n'était pas inquiet. À près tout la mort avait le pouvoir de voyager instantanément partout et de tout observer depuis le monde spirituel. Il savait surement exactement à quoi s'en tenir et s'il s'impatientait, il viendrait le leur dire en personne. Et Luc avait parfaitement raison, puisque arrivé là dans ses déductions, il vit apparaître La Mort en personne.

_ Bon, nous on est prêt, assura Lucien. On y va ?

Luc regarda Elizabeth, il voulait être sûr qu'elle était décidé.

_ On y va ! dit celle-ci.

_ Bien, alors nous sommes prêt, emmène nous là bas La Mort, dit Luc.

_ Emmenez vous tout seuls ! fit la Mort en souriant, et trainez pas, on vous attends, puis sur ces mots il disparut.

Luc, suivant les recommandations de La Mort, ne perdit pas de temps, et attrapant Elizabeth contre lui, il se téléporta presque immédiatement après Lucien.

Lorsque Luc apparut sur l'Olympe, ses amis étaient déjà là, et angoissé il serra Elizabeth contre lui. C'était idiot mais il avait l'impression qu'il ne les avait pas vu depuis des siècles et il était nerveux. Il se demandait ce que ses amis pensaient de lui. Lui en voulaient-il d'être en quelque sorte responsable de tout ce bazar ?

_ C'est Lucifer, le plus grand guerrier que je connaisse, cette chose tremblante qui se planque derrière une femme ? demanda Reyes avec un grand sourire chaleureux qui démentait la dureté de ses paroles.

Luc, honteux, faillit presque se cacher complètement derrière Elizabeth, mais finalement il prit une grande inspiration et alla se planter devant ses amis.

_ Salut, je vous remercie d'être venue et je suis désolé de vous entrainez là dedans... bien sûr si un jour vous avez besoin de quoique ce soit de moi je vous revaudrez ça... dit-il en alternant de manière comique l'attitude d'un chef militaire faisant un discours et celle d'un jeune écolier se présentant lors de son premier jour de classe.

Torin, Reyes et Gidéon se regardèrent une seconde et éclatèrent simultanément de rire au grand embarra de Luc.

_ Qu'est ce qui t'es arrivé Luc ? demanda Torin. On dirait que tu nous vois pour la première fois ! Ou tu as avalé un parapluie ?

_ C'est parce qu'il n'est pas amnésique, expliqua Gidéon, qui rigolait toujours.

_ Amnésique ? firent Reyes et Torin avec un bel ensemble.

_ Oui, désolé, fit Lucien, ça m'était complètement sorti de la tête. Effectivement Luc est amnésique...

_ Je me suis souvenu de plein de choses, protesta Luc. Mais... pas encore de tout...

_ Eh bien ça promet... fit Torin en secouant la tête.

_ Je trouve ça plutôt marrant, intervint Reyes, je n'avais jamais vu notre leader sous un tel jour, on dirais un chaton terrifié.

_ Et c'est une attitude remarquable et rassurante à avoir lorsqu'on s'apprête à aller affronter un dieux, fit remarquer Gidéon.

_ C'est bon, je tremble devant mes amis, j'avoue, mais je n'aurais pas peur lorsque je ferais face à mes ennemis, promit-il.

_ Croyez-le, fit Hadès en apparaissant tout d'un coup. Si il y a bien une chose de certain chez cet homme c'est qu'il ne se rend jamais face à ses ennemis. Si Luc est bien une chose -en plus d'être un crétin fini- c'est avant tout un indomptable. Quoique... fit-il en regardant Elizabeth, Il y a bien une exception mais ça ne compte pas parce qu'il s'est rendu volontairement... s'amusa le gardien des enfers.

Les propos d'Hadès avaient beau être amicaux, une ambiance glaciale venait d'envahir l'atrium où ils étaient rassemblé. Torin, Reyes et Gidéon s'étaient rapproché les uns des autres, Luc s'était placé devant Elizabeth, et Lucien avait l'air extrêmement vigilant.

_ J'adore l'atmosphère chaleureuse qui m'accompagne partout, fit remarquer Hadès avec un grand sourire.

_ C'est peut être parce que tu as la réputation d'être quelqu'un d'adorable ? rétorqua Gidéon.

_ Oh ! Les réputations ! Vous devriez savoir à quel point c'est surfait ? N'est ce pas Luc ?

_ Qui est ce ? demanda Elizabeth.

_ C'est Hadès, le gardien des enfers, répondit Lucien, laissant l'Espérance sans voix.

_ Que voulez-vous Hadès ? demanda Reyes.

_ Je viens juste annoncer à votre ami Lucifer, fit-il en insistant sur le nom, que j'ai rempli ma part du contrat...

_ Quel contrat ? demanda Luc, intrigué.

_ Oh oh ! Hey, dis moi mec, tu ne comptes quand même pas ne pas respecter TA part du contrat sous prétexte que tu as malencontreusement perdu la mémoire quand même ? ricana machiavéliquement Hadès.

_ Et j'aurai promis quoi ? questionna Luc.

_ C'est simple mon vieux, j'ai donné un truc à Thomas, et toi tu as promis que quand cette chose aura finit de faire son boulot, tu me laisserait la reprendre.

_ Que doit faire cette chose ? Et pourquoi aurai-je fais une telle promesse ? s'enquerra Luc.

_ C'est simple, en échange tu pourra couler des jours paisible avec ta nénette sur terre...

_ Qu'est ce que c'est que cette chose ? s'énerva Luc, surtout à cause de l'appellation qu'il avait choisi pour Elizabeth.

_ Calme toi, Luc, intervint Lucien doucement, en faisant attention à ne pas être offensant. Il ne tenait pas à ce que La Passion s'échappe.

Luc, faillit mal réagir, il n'aimait pas qu'on le traite comme un enfant. Mais il se rappela que Lucien était son ami et qu'effectivement il avait de bonnes raisons de le mettre en garde contre la colère. Aussi Luc respira profondément et répéta sa question à Hadès plus calmement.

_ Hadès, pourrais-tu s'il te plait arrêter d'être aussi sibyllin et me dire clairement ce qu'est cet objet, ce qu'il fait, et en quoi le fait que tu le possède pourrait me permettre de vivre tranquille ?

_ Cet objet est une balle transparente environ de la taille d'un poing, recouverte d'une couche de plastique verte pomme élastique et orné de petit pic, qui s'allume et clignote lorsqu'on la secoue, fit Hadès amusé. Quand à ce qu'elle fait je te laisse la surprise de le découvrir, tu le verras bien assez tôt.

_ Tu n'en diras pas plus ? soupira Luc.

_ Non, effectivement... assura Hadès, je suis juste venue vous dire de ne surtout pas quitter l'Olympe sans cette balle, conclu-t-il en disparaissant.

Elizabeth, mal à l'aise avait une mauvaise impression, et elle aurait bien aimé questionné Hadès plus longtemps là dessus mais n'avait pas osé interrompre le gardien des enfers. Elle s'en mordait maintenant les doigts, mais tant pis ! Ils devaient aller sauver son frère sans plus attendre. C'est ce qui importait vraiment.

_ Allons y, fit-elle, ne perdons plus de temps.

Tous acquiescèrent et se mirent en route. Il ne tardèrent pas à trouver sur leur chemin des soldats en argile leur barrant le passage.

_ Zeus aurait pu être un peu plus original, remarqua Torin. Des soldat en argile, c'est d'un classique !

_ À son âge on ne se refait plus, se moqua Reyes.

_ Il a à peine quelques milliers d'années de plus que nous Reyes, une pacotille finalement... fit remarquer Lucien, amusé.

_ C'est vrai que c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité, concéda Torin.

_ Moi je suis aussi vieillot que lui ! protesta Gidéon. J'aurai parfaitement pu faire preuve d'autant de mauvais goût !

Ça aurait pu durer longtemps, mais Luc fonça en avant, déclenchant l'activité des sentinelles qui chargèrent les guerriers.

Luc sauta sur une des statues animés, la projetant carrément au sol, puis il envoya son poing traversé le thorax du pantin, et il eut la surprise de constater que non seulement son poing s'y était enfoncé comme dans du beurre, mais qu'en plus son bras était en feu et qu'il ne ressentait aucune douleur...

_ Waou ! T'es en forme Luc ! Lui fit remarqué Reyes en lui envoyant une grosse tape dans le dos.

Reyes lui, avait sorti une large épée courte impressionnante avec laquelle il taillada allègrement les statues, qui finissait par s'effondrer en morceau, inerte.

Torin, lui tirait dans le tas avec ses flingues, mais pas n'importe où il visait précisément à chaque fois le petit cristal incrusté dans les statues, qui leur donnait la capacité de se mouvoir.

Lucien lui avait sorti sa faux qui émettait de la fumé noir effrayante et faisait des ravage en se téléportant juste au milieu d'un groupe avant de tous les balayer, les coupant en deux d'un coup circulaire. Puis il disparaissait et allait sévir au centre d'un autre groupe.

Gidéon quand à lui, transformait les statues en de vrai pelote d'épingle avant de faire exploser ses projectiles, éparpillant de la statue transformé en poussière partout...

Luc ne perdait pas de vue Elizabeth et enflammait à coup de poing tout ce qui s'approchait d'elle.

Au bout de quelques minutes seulement, la centaine d'adversaires avaient disparu, à leur place le sol était jonché de débris de statue, on se serait cru dans un musé ravagé par une bande de dingue. Ce qui n'était en fait, pas trop loin de la vérité...

Content d'eux, le groupe progressa dans le palais jusque là où ils savaient que Zeus attendait toujours.

_ C'est franchement trop facile ! s'inquiéta Reyes.

_ Ça ne pue absolument pas le piège à plein nez, effectivement, confirma Gidéon.

_ On y va quand même, lança Luc, en ouvrant les grandes portes qui donnait sur l'antre de Zeus sans une hésitation.

_ Il est toujours tellement réfléchit... soupira Gidéon alors que tous s' engouffraient à l'intérieur.

_ Bienvenue, les salua Zeus, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas tous réuni n'est ce pas ?

_ C'est fou ce que ça m'avait manqué de ne pas voir votre charmant visage ! assura Gidéon.

_ Le Mensonge... j'avais oublié comment ta façon de parler pouvait être énervante et grotesque ! dit Zeus.

_ Je me demande vraiment à qui la faute ! grogna Gidéon plein de ressentiment.

_ Ça suffit ! dit Luc. Où est Thomas ?

Elizabeth, elle, avait déjà vu son frère.

_ Thomas ! cria-t-elle, en se précipitant pour le rejoindre.

Luc lui cria de faire attention, et attrapa Elizabeth, l'empêchant d'aller plus loin.

_ Lâche moi ! cria-t-elle.

_ Du calme ! fit Luc. On va le récupérer crois moi ! Seulement laisse moi prendre les risques !

_ Mais Elizabeth utilisa son pouvoir pour envoyer Luc contre un mur, et illuminé de lumière elle alla se planter devant Zeus.

_ Laissez partir mon frère ! Ordonna-t-elle.

Zeus éclata de rire, ce qui fit s'hérisser Elizabeth qui concentra toute sa puissance contre le dieu hilare.

Celui ci sans s'inquiéter tendit ses bras paume en avant pour bloquer l'attaque en en appelant au pouvoir protecteur de l'égide.

Le pouvoir d'Elizabeth se fracassa bruyamment contre un mur transparent derrière lequel Zeus était à l'abri. Quand tout un coup le mur sembla se faire littéralement aspirer... Par Thomas...

Tout le monde tourna son regard vers Thomas qui sortait fébrilement une balle de sa poche. Une balle qui semblait absorber les pouvoirs de Zeus...

Défiguré, Zeus éructa de rage : Angelo !! Fait quelque chose imbécile ! hurla-t-il. Ce dernier, amusé, se contenta de hausser les épaules, mouvement qui faillit à lui seul provoquer une syncope chez le dieu des dieux.

Le pouvoir d'Elizabeth qui s'écrasait encore contre la barrière protectrice de Zeus quelques secondes avant finit tout d'un coup par ne plus rencontrer d'obstacle et fondit sur Zeus le frappant de plein fouet.

_ C'est pas possible ! s'époumona celui ci, plié de douleur par terre.

_ Oh si ça l'est ! fit Luc qui s'était rapproché pour être juste au dessus de lui. C'est ce dont ma femme est capable, ça fait mal hein ? puis, un grand sourire sur les lèvres il frappa Zeus d'un coup de poing enflammé mémorable qui fit très momentanément perdre connaissance au dieu des dieux.

_ On fout le camp ! hurla Lucien en attrapant Angelo et Thomas puis en se volatilisant avec eux.

Puis il réapparu quasiment immédiatement pour attraper Gidéon et Torin en ordonnant à Luc de faire pareil avec Elizabeth et Reyes.

Luc, frappa encore une petite fois Zeus, pour la forme... Puis il saisit sa femme et Reyes et se téléporta à Bruxelles.

En Belgique la nuit était déjà tombé, et ils se retrouvèrent tous, en une explosion d'étincelles bleues dans la petite ruelle où tout avait commencé. Lucien ramena Torin, Reyes et Gidéon au Manoir à Budapest et revint à temps pour entendre Angelo qui s'écria :

_ Qu'est ce que c'était que ce délire ? en fixant Thomas éberlué. D'où tu sors ce jouet qui a avalé les pouvoirs de l'égide ? Puis il se rappela où il avait vu cette balle. Hadès ! s'exclama-t-il.

_ En personne ! fit celui-ci en surgissant à son tour dans la ruelle. Puis il tendit la main en direction de Thomas et dit : Allez rend moi mon joujou maintenant gamin, je te l'avais prêté mais il est temps de me le rendre.

_ Non ! s'exclama tout d'un coup Luc en se plaçant devant Thomas, le protégeant de son corps. Je me souviens maintenant ! C'est toi qui m'a effacé la mémoire !

_ Merde ! Jura Hadès, puis il se reprit et demanda : Oui et alors ? Je vous ferez dire que Thomas et Angelo sont lié l'un à l'autre, incapable de s' éloigner de plus de cinq pas. Si vous me donner ma belle balle, je délie le sort et tout ira bien qui finit bien. Ce n'est pas ce que vous voulez ?

Luc sembla y réfléchir quelques secondes, ce qui énerva Angelo qui intervint :

_ Il ment sombre crétin ! D'ailleurs je crois que vous avez tous oublié le Dieu des crétins, des musulmans, des juifs, et de tout le pataquès ! Tu t'es peut être débarrassé de Zeus pour un temps, mais Dieu ne te laissera pas tranquille lui !

Tout d'un coup Luc se rappela, il savait désormais ce qui s'était passé, ce qu'il avait eu en tête !

_ Je n'ai jamais promis de te remettre cette balle Hadès ! Je dois la donner à Dieu. C'est le marché ! En échange il promit de me laisser vivre sur terre avec Elizabeth. Tu as essayé de me doubler Hadès ! vociféra Luc, son corps s'enflammant tout entier.

_ Je crois qu'il est temps que j'y aille, fit Hadès en s'éclipsant.

_ Hey ! Attendez ! cria Elizabeth surprenant tout le monde, surtout quand Hadès réapparut, personne ne s'attendait à ce qu'il obéisse.

_ Oui ma belle ? fit Hadès en jetant un oeil pas rassuré à Luc. Je veux bien rester pour papoter, mais alors veuillez tenir votre chien en laisse, très chère.

_ Luc, attends s'il te plait, dit-elle tellement fermement, que Luc intrigué obéit tout de suite. Pourquoi vous êtes vous servi de Thomas ? Et surtout, tout ça était prévu n'est ce pas ? Vous avez passé un marché avec Luc, et si vous aviez besoin de donner cet objet à Thomas, c'est pour une bonne raison non ? C'est que vous n'auriez pas pu le donner à n'importe qui ? Alors, est ce que ça veut dire, que Luc et vous saviez à l'avance que mon frère serait kidnapper ? Est ce que vous avez planifié que Zeus l'enlèverait exprès pour pourvoir lui passer cet objet ? Vous avez laissé mon petit frère être enlevé juste pour que vos petites manigances puisse se dérouler ? demanda-t-elle de plus en plus furieuse, en fusillant du regard tour à tour le dieu et Luc qui semblait sur le point de faire un malaise.

_ Je... je ne sais pas... dit Luc, vraiment désemparé.

Puis Hadès après que son visage ce soit subitement illuminé d'un sourire machiavélique, éclata de rire.

_ Eh bien ! C'est une sacré femme que tu as là Lucifer. Elle est intelligente, elle, au moins... dit-il à Luc, puis, il se retourna et s'adressa directement à Elizabeth. Effectivement, tout ça été prévu à l'avance. Luc voulait que Dieu et Zeus le laisse tranquille. Il est venu me voir parce que je déteste Zeus au moins autant que lui, et nous avons mis un plan en marche. Nous pensions voler l'égide de Zeus, et la remettre à Dieu. Vous savez, ces derniers temps l'égide c'est 80% du pouvoir de Zeus. Nous somme allé voir Dieu et lui avons fait part de notre souhait d'affaiblir Zeus à son profit. Il a bien sûr été très réceptif, et il a ensorcelé une petite balle que j'avais choisi pour son aspect inoffensif et ludique, il en a fait un réceptacle, non seulement capable d'absorber les pouvoirs de l'égide, mais de carrément absorbé l'égide lui même. En ce moment même Zeus doit être en train de remarquer qu'il l'a perdu, ça va être une de ces foires sur l'Olympe ! ricana-t-il. Le tout c'est que nous ne pouvions pas approché de Zeus avec cette saloperie, voyez vous les portes de l'antre de Zeus sont protégé d'un sort puissant qui passe les visiteurs au crible et les grilles sur place s'ils possèdent ce genre d'objets. Sauf, si la personne qui porte l'artefact est un humain. Un humain sans pouvoir magique. Alors là cet humain est indétectable pour les portes qui le laissent rentré. Luc et moi avions depuis le début prévu d'utiliser votre frère Elizabeth. Comme un porteur, pour atteindre Zeus et l'égide. C'est horrible non ? Conclu-t-il en un sourire aussi grand qu'était le désarroi de Luc.

Elizabeth, choqué, se sentait trahie, salie, avilie, comment avait-il pu faire ça ! Il s'était servi d'elle ! Pire, il s'était servi de son petit frère et l'avais mit en danger ! Ça plus qu'autre chose, elle ne pourrait jamais lui pardonner.

Furieuse elle allât prendre la balle des mains Thomas et la lança violemment à Luc, en lui criant :

_ Casse toi ordure ! Va acheter ta liberté et sort de ma vie ! Je ne veux plus jamais te voir !


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Dernière édition par Lucifuru le Jeu 10 Fév 2011 - 19:32, édité 2 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Jeu 10 Fév 2011 - 16:00


11

JUSTE RETOUR DES CHOSES



Luc ne rattrapa pas la balle qui alla rouler sur le sol après avoir heurté sa poitrine. C'est Lucien, inquiet du fait qu'Hadès puisse en profiter pour récupérer l'égide, qui ramassa l'artefact. Luc lui était immobile, les bras ballants, livide, comme statufié.

_ On y va Thomas, on rentre chez nous, dit Elizabeth à son jeune frère.

_ Il ne peut pas s'éloigner de moi de plus de quelques mètres, rappela Angelo. C'est Hadès ! précisa-t-il en levant les mains quand Elizabeth le menaça de ses pouvoirs. Moi je serai ravi quand toute cette histoire sera fini et que chacun sera rentré chez soit, lui assura-t-il.

Elizabeth se tourna alors vers le gardien des enfers.

_ Hadès, dois-je voir si mon pouvoir fonctionne aussi sur vous ? lui demanda-t-elle.

_ Oh, non. Non c'est bon, il fonctionne parfaitement. Il n'y a que sur les humains normaux qu'il est parfaitement inefficace, l'informa Hadès.

_ Voudriez-vous bien, s'il vous plait Hadès, les libérer du sort que vous avez jeté ? lui demanda Elizabeth, en réussissant l'exploit d'être à la fois vraiment polie et franchement menaçante.

_ J'adore quand c'est demandé aussi poliment, fit Hadès en se redressant -il s'était nonchalamment appuyé contre un mur- puis il prononça distinctement :

Désormais le charme est rompu,
effectivement, liés, ils ne le sont plus.

_ Vos rimes sont vraiment minables, constata Angelo.

_ Je débute dans l'art de la poésie, s'expliqua Hadès.

_ Ça marche ? demanda Elizabeth à Angelo.

_ On va voir, fit Angelo, en se téléportant et en réapparaissant au bout de la ruelle. Hey ! Ça marche ! cria-t-il de loin. M'en voulez pas mais je me barre, ajouta-t-il en disparaissant définitivement. Il avait la ferme attention d'aller draguer, pour rattraper le temps perdu...

_ Je vais y aller, moi aussi, déclara Hadès, non sans jeté un regard plein de regret au jouet que tenait toujours La Mort avant de s'évaporer.

_ Non, rugit Luc, attrapant le bras du gardien des enfers avant qu'il n'ait le temps de s'être totalement téléporté. Personne ne va nulle part, dit-il en articulant distinctement chaque syllabe avec une colère contenu qui lui faisait serrer la mâchoire à s'en briser les dents.

_ Comment ça ? s'énerva Elizabeth. Tu ne crois quand même pas pouvoir m'ordonner quoique ce soit ?

_ Je ne te laisserai pas partir, Elizabeth. Jamais, dit Luc. Je croyais pourtant te l'avoir déjà dis, il est inutile que tu essais de m'échapper. Je ne te laisserai pas partir.

_ Alors là tu manques pas d'air ! hurla Elizabeth. Tu oublis que depuis les règles ont changé ! Tu ne peux plus me contraindre par la force Luc ! Essaie et tu vas avoir très mal, je te préviens.

_ Ça m'est égal de souffrir Elizabeth, dis Luc, triste et menaçant, toujours en serrant fermement le poignet d'Hadès, l'empêchant d'aller nulle part. J'ai l'habitude de prendre des coups. Mais plus jamais je ne veux être seul. Désolé. J'ai mis trente mille ans à te trouver Eli. Maintenant où que tu ailles je viendrais avec toi. Si tu veux m'échapper, tu devras me tuer pour ça. Et je suis immortel Elizabeth. Et toi aussi maintenant, en plus. As tu réalisé ça Elizabeth ? Tu ne vieilliras plus désormais, et tu ne pourras pas me fuir éternellement. Je ne te laisserai jamais Elizabeth, répéta Luc, jamais.

