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 [Poésie] Le Pacte de Novembre -G-

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Anayen
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Message[Poésie] Le Pacte de Novembre -G-   Publié le : Sam 20 Aoû 2011 - 4:33

Petite note avant de commencer:
Ce recueil est mon tout premier a être fait de façon approfondie et il m'a énormément fait progresser tant sur l'écriture du genre poétique, que sur ma considération de moi-même et de ma perception de certaines valeurs morales. Avec le recul, je n'ai pas été vraiment satisfait du contenu de ce recueil et si certain(e)s le trouvent gnan-gnan, sachez que je partage votre point de vue. Mais comme c'est grâce à cette première véritable expérience dans les lettres que j'ai évolué positivement, je tiens tout de même à publier ici l'intégralité des textes, bien que certains aient été tout à fait personnels, souvent même écrits dans la confidence à l'égard des personnes qui m'ont donné cette inspiration.
C'est pour tout cela que je vous remercie de votre compréhension et que je vous souhaite, je l'espère, de faire une bonne lecture.
Si vous cherchez un texte précisément, vous trouverez la liste des poèmes sur mon profil d'auteur, ce sera plus simple de retrouver un poème en particulier.


Et pour les commentaires, c'est ici !
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Anayen
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MessageRe: [Poésie] Le Pacte de Novembre -G-   Publié le : Sam 20 Aoû 2011 - 5:13

#01 - Novembre

Nos chemins s'y croiseront mon bien-aimé
Ornementés des racines de tes pensées
Venteront hagards les vents murmurants des chants
Et nous les siffleront aux fantômes des champs
Même la pluie ne saura pas faire silence
Brumaire résonne cet écho qui s'élance
Reflète la brise légère et rompt le charme
En instillant le doute à ses images parme

Elles dansent les dryades près du grand hêtre
Recouvrant de feuillages nos tombeaux nos êtres
Basculant en-dessous lentement sous la terre
Maudit paradis au goût de cimetière
Et se brisait le miroir nous étions cendres
Voici quand n'était plus l'ombre parmi nous deux
Orgueil chanceux car le mirage aux amoureux
Ne montrait pas le froid visage de Novembre


#02 - La Source

Aux rayons des aurores dansent les dryades
Les complaintes elles murmurent en tirades
Et sereines autour de ce cercle sylvestre
Se fondent en une seule entité terrestre

Une éphémère symphonie me parvient
Les échos j'en entends les accords gracieux

Illuminez ma voie ô mille lucioles
La seule dénuée de toute ombre frivole

Suivent l'iris mes pas flamboyants dans tes yeux
Au rythme de l'hymne glissant vers les miens

S'écoulent nos regards le long des rivières
S'éclaire le chant aux ondes de lumière
Nous apaisant l'unique comme deux enfants
Dans les odeurs baignant des cent parfums d'antan

Car rendus clairs nous nous y verrons aux lueurs
Plus jamais ensemble nous n'aurons de douleur
Puisqu'à la source sont liés nos âmes nos cœurs

Fièrement jaillissent des geysers du sol
Aux faisceaux lumineux de mille quintessences

En moi dégageant la pureté véritable
Qui à mon roi reviendra l'indétrônable

Cet éclat j'ai vu dans ta seule évanescence
Rompu il a mes chaînes brisé ma geôle

Vont au ciel mes vœux pour découvrir les merveilles
Aux créatures célestes et éternelles
Leurs visages je vois en la moindre parcelle
De ton iris où brûleront leurs blanches ailes


#03 - Pour Qu'à l'Aube

À l'ombre de chaque nuit blanche et douce
Dans un beau champ où l'herbe pourpre y pousse
Entendant les murmures de la brume
Le sentier je parcours sous la lune
D'un pré me conduisant aux améthystes

Je m'allonge à même la terre azur
Puis fixe les cieux ancrés d'étoiles
Dessinent les astres leur belle toile
Ton visage j'y vois dans les brisures
De ton portrait j'ai rêvé au noir fixe

Pour qu'à l'aube tout redevienne clair
Pour qu'à l'aube je puisse t'oublier
Et à jamais être ainsi délivré
De tes sept myriades de chimères
Pour qu'à l'aube je puisse reposer
Sous cette terre sereine et sans rêve
Pour qu'à l'aube soit imposée la trêve
Que je ne te vois plus ou que j'en crève
Jusqu'à l'aube, jusqu'à l'aube, à l'aube

