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 Réminicense [13+]

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Lucifuru
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MessageRéminicense [13+]   Publié le : Dim 21 Aoû 2011 - 9:33

Coucou ^^

bon, je faisais un peu de rangement dans ma chambre lorsque j'ai retrouvé des vieilles affaires de classes. Et notamment un vieux classeur de français datant de ma 4ème.

Je suppose que ces cours devaient être vraiment ennuyeux (d'ailleurs je me souviens plus de ma prof de l'époque - la pauvre), parce que apparemment durant ses cours je ne l'écoutais pas. J'écrivais !

Je n'avais pas vraiment oublié cette histoire, mais je croyais l'avoir perdu. Sauf que je l'ai retrouvé, et je l'ai lu.

J'ai eu la surprise de trouver cela pas trop mal, alors je me suis donné un mal de chien pour tout taper sur l'ordi (voilà pourquoi je n'écris plus avec un crayon et une feuille désormais : ce que c'est ennuyeux de recopier ! >< )

Bref, si cette histoire vous plait (ou si je suis super motivé), je vous mettrai la suite. En attendant voilà le début de mon oeuvre sauvé du grenier :



Dernière édition par Lucifuru le Dim 21 Aoû 2011 - 9:45, édité 5 fois
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Lucifuru
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MessageRe: Réminicense [13+]   Publié le : Dim 21 Aoû 2011 - 9:37

Réminiscence, premier chapitre :


Je m'appelle Gale. J'ai appris il y a peu de temps de la bouche de mon géniteur que cela signifie tempête dans une langue nommé « l'anglais ». Je présume que ce n'est pas sans rapport avec le fait que le ciel se déchaînait la nuit où j'ai été conçu. Je viens d'un monde où la magie existe, mais où elle est rare et aussi crainte que méprisé. Mon père était un magicien. Cependant, il ne m'a pas élevé.

Mon destin à commencé à s'écrire le jour où ma mère à ouvert sa porte à un vagabond. C'était lors d'une nuit d'automne inhospitalière où les éléments furieux laissaient libre cour à leur violence dans une atmosphère survoltée. La pluie tombait comme s'il elle s'était fait pour devoir d'inonder toute la terre, et le tonnerre illuminaient spasmodiquement la scène, l'éclairant comme en plein jour.

Je le sais, car bien des années après, je l'ai vu.

Le vagabond – un magicien – fut accueillit par le couple uniquement parce que le mari, lâche et superstitieux, craignait ses pouvoirs et son courroux, et lors du repas il n'eut aucun mal à séduire ma mère. La nuit même, ils couchaient ensemble.

Le magicien repartit au matin après avoir ordonné à ma mère de m'appeler Gale, et je naquit neuf mois plus tard. Je me suis longtemps consolé en me disant que mon père ne m'avait pas abandonné, qu'il ignorait mon existence. Maintenant, je sais que c'était bien pire que cela...

Le mari de ma mère ne doutât jamais que je ne fut pas son fils, après tout lui et sa femme, blond aux yeux bleus, n'auraient jamais pu avoir un rejeton aussi brun que moi et aux yeux aussi sombres. Aussi sombres que ceux du magicien. Il ne m'accepta jamais. Je présume que je lui rappelais à la fois l'infidélité de sa femme et sa propre incapacité à donner la vie... Quoiqu'il en soit, il me battait régulièrement, ce qui révéla mes pouvoirs de guérisons. Voir mes plaies se refermer d'elles même par magie le rendait fou de rage, et il me battait encore plus fort. Ma mère n'intervint jamais. C'est à peine si elle me parlait, m'ignorant la plupart du temps. Je crois qu'elle était juste soulagé que son mari ne s'en prenne pas à elle...

Je m'enfuie lorsque j'eus treize ans. Et avec moi, j'emportais Matt.

Matt était un gamin vivant non loin. Ses parents étaient meuniers. C'était un gamin ouvert, intrépide, et souriant. Mon seul ami. Pendant des années Matt me rendit visite lorsque mon père m'enfermait ou m'attachait dans la grange après m'avoir battu. Il m'apportait à manger, me racontait des histoires, et tuait le temps avec moi. Il était la seule chose de positive dans mon existence. Je n'imaginais pas partir sans lui. Matt avait des parents aimant, et il était destiné à se marier avec une gentille fille du village et à reprendre le moulin de la famille.

C'est ce qu'il aurait fait s'il ne m'avait pas suivit.

