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 Pourpre Orléans ; le sourire de la nuit [R]

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Lucifuru
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MessagePourpre Orléans ; le sourire de la nuit [R]   Publié le : Mer 23 Mar 2011 - 18:28



Pourpre Orléans ; le sourire de la nuit


Prologue :



15 Octobre 2005,
Julian observait la jeune fille. Elle n'était guère plus qu'une adolescente. Certainement une lycéenne. Rousse foncé, elle avait les cheveux très long. Jusqu'à ses coudes.
C'était une matinée ensoleillé d'automne, à Orléans, place du Martroi, et la jeune fille s'était comme statufié. Cela faisait 10 minutes que Julian l'avait aperçu une première fois sur son écran de vidéo surveillance, et elle n'avait pas daigné bouger un muscle depuis... À part ceux de ses paupières.
Elle était debout, droite sur ses deux jambes, son regard fixait un coin de ciel bleu devant elle, et à sa gauche, sur la place, tournait un vieux carrousel.
Julian zooma au maximum sur son visage. Ses yeux étaient vert, avec un peu de marron doré autour de la pupille. Elle était menu, charmante.
Mais qu'est ce qu'elle faisait ? Les gens continuaient de traverser la place sans la remarquer, croyant sans doute qu'elle ne s'était immobilisé que quelques secondes. Mais non, ça faisait déjà dix minutes au moins !

Surprit, Julian posa sa tasse de café sur les commandes, et entreprit d'encore mieux observer la jeune fille.
Son regard était comme voilé, très triste. Elle ne pleurait pas, mais donnait l'impression que dans son état, elle aurait du se le permettre.
Julian, tout en ne quittant pas la jeune fille des yeux, regarda un autre écran, qui lui montrait la même image, mais sous un angle différent. Puis, sur ce deuxième moniteur, il remonta le temps.
Il revint en arrière sur l'enregistrement. D'où venait-elle avant de s'arrêter comme ça ? Elle venait de la rue de république bien sur... Il la vit traverser la rue en marche arrière, rapidement. Avant ça, elle venait du lycée Pothier.
C'était donc bien une lycéenne...
Mais qu'est ce qui lui prenait ? Ce n'était pas son genre de flasher sur une gamine !

Flasher ? se dit Julian. Oh là ! Doucement, tu n'as pas flashé ! Tu n'as pas le droit de flasher ! Ni sur elle, ni sur personne ! se sermonna-t-il.
Non, c'était juste de la curiosité, il s'ennuyait. Il avança dans la vidéo. Jusqu'à ce que la fille arrive place du Martroi. Elle marchait d'un pas énergique.

Bizarre qu'elle sorte du lycée si tôt dans la journée. Elle n'avait pas cours ? Étrange qu'elle soit seule également. Si elle avait fini les cours plus tôt, à cause par exemple de l'absence d'un professeur, alors n'aurait dut-elle pas en profiter pour sortir avec des amies ? Elle allait rentrer s'enfermer chez elle durant une si belle matinée ?
Une jolie fille comme ça ne devrait pas se retrouver si seule et d'humeur si morose aussi tôt dans la journée, pensa Julian, attendrit.
Puis il secoua la tête, voilà qu'il devenait sentimental ! Il n'avait rien à voir avec cette fille bon sang !

Pourtant, il retourna à l'enregistrement et en lança la lecture. L'inconnu, quittant la rue de la république et ses boutiques, faisait ses premiers pas sur la place du Martroi avec de vives enjambées, presque brutales, et tout d'un coup, alors qu'elle venait tout juste de lancer une de ses jambes en avant, sans laisser à cette dernière le temps de toucher tout à fait le sol, elle s'arrêta brusquement.

Sidéré, Julian revint sur le premier écran, celui dont l'image se déroulait en temps réel, en ce moment même, dehors.
La fille était toujours immobile. Ses bras, ses jambes, tout son corps étaient dans la même position sur les deux images. Seuls ses yeux montraient parfois un certain semblant de vie.
Julian compara l'heure affiché sur les deux écrans. La jeune fille n'avait pas fait un geste depuis 25 minutes et 38 secondes, calcula-t-il.
Mais qu'est ce que c'était que ça ? De toute sa vie, jamais il n'avait vu un être humain se statufier ainsi en pleine ville. Et encore moins, une créature aussi éblouissante que cette petite, par une journée aussi belle.
Et ce désespoir dans ses yeux !
Ah... non, ce n'était pas toujours du désespoir remarqua-t-il. Des fois au contraire cela se muait en espoir. Comme si elle distinguait tout d'un coup les merveilles de l'univers.

Julian en eu le souffle coupé, son expression exprimait alors un amour sans borne qui semblait être dédié au monde dans son intégralité. Comme si la jeune fille se réjouissait de la vie elle même. Elle semblait apprécier la douce température, le vent, et le ciel bleu. Ainsi que la vu des gens qui allaient et venaient...
Mais à d'autres moment, la colère semblait l'envahir. Une colère monstrueuse.
Que de sentiments puissant qui passaient sur le visage de cette si jeune fille ! Que pouvait-elle avoir vécu qui lui inspirait de si puissant sentiments en moins d'une petite vingtaine d'année ? se demanda Julian.
Lui, il avait rencontré des gens qui vivaient depuis bien plus longtemps que ça, et qui en avaient vu de toute les couleurs, pourtant il avait rarement vu un regard aussi torturé et aussi... intense.

Encore une fois, la passivité des gens étonna Julian. Personne ne semblait la remarquer. Pourtant, la place était suffisamment fréquenté.
Que fallait-il donc aux gens de ce vingt et unième siècle pour s'intéresser enfin à autre chose que leurs nombrils !

Cette jeune fille a besoin d'aide bon sang !
hurla-t-il intérieurement. Arrêtez vous pour lui demander ce qui ne va pas !
Mais non, ses compatriotes persistaient tous à traverser la place sans se soucier en aucune manière de la jeune fille...
Devait-il appeler la police ? Où un truc comme ça ?
N'importe quoi ! Il voyait bien la scène : « Allo ? Messieurs les policiers ? Oui, excusez moi de vous déranger, mais... Il y a une fille statufié voyez-vous ? »
Ils n'en auraient rien à faire ! Comme tout ses gens qui passaient sur son écran. C'était fini le temps où les pompiers venaient pour chat coincé dans un arbre ! Maintenant, même en cas d'incendie, ils étaient capable de vous répondre « Vous êtes sûr que vous avez besoin de nous ? Vous avez peu être un extincteur non ? ».

Maudite époque ! Ses seuls avantages étaient la technologie. Et sa relative paix... Il devait bien l'avouer. Enfin... paix... dans ce pays en tout cas.
De son temps, tout le monde se connaissait dans le quartier. Quelqu'un aurait reconnu cette fille, avec qui il aurait par exemple discuté dans la file d'attente chez le boucher... Et même si personne ne la connaissait, les gens auraient décidé de ses mêler de ses affaires, autant pour l'aider, que par curiosité. À son époque, les étrangers n'étaient pas légion...

Julian été né dans les années 1920. Il avait vu la ville et les gens se modifier petit à petit et, plutôt conservateur en fait, il n'avait pas du tout apprécié certains changements. De Nombreux changements d'ailleurs...
Il soupira, après les horreurs de la guerre, les gens étaient devenu meilleurs, et avait apprit à s'entre-aider, et à profiter de la vie, ils avaient retrouvés les vraies valeurs. Cela avait été une époque pleine d'espoir.
Mais depuis que la paix était bien installé, les gens, trop nombreux, vivaient tous en compétition, oubliant ce que signifiait simplement, vraiment, « vivre ».

Ils voulaient avoir une promotion dans leur travail, acheter la nouvelle cuisine du magasine IKEA, où un nouveau sac à main Vuitton. Comme si ces choses là leur apporteraient vraiment le bonheur.
C'était un autre mot dont les gens avait perdu la signification, celui là, « bonheur ».

C'était sans doute de ça que souffrait la jeune adolescente se dit-il. Après tout, il n'aurait pas aimé naître à son époque à elle. Que lui réservait le futur ? Elle aurait son bac, puis passerai quelques années à l'université, qu'elle réussirait ou pas... Puis aurait un travail, bien payé ou pas... Et passerait tout son temps libre à dépenser son argent dans des produits manufacturé comme si c'était sa raison de vivre...
Si Julian avait du vivre comme ça, lui aussi, en appartenant à une époque si cynique, il aurait certainement eu le regard variant du désespoir le plus complet à la colère la plus vive... Comme cette jeune fille...

Heureusement pour lui, Julian ne souciait pas de cette époque, quand elle serait terminé, il en verrait une autre, et certainement encore une autre, puis une autre, et comme ça pendant bien longtemps...

Car Julian était un vampire.

Il soupira en reprenant possession de sa tasse de café. Habitude idiote qu'il avait d'en boire, vu que cela n'avait plus le moindre effet sur son organisme. Mort. Comme la manie, qu'il avait encore, de respirer...
Mais dieu merci, Julian ressentait toujours le goût des aliments, et depuis qu'il était devenu un adulte, il avait toujours aimé le celui du café.
Tout en finissant de siroter, Julian fixa encore la jeune demoiselle. Il serait bien allé lui taper sur l'épaule, pour le seul plaisir de la voir enfin s'animer. Elle commençait vraiment à le perturber avec son immobilité de glace.
Mais évidement, Julian ne pouvait pas sortir au grand jour. Les magnifiques et chaleureux rayons du soleil qui lui manquait tant, auraient signés son arrêt de mort. Il n'avait pas envie de finir en tas de cendre, au milieu de cette triste époque...

Puis, tout d'un coup, elle bougea ! Elle soupira un grand coup, gonflant ses poumons, et les vidant. Son regard s'anima, elle regarda un peu partout autour d'elle et s'ébroua. Puis, ensuite, elle se remit en route d'un pas vif.
Julian était fasciné ! Enfin ! Elle vivait à nouveau ! Une véritable résurrection. On l'aurait même dit heureuse et pleine d'entrain, et c'est presque en gambadant comme une enfant qu'elle quitta la place du Martroi pour celle du général de Gaule.
Excité comme une puce, et sans savoir pourquoi, Julian se redressa brusquement dans son siège à roulette pivotant, et d'une main fébrile, il chercha la commande qui lui permettait de changer de caméra, pour passer à celle qui filmait la place du général.

Quand il la trouva, il vit la jeune fille qui attendait que passe devant elle, pour traverser, le tramway.
Cet affreux boudin oblong jaune doré caca d'oie, qu'ils avaient jugés bon d'installer en ville il y'a déjà quelques années exaspérait particulièrement Julian. Certes cela devait pratique, mais ciel ! Ce qu'il était moche !
Enfin, peu importe... Julian soupira, et vit la lycéenne repartir, elle traversa la place d'un pas enjoué, qui semblait toute fois parfois, perdre de son élan et de sa sincérité. Puis elle s'arrêta devant une porte, au 3 rue des carmes, à côté d'un fleuriste, et sortit des clés.
Elle habite là ! réalisa tout d'un coup Julian. Elle n'habitait qu'a quelques dizaines de mètres de chez lui ! se réjouit-il de façon inattendu, et il lui sembla même sentir son coeur faire un bon dans sa poitrine, mais non, c'était impossible, il ne battait plus depuis longtemps...

À moins que... Mais non !

En tout cas, quand cette jolie inconnue s'était immobilisé, elle l'avait fait juste au dessus de chez lui. Car oui, Julian vivait sous la place du Martroi, à Orléans. Et ce depuis des dizaines d'années, sans que personne ne s'en doute. Enfin... presque personne...
Il observa la jeune femme rentrer dans son immeuble, et fermer la porte derrière elle.

Il ne la voyait plus, elle allait lui manquer...

Mais quel idiot il était ! Totalement obsédé par une gamine !

Pauvre gamine...

Elle ne méritait pas d'être observé par un homme tel que lui. Si elle savait, cela lui aurait certainement inspiré des frissons de terreur et de dégoût.

Pourtant Julian ne pouvait s'empêcher de fixer la porte close, de l'immeuble du 3 rue des carmes. À quel étage habitait-elle ? Il n'y avait pas d'ascenseur normalement dans ses vieux bâtiments...
La main tremblante, Julian saisit son café, toujours posé sur la console et ses multiples boutons. Le matériel n'était plus très neuf. On faisait beaucoup mieux maintenant... Il devrait bientôt penser à le changer...
Ses yeux revinrent d'eux même sur la porte close, et se braquèrent sur le numéro « 3 » affiché au dessus de la porte.

Sa petite fée habitait là...