_ Alors je t'abandonnerai gisant dans ton sang autant de fois qu'il le faudra espèce de malade ! Éternellement s'il le faut ! rétorqua Elizabeth, hors d'elle.

_ Et je me relèverai pour te retrouver, encore et encore Elizabeth ! lui renvoya Luc.

Elizabeth allait rétorquer quand tout d'un coup Lucien intervint :

_ Oh la ferme vous deux ! dit-il. Luc, qu'est ce qui te prends de menacer la personne que tu aimes comme ça ? Tu t'es entendu ? Comptes-tu vraiment lui retirer toute liberté de cette manière ?

_ Je ne veux pas faire ça ! Mais je veux encore moins la perdre ! s'exclama Luc douloureusement.

_ Luc, dit Lucien d'un ton apaisant, t'es tu servie du frère d'Elizabeth pour atteindre Zeus ?

_ Je ne m'en souviens pas, avoua Luc. C'est pour ça que j'ai empêché Hadès de partir. Il est le seul qui sache ce que j'ai vraiment fait, conclu Luc en lâchant enfin le bras du gardien des enfers.

_ J'ai déjà tout raconté, dit ce dernier en se massant le poignet avec un air outré.

_ Tu as menti ! dit Luc. Je n'aurai jamais fais ça ! cria-t-il. Je n'ai pas pu me servir d'un enfant ! Tu mens forcément !

_ Bah tiens, c'est facile de dire ça, Lucifer, mais as tu la moindre preuve que j'ai mentis ?

_ Tu es le gardien des enfers ! Hadès ! Comment pourrais-tu ne pas mentir plutôt ? Le mal c'est dans ta nature !

_ Alors là ! Quand c'est Satan en personne qui le dit, ça prend une toute autre dimension ! s'esclaffa le dieu.

_ Je ne suis pas Satan ! s'énerva Luc, en s'enflammant, hors de lui. Elizabeth, cria-t-il, je ne me suis pas servi de ton frère ! Je n'aurai pas accepté ! Crois mois Elizabeth, je t'en prie ! Il ment ! Il ment forcément !

_ Vous avez vraiment dit la vérité Hadès ? demanda Elizabeth.

_ Mais bien sûr que non ! intervint Luc, coupant la parole au dieu. C'est lui qui m'a effacé la mémoire ! Si ce qu'il a dit était vrai, alors pourquoi m'aurait-il supprimé mes souvenirs ? Je vais vous le dire moi pourquoi ! Parce que j'étais contre ! Si je connaissais son plan, comme il l'affirme, alors j'étais contre ! Forcément ! Je n'aurai pas accepté d'utiliser un enfant ! Encore moins le petit frère de la femme que j'aime ! Hadès le savait, alors il m'a effacé la mémoire ! Comme ça ses plans pouvaient se dérouler tranquillement sans que j'intervienne ! Je pari que c'est lui qui est venue me voir en me parlant d'un moyen de voler l'égide à Zeus. Et je pari aussi que quand il m'a parlé d'utiliser Thomas j'ai du crier au scandale ! Et alors il a prit peur que je foute en l'air son joli plan ! Et il m'a tout fait oublier ! De plus je me suis toujours demandé, depuis qu'on sait que ton frère à été kidnapper, comment Zeus connaissait son existence ? Comment savait-il que tu avais un frère ? Et où le trouver ? Je ne sais pas comment il a fait mais je pari qu'Hadès y est pour quelque chose ! conclu Luc en criant.

_ Ce qu'il vient de dire me parai complètement logique à moi, remarqua Lucien.

_ Oui, fit Elizabeth, en regardant Hadès avec méfiance, ça tient debout. Hadès, fit-elle en le menaçant, les mains brillante de pouvoir, comment Zeus savait-il pour mon frère ?

_ Je n'en sais rien ! C'est un dieu après tout ! Le dieu des dieux ! s'énerva Hadès. Comment sait-il ses choses là ? Il a certainement le pouvoir de les savoir c'est tout !

_ C'est faux, intervint calmement Lucien. Zeus ne peut pas envahir la vie privé des mortels, les parques lui interdisent.

_ Mais alors comment savait-il pour mon frère ? demanda Elizabeth.

_ Ce sera Hadès qui lui aura dit ! Il avait aussi l'air au courant pour notre arrivé, il nous attendait avec l'égide, c'est encore Hadès qui l'aura prévenu ! assura Luc.

_ C'est ridicule ! se défendit Hadès. Zeus et moi sommes ennemis, et nous nous détestons cordialement ! Jamais il ne m'aurait fait confiance ! Et pourquoi lui aurais-je communiqué ses informations ?

_ Pour qu'il enlève Thomas, pour que tu puisses te servir de lui, un mortel, pour passer les portes de Zeus avec l'artefact ! Ensuite tu as prévenu Zeus qu'on arrivé pour qu'il se tienne près à se servir de l'égide contre nous ! À ce moment là la balle à volé l'égide, et après tu n'avais plus qu'a la récupérer ! s'exclama Luc.

_ Oh et puis merde ! fit Hadès, fou de rage. Au moins Zeus n'a plus l'égide, c'est déjà ça ! Vous n'avez qu'a la garder ! Je me barre !

_ Rend moi d'abord mes souvenirs ! ordonna Luc en lui saisissant le coude pour l'empêcher de partir. Tu me les as pris, c'est à toi de me les rendre ! Après tu pourras bien aller au diable j'en aurai rien à faire !

_ Bon, très bien, mais lâche moi espèce de fauve décérébré, dit Hadès en se débattant, pour faire lâcher Luc qui obtempéra de mauvaise grâce.

_ Alors, il n'a jamais accepté de se servir de mon frère ? demanda Elizabeth à Hadès.

_ Bien sûr que non, sombre idiote ! s'énerva Hadès faisant grogner Luc de colère. Il est bien trop « noble » pour utiliser un jeune mortel ! fit Hadès avec dédain, en utilisant le mot noble comme une insulte. Et vous vous étiez prête à croire qu'il était mon complice ! Alors que nous somme comme l'eau et le feu ! Vous devriez être fier de vous ! fit-il à une Elizabeth honteuse.

_ La ferme Hadès ! Rend moi mes souvenirs et casse toi ! Sinon quelqu'un va finir par te faire très mal je te préviens ! rugit Luc.

Hadès, les traits déformé par la colère, abattit violemment sa main sur le front de Luc, qui s'effondra aussitôt raide sur le sol.

_ Luc ! cria Elizabeth pendant qu'Hadès se volatilisait.

_ C'est bon, il est juste évanoui, dit Lucien qui s'était baissé pour prendre le pouls de Luc.



Soixante douze heures avant, Luc s'ennuyait, mortellement. Sur l'Olympe, il n'avait rien à faire. On l'envoyait bien en mission de temps en temps, les dieux lui ordonnaient de tuer tels ou tels démons, immortels, ou créatures fantastiques semant le désordre ici et là, mais ça ne donnait pas à Luc une raison de vivre suffisante. Il n'en pouvait plus. Il était trop vieux. Bien trop vieux. Il aurait du être mort depuis très longtemps, il n'avait vraiment que trop vécu. Luc déprimait, et avait de plus en plus de pulsions suicidaires. Mais il ne pouvait pas mourir... Ça allait mal finir, il le savait. Encore quelques siècles à ce rythme et il deviendrait fou. Complètement cinglé. Il avait besoin d'une raison de vivre. Il se sentait vide, vide et seul. Il avait envie de tout détruire. De pulvériser l'Olympe, et il ne savait pas vraiment ce qui le retenait... Certainement le fait que cela aurait été un acte de destruction gratuit qui ne l'aurait de toute façon mené à rien... Ce n'est pas ça qui allait le sauver. Car c'était bien de ça qu'il s'agissait. Luc avait besoin d'être sauvé. Car il était désespéré.

_ Salut Luc, fit Éros qui passait par là. Tu as l'air bien morose.

_ Aah Éros, fit Luc sans grande conviction. Comment vont Pysché et ta fille ?

_ Elles se portent à merveille Luc, et je t'en remercie.

_ Je t'en prie, c'est bon, tu ne vas pas me remercier pour ça jusqu'à la fin des temps quand même, fit Luc, blasé.

_ Si, je t'en serais éternellement reconnaissant, car grâce à toi je suis heureux. Ça n'a pas de prix.

_ Je suis jaloux, dit Luc.

_ Tu n'es pas heureux, fit Éros.

_ Je me sens vide, au bord de la folie.

_ Je me disais aussi que tu fixais le vide de façon inquiétante, murmura Éros.

_ Je ne peux peut être pas mourir physiquement, mais je sens que je serai bientôt mort à l'intérieur Éros, annonça Luc. Si un jour je pète un câble et que je deviens vraiment incontrôlable Éros, tu ne devras pas t'approcher de moi et prévenir Lucien. Il est le seul qui pourrait me maîtriser avec Reyes et Aaron peut être... Et surtout le seul en qui j'ai confiance pour ça... Il paraît qu'Héphaïstos à crée des chaînes indestructibles qui peuvent retenir n'importe quel immortel. Parles en à Lucien si je deviens fou Éros. Ce sera probablement la seule solution qui restera... acheva Luc dans un silence glacial qui s'éternisa de longues secondes après qu'il se soit tu.

_ Où alors, dit Éros, j'ai peut être une autre solution...

_ Laquelle ? demanda Luc, sans espoir.

_ Te redonner le goût de vivre pour encore des siècles, ou même des millénaires, dit-il.

_ Et comment tu comptes faire ça ? questionna Luc.

_ As-tu déjà aimé une femme Luc ?

_ C'était y'a longtemps. Y'a une éternité, dit Luc.

_ C'était quand ? demanda Éros.

_ Durant ma vie humaine, à la préhistoire, ricana Luc. Autant dire au temps des dinosaures, ça ne fait pas une grande différence...

_ Comment était-elle Luc ? Tu t'en souviens ?

_ Évidemment, fit-il, c'était l'amour de ma vie. C'était une femme forte et volontaire, sérieuse, fougueuse, et altruiste. Autoritaire et bien ordonné, elle avait une longue crinière flamboyante de la couleur d'un bois chaud, comme l'acajou, et d'immenses yeux noisettes dans un magnifique petit visage délicat et pâle en forme de coeur. Elle avait les lèvres roses, les plus attirante de toute la planète, et elle n'avait pas la langue dans sa poche, elle n'hésitait pas à me traiter comme une merde. Mais elle était juste et idéaliste de nature, incapable de vrai cruauté. Je l'aimais de toute mon âme, Éros. De toute mon âme, répéta Luc.

_ Que s'est-il passé ? demanda Éros.

_ Je suis mort, je suis mort comme un con. À 22 ans je me suis fait tuer par un lion. Je voulais le chasser pour sa peau, il m'a sauté dessus et mordu au cou. Je n'étais qu'un homme, je me suis vidé de mon sang sur le sol... Ensuite la déesse de la chasse m'a ramené à la vie, mais elle m'a retenu prisonnier. J'ai essayé de m'échapper des milliers de fois, mais j'ai toujours échoué. Jusqu'au jour où ma femme est morte de maladie. J'ai supplié la déesse de la faire revivre, comme moi. Mais elle a refusé bien sûr... raconta Luc, après avec le temps, j'ai perdu tout espoir.

_ Mais où est-elle passé Luc ?

_ Qui ça ?

_ Ta femme ! Celle qui est morte de maladie. Qu'est-elle devenue ?

_ Tu le fais exprès ou quoi ? Elle est morte ! s'énerva Luc. Morte !

_ Mais Luc, tout les humains sont doté d'une âme immortelle. Où est partie son âme Luc ?

Luc, livide, le coeur battant la chamade, prononça tout bas, sous le choc :

_ Je n'en sais rien... Je suis un véritable idiot, je n'en sais strictement rien...

_ Elle a dut se réincarner Luc, dit Éros. C'est ce que font les âmes humaines, elle se réincarnent encore et encore, tant qu'elles n'en ont pas assez de vivre. Jusqu'à obtenir une vie parfaitement satisfaisante. Et encore, certaine continue de s'obstiner à vivre même après avoir tout obtenue dans leurs vies précédente. Ta femme, Luc, avait l'air d'avoir du caractère n'est ce pas ? Crois-tu qu'elle ait abandonné ? Moi je crois qu'elle renait, puis meurt, puis renait, puis meurt, et ainsi depuis le temps des dinosaures, comme tu dis Luc. Quelque part elle t'attend peut être. Nous devons juste la trouver.

_ Oh mon dieu ! s'exclama Luc, pâle comme la mort. Tu crois que c'est possible ? Tu crois vraiment que c'est possible Éros ? demanda-t-il sans oser y croire.

_ Oui, ça l'est. Et en tout cas ça vaut le coup d'essayer. Et ce sera toujours mieux pour toi de la chercher, plutôt que de passer le temps à maintenir ta raison sur un faible fil qui se peut rompre à tout moment. Au moins ça te donnera un but, Luc.

_ Merci Éros, dit Luc, je vais chercher. Mais comment la trouver ?

_ Tu as un objet qui lui a appartenu Lucifer ? demanda Éros.

_ Oui, dit Luc, en enlevant de son cou une cordelette de cuir à laquelle était suspendu une petite amulette en tissu qu'il ouvrit pour en sortir quelque petites mèches de cheveux. Ça ira ? demanda-t-il.

_ C'est parfait ! s'exclama Éros.

_ C'était la tradition quand j'étais mortel, parmi mon peuple, dis Luc joyeux. On avait tous ce genre de petite poche sur nous, sensé nous protéger, nous y mettions des petits objets porte bonheur, tel que des dents de lions, ou de la terre rouge sacré dans laquelle nous enterions nos morts, ou des perles... Ou les cheveux de notre femme, dit Luc, ému.

_ Eh bien c'est une coutume bien pratique. Avec ça je te la retrouve, moi, ta femme, assura Éros en prenant les quelques mèches de cheveux.

_ Vraiment ? hallucina Luc. Mais comment ?

_ Les parques Luc, elles contrôlent le fil des destiné humaines. Elles suivent les âmes tout du long de leur parcours, de réincarnation en réincarnation. Elles doivent savoir où est ta femme. Et justement, l'une d'elle à une dette envers moi. Et moi, j'ai une dette envers toi Luc. Je crois qu'il est temps de régler quelques comptes non ?

_ Éros, dit Luc, si jamais tu retrouves ma femme, je jure que je serai toujours là pour toi si tu as besoin. Toujours, tu pourras me demander n'importe quoi. Jusqu'à la fin des temps.

_ Hé oh, ne t'emballes pas comme ça... Attends de voir si j'y arrive, dit Éros en se téléportant.

Luc avait passé ensuite cinq heures à attendre au même endroit en tournant en rond, comme un lion en cage avant que le dieu de l'amour ne réapparaisse.

_ Je l'ai trouvé, Luc, dit ce dernier, pourtant morose.

_ Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? demanda Luc, sentant l'anguille sous roche.

_ Elle est Belge, d'origine Galloise, elle s'appelle Elizabeth Hayden, elle a 27 ans et elle vit à Bruxelles avec son jeune frère Thomas. Mais il y a un problème Luc...

_ Quoi ? hurla presque Luc tellement il était tendu.

_ Elle est malade.

_ Quoi ? fit-il, estomaqué.

_ Elle a une tumeur au cerveau, très virulente, inopérable. Elle n'a plus que quelques mois à vivre et elle ne le sait même pas, Luc.

_ Non ! Non, non non non non non non, non non, NON, NON !! jura Luc.

_ Luc, ce n'est pas grave, elle va mourir, mais elle renaîtra, tu n'as qu'a attendre jusque là. Les parques m'ont promise qu'elles accepteraient de la retrouver pour moi une dernière fois encore. Elles ont vraiment une grosse dette envers moi...

_ Hum... dit Luc, abattu. Laisse moi Éros s'il te plait... casse toi... tout de suite... demanda-t-il.

_ Désolé Luc, dit Éros véritablement navré, avant de disparaître.

Luc était complètement vidé. Il était passé de la dépression à l'euphorie, en passant par les nerfs à vif, puis il était maintenant retombé dans une espèce de colère sourde se muant en folie qui quand elle retombait le laissait plus mort que vif. Sans trop savoir ce qu'il faisait, Luc se téléporta en Belgique, à Bruxelles. Il emprunta un annuaire à l'office de ville et chercha l'adresse d'Elizabeth Hayden. À son grand soulagement, il la trouva. Ensuite il passa des heures dehors à regarder les fenêtres illuminé de son appartement, il passa la nuit devant chez elle, demeurant seul dans le froid bien après que son frère et Elizabeth eurent éteint toutes les lumières. Et, tôt au petit matin, Luc la vit sortir de chez elle pour aller travailler.

Quand Luc la vit il se mit automatiquement à pleurer. Il se plaqua contre le mur d'une rue adjacente à celle vers laquelle se dirigeait Elizabeth, et elle passa devant lui sans le remarquer. Bien sûr, elle ne le connaissait pas. Luc l'espionna toute la journée. Il la vit travailler avec les enfants. Elle était pareille, identique à celle qu'il avait connu. Forte, déterminé, pleine d'affection avec les petits, intelligente, et sérieuse dans son travail. Luc passa l'après midi à pleurer en marchant autour de l'école. Puis il se dit qu'il avait besoin de parler à quelqu'un, et il se téléporta en direction d'une île du pacifique sud, avec l'idée en tête d'avoir une conversation avec un des ses meilleurs amis. Il avait bien besoin de conseils.

Vingt minutes après, Luc était retourné sur l'Olympe, il avait une idée en tête. Il ne laisserait pas mourir Elizabeth. Il avait mis trente mille ans, à la retrouver et jamais plus il ne la laisserait. Jamais plus. Elle ne mourrait pas, il la rendrait immortelle.


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Dernière édition par Lucifuru le Mar 15 Fév 2011 - 2:44, édité 1 fois
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Lucifuru
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Dim 13 Fév 2011 - 15:35


12

PENDANT CE TEMPS...




Angelo était en chasse, ça faisait bien trop longtemps qu'il n'avait pas pu remplir les conditions que lui imposait sa malédiction, et maintenant, il y avait urgence...

Cela dit, Angelo tenait à ne pas faire ça n'importe comment non plus, il voulait respecter les règles de l'art. Il n'était pas un animal, contrairement à ce que certains pouvaient penser de lui. Il avait des principes et il ne laisserait pas sa malédiction prendre le contrôle sur lui et lui voler toute sa fierté d'être humain ! Enfin... de ce qui restait de l'humain en lui...

Aussi Angelo tenait à trouver la bonne personne, une femme - les hommes très peu pour lui - brune de préférence, car il aimait par dessus tout les cheveux noirs de jais, avec des yeux clairs, et un sale tempérament, en effet, il ne les aimait pas douce et naïve. Au contraire, Angelo les préférait encore plus déterminé que lui -pourtant il l'était pas mal lui même-. De cette façon il n'y avait aucun besoin de chipotage, chacun des deux savait très bien ce qu'il voulait, et n'obtenait que ça, ni plus ni moins. Ce n'était qu'après tout, un échange de bons procédés... De cette façon sa malédiction lui était supportable. Ce n'était qu'une des choses qu'il devait faire, comme boire, ou manger, pour ne pas se sentir mal, et auquel il pouvait prendre au passage un peu de plaisir... Point final.

Heureusement son physique l'aidait à attirer tout à fait le genre de femme qu'il cherchait. Il y en avait toujours une pour le regarder comme un gros morceau de viande de boeuf de qualité, la bave aux lèvres, comme si il était cuit et juteux à point. Mais voilà, pas ce soir... Mais que se passait-il ? Où étaient toutes les harpies ? Il était dans une des boites du genre la plus célèbres de toute l'Amérique quand même ! Comment cela pouvait-il être si calme ce soir ? Justement quand il en avait le plus besoin ! Furieux, Angelo alla se rendre dans l'arrière salle, il bouscula les gardes du corps qui bloquait l'accès au couloir du fond qui menait au bureau du patron, on le connaissait, on le laissa passer. Il rentra bruyamment dans le lieux de travail du propriétaire du club, qui à son apparition, daigna lever les yeux de sa feuille qu'après y avoir écrit un dernier mot.

_ Oui Angelo ? demanda calmement Dorian, resplendissant dans son costume trois pièces hors de prix.

_ Où sont toutes les folles qui trainent dans ton club habituellement Le Taré ? s'agaça Angelo.

_ Elles sont occupées ailleurs ce soir, Le Vice... fit-il, les yeux brillant de plaisir.

_ Où ? Occupées à quoi ? grogna Angelo en envoyant ces deux poings se fracasser violemment sur le bureau en bois massif de son interlocuteur.

_ Un client spécial est venu et les a toutes emmené avec lui en privé, fit Dorian, toujours très calmement, avec un air satisfait dans ses grand yeux bleus clair lumineux, et un sourire narquois sur les lèvres.

Angelo grogna de plus belle, il ne connaissait qu'un homme capable d'aller dans ce club et d'y réquisitionner toutes les tigresses !

_ C'est encore cet espèce de beau gosse à la mords-moi-le-nœud n'est ce pas ? Ragea-t-il, furieux.

_ Effectivement, c'est lui. Et tu sais que je ne peux rien lui refuser, après tout il est l'un des hommes les plus puissant de ce monde... fit Dorian, toujours détendu et amusé.

_ Fais chier cet espèce de cupidon de bas étage ! Il ne sait pas partager à la fin ? Ce n'est pas la première fois ! Ne peut-il pas comprendre que d'autres que lui... ont... certains besoins !! Où est-il ? Je vais lui apprendre la générosité moi ! s'exclama Angelo.

_ Il est en haut, bien sûr, dans la chambre... dit Dorian avec un sourire inquiétant ouvert d'une oreille à l'autre. Mais je doute qu'il apprécie que tu face irruption comme ça Angelo, je te préviens, quoique, je ne peux évidemment pas t'en empêcher.

_ Bien sûr que non, hein ? La Folie ? Pourquoi ferais-tu une chose pareille puisque nous voir nous battre t'amuse tant que ça ? N'est ce pas Dorian ? demanda Angelo, désabusé.