Nous nous engageâmes dans l'armée en mentant sur nos âge de très peu, car à cause de la guerre qui faisait rage elle acceptait toute candidature au dessus de quatorze ans. Très vite, je compris que je pouvais également soigner autrui. Cependant, je savais également quel serait mon sort si on découvrait mes pouvoirs. Les gens comme moi n'étaient pas très appréciés. Au mieux je serais mis à la rue, et au pire... exécuté. Toutefois, j'exerçais sans complexe mon pouvoir sur Matt, si bien que nous survécûmes à toutes les batailles, à la plus grande incompréhension de nos supérieurs. Seulement un jour, Matt et moi fûmes séparé en plein chaos, et je le retrouvais mort.

Je ne peux pas ressusciter les morts. Croyez moi, j'ai essayé...

J’avais 19 ans. C’est alors que commença pour moi une lente descente aux enfers. Je me mis à boire et à me battre, je finissais régulièrement en prison dans un cachot humide après une rixe dans une taverne. Et si, au début mon supérieur intervenait à chaque fois pour me libérer en raison des bons et loyaux services que j'avais rendu à l'armée par le passé, il finit au bout de plusieurs mois par me considérer comme un cas désespéré, puisque je récidivais à chaque fois.

Je pourrissais donc allongé sur le sol d’un cachot aux fins fonds d’un donjon depuis des semaines lorsque qu’on m’amena un compagnon de cellule pour le moins inhabituel. C’était une jeune fille, une adolescente d'une quinzaine d'années. Elle portait des vêtements de garçon en loque, mais elle était propre et sentait bon le parfum, si bien qu'elle semblait seulement déguisé en pauvre. Elle hurlait et se débattait contre les gardes. Moi, je pris soin de l’ignorer, elle n’avait aucune importance, rien n’avait plus d’importance d’ailleurs depuis la mort de Matt. Mais je ne pouvais m’empêcher de suivre sa lutte avec les gardes tandis qu’ils la fourraient de force dans ma cellule. Je trouvais ces efforts ridicules, puisqu’il n'y avait pas la moindre chance qu'elle parvienne à s'échapper. Et intérieurement, je me moquais d’elle. Elle pensait encore avoir du pouvoir sur les événements, pouvoir s’en sortir, alors que dans la vie nous ne sommes que des fétus de pailles balayés par des destins capricieux. Du moins, c’est-ce que je pensais.

Puis lorsque les gardes furent parvenus à jeter leur fardeau à l’intérieur et à refermer la porte, elle s’approcha de moi et m'ordonna : « Je veux sortir de là ! Et vous allez m’y aider ! » avec le ton d’une reine qui s’adresse à ses laquets… Je me souviens avoir failli m’esclaffer de mépris, mais à l’époque je ne savais plus rire, j’en avais comme qui dirait perdu le mode d’emploi, aussi mes ricanements se coincèrent-ils dans ma gorge.

Je dus faire un bruit étrange, parce qu’elle se pencha vers moi, et l’air inquiète, elle demanda :

– Qu’est-ce qu’il y a ? Vous êtes malade? Parce que si oui je peux sans doute faire quelque chose pour vous.

Elle se baissa et pausa sa main sur ma poitrine. Et je senti alors la même magie opérer que lorsque je me soignais. Ma stupeur fut totale, c’était la première fois que je croisais quelqu’un comme moi.

– Mais! Vous allez parfaitement bien ! me dit-elle, surprise.

– Vous avez l’air d’être là depuis longtemps, mais vous n’avez pas le moindre problème de santé ! Pas la moindre égratignure ! Comment est-ce possible ? demanda t-elle.

Je ne répondis pas, étonné qu’elle puisse voir mon état de santé rien qu’en posant sa main sur moi, je pensais : « Parce que je suis comme toi, j’ai le pouvoir de guérir et chacune de mes blessures se soignent toutes seules. » Mais à l’époque j’avais perdu le désir de communiquer avec d’autres êtres humains, je gardais donc le silence.

– On ne croirait pas à vous voir que êtes en si bonne santé ! s’exclama la jeune fille. Vous puez ! Une véritable infection !

C’est normal je suis un ivrogne dans un cachot petite idiote ! C’est vous qui sentez beaucoup trop bon pour la situation dans laquelle vous êtes ! pensais-je.

– Vous êtes débile? demanda-t-elle. Vous ne comprenez pas quand je parle ?

Je soupirais de mépris à ces mots, ne voyait-elle pas qu’elle me cassait les oreilles ? Que je voulais juste pourrir dans mon coin ?