Non mais ! Il n'allait vraiment pas bien !!! Une petite fée ? Et puis quoi encore !! Non, une adolescente, normale, qui aurait été terrifié et scandalisé si elle savait !
Il fallait qu'il garde les pieds sur terre. Comme il en avait l'habitude. Julian s'interdisait toujours de rêver, c'était trop douloureux.
Il quitta son poste d'observation, il n'aurait pas du pour commencer, se mettre à espionner la rue. Seulement il ne dormait plus depuis des jours, et regarder ses écrans le calmait d'ordinaire. Il avait l'impression de pouvoir profiter ainsi un petit peu de la diurne vie normale, par procuration...

Mais aujourd'hui cela ne l'avait pas calmé, mais chamboulé.

Il ne comprenait pas sa propre réaction, elle n'était pourtant rien. Elle n'était pourtant qu'une jeune fille.
Julian soupira et prit une décision, ça faisait un petit moment qu'il n'avait pas prit sa dose de sang, et allait devoir y passer bientôt... Autant qu'il rende visite à cette fille dans sa chambre ce soir. Ainsi il verrait bien, si elle était aussi intéressante que ça...
Qui sait ? Peut être qu'avec de la chance, une fois qu'il l'aurait goûté, il se désintéresserait d'elle. Comme de toute les autres...

Oui, c'était décidé, cette nuit, il s'introduirait chez cette petite, et il la goûterait.
Car il devait en avoir le coeur net. Oui, il devait être certain qu'elle ne referait plus battre son coeur. Qu'elle ne l'avait jamais fait. Qu'il l'avait imaginé.
Sinon... Sinon ça voudrait dire que ce qu'on lui avait un jour raconté été vrai... Et dans ce cas là, il allait au devant de gros ennuis. Oh oui ! De gros ennuis...



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Dernière édition par Lucifuru le Sam 2 Avr 2011 - 9:43, édité 8 fois
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Lucifuru
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MessageChapitre 1 : Précipitation   Publié le : Jeu 24 Mar 2011 - 18:05



Chapitre 1 : Précipitation



Julian se tenait devant le 3 rue des carmes. En chair et en os cette fois. Il posa sa main sur la porte d'entré. Fermée, bien sûr. Il soupira, il n'aimait pas casser des choses. Pourtant, il serra la poignée et brisa la serrure.

Tu fais n'importe quoi mon pauv' Julian

C'est sur cette réflexion qu'il pénétra dans le hall de l'immeuble. Et tout d'un coup il lui vint à l'esprit qu'il ne savait pas dans quel appartement vivait l'adolescente. Tout en se traitant d'idiot il alla jeter un oeil aux boites aux lettres, avec un peu de chance il y trouverait un indice.
Il n'avait aucune envie après tout, d'essayer chaque étages au hasard et d'effrayer sans aucune raison, des enfants, des mères au foyer, ou des petites vieilles.

Non, la seule que tu veux effrayer c'est cette pauvre petite, eh bien bravo, tu peux être fier de toi ! se dit-il, coupable.

Il lu le nom de tout les résidents sur chaque boite aux lettres. Et il commençait à désespérer vu que aucun des noms ne présentait le moindre indice. Jusqu'à ce qu'il aperçoive une étiquette qui disait :

«Monsieur et Madame Devereau et leurs enfants ».

C'était une enfant, qu'il cherchait, ce dit-il avec honte, alors autant commencer par cet appartement là. Au troisième étage, c'est à dire, tout en haut.
Julian monta et s'arrêta devant la porte. Et si ce n'était pas ici ? Enfin tant pis ! Qui ne risque rien, n'a rien ! se dit-il. Et il pénétra dans l'appartement, dont il brisa encore une fois la serrure avec la plus extrême facilité.
Au matin, ils vont voir que quelqu'un s'est introduit, et ils auront peur, à cause de toi, ils ne se sentiront plus jamais en sécurité dans leur propre foyer, se sermonna-t-il. Tu devrais avoir honte.
Oh ! Mais il avait honte... Cependant il était déterminé. Il jeta un oeil dans le salon, il était vide. Julian voyait parfaitement dans le noir. C'était un appartement plutôt petit, et pourtant, d'après les information sur l'étiquette, quatre personnes au moins vivait ici.

Les chambres doivent être au fond.


Il ouvrit une porte, elle donnait sur une chambre d'enfant. Julian vit une femme adulte qui dormait dans les bras d'un très jeune adolescent. Il referma silencieusement la porte en se demandant où était le père, et essaya l'autre chambre.

Et là, il la trouva. Mais malheur ! Elle était assise dans le noir, par terre, devant sa télévision muette mais allumé, une manette de jeux vidéo dans la main, et elle le fixait la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés.
Bon sang ! Mais il était trois heures du matin ! Pourquoi elle ne dormait pas ? Encore un problème inhérent à cette maudite époque ! se dit-il. Les jeunes n'ont plus un rythme de vie saint ! Elle devrait dormir depuis plus de quatre heures !

Seulement elle ne dormait pas, et elle allait hurler... Julian bondit, et en moins d'une seconde il était sur elle. La main plaqué sur sa bouche.

_ Pas un mot ! chuchota-t-il en la fixant de ses yeux envoûtant.

Il avait effectivement le pouvoir d'hypnotiser les gens, avec son regard et sa voix, pour rendre leur volonté plus malléable que du beurre... Seulement cela ne sembla pas fonctionner sur la jeune fille, qui se mit à gémir sous sa paume, en essayant d'appeler à l'aide.
Stupétait, Julian plongea son regard dans celui d'or et d'émeraude et de la jeune fille et ordonna, tout bas, mais avec plus de conviction :

_ Silence ! Plus un son !

Cependant, rien à faire. Elle essayait toujours de crier. Interloqué Julian ne savait pas quoi faire. Il avait eu l'intention de la trouver endormi, de l'envoûter, et de la morde tranquillement, pendant qu'elle serait comme une poupée de chiffon dans ses bras. Elle devait même n'en garder aucun souvenir. Bref, rien à voir avec ce qui était en train de réellement se passer.
Mais tout d'un coup, elle se tut. Enfin, elle cessa d'essayer de hurler, et tenta, apparemment, de parler.

Étonné, Julian retira sa main, et alors, elle dit :

_ Partez !

C'est tout ? se demanda Julian, sidéré. Elle trouvait un homme dans sa chambre en pleine nuit, et elle réagissait comme ça ? N'aurait-elle pas du complètement paniquer ? En plus, elle avait parlé tout bas, et sur un ton sans aucune équivoque.

_ Pourquoi ne hurlez vous pas ? demanda Julian, trouvant la situation surréaliste.

La jeune fille ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma aussi sec. Cependant Julian avait eu le temps de voir le regard angoissé qu'elle avait jeté à la porte de la chambre d'en face.
Mon dieu ! Elle ne voulait pas mettre en danger sa mère et son petit frère ! Cette conduite héroïque l'émut au plus haut point, et il se fit l'effet d'un monstre.

_ Il n'y a rien à voler, dit-elle, en jetant un regard fugace à sa playstation 3.

Julian sourit, c'était sans doute la chose la plus cher de toute la maison. Et apparemment, elle y tenait.

_ Je ne suis pas là pour voler, dit Julian pour la rassurer.

Malheureusement, cela eut l'effet inverse. Tout d'un coup elle se leva se précipita contre le mur du fond.

_ N'approchez pas ! dit-elle avec un regard où l'on lisait la peur, le dégoût, et la rage.

Julian comprit, s'il n'était pas là pour voler, alors c'était certainement pour abuser d'elle, quoi d'autre sinon ? Il allait lui dire qu'elle se méprenait sur ses intentions, avant qu'il réalise, que non. Elle ne se méprenait pas. Il voulait vraiment abuser d'elle. Après tout, est ce que la mordre et boire son sang ce n'était pas exactement ça ?
Julian se dit qu'il devrait partir. La laisser et l'oublier. Surtout qu'il n'avait pas seulement envie de la mordre. Elle était dans tout ses états, il avait envie de la prendre dans ses bras, et de la bercer en lui murmurant des paroles réconfortantes. Mais bien sûr, cela ne l'aurait qu'encore plus paniqué.
Oui, s'il avait une once de bon sens, il s'arrêterait là et partirait.
Julian avait toujours été un homme plein de bon sens, du moins, le pensait-il. Mais là il ne pouvait pas partir. Ses yeux étaient rivé dans ceux de la jeune fille, et il ne pouvait pas les détourner.

La jeune fille pourtant, regardait partout autour d'elle, cherchant visiblement un moyen de se défendre. Mais il n'y avait aucune arme, ou même aucun objet lourd ou vraiment solide dans sa chambre. Encore une fois, Julian fut ébahi par son courage. Elle n'était même que trop courageuse... Elle aurait du crier, c'est ce qu'il y avait de mieux à faire dans une telle situation.
Julian ne donnait pas cher de sa peau si elle avait un jour la même attitude avec un homme qui lui voudrait vraiment du mal...
Les yeux de la jeune fille continuaient de se poser un peu partout, comme si elle évaluait le poids de chaque objets, et Julian se dit qu'il ferait bien de la calmer avant qu'elle ne tente quelque chose d'idiot. Aussi s'approcha-t-il résolument, droit sur elle, puis...

Elle le frappa. Elle lui envoya un coup de pied en plein dans l'entre jambe.

Abasourdi, Julian s'effondra sur les genoux, et la jeune fille s'élança, passant devant lui en courant, pour sortir de la chambre. Mais Julian, rapide, lui attrapa la cheville, et elle s'étala de tout son long. Après le bruit du choc contre le parquet, elle s'immobilisa totalement, et il y eu un silence totale. Elle retenait ses gémissements. Encore une fois, Julian en eut le souffle coupé, elle ne voulait vraiment pas réveiller sa famille ! Elle était vraiment prête à tout pour qu'ils restent en sécurité.

_ Debout ! lui ordonna-t-il de sa voix à laquelle aucun mortel n'était sensé résister.

Il se moquait qu'elle se lève, il voulait juste voir si elle répondait à son envoûtement, et il avait énoncé le premier ordre qu'il lui était venu à l'esprit.
Lentement, la jeune fille se redressa, dos à lui. Il lui enserrait toujours la cheville. Il se leva à son tour. Puis il l'attrapa par les épaules, et la senti se raidir sous ses mains.

_ Lâcher moi je vous en prie ! dit-elle, toujours bas.

_ Où est ton père ? demanda-t-il, toujours en utilisant ses pouvoirs auxquels elle n'était pas sensé résister.

Cependant, elle ne répondit pas. Il insista :

_ Réponds !

Elle gémit, et il se sentit très mal. Mais elle ne lui obéit pas. C'était incroyable, il n'avait aucun pouvoir de persuasion sur elle ! Il n'avait jamais entendu parler d'un humain capable de résister à l'envoûtement d'un vampire pourtant...

_ Je ne vais pas te violer, dit-il, tout d'un coup très tendre.

_ Vous êtes malade... dit-elle d'une voix bouleversée, puis elle eut un espèce de sanglot et sembla ravaler ses paroles. Ensuite elle se raidit encore plus, comme si elle attendait d'être punie pour l'avoir insulté.

_ C'est bon, vous pouvez dire tout ce que vous voulez je ne vous frapperais pas. Je le jure, dit-il.

Elle se retourna tout d'un coup, en surprenant Julian, et le fixa droit dans les yeux. Son regard débordait de larmes contenu et elle semblait folle de rage. Puis, elle parla d'une voix tremblante, pleine de colère retenu :

_ Ah oui ? Dans ce cas laissez moi tout vous dire, mon père n'est pas là, il ne vit pas avec nous, il ne rentre que les weekends. Et si je ne crie pas, c'est parce que je ne crois pas que ma mère ou mon petit frère pourrait faire quoique ce soit contre vous... Ils se précipiteraient certainement dans cette chambre désarmé, où vous vous jetteriez sur eux. À moitié endormi, ils ne comprendraient pas...

_ Oui, je sais, dit-il. Vous êtes formidablement courageuse.

_ Tu parles ! marmonna-t-elle, tremblante.

_ Oh si ! Je vous assure.

Elle le dévisagea les yeux plein de larmes, qui lui dégoulinaient maintenant sur les joues, et lui dit, les mâchoires et les poings serrés, du venin dans ses paroles :

_ Qu'est ce que vous venez faire chez moi espèce de malade ?

Encore une fois, Julian était troublé. Ce qu'elle était belle ! Fière. Noble. Passionnée. Intrépide.
Elle ne portait qu'une culotte et un grand t-shirt noir disgracieux arborant le logo d'un groupe de hard rock métal, qu'il ne connaissait pas. Et ses cheveux, long, roux, en batailles, brillaient de milles feu grâce à la faible lueur du téléviseur.