Pour qu'à l'aube il n'existe plus de nuit
Juste l'ultime exode jusqu'à l'aube
Jusqu'à l'aube plus de nuit ni de toi
Pour qu'à l'aube je puisse être apaisé
De tous ces baisers qui m'ont ravivé
Jusqu'à l'aube n'entendre de tes cris
Que de lointains échos disparaissant
Au rythme des poignards me transperçant
Pour qu'à l'aube, jusqu'à l'aube, à l'aube


#04 - Le Dernier Sommet

S'ouvrira l'arche au mont des plus puissants monarques
Au sommet comme deux véritables exarques
Nous nous en irons pour en sentir les zéphyrs
Longtemps ils souffleront sur le sol de saphirs

Le trône se fait assiéger ô assaillants
Ils déferlent vous ô démons de l'ouragan
Vous serez vaincus et dans votre déchéance
Éteindrez à jamais l'infernale ignescence

Ornés les fronts de la couronne des grands rois
En maîtres nous régnerons sur les plus hauts toits
Et nous entendrons par-delà les noirs nuages

Dieux et déesses nous accablant mille outrages
Nous y régnerons jusqu'à la fin de ce songe
Et en aurons oublié au réveil ce mensonge


#05 - Fièvre

Descendait des feuilles vierges la rosée
Doucement s'écoulant depuis la clairière
Ô mais que la fraîche saveur printanière
Mêle à la sève des troncs un air de nausée

Remontant jusqu'aux bords asséchés de mes lèvres
Elles rampaient les créatures des ruisseaux
Se tortillait l'écume en symboles tribaux
À ma bouche je portais l'ultime fièvre

De nos vies celles aux racines vénéneuses
Aux désirs jamais assouvis de plaisirs fauves
Aux confins toujours s'égarant dans la tourbe

Une maladie aux immondes reflets mauves
Dont la seule guérison parfois douloureuse
Par l’Éternel délivre des envies du Fourbe


#06 - Corruption

La brume envahit la citadelle
Emplie de mille richesses passées
La pluie noire sur les ruelles
S'y déverse des cendres damnées

Les chants de prières gutturales
Présagent déjà de la fin des âges
Des innombrables figures picturales
Aux statues calcinées sans visage
N'expriment que le perpetuel carnage

Dévorantes les flammes du brasier
Exterminent les restes malsains de carbonisés
Infectés de l'immondice vérité
De n'avoir jamais été que cadavres
Le crépuscule clément étreint son havre

Résidant au centre de l'infamie
Se fanait lentement la rose noircie
Alors graciée d'un halo
Pareil aux ailes du corbeau
Qu'illumine cette offrande maudite
De treize abominables lueurs tacites

Luisante ruine au coeur de décomposition
Aux parfums des miasmes maladifs
Stagnait un vaste nuage corrosif
Pleurant l'acide létal de corruption

Ô formes indécises ce tableau dément
Au loin gronde le mont devenu volcan
Pensez-vous vraiment être dans le vrai
Quand tout n'est que vestige d'un lointain passé
Auquel l'essence on a préféré oublier


#07 - Stase

La lueur j’aperçois du fond de ton regard
Ce visage j'y mire aux doux reflets faiblards
Que ses traits sont gracieux son visage fin
J'aimerai plonger en explorer les confins

M'accorde ce miroir l'apaisant sourire
Pour tout ce qu'on peut partager tout ce plaisir
L'amour tu me dois aimes-moi alors sois sage
Aimes-moi et je t'aimerai bien davantage

Ma lumière tu es celle qui me miroite
Ma propre route elle la rendra ferme et droite
N'aura qu'à ta voie sans défaut s'y refléter

Ainsi je m'y verrai je m'y contemplerai
Ô bel amour réciproque à ces deux sujets
Qu'ils sont identiques doux reflets carnassiers


#08 - Thanatos

Un enfant je vis le long d'un chemin
Parfois d'un sentier menant à Alceste
D'un voile recouvert son noir visage
Chaque matin semblait se révéler
Et plus encore quand sera demain
Bien plus encore après nuits d'incestes

Soudain disparut alors le charmant mirage
Jusqu'au lendemain, jusqu'à un matin d'après
Son affreux visage à l'aube j'irai mirer

Cette nuit durant, les aurores j'attendrai

Où cessera la plainte à mère lune
Quand sera le rayon premier aux cimes
Il paraîtra de nouveau à l'appel
Le désirant de tout lambeau de chair
Aux mains mes cendres il tiendra dans l'urne
Du châtiment apaisera le crime