– Vous êtes muet peut être ?

A ces mots ma patience fut rompu, je m’exclamai :

– Non ! Bon Dieu ! Non ! Je ne suis ni muet ni débile ! Et je comprends parfaitement ce que vous me dîtes même si ce n’est qu’un tissu d’âneries ! J’en ai tout simplement rien à faire ! Voilà pourquoi je ne vous répondais pas ! Et maintenant je vous saurais gré, princesse, de bien vouloir faire comme si je n’étais pas là ! Merci !

Et sur ces mots je fermai les yeux dans l’intention de piquer un roupillon, lorsque je l’entendis rire, et je la sentis tout près de moi, aussi rouvrais-je les yeux pour constater qu’elle me fixait, son visage à quelque centimètres du mien.

– Vous êtes un magicien! dit-elle enthousiaste.

A ses mots, je retins mon souffle mais je me remis rapidement :

– Vous vous trompez princesse, Je ne suis qu’un ivrogne dans une prison, vous devez avoir une mauvaise vue, soupirais-je.

– Alors comment avez-vous deviné que j’étais une princesse?

A ces mots je restai pantois une seconde.

– C’était une façon pour moi de me moquer de vos manières, jeune fille, vous êtes là à exiger l’impossible sur un ton de reine alors que vous portez des guenilles dans une cellule en compagnie d’un ivrogne, je trouvais la situation comique et je l’illustrais dans mes propos en vous qualifiant cyniquement de princesse, m’expliquais-je.

– Je vois ! grimaça-t-elle. Et bien sachez monsieur l’ivrogne, que je suis une véritable princesse ! Et une futur reine, qui plus est ! Si vous me sortez de là je vous promets de vous récompenser très largement, je ferai de vous un homme riche !

Là je m’esclaffais pour de bon :

– Voyez vous ça ! Un homme riche ! Vraiment ? Et bien vous n’avez pas de chance, votre majesté, puisque vous êtes tombé sur le seul paumé de cette ville qui n’en a rien à foutre de devenir riche ! Je veux juste rester étendu là à pourrir jusqu’à ce que mon corps se décompose dans la paille moisie !

– Vous en avez pour des siècles alors, dit-elle, moqueuse.

– N’importe quoi, pour une cinquantaines d’années tout au plus, rétorquai-je.

– Non, malgré le fait que vous clamiez n’être qu’un simple ivrogne, je vois le pouvoir qui déborde de vous. Vous êtes un authentique magicien, et je peux estimer votre espérance de vie rien qu’en vous regardant. A ce rythme, dans plusieurs siècles vous serez encore là à attendre, en vain, de vous décomposer ! Si vous tenez tant que ça à mourir alors sortez moi de là et je promets de vous tuer ! dit-elle d’un ton enjoué.

– Tss… Vous ne le pourriez pas même si je vous laissais faire, dis-je, blasé.

J’avais en effet tenté plusieurs fois de me suicider, en me jetant du haut d’une tour, ou en me plantant une épée dans le ventre, mais ma magie était devenue trop puissante et même les blessures mortelles les plus graves se régénéraient seules, sans mon accord, en quelques secondes. J’avais même essayé de me noyer mais j’étais trop bon nageur et mon instinct de survie animal était tel que je finissais toujours par remonter à la surface pour inspirer de l‘air à pleins poumons. Pathétique…

– Oh je pourrais ! Je le pourrais, faites moi confiance ! Je me doute, à votre corps en parfaite santé, que vous disposez d’un certain pouvoir inné de régénération très développé. Mais mon royaume dispose d’un nombre stupéfiant de pratiquant de magie et les plus géniaux d’entre eux sont à mon service. Aussi l’un d’eux trouverait forcément le moyen de vous tuer. Personne n’est invulnérable monsieur l’ivrogne, personne. Et il y a obligatoirement plus fort que vous dans le monde! assura-t-elle, très confiante.

Sur ce, je me rendis compte qu’elle en avait compris plus sur moi en quelques secondes, que personne ne l’eut jamais fait. Elle avait deviné mes pouvoirs et deviné mon désir de mort sans même que je ne lui en touchasse un seul mot.

– Là vous commencez à m'intéresser princesse, mais imaginons une seule seconde que je sois disposé à vous aider à sortir d’ici, comment m’y prendrais-je ? Ces murs ont l’air solides, trop en tout cas pour que je les défonce à mains nues, et je ne vois pas de canon dans la cellule, minaudais-je.

– Levez-vous et donnez-moi votre main ! exigea-t-elle.