_ Vous auriez du être en train de dormir, dit-il, comme pour s'excuser. Comment cela se fait-il que vous soyez réveillé ? Vous n'avez pas cours demain ?

Elle le regarda d'un oeil mauvais, en partie sous le choc. Mais garda le silence, méfiante.

_ Allons, voyons, dit-il. Vous pouvez parler. Traitez moi de tout les noms si vous le voulez, je ne vous toucherez pas. Seulement, ne faites pas trop de bruit et n'essayez pas de vous enfuir où de vous en prendre à moi.

_ Qu'est ce que ça peut vous foutre à quel heure je me couche ? lâcha-t-elle tout d'un coup avec soulagement, comme si se taire avait été un effort. Vous n'avez absolument pas le droit de m'ordonner quoique ce soit là dessus ! Vous êtes rentré chez moi par effraction, c'est un crime, vous devriez aller en prison.

_ Oui, effectivement, dit Julian, la gorge sèche.

_ Mais qu'est ce que vous faites là bon sang ! s'énerva-t-elle, folle de rage. Si vous n'en voulez pas à mon corps, ni à mes affaires, mais alors qu'est ce que vous faites là ?

Julian aurait du partir... Il ne cessait de se répéter qu'il ferait mieux de s'enfuir en courant. Seulement il restait planté là. Aussi avala-t-il sa salive et répondit la vérité :

_ Je suis venu, parce que je vous ai vu ce matin, place du Martroi, immobile, pendant si longtemps... Et vous m'avez... fasciné...

Il s'en suivit un silence incroyablement long, où aucun des deux ne bougea. Avant qu'elle ne demande, sur un ton incrédule et avec une voix tremblante :

_ Comment ça fasciné ? Pourquoi ?

_ Qu'est ce qui vous a prit ? demanda-t-il. Pourquoi vous être figé comme ça ? S'il vous plait, je voudrais seulement que vous m'expliquiez...

_ C'est tout ce vous voulez ? demanda-t-elle incrédule.

_ Oui, je sais que c'est fou, mais c'est comme ça. Si vous m'expliquez je m'en vais. Sans vous faire du mal, certifia Julian.

Elle le regarda un bon moment droit dans les yeux. Certainement pour juger de sa bonne foi. Julian ne broncha pas et attendit.

_ Je... commença-t-elle en regardant ses pieds. Je suis arrivé en retard en cours ce matin...

Julian garda le silence, attendant qu'elle continue. Et après quelque secondes elle reprit :

_ Le cours avait déjà commencé depuis une dizaine de minutes, j'ai frappé à la porte de la salle, je me suis excusé pour mon retard, et là, ma prof d'anglais, m'a annoncé que c'était trop tard pour cette heure ci. Elle m'a demandé d'aller faire un billet d'absence au bureau des surveillants pour la première heure, et de revenir à la deuxième. Et elle m'a claqué la porte au nez.

_ Continuez... dit Julian, persuadé qu'il n'y avait pas que cela.

_ Je... J'aime bien ma prof d'anglais. Elle est plutôt intelligente, et elle me cerne bien. C'est une petite femme brune et mince avec une sacré énergie et un esprit vif... Mais sur ce coup là, quand la porte s'est refermé, ça m'a vidé de toute mon énergie... Je... Je me suis sentie révolté, triste, et désespérée. Je n'ai pas eu la force d'aller au bureau des surveillants m'expliquer de mon retard. J'ai d'abord flâné dans la cours, mais je me sentais mal. Et de toute façon je ne pouvais pas aller à la deuxième heure sans un mot pour m'excuser de la première. Aussi... J'ai ressenti une grande lassitude... J'ai du mal à me lever le matin... Du mal à aller en cours... Du mal à regarder les autres... Et quand je réussi enfin à y aller, on me met dehors pour moins de dix minutes de retard... Cela m'a achevé, je suis partie.

_ Vous ne vous entendez pas avec vos camarades ? demanda-t-il.

_ Si... dit-elle. Je suis même plutôt populaire... Je n'ai jamais vraiment de problème avec les autres élèves. Je suis sociable, très ouverte... Je parle beaucoup et bien... J'ai deux trois excellent amis dans la classe...

_ Mais ? demanda Julian.

_ C'est juste que... C'est juste que j'ai l'impression de filer droit dans le mur... dit-elle. Chaque année c'est de pire en pire. Tout. Ma motivation, ma bonne humeur ne font que décroitre comme neige au soleil... Et ce n'est pas que moi, c'est le monde entier... Je ne vois plus... Je ne vois plus pourquoi je continue, dit-elle.

_ Vous n'envisagez tout de même pas de vous tuer ? s'offusqua Julian, qui avait une furieuse envie d'essuyer les larmes abondantes qui roulaient sur le visage de la jeune fille.

Elle ne répondit pas. Julian allait protester contre une telle idiotie quand elle lui coupa la parole :

_ C'est que... Je ne crois plus en l'avenir. Je ne pense pas que quoique ce soit de bien puisse m'arriver... Alors à quoi bon continuer ? … Si le meilleur est derrière moi et que seul le pire reste à venir... de pire en pire... Chaque année plus dur que la précédente... Pour finir sur une catastrophe... Alors à quoi bon ? À quoi bon persister ?

_ Ne soyez pas idiote ! s'énerva Julian. Vous avez quoi ? Seize ou dix sept ans ? - elle acquiesça-. Alors vous avez toute la vie devant vous ! Vous allez sortir avec tout un tas de beau garçon qui seront fou de vous et vous traiterons comme une reine - elle eut une moue méprisante - , vous irez à l'université, continua Julian, vous étudierez quelque chose qui vous passionnera et vous aurez des dizaines de camarades avec lesquels vous ferez la fête chaque soir ! Ensuite vous trouverez un métier qui vous permettra de de vous épanouir, vous tomberez amoureuse et fonderez une famille parfaite, et...

Elle le coupa, exaspéré :

_ Vous vivez dans un conte de fée ! Si par miracle j'ai mon bac, et encore c'est pas gagné, j'irais peut être à l'université, mais je louperai mes études et je finirais seule, grosse, moche, vieille, et sans doute même SDF !

_ Comment pouvez vous dire ça ! se scandalisa Julian. Vous êtes une personne de valeur ! Et vous avez l'air très intelligente ! Il y a des tas de choses que vous pourriez réussir avec succès !

_ Pffff, souffla-t-elle, méprisante. Il y a plein de gens qui ont bien plus de valeur que moi. Plein de gens sont plus intelligent que moi... Et de toute façon, ça ne suffit même pas à réussir ! Souvent les idiots s'en sortent mieux...

_ Ne dîtes pas ça ! Vous êtes capable de tout ! s'exclama Julian. Vous pouvez devenir tout ce que vous voulez ! Vous avez toute la vie devant vous !

_ Vous ne me connaissez même pas ! hurla-t-elle, vindicative. Vous êtes un criminel !

À ce moment là la porte de l'autre chambre s'ouvra, et sa mère apparut dans le couloir.

_ Laura ? fit-elle.

_ Maman ! s'alarma la jeune fille, paniqué.

Laura... pensa Julian. Il connaissait enfin son prénom ! La mère le regarda et une lueur de panique s'alluma dans ses yeux.

_ Tout va bien madame, dit calmement Julian en soutenant son regard, retournez vous coucher, et restez dans votre chambre jusqu'au matin.

_ Oui, fit la mère. D'accord. Et elle referma la porte sa chambre derrière elle.

_ Qu'est ce que c'était que ça ? fit Laura, ébahit.

_ Je vais partir maintenant, dit Julian. Je suis désolé de vous avoir fait peur.

_ Vous n'êtes vraiment venu qu'a cause de mon immobilité de ce matin ? s'interrogea la jeune fille. Vous allez partir ? Vraiment ? Comme ça ? Pas que je veuille que vous nous voliez, ou pire, hein... dit-elle. C'est juste que... et comment avez vous pu renvoyer ma mère dans sa chambre comme ça ?

Julian sourit sous ce flot de question précipitées.

_ Vous n'avez plus peur de moi ? demanda-t-il.

_ Eh bien si... mais... fit la jeune fille. Mais si vous aviez voulu me faire du mal, vous auriez pu depuis longtemps !

_ Je ne veux vous faire aucun mal, assura Julian. Je sais que c'est fou. Mais j'étais inquiet depuis que je vous avais vu sur cette place, je n'arrêtais pas de penser à vous, alors je suis venu voir comment vous alliez. Je pensai vous trouver endormi...

_ Vous pensiez que j'allai me tuer ? demanda-t-elle.

_ C'est le cas ? demanda-t-il.

_ J'y ai pensé, rétorqua-t-elle avec indifférence, pour sa plus grande horreur.

Julian frémit :

_ Vous ne pouvez pas faire ça !

_ Pourquoi ? demanda-t-elle. Je sais que vous croyez en moi, apparemment, mais moi je me connais, et je sais que je fonce droit dans le mur. Je suis en train de couler, plus les années passent plus je m'enfonce... Oh certes ! Je ne devrais pas être malheureuse, certain trouveront scandaleux que je me tue. J'ai des parents qui m'aiment, je mange à ma faim, je n'ai jamais froid la nuit... Et pourtant je ne suis pas heureuse ! N'est ce pas là d'ailleurs la plus grande preuve de mon incompétence ? Je ne suis même pas fichue d'être heureuse alors que j'ai tout ! Le monde n'a pas besoin d'une geignarde comme moi. Hors, je ne peux pas être autre chose. Il vaut donc mieux pour tout le monde que je me tue !

_ Non ! dit Julian. Il en est hors de question !

Il était stupéfait, son coeur battait à toute vitesse dans sa poitrine, il sentait son sang circuler dans ses veines. Son pouls battre à ses tempes... C'était elle ! Ce qu'on lui avait raconté était vrai !

_ Je fais ce que veux ! déclara Laura, les mains sur les hanches, le menton dressé, hautaine et furieuse. Et pourquoi mon sort vous soucis autant hein ? Si je meurs vous aurez mauvaise conscience c'est ça ? Eh bien je m'en fous moi de votre mauvaise conscience ! Et vous savez quoi ? Je m'en foutrais encore plus une fois morte !

_ Ce n'est pas ça, dit Julian. Ce n'est pas de la mauvaise conscience que me causerai votre mort.

_ Alors quoi ? demanda-t-elle. Qu'est ce que ça peut être d'autre hein ?

_ Ce serait comme mourir, dit-il... calme.

_ Hein ? fit-elle, interloquée. Pardon ?

_ Je vous aime, dit Julian. Je suis tombé amoureux de vous sur cette place...

_ Quoi ? Fit-elle, tout d'un coup beaucoup moins agité. Vous délirez ?

_ Non, Laura, non... Je délire pas... Je ne veux pas te perdre, je t'aime...

Puis il s'approcha d'elle, pétrifié de stupeur elle le laissa faire. Les sens de Julian s'aiguisèrent, et il sentit leur excitation monter à tout les deux. Elle était terrifié, mais elle le désirait. Pourtant, quand il fit un pas de plus elle recula, butant contre sa table de nuit. Julian lui prit le menton dans la main et l'embrassa.
Il mordilla ses lèvres, et les torturèrent pour qu'elles s'ouvrent. Mais elle se dégagea violemment, recula, et s'essuya les lèvres avec le bras. Puis elle resta muette, sous le choc.

_ Quel âge tu as Laura ? demanda Julian.

_ Dix... dix sept ans, dit-elle en bafouillant.

_ Tu n'as jamais rien fait avec personne n'est ce pas Laura ? demanda-t-il.

_ Non... rien, confirma-t-elle, les yeux dans le vague.

_ Tu veux encore je te t'embrasse ? demanda Julian, de sa voix la plus sensuelle.

_ Je... je sais pas... balbutia Laura.

C'est que cet homme était tellement beau avec ses cheveux bouclés, d'un châtain satiné et ses yeux vert émeraudes. Grand, mince, mais fort, avec quelque chose de princier... Il se mouvait comme un chat... Avec grâce et agilité. Et il y avait en lui quelque chose de bestial, comme une force contenue. Elle devait admettre à son grand dam, qu'il était effroyablement attirant. Mais il fallait qu'elle reste méfiante ! Elle le savait. C'était un inconnu bizarre, entré chez elle en pleine nuit par effraction... Jamais elle n'aurait du être là, à hésiter à lui offrir ses lèvres. Non. Elle aurait du crier au scandale. Au lieu de cela elle haletait, et sentait des spasmes dans son entre jambes...

Tu fais n'importe quoi ma pauvre Laura... se dit-elle.

_ Laisse moi te montrer ce que tu veux Laura, dit Julian.