Des griffes libérera l'enfant les blanches ailes
D'un papillon voletant haut de lumière
Qui jamais pourtant ne quittera cet enfer

Cette nuit durant, les aurores j'attendrai


#09 - Barthélemy

S'écoulait dans son lit la Seine lentement
Apaisante ; toujours si silencieuse
S'emportaient toutes les pensées dans le courant
Aux lueurs chatoyantes et pernicieuses

La scène ne saurait abriter tant d'effrois
Lorsqu'un pétale se déposa à sa surface
Le charme rompu devint le torrent si froid
Le bleu de l'eau au rouge sang céda sa place

S'y déversant tous ses corps m'observent alors
Et le sain pétale aux couleurs ternes se fane
Résonnent au loin les hurlements des profanes

Ô flots impétueux Ô reflets du passés
Qu'aille aux serpents la dévotion condamnée
Et aux lions la raison n'admettant aucun tord


#10 - Anathème

Le dogme est lancé, et les fidèles succombent
Suivez la sentence ou recevez en la peine
Le dogme est lancé, au-delà de tous vos mondes
Que soit exécré l'indigne de l'Anathème

La voie s'enténèbre et émergent les fléaux
Gloire aux transgresseurs des lois alors obsolètes
La voie s'enténèbre, fracture aux divins maux
De leurs conditions les blâmes n'ayant su naître

Se fissurent les cieux des pluies pleuvant d'acides
Les plaies pansées des dix sacrilèges d'antan
Ô ferventes horreurs sont vos eaux si livides

Se dissipe un monde, de grâce un autre nait
Quand devenu voyant l'oeil apte au jugement
Vogue élégant aux élégies de liberté


#11 - La Voie de la Lune

À travers marées et chemins de brume
Seul, un homme marcha au pas lent d'inhumain
Suivant l'éclat des aurores nocturnes
Son regard aux horizons pointa si lointain

En ses yeux ses iris furent si vides
Les reflets ils eurent fixé des fonds marins
Pour y voler les clartés si livides
Aux horizons profondes rampa le pantin

Palpitant d'extase son coeur battit
Si fort, si vibrant quand naquirent les frissons
Serpentant jusque dans ses veines embrasées

Aux lueurs un instant il l'eut saisi
Quand furent englouties ses dernières visions
Destinant à la Lune ses flots embrassés


#12 - Les Marcheurs Lunaires

J'errais au sein d'un pré aux herbes verdoyantes
Des aurores pleurantes à leurs éclats aux cieux
Je percevais au loin le jaune de ses yeux
De cette bête esseulée à la faim hurlante

Le loup luisant aux lueurs azurs de la lune
Vagabondait criant de plaintes solitaires
Semblables aux détresses de chants monotones
J'y entendais en son souffle un soupir d'automne
Pleurant d'excès myriades de plaisirs austères
Diable que cette complainte était d'amertume

L'animal sauvage auprès de moi se recueillit
Ne gémissant plus il vint s'allonger sans bruit
À cette nuit ni moi ni lui ne survivrons
Au matin disparaîtront ses douces visions
Et avec elles les brises si apaisantes
D'un soupir craignant la réalité présente


#13 - Conquêtes

Aux diables l'enfer aux dieux le ciel
Et au conquérant la terre et mille étincelles
Le monstre aux étendards s'avancera au fiel
Recoltera la moisson des servants fidèles

Soyez debouts pour son avénement glorieux
Son Nom est sanctifié il descend des dieux
Acclamez l'Empereur de grâce honorez-le
Il est le premier à nous porter jusqu'aux cieux

D'un battement d'ailes sacrées de lumières
Chantent ensemble les peuples qu'Il conquiert
Un choeur au conquérant de douces prières
Jusqu'au coeur elles volent par-delà les mers

Il transformera la pierre en savant alliage
Et les barbares se changeront en grands sages
Le Prodige marchera car dans son sillage
Joncheront les impies au sang noir des rois mages

Mais aux déserts glacés ses ailes ne battront
Son souffle s'affaiblira au froid des tréfonds
Criez encore une dernière fois son nom
Criez avec foi lorsque vos vies s'en iront


#14 - Divin Naturel

Les graines de la vie émergent à nouveau
En de nouvelles aurores les racines
S'animent en des enchevêtrements de cimes
Reprenant forme en de magnifiques roseaux

Une période honorant la croissance
accomplie; elles s'épanouissent en fleurs
Arborant en les plus somptueuses humeurs
Les égides naturelles de renaissance