– Et pourquoi faire, je vous prie ?

– Pour que nous nous évadions ! Quelle question ! Avec votre pouvoir, je dois être capable de nous faire sortir de là ! Allez ! Exécution ! m’ordonna-t-elle.

Aïe… Elle est complètement folle pensais-je. Ce doit être la princesse du royaume des adolescentes criminelles fêlées…

– Mais qu’est-ce que vous attendez, bon sang ! s’énerva-t-elle en tapant du pied par terre.

Désespéré je décidais d’obtempérer dans l’espoir que l’échec de sa tentative ridicule lui décillerait les yeux. Je me levai donc et pris sa main dans la mienne.

– Alors ? m’exclamai-je, moqueur. Nous sommes toujours là.

– Attendez un peu que je me concentre ! m’exhorta-t-elle.

Je poussais un soupir blasé, tandis qu’elle fermait les yeux.

– Mon dos me fait mal, je veux retourner m’allonger, me plaignais-je.

– Menteur ! Vous êtes en parfaite santé ! assura-t-elle. Maintenant arrêtez de me déranger ! De plus, à chaque fois que vous m’interrompez, je dois reprendre à zéro, donc si vous voulez que cela cesse au plus vite, taisez-vous !

C’est du grand délire, pensais-je. Combien de temps va-t-il lui falloir, pour s’avouer vaincue, à cette barge ? Puis je sentis un picotement dans ma main qui augmenta progressivement, je m’en rendis compte à ma fatigue. C’était comme si elle me pompait toute mon énergie. Elle va me tuer pensais-je. Ou je délire certainement, et elle n’existe même pas. Mais c’était trop réaliste pour un rêve. Ou alors je suis déjà mort et c’est une déesse ou un démon. De toute façon, peu m'importe. Mon sort ne m’intéresse pas plus que ça de toute manière, concluais-je. Aussi ne luttais-je pas, résigné à laisser mon sort entre ses mains. Littéralement. Puis les contours de ma vue se firent flous, et les couleurs et les formes finirent par se mélanger, au bout d’un moment ma vision se stabilisa et tout fut à nouveau net. Mais rien n’était plus pareil. Elle lâcha ma main et mes jambes n’eurent plus la force de me tenir, aussi m’effondrai-je sur les pavés. Nous étions dans une ruelle que je connaissais, je connaissais toute la ville. Nous étions à plusieurs kilomètres de la prison. J’étais mort de faim et j’avais envi de dormir.

– Où sommes nous ? demandais-je hébété.

– En ville, dans une ruelle à plusieurs kilomètres de la prison. répondit-elle.

– Nan je sais ! Je voulais dire ; Comment ? Comment avez-vous fait ? balbutiai-je.

– Pfff ! Vous êtes fatigant ! Je vous l’ai dit ! J’ai utilisé votre pouvoir pour nous évader ! Ne vous avais-je pas déjà expliqué ça ? maugréa-t-elle.

– Heeiiin ? Et pourquoi je suis si fatigué ? demandais-je

– Parce que j’ai utilisé vos pouvoirs ! Vous êtes sourd ou quoi ! Ou vous êtes bien débile finalement ! J’ai pompé vos forces pour nous téléporter hors de la prison !

– Je vais m’en remettre ? demandais-je bêtement.

– Bien sûr, sombre idiot ! Il vous suffira d’une bonne nuit de sommeil et d’un bon repas pour que vos forces vous reviennent complètement !

– Et comment et où vais-je pouvoir passer une bonne nuit de sommeil et déguster un bon repas, grosse maligne ? Lui répondis-je, énervé. J’ai pas un rond ! Surtout que je ne peux même pas me lever !

– Vous avez encore pourtant assez de force pour vous plaindre et être désagréable, on dirait ! J’aurais dû vous en pomper encore plus, comme ça vous vous seriez évanoui et passeriez déjà votre bonne nuit de sommeil ! rétorqua-t-elle.

Je lui jetais alors un regard haineux. Et elle s’exclama :

– Vous alors ! Ne comprenez-vous donc pas que vous êtes libre ! Vous croupissiez en prison ! Et vous voilà libre ! Vous devriez me remercier !

– Je ne vous ai rien demandé ! protestai-je de façon un peu infantile.

– Je vous avez prévenu ! J’ai très clairement énoncé que j’allais nous faire sortir d’ici ! Si vous ne le vouliez pas, alors pourquoi avez-vous coopéré ? me demanda-t-elle.