Puis, il tendit une main pour lui caresser le visage. Elle le laissa faire. Il essuya chacune de ses larmes, sauf la dernière, qu'il but en embrassant son visage. Puis il baisa ses lèvres. Il rapprocha leurs deux corps, et tout d'un coup, il trembla de la tête au pied. Il lui lécha le cou, et elle sentit ses dents sur sa gorge... Il la mordit doucement, et tout d'un coup il recula, la tête entre ses mains.
Hébété, Laura le vit piétiner vers la fenêtre.

_ Qui y a-t-il ? demanda-t-elle, car il semblait vraiment souffrir tout d'un coup.

_ Julian, dit-il tout bas.

_ Pardon ? fit-elle sans comprendre.

Il ouvrit la fenêtre, Laura cru qu'il faisait un malaise et avait besoin d'air frai. Peut être souffrait-il d'une maladie ? C'est vrai qu'il avait le teint extrêmement pâle, la peau presque transparente. Dans ce cas, elle devait lui paraître bien idiote à vouloir mourir alors qu'elle était en pleine santé, se dit-elle.

_ Je m'appelle Julian, dit-il.

_ Julian... répéta-t-elle, testant la sonorité sur sa langue.

_ Au revoir Laura, dit-il. Je reviendrais.

Puis il sauta par la fenêtre. Époustouflée Laura se précipita pour regarder dans la rue. Elle le vit, sombre silhouette qui s'éloignait déjà... Il ne boitait même pas ! La tête pleine de tout ce qu'elle venait de vivre, Laura s'effondra sur son lit... Elle doutait de pouvoir faire quoique ce soit avant plusieurs heures...

Julian, lui marchait droit devant lui en s'ordonnant de ne pas réfléchir, s'interdisant de faire quoique ce soit d'autre que rentrer chez lui. Il ne devait pas y retourner. Il ne devait pas la mordre. Parce que maintenant il en était certain. Ce que lui avait dit d'autres vampire était vrai. Et même si pour les autres cela demeurait une histoire improbable, car cela arrivait très rarement. Lui, il l'avait trouvé. Et au bout de 58 ans de vampirisme seulement... Qu'il le veuille ou non, il allait avoir des ennuis...


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Lucifuru
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MessageRe: Pourpre Orléans ; le sourire de la nuit [R]   Publié le : Lun 28 Mar 2011 - 16:34



Chapitre 2 : Regards



Il faisait jour dehors, huit heures du matin, et Julian était encore devant ses écrans, fixant l'immeuble du 3 rue des carmes. Lorsqu'elle sortit. Laura.
Bien, elle allait en cours au moins. Parfait. C'était toujours mieux pour elle que de rester enfermé.
Le téléphone sonna. Julian soupira, et décrocha avec appréhension. Il se doutait de l'objet de l'appel et n'avait pas envie de ce qui allait suivre. Il aurait aimé qu'on le laisse tranquille...

_ Allo ? fit Julian, blasé.

_ Comment ça va De Faulconnier ?

_ Appelle moi Julian, Dérek, fit Julian d'un ton plein de lassitude.

_ Mais je trouve ton nom de famille vraiment cool, c'est du gâchis de ne pas s'en servir.

_ Tu as quelque chose pour moi ? lâcha Julian, dans un soupir.

_ Ouais, pour ainsi dire, du grabuge vers Tours. Tu peux y aller ?

_ Sortir de la ville ? fit Julian étonné. Pourquoi moi ?

_ Tu sais, il n'y a pas tant de vampire de la corrélation que ça, en France. En fait, il n'y a pas tant de vampire que ça. Tout court. On manque de main d'oeuvre.

_ Je ne sais pas... dit Julian. Ça m'arrange pas, je suis occupé en ce moment.

Julian ne cessait de suivre Laura dans la rue. Elle était presque arrivé au bout de la rue de la république. Elle allait bien au lycée apparemment...

_Occupé ? fit Dérek, moqueur. Toi ? Occupé à quoi ? Tu ne sors jamais de ton trou ! Tu ne fais jamais rien ! Tu pourrais tout aussi bien être déjà mort.

_ Je suis déjà mort Dérek. Et toi aussi, fit remarquer Julian, d'un ton las.

_ On est des morts vivants, Julian... On est sensé vivre quand même un peu...

_ Je ne peux pas quitter la ville en ce moment, certifia Julian.

_ Pourquoi ? C'est important ? questionna Dérek.

_ C'est une question de vie ou de mort.

_ Julian, tu es le plus près...

_ Tu n'es pas loin de Tours toi non plus.

_ Je suis à Paris, tu es quand même plus près.

_ Je ne peux pas quitter la ville, répéta Julian, pas en ce moment.

_ Bon sang Julian ! s'énerva Dérek. Tu sais pas dans quel merdier tu me met si tu refuses ce boulot. C'est moi qui vais devoir y aller, et je ne suis pas fais pour ce type de mission ! Elle demande plus de... de délicatesse...

_ C'est quel type de mission ? demanda Julian, en observant sur l'écran sa protégée qui venait d'arriver devant le terminal des bus, tout près de son lycée.

_ En fait il s'agit de récupérer un objet, avant qu'il ne cause des ennuis. En effet il...

Dérek continuait de parler, mais Julian ne l'écoutait plus. Il était captivé par l'écran... Mais qu'est ce qu'elle faisait ?
Laura s'était arrêté sur le bord d'un trottoir, et, le bout de ses chaussures dépassant dans le vide, et elle regardait la route. Qu'attendez-t-elle pour rejoindre le trottoir d'en face afin de gagner son école ? Il n'y avait pourtant aucune circulation.

_ … donc tu comprends pourquoi il faut que ce soit toi qui y aille ? acheva Dérek.

_ Hein ? fit Julian, distraitement.

_ Julian ? Tu as écouté ce que je t'ai dis n'est ce pas ? s'énerva son ami au bout du fil.

_ La ferme Dérek ! fit Julian abruptement.

Il se passait quelque chose de pas normal avec Laura, il voulait comprendre, et l'autre l'empêchait de réfléchir avec son babillage incessant.

_ Quoi ? Non mais qu'est ce qui te prends Jul...

Julian raccrocha sans attendre que Dérek finisse sa phrase, et recentra toute son attention sur Laura qui ne bougeait toujours pas. Bon sang ! Mais c'était une habitude chez elle de s'immobiliser tout d'un coup ?

Le téléphone sonna, et énervé, Julian le débrancha en tirant un coup sec sur la prise. Il ne pouvait pas le laisser cinq minutes ? Ce n'est pas le bon moment Dérek bon sang ! songea-t-il.
Il y avait quelque chose de différent avec la première fois dans la parfaite immobilité de Laura qui l'alarmait. Et tout d'un coup il comprit. C'était ses yeux. Hier, quand elle s'était arrêter de marcher ses yeux étaient resté très vivants, et avaient exprimés toute sorte de sentiments très puissants. Alors que là : Ils étaient morts.
Le coeur de Julian paniqua dans sa poitrine et il crut qu'il allait s'étouffer d'angoisse.

Idiot, tu ne peux pas t'étouffer ! Tu ne respire plus depuis des années ! se raisonna-t-il. Mais malheureusement, cela ne le convainquit pas beaucoup, car son coeur n'était pas non plus sensé battre la chamade, hors c'est exactement ce qu'il faisait.

Il pensa alors qu'il aurait du demander à Dérek ce qu'il savait de ce phénomène étrange. Mais Julian se dit tout au si vite que ça n'aurait servit à rien en fin de compte. Dérek était un trop jeune vampire pour savoir réellement grand chose là dessus. Même s'il était ambitieux et avait vite appris.
Beaucoup plus vite que Julian, qui évitait tout ses semblables. Quand on l'avait présenté à Dérek, en lui disant que celui ci serait désormais son partenaire, Julian avait eu peur. Le jeune cajun, originaire d'Amérique, ne lui avait pas du tout plu au premier coup d'oeil. Il l'avait trouvé peu fiable. En fait, il l'avait même prit pour un bouffon. Dérek était en effet rarement totalement sérieux, il ne pouvait s'empêcher de raconter des bêtises et de faire des blagues. Mais Julian avait fini par reconnaître qu'il était finalement digne de confiance, et pas si dur que ça à supporter. Étrangement, alors que Julian, trop solitaire et sérieux, ne s'entendait avec personne, et que Dérek avait une personnalité sociable et exubérante, leurs rapports fonctionnaient bien. Ils ne s'étaient jamais vraiment disputé, et il y avait toujours eu une espèce de tolérance entre eux. Comme s'ils acceptaient chacun avec philosophie les sales petites manies de l'autre.

Seulement là, son partenaire lui en voudrait sûrement de lui avoir fait faux bond, et de lui avoir parlé sur ce ton. Julian savait qu'il devrait tenter de réparer les pots cassés plus tard, mais il s'en préoccuperait après. Pour le moment la seule chose qui l'intéressait c'était l'attitude de Laura, et elle requérait la moindre parcelle de son attention.
Pendant que Julian réfléchissait à tout ça, il ne s'était écoulé que quelques secondes, et Laura n'avait toujours pas esquissé le moindre geste pour traverser la route, et aller en cours.

Le feu ne sera pas éternellement vert pour les piétons, tu sais Laura ? lui fit-il remarquer mentalement. Mais bien sûr elle ne l'entendit pas. Julian ne pouvait pas l'influencer d'aussi loin.
Ah oui, d'ailleurs, il ne pouvait même pas de près, se rappela-t-il. Ses tentatives dans ce sens avaient été un échec.
Comme l'avait prédit Julian, le petit bonhomme de signalisation devint rouge. Julian soupira, combien de temps comptait-elle rester planté là ? En plus son regard morne l'irritait Ce n'était pas la jeune fille intrépide pleine de passion qu'il avait vu la veille. Ce pouvait-il qu'il soit responsable de se brusque revirement ? se dit-il.

Julian se remémora alors les évènements de la journée précédente, et eut vraiment envie de s'infliger le fouet. Il avait été particulièrement idiot. Non seulement il l'avait effrayé, mais en plus il avait cassé la serrure de son appartement et se son immeuble.... Il l'avait même embrassé...

Et je lui ai dit que je l'aimai ! réalisa-t-il soudain, honteusement gêné.

Comment avait-il pu ? Mais sur le moment, ça lui avait parut tellement vrai... La seule et unique vérité. Quand elle l'avait accusé d'avoir de la « mauvaise conscience » si elle mourrait, il avait réalisé que ce n'était pas du tout ce qu'il ressentirait. Il avait comprit qu'il serait détruit par sa mort.
C'était ridicule, et il ne se l'expliquait pas. Mais il savait qu'il était déjà lié à cette jeune fille... Aussi solidement que deux personnes pouvaient l'être.

Il l'aimait. Ce n'était qu'une enfant. Mais il l'aimait.

Seulement je n'aurai pas du le dire si vite, se dit-il. Il l'avait sûrement paniqué. Elle n'avait certainement rien comprit à tout cela... Lui non plus d'ailleurs, n'y comprenait rien...
Pas étonnant que ça l'ait chamboulé idiot ! se dit-il. Un truc comme ça ! Normal qu'elle le ressasse autant !

Comment avait-il pu croire une seule seconde qu'elle irait mieux après ça ? Comme s'il l'avait aidé ? Non... au contraire. Il n'avait fait qu'ajouter à son trouble... Et c'était normal.

C'est de ma faute, se dit Julian en regardant tristement la jeune fille immobile. Si elle n'a plus de couleurs dans les yeux aujourd'hui, c'est de ma faute...

Et c'est alors qu'il la vit faire quelque chose d'incroyable. Elle s'élança sur la route au moment même où un bus arrivait...

Julian hurla, et il n'hésita pas, il se propulsa là bas. Usant d'un pouvoir qu'il maîtrisait mal, et qu'il n'avait utilisé que deux ou trois fois, sur des très courtes distances : La téléportation.
Dehors, il faisait jour, et dès qu'il apparut au soleil, il brula. Mais il n'en eu cure. Il saisit Laura, la plaquant contre son corps, et il se rematérialisa chez lui. Observant, le coeur battant à tout allure, le bus freiner un grand coup sur son écran de surveillance.

Il aurait du écraser Laura, mais il n'y avait plus rien devant lui... Le chauffeur dut se croire victime d'une hallucination, et bientôt il repartit.

Le visage contre sa poitrine, Laura haletait, le souffle court. Julian aussi, tentait de retrouver la maîtrise de lui même. Puis au bout d'un moment, il la sentit plus calme... Alors il l'éloigna de lui, la tenant fermement par les épaules, les bras tendu. Il s'écria :

_ Non mais ça ne va pas ?! Pourquoi avez-vous fait cela ?!