Mais maintenant la végétation se meure
Les éclats des couleurs vives s'estomptent alors
Et les feuilles brunes retombent à terre

Dorénavant c'est au grand froid que vient l'heure
La brume blanche devoile un parfum d'hiver
Ainsi reprendra cet infini cycle d'or


#15 - La Rose Blanche

Par des temps radieux j'ai imaginé longtemps
Qu'aux rayons lumineux j'aurai su te connaître
Quand venant l'astre ardent s'ouvriraient tes pétales
Recouverts des mille lueurs blanchies d'opales
Pour lesquels amoureux je n'aurai cessé d'être
Pour lesquels j'aurai pu vendre le firmament

Vus jamais nous ne nous sommes pourtant hélas
Sans signe de te savoir il n'était aisé
Te connaître je saurai parmi des milliers
Les autres à côté sont tellement fugaces

Ô si belle pousse de ses éclats d'argents
Mes pas elle guide à travers l'immense champ

Vacille la lumière de toute autre fleur
À la nuit seulement de cristaux éblouit
La blanche rose aux myriades inouïes
D'aussi fraîches et délicieuses couleurs

Pas un cil pas plus qu'un pétale n'était clos
Je fixais encor la divine apparition
Alors lentement apaisé je m'endormis
J'avais su la reconnaître étant assoupi
Parmi les ombres des fourbes illusions
Je resterai là même si tout n'est que faux


#16 - Bribes de Novembre

Ornementés des racines de tes pensées
Empreintes à l'automne de couleurs embrasées

Reflète la brise légère et rompt le charme
Miroitant le scintillement des fleurs profanes

De tels sentiments j'ai éprouvé si longtemps
Tant jeté au torrent leurs soupirs véhéments
D'enchevêtrés tourments m'ont conduit au serment
En vouant la lanterne aux assaillants sarments

Recouvrant de feuillages nos tombeaux nos êtres
Faits d'ébènes et rouages dont nul n'est maître

Et se brisait le miroir nous étions cendres
Aux incessants hurlements du visage tendre

L'amas au ciel noirci des fibres gangrenées
À l'unisson de mes cris vibre, déchiré
La détresse des rugissements foudroyés
Rendait taciturnes mes échos esseulés

Voici quand n'était plus l'ombre parmi nous deux
Nos amours brisées haletantes de cent feux


#17 - Novembre Partie II

Nos divins anges aux ailes ensanglantées
Obscurs éphémères des gloires oubliées
Voleurs en vos lumières je me perds au jour
En vos regards je n’aperçois que des vautours
Menez mon chemin en ce qui m'est infernal
Bordez d'arbres calcinés ma terre natale
Résistante à la brisure de vos naufrages
Échapper d'en rêver je n'ai eu le courage

Étranger si lumineux pourtant au lointain
Raffiné des sens plus tacites que les vents
Beaucoup de cendres ont voleté jusqu'au ciel
Mère Nature aux douceurs parfumées de miel
Emmène-nous à voir les blafardes blancheurs
Virevoltant aux crépuscules tourmenteurs
Où bercées des nuages les âmes unies
Ne chanteront alors qu'aux larmes de la pluie



#18 - Les Cycles De L'Infinie Perdition

Glorieuses souffrances des passées
En ce sanctuaire je vous les confère

Qu'elles percent au coeur mes damnés frères
Ô mystique exilé que ton torrent

Par l'écume des flots de Léviathan
Engloutisse toute larme de peine

Abolissez l'horrible face humaine
Pour qu'à l'aube du crépuscule ultime

N'en reste qu'une souvenance infime
D'un monde où tout n'était que vanité


#19 - Léviathan

Sonnent les trompettes funestes
Quand vient l'heure où les marées lestes
Se déversent vagues serpents
Succombant au brasier ardent

Depuis les abîmes des Hommes
Vient la créature sans forme
Remuant sinistres abyssales
Au gouffre piégeant les étoiles

Et le monstre alla au Soleil qu'il avala
Aveuglant les Hommes de ses pieuses lueurs
Entraînant le navire jusqu'aux profondeurs
Où jamais plus la lumière n'éclairera