_ Évidemment, pourquoi le ferais-je ? se contenta de rétorquer Dorian.

_ J'espère qu'un jour tu finiras par te jeter de ton immense fenêtre du centième étage, taré ! lui rétorqua Angelo avant quitter le bureau en toute pompe, laissant seul un Dorian qui se retenait difficilement d'éclater de rire...

Dans l'ascenseur Angelo s'impatientait. C'était vraiment trop grand ici ! En effet la boite de Dorian se situait au sous-sol d'un bâtiment lui appartenant tout entier. Un bâtiment somme toute des plus étrange... Puisqu'il était pour ainsi dire fréquenté que de très peu d'humains... Par contre habituellement, il y avait plein d'humaines ! L'entré du club était gratuite pour elles, du moment qu'elles soient dans la force de l'âge, entre seize et trente ans. Et cet endroit avait la réputation d'être fréquenté par des hommes incroyablement beaux, et riches... Ce qui n'était pas toujours le cas, mais ce que ne disaient pas toutes les rumeurs, mais seulement les plus folles, c'était que ces hommes n'était pas de simples mortels, pas du tout... Et celles-ci de rumeurs, étaient vraies.

Arrivé au bon étage, c'est à dire le dernier, Angelo se précipita vers la luxueuse suite où il savait que le responsable de son malheur devait être en train de passer du bon temps. Furieux, il défonça la porte de la suite, et se retrouva immédiatement agressé par une atmosphère lourde, envahi de fumée d'encens, de cigarettes et de drogues. En toussant plus où moins, il se fourra un chemin parmi la masse des corps des demoiselles présentent dans l'appartement, qui s'exclamaient quand il les bousculait un peu, puis après être passer par le salon, et la cuisine, il finit par atteindre la chambre. Elle était décoré de façon ridicule par d'énormes rideaux, et draps de soies et de velours dans les tons rouges, roses, et violet. La pièce était sombre et ne devait pas avoir été aéré depuis des siècles. Angelo, sur le seuil de chambre, se demanda une seconde s'il n'allait pas faire demi tour, prendre une des filles qui trainait là, et faire demi tour...

Mais non ! Il allait lui apprendre à ce monopolisateur, à cet égoïste excentrique, qu'on ne vidait pas le meilleur lieu de drague de la ville de quelqu'un pour son unique et propre profit personnel ! Non mais ! Aussi s'engagea-t-il résolument dans la pièce. Mais ce qu'il vit l'arrêta net, il était là, cet oiseau de malheur était là ! Nu... au milieu de toutes ses femmes... Nues elles aussi... certaines avaient même le corps partiellement tartiné de... crème glacé... Tout d'un coup désespéré, Angelo prit néanmoins une grande inspiration, avant de s'exclamer :

_ Michael !!! Sort ton joli cul d'archange de là et vient un peu ! Je crois qu'il faut qu'on ait une petite discussion toi et moi !

_ Quoi ? fit une tête blonde qui sortait d'un amas de corps féminins, l'air complètement dans le coaltar. Oh, non ! Qu'est ce que tu fiches là, La Luxure ? demanda-t-il finalement après s'être un peu secoué.

_ D'après toi ? Qu'est ce que je fiche là ? Espèce de mongol ! Je viens chercher ce dont tu as privé tout le sous-sol ! Pour qui est ce que tu te prends à la fin ? Pourquoi t'en faut-il autant, espèce de sale petit dépravé ?

_ Oh ! C'est bon ! Ça me fait rire d'être traiter de dépravé par toi mon vieux ! Avoue que tu faisais ça bien avant même ma naissance ! Vieux dégueulasse ! fit l'archange Michael, en tâtant une paire de fesses non identifié, sous sa main.

_ La ferme espèce d'ordure ! Je n'ai jamais eu et je n'aurai jamais aussi mauvais goût que toi ! rétorqua Angelo. Et c'est moi qu'on appelle la luxure ou le vice ? Ne me fait pas rire ! Je ne me suis jamais vautré dedans comme tu le fais si bien ! Espèce de pseudo archange de mes deux !

_ Oh ! Ça va ! Du calme ! fit Michael, la voix rauque. Gueule pas, j'ai la gueule de bois ! T'es pas content que j'ai pris toute les demoiselles pour moi tout seul ? Très bien ! Je suis désolé ! Mais c'est pas ça qui manque ici alors sers toi et tais toi ! compléta-t-il en voyant qu'Angelo allait encore rouspéter.

_ C'est ce que je vais faire ! conclu Angelo. Mais avant je vais d'abord te péter la figure ! Histoire que tu comprennes que tu n'es pas le roi du monde ! fit Angelo en s'incrustant parmi la masse de corps, provoquant des cris outrés sur son passage, il attrapa la tête de Michael par les cheveux, et se prépara à lui mettre une droite magistrale, quand tout d'un coup celui hurla, les bras devant son visage :

_ Attends ! C'est pas juste je suis trop out pour me défendre !

_ Rien à foutre ! assura Angelo.

_ Attends, attends ! Si tu me cognes pas je te dis un truc ! Un truc intéressant ! lui promit l'ange.

Angelo hésita une seconde, puis il secoua Michael dans tout les sens en beuglant :

_ Quoi ? Dit le tout de suite et je verrai après si ça mérite que je t'épargne ou pas !

_ Lucifer ! fit Michael avec difficulté. Ça concerne Lucifer ! Me secoue pas comme ça, putain ! Je vais vomir !

_ Qu'est ce qu'il y a encore avec celui là ? demanda Angelo en ayant un mouvement de recul dégouté, il venait de le quitter Lucifer ! Il ne pourrait donc jamais baiser tranquille ?

_ Dieu a prévu de lui aspirer l'âme, souffla Michael l'haleine pleine d'alcool, complètement à l'ouest.

_ De lui quoi ? s'exclama Angelo, en recommençant à secouer l'ange. Explique toi bon sang !

_ Me secoue pas ! se plaignit Michael. Je t'explique, je t'explique ! Mais lâches moi !

_ Parles ! ordonna Angelo après l'avoir lâché.

_ Ouais, ouais, je parle, je parle... En fait, Dieu va récupérer l'égide ce soir, 'fin normalement, c'est ce qu'est prévu avec Lucifer en tout cas. Bah, quand il aura l'égide, Dieu va trahir le pov' gars. C'est ce qu'est prévu... balbutia Michael.

_ Comment ? hurla Angelo en secouant l'archange. Comment idiot ?

_ Je sais pas ! Il a juste dit qu'il allait dompter son âme ! L'avaler, la voler, ou la dressé, où tout ça à la fois ! Chai pu ! En tout cas il est bien excité, ça fait longtemps qu'il veut se venger de Lucifer... annonça l'archange.

_ Et pourquoi tu me dis ça ? demanda soudain Angelo. Pour éviter un coup ? Tu prends le risque de foutre les plans de ton dieu en l'air, pour éviter de prendre un coup ?

_ Je l'aime bien ce con ! avoua Michael. C'est pas cool ce que Dieu lui fait... Pas cool... répéta-t-il mollement.

_ Mais t'es complètement défoncé ! s'exclama Angelo, se rendant enfin compte de l'étendue de l'état minable dans lequel s'était mis l'ange.

_ Évidemment ! s'éberlua Michael. C'est que maintenant que tu t'en rends compte ? T'es con ou quoi ? Moi je suis défoncé, c'est quoi ton excuse à toi ? Crétin !

Envahi par une colère aussi puissante que courte, Angelo lui envoya direct son poing dans la figure, et c'est avec une certaine satisfaction, qu'il entendit l'os du nez du bellâtre se briser.

_ Me faire traiter de crétin par un truc comme ça ! pesta Angelo, avant de laisser retomber le corps inerte de l'ange avec mépris sur le matelas, en ignorant les mouvements apeuré de certaines filles qui prirent la fuite.

Il devait prévenir Luc... Angelo n'avait jamais eu l'intention de tuer ce dernier en obéissant aux ordres de Zeus. Il avait seulement voulu faire semblant d'obéir au dieu des dieux. Angelo ne détestait pas Luc au point de vouloir le tuer... En fait, même si il n'allait pas aller le crier sur les toits, il ne le détestait pas du tout... Même si ce dernier avait le don de l'agacer prodigieusement ! Après tout c'était un véritable idiot ! Toujours à foncer tête baissé, sans jamais rien prévoir à l'avance ! En faisant confiance à tout le monde ! Si naïf ! Tout le contraire de lui même ! Pas étonnant qu'il allait encore une fois se faire arnaquer !

Angelo imagina un Dieu, possédant l'égide, et ayant à ses ordres un homme comme Lucifer... Non, ça n'allait pas ! Ce serait un sacré merdier ! Il fallait qu'il prévienne Luc, avant que celui-ci ne fasse l'échange. Mais d'abord, il allait baiser. C'était urgent, il y avait largement de quoi à proximité... Il regarda dans la chambre, y'en avait-il une qui ne s'était pas enfuie ? Non, la pièce était vide. De toute façon, ça ne lui disait rien de faire ça à coté du corps étendu et inconscient de l'archange. Et encore moins de passer juste après lui. Aussi décida-t-il qu'il irait carrément ailleurs. Cet endroit était pollué, malsain... Dégouté, il quittait l'immeuble, quand une voiture lui roula dessus sur le parking. Heureusement elle allait lentement, et elle ne fit en fait que le bousculer. Le véhicule s'arrêta aussitôt, et une femme brune en sortie.

_ Je suis désolé ! Je ne vous avais pas vu ! dit-elle.

Angelo la détailla des pieds à la tête. Tout à fait son genre ! Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu une aussi bonne première impression ! Un beau corps, mais surtout, sérieuse, froide, avec un peu de mépris dans les yeux. Genre femme fatale, la veuve noir qui vous rit au nez avant de jeter votre dépouille quand elle en a finit avec vous. Il lui adressa son plus beau sourire et dit :

_ En revanche, moi je vous vois, et j'aime ça.

_ Vous allez bien apparemment, fit-elle en guise de réponse avec une moue dégouté. Où allez vous aussi me dire que vous voudriez que je joue au docteur avec vous ?

Angelo sourit, c'était vraiment son jour de chance ! Elle était parfaite. Mais elle ne serait sans doute pas facile à convaincre, et il n'avait pas le temps... Il pensa pendant un moment à l'envoûter... Il en avait le pouvoir. Mais il n'aimait pas l'état dans lequel ça mettait les femmes, elles devenaient bien trop dociles...

Il imagina quel serait la réaction de la femme s'il lui demandait cash de coucher avec lui. Elle lui dirait d'aller se faire foutre, il répondrait que c'était justement ce qu'il voulait faire, et elle prendrait peur et remonterai dans sa voiture, et il ne la verrait plus jamais...

Non, il n'avait peut être pas le temps d'être subtil, mais quand même ! Alors il n'y avait qu'une seule solution, il la remettrait à plus tard celle là...

_ Je suis désolé, ce n'était pas très drôle, dit-il. Sans blague par contre, je crois que vous m'avez esquinté la jambe... Vous pourriez me donner votre numéro de portable ? Pour les frais médicaux, s'il se trouve que j'ai quoique ce soit...

_ Je vous accompagne à l'hôpital ? demanda-t-elle.

_ Non, non, je peux marcher seul et je suis garé pas loin, mentit-il. C'est juste au cas où j'aurai un truc luxé, ou quelque chose du genre... Je n'ai pas une très bonne assurance...

_ Mouais... fit la femme, tout de même compréhensive, peu d'américains avaient une excellente assurance maladie, si bien qu'après un bon moment d'hésitation elle lui donna son numéro. Après tout, elle l'avait quand même renversé, et il était bien habillé, avec des vêtements de grandes marques, ce qui la rassura quelque peu quand même.

Angelo remercia la femme qui venait de lui donner son numéro et qui remontait maintenant dans sa voiture, il l'avait quelque peu manipulé mentalement quand elle avait hésité, très légèrement, juste de quoi faire pencher la balance qui oscillait déjà. Il était content de lui, il la reverrait.

Mais pour le coup, il était de retour à la case départ, il devait toujours tirer un coup... Il soupira, c'est dingue tout le temps qu'il avait perdu ! Et il se remit en chasse...


Deux jours avant, Luc était sur l'Olympe, il voulait voler l'Espérance de la boite de pandore... C'était une idée folle, normalement personne ne voudrais sortir un fléau de cette boite... Personne de sensé en tout cas. Mais il avait une bonne raison pour cela, c'était le seul et unique moyen de sauver Elizabeth. Et puis, l'Espérance n'était pas comme les autres... Ce n'était pas à proprement parler un fléau. Mais une arme. Une arme contre les autres fléaux, et contre leurs créateurs. Contre les dieux. Avec ce pouvoir, Elizabeth aurait la capacité de se défendre. Il n'allait certainement la mêler à toute cette histoire dangereuse sans lui fournir une arme. Et l'Espérance en ferait une magnifique. Idéale.

Mais voilà, il était assez ennuyé, il avait des ennemis puissant. Zeus, avec l'égide, et Dieu. Forcément, dès qu'ils constateraient son forfait, ils lui mettraient des bâtons dans les roues... Pourtant Luc ne demandait pas grand chose, il voulait simplement qu'on lui fiche la paix. Il aurait voulu vivre avec Elizabeth dans une grande maison avec un jardin, un gros chien, une grosse voiture, et des enfants en bonne santé. C'est tout. C'était son rêve.

Malheureusement pour Luc, il était un rouage important dans une grande lutte de pouvoir qui le dépassait, et que personne ne voulait laisser filer... Effectivement, qui possédait Lucifer, possédait du pouvoir. Or, il n'en pouvait plus d'être brandi à gauche à droite comme un trophée. Regardez ! Lucifer travaille pour moi ! Il ne voulait plus travailler pour personne. Et puis, il ne pouvait pas vivre avec Elizabeth en étant le sous-fifre de quelqu'un. Il fallait qu'il fasse d'une pierre au moins trois ou quatre coups. Qu'il sauve Elizabeth, lui donne les moyens de se défendre, et qu'il échappe une bonne fois pour toute à Zeus et à Dieu... Il avait beaucoup de boulot sur la planche... Aussi s'y mit-il sur le champ.


_ Il se réveille, dit Lucien.

_ Ça va Luc ? demanda Eli.

_ J'ai mal au crâne, fit Luc, d'une voix pâteuse.

_ Ça ne m'étonne pas, Hadès t'a cogné fort, remarqua Elizabeth.

_ Je me souviens, dit Luc. J'ai retrouvé la mémoire.

_ J'espère bien, fit Elizabeth, sinon j'aurai deux mots à dire à celui qui t'a assommé pour rien.

Luc sourit, elle l'aurait défendu contre le gardien des enfers lui même ! Évidemment, elle était son Elizabeth. Celle qu'il aimait depuis trente milles ans...

Lucien de son coté se demandait si Luc se rappelait du serment qu'il avait fait, avant que ses souvenirs ne reviennent. Et si il comprenait l'urgence qu'il y avait à ce qu'Elizabeth le lui répète. Il enrageait de ne pouvoir tout simplement questionner Luc là dessus ! Fichu lois ancienne et despotiques ! Enfin, normalement c'était seulement un précaution pour être certain que celui qui le prononçait le faisait de son plein gré, sans qu'aucune forme d'influence ou de pression ne puisse être exercé sur lui. Ce que Lucien trouvait être plutôt une bonne idée... Sur le papier, mais qui dans le cas présent, l'agaçait franchement ! Les mots lui brulaient les lèvres.

_ Bon, fit Luc, il nous reste encore un truc important à faire. Mais avant tout Eli, nous devrions ramener Thomas chez toi.

_ Oui, fit Eli.

_ Je ne suis pas contre le fait de rentrer enfin chez moi, dit Thomas anxieusement, mais et vous ? C'est finit n'est ce pas ? Tu reste à la maison Eli ?

_ On peut Luc ? Plus personne ne nous poursuit ? demanda cette dernière.

_ Tant que nous aurons l'égide, dit Luc, il y a une chance que Zeus vienne essayer de la récupérer, nous devons remplir la part du marché que j'ai conclu en la donnant à Dieu le plus vite possible, expliqua-t-il. Après ça devrait aller...

_ Un dernier combat alors... soupira Eli, fatigué.

_ Non, seulement une rencontre et un petit échange. C'est tout, fit Luc.

Lucien soupira à son tour, et le serment dans tout ça ? Que Luc aille à la rencontre de Dieu comme ça, avec son âme en équilibre précaire, ne disait rien qui vaille à La Mort... et il doutait que ce ne soit qu'une petite rencontre amical qui les attendait...


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Dernière édition par Lucifuru le Mer 11 Mai 2011 - 15:21, édité 3 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Jeu 10 Mar 2011 - 13:00


13

LA MORT ET L'ANARCHIE




Anya, était la déesse de l'anarchie, fille de Dysmonia et du gardien de Tartarus, prison renfermant les Titans, perdants de la lutte pour l'Olympe qui avait eu lieu bien longtemps auparavant.
Anya voyageait énormément, et depuis qu'elle avait réussi à séduire Lucien, La Mort, et avait gagné sa confiance, elle avait enfin un point d'attache. Un endroit vers lequel retourner occasionnellement, qu'elle pouvait appelé chez elle. Même si elle n'aimait pas spécialement Budapest ou le manoir des guerriers maudits... Au moins, elle aimait Lucien.
Elle avait eu énormément de mal à le lui prouver, d'ailleurs, à cette tête de mule frigide. Peu d'individus étaient aussi méfiant que lui et, aux yeux d'Anya, il avait même élevé ce trait de caractère à tout un art...
Heureusement, elle avait finit par lui faire admettre qu'elle était réellement folle de lui. Même si son visage était couturé de profondes cicatrices, il avait un corps parfait et dur de statue grec sculptée dans le marbre, affreusement existant.

Anya se souvenait encore comme si c'était hier, du jour, il y a maintenant quelques années, où elle avait pour la première fois osé approcher Lucien, qu'elle avait dans sa ligne de mire depuis un moment déjà. Cela s'était déroulé à New York, lors d'une une soiré privé, dans un club.

Elle dévorait alors des yeux le visage balafré de Lucien, avec une furieuse envie de lécher les émouvantes traces de ses souffrances passées, lorsque...

_ Tu danses avec moi, poupée ? fit soudain une voix aux intonations chaudes et envoûtantes.

Elle reconnut Angelo, qui venait d'apparaître à ses côtés. Il avait dû en finir avec la femelle qu'il écrasait contre le mur quelques minutes plus tôt, et en cherchait une autre pour assouvir son inextinguible soif de sexe. Qu'il cherche donc ailleurs.

_ Laisse-moi tranquille, lança-t-elle d'un ton peu amène.

Il ne parut pas se formaliser de son manque d'enthousiasme qui sembla même l'amuser et reprit.

— Ça va te plaire, je t'assure que tu ne le regretteras pas...

Elle le repoussa d'un petit mouvement sec du poignet. Angelo était possédé par le démon de la luxure. Il avait de court cheveux noirs un peu bouclés, une peau pâle et incroyablement lumineuse, des yeux d'un bleu électrique, et un visage d'ange déchu version bad boy, qui lui valait l'adoration des femmes... Mais il n'était pas Lucien, et Anya était parfaitement insensible à son prétendu charme irrésistible.

_ Ne pose pas tes mains sur moi, gronda-t-elle. Si tu ne veux pas que je te les coupe.

Il rit, comme s'il pensait qu'elle plaisantait, sans se douter qu'elle était capable de ça et de bien plus. Etre la déesse de l'Anarchie n'empêchait pas d'avoir des principes : elle ne menaçait jamais en vain. Ne pas mettre une menace à exécution était un signe de faiblesse, et Anya s'était juré depuis bien longtemps de ne plus montrer aucun signe de faiblesse. Elle ne pouvait pas se le permettre. Ses ennemis auraient exploité la moindre de ses failles.

Heureusement, Angelo ne chercha pas à la toucher.

_ Pour un baiser de toi, je serais prêt à me laisser couper les mains, dit-il d'une voix rauque.

_ Et si je te coupais autre chose, ça te dirait?

Cette fois, il éclata franchement de rire, ce qui avait eu pour effet d'attirer l'attention de Lucien, qui leva enfin les yeux de sa bouteille. Son regard s'attarda sur Angelo, puis se posa avec insistance sur Anya. Oh ! doux paradis... Elle en oublia aussitôt Le Vice et se concentra sur l'acte compliqué de respirer. C'était maintenant ou jamais !

_ Nous nous rencontrons enfin, ma rose... lui fit-elle.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et pivota pour caler sa hanche gauche contre lui, lui présentant ainsi une vue de son dos. Elle portait un corset noué par de fins rubans et une jupe très courte qui laissait entrevoir la ficelle de son string.

Les hommes, immortels ou pas, craquaient quand on leur montrait ce qu'ils n'étaient pas censés voir. Lucien poussa un soupir. Le sourire d'Anya s'élargit. Elle venait de marquer un point.

_ Que me veux-tu, femelle? demanda-t-il d'un ton altéré.

_ Sa voix chaude fit tressaillir le ventre d'Anya.

_ Je veux danser avec toi, murmura-t-elle par-dessus son épaule, tout en continuant ses lentes ondulations en désaccord avec le rythme effréné de la musique. C'est un crime d'avoir envie de danser avec toi ?

_ Oui, répondit-il sans hésiter.

— Tant mieux. J'adore transgresser les lois. C'est même ma spécialité.

Il parut surpris de sa réponse et se tut.

_ Angelo t'a payé combien, pour ce petit numéro ? demanda-t-il enfin.

_ Payé ? Avec quoi ? Un orgasme ? Il ne m'intéresse pas, lui avait-elle répondu.

Puis, elle avait frotté ses fesses contre le sexe de Lucien, se cambrant et se déhanchant, mettant dans ce geste toute la sensualité dont elle était capable. Il était en érection et il se dégageait de lui une chaleur qui lui faisait fondre les os. Dans ses rêves, à ce moment précis, il la prenait dans ses bras et la pénétrait. Mais il recula comme s'il craignait qu'elle n'explose.

La distance qu'il mit entre eux lui fit mal.

_ Pas de ça, dit-il.

