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 Veenyria [+18]

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Anayen
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MessageVeenyria [+18]   Publié le : Ven 6 Mai 2011 - 5:28

Débutée en début d'année, Veenyria fait figure de test, une entrée dans le genre horreur/gore. Bien qu'il n'existe que la première partie actuellement, je compte écrire la suite dans un avenir proche en prenant en compte cette expérience et ses commentaires, afin de réaliser les actes suivants de façon plus précise et, si j'ose dire, incisive ! J'espère que vous apprécierez cette lecture.
Commentaire



Veenyria Acte I

[Ce texte contient des scènes de violence et un langage inapproprié aux lecteurs sensibles. C'est pourquoi il est déconseillé de le lire à toute personne d'âge inférieur à 18 ans.]

Aucun homme n'aurait pu imaginer qu'elle puisse exister, ni même qu'un tel déferlement d'horreurs puisse avoir la capacité d'être matériel, mais pourtant tout est vrai. Ses grandes portes acérées retroussées sur elles-mêmes pareilles à des mandibules d'arachnide laissent entrer les âmes perdues qui jamais n'en ressortiront. Jamais je n'aurai penser qu'elle puisse exister: Veenyria, la cité des cauchemars enfouis.

Je venais de me réveiller avec sursaut dans un endroit très sombre et sec. Mes mains tâtèrent le sol environnant, j'eus comme la sensation d'être en plein milieu d'un marécage tant bien par l'atmosphère étouffante et glacée que par l'herbe en décomposition s'écrasant sous la paume de mes mains, comme une vase immonde répandue sur toute la surface de la terre stérile. Je sentis des gouttes fraiches perler le long de ma nuque nue et, relevant la tête je pus apercevoir sans mal que l'écoulement provenait des feuilles de l'arbre en dessous duquel je m'étais assoupi. Puis vint un picotement désagréable dans toute la hauteur du dos qui semblait s'intensifier, puis s'atténuer avant d'atteindre de plus belle des pics de démangeaisons aiguës, et bien que je me frottai le dos il me semblait qu'au lieu de s'estomper ce fléau ne cessait de croître. Je me décidai alors de passer ma main sous le fin tissu recouvrant mon corps et pu constater avec horreur que quelque chose remuait sous ma peau, les mouvements étaient petits mais très nombreux. Je me relevai vite et m'éloignai de l'arbre d'où sortaient par dizaines de l'écorce des insectes carnivores qui escaladaient mes vêtements et creusaient ma chair pour s'en nourrir.

Je me mis à courir de toutes mes forces, sans doute en espérant faire cesser le grouillement que j'étais déjà parvenu à distancer de plusieurs dizaines de mètres. Je courus jusqu'à sortir de la forêt, je ne m'arrêta pas avant d'entrer dans un immense palais par une petite porte entrouverte que je fermai brusquement derrière moi. J'étais arrivé à une sorte de long corridor éclairé aux lueurs des quelques braseros suspendus au métal froid des murs. Plusieurs bestioles se frayaient encore un passage parmi les cavités dans ma chair qu'elles avaient creusées à coup de mandibules, mais je n'avais rien pour les faire sortir. Angoissé mais n'ayant aucune envie de retourner dans les bois je fis un pas, puis deux, puis trois avant d'entrevoir de fins faisceaux d'une apaisante lumière bleutée s'échapper d'une ouverture dans le mur. J'avançai à tâtons afin d'entrer en toute discrétion dans la pièce, cette dernière avait une allure de bloc opératoire et pour cause, un matelas surélevé était en contact grâce à une fine barre métallique sur un de ses côtés à une plaque impropre où étaient rassemblés en un large panel plusieurs outils chirurgicaux.