Laura ne le regardait pas vraiment... Les yeux baissé, la tête de biais, elle semblait regarder quelque part derrière lui, à la hauteur de ses genoux.

Cela irrita Julian qui la secoua à bout de bras :

_ Répondez !

_ Vous fumez, dit alors Laura d'une petite voix atone.

_ Non... je ne fume pas... dit Julian, croyant à une question.

_ Si, votre pull... Il fume, dit-elle.

Julian comprit et retira son pull. Il faillit hurler lorsque le tissu frotta contre sa peau. Il avait le dos brulé.

_ Nous ne sommes plus dehors, dit-elle.

C'était une constatation, rien de plus. Elle ne paraissait même pas étonnée.

_ Non, en effet, fit-il après avoir déposé son pull encore fumant sur le dossier sa chaise de bureau.

_ Vous avez sauté par la fenêtre hier. Vous ne boitiez même pas.

Julian comprit où ça allait les mener, mais il la laissa continuer.

_ Vous avez convaincu ma mère d'aller retourner se coucher... Vous m'avez mordillez le cou... Vous avez surgit de nulle part, et nous avez téléporté ailleurs... fit-elle d'une voix blanche.

_ Et ? la pressa Julian. Quoi d'autre encore ?

_ Et vous cramez au soleil... conclu Laura, aussi pâle que la mort, ou qu'il ne l'était lui même...

Julian attendit. Comment allait réagir Laura ? Allait-elle trembler de peur ? Se mettre à hurler ? Tenter de fuir ? Le traiter de monstre ? Ou pire, vu à quel point les vampires étaient à la mode chez les adolescentes... s'extasier...

Julian s'attendait à tout. Sauf à ce qui suivit. Laura n'eut aucune réaction. Arg non ! pensa-t-il. Elle s'est encore figé ! Ça suffit à la fin !

_ Laura ! dit-il en la secouant encore par les épaules. Réagit !

_ Je comprends pourquoi vous m'avez fait cet effet là, dit-elle, d'une voix cynique légèrement démente.

_ Quel effet ? demanda-t-il, intrigué.

_ Quand vous m'avez embrassé, dit-elle... Vous m'avez manipulé avec vos pouvoirs... ricana-t-elle. Vous m'avez embobiné pour me séduire, puis quand vous avez voulu me mordre, vous avez eu un sursaut de mauvaise conscience... Ou alors vous avez fleuré quelque chose que vous n'aimez pas dans mon sang, et vous m'avez dédaigné... fit-elle, pleine de rancoeur lasse.

_ Je n'ai pas... commença Julian avant de se faire interrompre.

_ Quand je pense que vous m'avez dit que vous m'aimiez ! Vous ne manquez pas d'air ! le coupa-t-elle en gigotant pour se dégager de son emprise. Mais il la tenait solidement et ses efforts furent vains. Et moi ! Quelle idiote ! fit-elle en secouant la tête négativement dans un geste plein d'amertume.

_ Je ne vous ai pas manipulé avec mes pouvoirs ! s'exclama Julian. J'ai essayé, je l'avoue, mais vous ne m'obéissiez pas.

Comme elle se taisait, il rajouta :

_ Souvenez vous ! Je vous ai donné pleins d'ordres auxquels vous n'avez pas obéi, dit-il. Si je vous avez manipulé vous auriez fait comme votre mère et m'auriez obéi sur le champ, comme une automate.

_ Ce que j'ai ressentit n'était pas normal, dit-elle toujours sans lui accorder le moindre regard. C'était trop puissant...

Sur ces mots, le coeur de Julian s'activa une fois de plus dans sa poitrine, le secouant plus et faisant d'avantage de dégâts qu'un troupeau de bisons lancés dans un galop furieux.

_ Regardez moi Laura, dit-il.

Mais Laura ne leva pas le regard. Il lui attrapa alors le menton, pour lui redresser la tête de force, mais elle résista. Il avait largement assez de force pour la faire céder, mais ne voulait pas se montrer trop brusque. Aussi renonça-t-il à lui faire bouger la tête pour le moment...

_ Pourquoi vous ne me regardez pas Laura ? lui demanda-t-il en l'embrassant tendrement sur la bouche, essayant sans succès d'y pénétrer de sa langue. De dépit, il lui mordilla les lèvres.

Elle essaya de fuir, mais il la tenait. Elle gémit, et tordit la tête dans tout les sens pour échapper à ses baisers. Frustré, Julian la lâcha.

_ Laura... dit-il calmement, pourquoi avez-vous tenté de vous faire tuer par un bus ?

_ C'est plus lourd qu'une voiture, et moins dur à trouver qu'une arme ou des médicaments... répondit-elle, d'une voix détachée.

Julian soupira longuement et violemment.

_ Vous allez recommencer ? demanda-t-il.

_ Oui, confirma-t-elle sans émotion.

_ Laura...fit Julian en soupirant. Je vous ai vu hier vu savez, sur cette place. Vous sembliez perdu et déprimée, c'est vrai, mais vos yeux étaient plein de vie et se remplissaient parfois d'amour et d'espoir. Que vous est-il arrivé ? Est-ce de ma faute ?

_ Non, dit Laura. C'est seulement qu'un jour ça va, un jour ça va pas... Et en fait, reprit-elle d'un ton cynique douloureux après un court silence. Il n'y a pas de jour où ça va véritablement... Juste certains, où c'est encore pire que d'habitude...

_ Ce n'est pas à cause moi ? redemanda encore une fois Julian après avoir réfléchi à ses propos, voulant en être certain.

_ Ne vous prenez pas pour le centre du monde... lui conseilla-t-elle, impertinente.

_ Je vais essayer... sourit Julian.

_ Où on est ? demanda Laura tout d'un coup.

_ Chez moi, sous la place du Martroi. Je vous observais avec ces caméras, dit-il en lui montrant du doigts les écrans dans son dos.

Laura se retourna et son expression lasse la quitta un moment remplacé par une fugace surprise.

_ Mon dieu ! Mais il y a toute les rues de la ville ! s'exclama-t-elle. Pourquoi avez-vous cela ?

Julian sourit en constatant qu'elle avait l'esprit vif. Elle lui avait posé la question sur son dispositif la plus gênante qu'elle aurait pu, car c'était celle dont la réponse dévoilait le plus de mystères.

_ C'est mon boulot de tout observer, dit-il. Je suis un espèce de surveillant des puissances occultes...

_ Et vous surveillez quoi au juste ? demanda-t-elle fascinée par les écrans et le spectacles de chaque rues.

_ Qu'il n'y ait pas d'évènements surnaturels. Que les humains puissent vivre entre eux, sans monstre ni magie, ou choses de ce genre, expliqua-t-il, fier de lui.

_ Chouette, alors c'est grâce à vous si notre vie est mortellement banale, lui reprocha-t-elle d'un ton aussi tranchant que l'acier.

_ Je vous assure qu'il vaut mieux que cela soit ainsi, dit Julian, vexé.

_ Si vous le dîtes... fit-elle sans aucune conviction, en retrouvant en grande partie son expression blasé qui l'avait momentanément quitté quand elle avait vu les écrans.

Puis elle se retourna vers lui, et le regarda enfin droit dans les yeux. Mais ce fut pour le défier et lui demander d'une voix pleine de rage :

_ Qu'allez vous faire de moi maintenant ? Me mordre ? Me séquestrer ? Me violer ? Me battre ?

Julian soupira un grand coup. Elle allait le rendre fou ! Mais il dit néanmoins d'une voix ferme :

_ Vous allez rester ici.

_ Donc vous me séquestrez... dit-elle, de nouveau blasé.

_ Si je vous laisse partir, vous pourriez réussir à vous tuer cette fois, et je ne veux pas en prendre le risque, se justifia-t-il.

_ Et pourquoi donc ? Qu'est ce que cela peut bien vous faire ? demanda-t-elle.

_ J'ai déjà exprimé la nature de mes sentiments à votre égard mademoiselle, dit-il d'un ton guindé.

_ Ah oui, fit-elle d'un ton moqueur et ironique. Je m'en souviens en effet. Vous m'aimez n'est ce pas ?

_ Effectivement, dit Julian sans se laisser démonter par son ton cassant.

_ Vous savez que j'ai dix-sept ans ? demanda-t-elle, pleine de mépris.

_ Oui, vous me l'avez dit hier.

_ Et ça ne vous gêne pas le moins du monde ? demanda-t-elle, d'une voix odieuse. Combien de siècles avez-vous, vous ? Peut être qu'a votre époque l'on engrossait des gamines de onze ans ?

_ Je ne suis pas aussi vieux que ça, dit Julian, qui ne souhaitais tout de même pas encore lui dire son âge. Et vous aimer ne me cause pas de problèmes puisque de toute façon je compte rester chaste avec vous.

_ Rester chaste ? rigola-t-elle, désabusée. Alors c'était quoi quand vous avez tenté de m'enfoncer votre langue dans la gorge ?

_ Ce n'était pas grand chose, dit-il sur un ton qui laissait imaginer ce qu'il pourrait vraiment lui faire en laissant tomber toute chasteté.

Laura trembla soudain des pieds à la tête, et Julian, mortifié, senti sa peur grâce à ses sens aiguisés de vampires.

_ Je suis désolé, dit-il, coupable. En ayant une monstrueuse envie de la serrer dans ses bras pour la réconforter, mais en se disant que cela ne ferait que l'effrayer d'avantage.

_ Et ma famille ? lui dit Laura soudainement. Si vous me gardez ici ils seront mort d'inquiétude.

_ Si vous mourrez, croyez-vous qu'ils iront mieux ? lui demanda Julian décidé à ne pas céder.

Il la garderait avec lui.

_ Au moins, ils sauraient à quoi s'en tenir, dit-elle froidement.

_ Êtes vous aussi égoïste ? lui demanda Julian surprit. J'avais cru après vous avoir vu contenir vos cris pour protéger votre famille qu'ils vous importaient plus que ça ! Ils seront certainement détruit par le chagrin s'il vous arrivez quelque chose. Et vous, ça vous laisse froide ?

_ Non, dit simplement Laura.

_ Non quoi ? l'encouragea-t-il.

_ Non, ça ne me laisse pas froide. Seulement si j'y pense je vais pleurer, et je n'en ai pas envie.

Julian s'adoucit. Comment avait-il pu oublier les larmes d'hier, dans sa chambre ? Elles avaient coulées à flots. Laura n'était pas quelqu'un de froid... Loin de là. Elle se retenait, voilà tout.

_ Je suis désolé, dit-il, touché.

_ Si vous voulez vraiment vous excuser laissez moi partir, dit-elle, ne perdant pas le nord.

_ Non, je suis désolé, vous restez avec moi.

_ Combien de temps ? demanda-t-elle.

_ Jusqu'à ce que je sois sûr que vous n'allez pas tenter de vous tuer à nouveau.

_ Vous vous moquez de moi ?! dit-elle. Ce jour pourrait ne jamais arriver !

_ Alors peut être vais-je vous garder éternellement, dit-il avec un grand sourire. Ce ne serait peut être pas pour me déplaire...

Épuisée, Laura s'affala sur la chaise de Julian, et pleura doucement, le visage entre ses mains. Julian la regarda désemparé, et se sentant à nouveau coupable.

Décidément je ne suis vraiment pas doué, se dit-il.

Puis il rebrancha le téléphone, pour que Dérek puisse le rappeler, et il se demanda comment il allait bien pouvoir faire maintenant... Il avait déjà une envie folle de la mordre, et une autre, de l'embrasser... Aussi, sortit-il de la pièce en grognant, et ferma-t-il la porte à clé derrière lui, la laissant seule avec les écrans de surveillances.



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MessageRe: Pourpre Orléans ; le sourire de la nuit [R]   Publié le : Mar 29 Mar 2011 - 19:03


Chapitre 3 : Dramaturgie



De l'autre côté de la porte, Julian, avec son ouïe hors norme, entendait les pleurs pourtant relativement silencieux de Laura. Chaque sanglots, chaque gémissements, arrachait au vampire une douleur dans sa poitrine. Il n'eut pas la force de s'éloigner. Dans le couloir, il resta près de la porte. À l'écouter.
Au bout de plusieurs longue minutes le silence se fit totale, puis Julian discerna des bruits de mouvements dans la pièce.
Elle allait surement jouer avec le matériel, se dit-il. Tant pis, elle en avait le droit. Il lui faisait confiance pour ne pas tout casser...

Comment est ce que je peux déjà lui faire confiance ? se demanda-t-il.

