Partagez | 

 Profil de Vinou

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivantAller en bas
AuteurMessage

avatar

Vinou
Factrice suprême et fourbe

Messages : 7309
Inscrit le : 22/03/2010
Localisation : Un esprit sain dans un porcin.

Disponibilité : MP-tisez-moi au besoin, la magie de la boîte mail me téléportera à vous même en cas d'absence sur le forum

MessageProfil de Vinou   Publié le : Mer 23 Mar 2011 - 14:16

Bien le bonjour, et bienvenue sur mon profil de Critique
Ici seront recensées les critiques de mon cru sur les (fan)fictions du forum.

Vous trouverez un lien vers chacune de ces critiques dans ce premier post, juste en-dessous :


Edward Smith
Café Noir (fiction originale, rating G).
Edofanart - Quelle vie me sauvera (fanfiction Harry Potter, yaoi, rating 18+).

Un petit ajout à ce profil suite à une méditation sur quelle fic je pourrais critiquer suite à deux critiques postées :
Spoiler:
 

_________________________________________________
Frère de Kiki, beauf' d'Edo-choue, Chinois du sud-est contrefait, Mongol fier, empereur autoproclamé des Nains, floodeur invétéré, alcool frelaté
Troisième bras de la dictatrice è_é
Accessoirement vieux et fourbe.
(AKA Damdin')

Interviewer: ''So Frank, you have long hair. Does that make you a woman?''
Frank Zappa: ''You have a wooden leg. Does that make you a table?''


Dernière édition par Vinou le Jeu 12 Avr 2012 - 15:28, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Vinou
Factrice suprême et fourbe

Messages : 7309
Inscrit le : 22/03/2010
Localisation : Un esprit sain dans un porcin.

Disponibilité : MP-tisez-moi au besoin, la magie de la boîte mail me téléportera à vous même en cas d'absence sur le forum

MessageRe: Profil de Vinou   Publié le : Mer 23 Mar 2011 - 14:25

Sans attendre voici ma critique du premier chapitre de Café Noir, une fiction originale (rating G) signée Edward Smith. Je vous renvoie sur ce lien pour (re)découvrir ce texte, comme toujours essayez de laisser un petit mot à l'auteur concernant son travail, que vous ayez aimé ou pas, que vous soyez d'accord avec ma critique ou pas, c'est important pour aider et encourager les auteurs (et puis c'est plus convivial ).

Je poste ici le résumé de l'intrigue écrit par l'auteur lui-même afin de vous re-situer correctement :


Edward Smith a écrit:
Voici donc une fiction originale que j'écris actuellement. Un roman? Une nouvelle? Je ne le sais pas moi-même. Il s'agit en grande partie d'un exercice de style plus littéraire et imagé, où rien ou presque n'est à prendre au premier degré. L'inspiration m'est venu en lisant quelques ouvrages majeurs du XXe siècle, Moderato Cantabile de Marguerite Duras et La Chute d'Albert Camus entre autre, mais également au travers d'expériences personnelles, même si je pense que ce point est évident.

Café Noir raconte donc trois histoires, celle d'un homme étrange se plongeant dans un rituel quotidien, d'une femme cherchant à percer la source du secret qui entoure l'individu, et leur rencontre même dans un bar, le Duras. Au delà du récit, je cherche également à poser un certain regard sur des thématiques diverses sur lesquelles j'ai souhaité m'exprimer, mais également à constituer un style et une atmosphère particulière au texte, parfois grinçante, souvent terne.

En espérant que ledit texte vous plaira. Toutes vos impressions sont bienvenues.

La critique du Cochinchinois fourbe :

Au premier abord, un texte assez intéressant sur plusieurs points. De toute évidence bien travaillé par l'auteur, on sent la volonté de faire un truc bien et construit, avec une idée exploitée de façon très correcte bien qu'un peu maladroite par moments mais qui reste toujours dans son axe. La trame est là, on ne s'éparpille pas et donc on ne se perd pas.