– Parce que j’étais sûr que vous étiez folle et que vous alliez vous ridiculiser ! m’exclamai-je.

– Ah je vois ! Et bien c’est de votre faute ! Vous m’avez sous-estimée et c’est bien fait pour vous !

– Que fait-on maintenant ? lui demandais-je, bourru.

– Moi j’ai mes propre plans, dit -elle. Vous, faites ce que vous voulez ! Je m’en balance, vous n’avez qu’a dormir là ! Cela ne me regarde pas ! Notre association est terminé ! Merci pour tout et au revoir ! s’exclama-t-elle.

– Mer... Merci pour tout ? Et au revoir ? répétais-je, hébété.

– Exactement ! Au revoir !

et elle s’éloigna me laissant planté là.

Avant de m’évanouir de fatigue, je me souviens avoir pensé que sa chevelure noire était vraiment digne d’une reine. Et aussi : Quelle Pétasse !


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Dernière édition par Lucifuru le Lun 22 Aoû 2011 - 4:00, édité 2 fois
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Lucifuru
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MessageRe: Réminicense [13+]   Publié le : Dim 21 Aoû 2011 - 14:06

Réminiscence, deuxième chapitre :

Je fis un rêve cette fois là. J’avançais dans le noir, perdu, dans un monde sans odeur, ni couleur, ni relief, ni texture. Et alors une mini tornade à la longue chevelure majestueuse apparaissait et mettait le bordel partout, faisant du bruit, ranimant des sensations, ravivant les couleurs. Et dans ce monde désolé, un espoir naissait, la vie allait peut être pouvoir reprendre son cours. La petite tornade apportait avec elle une mission. Une noble quête. Une raison de se reprendre, de sortir du néant. Je me levai dans mon rêve et dis à la tornade: « D’accord je te sauverai ! Je te protégerai ! Je te ramènerai chez toi saine et sauve ! » Mais la tornade se moqua de moi : « Je n’ai pas besoin de toi ! Tu n’es qu’un pion ! Un fétus de paille que j’ai balayé de mes bourrasques, et maintenant tu m’es inutile ! » Et, sur ces mots elle disparut, me laissant à nouveau seul dans un monde vidé de sa substance, qui n’avait plus de raison d’exister. Sans aucun but, comme avant.

Je revins à moi avec une importante sensation de dégoût de moi-même. Je me souvenais parfaitement de mon rêve, et la signification en était très clair :

J’étais pitoyable. J’avais tant espéré qu’elle redonnât un sens à ma vie. Une gamine… effrontée… mal aimable…. hautaine… insupportable… Mais pourtant j’avais espéré qu’elle eût besoin de moi. Alors que de toute évidence c’était l’inverse. C’était moi qui en avais besoin. Mais pas d’elle, ça non ! Tout ce qu’il me fallait c’était une raison de vivre. Je n’en pouvais plus de continuer comme ça. Depuis la mort de Matt, je n’avais plus envie de rien, aucune motivation. Je ne savais pas pourquoi je continuais à respirer. « Il te faut trouver un désir ! m’admonestai-je. N’importe quoi qui te donne un but ! Et tu ne dois pas compter sur une gamine capricieuse ! » Mais j’avais beau réfléchir je ne voyais rien. « Si seulement Matt n’était pas mort ! pensais-je. C’est de ma faute, complètement de ma faute ! Sans moi, il vivrait toujours heureux au village. Il se serait marié, et aurait fondé une famille. A cause de moi, il est mort ! Rien ne changera jamais ça. » Là j’eus une illumination. Impossible à changer ? Vraiment ? Jusqu’à il y a quelques heures ne pensais-je pas qu’il était impossible de se téléporter hors d’une prison ? La plupart des gens ne pensaient-ils pas que les pouvoirs de guérisons ça n’existaient même pas ? Ressusciter Mat ou revenir en arrière avant qu’il ne meurt était-il vraiment impossible ?

Je me souvins de ce qu’avait dit la princesse : « Mon royaume dispose d’un nombre stupéfiant de pratiquants de magie et les plus géniaux d’entre eux sont à mon service ». Elle savait peut être ! Elle savait peut être comment ressusciter Matt ! Ou elle pouvait me mener à quelqu'un qui savait. En tout cas c’était ma meilleur piste. Et un but. Quelque chose que je désirais suffisamment pour me motiver à continuer à avancer au lieu d’attendre de me décomposer. Je vais la retrouver, cette fille, et ensuite je trouverais un moyen de ramener Matt. Ma décision était prise.