Il n'en savait rien, après tout, elle ne lui devait aucune loyauté. Il l'avait enlevé contre son gré, et elle aurait été tout fait en droit de tout saccager. Pourtant, Julian ne pensait pas qu'elle le ferait.
Julian, une main posé sur la porte, essayait de suivre les mouvements de Laura dans la pièce. Avec ses cinq sens surdévelloppés il sentait la moindre vibration que provoquait Laura, et en se concentrant il pouvait même percevoir les déplacement d'air que causait sa masse lors du moindre mouvement. Et ce, malgré la paroi entre eux.
Il avait affreusement envie de la rejoindre, et il avait été idiot de la coincer dans cette pièce. Que ferait-il si Dérek rappelait ? Il n'avait pas de téléphone dans les autres pièces. Et en plus, il aurait du être en train de surveiller la ville. Quoiqu'il y ait peu de chance qu'il se passe quoi ce soit en plein jour...

Au bout d'un moment, Laura, qui devait d'après lui être en train pianoter sur toute les commandes, finit par se lever et s'approcher de la porte. Elle envoya un violent coup de poing dans celle-ci et Julian eut mal pour elle, la porte était solide, le coup puissant lui avait certainement été douloureux. Mais cela ne sembla pas la gêner outre mesure puisqu'elle enchaîna d'une voix puissante et purgé de tout sanglots :

_ Eh ! Le vampire ? Tu es juste derrière non ? Je ne t'ai pas entendu t'éloigner dans le couloir...

Julian soupira...

_ Je suis là... dit-il d'une voix légèrement démoralisé.

_ Je m'ennuie, dit Laura, d'un ton boudeur et accusateur. Si tu compte me séquestrer pendant longtemps va falloir me trouver un truc à faire ! Je déteste l'ennuie ! Et je suis insupportable quand je m'ennuie ! Je deviens comme un lion en cage, tu n'aimeras pas ça.

Julian ne répondit rien, il était coincé de l'autre côté de cette porte, il ne pouvait ni s'éloigner, ni l'approcher, au risque de lui faire du mal...

_ Apporte moi au moins un ordinateur ! dit-elle, puis il y eut un silence avant qu'elle reprenne : Ah non, je pourrai demander de l'aide... Bien sur...- elle soupira – Apporte moi au moins ma DS et mes jeux !

_ Ta déesse ? demanda Julian sans comprendre.

_ Ma nintendo DS ! lui dit-elle. T'en fais pas, je ne peux pas envoyer de messages par internet avec... Si tu vas la chercher n'oublie pas le chargeur et les jeux où ça ne servira à rien, le prévint-elle.

_ J'irai peut être cette nuit, dit-il.

_ Ce serait bien que tu laisses un mot à mes parents aussi. Un mot de ma main, qui leur dirait que je suis pas morte, et que je reviendrais, dit-elle.

_ Oui, bonne idée, confirma-t-il.

_ Et des vêtements, je vais avoir besoin de fringues aussi. Si tu ne sais pas à quoi ressemble ma console ou où trouver mes jeux, demande à François, mon petit frère, mais je t'interdit de lui faire le moindre mal !

_ D'accord... fit Julian, en enregistrant le nom de son frère. Un prénom assez démodé pour un jeune garçon qui devait avoir dix-onze ans...

_ En parlant de fringues, dit-elle, ton pull a un gros trou dans le dos... Comment tu vas ?

_ Tu es inquiètes ? demanda Julian, en essayant de ne rien espérer.

_ Non, juste curieuse, dit-elle. Tu guéris à quelle vitesse ?

_ Assez vite quand il s'agit d'une blessure normal, mais il me faut plusieurs heures pour une brulure dut au soleil...

_ Tu ne peux pas te soigner avec quelque chose ?

_ De la crème glacé... dit Julian.

_ Non, merci, je n'ai pas... commença Laura, avant de reprendre : Attends, tu veux dire que tu utilises de la crème glacé pour te soigner ?

_ Il y a quelque chose dans le lait, qui est bon pour ça... Je ne sais plus trop quoi... Je n'ai jamais été bon en science.

_ Pas étonnant si tu es vieux comme Mathusalem, dit-elle.

_ Je ne suis pas si vieux, lui répéta-t-il.

_ C'est ce que tu dis ça, tu es vraiment sûr de ne pas être né à une époque antédiluvienne ? le provoqua-t-elle.

_ Je suis né en 1923 ! Je suis de ce siècle, soupira Julian.

_ Désolé de te décevoir mon croco, dit-elle, mais jusqu'à preuve du contraire on est au vingt-et-unième siècle, et tu es né dans le précédent.

_ Je voulais dire, du même siècle que toi... Mon croco ? fit Julian, déconcerté.

_ Je voulais dire « mon coco », mais mon croco te vas mieux... À cause des crocs, vois-tu ? s'amusa-t-elle à se moquer. D'ailleurs tu en as ? Des crocs je veux dire... J'en ai pas vu.

_ Ils poussent quand je vais mordre, avoua-t-il, de plus en plus largué par le comportement de cette jeune fille.

Est ce qu'elles sont toutes comme elle, les adolescentes au vingt-et-unième siècle ?
se demanda-t-il. Aussi... déconcertantes et infernales ?

Et attachante aussi,
il devait bien l'admettre.

_ Alors ? demanda-t-elle, le sortant de ses pensées.

_ Alors quoi ? demanda-t-il, toujours derrière la porte.

_ Tu as mal au dos ?

_ Oui.

_ Tu veux que je t'étale de la crème glacé ?

_ Non merci ! dit-il sur le champ, effaré par la proposition.

De toute façon il ne pouvait pas l'approcher dans l'état où il était.

_ Vu l'emplacement de la brulure, ça ne va pas être facile pour toi de le faire seul, dit-elle.

_ Ça m'est égal, répondit-il, de toute façon cela va se soigner.

_ Tu t'es brûlé en me sauvant la vie, laisse moi t'aider, dit-elle.

_ Tu ne devrait pas plutôt m'en vouloir pour ça ? demanda-t-il surprit. Tu voulais mourir non ?

_ Certes, répondit-elle, mais cela ne m'empêche pas d'apprécier le geste...

_ Tu as beaucoup de vocabulaire, dit-il... Tu aimes lire ?

_ J'adore ! répondit-elle. Je lis au moins un roman par semaine depuis que j'ai sept ans !

_ Tu lis quoi ?

_ De la science fiction et de l'héroïque fantasy, en majorité... Des policiers et des romans historiques, aussi, parfois...

_ Des histoires de vampires ? fit-il, ironique.

_ Non, c'est pas trop mon genre, trop gnangnan... Y'a toujours de la romance là dedans, moi je préfère les trucs pour mecs. Avec de l'action.

Julian sourit, une véritable garçon manquée... Elle ne s'intéressait pas encore à l'amour apparemment, trop jeune...

_ Ne changez pas de sujet je vous prie, reprit-elle. Comment va votre dos ? Me laisseriez-vous vous soigner ?

_ Est ce que c'est un piège pour essayer de vous enfuir quand j'ouvrirais la porte ? demanda soudainement Julian, qui n'arrivait pas à croire qu'elle s'en fasse réellement pour lui.

_ Certainement pas ! s'offusqua-t-elle. Je ne suis pas assez idiote pour tenter de me battre avec un vampire ! Même blessé. Je ne suis malheureusement pas très musclé, je ne fais pas de sports...

_ Pourquoi ? Vous n'aimez pas le sport ? demanda-t-il.

_ Non, j'aime bien me dépenser physiquement, je déborde souvent de trop d'énergie. Mais c'est parce que je lis trop. On peut pas tout faire... Y'a pas le temps. Et aussi parce que j'aime pas les sportifs.

Julian rigola, elle aimait bien le sport, mais pas les sportifs ?

_ Tu devrais essayer un sport individuel, comme la course à pied, lui conseilla-t-il.

_ Tu veux dire courir comme ça sans but ? Dans un jogging affreux ? À s'en faire suer douloureusement ? Tu rêves ! Je serai bien incapable de faire quelque chose d'aussi étrange...

Julian rigola.

_ Non, si j'avais le temps, dit-elle, je ferai un sport de combat, ou de la natation... J'adore nager...

Le ton était devenu tout d'un coup rêveur et cela étonna Julian. Elle avait effectivement l'air d'adorer nager... En entendant ça il eut envie de lui faire plaisir. Il se dit qu'il pourrait même aller jusqu'à lui construire une piscine, ici, sous la place du Martroi. Si elle restait suffisamment longtemps... Il était assez épris d'elle pour se montrer idiot à ce point.

_ Tu es en quelle classe au lycée ? demanda-t-il, en souhaitant en apprendre encore plus sur elle.

_ En terminale L. Vous savez ? Littéraire.

Julian acquiesça.

_ Tu n'aimes pas les sciences ? voulu-t-il savoir.

_ Si ! Mais bon, là encore, on peut pas tout faire... Et ce que je préfère faire, bien que j'adore la biologie et la physique-chimie, c'est lire. Donc je suis allé en L.

_ Et tes notes ça va ? s'inquiéta-t-il.

_ Ça va ! Quand j'y vais... fit-elle, d'un ton mordant.

_ Alors pourquoi penses-tu que tu échoueras dans tes études ?

_ Parce que je pense qu'un jour je n'irais plus. Je n'aurai plus la force de me rendre tout les jours en cours.

_ Agoraphobie ? demanda Julian, il voyait mal une personne aussi extravertie avoir peur de la foule, mais bon...

_ Appelle ça comme tu veux. Mais ce n'est pas vraiment ça, répondit Laura. C'est un mal bien plus moderne. Certainement la peur, non pas de la foule, mais de la réalité.

_ La peur de la réalité ? s'étonna Julian. Tu veux dire que tu veux fuir le monde réel ? Dans ce cas pourquoi te tuer, pourquoi ne pas passer ton temps à lire par exemple ?

Ce serait toujours mieux pour elle que de finir sous un bus, se dit-il.

_ On ne peut pas faire ça Julian. Fuir le monde réel c'est impossible. C'est voué à l'échec. Faire ça c'est courir droit dans le mur.

Julian se tut, elle avait déjà utilisé cette expression, elle avait dit « à quoi bon continuer, si on sait qu'on court droit à la catastrophe ? », ou quelque chose de ce genre.
Il commençait à cerner ce qui n'allait pas chez elle.

_ Pourquoi tu veux fuir le monde réel pour commencer ? demanda-t-il.

_ Parce qu'il n'est pas à la hauteur du rêve bien sûr ! Les autres peuvent peut être faire des compromis. Mais pas moi. Moi je ne veux rien de moins que ce que veux et je le veux tout de suite. Je veux tout ou rien, et que ce soit entier ou alors je refuse tout net !

_Antigone... murmura Julian.

_ Quoi ? fit Laura, décontenancée.

_ Antigone, la version de Jean Anouilh, tu l'as lu ?

_ Non pourquoi ? fit-elle un sourcil levé de perplexité.

Avec ses sens surnaturellement aiguisé Julian savait dire dans la plus part des cas si une personne mentait. Et apparemment elle était parfaitement sincère.

_ Alors tu as un don pour la dramaturgie, dit-il. Ce que tu as dit est presque au mot près l'une des répliques de la célèbre pièce de théâtre Antigone, expliqua Julian.

_ Et moi qui croyais que c'était un fléau moderne... dit-elle déçu.

_ Les temps changent mais pas les Hommes, soupira-t-il. Les jeunes femmes restent des jeunes femmes, peu importe l'époque...

_ Tu trouves ça ridicule que je souffre pour quelque chose d'aussi caricatural ? demanda-t-elle, avec un soupçon de colère dans la voix.

_ Non, dit-il sincère.

Il comprenait.

_ Tu es juste trop entière toi même. Ce n'est pas une honte, c'est même une sacré qualité parfois. Les gens comme toi ne sont jamais faux.

_ Tu le penses vraiment ? demanda-t-elle d'une petite voix derrière la porte.

_ Bien sûr, vous êtes tellement passionnés que vous ne pouvez même pas être autrement que totalement vous même. Totalement sincère en toute circonstance. C'est admirable.

_ Merci...dit-elle. Normalement les gens jugent que je n'ai aucun tact, aucune diplomatie. Que j'exagère tout le temps, que je ne suis pas raisonnable, et que parle trop, trop fort, que j'en veux toujours et en fait toujours trop...

Julian rigola à travers la porte, et se laissa glisser sur le sol, pour s'assoir contre elle.

_ Cela te dérange ce que les gens disent ? demanda-t-il.

_ Habituellement non. Peu m'importe ce que les autres pensent. Je n'en fais toujours qu'a ma tête. Mais comme ils me font tous, tout le temps, les mêmes reproches, alors qu'il ne se connaissent même pas, ça fait du bien d'avoir enfin un avis différent !