De bonnes qualités d'écriture, une narration intelligente et bien construite. La seule vraie petite lourdeur réside dans quelques envolées lyriques parfois un peu trop alambiquées qui noient l'essentiel et font perdre un peu le sens recherché.
Si les deux premiers paragraphes rendent une bonne maîtrise de ce côté un peu lyrique par la suite il s'avère par endroits bancal.
Un passage intéressant mais que je trouve un peu étouffé par ça dans la description : la jeune femme à qui personne ne prête attention à cause de la présence de Café Noir.
Il semble que cette femme aura un rôle assez appuyée dans l'histoire (à la lecture du résumé), mais elle n'est pas assez marquante dans ce chapitre par rapport à cette éventualité (si j'ai fait attention à ce personnage c'est bien parce que le résumé me donnait l'impression qu'elle était importante, le texte en lui-même sans résumé ne m'aurait pas interpelé en ce sens -d'ailleurs ma première lecture s'est faite sans avoir lu le résumé au préalable et c'est avec une seconde lecture que j'ai pris conscience de l'intérêt à porter à la femme). Elle fait ''partie des meubles'' si on peut dire, elle n'est pas assez mise en avant et aurait plutôt ici un rôle de décor que véritablement un statu de personnage qui se détache du lot.

De la recherche de style, une plume plutôt mature et travaillée qui sert bien l'histoire. Quelques fautes d'orthographe et très légères répétitions qui peuvent gêner mais suffisamment rares pour qu'on n'y prenne pas garde ou que du moins ça n'entache pas la lecture.

L'introduction du café (le lieu comme la boisson) est bien servie, intelligente et travaillée. Le texte est très structuré et on sent un auteur consciencieux de bien faire et d'offrir un texte agréable au lectorat.
Une façon intéressante de dépeindre une certaine forme de misère humaine à travers le café pris comme un rituel immuable par un individu plutôt secret. Si secret et maniaque qu'il en devient étrange.
Je trouve cependant que le texte manque de lourdeur de ce côté. Accentuer l'aspect ''paria dérangeant'' du personnage aurait donné plus de poids, le texte me semble encore trop léger pour qu'on se laisse happer par l'étrangeté du personnage, je n'ai pas retrouvé à la lecture une ambiance vraiment ''café/bar glauque et enfumé'' que j'aurais attendu avec le reste, le ton est encore trop léger et retenu à mon sens pour immerger véritablement dans ce type d'univers.

Si le côté grinçant de l'atmosphère recherchée est quand même assez bien mis en place globalement, je trouve qu'il n'en est pas de même pour les thématiques évoquées dans le résumé qui ne m'ont pas sauté aux yeux.
Je n'ai pas compris ce qu'elles devaient être, peut-être sont-elles trop subtilement camouflées dans le récit ou peut-être cela vient-il avec la suite de l'histoire. N'ayant pas réussi à dégager ça je ne peux pas me prononcer d'avantage à ce sujet.
Si ce récit est court (d'après ce que j'ai compris), il aurait peut-être été plus intéressant de demander une critique de l'histoire entière car le premier chapitre ne permet pas de se faire réellement une idée de ce qui veut être mis en avant (le personnage de Café Noir, sa relation avec les autres, son histoire, autre chose de particulier...).

Une fin de chapitre un peu abrupte. S'agit-il d'un OS, d'un prologue... Il m'a fallu regarder le statu de ce texte pour voir qu'il s'agit d'une fic en cours, je n'étais pas sûr.
On se retrouve aussi en « attente du lendemain », tel que le texte est tourné sur la fin, mais le scénario pourrait ne pas appeler à une suite (il n'y a pas réellement de suspens à proprement parler, ni véritablement d'ouverture, peut-être justement pour en revenir à un point précédent parce que tout va se jouer sur une rencontre entre Café Noir et la femme mais que celle-ci n'intrigue pas vraiment et donc ne pousse pas à penser à une suite la mettant en scène) et laisser planer ses mystères sur les lecteurs sans jamais fournir d'explication (ce qui pourrait renforcer le côté mystique du personnage) ou s'ouvrir sur un nouveau chapitre.
J'aurais en tout cas su apprécier mieux un tel texte sous forme d'OS, un peu plus long peut-être pour développer d'avantage. Il aurait eu des qualités en tant que tel.
Le(s) chapitre(s) suivant(s) n'étant pas encore disponible(s) je ne peux pas vraiment me prononcer et dire que ce serait effectivement mieux en fic à chapitres, peut-être que l'histoire se révèlera très intéressante par la suite et je pense que ce sera le cas si c'est bien fait.