Empreint d'une véritable douleur dans l'avant-bras je soulevai les pans de ma veste. Les insectes s'étaient logés sous la surface de la peau où ils avaient creusés jusqu'à se regrouper, ce qui formait de nombreuses cloques blanches s'étalant sur toute la longueur de mon bras, chacune entourées d'un halo de rougeurs écarlates suintantes de sueur. Je regardai avec panique les accessoires qui comme par miracle étaient apparus devant moi, et c'est avec la même ferveur que j'empoignai le scalpel recouvert de crasse pour le diriger vers ce bras déjà meurtri. Le contact du métal froid sur ma chair brûlante me procura un certain soulagement qui surpassait presque la sensation de douleur quand je fis passer sur une cloque la partie plate de l'appareil. Je sentis les parasites bouger à l'intérieur tandis que je me décidai à enfoncer la lame afin de les extraire de mon organisme. Le scalpel transperça le kyste et ce dernier, au moment même où la pointe pénétra la chair, s'éclata en laissant s'échapper de la plaie infectée une substance immonde et gluante qui était un mélange entre chair, sang et pus. Puis suivant le déversement organique les insectes semblables à de petits cafards étirèrent la lésion jusqu'à pouvoir sortir un à un de la plaie devenue béante. Ils grouillaient à la surface de ma peau couvertes maintenant de cratères pour chaque pustule que j'avais entaillé profondément, jusqu'à ce que le dernier corps étranger s'échappe de la plaie afin de tomber au sol. Je les écrasai à chaque fois que le scalpel s'enfonçait, sentant leur carapace se briser sous la paume de mes pieds nus qui subissaient comme mon corps tout entier les contractions de douleur. Le dernier insecte mort je m'allongeai sur la table, étendant mon bras à l'air libre comme un trophée de ce que j'ai pu me convaincre de faire, tout en cherchant du regard aux meubles avoisinants n'importe quoi pouvant recouvrir les lambeaux de peau qui restaient attachés au reste de l'épiderme par de fins rubans organiques. Je ne trouvai qu'une vieille serviette usagée suspendue par des crochets au mur opposé à la porte.

J'allai la détacher quand j'entendis des bruits provenant du corridor, comme un morceau de ferraille grattant la surface du métal à l'extérieur de la salle ou j'étais alors. Soudain je pris conscience d'un fait qui m'aurait paru évident mais dont je venais à peine de réaliser la conséquence: la porte était encore ouverte, et les grincements froids se rapprochaient d'elle, lentement mais surement. Je n'avais aucune envie de connaître la provenance du résonnement macabre, la seule question s'étant totalement emparée de mon esprit était "avais-je seulement le temps d'atteindre la porte afin de la refermer avant que la chose à l'extérieur n'y soit parvenue?". L'interrogation n'avait feint qu'un court instant qu'un choix était possible: il fallait que je tente, car aucun échappatoire n'était envisageable depuis cette pièce totalement close, sans aucune ouverture vers l'extérieur... mise à part cette porte. Tout ce que je pourrai donner afin qu'elle soit fermée, condamnée même en cet instant précis, tout ce que je donnerai, cela vaut bien un bras mutilé au moins non?