Mais avant, pensai-je, je devrais me nourrir... En effet j'étais mort de faim, et je n'avais pas un sou en poche, mais je connaissais encore quelqu'un dans cette ville – une amie – qui accepterais de me nourrir.

Maria tenait une taverne, c'était notre établissement préféré à Matt et à moi lorsque nous étions encore dans la marine. C'était une femme obèse, au court cheveux blond platine, avec une force incroyable, et une voix de stentor, rien que le fait qu'elle puisse tenir seule une taverne et parvienne chaque jour à se faire respecter d'une horde d'ivrognes prouvait qu'elle était exceptionnelle. Ça faisait un moment que j'évitais son établissement, je n'avais pas voulu qu'elle voie la loque que j'étais devenu, je savais qu'elle m'aurait dûment remonté les bretelles. Mais là, je me sentais en état de l'affronter, et puis j'avais pas le choix, j'allais m'évanouir de faim si je ne mangeais pas bientôt, et seule elle accepterait de faire crédit à un paumé comme moi. Je me réjouissais de la revoir, mais, arrivé devant la porte de son auberge je me suis retrouvé avec surprise devant un écriteau : « Fermé ». Je frappais quant même à la porte, mais sans obtenir de réponse, inquiet, je me mis à marteler la porte.

«Quoi ! Merde ! s'exclama Maria en ouvrant la porte à la volée. C'est fermé, j'ai dis ! P'tain bande d'incultes ! Vous pourriez reconnaître au moins ce mot là ! F.E.R.M.E accent aigu ! Fermé ! épela-t-elle en hurlant, avant de regarder partout, étonnée de ne trouver personne devant sa porte.

– C'est moi Maria, dis-je de derrière la porte que je venais de me prendre en pleine figure.

– Gale ! Oh mon Dieu ! Gale ! dit-elle en me soulevant dans ses bras. Ça fait un temps fou ! Où étais tu passé salopard ? hurla-t-elle en me reposant à terre. Tu peux pas savoir le sang d'encre que je me suis fait depuis que j'ai appris la mort de Matt ! En fait, je pensais que tu ne tarderais pas à le rejoindre dans la tombe ! D'ailleurs, tu as l'air d'un cadavre ! Et tu pues ! Allez ! Rentre, viens donc manger et prendre un bon bain, dit-elle en me poussant à l'intérieur.

– Merci Maria. J'en ai vraiment besoin.

– Ça, je te le fais pas dire ! Et pas la peine de me remercier, de toute façon je suis plus à ça près, je les collectionne les chats perdus en ce moment, ricana-t-elle.

– Comment ça ? demandais-je en m'attablant dans la grande salle de l'établissement.

– Tu n'es pas le seul pensionnaire chez moi en ce moment, j'ai recueillis un drôle de gars. Un géant blond, tout paumé. Soit il dit pas un mot, soit on peu plus l'empêcher de parler ! En tout cas, il est très fort ! Il m'a sortit d'un merdier pas croyable l'autre jour ! Des barbares qui ont foutu le boxon dans mon auberge ! Tu me connais, je sais gérer les ivrognes, mais eux, c'était des tueurs. Sûrement des mecs habitués à piller et à violer sur les champs de batailles. Et il leur a réglé leur compte ! Tu aurais vu ça ! Avec une t-elle facilité ! Tu sais, c'est quoi le pire ? Il était blessé ! Je me demande vraiment qui a bien pu réussir à le blesser... fit-elle pensivement.

– Tu es sûr que c'est bien prudent de garder cet homme chez toi Maria ? Après tout tu ne le connais pas.

– Il est blessé, Gale, et il parle avec un accent étranger, il ne connait certainement personne en ville. De plus, il m'a sauvé la vie ! dit-elle tout en ramenant une assiette remplie de ragoût à mon intention.

– Pourquoi tu es fermé Maria ? Demandais-je.

– Ah... Je prends juste quelques vacances... Par précaution... Écoute Gale ! s'exclama-t-elle devant mon air dubitatif. Je peux pas tout te dire pour le moment, soit patient.

– D'accord, fis-je avec inquiétude. Ce gars, il t'a donné son nom ?

– Oui, il s'appelle Michael. Mais il dit que ça s'écrit et se prononce Mikel. Bizarre non ? Je me demande d'où il vient...

– Tu dis qu'il a l'air perdu ?