Il faisait de son mieux pour prendre un ton détaché, mais il paraissait sur le point de craquer. Epuisé. Plus crispé qu'excité, en fait. Elle plissa les yeux. On les observait. Tout le monde avait remarqué qu'elle tentait de le séduire et qu'il la repoussait Vous n'êtes pas au spectacle, leur envoya-t-elle mentalement. Fichez-nous la paix ! Regardez ailleurs.

Ils obéirent, un par un. Du moins les humains obéirent. Les Guerriers Maudits continuèrent à les fixer, curieux sans doute de savoir qui elle était et ce qu'elle voulait. Ils se méfiaient et elle comprenait aisément pourquoi.

Ignore-les. Tu n'as pas de temps à perdre. Elle tourna son visage vers Lucien, tout en continuant à lui présenter son dos.

— Où en étions-nous? lui demanda-t-elle d'une voix rauque.

_ Je m'apprêtais à partir, lâcha-t-il sèchement.

La réponse la fit se hérisser. Ainsi, il persistait à refuser? Les dieux la cherchaient pour l'abattre comme un chien galeux, et pourtant, elle avait pris le risque de se montrer en public. Tout cela pour Lucien. Elle ne quitterait pas cette boîte de nuit sans lui avoir arraché une récompense.

Elle pivota d'un coup de hanche et ses longs cheveux roux caressèrent ses seins. Puis elle lui fit face, en se mordillant la lèvre supérieure et en bombant la poitrine.

_ Je n'ai pas envie que tu partes, protesta-t-elle de ce ton boudeur qui avait déjà fait ses preuves.

Il recula encore d'un pas.

_ Qu'est-ce qui ne va pas, mon chéri ? insista-t-elle en avançant. Tu as peur d'une petite fille?

Il pinça la bouche et ne répondit pas. Mais il ne tenta plus de s'éloigner.

_ Tu as peur? reprit-elle.

_ Tu joues un jeu dangereux, la prévint-il.

_ Je sais parfaitement à quoi je joue, assura-t-elle en le détaillant du regard.

Les lumières colorées et dansantes du club magnifiaient la beauté du corps de Lucien. II paraissait sculpté dans la pierre. Il portait un T-shirt blanc et un jean délavé qui moulaient ses superbes muscles. Je le veux, se dit Anya.

_ Je t'ai dit de ne pas me toucher, dit-il avec irritation.

Elle leva les paumes et le regarda droit dans les yeux.

_ Je ne te touche pas, chéri.

_ Tu me dévorais des yeux, et j'ai cru que les mains allaient suivre, riposta-t-il sèchement

_ C'est que...

— J'accepte de danser avec toi, intervint un autre guerrier.

Angelo. Encore lui !

— Non, répondit Anya sans même lui accorder un regard.

Elle voulait Lucien et personne d'autre. Mais ce sale gêneur, vint se mettre entre elle et La Mort.

Elle le contourna sans un mot et, le regard rivé à celui de Lucien, elle se mit à onduler en se caressant te ventre. Viens faire la même chose avec tes mains, ordonna-t-elle mentalement.

Bien entendu, il n'obéit pas, mais ses narines eurent de nouveau ce délicieux frémissement et il avala sa salive.

_ Danse avec moi, murmura-t-elle.

Cette fois, elle l'avait dit tout haut, pour l'obliger à réagir. Elle s'humecta les lèvres.

_ Non, grommela-t-il dans un murmure rauque et à peine audible, visiblement chamboulé.

Mais comme il ne faisait toujours pas un geste vers elle, elle se sentit brusquement découragée. Le temps jouait contre elle. Elle ne pouvait pas se permettre de s'attarder ici.

_ Tu ne me trouves pas désirable, ma rose ? dit-elle, faisant frémir un muscle sous l'oeil de Lucien.

_ Ne m'appelle pas comme ça, protesta-t-il.

_ Tu ne me trouves pas désirable, mon chou à la crème? demanda-t-elle alors.

Il serra les dents.

_ Peu importe comment je te trouve, grommela-t-il.

_ Tu ne réponds pas à ma question, fit-elle remarquer avec ce ton boudeur auquel les hommes avaient tant de mal à résister, d'ordinaire.

_ Je n'avais pas l'intention d'y répondre, rétorqua-t-il.

Bon sang ! Il était vraiment coriace. Essaye autre chose. Vas-y carrément. Sois directe. Encore plus directe ?

Elle lui tourna le dos et se pencha en avant. Sa jupe remonta sur ses cuisses, donnant à Lucien une vue plongeante sur son string bleu et sur ses fesses. Puis elle se redressa, en prenant au passage une position plus que suggestive, tout en tournant sur elle-même pour lui présenter un panorama complet de ce qu'elle avait à lui offrir.

Il se raidit. Il en avait visiblement le souffle coupé.

_ Tu sens les fraises à la crème, dit-il avec un regard de prédateur prêt à bondir.

Viens. Viens. Viens, pensa Anya.

_ Et si j'avais aussi un goût de fraises à la crème? minauda-t-elle en battant des cils comme une forcenée, même si la comparaison lui paraissait vaguement insultante. Ça te dirait de vérifier ?

Il laissa échapper un étrange grognement sourd et fit un pas menaçant dans sa direction. Puis il éleva lentement une main - elle eut le temps de se demander s'il s'apprêtait à la gifler ou à la prendre dans ses bras - mais il ferma le poing tout en arrêtant son geste à mi-parcours. Jusque-là, il n'avait manifesté qu'une indifférence teintée de curiosité, mais à présent, il paraissait prêt à l'étrangler.

_ Tu as de la chance que je ne te donne pas sur-le-champ la raclée de ta vie, dit-il en abaissant son bras.

Elle cessa de se tortiller et le fixa bouche bée. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il s'agenouille devant elle, mais elle aurait cru qu'il répondrait favorablement à ses avances. Au moins ça.

D'ordinaire, les hommes appréciaient que les femmes prennent l'initiative. Ou alors ils avaient changé... Elle observait les mortels depuis des milliers d'années, elle savait de quoi elle parlait. Tu oublies que Lucien n'est pas un mortel..

Pourquoi ne veut-il pas de moi ? se demanda-t-elle.

Elle l'avait surveillé pendant plusieurs jours et elle ne l'avait jamais surpris avec une femme. Etait-il déjà amoureux? Si c'était le cas, elle ferait la peau à la garce qui avait su capter son attention.

Elle se passa la langue sur les dents, la fumée s'élevait dans le local, créant une atmosphère floue et onirique. Les femelles humaines étaient revenues sur la piste de danse et se déhanchaient lascivement pour attirer le regard des immortels. Mais ceux-ci ne quittaient pas Anya des yeux.

Lucien n'avait pas bougé d'un millimètre, comme s'il avait pris racine. Anya songea à filer, avant qu'on ne la trouve. Mais elle releva le menton d'un air décidé et donna un ordre mental pour changer la musique diffusée par les haut-parleurs et la remplacer par une mélodie douce et sensuelle.

Elle s'efforça d'adoucir aussi l'expression de son visage et avança vers Lucien d'un pas nonchalant, réduisant la distance qui les séparait. Elle caressa du bout des doigts son torse musclé et il frissonna. Il ne voulait pas qu'elle le touche ? Eh bien, il apprendrait qu'Anya, déesse de L'Anarchie, n'était pas un petit chien obéissant.

Cette fois, au moins, il ne recula pas.

— Le meilleur moyen de te débarrasser rapidement de moi serait de m'accorder une danse, dit-elle en ronronnant.

Et pour mieux se faire comprendre—et aussi lui donner envie d'accepter —, elle se hissa sur la pointe des pieds et lui mordilla le lobe de l'oreille. Il laissa échapper une sorte de grognement et referma enfin ses bras sur elle. Au début, elle crut que c'était pour mieux la repousser, mais il la pressa contre lui et la plaça à califourchon sur sa cuisse gauche, en écrasant ses seins contre son torse.

_ Tu veux danser, nous allons danser, murmura-t-il.

Il se mit à imprimer un balancement à leurs deux corps enchevêtrés. Des étincelles de plaisir la traversèrent. Par tous les dieux, c'était encore mieux que ce qu'elle avait imaginé... Elle ferma les yeux en signe de reddition.

Lucien était grand. Tellement grand... Ses larges épaules l'enveloppaient, son souffle chaud lui caressait tendrement la joue. En tremblant, elle fit remonter ses mains le long de son dos pour les enfouir dans la masse de ses noirs cheveux ondulés si doux.

Il frotta son nez contre sa mâchoire.

_ Tous les hommes te regardent et j'ai l'impression qu'ils ont tous envie de toi, dit-il doucement. Mais le ton était dur, aigu, coupant comme une lame. Pourquoi m'avoir choisi ? insista-t-il.

_ Parce que, répondit-elle en inspirant avec délices son entêtante odeur de rose.

_ Tu n'as pas répondu à ma question.

_ Je n'avais pas l'intention d'y répondre, répliqua-t-elle avec le même ton que lui précédemment.

Il la prit par les cheveux et tira si fort qu'elle crut qu'il allait emporter une mèche.

_ Tu peux avoir n'importe qui, et ça t'amuse d'exciter le plus laid de cette assemblée ?

Le plus laid ? Pour elle, il était le plus beau.

_ Tu n'y es pas, chéri, rétorqua-t-elle. Il se trouve simplement que je n'éprouve aucune attirance pour les minets du genre d'Angelo.

Il parut déconcerté et se tut. Puis il fronça les sourcils et la relâcha. Enfin, il secoua la tête, comme s'il voulait remettre de l'ordre dans ses idées.

_ Je sais que je suis laid et terriblement repoussant, grommela-t-il sans la moindre trace d'amertume.

Elle se raidit et sonda le regard de ses beaux yeux vairons. Il ignorait donc à quel point il avait du charme ? Personne ne lui avait jamais dit que sa force et son énergie sauvage de mâle étaient littéralement captivantes ?

— Si tu fais allusion à tes cicatrices, sache que je les trouve incroyablement sexy et délicieusement inquiétantes, murmura-t-elle. Et toi aussi, tu es délicieusement inquiétant. Elle voulait vraiment de lui, et il fallait qu'il le sache.

_ Délicieusement inquiétant ? répéta-t-il en baissant les yeux vers elle. Tu voudrais que je te fasse mal?

_ Je ne dirais pas non à une fessée, dit-elle en souriant.

Les narines de Lucien frémirent de nouveau.

_ Et donc, tu n'es pas rebutée par mes cicatrices, commenta-t-il d'une voix dénuée d'émotion.

_ Si elles me rebutent ? Non seulement ses cicatrices ne gâchaient pas son visage, mais elles le rendaient irrésistible. Tes cicatrices, elles me rendent folles, murmura-t-elle.

_ Menteuse ! l'accusa-t-il, incrédule.

_ Je ne me gêne pas pour mentir quand ça m'arrange, avoua-t-elle. Mais là, ce n'est pas le cas.

Elle le dévisagea longuement. Ces cicatrices étaient larges et profondes. Il avait dû souffrir considérablement. Cette idée la révolta autant qu'elle l'excita. Qui avait osé lui faire du mal ? Et pourquoi ? D'ordinaire, les immortels guérissaient spontanément de leurs blessures. Et sans cicatrices. Que lui était-il arrivé? Dissimulait-il d'autres marques similaires sur le corps ?

Un nouveau courant de désir la submergea et ses genoux flageolèrent Elle l'avait espionné pendant des semaines, mais elle n'avait jamais réussi à l'apercevoir nu. Il s'était toujours arrangé pour se laver et se changer après son départ. Avait-il senti sa présence ?

_ Ça suffit, tu joues un jeu dangereux, reprit-il en grommelant.

_ Je ne joue pas, ma rose, je t'assure, lui dit-elle.

_ Alors dis-moi ce que tu veux de moi. Et je te conseille de ne pas mentir, ordonna Lucien.

Cette fois, elle n'avait que l'embarras du choix pour répondre. Elle voulait passer des heures à le déshabiller et à l'explorer. Elle voulait qu'il la déshabille et qu'il l'explore. Elle voulait qu'il lui sourie. Elle voulait sa langue au plus profond de sa bouche. Malheureusement, pour le moment, seule la dernière proposition paraissait réalisable.

— Je veux te prendre un baiser, dit-elle en fixant sa bouche. Ce que je veux, c'est un baiser.

_ Laissez moi seule avec elle, ordonna Lucien sans la quitter du regard, tout en congédiant ses compagnons d'un geste de la main.

Il paraissait très sûr de lui, et elle en fut stupéfaite. Ainsi, il tenait à rester seul avec elle. Génial ! Mais Angelo, Gidéon et Reyes ne bougèrent pas.

_ Nous ne nous connaissons pas, lui dit-il, reprenant leur conversation là où ils l'avaient laissée.

_ Et après? Deux étrangers peuvent se plaire, commenta-t-elle en se cambrant pour pousser son pubis contre son sexe en érection.

Mmm... Il était toujours aussi dur.

_ Un petit baiser, ce n'est pas grand-chose, n'est-ce pas ? insista-t-elle.

Il enfonça ses doigts au creux de sa taille, pour l'empêcher de s'approcher davantage.

_ Et ensuite tu me laisseras tranquille ? lui demanda-t-il.

Elle aurait dû se sentir blessée, mais elle était submergée de plaisir. Tous ses sens s'affolaient.

_ Oui, lui promit-elle.

Puisqu'il ne voulait rien donner de plus, elle se contenterait de ce baiser. Et tant pis si cela ne suffisait pas à assouvir sa faim : elle en profiterait autant qu'elle le pourrait, et elle était prête à utiliser la force ou la ruse pour le lui arracher.

Elle n'en pouvait plus de l'imaginer. Il fallait qu'elle sache s'il était aussi merveilleux qu'elle l'escomptait. Sûrement pas, au fond. Elle serait déçue, et cela la calmerait une bonne fois pour toutes.

_ Je ne comprends pas où tu veux en venir, murmura-t-il en fermant à demi les paupières.

Ses longs cils posèrent des ombres menaçantes sur son visage, le rendant plus inquiétant que jamais.

_ Ce n'est pas grave, dit-elle. Moi non plus, je ne comprends pas.

Il se pencha vers elle et son haleine parfumée à la rose l'envahie.

_ Un simple baiser, murmura-t-il tout contre sa bouche. Tu fais beaucoup d'histoires pour pas grand-chose.

Il se trompait. Un simple baiser, c'était beaucoup. Le coeur battant d'impatience, elle suivit du bout de la langue la courbe des lèvres charnues de Lucien.

_ Tu es toujours aussi bavard avec les femmes ? demanda-t-elle.

_ Peut être, dit-il.

_ Embrasse-la, Lucien, sinon c'est moi qui vais le faire, intervint Angelo avec un rire nerveux.

Mais Lucien ne se décidait pas à céder. Elle sentait son coeur battre contre ses côtes. Etait-il gêné par leur public ? Tant pis pour lui...

_Tout cela est vain, murmura-t-il.

_ Quelle importance? L'essentiel, c'est de s'amuser, non? Et maintenant, cesse de temporiser. Il est temps de passer à l'action, dit-elle, avant de l'embrasser de force.

Il entrouvrit aussitôt les lèvres et leurs langues se heurtèrent, humides et exigeantes. Il avait une bouche brûlante, avec un invraisemblable goût de rose mentholée.

Elle se pressa un peu plus contre lui et elle se frotta contre son sexe, il empoigna ses cheveux en prenant totalement possession de sa bouche. Elle fut soudain emportée par une soif de plaisir que lui seul pouvait étancher. Autour d'eux, il y eut des huées et des sifflements d'encouragement.

Anya sentit ses pieds qui quittaient le sol, puis, quelques secondes plus tard, son dos fut plaqué contre un mur glacé. Les encouragements se turent brusquement.

Puis elle se laissa aller et, tout en gémissant, passa ses jambes autour de sa taille. L'une des mains de Lucien lui broya la hanche—par tous les dieux, que c'était bon... —, pendant que l'autre fourrageait dans ses cheveux, et que des doigts impitoyables s'accrochaient à ses mèches bouclées pour placer son visage dans un angle favorable à une rencontre plus approfondie.

— Tu es tellement désirable, murmura-t-il d'un ton fiévreux.

_ Je te désire aussi, répondit-elle. Ne parle pas. Embrasse-moi encore.

Il perdit totalement le contrôle de lui-même et poussa sa langue plus avant, avec tant de violence que leurs dents s'entrechoquèrent. Elle aurait voulu que cette étreinte ne finisse jamais.

_ Encore, dit-il d'une voix rauque, tout en posant ses mains sur ses seins qui durcirent aussitôt.

Elle souleva le bord de son T-shirt et le fit lentement remonter d'une main, pendant que l'autre effleurait son ventre. Ses doigts rencontrèrent des cicatrices chaudes et des muscles qui tressaillaient.

_ Oui, comme ça, dit-il en lui mordant la lèvre.

Ce fut comme s'il avait jeté de l'essence sur des flammes. Elle faillit jouir et ne put s'empêcher de gémir.

_ J'adore ce que tu me fais, dit-elle.

En réponse, il fit courir sa langue le long de son cou, laissant sur son passage une délicieuse traînée électrique. Elle ouvrit les yeux et faillit pousser un cri en s'apercevant qu'ils se trouvaient maintenant dehors, contre l'un des murs de la boîte de nuit, dans un recoin sombre. Comme elle, Lucien avait le pouvoir de se transporter d'un endroit à un autre, et il avait dû utiliser ce don pour les mettre à l'abri des regards des curieux. Le vilain garçon... Elle regretta qu'il n'ait pas choisi d'atterrir dans une chambre.

Une chambre... Elle lutta contre la bouffée de désespoir qui l'envahissait. Les autres femmes avaient le droit de rêver à de douces caresses dans un lit. Pas elle.

_ Je te veux, lâcha-t-il d'une voix rauque.

_ T'en as mis, du temps, lui reprocha-t-elle dans un murmure.

Il la contempla quelques secondes avec son étrange regard bleu et vert, puis l'écrasa de nouveau contre le mur pour l'embrasser, longuement, si longuement qu'elle eut l'impression d'être marquée pour toujours au plus profond de son âme. Elle n'était plus Anya l'indocile, mais Anya la femelle de Lucien. Son esclave. Elle aurait tant voulu qu'il la pénètre. Tout de suite. Elle en avait assez de se satisfaire de fantasmes.

_ Je veux te sentir, gémit-elle. Je veux tes mains sur moi.

Elle laissa retomber ses jambes et tendit le bras vers sa braguette, pour libérer son sexe et le serrer, mais elle arrêta son geste en entendant des pas. Lucien les avait entendus aussi, car il se raidit et s'écarta d'elle.

Ils haletaient tous les deux et leurs regards se croisèrent, l'espace de quelques secondes où le temps resta comme suspendu. Jamais Anya n'aurait cru qu'un simple baiser déclencherait un tel ouragan de passion.

_ Arrange tes vêtements, ordonna-t-il.

_ Mais... protesta-t-elle.

Elle n'avait pas la moindre envie de s'arrêter en si bon chemin à cause de quelques importuns. Après tout, il leur était facile de se transporter ailleurs, là où ils seraient seuls.

_ Fais-le, insista-t-il d'une voix dangereuse. Tout de suite.

Elle comprit qu'il était inutile de lui proposer de disparaître avec elle. Il ne voulait plus d'elle. Il ne songeait même plus à l'embrasser. Elle le lisait sur son visage.

Son haut était remonté au-dessus de ses seins et, comme elle ne portait pas de soutien-gorge, ses tétons roses brillaient dans la nuit. Sa jupe était retroussée jusqu'à la taille et dévoilait le minuscule morceau de tissu de son string.

Elle rajusta ses vêtements, en se sentant rougir -elle qui n'avait jamais rougi de rien-. Ses mains qui tremblaient témoignaient de son trouble et elle leur ordonna de cesser, mais elles refusèrent de lui obéir.

Des compagnons de Lucien, des Guerriers Maudits, apparurent au coin du bâtiment. Ils paraissaient mécontents.

_ J'adore quand tu disparais comme ça, dit Gideon sur un ton qui démentait ses paroles.

Gideon était possédé par le démon de la Tromperie, et il disait le contraire de ce qu'il pensait. Anya ne fut pas surprise de son commentaire.

_ La ferme ! intervint Reyes avec irritation.

Pauvre Reyes, gardien de Douleur, qui passait le plus clair de son temps à s'infliger des tortures. Une fois, Anya l'avait surpris à se jeter du haut d'une tour du château et à se délecter des souffrances provoquées par ses os brisés.

_ Même si cette femme paraît inoffensive, tu ferais bien de vérifier qu'elle n'est pas armée, avant d'avaler sa langue, déclara Reyes à Lucien.

_ Je suis pratiquement nue, fit-elle remarquer d'un ton exaspéré.

Personne ne lui prêta attention, mais elle poursuivit tout de même.

_ Je les cacherais où, mes armes? Insista-t-elle.

Elle en cachait en fait plusieurs, mais une femme était bien obligée de se protéger.

_ Je contrôle la situation, répondit Lucien de sa voix posée. Et je suis capable de maîtriser une simple femelle, armée ou non.

D'ordinaire, le calme de Lucien fascinait Anya, mais là, elle le trouva agaçant. Elle haletait encore, ses jambes tremblaient, son coeur battait comme un tambour, mais lui paraissait avoir tout oublié de la vague de passion qui les avait submergés quelques secondes plus tôt.

_ Tu sais qui elle est, au moins ? insista Angelo. Pas une simple femme, en tout cas, fit-il remarquer. Tu t'es transporté avec elle et elle n'a même pas poussé un cri.

Tous les regards convergèrent vers Anya.

_ Ça suffit, protesta-t-elle. Je ne vous dirai rien. Fichez-moi la paix.

_ Vous ne figurez pas sur ma liste d'invités, reprit Angelo. Et d'après Reyes vous n'êtes venue avec personne. Pourquoi cherchez-vous à séduire Lucien?

Il n'envisageait pas une seconde qu'elle puisse être attirée par Lucien. Il ne faisait que dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas, mais sa désinvolture déplut à Anya.

_ Et si je vous répondais tout simplement qu'il me plaît? Rétorqua-t-elle.

Elle les défia du regard, l'un après l'autre, en évitant toutefois Lucien. Elle n'aurait pas supporté de contempler une fois de plus son expression détachée et indifférente.