→ Je trouve en fin de compte que ce chapitre offre un début d'histoire intéressant, une atmosphère plutôt pas mal rendue même si j'en aurais aimé d'avantage dans l'aspect ''grinçant'' pour mieux asseoir le décor, le tout servi par une écriture ma foi assez mature bien qu'un peu trop lourde par moment.
Une fiction originale qui mérite le coup d'œil, surtout si on aime les ambiances confinées et un peu mornes, beaucoup de qualités malgré des points à travailler pour affiner le style et dégager plus clairement certains aspects : un trop grand lyrisme constant sur tout le texte lui fait perdre de son intérêt, la subtilité qui se dégagerait de touches poétiques bien posées serait plus appréciable et rendrait le texte moins monotone (pas dans l'ambiance mais dans la plume) tout en faisant ressortir les qualités de style. L'écriture est riche, elle gagne ici à être mise en valeur en évitant la monotonie de style.


Un grand merci à Edward Smith de s'être prêté au jeu de cette première critique phénixienne (et de ma première critique ), en espérant qu'elle trouvera son utilité au moins un peu.
Merci à tous ceux qui auront lu cette critique, en espérant vous avoir donné envie de découvrir par vous-mêmes cette œuvre afin de vous faire votre propre opinion.

_________________________________________________
Frère de Kiki, beauf' d'Edo-choue, Chinois du sud-est contrefait, Mongol fier, empereur autoproclamé des Nains, floodeur invétéré, alcool frelaté
Troisième bras de la dictatrice è_é
Accessoirement vieux et fourbe.
(AKA Damdin')

Interviewer: ''So Frank, you have long hair. Does that make you a woman?''
Frank Zappa: ''You have a wooden leg. Does that make you a table?''
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Vinou
Factrice suprême et fourbe

Messages : 7309
Inscrit le : 22/03/2010
Localisation : Un esprit sain dans un porcin.

Disponibilité : MP-tisez-moi au besoin, la magie de la boîte mail me téléportera à vous même en cas d'absence sur le forum

MessageRe: Profil de Vinou   Publié le : Dim 15 Jan 2012 - 4:29

Bien le bonjour !
Voici une critique de la fanfiction Quelle vie me sauvera , à la demande de son auteur Edofanart.
Fandom : Harry Potter
Rating : +18
Yaoi
Je vous engage bien entendu à vous faire votre propre opinion de cette histoire en la lisant, et si vous pouviez laisser vos impressions à l'auteur par rapport à son travail ce serait très apprécié. A noter que cette fiction est en projet de ré-écriture, vos remarques sont d'autant plus précieuses à l'auteur pour l'aider dans sa démarche, donc n'hésitez pas

Voici le résumé écrit par l'auteur pour vous remettre l'histoire en tête si vous l'avez déjà lue :


Edofanart a écrit:

Poudlard, fin de 5ème année. Draco est un Veela qui tente de protéger son compagnon mais le destin s'acharne contre eux. POV Draco.

Petit avertissement : compte-tenu qu'il s'agit d'une histoire terminée, cette critique contient de très nombreux spoilers. Si vous voulez éviter de vous gâcher les surprises, prenez le temps de découvrir l'histoire avant d'en lire la critique


Un mot pour Edo-choue:
 

La critique du Cochinchinois fourbe
Constituant pour l'auteur une première dans l'univers de la fanfiction, cette histoire se montre assez prenante et riche lorsqu'on en découvre les premiers chapitres.
L'idée servant de base au scénario est rapidement dévoilée et exploitée durant tout le récit.
Le style et l'écriture en POV sont globalement bons et maîtrisés, tendant en plus à s'améliorer au fil des chapitres, témoignant de l'affinement de la plume de l'auteur.
L'écriture en elle-même est fluide et agréable, les quelques fautes d'orthographe présentes ne gâchent pas la lecture.

On notera également une bonne maîtrise du suspens et une découpe intelligente des chapitres, amenant le lecteur à vouloir en lire d'avantage malgré les défauts qui peuvent ternir l'histoire par moments.

Suite à cette impression première, je développerais les points qui mériteraient d'être notés, que ce soit pour en montrer la qualité ou en cerner les défauts.


Draco, le POV, le réalisme...

La fiction étant construite intégralement sous le point de vue de Draco Malfoy, il convient d'abord de parler de ce personnage.