_ Je comprends, dit-il en rigolant.

_ Entrez, dit-elle.

_ Pardon ? fit-il, interloqué.

_ Ne restez pas derrière cette porte, dit-elle. C'est ridicule de parler chacun dans une pièce différente ! J'en ai marre de devoir tendre l'oreille pour vous entendre !

Julian ricana, elle n'avait pas l'ouïe aussi fine que lui. Enfin... Il fallait dire qu'elle hurlait, elle. Quoiqu'il était certain qu'elle ne dirait pas ça. Sans doute que quand elle hurlait vraiment, c'était encore bien pire... se dit-il, et à cette idée il frissonna d'appréhension. Il ferait forcément un jour les frais de ses hurlements... Le jour où il la mordrait. Car il ne pourrait pas se retenir éternellement, il espérait seulement que ce jour là, il ne la tuerait pas...

_ Allez, ne restez pas de l'autre côté ! dit-elle. Ouvrez cette porte. Vous êtes un grand et beau vampire, vous ne devriez pas avoir peur d'une gamine ! le tança-t-elle ouvertement.

Elle pense vraiment que je suis beau ? se demanda-t-il en se trouvant stupide lui même de la joie qu'il éprouvait à le savoir. Puis il se dit qu'elle avait raison. Son attitude était ridicule. Surtout que Dérek allait rappeler, et qu'il devrait bien retourner assurer la surveillance de la ville un jour... Aussi se leva-t-il en soupirant. Puis il déverrouilla la porte et entra dans la pièce où se trouvait Laura.

Et dès qu'il la vu, il pria pour que ce ne soit pas aujourd'hui le jour où elle pousserait des hurlements pendant qu'il la viderai de son sang. Parce qu'il en mourrait d'envie.

Il paraissait que s'il le faisait, il deviendrait un demi-dieu surpuissant capable de résister au soleil, et que son coeur repartirait. Il serait à nouveau vivant. N'aurait plus besoin de boire de sang. Et il serait immortel.
Julian se souvint du jour où il avait entendu cette légende. Il paraissait que chaque être vivant avait une âme soeur dans le monde. Et que les vampires n'échappaient pas à la règle.
Une âme soeur était sensé être une partie de vous-même, un morceau de votre âme. Hors un vampire n'avait plus d'âme propre à lui même et le seul et unique moyen pour lui d'en retrouver une, était de voler celle de son âme soeur.
On racontait que le vampire qui rencontrerait son âme soeur, la reconnaîtrait tout de suite, car il se sentirait revivre à ses côtés. Et que son coeur se remettrait à battre. Mais qu'il aurait une envie folle de la vider entièrement de son sang après lui avoir fait sauvagement l'amour. Et quand procédant ainsi, il aspirerait son âme, et deviendrait un vampire pourvu d'une âme et d'une vie. Une créature presque aussi puissante qu'un dieu, disait-on.

Seulement cela n'intéressait pas Julian. En effet, que lui faisait-il d'être un demi-dieu dans un monde où Laura n'existerait plus jamais ? Il n'imaginait déjà plus de pouvoir perdurer sans elle...

_ Antigone voulait mourir elle aussi, dit-il tout d'un coup à Laura.

_ Ah... Et elle est morte à la fin ? lui demanda-t-elle.

_ C'est une tragédie grec, dit-il, bien sur qu'elle est morte.

_ Ah... fit Laura, sans faire plus de commentaires.

Je ne laisserai pas notre histoire devenir une tragédie,
se dit-il alors, férocement résolu.



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Lucifuru
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MessageRe: Pourpre Orléans ; le sourire de la nuit [R]   Publié le : Dim 10 Juil 2011 - 4:33


Chapitre 4 : Chocs


_ Enlever votre T-shirt, lui demanda Laura. Pour que je puisse voir votre brulure.

_ Certainement pas ! s'offusqua Julian, avec un mouvement de recul.

_ Ne faîtes pas l'enfant, le disputa Laura, vous devez être soigné !

_ Je vous assure que la raison pour laquelle je refuse n'a rien d'enfantin, marmonna Julian, qui se disait que si elle touchait sa peau nu, il perdrait aussitôt la raison et je jetterai sur elle comme un animal affamé.

Il avait déjà du mal à la sentir si proche sans lui mordiller les lèvres... Son odeur le rendait fou, et il aurait voulu ensevelir son visage dans ses cheveux pour les humer à plein poumons...

Mon dieu ! Ça ne va vraiment pas ! Je vais craquer ! se dit Julian. Mais heureusement, à ce moment là, le téléphone sonna, et Julian se jeta dessus comme si sa vie en dépendait.

_ Allo Dérek ? dit-il avec un soulagement sans borne largement audible.

_ Julian ! Ça ne va pas de me raccrocher au nez ? Et tu m'a dis de la fermer ! hallucina Dérek.
Ça fait 15 ans qu'on bosse ensemble et jamais tu n'avais haussé la voix... J'avais même fini par me dire que tu étais incapable de la moindre vulgarité... continua-t-il d'une voix moqueuse. Qu'est ce qui t'as pris ?

_ Désolé mon vieux, dit Julian, mais j'ai du gérer une situation d'urgence, et il me fallait toute ma concentration.

_ Qu'est ce qui se passe ? Tu vas bien ? s'inquiéta soudainement Dérek.

_ Oui, ne te fais surtout pas d'inquiétude, le rassura sur le champ Julian. Je n'ai pas été en danger un seul instant.

_ Alors que s'est-il passé à la fin ? s'agaça Dérek. De quelle, « situation d'urgence » tu me parles ?

_ De celle où une autre vie est en danger, du type où l'on n'a qu'une seconde pour sauver quelqu'un.

_ Arrêtes de parler par énigme Julian ! s'énerva Dérek. Dis moi les choses clairement à la fin ! Tu as du sauver quelqu'un ?

_ Écoutes Dérek, dit Julian, je suis désolé mais je ne peux pas tout t'expliquer maintenant. Saches seulement que j'ai un gros problème sur les bras en ce moment, et que, le temps que je le règle, je ne vais rien pouvoir pour toi... Il est hors de question que je quitte la ville.

Laura, qui avait au début écouté attentivement, semblait depuis peu s'ennuyer ferme, et elle vint soudainement coller son oreille au combiné de Julian. Au moment même où Dérek s'écriait :

_ Tu as un gros problème sur les bras ?? Mais bon sang expliques moi ! C'est quoi ton problème Julian ?

_ Moi aussi j'aimerai bien savoir quel est son problème ! soupira Laura toujours collé au téléphone, tout près d'un Julian que leur soudaine proximité avait figé de stupeur.

_ Mais en ce qui concerne votre discussion, reprit-elle. Julian parlait sans doute de moi. Je, dois être son problème, je suppose...

_ Et qui êtes vous ? s'étonna Dérek, qui n'en revenait pas qu'il y ait une présence féminine chez Julian.

_ Laura, une humaine qu'il a kidnappé et qu'il séquestre... Contre sa volonté, bien sûr, expliqua-t-elle.

À ce moment là seulement, alors qu'il était déjà trop tard, le cerveau de Julian trouva la force de se reconnecter, et il se recula violemment.

_ Qu'est ce que c'est que cette histoire Julian ? Tu es devenu fou ? l'exhorta Dérek.

_ Non, Dérek, non, répondit Julian d'une voix calme. Je t'assure mon vieux que j'ai une excellente raison de... de la séquestrer... comme elle dit...

_ Laquelle ? lui rétorqua son ami, septique.

_ Fais moi confiance ! dit simplement Julian. Et Envoie quelqu'un d'autre à Tours.

_ Et qui hein ? demanda Dérek. Tu crois qu'il y a beaucoup de personne prête à me rendre un service ?

_ Pourquoi tu ne demande pas à ton frère, Dave ? l'interrogea Julian. Il peut se téléporter partout dans le monde, lui, non ?

_ On voit que tu connais pas Dave ! dit Dérek. Je suis sûr qu'en ce moment même il est bien trop occupé à s'enivrer dans un lieu obscur pour répondre au téléphone !

_ Ben appelle le quand même ! dit Julian, en raccrochant, car Laura était en train de tirer sur son T-shirt pour l'enlever.
____________________________________________________


À des milliers kilomètres de là Lana avait repéré un vampire. Il était grand et brun avec d'immenses yeux verts forêts. Leurs regards se croisèrent...

Oh super ! se dit-elle, ironique, en voyant le vampire se précipiter sur elle à grand pas.

Elle posa la main sur le pieu qu'elle cachait sous sa veste. Le vampire la plaqua contre un mur et planta ses dents dans son cou. Elle gémit puis elle plaqua le pieu sur le coeur de son agresseur mais il continua à s'abreuver en ne se rendant compte de rien, ce qui lui fit lever les yeux au ciel d'exaspération.

_ Vous avez un pieu sur le coeur, dit-elle.

_ Hmmm ? grogna-t-il, toujours en extase.

_ Je presse un pieu sur votre poitrine, articula-t-elle distinctement et d'une voix assez forte pour couvrir les bruits de sussions.

Le vampire décolla les lèvres de sa gorge, cligna des yeux et les baissa ensuite sur le pieu.

_ Qu'est ce que vous faites ? demanda-t-il stupidement.

_ Je vous menace, dit-elle avec de la lassitude dans la voix.

Le vampire cligna des yeux encore une fois, perdu.

_ Vous ne me tuez pas ? dit-il.

_ Ça dépend, dit-elle. Vous alliez me tuer ?

_ Non, répondit-il.

Puis il se redressa et s'éloigna de quelques centimètres tout en la gardant prisonnière entre ses bras tendu.

_ Qui êtes vous ? demanda-t-il.

_ Parce que évidement, je vais tout vous dire, soupira-t-elle en le regardant droit dans les yeux avec colère. Foutez le camp !

_ Quoi ? fit-il, consterné.

_ Vous avez bu non ? Vous avez prit ce que vous vouliez, non ? Alors maintenant ouste ! le harangua-t-elle.

_ Ouste ? répéta-t-il comme un perroquet.

_ Oui, fit-elle en relevant les yeux au ciel. Ouste ! Dégaaage !

Elle posa ses mains sur son torse pour le rejeter et le vampire se laissa faire, il décolla ses bras du mur, et les croisa sur son torse dans une posture farouche.

_ Vous m'avez laissé boire ? demanda-t-il.

Elle grogna.

_ Ouais, et maintenant tu te casses ! fit-elle en séparant bien les dernières syllabes et en tendant le bras et son index dans la direction où elle espérait qu'il se rendrait sans plus tarder.

Il la regarda comme si elle était une nouvelle espèce d'animal très rare et dit :

_ Je résume : Vous saviez que j'étais un vampire, vous auriez pu me tuer mais vous m'avez laissé boire, c'est ça ?

Elle grogna encore.

_ Ouais, et je commence à le regretter.

_ Pourquoi avez vous fait ça ? demanda-t-il, perplexe.

Elle soupira. Décidément celui là était un têtu ! Elle irait sans doute plus vite en lui répondant qu'en essayant de ne rien lui dire, décida-t-elle.

_ Vous étiez en chasse ! Il valait mieux que vous vous en preniez à moi plutôt qu'a quelqu'un qui n'aurai pas pu se défendre si vous aviez eu l'intention de tuer, expliqua-t-elle le plus rapidement possible, sans aucune patience.

_ Vous saviez donc qu'il était possible que je n'ai pas l'intention de tuer ? demanda-t-il.

_ Ouais, dit-elle. Je connais les vampires. Je sais que certain ne tuent pas.

_ Et ? fit-il, s'attendant à plus d'explications.

_ Et quand ils ne tuent pas, je ne les tues pas, dit-elle. C'est donnant donnant.

_ Mais qu'est ce que vous êtes au juste ? demanda-t-il, éberlué.

_ Je suis exaspéré ! dit-elle. Je vous ai laissé boire, mais j'ai aucune envie de taper la discute !

Et sur ce elle le repoussa et s'en alla d'un pas vif.

Dave la laissa filer. Il était encore sous le choc. C'était la première fois en cinq siècles qu'une chose de ce genre lui arrivait.

Elle avait été totalement immunisé contre ses attaques mentales. Il n'avait pas pu pénétrer son esprit. Pas une fois. En fait, il ne l'avait même pas sentit. Comme si elle n'était même pas là.

Il l'avait tout de suite repéré dans le club. De long cheveux blonds et des yeux couleur whisky, sur un grand corps élancé et musclé. Elle devait faire presque un mètre quatre-vingt, se dit-il, admiratif.
Elle était jeune, mais elle avait un visage très mûr. Et elle était indubitablement humaine. Il avait sentit son pouls, et entendu son coeur s'accélérer.