_ Je l'ai vu, il m'a plu, je suis allée vers lui, reprit-elle. Il n'y a pas de quoi en faire une histoire.

Ils croisèrent posément leurs bras sur leur poitrine, façon de lui montrer qu'ils n'en croyaient pas un mot. Ils formaient à présent un demi-cercle autour d'elle, et pourtant elle ne les avait pas vus bouger. Elle ne put se retenir de lever les yeux au ciel.

_ C'est faux, affirma Reyes. Nous le savons tous. Donc, dites-nous spontanément ce que vous lui voulez : ça nous évitera d'employer la force.

Ils croyaient pouvoir l'obliger à parler en employant la force... Les naïfs... Elle croisa les bras, elle aussi. Quelques minutes plus tôt, ils avaient encouragé Lucien à l'embrasser. Et maintenant, ils avaient l'air de penser que Lucien n'aurait pas pu séduire une aveugle.

_ Ce que je veux, c'est sentir sa verge au fond de moi. Ça vous va, comme réponse, bande de crétins? dit-elle, furieuse.

Il y eut un silence choqué. Lucien vint se placer devant elle. Pour la protéger ? C'était vraiment touchant. Inutile, mais touchant. Sa colère se dissipa un peu et elle eut envie de le prendre dans ses bras.

_ Laissez-la tranquille, dit-il. Vous lui donnez trop d'importance. Elle n'est qu'une simple femelle.

La joie d'Anya se dissipa. Une simple femelle ? Rien de plus? Il venait de prendre ses seins dans ses mains et de frotter son sexe en érection entre ses jambes. Comment osait-il la traiter de simple femelle ?

Une brume rouge vint obscurcir sa vision. Elle songea à sa mère, Dysnomia, que les hommes avaient toujours méprisée. Elle comprenait maintenant ce qu'elle avait vécu. Elle aurait voulu que Lucien la déclare sienne, qu'il avoue avoir besoin d'elle. Pas qu'il la considère comme quantité négligeable.

Dire que je l'ai supplié de m'embrasser, que j'étais prête à me donner à lui... pensa-t-elle, outrée.

Elle rassembla tout son pouvoir, toute sa colère, toute sa souffrance et, en poussant un grognement formidable, elle se jeta sur Lucien pour le bousculer. Il fut projeté avec la puissance d'une balle de revolver et alla heurter Angelo. Ils poussèrent ensemble un cri étouffé et chancelèrent.

Lucien se ressaisit et fit volte-face vers elle.

_ C'est la première et la dernière fois, grommela-t-il.

_ Ça ne fait que commencer, rétorqua-t-elle en marchant vers lui, le poing levé. Il n'allait pas tarder à avaler ses dents si blanches et parfaites.

_ Anya, murmura-t-il d'une voix rauque et suppliante. Arrête. Je ne veux pas me battre avec toi.

Elle s'arrêta, saisie, avec la sensation que son sang se figeait dans ses veines.

_ Tu sais qui je suis, dit-elle tout bas. Comment est-ce possible ?

Elle s'était manifestée auprès de lui une fois, quelques semaines plus tôt, mais uniquement par la voix, sans se montrer. Il ne l'avait donc jamais vue.

_ Tu me suis depuis un moment, expliqua-t-il. J'ai appris à reconnaître ton odeur.

« Tu sens les fraises et la crème » avait-il commenté, quelques instants plus tôt. A présent, elle comprenait pourquoi cette remarque avait sonné comme un reproche. Elle écarquilla les yeux, partagée entre la joie et la honte : il avait toujours su qu'elle l'observait.

_ Pourquoi ne pas m'avoir dit que tu m'avais reconnue? lança-t-elle d'un ton cinglant.

— Je voulais te sonder discrètement et savoir quel but tu poursuivais.

Il se tut, attendant un commentaire. Comme elle ne disait rien, il insista :

_ Quel but poursuis-tu ?

— Puisque tu... commença-t-elle, oh et puis par tous les dieux ! Elle n'avait pas à céder à chantage ! Elle se tut.

_ Pourquoi me surveilles-tu depuis des semaines ? Et que fais-tu là ce soir ? insista La Mort, encore une fois.

Elle allait répondre, mais Reyes, Angelo et Gideon s'étaient approchés d'elle avec des mines qui n'avaient rien d'engageantes... Et elle avait préféré se volatiliser...

Heureusement, Anya, à force d'acharnement, revenant de nombreuses fois à la charge pendant des mois, avait finalement réussi à faire comprendre à ses embouchés obstinés qu'elle était seulement attiré par Lucien, telle une abeille par le nectar des fleurs, et qu'elle n'avait rien de plus derrière la tête, que de faire de lui, son homme.

Elle ne pouvait pas trop leur en vouloir de s'être montrés si méfiant, ils avaient eu pas mal de problèmes avec les dieux de l'Olympe, dont-elle faisait après tout partie. Même si elle était une paria, comme eux, elle n'aurait pas été la première déesse à utiliser un homme à ses dépends. Mais au jour d'aujourd'hui, ils l'avaient enfin acceptée, et pour rien au monde elle ne renoncerait à ce qu'elle partageait avec Lucien ! Hors, elle savait que quelque chose allait mal tourner ce soir. Lucien risquait de faire une belle connerie, pour aider son ami Luc. Mais, elle avait un plan, elle veillerait au grain...


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Dernière édition par Lucifuru le Ven 29 Avr 2011 - 12:15, édité 4 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Jeu 10 Mar 2011 - 13:19


14

L'INTERLUDE




Luc et Elizabeth, étaient rentré chez cette dernière, et s'étaient installé dans la cuisine. Ils faisaient une pause autour d'une bonne tasse de thé, pour se réchauffer.

_ Je sais pourquoi je t'ai embrassé maintenant, dit Luc.

_ Comment ça ? demanda Elizabeth, interloqué, il l'avait embrassé tellement de fois déjà, de laquelle parlait-il ? Et ne l'avait-il pas fait parce qu'il l'aimait ?

_ Les deux première fois, dans la ruelle, et dans la chambre d'hôtel, quand je t'ai prise par le cou. Sur le moment je n'ai pas compris ce besoin violent que j'avais de faire ça... Mais c'est clair maintenant, il fallait que je te transmette l'Espérance... Ça devait être tellement important pour moi, que même sans souvenir je savais inconsciemment ce que je devais faire.

_ Comment ça ? répéta-t-elle, un peu perdu.

_ Tu te souviens que je t'ai dis que tu ne vieillirais plus ? Eh bien en fait, la chose que j'ai volé à Zeus, c'est le dernier des fléaux qui se trouvait dans la boite de pandore, l'Espérance. Je te l'ai transmise en t'embrassant. C'est une âme, le meilleur moyen de l'amalgamer c'est de l'avaler. Elle est maintenant en toi... Tu es devenue l'hôte de l'Espérance.

_ Pourquoi tu as fait ça ? demanda-t-elle, légèrement sous le choc.

Elle ne savait pas si elle était contente de ne plus être une simple humaine, c'était encore trop récent, elle verrait ça plus tard, pour le moment elle était dubitative...

_ Je ne voulais pas te perdre, Elizabeth. Tu as une tumeur au cerveau...

_ Quoi ! s'exclama-t-elle horrifié.

_ Ne t'en fais pas, cela ne peut plus te tuer maintenant, lui assura Luc.

_ Mais je vais très bien, je ne suis jamais tombé malade... s'épouvanta Elizabeth.

_ Tu es sûre ? Rien de bizarre ne t'es arrivé ?

Elizabeth repensa à la façon dont certain doigts de sa main s'endormait parfois, elle ne les sentait plus, et ne pouvait plus les bouger comme elle le voulait. Parfois même, il était arrivé que ses mains lâchent des objets, tout d'un coup, sans qu'elle ne leur en donne l'ordre... Mais en faisant des recherches sur internet, elle avait cru que c'était un dût à une vertèbre coincé dans son dos, où au fait qu'elle tapait trop sur son ordinateur... Elle avait lu que ces choses là pouvait causer les symptômes dont elle souffrait... Jamais elle n'aurait pensé avoir une tumeur !

_ Je sais pas, peut être si... Il m'est bien arrivé des trucs un peu bizarre, avoua-t-elle. Mais comme j'étais occupé, et que ça ne m'handicapait pas trop, je ne suis pas allé voir un médecin... Je me disais que ça partirais peut être tout seul... Je préfère éviter les docteurs, je n'aime pas beaucoup être auscultée...

_ Moi non plus je n'aime pas trop les médecins. Même moi je peux être malade tu sais, lui avoua Luc, compréhensif, en souriant tendrement.

_ Tu ne savais même pas ce qu'était un hôpital, lui rappela-t-elle en se moquant gentiment.

_ C'est parce que ma mémoire était sans dessus dessous, expliqua-t-il. Quand je me suis réveillé je ne savais même pas comment faire pour me mettre debout...

_ Hadès avait dut te frapper drôlement fort, fit-elle sur un ton de reproche.

Luc, sourit, ravit qu'elle s'offusque de la puissance des coups qu'il avait pu prendre.

_ Luc, je me demande, dit-elle, comment ça se fait que je ne me sens pas différente ? Je veux dire, l'Espérance est en moi n'est ce pas ? C'est un fléau, je suis maudite maintenant ? Est ce que je ne devrais pas avoir peur de perdre le contrôle comme toi ?

_ Non ! s'empressa de s'exclamer Luc. Jamais je ne t'aurais infligé ce que les dieux nous ont fait à moi et mes compagnons... Toi c'est très différent. L'espérance n'est pas à proprement parlé un fléau, c'est au contraire une arme contre les fléaux. Elle n'essaiera pas de prendre le contrôle sur toi, c'est toi qui décide quand te servir d'elle.

_ Eh bien me voilà rassuré, soupira Elizabeth, soulagée.

_ Je ne t'aurais jamais inoculé un fléau ! répéta-t-il, offusqué. Tu ne sais pas ce que c'est d'avoir un de ces trucs en soit, on n'est plus jamais complètement nous... Quoi qu'on fasse, même si tout va bien, on ne peut pas être vraiment heureux avec une de ces choses. Ça nous ronge de l'intérieur. C'est une petite voix qui s'empresse tout le temps de ruiner tout ce qui est beau... Elle te pousse à la folie, et quand tu craques le bien et le mal ne veulent plus rien dire...

_ Y a t-il un moyen de te sauver de cette chose là ? demanda Elizabeth, le ventre noué.

_ Sans doute, oui. Mais ne crois pas qu'on y arrivera du jour au lendemain... En tout cas, ne t'en fais pas, je contrôle cette chose depuis des siècles maintenant, et avec toi à mes côté je serai encore plus fort pour luter contre elle. Elle ne gagnera plus, promit Luc.

_ Luc, Je peux te parler une minute ? demanda Lucien qui venait d'apparaître.

_ Bien sûr, vas y, répondit Luc, en désignant une chaise libre autour de la table à son ami.

_ En privé, précisa La Mort.

_ Je n'ai pas de secret pour Elizabeth, rétorqua Luc d'un ton sec.

_ C'est bon, je vais aller voir mon frère, il faut qu'on parle, il a du en voir de toutes les couleurs. Je dois lui accorder un peu de temps, voir s'il va bien, dit Elizabeth en quittant la table.

_ Non, attends, dit Luc prestement. Restes, vraiment... Ce qu'il va dire est peut être important.

_ Je reviens après, tu me raconteras, rétorqua Elizabeth en sortant de pièce.

_ Tu es content de toi, La Mort ? demanda sombrement Luc en dévisageant son ami d'un oeil noir.

_ Désolé, mais c'est effectivement important, dit Lucien.

_ Et alors ? Je déteste quand elle s'éloigne de moi... rouspéta-t-il.

_ Elle n'est que dans la pièce d'à côté, s'agaça Lucien.

_ Peut être, mais je ne la vois plus, et c'est déjà trop loin, déclara Luc, indifférent au fait qu'il savait pertinemment que son attitude exagérait.

_ Luc, soupira Lucien, fatigué. Tu te souviens de ce que tu lui as dit ? Après que vous ayez fait l'amour la première fois ?

_ Tu nous as espionné ! s'offusqua Luc en se levant brusquement de sa chaise.

_ Oui. Mais peu importe, tu te souviens de ce que tu lui as dit ? demanda Lucien, d'un ton monotone, tout en restant parfaitement immobile.

_ Tu manques pas d'air ! Tu n'avais pas le droit ! C'est ma vie ! fit Luc, blessé et furieux.

_ Arrêtes Luc, tu veux ? Je n'ai rien vu d'absolument phénoménal, et je ne vous juge pas. De plus heureusement que j'étais là, parce que apparemment tu ne te rends absolument pas compte de ce que tu as fait et du danger dans lequel tu es à présent, s'agaça La Mort, épuisé.

_ Ce que j'ai fais ? Comment ça ? Lui faire l'amour ? Comment ça peut être dangereux ?

_ Non, pas ça, dit La Mort, qui se retenait de traiter Luc d'idiot. Après, tu...

Lucien prit alors un gros coup sur la tête et s'affala sur la table, alors qu'une belle rousse finissait encore de se matérialiser dans la petite cuisine.

_ Anya ? s'exclama Luc choqué en regardant éberlué, le corps sans connaissance de son ami. Mais qu'est ce qui t'as prit ?

_ Ah ! Salut Luc, fit-elle en lui adressant un sourire joyeux, comme si tout était normal. Je vous ai interrompu ? Désolé.

Puis, elle se pencha en avant vers Lucien, et Luc put profiter d' une vue plongeante dans son décolleté. Mal à l'aise il détourna le regard. Normalement il s'en serait moqué, mais maintenant qu'il avait retrouvé Elizabeth, ça lui semblait mal.

_ Tu ne pourrais pas mieux t'habiller ? demanda-t-il, gêné.

_ Tu es devenue con ou quoi ? Ça n'a jamais semblé te déranger. J'avais l'impression d'être habillé en camionneuse pour le peu d'attentions que tu accordais à ma tenue, lui rappela Anya.

_ C'est que... Ça ne plairait pas à Elizabeth... expliqua-t-il nerveux.

_ C'est sûr, ça ne lui plairait certainement pas que tu rougisses comme ça en regardant les seins d'une autre femme, s'amusa la déesse.

_ Ce n'est pas du tout ça ! Tu n'as qu'a porter de vrais vêtements d'abord ! s'exclama Luc, de plus en plus mal à l'aise et cramoisi.

_ Écoutes, Luc, lui dit Anya qui commençait à trouver ça lourd, fait seulement comme d'habitude. Soit naturel, tu n'as jamais été du genre à reluquer, tu es d'ailleurs presque le seul, et c'est une de tes rares qualités.

Luc essaya de se calmer, elle avait raison, il était ridicule, il le savait bien. Mais c'est seulement qu'avant de toute façon Anya ne l'intéressait pas. Et c'était toujours le cas, seulement maintenant elle représentait vraiment l'interdit. Et il se sentait un criminel rien qu'en la regardant. Pourtant, comme elle l'avait si bien dit, il avait toujours était insensible à ce qu'il appelait la « poudre aux yeux ».

Il n'avait jamais compris les gens qui voyait une belle femme, très mal habillé, et qui ne remarquait pas sa beauté, mais qui pouvaient par contre baver comme des fous devant une femme d'un physique à l'origine moyen qui employait milles artifices, si bien qu'elle finissait par avoir l'air complètement artificielle, comme une poupée gonflable... Lui, il se ventait de pouvoir voir au delà, pour n'apprécier que la beauté naturelle.

De toute façon, il n'accordait aucun intérêt au maquillage ou aux vêtements, lui, il aimait les femmes qui était belles nues, dépourvu de tout accessoires. Et il avait même un faible, pour celles qui s'habillaient de façon pratique, sans artifices, puisqu'il trouvait ces derniers inutiles. Les femmes comme Anya lui paraissait en générale un peu ridicules. Même si, il était tolérant et s'efforçait de ne juger personne sur son apparence.

_ Pardon, je sais pas ce qu'il me prends... dit-il, en réussissant enfin à regarder Anya comme il l'avait toujours fait.

_ Bien, tu es pardonné, fit-elle en chargeant le corps inconscient de Lucien sur ses épaules avec une facilité absolument en désaccord avec leurs tailles respectives à l'un et l'autre. Anya, du haut de son un mètre soixante cinq, n'aurait pas dut pouvoir soulever la masse de muscle qu'était Lucien. Mais c'était oublier qu'elle était une déesse.

_ Hey ! Attends ! s'exclama Luc, qui se trouvait très bête tout d'un coup. Il était en train de laisser tranquillement assommer et enlever son meilleur ami sans rien dire ! Pourquoi tu l'as frappé ? demanda-t-il enfin.

_ Ah, ça. Ne fait pas attention, c'est un petit jeu entre lui et moi. On se téléporte, et pouf ! On assomme l'autre. Et on compte les points, on en est à six à deux. Pour moi, bien sûr, lui assura-t-elle avec un grand sourire.

_ Tu me prends pour un idiot ? demanda Luc, abasourdit, après un moment de silence.

_ Tout le monde te prends pour un idiot, Lucifer, lui fit-elle remarquer.

_ Peut être, mais pas à ce point là, dit-il en lui saisissant le poignet pour l'empêcher de se téléporter. Pourquoi tu as fait ça Anya ?

_ Si tu n'étais vraiment pas si bête, Lucifer, tu aurais déjà compris, et je n'aurai même pas eu besoin
d'assommer Lucien, s'énerva-t-elle. Alors la ramène pas ! C'est de ta faute tout ça.

_ Désolé, je ne comprends pas, fit Luc, touché par ses paroles et dépité.

_ Non, effectivement, je vois ça, dit Anya en soupirant bruyamment.

_ Qu'est ce qui passe ? demanda Elizabeth, en dévisageant la plantureuse rousse inconnue et presque nue (elle ne portait qu'un corset fermé avec des ficelles, et une jupe tellement courte qu'on apercevait son minuscule string) qui se tenait dans sa cuisine.

_ Eli, je te présente Anya, dit Luc. C'est... C'est l'amante de Lucien, conclu-t-il.

Elizabeth, hocha la tête, aussi bien pour dire qu'elle avait prit note de ces informations que pour saluer la jeune femme.

_ Et qu'est ce qu'il a Lucien ? demanda-t-elle, étonné de le voir inconscient dans les bras de cette femme.

_ Je ne sais pas, dit Luc. Il était en train de me parler de quelque chose qu'il disait être important, puis Anya est subitement arrivée et la assommé. Je ne comprends pas pourquoi, se plaignit-il.

_ Bah, dit Elizabeth, éberlué. Pour l'empêcher de parler. Évidement, quoi d'autre ?

_ Ah c'est pour ça ! fit Luc, qui réalisait tout juste.

_ Oui, il n'est parfois pas très rapide, confirma Anya avec compassion à une Elizabeth sidéré.

_ Pas grave, fit Elizabeth en haussant les épaules, je trouve ça mignon.

_Vous avez bien du courage, la loua Anya.

_ Mais pourquoi avoir fait ça alors ? Je veux dire, pourquoi l'empêcher de parler ? demanda Luc, en gardant un calme olympien face aux insultes sur ses capacités intellectuelles, déjà il n'était pas de nature rancunière, et après tout il y était habitué depuis des millénaires. Il avait depuis longtemps admis qu'il n'était pas exactement un génie, et ça ne le vexait plus du tout. Mais il ne se considérait pas non plus idiot, juste fonceur, et naïf, agissant selon ce qu'il ressentait plus qu'en raisonnant.

_ Tu ferais mieux de trouver ça tout seul, Luc, la prévint Anya. Elizabeth et toi feriez mieux d'en discuter pour essayer de comprendre, avant que vous ne puissiez aller nulle part, leur conseilla-t-elle.

_ Mais, j'ai un rendez-vous important cette nuit, dit Luc.

_ Grand bien vous fasse, alors, dit Anya, mais n'allez pas me dire ensuite que je ne vous avez pas prévenue.

_ Vous avez empêcher Lucien de nous dire une chose que vous souhaiteriez qu'on sache ? demanda Elizabeth, intrigué.

_ Exactement ma jolie, confirma Anya. Et puisque vous êtes moins tête brulé que lui, j'espère qu'avec vous mon conseil ne tombera pas dans l'oreille d'une sourde, dit-elle. Parlez en ensemble avant d'agir cette nuit. Vous comprendrez peut être.

_ D'accord, dit Elizabeth.

_ Bien, maintenant, lâches moi Luc, fit-elle, menaçante.

Luc obéit rapidement, sans réfléchir, tout d'un coup il avait eut honte de la tenir ainsi.

_ Au revoir les tourtereaux ! fit-elle en clignant un oeil avant de disparaître, laissant Elizabeth et Luc plus ou moins sidéré.

Puis, après son départ, Luc s'exclama tout d'un coup.

_ L'égide ! C'est Lucien qui l'a !


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Dernière édition par Lucifuru le Mer 11 Mai 2011 - 15:23, édité 3 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 16 Mar 2011 - 10:43


15

LA DECISION D'ANYA




Anya espérait avoir gagné du temps, et que Luc et Elizabeth n'iraient pas se jeter dans la gueule du loup. Elle aurait été rassurée s'il elle avait su être en possession de l'égide, puisque ce dernier se trouvait dans la poche de jean de Lucien, mais elle l'ignorait.

Ce qu'elle savait en revanche, c'est que si Lucien reprenait conscience alors que l'âme de son ami était toujours en péril à son insu, non seulement La Mort lui en voudrait à mort, mais en plus il retournerai immédiatement aider Luc, se précipitant dans la bataille, et rendant ainsi tout ses efforts, à elle, totalement inutiles.

Mais dans quel pétrin me suis-je foutu ? s'interrogea-t-elle en lançant le corps de Lucien sur son lit. Maintenant, elle allait devoir suivre le reste de son plan, sinon elle l'aurait frappé pour rien... Elle allait devoir rendre visite aux parques.

Il ne fallait surtout pas qu'Anya y réfléchisse trop, si elle voulait le faire, elle devait agir tout de suite, sans penser à ce qu'il l'attendait. Une fois là bas, elle verrait bien, et agirait en conséquence.

Anya prit une grande inspiration pour se donner du courage, et se téléporta. Elle réapparu dans le noir le plus complet, et les mains tendu devant elle, elle progressa, aveugle, jusqu'à se cogner à une porte à laquelle elle cogna trois fois du poing.