L'idée de départ présentant Draco comme étant un Veela est intéressante, dans la mesure où elle permet un développement du personnage. Dans l'oeuvre originale, il n'est que très peu développé et prend une dimension simpliste d'ennemi borné du héros. En faire un Veela, et utiliser un POV en guise de narration permet de définir un personnage plus entier et humain, avec ses pensées, ses sentiments et ce qui fait de lui ce qu'il est. Certes, cela suppose un personnage presque totalement improbable par rapport à l'original, mais la cohérence est conservée par les rapports qu'il entretient avec les autres personnages issus du roman d'origine et l'expression intériorisée de sentiments qui permettent de cerner les ambiguïtés d'un comportement qu'on lui connait plus naturel.

Le reproche majeur que l'on peut faire au personnage dans cette fiction, c'est son côté dramatique parfois trop exacerbé.
Si, au début de l'histoire, ce trait n'est pas trop présent, il a tendance à aller crescendo pour prendre des dimensions trop étouffantes. Le personnage finit par se plaindre à n'en plus finir, noyant tous les autres aspects de sa personnalité sous des lamentations parfois lourdes et malheureusement redondantes d'un chapitre à un autre. Ainsi il se plaint de son père, de Dumbledore, des médecins, et de lui-même de façon répétée, revenant à plusieure reprises sur les mêmes critiques et auto-flagellation, ce qui peut à la longue lasser à la lecture.
En réalité, ce ''travers'' pourrait ne pas en être un s'il ne souffrait pas de redondance. On pourrait par exemple concevoir une critique de la médecine comme l'aurait fait un certain Molière avec son Malade Imaginaire, mais dans le cas présent le traitement manque beaucoup trop de subtilité.

Le POV a de nombreux avantages, notamment dans ce qui est de l'expression des sentiments du personnage narrateur. Il nous permet de découvrir un Draco radicalement différent de ce qu'on pourrait attendre, tout en conservant un naturel qui rend le personnage très souvent touchant de sincérité.
Néanmoins le POV est un procédé qui entraîne certaines difficultés. Le problème majeur de ce choix reste la façon dont on traite les personnages environnant.


Des personnages secondaires trop effacés ou mal exploités :

En effet, le POV nous offre à voir un Draco humain et complet, mais aux dépens des autres personnages, et même de l'univers global.

→ Le plus notable, et le plus préjudiciable dans une histoire mettant en scène un couple Draco/Harry, étant le traitement de Harry.
Dans la première moitié du récit, Harry a un rôle de victime muette, presque de martyr. Il ne semble là que pour encaisser des coups et entretenir le côté plaintif de Draco. Certes, une partie de l'histoire est obligée de conjuguer avec ce côté muet (lorsque Harry est dans le coma, il est évident qu'il ne va pas s'exprimer), mais il aurait été appréciable de faire interagir les deux personnages centraux que sont Harry et Draco avant même l'accident qui a conduit à les réunir. Ce manque d’interaction est également un handicap pour la suite de l'histoire, où la relation qui s'instaure peut sembler par moment artificielle, souffrant d'un manque de crédibilité vis-à-vis du passé des personnages et de la rapidité de sa mise en place.
Durant la seconde moitié de la fiction, le personnage est beaucoup mieux exploité et on a plaisir à découvrir le couple en tant que tel, même si malheureusement il subsiste un manque de développement : Harry parle très peu, la majeure partie des évènements sont vus par les yeux (et les mots) de Draco même lorsque les deux personnages sont en présence l'un de l'autre. On aurait apprécié d'avantage de dialogues, qui auraient contribué à rendre le couple plus touchant et naturel.

→ Les amis de Harry dans l'oeuvre originale (Ron et Hermione) sont trop laissés au second plan.

Dans le cas de Ron Weasley, la quasi-absence permanente du récit devient presque illogique par rapport à l'investissement de sa famille : ce sont les Weasley qui tentent toujours de sortir Harry de son pétrin familial dans l'oeuvre d'origine, et comme rien n'a été changé vis-à-vis de ce point dans la fanfiction on est en droit de penser que Ron en sa qualité de meilleur ami fidèle serait un peu plus présent d'une façon ou d'une autre. Son rôle est beaucoup trop réduit alors qu'on aurait pu attendre de sa part une plus grande présence, étant donné son statu. Il intervient sur la fin du récit, malheureusement de façon encore trop effacée.
Cette fanfiction joue beaucoup sur l'adage ''ne pas se fier aux apparences'', et si c'est très intéressant et intelligemment fait la plupart du temps, il persiste quelques éléments qui ne passent pas très bien.
Compte-tenu de ce que l'on finit par apprendre sur Hermione, on aurait aimé à l'inverse que Ron reste lui-même pour ne pas se retrouver avec une ''inversion de personnalité'' chez trop de personnages.