– C'est le moins qu'on puisse dire ! Complètement paumé plutôt ! Il regarde toujours partout autour de lui d'un air inquiet, il observe des ustensiles de la vie de tous les jours comme si c'était des objets étranges. Et il semble toujours perdu dans ses pensés.

– Merci Maria, c'était délicieux. Dis-je tout en finissant mon assiette. Je vais aller prendre un bain comme tu me l’as conseillé.

– Oui, vas y, et ensuite reposes toi, tu as des cernes horribles sous les yeux ! On dîne à 18 heures.

À l'heure du diner, je redescendis, propre et reposé. C'est là que je fis la connaissance de Mikel. Comme me l'avais dit Maria, c'était un géant blond à l'air perdu. Son torse nu était recouvert d'un bandage qui ne parvenait pas à dissimuler sa musculature développée. Il était assis à une table, qui avait l'air à côté de lui d'être faite pour des enfants, et il avait le regard dans le vide. J'allais apprendre plus tard qu'il avait 34 ans, mais il y avait une impression de grande innocence qui se dégageait de son visage, si bien qu'on aurait pu croire qu'il n'avait qu'une vingtaines d'années. Un colosse au visage d'enfant...

– Bonsoir, fis-je, en m'asseyant à sa table devant une assiette fumante.

- Ah... Bonsoir... dit-il timidement et avec un accent particulier, alors qu'il avait pourtant l'air de parler avec autant d'aisance que si c'était sa langue maternelle.

– Maria m'a dit que vous lui aviez sauvé la vie, je vous en remercie infiniment, Maria est une femme fantastique, dis-je.

– Oui. Elle s'occupe bien de moi...

– Où est ce que vous comptez aller une fois guéri ? lui demandai-je, curieux de savoir s’il comptait s'imposer définitivement chez Maria.

– Je... Je sais pas... Chercher... Chercher comment retourner chez moi...

- Et c'est où chez vous ? demandai-je voulant à tout prix en apprendre le maximum sur cet inconnu dont la présence chez Maria ne me rassurait pas.

– Je sais pas... Sûrement très loin, personne ici n'a entendu parler de chez moi...

– Comment êtes vous arrivé à Midocre ? demandais-je en citant le nom de mon royaume.

– Je... Je me suis égaré... Lors d'une bataille... Je... J'ai changé de dimension...

– Hein ? De dimension ? Qu'est ce que c'est ?

– Un monde. Une dimension, c'est tout un univers. Ici ce n'est pas la mienne. Je me suis égaré très loin de chez moi. Je ne pense pas avoir beaucoup de chance de pouvoir y retourner...

– Et c'est comment chez vous ? fis-je septique et suspicieux.

J'avais déjà décidé que ce pauvre garçon n'avait certainement plus toute sa tête... Mais seulement, après l'intermède avec la princesse, dans le cachot, je savais qu'il ne fallait jamais préjuger de rien.

– À la fois pareil, et très différent... dit-il. Les lois de la nature sont pas toutes les mêmes ici. Je trouve ça tellement bizarre que vous soyez si faible... Si petit... Et que vous vieillissait si vite... Mais, ici aussi, le jour succède à la nuit, même si votre ciel nocturne ne possède qu'une lune...

– Avez vous perdu la raison ? Lui demandais-je malgré ma bonne résolution de garder l'esprit ouvert.

– Je ne crois pas... dit-il avec hésitation. Mais un fou aurait-il conscience de sa folie ?

– Qu'est ce que vous faisiez chez vous ? Vous avez parlé d'une bataille ? Vous étiez soldat ?

– Non. Enfin si. Mais uniquement parce que c'était la guerre. Je n'avais pas le choix... Je suis musicien... dit-il en observant ses mains d'un air pensif, elles avaient deux larges paumes mais de longs doigts assez fins et très élégants.

C'est à ce moment là que la porte de l'auberge vola en éclat. Et que cinq hommes équipés d'armes et d'armures dans un métal noir et laqué d'excellente qualité envahirent l'établissement.

_ Northumber ! cria l'un des hommes, qui semblait être le chef. Nous t'avons pourchassé jusqu'à ce monde, et maintenant tu vas mourir !

Mais à peine avait-il fini sa phrase, que Mikel agrippa une énorme hache à double lame qui paressait appuyé contre le mur, et que Gale n'avait même pas remarqué jusque là.

Et d'un mouvement ample et simple, Mikel transperça le nouveau venu avec une aisance déconcertante.

-Allez vous en... dit-il aux autres tout en sortant la hache du corps de sa victime, et en la posant sur son épaule. Emportez votre défunt camarade et partez si vous tenez à la vie.