_ Oui ? fit une voix grave et masculine.

_ Je veux voir les parques, il faut que je m'entretienne avec elles à propos d'un certain sujet...

_ Qui êtes vous ? demanda la voix, d'un ton toujours parfaitement équitable.

_ Anya, déesse de l'anarchie, fille de Dysmonia.

_ Veuillez patientez, dit la voix.

Anya patienta donc, elle s'appuya contre un mur et se força à ne pas imaginer des choses dans le noir, elle n'était plus une enfant, et cette pièce était évidement vide ! Voyons ! Impossible qu'elle recèle des serpents, des rats, des scorpions, des limaces, des araignées, ou des cafards n'est ce pas ? N'est ce pas ?

Elle était à deux doigts de ne plus en être si certaine quand la voix retenti à nouveau :

_ Elles ont accepté de vous recevoir, Anya, déesse de l'anarchie, dit-elle, toujours aussi grave.

Et Anya entendit la porte s'ouvrir. Comment ça ? Il faisait aussi noir dans le couloir ? Bon sang ! Elle avait espéré qu'il y aurait un peu de lumière derrière cette porte ! Ahhh.... c'est vrai, maintenant qu'elle y pensait, aucune lumière de filtrait de sous la porte...

_ Suivez moi, lui dit la voix au timbre profond.

Mais qui était-il donc celui là ? Et à quoi ressemblait-il ? En tout cas, il avait une voix drôlement sexy. Ah non ! Mince, elle n'appartenait qu'a Lucien, c'est vrai...

_ Comment suis-je censé vous suivre dans le noir ? s'agaça-t-elle, tendu.

_ Dans ce cas, dit la voix, ne vous formalisez pas de ce que je vais faire.

Et Anya senti une large main saisir la sienne. Mon dieu ce que cette main était grande ! Et, c'était des poils qu'elle sentait ?

_ Est ce que vous êtes... humain ? fit Anya en terminant sa question mentalement, se disant que tout compte fais, elle préférait ne pas savoir. Surtout si elle allait devoir lui tenir la main comme ça encore longtemps...

_ Est ce que je suis quoi ? demanda la grosse voix.

_ Est ce que vous êtes capable de voir dans le noir ? se rattrapa-t-elle.

_ Ne vous inquiétez pas, j'y vois parfaitement clair, dit-il d'un ton amusé.

Ce pouvait-il qu'il ait tout compris ? Il y avait un double sens à ce qu'il venait de dire, non ? Arf ! Elle s'était peut être ridiculisé, mais... Enfin tant pis !

Cela faisait dix bonnes minutes qu'ils marchaient dans le noir, apparemment dans un long couloir très peu large, puisqu'elle sentait des murs de chaque côté lorsqu'elle écartait les bras, quand elle craqua :

_ C'est pas bientôt fini oui ! On doit encore marcher longtemps comme ça ? Je pourrai être devenu aveugle que je ne m'en serai pas rendu compte !

_ On ne devient pas aveugle comme ça, lui fit remarquer la voix, plus amusé qu'agacé.

_ Qu'est ce que vous en savez ? questionna-t-elle. J'ai vu des choses plus étranges que ça se produire !

_ Vous ne deviendrez pas aveugle, je vous assure, lui promit la voix rocailleuse.

_ Vous savez que vous avez une voix affreusement sexy ? roucoula-t-elle tout d'un coup.

Arg ! Mince ! Elle l'avait dit ! Elle avait pensé tout haut ! Il fallait vraiment qu'elle apprenne à se débarrasser de cette mauvaise habitude.
Anya, avait décidé il y a des siècles, qu'elle vivrait sa vie comme elle l'entendrait, en n'obéissant à personne contre sa volonté. Et pour elle, cela impliquait notamment de faire ce qu'elle voulait quand elle voulait, et de dire ce qu'elle pensait, quand elle le pensait.

L'ennuie, c'est qu'après plusieurs décennies de pratique de cette philosophie, elle n'avait parfois plus aucun contrôle sur ce qu'elle racontait...
Mais l'homme ne répondit rien, et se contenta de grogner légèrement... Elle l'avait mit en colère ? Où est ce que c'était du dédain ? Enfin de toute manière, c'était certainement mieux ainsi. Celui qu'elle aimait était Lucien. Elle aurait été bien embêté s'il lui avait fait du rentre dedans...

_ Vous êtes arrivé, dit finalement la voix profonde.

Il y eu un bruit de porte que l'on ouvre, puis des grandes mains la poussèrent et refermèrent la porte derrière elle, l'emprisonnant, toujours dans la pénombre la plus complète.

Sympa l'accueil, franchement sympa... Je comprends pourquoi personne ne vient souvent ici... pensa Anya.

_ Pourquoi êtes vous venue nous demander audience ? demanda une voix, féminine cette fois, mais au ton sévère de vieille dame acariâtre.

_ Certainement pas pour l'ambiance... ne pu s'empêcher de marmonner Anya tout bas.

_ Pardon ? demanda la femme.

_ Je dois parler aux Parques, dit Anya en y mettant cette fois plus d'assurance.

_ Nous sommes là, et je parle pour nous trois, dit la voix.

_ Vous pourriez allumer la lumière ? demanda Anya, sans croire véritablement au succès de sa démarche.

_ La lumière est déjà allumé ma chère petite, dit la voix.

Et il sembla à Anya entendre un rire étouffé de jeune fille... Mais elle avait du rêver, les parques étaient de vieilles femmes toutes les trois plus laide les unes que les autres... Tout le monde savait ça.

_ Si la lumière est allumé, ne me dîtes pas que je suis aveugle ! paniqua Anya.

Encore une fois il lui sembla qu'une très jeune femme avait pouffé de rire tout bas, deux fois c'était un peu trop pour être le fruit de son imagination...

_ Non, vous n'êtes pas aveugle, s'agaça la voix de vieille mégère. Mais vous n'êtes tout de même pas venu pour nous demander cela n'est ce pas ?

_ Non, bien sûr... Euh, veuillez m'excuser, dit Anya en reprenant ses esprits.

_ C'est rien, mais je vous prie de nous exposer votre requête sans plus tarder, jeune fille, lui dit la femme.

Il y eu un troisième rire discret, cette fois suivi d'un son sourd, comme si quelqu'un avait été tapé du plat de la main de façon plus symbolique que douloureuse.

Anya failli demander : « C'est quoi ce bordel ? », et ordonner qu'elles allument, qu'elle puisse voir qui se foutait de sa gueule et pourquoi...

Mais elle se dit qu'elle était là pour faire une demande, et qu'elle n'avait pas intérêt, pour elle, pour Lucien, mais aussi pour Luc et Elizabeth, à faire la maligne... Aussi ravala-t-elle ses mots de révolte et expliqua :

_ Voilà, vous n'êtes sans doute pas sans savoir que Lucifer a prononcé le serment des âmes hier, pour ce lier à une femme du nom d'Elizabeth ?

_ Nous le savons effectivement, dit la vieille femme.

_ Vous devez également savoir qu'il n'a toujours pas reçu de promesse en retour.

_ Nous le savons également, confirma la parque.

_ Eh bien, je pense que vous devriez, au vu des circonstances exceptionnelles qui ont uni ce couple, faire fit des lois, et m'autoriser à parler à Elizabeth du serment.

_ Pourquoi donc devrions nous faire une exception pour eux ? demanda la voix. Exprimes tes arguments, et exprimes les bien.

_ Eh bien, commença Anya en prenant une grande inspiration, -les discours ce n'était pas son genre...-. Déjà, normalement, le serment des âmes et prononcé par deux personnes qui en connaisse l'existence et toute ses conséquences. Alors que là, l'un était amnésique, et l'autre n'en a toujours, encore à ce jour, jamais entendu parler.
Ensuite généralement, il est prononcé par un des membres du couple pendant que l'autre est conscient, et peut l'entendre. Alors que dans le cas présent, Lucifer à prononcé le serment pendant que son amante dormait...
Dans ses conditions, comment pourrait-elle le lui rendre ? Même si son amour était réel et éternel ? De plus, conclu-t-elle, le but de cette loi du silence, c'est de permettre au couple de vraiment prononcer le serment en toute liberté, sans que personne n'interviennent dans leur choix. Et ce afin de prouver qu'ils sont déterminés n'est ce pas ?
Cette loi est faite pour prouver qu'ils sont certains de leur amour. Car s'ils doutaient, ils pourraient être influencés. C'est à cela que sert la loi du silence n'est ce pas ?

_ Effectivement, confirma la voix d'un ton sévère.

_ Dans ce cas, dit Anya sans se laisser démonter. Dans la situation qui nous préoccupe, cette loi ne rempli pas ce but. Dans le cas de Luc et d'Elizabeth le silence empêche même de savoir si Elizabeth est sûr d'elle et de son amour pour Luc. Puisqu'elle ne sait même pas qu'elle doit faire un choix sans plus tarder...

_ Je comprends, dit la voix au grand soulagement d'Anya. Mais, si nous vous accordons le droit de dire tout à propos du serment à cette femme, et qu'elle le prononce, comment savoir si elle ne le fera pas uniquement poussé par l'obligation, où le sens du devoir ? Car vous ne manquerez pas de lui expliquer que sans une réponse favorable de sa part, Lucifer serait perdu à tout jamais. Or nous les parques, ne pouvons accepter que le serment soit prononcé pour une telle raison.

_ Dans ce cas, répondit Anya, laissez moi lui parler du serment, sans lui faire savoir les conséquences qu'aurait un refus de sa part.

_ Non, fit la vielle femme. J'ai une meilleur idée. Nous savons d'ores et déjà que Lucifer aime cette femme, car nous les parques avons entendu son serment. Il a été fait dans un élan d'amour sans que quiconque ne l'ait influencé. Cependant, de ce que nous doutons, c'est de la confiance que porte Elizabeth en son amant. Peut elle lui livrer son âme pour toute l'éternité ? L'aime-t-elle assez pour s'engager à ce point ? Sans retour en arrière possible ? Et cela sans la moindre hésitation ? C'est de cela dont nous devons juger.

_ Et comment allez vous faire ça ? demanda Anya, que la tournure des évènements ne rassurait pas vraiment.

_ Nous allons organiser une épreuve à leur intention. Un test qui tendra à mettre à l'épreuve le courage, l'amour, la dévotion, et la confiance dont peut faire montre cette Elizabeth pour son amant. Anya, déesse de l'anarchie, acceptez vous à la place de vos amis, qu'ils passent cette épreuve ? S'ils en sortent vainqueurs, vous aurez le droit de tout leur révéler, sinon, vous devrez les laisser courir à leur perte...

_ En quoi consistera l'épreuve ? demanda Anya.

_ Nous allons inverser que ce voit ses yeux, pour savoir si elle est capable de voir avec le coeur, dit mystérieusement la vielle femme.

_ Peuvent-ils perdre la vie durant l'épreuve ? voulu savoir Anya.

_ C'est possible oui... confirma la parque avant d'ajouter : Alors ? Ceci n'a que trop duré ! Anya, acceptez vous maintenant ? Répondez par oui ou par non, c'est votre dernière chance !

_ Oui, dit Anya alors que la voix de la parques finissait encore de résonner dans sa tête. J'accepte à leur place qu'ils passent l'épreuve.

_ Bien, fit la parque. Qu'il en soit donc ainsi.

Et sitôt qu'elle eu prononcé ces mots, Luc et Elizabeth se volatilisèrent, contre leur volonté, de la petite cuisine où ils discutaient toujours.

Et, intérieurement, Anya pria très fort, de ne pas avoir fait une grosse bêtise...



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Dernière édition par Lucifuru le Mer 11 Mai 2011 - 15:24, édité 4 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Ven 18 Mar 2011 - 14:46


16

LA BELLE FAMILLE



Elizabeth reprit conscience dans une grotte sombre, n'y voyant pas grand chose elle s'assit d'abord sur le sol et entendit des bruits de frottements et des petits grognements non loin d'elle.

_ Luc ? Luc c'est toi ? Tu es là ? demanda-t-elle le coeur battant.

Un borborygme répugnant qui ressemblait à la régurgitation d'un animal lui répondit.

_ LUC ! cria-t-elle épouvanté.

Dans la pénombre, elle vit une ombre massive et déformé se dresser sur ses pattes, la chose devait au moins faire dans les deux mètres et elle était penché et couverte de bosse. Elle avait des bras long et mince de tailles inégales qui trainaient presque sur le sol et finissait par trois long doigts pourvu griffes sans mains.

Elizabeth hurla et se réfugia contre la paroi de la grotte, tout au fond de celle-ci.

La bête fit un pas vers elle, hésitante. Elizabeth gémit et se recroquevilla sur elle même. Le monstre hurla alors longuement et plaintivement en écartant les bras.

_ Il y a quelqu'un ? demanda une voix d'homme, sûre d'elle et poli.

_ Ici ! cria Elizabeth.

La silhouette d'un homme puissamment musclé apparu à Elizabeth en contre jour, à l'entré de la grotte.

_ Aidez moi ! cria Elizabeth, terrorisé par l'immonde bête qui avait toujours les yeux braqué sur elle.

Sous le regard consterné d'Elizabeth, l'inconnu rentra dans la caverne sans l'ombre de la moindre peur, et passa devant le monstre comme si de rien n'était.

_ Qu'est ce qu'il y a ? De quoi avez vous aussi peur madame ?

_ Vous ne le voyez pas ? demanda Elizabeth sidéré.

_ Quoi ? demanda l'homme en fronçant les sourcils.

_ Derrière vous ! insista Elizabeth. Vous ne voyez rien ?

_ Rien, répondit l'homme qui regardait pourtant droit dans la direction du monstre.

_ Vous pouvez me sortir de là ? demanda Elizabeth, perplexe.

_ Évidement, répondit l'homme tout aussi perdu.

Le monstre bougea alors vers elle et Eli eut un mouvement de recul et un léger gémissement, puis la bête s'immobilisa.

_ Qu'y a t-il ? demanda l'homme.

_ J'ai peur, lâcha Elizabeth.

_ Je vais vous sortir de là, dit l'homme en l'attrapant par la taille.

Puis il la souleva et la jeta sur son dos.

_ Hey doucement ! protesta Elizabeth, absolument pas habitué à ce genre de traitement.

_ Je vous sors juste de là, dit l'homme.

Une fois sur son dos, Elizabeth se rendit mieux compte de la musculature et de la force de cet homme. Il devait être encore plus large que Luc, mais peut être pas si grand...

Ils passèrent devant la bête sans qu'elle ne tente rien, mais elle les suivit du regard, allant même jusqu'à tourner la tête vers eux quand ils la dépassèrent. Elizabeth était terrifié, cette bête suintait de pus par tout les pores de sa peau, elle était par endroit poilu, par d'autre elle pourrissait, des morceaux de peau se détachaient et elle dégageait une odeur de cadavre épouvantable.

Comment l'homme qui la portait sur son dos pouvait-il ne pas la remarquer ? Ils sortirent de la caverne sans ennuis et l'homme la posa sur le sol.

Elizabeth le regarda mieux, à la lumière du dehors. Il était grand, très large d'épaules, musclé, comme un catcheur ou un bucheron, aux cheveux très très court, quasiment rasés, et aux yeux bleus éblouissant de clarté. Le tout dans le visage d'un gentil ours mal rasé et souriant. Mais surtout, il était vêtu de peaux de bêtes... Certes cousu pour tailler des vêtement, mais de peaux de bête quand même, et en plus il était armé d'une grande lance.

_ Vous vous appelez madame ? lui demanda l'homme.

_ Elizabeth. Et vous ? demanda-t-elle à son tour.

_ Gerulf, dit l'homme. ( prononcez « Guéroulf » )

_ Gerulf, je vous remercie de votre aide, dit Elizabeth.

_ De rien madame, d'où venez vous ?

_ Euh... de Belgique ? avoua avec hésitation une Elizabeth qui se doutait bien que cela ne dirait pas grand chose à l'homme.

_ De Belgique ? C'est le nom d'une tribu ? demanda-t-il.

_ Euh... oui, en quelque sorte, dit Elizabeth, d'une grande tribu...

_ Vous devez venir de loin alors, dit l'homme. Je n'ai jamais entendu parler des Belgiques.

_ Des Belges, corrigea Elizabeth machinalement. Les membres de la Belgique s'appellent les Belges...

_ Eh bien pour une Belge, dit Gerulf, vous parlez bien ma langue !

_ Ah bon ? Parce que je parle votre langue ? demanda Elizabeth d'une voix un peu délirante, en sentant ses jambes faiblir un peu sous elle.

_ Oui.. dit l'homme inquiet. Vous êtes sûr que vous allez bien ?

_ Je ne crois pas, non... dit Elizabeth tout compte fait.

_ Ce n'est pas étonnant, l'hiver commence bientôt et vous n'êtes pas assez couverte, dit Gerulf sur un ton de réprobation. Vous allez attraper froid et mourir à se rythme, prédit-il mécontent. D'ailleurs je n'ai jamais vu de tenu comme la votre.

_ Mes habits viennent de Belgique... précisa Elizabeth, à moitié ailleurs.

Puis elle la vit, la bête, elle sortit de la caverne et les contempla tout les deux. De terreur, Elizabeth manqua de s'écrouler sur le sol, les jambes coupées. Mais Gerulf la rattrapa de ses grandes mains et la tint bien droite.

_ Houlà ! Doucement ! dit-il en la maintenant fermement par la taille.

Puis, Elizabeth vit la bête se jeter sur l'homme qui la lâcha et alla rouler sur le sol.

_ Qu'est ce que c'est que ça ? demanda Gerulf en se redressant immédiatement sur ses jambes.

_ C'est le monstre ! Il était dans la grotte ! Vous ne le voyez pas ! cria Elizabeth d'une voix tremblante.

_Où est-il ? demanda Gerulf en regardant partout autour de lui.

_ Entre vous et moi, lui dit-elle en ayant du mal à parler. Il est immobile, entre vous et moi.

À peine avait-elle terminé sa phrase que Gerulf bondit et atterri sur le dos de la bête, ils roulèrent ensemble sur le sol, et Gerulf la roua de coup. La bête rugissait et se débattait, sans parvenir à se défaire de son assaillant, puis, elle le mordit à l'épaule. Gerulf hurla, la créature le jeta sur le côté et s'enfuit.

_ Où est-elle ? demanda Gerulf à Elizabeth, une main sur son épaule ensanglanté.

_ Elle s'est enfuit, lui répondit-elle.

_ Bien, fit Gerulf, venez avec moi, je suis ici avec mon frère et ses fils, rejoignons les.

Ils marchèrent pendant un moment, au milieu d'un paysage de nature complète, puis ils arrivèrent enfin au campement, qui ne consistait qu'en des espèces de tentes en peau autour d'un feu où trois hommes les attendaient assit en cercle.

Ils se ressemblaient tous, tous blonds, tous grand, tous fort, avec des yeux très bleus. Seul leur âge semblait vraiment les différencier, l'un devait avoir la quarantaine, l'autre environ vingt cinq ans, et le dernier semblait à peine être devenu un homme.

_ Gerulf ! dit le plus vieux en adressant un sourire coquin particulièrement charmeur à Elizabeth, qui fit apparaître deux petites fossettes sur ses joues et des petites rides aux coins de ses yeux. Nous commencions à nous demander ce qui te retardait. On dirait que tu es en agréable compagnie.

_ Commence pas Darmèsh, elle en a déjà assez vu comme ça pour aujourd'hui, dit Gerulf. J'ai été attaqué par une chose invisible, et cette femme qui peut le voir dit que c'est un monstre.

_ Un monstre ? demanda le plus jeune, perplexe.

_ Waaahou ! C'est énorme ça ! s'extasia le jeune homme d'une vingtaine d'années en se dressant fièrement, beaucoup trop droit, et en rigolant. Il faut qu'on le tue ! Imaginez la tête des autres si on rapporte la dépouille d'un monstre invisible !

_ Ne dit pas de bêtises Liam ! l'exhorta Darmèsh, l'homme d'une quarantaines d'années, en perdant tout d'un coup son sourire et ses fossettes. Quelque soit cette chose, elle est dangereuse ! Tu veux finir comme ton frère ? demanda-t-il.

Sur ces mots Liam baissa le regard une seconde pendant laquelle ses yeux s'emplirent de regrets.

_ Je ne suis pas idiot à ce point père... marmonna-t-il.

_ Tu es blessé oncle Gerulf, constata avec anxiété le plus jeune en fixant l'épaule de son oncle.

_ Oui Lenaïc, mais ne t'en fais pas, ce n'est pas cela qui aura raison de moi, rigola Gerulf.

_ Oh mon dieu ! s'épouvanta tout d'un coup Elizabeth en voyant le monstre les observer à quelques mètres, mais à peine l'eut-elle vu qu'il se volatilisa.

_ Qui y a t-il ? demanda Gerulf.

_ Le monstre était là, il nous regardait, mais il vient de disparaître, expliqua Eli.

_ Je n'aime pas du tout ça... marmonna sombrement Darmèsh, le quadragénaire.

_ Nous devrions peut être rentrer, proposa Gerulf prudemment.

_ Certainement pas ! s'offusqua Liam qui était le plus impressionnant des quatre hommes, en pleine force de l'âge, avec sa taille immense, il était aussi grand que Luc, et avait de long cheveux en bataille. On ne l'a pas encore retrouvé ! On ne peut pas partir !

_ Certes, nous nous devons de retrouver son corps, acquiesça son père.

_ Peut être qu'il n'est pas mort... dit Lenaïc, le plus jeune, d'une voix hésitante.

Tout les regards des hommes s'assombrirent alors.

_ Ne te fais pas d'illusion mon fils, dit Darmèsh, Lucifer est bien mort.

_ Lucifer ! s'exclama Elizabeth sous le choc.

Mais oui ! Ils ressemblaient tous à Luc ! Même carrure, même couleur de peau, même forme du visage.

_ Vous connaissez mon neveu madame ? demanda Gerulf en levant un sourcil étonné.

_ Vous êtes la famille de Luc ? demanda Elizabeth, sidéré.

_ Je suis son père, Darmèsh, dit le quadragénaire charmeur, et voici mes deux autres fils, Liam et Lenaïc, ainsi que mon frère, Gerulf, fit-il en les désignant tour à tour d'un geste du bras. Et vous ? Qui êtes vous ?