Concernant Hermione, le constat est mitigé. Il est d'abord à noter que comme beaucoup de fictions yaoi, cette histoire manque beaucoup de personnages féminins, le seul qui marque les esprits étant Hermione. Le problème vient en partie du fandom choisi, où les personnages féminins développés ne foisonnent pas. Néanmoins, il aurait été appréciable d'avoir au moins un second personnage féminin exploité et mis en avant pour casser cette effet d'univers trop masculin où les filles n'ont pas leur place (trop classique et parfois pénible dans les yaoi). Par exemple, créer unE meilleurE amiE à Draco plutôt qu'un meilleur ami constituant un énième garçon dans le camps des gentils.
La révélation finale pourrait être une très bonne idée, néanmoins le traitement est trop bref et les explications trop alambiquées. On se retrouve avec une énumération rapide de preuves qui cherchent à nous convaincre des faits mais l'incohérence est trop présente, notamment concernant le fait que Draco -qui jusque peu de temps avant était considéré comme un brave futur Mangemort- n'aie eu aucun vent du fait qu'Hermione appartienne au groupe des Mangemorts. Le seul indice permettant de laisser planer un doute sur l'identité d'Hermione a été son comportement avec Harry à l'hôpital, c'est beaucoup trop faible pour rendre la révélation crédible. Pour pouvoir partir sur une fin comme celle-là, il aurait fallu impérativement prendre le temps de dérouler le doute : évoquer tout au long de l'histoire des faits antérieurs ambigus (de façon très ponctuelle pour ne pas éveiller les soupçons trop tôt, mais suffisamment présents pour qu'à la fin la révélation nous apparaissent comme très crédible), montrer un certain malaise... Car malheureusement, si l'idée est bonne car originale et pour le coup réellement ''choquante'', elle souffre d'un traitement qui donne l'impression de quelque chose qui n'a pas sa place dans l'histoire (Hermione ayant été quasi-absente du reste du récit, on ne s'attend pas à la voir débarquer).

→ Dans la seconde moitié du récit, l’interaction et le traitement des personnages (primaires ou secondaires) sont véritablement meilleurs et intéressants. Les dialogues plus présents et des personnages secondaires plus actifs concourent à améliorer le réalisme et le vivant du récit. Cependant, les ''duos'' souffrent encore d'un manque de développement.
On pense automatiquement au couple central, tout d'abord. La relation du couple n'a pas été assez poussée  : on aurait aimé découvrir la symbiose du Veela et son compagnon autrement que par une scène de lemon, surtout qu'on s'attendrait volontiers à quelque chose de réellement mystique qui ne tient pas au sexe. La scène de sexe en soi reste cependant une bonne chose puisqu'elle évoque à merveille le côté symbiotique du couple. On aurait cependant voulu un rapprochement plus complet. Le dialogue est trop peu présent, la mise en place du couple semble faire valoir le seul statu de Veela/compagnon pour expliquer une rapidité dans le déroulement de la relation, au dépend d'une construction graduelle qui aurait permis au lecteur de s'attacher fortement au couple... Et par la même occasion, le couperet final aurait vraiment fait mal, et on en voudrait à la Terre entière de la violence de cette fin. Par la rapidité presque artificielle de sa mise en place, le couple n'a pas eu le temps de devenir suffisamment attachant pour que la fin sonne comme elle devrait sonner : intolérable et triste.
Un second ''couple'' aurait mérité un traitement en profondeur : Draco et Remus. Dans cette fiction, Remus est montré à plusieurs reprises comme une figure paternelle de substitution à Draco dont le père biologique ne présente aucune qualité d'un véritable père. Une histoire de ''couple'' parallèle à celle de Draco et Harry qu'il aurait été merveilleux de voir exploitée car elle offre à Draco encore plus d'humanité tout en permettant un développement du personnage de Remus (lui aussi tellement effacé dans l'oeuvre originale que le duo aurait eu un avantage supplémentaire dans cette fiction), malheureusement le traitement reste trop superficiel et la fiction perd de nombreuses occasions de faire grandir cette belle relation.