Lorsque les illusions au temps propice
Prendront fin ils verront alors le vide

Mais perdus dans le néant des frigides
L'extase ils la trouveront encore

La fragile idée d'être plus que corps
Pour n'être aveugles qu'aux yeux de Méduse

Renvoyant leur image près des Muses
Une espèce si douce si belle

Qu'un poison au sein des chimères frêles
Porte tout espoir dans le précipice


#20 - Les Yeux de Méduse

Dans ce grand temple enfermée sans miroir
Ô faux sanctuaire véritable geôle
Son visage en cet antre elle imagine
Mais sans parvenir à l'apercevoir
Autant d'obscures passions frivoles
Lui ont fait croire à tord aux divins signes

Réside pourtant l'épais mur de verre
Où s'y voir jamais elle ne le pourra
Si ses cheveux ne sont pas d'or blanc
Son visage repousse la lumière
Puisqu'y survivre elle ne le pourra
Arrachant son dévolu aux serpents


Pas un mot pas un son ne résonnent
Je n'ai plus envie de tant de choses

Il me suffit d'un silence morose
Pour imaginer un univers autre

Un autre dans lequel je ne suis l'hôte
Où rien de divin ne pourra survivre

Je déteste ces voix au son de cuivre
Qu'elles disparaissent je veux mirer

Voir bien au-delà des réalités
Quelle expression sur leurs visages mornes


#21 - Absolution

L'assemblée des anges et des démons
Se confondait aux lueurs de l'horreur
Si je dois en être châtié félons
Je saurais renaître en la vraie ferveur


J'aperçois les regards du vrai démon
Mirages aux parallèles factices

Je devins adepte de ses délices
De ses visions de rêves féeriques

Je veux rester doux parfums idylliques
Périr quand seront mortes les fleurs noires

Vivre dans cet océan et en boire
Toutes ses larmes jusqu'à en mourir

Jusqu'à livrer mon ultime soupir
Pour raviver la feue inspiration


#22 - Les Champs Immortels

Émerveillé quand devant mon regard d'enfant
Au-delà de la raison s'étendaient des champs
Envoûté j'étais devant pareilles beautés
L'améthyste océan aux îles ombragées

Il restait tant à faire auprès des horizons
À dessiner tant aux plus pures passions
Qu'on pouvait entrevoir par-delà les sept mers
Les fiers navires voguant baignés de lumière

Ô infinies douceurs de l'azur estuaire
Reflétez en sa surface le ciel sanctuaire
Des milliers d'étoiles jusqu'aux nébuleuses

Affûtant ses cent lames eaux tempétueuses
Frappent aux falaises brûlantes assassines
Les champs immortels pour toujours inaccessibles


#23 - La Fin du Monde

Me renvoie le ciel ses beaux reflets d'emeraude
M'inonde le vent d'un doux parfum de jasmin
Et se brisent les vagues de la mer à l'aube
Des sommets rocheux une brise me parvient

Toutes ces fois où ont fixé mes yeux là-haut
D'un précipice je n'ai vu que tempérance
Être ivre je désire être ivre de tes mots
Jusqu'au final quand se briseront nos essences

Le voudrais-tu si demain nous ne sommes plus
Des brasiers aux étincelles de l'horizon
Savoir te connaître je l'aurai tant voulu
Si tout est fini en vain nous ne serons morts
Jusqu'aux cimes nous grimperons au plus haut mont
Pour sortir et à jamais courir en dehors


#24 - L'Appel des Muses

L'air apaisant, je m'éveille à d'or symphonies
Portées par les vents les notes des harmonies
Siphonnaient latentes les brises d'au-delà
Transvasait l'aurore entité rompant le glas
Les douces mélodies rimant à chaque pas
Chantaient une partition aux sons de lumière
Sans frontières murmurant des douces prières

À ses beaux chants en vibre une plume et écrit
Tout ce que d'amertume n'a pu conter la vie
Vivre après cette chanson j'aurai tant aimer
Lorsque s'en ira la composition, d'un souffle
Partir, jusqu'aux confins je m'en irai d'un gouffre
Même en cet enfer où le vent n'est plus que soufre
Toujours de chanter je ne saurai m'arrêter
Quand viendra alors à me manquer la claire voix
Les blanches harpes l'étendront outre trépas

Façonnent d'or les filaments un requiem
Versant chaque note mes larmes diluviennes


#25 - Le Pacte de Novembre

Au cloître de mille lucioles ferventes
Apparaissent ces hivers qui me hantent
D’amères mélodies je peux me souvenir
D'une note où semble mon esprit se tarir
Dans l'océan la larme de réminiscence
Brise en éclats l'ombre de ma fragile essence
Mythifiant mon histoire des aigres plumes
Qui jamais n'en prendront l'envol parmi la brume