_ Votre fils n'est pas vraiment mort, Darmèsh, dit Elizabeth.

_ J'ai bien peur que si, dit l'homme, son regard devenant tout d'un coup inquiétant.

_ Comment pouvez vous le savoir puisque vous cherchez son corps ? Pourquoi êtes vous certain qu'il est mort ? demanda Elizabeth.

_ C'est la déesse de la chasse qui est venu nous le dire en personne, répondit Liam, amer, en serrant les poings et la mâchoire. Elle a dit qu'il avait été égorgé par un gros lion des cavernes. Nous sommes venu dans le seul but de trouver son corps afin de lui offrir une sépulture décente au milieu des siens, et sur laquelle sa femme pourra se recueillir.

_ Sa femme ! s'offusqua Elizabeth, la gorge noué tout d'un coup.

_ Oui, sa femme, Eloane, dit Darmèsh avec une nuance d'accusation dans la voix. Nous somme là pour trouver et lui ramener le corps de son défunt mari.

_ Eloane... répéta Elizabeth, sous le choc.

_ Vous connaissiez mon frère ? demanda Lenaïc, septique.

_ Il... Luc aimait cette femme ? demanda Elizabeth.

_ Bien sûr qu'il l'aimait ! répondit aussi sec l'impressionnant Liam. Mon frère était toujours sérieux en ce qui concernait les femmes, incroyablement sérieux... Il n'a toujours voulu qu'Eloane. Il était fou d'elle.

_ Ah... vraiment... fit Elizabeth, la tête lui tournant.

_ Il suffit ! s'énerva Darmèsh. D'où connaissiez vous mon fils ?

_ Du calme fréro ! l'enjoignit Gerulf. Elle n'a pas l'air en forme...

_ Elle ressemble à Eloane non ? demanda Lenaïc d'une voix calme, plongeant tout le monde dans un silence méditatif.

_ Oui... C'est vrai, dit tout d'un coup Liam, stupéfait. Elle ressemble vraiment à Eloane !

_ Ah bon... balbutia Elizabeth d'une voix faible.

Luc l'aimait-il uniquement parce qu'il voyait en elle la femme qu'il avait autrefois perdu ? N'était-elle que le substitut de son ancienne épouse ?

Elizabeth se sentait vraiment mal, elle était loin de chez elle, à des dizaines de milliers d'années de chez elle... Sans Luc, dans un monde où il était mort, et où il ne lui appartenait même pas, mais à une autre, à sa véritable épouse. Dont elle n'était sans doute qu'une copie à bien y réfléchir.

Elizabeth cru qu'elle allait vomir, comment avait-elle pu se retrouver dans une telle situation alors qu'il y a quelques minute elle était dans sa cuisine en Belgique ? Alors qu'il y a quelques jours, elle était une institutrice d'école primaire à la vie monotone ?

Au moment où ses genoux allaient ployer sous son poids, elle revit la bête, qui se jeta droit sur elle, et la souleva dans ses bras immondes. Elizabeth hurla et les quatre hommes la regardèrent flotter dans les airs avec des yeux ronds.

_ C'est le monstre ! grogna Gerulf, en se précipitant sur Elizabeth.

Mais tout d'un coup elle disparut également, et Gerulf ne heurta que du vide.

_ Merde ! hurla-t-il, empli de frustration.


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Dernière édition par Lucifuru le Mer 11 Mai 2011 - 15:24, édité 1 fois
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Lucifuru
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Ven 29 Avr 2011 - 10:35


17

LE MONSTRE



Elizabeth lui martelait le dos de coup de pieds pendant qu'il la portait, et elle gémissait sans arrêts. Luc se demandait ce qui la retenait d'utiliser son pouvoir contre lui, mais apparemment, pour une raison ou pour une autre, elle ne pouvait plus s'en servir.

Luc se demandait aussi ce qui clochait avec lui, de toute évidence Elizabeth ne le voyait pas comme il était. Elle l'avait appelé « monstre » plusieurs fois. Le pire cauchemar de Luc était devenu réalité ; Elizabeth été dégouté par lui et le fuyait de toutes ses forces.

Pourtant Luc n'était pas décidé à abandonner. Quand il s'était réveillé dans cette grotte, il avait tout suite voulu rassurer Elizabeth en lui parlant, mais elle n'avait rien comprit à ce qu'il avait dit, pire une peur immense avait imprégné son regard et ses traits.

Luc avait d'abord essayé de s'expliquer, mais devant une telle peur il avait préféré rester en retrait. Puis c'est avec une stupéfaction totale, qui l'avait complètement figé, qu'il avait entendu une voix qu'il n'aurait pas cru pouvoir reconnaître depuis le temps. Pourtant il l'avait tout de suite identifié, et quand l'homme était rentré dans la grotte Luc n'avait plus eu aucun doute, c'était son oncle !

Il avait été littéralement stupéfait, son oncle ! Il ne l'avait pas vu depuis des dizaines de milliers d'années ! Elizabeth et lui avait discuté pendant que Luc les entendait à peine, tellement il était choqué et occupé à dévisager ce personnage venant tout droit de son passé. Puis son oncle avait jeté Eli sur son dos et l'avait transporté jusqu'à l'extérieur.

Cela avait réactivé les neurones de Luc, qui ne supportait toujours pas que Elizabeth s'éloigne de lui. Et il s'était rapproché de la sorti de la caverne, sans pour autant se montrer, il se souvenait encore de l'horreur qu'avait ressenti Elizabeth en le voyant, et il souhaitait lui épargner ça. Il avait alors écouté discrètement sa femme s'entretenir avec son oncle. Mais malheureusement il s'était trop rapproché pour mieux voir, et Elizabeth l'avait remarqué, et ses jambes avaient ployé sous elle.

Luc avait tout de suite eu le réflexe d'aller la secourir, mais son oncle l'avait devancé, attrapant sa belle par la taille. Bizarrement, ça l'avait rendu fou de haine et de rage. C'était à lui de rattraper Elizabeth ! Et Gerulf la tenait bien trop près contre lui à son goût ! Alors, devenant fou, il s'était jeté sur son oncle.

Réalisant ce qu'il avait fait, après avoir propulsé son oncle par terre, il s'était immobilisé, pour se calmer. Il n'allait tout de même pas tuer un membre de sa famille ! En plus il avait toujours aimé et beaucoup respecté le frère de son père.

Mais voilà, Elizabeth avait indiqué sa position à Gerulf qui lui avait sauté dessus à son tour... Et Luc avait été bien ennuyé, parce que son oncle était drôlement fort ! Il avait été obligé de le mordre pour qu'il le lâche. Il avait été effaré par la plaie qu'il avait laissé sur son oncle, et avait fuit avant que les choses n'empirent. Comment avait-il pu faire une si grosse blessure que cela à son oncle avec ses dents ?

Luc, pourtant, ne notait rien d'inhabituel avec son corps. Mais de toute évidence, même s'il se voyait tout à fait normal, pour les autres il n'avait plus d'apparence humaine...

Mais bien sûr, ce n'est pas ça qui allait lui faire abandonner Elizabeth. Tant qu'il serait vivant, il ne l'abandonnerai pas. Il était donc revenu après leur départ et avait suivit leurs traces. Il les avait retrouvé en compagnie de son père et de ses frères, et avait éprouvé un deuxième choc, encore plus puissant celui là. Son coeur s'était mit à battre trop vite alors qu'il revoyait les visages des êtres qui avaient été autrefois le centre de son univers. Des tas de souvenirs qu'il croyait à jamais enterrés lui étaient revenus, et les larmes s'étaient misent à couler sur son visage.

Liam, son grand frère... Fort, vantard, optimiste, dirigiste, blagueur, intrépide, franc, brute et bruyant... En fait tout ce qu'il était lui même, mais en pire...

Et Lenaïc ! Luc regrettait énormément d'être parti si vite, il n'avait pas vu son frère faire ses preuves en tant qu'homme adulte. Pourtant, il était certain que Lenaïc deviendrait un homme formidable. Il était loyal, fiable, responsable, un véritable homme d'honneur, et il était plus sérieux et réfléchit que lui ou que Liam. Luc était fier de son petit frère.

Mais ce qui l'avait le plus choqué, c'était de revoir son père. Son père qui avait été durant toute sa vie d'humain, un véritable exemple.

Darmèsh était un homme extrêmement intelligent, volontaire et dynamique, doté d'une très grande sensibilité qu'il cachait fréquemment derrière des sourires moqueurs ou charmeurs. Il était souvent ironique ou septique, mais c'était un homme aux valeurs morales extrêmement solides, droit, entier qui avait su être un chef parfait pour leur clan. Ayant juste ce qu'il fallait d'autorité sans pour autant écraser son peuple, et trouvant toujours des solutions à leurs problèmes grâce à son esprit vif et rusé.

Toute sa vie Luc avait fait de son mieux pour être à la hauteur de cet homme, qui avait élevé ses enfants avec soin, même après que sa femme ne meurt en essayant de mettre au monde leur quatrième enfant.

Luc les avait observé, ému, s'était encore fait remarquer par Elizabeth, puis s'était téléporté jusqu'à un droit où il pouvait voir sans être vu. Et il avait entendu avec horreur sa famille dire qu'ils cherchaient son coprs. Il était donc au jour de sa propre mort ! Mais surtout il avait pâli quand Elizabeth avait entendu parler d'Eloane.

Il avait vu le choc qu'avait ressentit Elizabeth en apprenant qu'il avait une autre femme dans sa vie. Sauf que non ! Il n'en avait pas d'autre ! Elizabeth et Eloane était la même et unique personne ! Elles avaient la même âme. Sauf qu'Eloane allait bientôt tomber malade et mourir, pour se réincarner plusieurs fois jusqu'à devenir Elizabeth. Une Elizabeth maintenant immortelle, qui, Luc l'avait décidé, ne mourrait plus jamais ! Jamais plus il ne perdrait la femme qu'il aime.

Et c'est Elizabeth qu'il parviendrait enfin à sauver et à garder prêt de lui éternellement. Elle et pas une autre ! Eloane comprendrait, c'était la meilleur chose à faire, et de toute façon l'une était l'autre !

Luc était homme à aller toujours de l'avant, et à mettre ses espoir en l'avenir, hors, l'avenir pour lui, s'appelait Elizabeth.

Luc avait pu voir s'inscrire sur son visage toutes les émotions traversant Elizabeth, la peur, le doute, l'horreur d'être tout jamais perdu à cette époque où elle n'avait pas sa place, mais surtout la peur panique de n'être qu'une copie de cette Eloane.

Luc avait eu envie de hurler de douleur en la voyant souffrir ainsi, suffit ! Il n'avait pas pu supporter cela, et était allé la chercher malgré le fait que c'était sans doute la dernière choses qu'elle souhaitait alors...

Maintenant, il portait Elizabeth sur son épaule, comme l'avait fait son oncle un peu plus tôt, et il s'était téléporté plusieurs fois, avalant les kilomètres afin de ne pas être retrouvé par sa famille qui pouvait décider de se lancer à sa recherche.

Il avait décidé de s'arrêter dans une forêt, sous des grand arbres tellement feuillus que le soleil peinait à pénétrer le ramages de leurs branches.

Une fois sous un grand chêne, Luc posa Elizabeth à ses pieds, et immédiatement elle tenta de s'enfuir un courant. Luc la rattrapa sans peine et la ramena sous l'arbre.

Elizabeth était paniqué, que lui voulait ce monstre ? Allait-il la dévorer ? Ou lui faire du mal ?

Luc, s'éloigna un peu d'Elizabeth et s'accroupit sur le sol. Cette fois Elizabeth ne tenta pas de s'enfuir, c'était déjà ça... Luc resta ensuite parfaitement immobile, pour lui laisser le temps de comprendre qu'il ne lui voulait aucun mal, et pour qu'elle s'habitue à sa présence. C'était dur pour lui de deviner à quel point elle allait devoir surmonter sa peur, puisqu'il ne savait pas de quoi il avait l'air. Aussi était-il déterminé à lui donner tout le temps qu'il lui faudrait. Il savait qu'Elizabeth était capable de maîtriser ses peurs, elle avait assez de courage et de volonté pour cela, ce n'était qu'une question de temps. Donc, il attendit.

Eli était interloqué, il ne bougeait plus tout d'un coup. La bête s'était accroupi, puis immobilisé. Maintenant elle se contentait de la fixer.

_ Qu'est ce que vous me voulez ? demanda Elizabeth à la créature le coeur battant beaucoup trop vite.

Le monstre émit un petit gémissement plaintif, comme s'il souffrait et Eli se dit qu'il comprenait peut être ce qu'elle disait.

_ Vous me voulez du mal ? demanda Elizabeth.

La tête du monstre bougea lentement de gauche à droite, trois fois. Elle comprenait ! Cette créature la comprenait vraiment !

_ Pourquoi m'avoir emmené ici ? demanda-t-elle, en sachant bien qu'elle avait peu de chance d'avoir une réponse.

La créature écrivit tout d'un coup quelque chose dans la terre avec son doigt. « Luc », avait-elle écrit.

_ Luc ! s'exclama Elizabeth. Comment ça Luc ?

Luc se demanda une seconde s'il devait faire ça... Devait-il pointer son nom sur le sol et ensuite se pointer soit même afin qu'elle comprenne qu'il était Luc ? Comment réagirait-elle en sachant qu'il était devenu un monstre aussi bien à l'extérieur qu'il ne l'était depuis des millénaires à l'intérieur?

Puis, il décida soudainement de lui faire confiance, et il pointa les trois lettres inscrites dans la terre suivit de sa propre poitrine. Les yeux d'Elizabeth s'allumèrent et sa bouche s'ouvra en grand.

_ Luc ?? demanda-t-elle stupéfaite.

Luc hocha la tête en signe d'approbation.

_ Oh mon dieu ! s'exclama Eli.

Luc, grogna et haussa les épaules.

_ Oui, je sais, dit Eli. Tu veux que je perde la mauvaise habitude de faire appel à lui toute les deux minutes vu que tu ne l'aime pas beaucoup, c'est ça ? s'amusa-t-elle, joueuse.

Soulagé par sa réaction Luc hocha la tête vigoureusement et sourit. Ce qui provoqua chez Elizabeth un mouvement de recul qu'elle contrôla néanmoins assez vite.

_ Eh bien... tu as de belles dents... dit-elle avec humour. Comme ça pas besoin d'avoir des poignards hein ?

Cependant cela ne fit pas beaucoup rire Luc qui s'empressa de refermer la bouche.

_ Pardon... dit Eli, mal à l'aise. Bon, tu sais ce qui nous arrive ?

Luc haussa les épaules.

_ Tu sais comment on fait pour que les choses redeviennent comme avant ? demanda ensuite Eli, sans se laisser démonter par ce premier échec.

Mais encore une fois, Luc haussa ses épaules difformes.

_ Super ! dit-elle. Et c'est qui cette Eloane ?

Luc la désigna de l'index.

_ Moi ? demanda Elizabeth, et Luc hocha la tête de haut en bas. Comment ça moi ? demanda-t-elle intrigué.

Luc écrivit quelque chose dans la terre. Elle se leva et vint se mettre derrière lui pour voir les lettres dans le bon sens. Il avait écrit « Elle mourra dans quelques années. Tu es sa réincarnation. »

_ Quoi ! s'exclama Elizabeth. Alors c'est vraiment moi ?

Luc hocha à nouveau la tête.

_ Et, c'est vraiment toi Luc ? demanda Elizabeth encore un peu choqué.

Luc la fixa droit dans les yeux et acquiesça, Elizabeth vint se placer accroupi juste devant lui, et avec un effort visible elle soutint son regard. Luc était fier d'elle. Il savait bien qu'elle vaincrait sa peur, elle avait même vite fait.

_ Je te crois ! déclara tout d'un coup Elizabeth.

« Pourquoi » inscrivirent les doigts de Luc dans la terre.

_ Parce que tu as le regard d'un lion en aquarium, dit Elizabeth énigmatiquement, laissant un Luc perplexe, qui haussa donc les épaules.

_ Laisse tomber, lui dit Elizabeth. L'important c'est que je t'ai reconnu.

Tout d'un coup un énorme Loup apparut en sortant de la dense végétation. Ce n'était pas un loup normal. Il devait arriver environ à la ceinture de Luc, et était complètement blanc, sauf les yeux, bleus. Il se jeta sur Elizabeth.

Eli tomba durement sur le sol, et elle sentit des griffes lui lacérer la peau, puis une gueule se refermer sur sa jambe et la trainer dans la forêt, elle hurla.

Luc bondit tout d'un coup sur le loup et ils roulèrent dans la terre tout les trois, Luc souleva le loup et le lança plus loin, l'éloignant d'Elizabeth, puis il lui sauta dessus et ils commencèrent à rouler sur le sol, en se mordant et se griffant dans une lutte sauvage et effréné où la raison n'avait plus cours.

Épouvantablement endolorie, Elizabeth se redressa et vit avec horreur que Luc perdait du terrain, le loup était trop fort. L'animal prit tout d'un coup Luc à la gorge et Elizabeth pu voir le sang, rouge vif, quitter le corps de Luc, qui luttait pour se dégager en serrant la gorge de l'animal.

Malheureusement, Luc serrait de moins en moins fort, il allait perdre connaissance et lâcher ! comprit Elizabeth. Aussi se leva-t-elle malgré l'état de sa jambe et elle se jeta sur le loup.

Tout d'un coup, elle sentit son pouvoir bouillonner en elle alors qu'il lui avait fait défaut depuis qu'elle était arrivé à cette époque. Elizabeth avait cru l'avoir perdu, pourtant il était à nouveau là, aussi l'utilisa-t-elle sur le gros loup. Mais celui-ci, incroyablement résistant, continua d'enserrer la gorge de Luc entre ses crocs, aussi Elizabeth se mit entre Luc et l'animal et elle attrapa son cou, les mains toujours lumineuse, et tenta avec son pouvoir de faire décrocher la mâchoire de la bête en poussant de toute ses forces en avant.

Mais rien ne faisait céder l'animal ! À ce rythme là la tête de Luc finirait par se détacher de son cou, aussi paniqua-t-elle complètement et se mit à supplier :

_ Non, non ! Pas ça ! Ne le tuez pas ! Je vous en prie !

Et c'est avec horreur qu'elle entendit le loup lui répondre dans sa tête. Elle sut que c'était le loup, car il s'immobilisa tout d'un coup, la gueule toujours ouverte sur la gorge de Luc et et la fixa de ses yeux bleus limpides, lorsqu'elle entendit résonner dans son crâne :

_ Te sacrifierais tu pour lui ?

_ Oui ! cria-t-elle sans réfléchir. Luc ne pouvait peut être pas mourir normalement, mais ce loup n'était pas normal, et Luc n'était pas non plus comme d'habitude, il semblait affaiblit. Il va vraiment mourir sinon n'est ce pas ? demanda Elizabeth paniqué. Si je ne dis pas oui il mourra !

_ Effectivement, dit le loup dans son crâne, et son âme sera perdu à jamais.

_ Il en est hors de question ! dit Elizabeth, faites de moi ce que vous voulez et laisser le retourner vivre auprès de sa femme ! cria-t-elle pleine de désespoir.

_ Tu es sûre ? demanda le loup, en serrant un peu plus sa mâchoire sur la gorge de Luc.

À ce moment là elle crut que Luc reprenait conscience, son regard se fit plus net, et il la fixa, terrorisé.

_ Oui ! dit-elle, j'en suis certaine !

Et tout d'un coup le loup immense desserra sa mâchoire du cou de Luc, et doucement, il ouvrit la gueule et l'approcha, millimètres par millimètres, de la gorge d'Elizabeth, comme pour lui laisser le choix de fuir.

Mais Elizabeth ne bougea pas, et sous les yeux épouvantés de Luc, paralysé, l'animal planta ses dents dans son cou sans qu'elle l'en empêche. Et dès que les crocs du loup pénétrèrent la chair d'Elizabeth, Luc retrouva une apparence normale. Mais il baignait toujours dans le sang qui s'écoulait de de sa gorge meurtri.

Elizabeth était allongé dans la terre de la forêt, l'énorme loup au dessus d'elle la vidant de son sang. À côté d'elle était étendu Luc, leur visages tourné l'un vers l'autre. Et plus Elizabeth s'affaiblissait, plus Luc semblait reprendre des couleurs et de la force. Plus Elizabeth perdait de sang, s'écoulant autour d'elle, plus celui de Luc faisait machine arrière et retournait dans ses veines.

Dès qu'il fut assez fort pour ça, Luc essaya de se lever, mais il était plaqué au sol par une pression infernale. Incapable de bouger. Alors il hurla :

_ Non ! Arrête Eli ! Bon sang arrête !

Mais Elizabeth commençait à perdre connaissance, et elle ne répondit rien.

_ Pourquoi ?! hurla Luc. Pourquoi tu te sacrifies pour moi !

_ Parce que je t'aime, gros nigaud, éructa Elizabeth.

_ Si tu m'aimes lutte Elizabeth ! dit Luc. Ne te laisse pas mourir !

_ Tu vas rejoindre Eloane dit-elle.

_ Eloane est morte il y a des millénaires ! hurla-t-il. Je n'ai pas su la protéger ! Mais toi je ne veux pas te perdre ! Fais moi confiance ! C'est toi que je veux ! dit Luc. Seulement toi !

_ Seulement moi ? demanda Elizabeth, agonisante.

_ Je te l'ai dis idiote ! Sans toi je passerai le reste de mon existence à hurler la souffrance de t'avoir perdu ! Et ce bien après que ma voix et m'a raison ne se soient brisé ! Je me connais ! J'en suis sûr ! Tu ne peux pas me faire ça Eli ! cria-t-il. Lutte !

Tout d'un coup, Elizabeth attrapa le cou de l'animal qui l'assaillait et les mains illuminées de pouvoir, elle tenta encore une fois de foudroyer le loup. Sa lumière explosa soudainement, projetant le loup en l'air qui atterri en jappant quelques mètres plus loin, très mal en point.

Mais le loup se remit rapidement debout et bondit sur elle. Elizabeth le réceptionna mains en avant et son pouvoir foudroya à nouveau l'animal, qui s'effondra sur le sol en gémissant plaintivement. Puis, sous les yeux ébahit d'Elizabeth, il prit forme humaine.