Pourquoi sortait-elle en boite de nuit avec des pieux ? se demanda-t-il. Elle ne chassait tout de même pas les vampires ? Si ?

Il eut un frisson d'effroi, pourvu qu'elle ne laisse pas n'importe quel mort vivant lui vider les veines en attendant de voir s'il allait tenter de la tuer ! Elle avait eu de la chance avec lui ! Ne s'en rendait-elle pas compte ?

Il la chercha du regard, mais ce n'était pas évident, la salle était sombre, enfumée, et surpeuplée. De plus, il y avait une majorité de blonde.

Ouais, mais pas comme elle, se fit-il la remarque.

Elle, elle était unique en son genre ! Et pas qu'a cause de sa grande taille, ou de ses yeux ambrés. Mais surtout à l'aura de « danger » qui planait autour d'elle, tout chez elle hurlait : « Je suis une femme forte, et je vous emmerde ! ».

C'est ce qui avait attiré Dave vers elle. Il trouvait ses airs sur d'elle irrésistibles, cela lui avait mit l'eau à la bouche.

Puis enfin, il la repéra. Et il n'en cru pas ses yeux ! Elle était dans un coin isolé et particulièrement sombre, plaqué entre un mur et le corps d'un mec qui avait sa tête enfoui contre son épaule.

Oh non ! Mais elle était folle ou quoi ? Il lui en avait déjà prit ! Combien de sang pouvait-elle se permettre de perdre encore ?

Il s'approcha, quand tout d'un coup le mec se volatilisa en un petit tas de cendre. Elle l'avait buté celui là !

Dave était choqué, il ne se souvenait pas avoir déjà vu une humaine tuer un vampire. Des humains, oui, mais en groupe, et tous des hommes. Jamais de femme, et encore moins en solo !

Il l'approcha, et en le voyant venir elle leva les yeux au ciel et soupira.

_ Non mais vous êtes folle ? demanda Dave.

_ Et vous, fit-elle. Vous pourriez pas me lâcher la grappe ?

Puis elle tenta de s'éloigner en le laissant planté là. Mais Dave attrapa son bras et la força à se tourner vers lui.

_ C'est dangereux ce que vous faites ! Vous allez vous faire tuer !

Elle le regarda comme s'il lui avait dit une ânerie d'une banalité affligeante. Et c'était sans doute le cas... dut bien se l'avouer Dave. Mais elle n'avait pas l'air d'être consciente des risques !

_ Je vous ai déjà pris trop de sang ! dit-il. Vous devriez rentrer chez vous.

_ Ouais, ben, à qui la faute hein ? Si ça vous plait pas vous aviez qu'a pas me siphonner ! rouspéta-t-elle tout en libérant son bras de son emprise.

Dave fut surprit par sa force.

_ Je suis désolé, dit-il. Je ne savais pas que vous étiez une imbécile de Buffy qui se prendrait pour un distributeur automatique de boisson pour vampire. J'avais l'intention de vous laver le cerveau et de vous renvoyez chez-vous !

_ Parce que les vampires regardent Buffy ? dit-elle, les yeux écarquillés.

Dave roula des yeux de consternation et l'attrapa pour la tirer vers lui avant de la relâcher.

_ Je suis sérieux, dit-il. Rentrez chez vous !

_ Parce qui sinon, quoi ? demanda-t-elle, pleine de morgue et de défi.

_ Parce que sinon je vous jette par dessus mon épaule comme un sac à patate et je vous emmène chez moi de force !

Elle le regarda comme s'il lui était poussé une deuxième tête, et éclata de rire.

_ Essayez toujours ! lança-t-elle avant de dignement tourner les talons.

Furieux d'être ainsi ignoré, Dave la rejoignit en une seconde, l'attrapant par la taille d'une seule main, il la souleva sans effort sur son dos.

_ Lâchez moi ! hurla-t-elle en débattant.

_ Certainement pas ! répliqua-t-il en lui assenant une petite frappe sur les fesses. Je vous avais prévenu !

Lana était folle de rage : Il lui avait touché les fesses ! Non mais ! Et puis quoi encore ? De quel droit ? Il allait le regretter ! Elle tourna la tête vers lui et lui asséna un brutal coup de coude dans la mâchoire.

La vision de Dave se troubla soudain sans qu'il ait le temps de comprendre et une violente éruption de douleur explosa à l'intérieur de sa bouche et de son crâne. Accroupi sur le sol et sonné, il vit un magnifique popotin moulé dans un jean noir qui s'en allait.

Il se secoua et tâcha de reprendre ses esprit. Qui l'avait attaqué ? La fille ! Où était-elle passé ? Attends, ce n'était pas son superbe postérieur s'en allant qu'il avait entraperçu tout à l'heure ?

Il se releva et regarda partout autour de lui, il la vit au bar, en train de siroter un cocktail... Bouillonnant de colère, il la rejoignit au pas de charge.

_ Vous m'avez frappé ! dit-il en s'adossant au comptoir à ses côtés, plus choqué qu'il n'aurait osé l'admettre.

_ Et vous, vous m'avez tripoté les fesses ! riposta-t-elle.

_ Ce n'était qu'une toute petite tape, se défendit-il.

_ Vous n'aviez pas le droit de toucher à mes fesses ! l'accusa-t-elle.

_ Vous m'avez laissé vous mordre, mais je n'ai pas le droit de toucher à votre élégant arrière train ? demanda-t-il, perplexe.

_ Parfaitement ! dit-elle. Mon élégant arrière train est une propriété privé ! Bas les pattes !

_ Oh excusez moi, dit-il, je n'avais pas vu le panneau.

_ Le panneau ? dit-elle.

_ Oui, celui indiquant la propriété privé.

_ Oh excusez moi ! dit-elle. La prochaine fois je porterai un jean avec l'indication : Pas Toucher !

_ Vous êtes excusé, dit-il en lui souriant d'un air canaille. Pensez quand même à faire mettre une inscription fluorescente, on y voit rien ici.

_ Oh vous alors ! dit-elle. Je regrette de plus en plus de ne pas vous avoir planté un pieu dans le coeur !

_ C'est pour ça que vous avez exterminé le deuxième ? Je vous avais trop exaspéré ?

_ Non ! C'est parce qu'il tuait des innocents.

_ Comment le savez vous ? dit-il, septique.

_ Il a tenté de me tuer ! rétorqua-t-elle.

_ Et vous êtes une innocente peut être ?

Elle lui jeta un regard haineux.

_ Pourquoi ? Cela vous étonne ?

_ Vous tuez des vampires, dit-il.

_ Seulement ceux qui sont dangereux, dit-elle.

_ Oh ! Mais je suis très dangereux, se vexa-t-il.

Elle le dévisagea avec mépris de la tête au pied puis remonta lentement jusqu'à ses yeux avant de proclamer :

_ Pfff, inoffensif.

_ Inoffensif ? répéta-t-il en faisant mine d'être horriblement dégouté.

Mais intérieurement, Dave s'amusait beaucoup.

_ Parfaitement inoffensif, confirma-t-elle.

_ Et à quoi voyez vous cela ? demanda-t-il. C'est tatoué sur mon front ?

_ C'est simple, dit elle : Je suis toujours intacte.

_ C'est peut être parce que j'ai d'autres projets pour vous, lui lança-t-il avec un sourire carnassier.

_ Vous pouvez toujours rêver, rétorqua-t-elle.

_ Je suis plutôt du genre à passer à l'action, dit-il en lui mettant les mains dans le dos pour la plaquer contre son corps.

Et il pencha sa tête. Lana se débattit et leurs bouches se percutèrent en un choc violent et les dent de Dave blessèrent la lèvre de Lana. Elle ouvrit la bouche pour protester et il en profita pour insérer sa langue en elle. Ce fut un baisé enfiévré, dominateur et sauvage, avec un goût de sang. Lana, pressée contre lui, sentit son érection et la panique monta en elle. La peur s'insinua. Dave, lui, entendit le coeur de la jeune femme s'emballer, mais il se mépris sur la cause et cru qu'elle était excité. En réponse il approfondi son baiser et l'entendit gémir.

Puis tout d'un coup Lana parvint à le repousser. Dave fut brutalement rejeté en arrière et il constata alors que quelque chose n'allait pas.

Lana tremblait, et de grosses larmes coulaient sur ses joues.

_ Qu'est ce qu'il y a ? dit-il, inquiet et se sentant déjà coupable sans comprendre.

Il voulu s'avancer pour la réconforter, mais elle hurla :

_ Ne vous approchez pas !

Il y avait de la vrai panique dans sa voix, aussi il n'insista pas.

_ Bien, bien, dit-il doucement. Tout doux. Je suis désolé.

_ Ne m'approchez pas ! répéta-t-elle en hoquetant. Plus jamais !

_ Oui, oui, d'accord, dit-il. Plus jamais sans votre autorisation.

_ Vous n'aurez pas mon autorisation ! assura-t-elle, en s'appuyant des deux bras sur le bar, encore toute tremblante.

_ D'accord, dit-il les deux mains levées en signe de paix. Je suis désolé. Je n'approche pas.

Il y eut ensuite un long silence où Dave attendit attentivement que Lana arrête de frémir. Puis tout doucement, il demanda :

_ Qui vous a fait du mal ?

Elle ne répondit pas, elle ne le regarda pas. Dave attendit un peu et reprit :

_ C'était un vampire ? C'est pour ça que vous les tuez ?

_ Ça ne vous regardes pas ! dit-elle, en abattant très violemment son poing sur le bar.

Dave grimaça et eut peur qu'elle se soit fait mal.

_ D'accord. Je suis désolé, répéta-t-il pour ne pas la brusquer.

Il y eut encore un long silence, que Lana mit à profit pour se calmer complètement et redevenir elle même.

_ Je vous ramène chez vous, dit Dave au bout d'un moment.

Elle le regarda éberluée.

_ Il n'en est pas question !

_ Bon, alors, fit-il, dans ce cas, vous rentrez chez vous, et je vous suis de loin pour vérifier que tout aille bien.

_ N'importe quoi ! fit-elle, les yeux écarquillés. Je ne veux pas que vous sachiez où j'habite !

_ C'est ça où je vous emmène de force chez moi, dit-il. Je ne veux pas que vous laissiez un autre vampire boire à votre cou.

_ Je ne le ferez plus, dit-elle en fixant le bois du bar avec détermination.

_ Plus jamais ? Ou plus pour ce soir ? demanda-t-il.

_ Plus pour ce soir, avoua-t-elle.

Il secoua la tête d'exaspération.

_ Rentrez. Je veux que vous soyez en sécurité, dit-il. Au moins pour ce soir.

Elle le dévisagea bien face :

_ Pourquoi ?

Il hésita. Pourquoi en effet ?

Parce que cette femme avait le don d'aiguiser ses instincts protecteurs, tout simplement. Mais il ne pouvait tout de même pas lui répondre ça !

_ Parce que si vous mouriez ici ce soir, dit-il, ça me gâcherai la soiré. Les flics débarqueraient et feraient évacuer tout le monde... Et je n'ai pas encore finit de m'amuser.

Elle lui jeta un coup d'oeil dégouté qui le blessa un peu, mais il fit comme si de rien n'était.

_ Eh bien dans ce cas, dit-elle. Je vais m'en aller. Mais seulement parce que, en ce qui me concerne, vous avez déjà gâché ma soirée.

_ Désolé, ne put-il s'empêcher de dire, mais il s'en tira en essayant d'avoir l'air moqueur. Et apparemment elle tomba dans le panneau puisqu'elle se hérissa en proclamant :

_ Je m'en vais ! Parce que je ne veux plus jamais vous voir, et même pas une seconde de plus !

Ensuite elle quitta la boite de nuit rapidement. Dave attendit un peu pour lui donner de l'avance et la suivit. Il veillerait à ce qu'elle rentre chez elle en un seul morceau. Et il ne put nier qu'apprendre où elle pouvait bien habiter l'intéressait aussi... Car qu'elle le veuille ou non, il la reverrait.

Il était en pleine filature quand son téléphone portable sonna. Le nom de son frère s'afficha sur l'écran. Dave ronchonna et décrocha.

_ Allo ? Dave ? fit Derek.

_ Désolé, dit Dave. J'ai pas le temps. Et il coupa son téléphone, raccrochant au nez de son frère.

Il ne voulait pas perdre la fille de vu...

Des milliers de kilomètres plus loin, Derek jura. Il n'avait plus le choix : Il allait falloir qu'il s'occupe tout seul du problème de Tours alors qu'il n'était pas du tout qualifié pour ça ! Voilà qui promettait...



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