Quand l'aube des lumières mystificatrices
Viendra un demi durant jouira la justice
Pour qu'enfin je puisse revoir le doux visage
De la fille abandonnée depuis autant d'âges
Auprès du démon plein de tromperie j'irai
D'écumantes escalades que je ferai
Pour ramener de sa fiévreuse dépouille
D'un passé les vestiges couverts par la rouille

Ne filtre la mémoire cachée d'un linceul
Ne pourrais-je donc me sentir jamais seul
Si solitaire de sa macabre présence
Ma vue se ténèbre au poids de ses défunts sens
Seule ses orbites vides elle me fixe
La sensation me transmettant que rien n'existe
Devient si ambigu le néant à son appel
De ce cadavre à la face pourtant si belle

Ce passé le choix de garder j'ai pourtant eu
Mais par méprise ou par la peur d'être rompu
L'amnésie j'ai préféré d'échapper aux tords
Je n'ai cessé mais je vois son visage encore
Condamnés à vivre de ses belles chimères
Déchirant mes tissus de plaisirs mortuaires
Ô doux sourires venus des anciens tombeaux
Amenez-moi dans le vrai dans ce qui est beau

Ce qu'elle signifie je ne sais plus la vie
Ce grand don est-ce vraiment ou juste un sursis
M'épier je la sens dans l'ombre de mes nuits
Allongé j'attends les yeux fermés sur le lit
Que me portent à elle mes désirs de fuite
Vers l'âme lugubre afin qu'elle ne me quitte
L'étincelant maléfice et les feus damnés
Jusqu'à mes lèvres me portent un mort baiser

Ni souffrances ni d'amertumes je ne veux
En échapper je ne peux en faire le vœu
De ses mains au creux le spectre me rendait l'âme
Aiguisée des feux noirs une goutte une larme
Défilantes mes pensées brisaient le suaire
Des racines aux fibres du Père des pères
S'engouffrait l'Immaculée au sein de mes veines
De ce détour la traversée n'a été vaine

Ni perdition ni cécité n'ont disparu
Errant comme un esprit malade dans les rues
Quand vides de pensées des tréfonds et si gais
Les corps pantelants des ivrognes enchaînés
Galopaient aux instruments de toute allégresse
Sans savoir le vrai qui jamais ne se confesse
J'aurai aimé rien qu'une dernière fois au moins
Voguer au terme insouciant par tous les chemins


#26 - Le Charme

Edentées les lames d'un marais féroce
Un chemin se frayant à travers les nuages
Déjà débordaient aux récifs des plus précoces
La troubleur scandante des calmes marécages
En l'espoir intime à briser des eaux le chant
Des bas-fonds provenant résidaient les sirènes
Chantant des mélopées à leurs tendres amants
Venant, chavirant, nageant auprès des couleurs ternes
Isolées des abyssaux tourments et des peines
Suivant la mélodie, vibrant aux fantaisies
Embrasés les flots, comme en proie à mille hyènes
Se mirent grondant à retentir d'atroces cris
Déchirant des noyés leurs âmes éperdues
Que frayeur ne ressentait à leur triste face
Vers les abîmes leurs corps tirés, dévêtus
À jamais ne pouvoir atteindre la surface


#27 - La Rose Noire

Par des temps pluvieux j'ai imaginé longtemps

Longtemps j'ai rêvé de contempler je pourrais
À la nuit tombée entrevoir son unique œil
Des quelques reflets d’émeraude aux pétales

S'élevantes en serpents les noires racines
En leur étreinte prenaient leur ultime emprise
Aux bras coupants cette fleur comme des cisailles
Des malheureux tranchait l'âme osant la mirer
Aux confins enténébrés de ses belles feuilles

Quelles chimères prévalant du châtiment
Ah prendre poigne sans y verser quelques larmes
Entaillées les paumes dessinaient un message
Incisé des extrémités de ses épines
Par le sang chatoyant qui cendres devenant
Avait gravé au feu de milliers de flammes
Dans la chair les lettres d'un funeste présage

Dégradés comme esclaves de sa volonté
De ses souffles nous inspirerons toute brise
Pour donner devoirs et interdits à nos êtres
Envers la Somptueuse nous serons servants
Alors nous deviendrons ses nouveaux bras ses armes

Recourbées d'agression voici les neuves âmes
Qui par un jour radieux deviendront usées
Dépérissant aux racines de poisons traîtres