La créature s'approchait, j'entendais chacun de ses pas retomber au sol mêlés à d'affreux gargouillements sourds. Ce n'est qu'après ce très bref instant qui me semblait avoir occupé l'espace de plusieurs minutes que je me décidai alors à fondre sur la porte sans ne penser à rien d'autre qu'à la poignée. Mais j'eus cette impression étrange, comme si ce que je voyais n'avait aucun sens, comme si quelque chose n'avait pas été là auparavant, ou n'avait pas lieu d'être. Alors que je me précipitai vers la porte ouverte vers l'extérieur et que donc, je fus contraint de sortir momentanément de la pièce pour prendre en main la poignée, je lançai un bref regard de côté et ce que je vis me paralysa de terreur: dans le couloir, à pas plus de trois mètres seulement de moi titubaient les vestiges d'un homme rendu difforme par les multiples fractures ouvertes, amputations et entailles recouvrant la totalité de son corps blafard. Une de ses jambes profondément dépecée était soutenue par un terrifiant appareil métallique dont les pointes transperçaient ses os saillants, cet appareil même qui frottait contre le mur dans un grincement assourdissant. Son visage -tant bien que l'on tienne à le nommer ainsi- était défiguré et semblait exprimer une extrême souffrance si bien que ses traits étaient tellement étirés qu'on ne voyait que les cavités vides de son visage où avaient dû se trouver, probablement dans un passé plus ou moins lointain, la bouche, le nez et les yeux. Il avait perçu ma présence, je ne sais par quel don du diable cela avait-il pu être réalisable mais il savait que j'étais devant lui, terrorisé par cette apparition cauchemardesque qui ne cessait de s'étirer, gesticulant en une danse morbide comme un guerrier primitif avant de s'élancer avec sauvagerie sur son ennemi. Mes pires craintes n'avaient pas pris longtemps avant de se confirmer: la chose venait d'accélérer, ses membres désarticulés remuaient davantage qu'auparavant à la cadence de plus en plus hâtive qui fit secouer les extrémités de son corps, à tel point qu'on pouvait craindre qu'elles se disloquent complètement. Je repris mes facultés physiques au dernier moment et refermai avec fracas la porte qui fit vibrer le métal des murs. Mon cœur battait la chamade, je ne saurais décrire précisément ce que je ressentais une fois le verrou hissé et l'unique entrée bloquée.

Mais l'impression que j'avais eu, cette sensation que quelque chose ne pouvait exister redoubla d'intensité. Je me tournai et constata avec horreur que la salle où j'étais à présent n'avait rien à voir avec celle que j'avais quitté à peine un instant pour refermer la porte: les murs étaient recouverts d'une épaisse couche de sang qui avait dû se déposer là par effusions violentes suite à un acte des plus barbares. Et pourtant, les outils chirurgicaux étaient impeccablement propres et posés sur la petite tablette en une rangée parfaite. La serviette avec laquelle j'avais essuyé mes plaies était accrochée au mur et blanche comme le carrelage sans la moindre semblance de saleté. Mais quelque chose me préoccupait davantage que ce nettoyage surnaturel: cette chose sur la table d'opération qui me regardait. N'était-ce pas celle-ci qui aurait dû rester coincée derrière la porte? La porte que je... À nouveau je fis volte-face et m'aperçus que la porte venait se s'ouvrir, elle n'a jamais été close puisqu'elle n'a jamais été dotée d'une poignée, ni qu'un quelconque autre mécanisme qui aurait permis sa fermeture. Mais ce visage.... ce visage... L'ombre vint, mes jambes venaient de lâcher...

J'eus un pseudo-sommeil agité de chants monotones pareils à des récitations de démons et des rêves, des rêves doux comme le rayon d'un soleil qui ne saurait prendre apparence ici. Je venais de me réveiller.... Ma vision encore très floue ne me permettait pas de distinguer nettement les contours, et même si je ne pouvais apercevoir ce qui se tramait dans l'obscurité, j'étais persuadé que cette ombre remuait devant moi... Ou plutôt sur moi quand la plus basique orientation me revint: j'étais allongé sur la table d'opération. La lumière m'éblouit, je refermai les paupières avant de les ouvrir de nouveau, le flou s'était quelque peu dissipé et je parvenais à comprendre les détails de cette présence au-dessus de moi, je vis alors ses yeux se fondre dans les miens. Une lueur rougeoyante m'instilla une peur sans nom, le regard inhumain de la créature s'était fixé sur mon visage crispé par la douleur. Une douleur qui provenait de l'abdomen, comme un tiraillement de l'intérieur.