→ Enfin, on pourra noter le personnage de Vernon Dursley. Un personnage qui est conservé comme personnage absolument détestable, et c'est tant mieux.
On comprend l'intention de vouloir le montrer maltraitant envers son neveu, mais les limites manquent pour la cohérence du personnage de Dursley. On sait qu'il aime humilier et maltraiter son neveu, mais on sait également que c'est un homme trop soucieux de ce que peuvent penser les autres de lui-même : il n'irait jamais pourchasser et battre son neveu dans la rue aux yeux de tous ses voisins. De plus, il suffit de relire les passages des livres se déroulant chez les Dursley pour se rendre compte qu'il est mort de peur face à Harry et qu'il n'oserait pas pousser le vice trop loin au risque de subir un sortilège. Il est plus adepte de la violence ''passive'' que de la cravache, bien trop couard pour attaquer physiquement à un tel degré. Certes, la scène de maltraitance sert à la mise en place de l'accident, mais une autre alternative aurait pu être envisagée pour le même résultat.
Cette maltraitance et l'accident concourent en plus à un travers de la fiction...
Par la suite, le détail des maltraitances n'était pas nécessaire. Un coup de poing sur un enfant, c'est déjà trop. Il n'était pas la peine d'aller dans le sordide extrême (et peu crédible compte-tenu de l'histoire) avec la planche cloutée, le tison et les tessons de bouteille. En en faisant trop, les choses sont décrédibilisées, et on perd le sens même d'une maltraitance pour rentrer dans quelque chose de presque caricatural de surenchère : après la planche à clous, une ''simple'' insulte ou la cravache paraissent bien douces, et toutes ces tortures sont peu crédibles lorsqu'on sait que Harry ne va pas à l'hôpital suite à ça (sans quoi Dursley serait en prison depuis longtemps). Ces scènes ont plus leur place à S21 qu'administrées par la main d'un homme profondément effrayé par les pouvoirs magiques d'un neveu qui a déjà montré qu'il savait s'en servir contre lui et sa famille.

→ Un petit mot pour finir sur le caméo FMA du chapitre 10.
Ce type d'intervention est assez appréciable et amusante dans les histoires légères et drôles, mais ça ne sied pas aux drames. Ne serait-ce que parce que ce genre de choses prête à sourire même si la mise en scène autour est parfaite, simplement parce qu'on est content de trouver des ''têtes connues''.
Inclure des personnages d'une autre œuvre dans une fanfiction d'un certain fandom donne automatiquement un côté parodique qu'on le veuille ou non, et dans les circonstances de cette fiction ça ne colle pas.
Il aurait mieux valu voir des personnages originaux nés de l'imagination de l'auteur que des personnages appartenant à une autre œuvre, surtout lorsqu'ils sont connotés amusants comme peut l'être Hughes par exemple. L'effet humoristique est appréciable dans un drame mais il faut que ce soit mesuré pour ne pas couper net l'histoire.


Un drame permanent parfois étouffant

Certes, cette fiction est un drame, et on en attend forcément un côté tragique. Cependant, et compte-tenu de la longueur de l'histoire, le ton constamment et invariablement dramatique a tendance à perdre de son impact.
Draco pleurant indéfiniment sur son sort, plaignant Harry qui est déjà montré comme une victime totalement impuissante, la redondance déjà évoquée des propos de Draco... Contribuent à alourdir le style et l'histoire au lieu de l'enrichir. Les vrais instants de drame sont étouffés par l'ambiance qui n'est composée que de tragique d'un bout à l'autre, on se retrouve au fil de la lecture avec quelque chose de monotone qui perd son impact lors des points d'orgue.
Sans partir dans de l'humour gras, qui aurait coupé trop net le côté sombre de l'histoire, quelques passages plus légers et paisibles auraient été agréables.
Cet effet lourd est accentué par la trame unique de l'histoire : on reste axé en permanence sur Harry et Draco. La focalisation sur un couple de personnages serait appréciable si la fiction était moins longue, et surtout si on n'avait pas à côté des histoires parallèles très intéressantes à développer (comme la relation entre Draco et Remus citée précédemment par exemple).
On pourrait noter également le manque de scènes ''actives'', mais ce sont des scènes difficiles à mettre en place dans ce type de fiction.