Aux venins des roses et aux soupirs d'antan


#28 - Le Testament (YHWH)

Aux mers lègue l'envie
De deferler sur le pays

Aux vents lègue la colère
De souffler ô grandes chimères

Aux démons lègue la luxure
À toute tentation impure

Aux adeptes lègue l'avarice
Pour avoir bu le Saint Calice

Aux anges lègue la paresse
De n'avoir fait que lestes gestes

À l'univers lègue la gourmandise
Pour n'avoir pris forme précise

À l'Homme lègue l'orgueil
D'avoir cru disposer d'un oeil


#29 - Phénix

Depuis le temps des brasiers tu vas, solitaire
Aux nuits des grands premiers, tu sais te montrer fière
Quand tout autre lentement n'a fait que sombrer
N'ont jamais cessé tes arbres de pousser
Majestueux, aux feuilles égouttant cette vie
Dont tu fais grâce en nous la donnant dans ton nid
En ton sein ce beau jardin est d'autant de fleurs
Que d'épines à tous les esprits agresseurs
Ces arbres aux racines profondes s'étendant
Somptueux, tel un oiseau en posture de plaire
De protéger il se doit à tous ses enfants
Ne laisseront passer ses plumes que leurs frères

Il est un rêve au-delà de toute apparence
Un rêve fou, un rêve porté de clémences
La perle des abysses, la plume du phénix
La courbe de l'iris, le pétale de lys
Un rêve azur empli de mille quintessences
Dans l'écume des vagues scintille l'enfance


#30 - Cauchemar

À l'orée d'une farouche clairière de nuit
À l'heure charnière où les lunes se croisaient
S'était là étendue la licorne blessée
Meurtrie des rêveurs assauts de mes fééries

Valsait aux vents sa douce crinière argentée
Entachée des myriades d'écarlates perles
Gouttant sur les hautes herbes d'un pré vermeil
Se brisaient mes pas n'ayant su venir l'aider

La pluie rouge avait dessiné un arc-en-ciel
D'azur lueurs lunaires resplendissaient ses cris
Déchirant la voûte nuageuse en mille bris
Cauchemars d'antan vos visions étaient si belles


#31 - À L'Ombre de Phobos

Une lueur se meurt, descendant des cieux
Il est venu l'heure, au temps de s'arrêter
Ainsi les coeurs, tout ceux qu'au jour j'ai tant aimé
S'en iront d'horreur, mirant ce noir dans tes yeux

Une lueur se meurt, décadant des dieux
Pour toutes ces frayeurs, dès lors qu'enfant j'étais
Qui a chaque noirceur, la nuit se reformaient
Remplissant de fureur, mes larmes de cent feux

Une lueur se meurt, jusqu'au Styx chavirant
Déposant mes lèvres, j'en boirai l'eau livide
Pour cesser la fièvre, d'avoir été lucide
Grimper aux hauteurs, pour sentir ivre les vents

Une lueur se meurt, tes reflets se montrant
M'enlassent de terreur, aux rivages placides
De n'avoir eu des leurs, que leurs regards acides
Dépité par mes peurs, toutes les nuits je mens

Une lueur se meurt, celle de mes amours
Puisse cette lune me cacher de ton jour


#32 - Novembre (Acte III)

Nos roseaux s'enlacent quand s'est perdu le vent
Oublions de nos peines ces soleils levants
Vainqueurs d'un jour durant des doutes éphémères
Envoyons-nous encore un baiser mortifère
Maintenant a perdu son avance le temps
Bercé aux affres d'autant de sourires blêmes
Rendant à ces nuits esseulées les blâmes d'Eden
En les abysses nos regards voient, flamboyants

Espoir enchanteur d'avoir percé au matin
Rares étaient les lueurs que j'ai alors atteint
Baignés aux leurres nous deviendrons complices
Mentir s'il faut au coeur pour un seul sacrifice
Entendais-tu tout là-haut le chant des oiseaux
Voilà qu'il s'est éteint quand seuls quelques corbeaux
Osent venir y braver les mots alléchants
Ne m'appelle plus, voici revenir le temps


#33 - Les Passeurs

Au péril d'un âge un souffle j'accorderai
Le dernier qui n'arrivera jusqu'à sa fin
Le plus faible quand vibreront mes cordes raides
Quand le son des harpes pointera au matin

Saches-le, ce soupir je t'en ferai l'offrande
Quand reposer serein sera l'occupation
Mon unique alors je ne voudrai de demande
J'en aurai bien quand les vers pour moi se battront