Luc, toujours plaqué au sol par une force inconnu et spectaculaire, vit avec stupeur le loup se changer en un homme complètement nu et couvert de plaies ouvertes. Cet homme, Luc le reconnu avec stupeur. C'était Lenaïc, son petit frère, mais qui paraissait bien plus âgé.

_ Lenaïc ?? demanda Luc sidéré.

_ Bravo mon frère, dit ce dernier d'une voix trop grave. Vous avez réussi l'épreuve.

Et tout d'un coup, tout se brouilla. Les couleurs se fondirent les unes avec les autres, et quand la vu revint à Luc et Eli, ils étaient de nouveau dans leur cuisine en Belgique, parfaitement intacte, comme s'il ne c'était rien passé.

_ Seigneur ! dit Eli les mains sur sa gorge vierge de toutes blessures. Mais qu'est ce que c'était que ça !

_ J'en sais rien dit Luc ébahit. Et, qu'est ce qu'est devenu mon frère ?



Anya était perdu dans le noir. Quand elle pensait que les parques lui avait dit de rentré seule ! L'homme qui l'avait conduit sur le bon chemin la première fois était « occupé », lui avaient dit les Parques. Occupé !!! Et c'est pour ça qu'elle, déesse de l'anarchie, était en train de tourner en rond, de plus en plus paniqué dans l'obscurité totale depuis une bonne heure déjà !

Elle n'en pouvait plus ! Elle voulait voir la lumière du soleil ! Enfin, dans l'état où elle était même un affreux néon serait la bienvenu !

Elle se trouvait donc perdu et affolé dans un long couloir peu large qui n'en finissait pas, quand elle entendit des gémissements. Elle les suivit donc à l'oreille, prenant les couloirs qui semblaient se rendre dans la bonne direction. Et elle sut qu'elle se rapprochait car les gémissements devenaient de plus en plus fort.

Son coeur fit un bon dans sa poitrine lorsqu'elle distingua des rayons de lumière filtrant par les embrasures d'une porte. Folle de joie, elle se rua dessus pour l'ouvrir, croyant avoir trouvé la sortie, mais elle entra alors dans une chambre, très austère, meublé du strict minimum dans laquelle un homme blessé gémissait de souffrance sur le lit, tachant les draps de sang.

Eh bien ce n'est pas très réjouissant, pensa Anya, mais au moins il y a de la lumière !

_ Vous allez bien ? demanda Anya, en se sentant un peu stupide.

L'homme était tantôt normal, tantôt il se couvrait de poils blancs, et des griffes ou un museau lui poussaient.

_ Ça va ! assura l'homme d'une profonde voix grave qu'Anya reconnu tout de suite.

_ Vous êtes celui qui m'a guidé à l'aller ! dit Anya.

_ Oui, dit l'homme, un grand blond mince et athlétique d'une trentaine d'années, aux yeux bleus, avec petit air de Wolverine.

_ Qu'est ce que vous avez ? demanda Anya, compatissante, alors que l'homme se tordait de douleur sur son lit.

_ J'ai prit une bonne raclé, mais je l'avais mérité, dit l'homme avec un petit sourire énigmatique un peu fou.

_ Comment vous appelez vous ? demanda Anya en s'asseyant sur le lit.

_ Lenaïc, dit l'homme.

_ Et vous n'êtes pas humain n'est ce pas Lenaïc ? s'interrogea la déesse.

_ Non, répondit l'homme de son attractive voix grave. Je suis un monstre.



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Dernière édition par Lucifuru le Mer 11 Mai 2011 - 13:28, édité 2 fois
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MessageRe: Les Guerriers Maudits Tome 1 - L'histoire de La Passion [R]   Publié le : Mer 11 Mai 2011 - 13:26


18

AH ! L'AMOUR !



_ Je comprends rien à ce qui s'est passé, avoua Elizabeth, d'une voix rendu tendu par la nervosité.

_ Moi non plus, dit Luc. Mais tu as vu comme moi non ? Ma famille, le loup... Je n'ai pas rêvé ?

_ Si tu as rêvé alors on a fait le même cauchemar, conclu Elizabeth.

_ J'ai cru que j'allais te perdre, dis tout d'un coup Luc, chamboulé. Quand ce loup avait ses crocs autour de ta gorge, j'étais terrorisé. Je n'avais jamais connu une terreur aussi puissante de toute ma vie. J'ai d'ailleurs cru mourir cent fois, non, milles fois au moins !

_ J'ai eu affreusement peur moi aussi, avoua-t-elle.

Profondément ému, et n'y tenant plus, Luc se leva et la prit dans ses bras, il lui caressa le dos et les cheveux tout en lui murmurant des paroles réconfortantes :

_ C'est fini, on est en sécurité maintenant, je ne laisserai personne nous séparer...

_ Je crois que je t'aime... lui dit alors Elizabeth, tout à trac.

_ Comment ça tu crois ? s'exclama Luc, faussement outré. Bien sûr que tu m'aimes !

_ Parce que tu en es convaincu ? demanda-t-elle joueuse.

_ Évidement ! assura Luc, confiant.

_ Tu es diablement arrogant ! ricana Eli.

_ Non, j'ai seulement les yeux en face des trous ! dit-il souriant, en la maintenant toujours contre lui. Mais je suis content que tu me le dises enfin !

_ Et toi ? fit-elle, avec une moue enfantine.

_ Moi je te l'ai déjà dit, lui rappela-t-il. Mais je veux bien te le répéter autant que tu veux, tous les jours, si tu le veux.

_ Alors qu'est ce que tu attends ? s'amusa Elizabeth, avec un sourire immense sur les lèvres.

Luc éclata de rire et annonça, en la regardant droit dans les yeux :

_ Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime Elizabeth. Je t'aime.

Puis il couvrit son visage de baisers, lui dévora les lèvres, et l'emmena dans sa chambre, où ils firent l'amour avec douceur et passion.


Anya remercia encore une fois l'homme loup qui l'avait reconduit à l'entré du domaine des Parques.

_ C'est rien, répéta-t-il de sa voix trop rauque, pour la troisième fois au moins.

_ Si ! C'est beaucoup, insista Anya, avant de continuer à lui expliquer : Les Parques m'avaient abandonnées, et sans vous j'aurai pu tourner des jours et des jours dans le noir. De plus, vous êtes toujours blessé, et je vois bien quel effort le trajet vous à coûté...

En effet, l'homme était penché sur le côté, le dos vouté, et appuyé contre un mur, il se tenait les côtes d'une main en suant à grosse gouttes. D'une pâleur extrême, on aurait dit qu'il allait s'évanouir.

Lenaïc grogna en entendant les remerciements de la déesse, et Anya se dit qu'elle n'aurait sans doute pas dut parler si ouvertement de la faiblesse de l'homme loup. Les mâles de son genre avaient tendance à vouloir par dessus tout sauver les apparences, par fierté pour leur virilité exacerbé.

Normalement Anya se moquait de froisser ce genre de susceptibilités, mais elle devait vraiment une fière chandelle à Lenaïc, aussi sentit-elle une pointe de culpabilité l'assaillir quand il promit d'une voix blessé :

_ Je vous assure que je vais bien.

Ben voyons ! pensa-t-elle. Aussi bien que Prométhée, condamné à se faire dévorer chaque jours le foie par un aigle !

Mais cette fois si, elle su garder ses idées pour elle, et acquiesça bravement :

_ De toute évidence, vous êtes un homme fort.

Puis elle le laissa, se téléportant enfin chez elle, pour retourner auprès de Lucien, qui, elle l'espérait, serait toujours évanoui dans son lit.
Elle ne vit pas l'air très peu convaincu que lui lança Lenaïc, quand il entendit son dernier commentaire, et ne l'entendit pas non plus s'exclamer : Dîtes à Lucifer d'être heureux !

Sachant qu'il avait parlé dans le vide, Lenaïc soupira de déception, et entreprit avec résignation de rejoindre sa chambre en boitant, et en longeant les murs... Il lui faudrait certainement faire de multiples poses pour arriver à destination, pensa-t-il.


Anya, assise sur son lit, regardait avec tendresse le corps évanoui de Lucien. Il commençait à s'agiter et elle pensait qu'il serait bientôt réveillé.

_ Anya ? grogna-t-il en peinant à ouvrir les yeux.

_ Je suis là, lui chuchota-t-elle en lui caressant la poitrine.

Lucien grogna encore et se redressa.

_ J'ai mal au crâne, dit-il en regardant autour de lui, hagard. Qu'est ce que je fais là ?

_ Je ne voulais pas que tu parles à Luc du serment, expliqua Anya.

Les yeux de Lucien s'écarquillèrent et se fixèrent ensuite sur elle, luisant de colère.

_ Tu m'a fracasser le crâne, réalisa-t-il soudainement d'un ton haineux.

_ Désolé, lâcha-t-elle.

_ Désolé ? répéta-t-il, estomaqué et furieux.

_ Attends, avant de monter sur tes grands chevaux, écoutes moi, dis Anya.

Lucien grogna, et attendit, cependant, il n'était pas moins furieux.

_ Je suis allé demander l'autorisation aux Parques, dit-elle.

Lucien, écarquilla les yeux encore une fois.

_ Comment ? demanda-t-il, abasourdit.

_ Les Parques m'ont donné leur autorisation, continua Anya. Tu peux tout expliquer à Luc sans crainte de représailles, maintenant.

_ Ça alors ! s'exclama Lucien, toute colère envolé. Tu es géniale !

Puis il céda à une impulsion et l'embrassa.

_ Eh bien, souffla Anya après leur baiser enfiévré, je devrais t'assommer plus souvent.

Lucien, lui prit le menton entre ses doigts, il la fixa ensuite droit dans les yeux et marmonna d'une voix rauque et menaçante :

_ Ne t'avise plus jamais de faire ça.

Puis il reprit avidement possession de ses lèvres.


_ Je suis con ! s'exclama tout d'un coup Luc.

_ Hein ? fit Elizabeth, surprise.

Ils étaient en train de manger un plat de lasagne surgelé qu'Elizabeth avait chauffé au miro-onde quand tout d'un coup Luc s'était exclamé.

_ Mais pour ma défense, continua Luc, je n'ai pas beaucoup eu le temps de réfléchir ces derniers temps...

_ Qu'est ce que tu veux dire ? demanda Elizabeth, perdue.

_ Elizabeth, quand tout ça sera terminé, si on s'en sort... Est ce que... commença Luc.

_ Est ce que quoi ? s'agaça Elizabeth.

Luc la couva tendrement du regard et dit d'une voix cassé :

_ Est ce que, tu voudras bien, devenir ma femme ?

Elizabeth pâlit. Et elle se leva pour faire les cent pas dans la pièce. Elle avait l'impression que ses jambes allaient s'effondrer, mais elle se sentait également survoltée.

C'était une réaction idiote, Luc et elle s'étaient dit je t'aime, et avait fait l'amour ensemble plusieurs fois... Elle aurait du savoir où ça allait la mener. Mais tout s'était déroulé trop vite, et il s'était passé trop de choses, aussi n'avait-elle pas pensé deux secondes à leur futur.

_ Elizabeth ? demanda Luc, anxieux.

Elizabeth l'ignora car elle l'avait à peine entendu. Elle savait que Luc était un homme bien, mais elle avait au fond d'elle, jamais imaginé qu'il lui ferait une telle déclaration. Parce que c'était trop beau. Elizabeth, ne se laisser jamais espérer le meilleur, sinon, on était trop déçu.

_ Tu es sérieux ? demanda-t-elle.

_ Évidement que je suis sérieux ! s'exclama Luc.

_ À quel point ? demanda Elizabeth, d'une voix faible à peine audible.

_ Elizabeth, écoutes, reprit Luc avec solennité, je sais que maintenant, au vingt-et-unième siècle, un mariage n'est plus immuable. Je sais que les gens divorce. Mais je suis d'un autre temps. Pour moi un mariage lie deux personnes jusqu'à la mort. Hors, nous sommes immortels. Donc, je suis on ne peut plus sérieux. Je doute qu'il est possible de faire une proposition plus sérieuse, d'ailleurs, conclut-il.

_ Et des enfants ? demanda Eli. Tu en veux ?

_ Des tonnes ! s'exclama Luc, ses yeux s'illuminant de bonheur. Enfin... seulement si tu le veux aussi... reprit-il plus calmement.

_ Euh... répondit Elizabeth, des tonnes je ne sais pas... Mais deux trois, oui, assurément.

_ Ça veut dire que c'est oui ? demanda Luc avec espoir.

_ Pardon ? fit Elizabeth, perdue.

_ M'épouser, lui rappela Luc, mi agacé, mi amusé, et toujours un peu anxieux. Ça veut dire que tu veux bien m'épouser ?

_ Oui, souffla enfin Elizabeth. Mais... rajouta-t-elle.

_ Mais ? l'aida Luc, la sollicitant à continuer.

Elizabeth trembla, et Luc se leva à son tour, pour aller tendrement l'enlacer par derrière.

_ Mais ? répéta-t-il tout doucement, contre son oreille.

_ Mais, j'ai tellement peur que tout cela soit faux... Que la magie de tout ceci se dissipe dans un nuage de fumé, balbutia Elizabeth.

Luc, profondément touché, la serra plus fort contre lui, la souleva, et la posa sur ses genoux après être retourné s'assoir.

_ Tout va bien, dit-il en la serrant toujours plus. Je ne te laisserai jamais. C'est vrai. Je suis vrai. Je ne vais pas m'en aller, ou disparaître comme une illusion. Je resterai à jamais. Tu peux compter sur moi.

_ Tu es sûre ? demanda-t-elle dans un sanglot, des larmes roulant sur ses joues.

_ Je te le promet Eli, lui souffla Luc, avant de lui embrasser l'oreille et le cou. Tu ne crains rien à me faire confiance. Tu peux y aller sans peur. Je t'aime. Et je veux faire ma vie avec toi. Fonder une famille avec toi. Et t'avoir chaque jour à mes côtés.

_ Comment peut tu être certain que tu ne te lasseras jamais de moi ? demanda Eli, réellement intriguée.

_ J'en suis persuadé, dit Luc.

_ Tu ne peux pas le savoir, souffla Elizabeth, déçu.

Luc allait lui expliquer pourquoi il savait pertinement qu'il l'aimerait toujours, quand tout d'un coup :


_ Non, il dit vrai ! s'exclama Lucien, en apparaissait subitement.

_ Lucien ! s'écria Luc légèrement énervé. Non mais, tu nous espionne tout le temps ou quoi ? Tu pourrais arrêter de surgir comme ça ?

Anya apparut elle aussi, et s'appuya nonchalamment contre la Mort.

_ Je vous espionne pas, corrigea Lucien, je veille sur vous.

_ Qu'est ce que tu veux ? râla Luc, en abandonnant la dispute.

_ Je veux finir ce que j'allais te dire, avant qu'Anya ne m'assomme, fit la Mort, d'une voix agacé en jetant un regard noir à Anya, qui lui adressa en retour un magnifique sourire aimant et totalement sincère.

_ Finis, dit simplement Luc, en désignant une chaise à Lucien. Et après, rend nous l'égide, ajouta-t-il.

_ Ah, je l'ai toujours dans mon pantalon, hein ? fit Lucien en s'installant sur une chaise.

_ Ouais, acquiesça Luc.

_ Oh ben si j'avais su ! s'exclama Anya.

_ Si tu avais su, quoi ? demandèrent Luc et Lucien en même temps, aussi méfiant l'un que l'autre.

_ Rien ! s'énerva Anya. Je ne l'aurai pas prit ni rien ! Cela m'aurait juste éviter quelques inquiétudes.

_ Bon, fit Luc en acquiesçant, satisfait de la réponse d'Anya. Qu'as tu à dire Lucien ?

_ Bon sang Luc ! s'énerva Lucien. Parles moi sur un autre ton !

Luc grogna, et serra la mâchoire, mais Elizabeth lui serra l'avant bras, et Luc lâcha :

_ Désolé, mais parles, s'il te plait...

Lucien soupira, se passa la main dans les cheveux, se leva, fit les cent pas autour de la table dans la petite cuisine, prit son inspiration, et lâcha :

_ Espèce d'imbécile !

Les yeux de Luc s'écarquillèrent, mais Lucien ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit, et continua :

_ Figure toi, que après avoir fait l'amour à Elizabeth pour la première fois, tu as lié ton âme à la sienne ! Hors, elle n'en a pas fait autant ! Et tu allais affronter Dieu avec ton âme sur la sellette ! Idiot !

_ Je ne vais pas, affronter, Dieu, dit Luc, en insistant sur le mot « affronter ». Je vais juste lui donner l'égide pour qu'il me laisse tranquille.

_ Mouais... fit Lucien, absolument pas convaincu.

_ Attendez, il a lié son âme à la mienne ? répéta Elizabeth. Qu'est ce que ça veut dire ?

_ Techniquement, dit Luc avec un grand sourire joyeux, ça veut dire que je suis déjà ton mari.

_ Tu le savais ! s'exclama Lucien soudainement. Tu n'avais pas oublié ce que tu avais fais !

_ Pas complètement, avoua Luc. En fait, ça m'était juste sortit de la tête. Et je viens justement de me rappeler.

_ C'était ça quand tu t'es soudainement traité de con ? demanda Elizabeth.

_ Oui, concéda Luc, je venais juste de me rappeler. Je n'ai jamais complètement oublié, dit-il. C'est juste que tant qu'Eli ne m'avait pas dit qu'elle m'aimait, je ne pouvais pas lui avouer ce que j'avais fais. Et encore moins lui demander de faire de même. Et je voulais aussi la demander en mariage avant, ce que je ne pouvais pas faire tant qu'elle n'était pas sûr de notre amour... expliqua Luc.

_ Tu es peut être moins bête que je ne le pensais, dit Lucien avec un sourire de travers.

_ Et puis il s'est passé tellement de choses, dit Luc. Que ça m'était un peu sortit de l'esprit, avoua-t-il, gêné.

Anya sourit et jeta un regard à Lucien, qui signifiait « Il est bête quand même hein ? ». Lucien sourit à son tour et dit à Luc :

_ Anya et moi nous sommes fait un sang d'encre pour rien on dirais. Mais Luc, je compte sur toi pour tout dire à Elizabeth, hein ? Il faut qu'elle prononce le serment, c'est important.

_ T'en fais pas, elle m'a dit qu'elle m'aimait, fit Luc. Alors, elle prononcera le serment.

_ J'ai compris que je l'aimais quand je me suis rendu compte que je préfèrerai mourir plutôt que de le perdre, dit Elizabeth avec amusement. Je suis parfois un peu longue à la détente, avoua-t-elle. Mais en réalité je dois l'aimer depuis qu'il m'a laissé lui éclater la mâchoire à coup de poing sans m'en vouloir.

Lucien sourit, puis demanda soudainement :

_ Quand avez vous réalisé que vous préfèreriez mourir plutôt que de le perdre ?

_ Quand j'ai bien failli le faire, dit Elizabeth.

_ Il nous ai arrivé un truc bizarre, dit Luc.

_ Une épreuve, affirma Anya, en acquiesçant.

_ Une épreuve ? fit Luc, en réfléchissant. C'est ce que m'a dit Lenaïc !

_ Oui, confirma Elizabeth, l'homme loup a dit : « Félicitation mon frère, vous avez réussi l'épreuve ».

_ Vous connaissez Lenaïc ? s'exclama Anya, sidéré.

_ Bien sûr ! s'écria Luc en se levant tout d'un coup. C'est mon frère !

_ Ton frère ? s'écria Anya, toujours sidéré.

_ Mon petit frère ! expliqua Luc. Tu le connais ? Tu peux me dire où il est ? Comment il va ? Et qu'est ce qui lui est arrivé ? questionna-t-il fébrilement.

Ensuite, Anya leur expliqua tout, comment elle s'était inquiété pour Lucien, comment elle était allé voir les Parques. Sa rencontre avec Lenaïc, et sa décision. Luc quand à lui, raconta rapidement l'épreuve qu'ils avaient vécu Eli et lui.

_ Finalement, cette épreuve n'était pas une mauvaise chose, conclut Luc. Eli s'est rendu compte qu'elle m'aimait, et j'ai retrouvé mon frère. Enfin... presque.

_ Ouf ! fit Anya. J'ai eu peur qu'Eli et toi m'en vouliez pour cette épreuve.

_ Non, la rassura Luc.

_ C'est fini maintenant de toute façon, ajouta Elizabeth. Et puis, on avait peut être besoin de ça...

_ Bon, dit Lucien, on va vous laisser. N'oubliez pas de finaliser ce serment !

_ Mais qu'est ce que c'est que ce serment à la fin ? J'ai toujours pas compris ! s'agaça Elizabeth en déclenchant des éclats de rires.

Puis, Lucien lui expliqua tout.

_ Alors, conclut-elle, après les explications de la Mort. Luc est lié à moi éternellement ?

_ Et mon amour pour toi ne faiblira jamais, ajouta Luc en acquiesçant. Même si je mourrais, je viendrais à renaître avec mes souvenirs et mon amour pour toi.

_ Et il n'aimera plus jamais personne d'autre, expliqua Anya.

Elizabeth se sentit violemment rougir de plaisir et de gêne. Et elle demanda tout doucement :

_ Que dois-je dire exactement pour passer ce serment moi aussi ?

_ Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? demanda Luc.

_ Certaine ! dit-elle en saisissant les deux mains de Luc. Je t'aime, et je veux t'aimer pour l'éternité.

_ Alors répète après moi, dit Luc :

Deux flammes pour une braise / Brûlent d'un même désir / Où tu iras, qu'il plaise aux dieux que j'aille aussi / Fasse que le temps n'apaise ni flammes ni souvenirs.

Elizabeth répéta exactement ces mêmes paroles, et tout d'un coup, le sol trembla, un cri d'horreur se fit entendre, les murs de la cuisine de l'appartement d'Elizabeth disparurent, et ils se retrouvèrent dans un magnifique jardin. Le plus beau qu'Eli n'avait jamais vu. Pourtant, tout d'un coup, elle se sentit en danger.

_ Où est-on ? demanda Elizabeth, inquiète.

_ Au paradis, répondit Lucien, tout aussi anxieux.



À suivre




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