Le problème de la fin

La fin, déjà évoquée avec le personnage d'Hermione, constitue une bonne fin dans le sens où l'on est en présence d'une fiction dramatique. Cependant, elle fait ressortir les défauts de l'histoire, notamment le manque de traitement des personnages secondaires et les incohérences.
Lors du combat final, on ne sait pas ce qui arrive aux ''autres''. Ils pourraient être totalement absents de la scène. On devine que leur sort n'est pas reluisant, néanmoins tout ou presque est passé sous silence et avec une rapidité extrême (qui malheureusement ne joue pas sur la ''violence'' de l'attaque). Le problème peut venir du traitement en POV qui nous laisse comprendre le pourquoi d'une focalisation quasi-exclusive sur Harry, néanmoins on aurait pu avoir une mise en scène plus réaliste et détaillée.
Pour poursuivre sur cette idée, il est peu crédible que les Mangemorts réduisent à néant en quelques instants l'Ordre du Phénix même par attaque surprise. Dumbledore n'est pas considéré comme le plus grand sorcier (avec Voldemort) pour rien, et ses acolytes ne sont pas de mauvais ''soldats'' non plus. Là encore, une scène plus longue, voire une fin en deux ou trois chapitres détaillant la scène finale, aurait pu permettre de faire mourir plus ''noblement'' les personnages.



On est donc en présence d'une fanfiction comportant des qualités, notamment dans la mise en scène des sentiments de Draco et le travail sur sa personnalité. Mais la forme du récit a tendance à desservir le scénario et la trame centrale qui s'avère pourtant très belle.

Le récit peut ainsi se découper en deux temps.
Une première moitié où l'on a une impression de longueur parfois lourde, dûe principalement aux plaintes de Draco qui se répète de nombreuses fois et se plaint beaucoup trop, faisant naître une accumulation de scènes qui auraient pu être concentrées en une seule. On aurait préféré une bonne plainte marquante, une vraie grosse plaidoirie, une critique franche, plutôt qu'une répétition qui a en plus le désavantage de faire perdre de la puissance au texte (et aux critiques) et de l'étirer inutilement.
Une seconde moitié où inversement, beaucoup de choses se passent mais semblent traitées en superficie alors que le scénario et les évènements auraient mérité un traitement pointu et poussé, pour happer le lecteur et l'amener à s'émouvoir du destin tragique des personnages.

On se retrouve donc face à un récit avec une bonne base, mais incomplet, comme un bel arbre privé de ses branches.
La trame centrale est bonne et offre de nombreuses opportunités, mais une partie de ce qui pourrait enrichir, étoffer et nourrir la relation principale est avorté ou atrophié, laissant une sensation d'inachevé à la fin de l'histoire pourtant prenante.

Ce texte mériterait vraiment sa ré-écriture car il a le potentiel de devenir une très belle fiction du genre.

_________________________________________________
Frère de Kiki, beauf' d'Edo-choue, Chinois du sud-est contrefait, Mongol fier, empereur autoproclamé des Nains, floodeur invétéré, alcool frelaté
Troisième bras de la dictatrice è_é
Accessoirement vieux et fourbe.
(AKA Damdin')

Interviewer: ''So Frank, you have long hair. Does that make you a woman?''
Frank Zappa: ''You have a wooden leg. Does that make you a table?''
Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre : Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageRe: Profil de Vinou   Publié le :

Revenir en haut Aller en bas
Contacter le membre :
 

Profil de Vinou

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Profil f3k perso en open source
» Recherche de Profil I-Roast 2
» Profil d'une catapulte Uruk-haï
» [REQUETE/AIDE] profil BT HID
» Votre profil d'auteur
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Phoenix Fictions  :: Ecriture : entraide et conseils :: Critiques :: Profils des critiques-

Suivre Phoenix Fictions

FacebookTwitter
Myspace

Design et contenu faits pour Phoenix Fictions, merci de ne pas les utiliser sans permission
Forum propulsé par Forumactif.
Webmaster : MikanThème : Phoenix Fictions v 5.0©.
Dernière mise à jour le 03/03/2015