Ce sera mon présent, le dernier de ma ligne
Fais-en bon usage car est proche le jour
Où de faire ce soupir viendra ton tour

Le message à un autre tu feras passer
Comme Charon passeur de la fin des destinées
Nos sangs ce jour-là se mêleront dans les vignes


#34 - Soupir

J'aurai tant aimé te léguer un fin soupir
Pour toutes ces choses ce que je n'ai pu te dire

Briser ce qui me retiens dans la torpeur
Assécher de ces flots les larmes de douleur

Ces yeux en moi ne devront voir la sénescence
Telle qu'elle a su se dévoiler, mais en vain

En ce soupir je pars vers un pays lointain
Avivé au feu de l'éternelle quiescence


#35 - Macabre Diurne

Aux sons des brumes vogue une larme aux étoiles
Par delà le fleuve envenimé de brisures
D'or elle étincele ces azurés zéphyrs
Jusqu'aux comètes aux chevelures d'opales
Qu'il faille pleuvoir et d'y boire les morsures
Happant d'un cosmos les hurlements d'en mourir


#36 - Au-delà

Aux dryades des forêts
Et aux élans de beauté
Pour avoir su y inscrire
Leur note avant d'en mourir


[Bonus] #37 - Bruits de Flots

Sur une plage au bord du soir
Je m'en irai voir l'océan
Sentir son parfum et ses chants
Je reste là, mais tout est noir

Et de mes rivages la mer
La mer, elle, s'est retirée
Quand le soleil s'en est allé
Là où le vent n'est pas amer

Là où la brise de tes souffles
Sonne en moi comme symphonie
J'irai pêcher notes et bris
Sur les chemins bordés de soufre

Et je t'entendrai murmurer
Que cette terre était bancale
Versant des rives lacrymales
Voici tous nos étangs gelés


[Bonus] #38 - Le Devoir de la Mère

Tant de choses me givrent d'effroi, une phrase
Mon sang se glace alors que fort mon coeur remue
Il s'enfièvre à chacun de tes souffles nus
Dans la pénombre de tes matins nait l'extase

Se dépose la rosée aux feuilles, un mot
Tu es là, assise près de mon chevet blanc
Tes yeux pleuvent, mais restent de marbre pourtant
Chaque matin, un de plus, un comme les autres

Pourras-tu m'accompagner jusqu'à mon berceau
Celui qui maintient en vie, où je me recueille
Pourras-tu alors me guider jusqu'au cercueil
Celui qui garde ma chair, tombant en lambeaux


[Bonus] #39 - Les Folles Fantastiques

Dans les océans s'en est allé un soupir
De fièvre les mers et les terres se déchirent
Dans les mistrals s'est enfuie une mélodie
Là-bas, là-bas, par-delà les eaux de minuit

Une fée danse au lointain d'une marée folle
Scrutant les cieux afin d'en prendre son envol
Aux nuages se forment les visages blancs
Des sages rêveurs de ses mirages d'antan

Une vieille femme à sa main porte une rose
Elle s'envole auprès d'une âme et la dépose
La fleur la fleur soudain s'emplie de noir et fâne
Seule à la pénombre d'un crépuscule insane

La mélopée résonne aux rayons de l'aurore
Jusqu'aux eaux troubles descend d'un ciel déchu l'or
Et la fée mire aux marées ses reflets livides
Et la fée pleure une larme de sa vie vide

Ses chants vivront quand sera revenue la nuit
Et ses membres valseront à sa symphonie
Une danse pour une nocturne éphèmère
Un hymne pour une douce âme solitaire

Dans les océans s'en est allé un soupir
De fièvre les mers et les terres se déchirent
Dans les mistrals s'est enfuie une mélodie
Là-bas, là-bas, par-delà les eaux de minuit


[Bonus] #40 - Les Rêves Éternels

Dans le ciel un jour est venu
Quand sont tombées les feuilles brunes
Il pleut les larmes de la lune
Prenant mes pleurs au dépourvu

Que vienne la nuit pour qu'enfin
Je puisse à nouveau les chercher
Cachées par les nuages nos amours passées

Les rires des enfants résonnent
Et mes pas un à un se meurent
La brise récite en mon coeur
Des doux soirs les cendres d'automne

Je plonge alors dans le sommeil
Conte-moi toutes ces merveilles
Celles qui n'auraient jamais dû avoir de fin

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Dernière mise à jour le 03/03/2015