Plus j'accomplissais le mouvement de paupières, plus j'apercevais les insanités s'étendre comme une implacable flaque d'un rouge écarlate. Soudain je réalisa enfin ce qui se passait, l'origine de ses tiraillements et les traces vermeilles dans ma vision peignant un tableau d'horreur: mes intestins gisaient hors de mon ventre, tout en étant tirés vers la gueule du monstre qui les dévorait peu à peu. Je tentai de me débattre mais en vain; les sangles me retenant à la table m'empêchaient tout mouvement. Je regardai toujours le monstre continuer à se nourrir de mes organes allègrement, il avait sur moi le regard d'un animal venant de planter ses crocs dans la gorge de sa victime en attendant la mort de celle-ci. Mes yeux injectés de sang se voilèrent, la scène s'évapora, le regard rempli de sauvagerie de la créature disparut dans la nuit, et j'entendis au lointain cette voix gutturale réciter ses prières profanes... "Eduareme'd setralc seltnent noser rionel snad."

Dans un sursaut de dément je retombai à terre. J'étais retourné dans la salle d'opération, mon bras tranché par le scalpel qui était avec les autres outils de chirurgie sales à côté, la serviette ensanglantée étendue sur le carrelage. Avais-je rêvé? Probablement que la douleur avait été tellement poignante lors de l'extraction des insectes que je m'étais évanoui. Si c'était le cas, tout cela signifiait que j'étais actuellement dans la réalité? Mais quel était alors cet endroit que j'avais pris pour un cauchemar? Brusquement je revins à une autre réalité: les résonnements métalliques sur le mur avaient repris: la créature était là et tout comme avant se rapprochait vers l'entrée de la pièce. Je fermai les yeux et ne cessait de me répéter que tout ceci n'existe pas et quand je les rouvrirai, je me serais échappé de tout cet univers infernal. Mes paupières se soulevèrent doucement, et sans grand étonnement rien n'avait cessé d'exister. Si j'étais bien dans la réalité, alors que pouvait bien signifier le rêve m'ayant conduit à la mort? Un avertissement? Le monstre ne pouvait être qu'une illusion d'une dimension parallèle. Quelque chose n'allait pas et n'avait pas lieu d'être, était-ce bien la poignée ou alors cette abomination surgissant de nulle part? Ce monde était vivant, et il venait de me prévenir de mon erreur. Je courus avant qu'il ne soit trop tard vers la porte, tout en ne prêtant aucune attention à la difformité me poursuivant et je m'éloignai rapidement de cet endroit. Tel un fugitif en pleine évasion je ne m'arrêtai pas, même quand le souffle venait à me manquer et que je dûs bien malgré moi prendre un moment de repos. Le couloir était extrêmement long, fermé par des murs de métal et encadré de plusieurs piliers tortueux.

Après un certain temps -je ne saurais donner plus de précisions-, j'aperçus une entrouverture à l'angle du mur auquel j'allai bientôt arriver. Pour la première fois depuis que j'avais quitté la salle d'opération, je lançai un très bref regard par-dessus mon épaule et c'est avec un grand soulagement que je constatai que la chose avait disparu. Je me réfugiai dans cette nouvelle pièce, peu large et très succinctement meublée, avec seulement un matelas à même le sol et... des longues et épaisses chaines dépassant de la paroi adjacente. Je ressentis encore cette désagréable impression qui m'avait obsédé lors de la première attaque dans la salle d'opération, et sans me laisser le temps de plus de réflexion, la porte massive derrière moi se referma lourdement. Le noir avait envahi la cellule, seulement percé par le fin halo lumineux flottant sur la cloison opposée que laissaient passer les brisures en arcs de cercle de la porte. J'approchai d'elles pour voir ce qui se passait à l'extérieur, le vacarme assourdissant de cris mêlés à des coups sur du métal me fit frissonner l'échine: je me trouvai à présent au sein d'une gigantesque prison et les nombreuses centaines d'autres cellules m'apparaissaient comme par un enchantement maléfique. Les sentinelles avaient des allures bestiales et certaines d'entre elles appliquaient d'horribles tortures aux prisonniers. Comment avais-je pu ne pas remarquer tout ça? Il devait bien y avoir une raison pour laquelle cette hallucination venait d'apparaître, était-ce encore une mise à l'épreuve de ce monde auquel je ne connaissais toujours rien? Je m'en évaderai, après avoir compris son fonctionnement je m'en évaderai...
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