Malheuresement ils ne l'écoutèrent pas, et après s'être concerté du regard ils lui sautèrent dessus conjointement, mais avant même qu'ils l'atteignent Mikel en avait fauché trois mortellement d'un mouvement de hache. Mais le quatrième par contre poignarda Mikel dans le ventre qui tituba en arrière, et enfonça sa hache dans le crâne de son agresseur.

Dans le silence Mikel perdit l'équilibre et s'assit sur le plancher.

– Michael ! cria Maria. Oh mon Dieu ! Gale ! Vite fais quelque chose ! cria-t-elle désespéré.

– D'accord, m'entendit-elle répondre avec un calme qui l'étonna.

– Maria, surtout quoique tu voies, jures moi de ne le répéter à personne, dis-je tout en utilisant mes pouvoirs pour soigner Mikel.

– Mon Dieu Gale ! s'exclama Maria en voyant la blessure se refermer. Mais c'est un miracle !

– Merci, dit Mikel bouche bée.

– De... De rien... dis-je en hésitant à mon tour.

– Gale tu... hésita Maria. Tu es un magicien ?

– Pas vraiment Maria, je ne sais que soigner les blessures.

– Bah c'est déjà pas mal si tu veux mon avis ! s'exclama-t-elle. C'est un don formidable que tu as là Gale ! Pourquoi le caches-tu ? Imagine tout le bien que tu pourrais faire avec !

– Je... Maria... Je préfère que personne ne le sache...

– T'en fais pas va ! Si tu ne veux pas, je ne dirais rien. Je comprends que tu as peur de la réaction des gens, la plupart sont vraiment des idiots... Mais c'est quant même du gâchis !

– Je ne dirais rien non plu... ajouta Mikel tout bas.

– Merci, fis-je.

– Gale ? me demanda timidement Mikel.

– Oui ?

– Aimerais-tu que je reste avec toi désormais ? me demanda-t-il.

– Pardon ? fis-je, perplexe.

– Je... euh... Je ne peux pas rester ici éternellement... Je cause des soucis à Maria. Elle a dû fermer son auberge à cause de moi... Je... Je sais pas où aller... Je suis poursuivis... Et je te suis redevable maintenant. Si... Si tu veux bien de moi... J'aimerais t'aider...

– Je dois retrouver une femme. Ça ne sera sans doute pas facile, dis-je en souriant, et je crois qu'un immense protecteur blond ne sera pas de trop.

– Merci, dit-il, et je crus qu'il allait fondre en larme.

– Ouais, c’est bien beau tout ça, les garçons, mais d’abord vous allez me nettoyer ce merdier ! dit alors tout d'un coup Maria en désignant les corps ensanglantés qui gisaient par terre.

– Oui ! Bien sûr ! paniqua légèrement Mikel. Je vais tout nettoyer, c’est moi le responsable après tout…

– Ne dis pas de bêtise. Tu nous as sauvé, remarquais-je.

– Sans moi, ils ne seraient pas venus ici. Et vous aussi vous m’avez sauvé. Et vous, au moins, vous n’avez tué personne…

– Ne sois pas idiot, j’ai été soldat, j’ai déjà tué, répondis-je.

– Ah bon ? fit-il sincèrement étonné. Vous êtes tous si frêles… Je n’arrive pas à faire la différence entre les gens normaux et les guerriers…

– Les gens sont donc si costauds là d’où tu viens Mikel ? demandais-je.

– Oui, pour les gens de chez moi je suis plutôt petit et mince…

– Alors là ! s’esclaffa Maria en désignant l'impressionnante carrure de Mikel. Incroyable ! Petit et mince qu’il dit ! C’est à mourir de rire !

– J’avoue que je te trouve très grand Mikel, dis-je, combien mesures tu ?

– Deux mètres et quinze centimètres je crois… Et je dois peser dans les cent dix kilos…

– Je vois, moi je suis d’une stature normal, je mesure un mètre 83 et je pèse 75 kilos. Ça fait une sacré différence tout de même ! m’exclamai-je, pensif. Juste par curiosité, c’est quoi une stature moyenne dans ton monde Mikel ?

- Eh bien… Dans les deux mètres trente et environ cent vingt kilos, je présume… fit Mikel.

Puis il s'exclama :

– Attendez ! Ça veut dire que vous me croyez ? Vous me croyez quand je vous dis que je viens d’un monde parallèle ?

– Oui, dis-je alors que Maria acquiesçait en même temps.

Je ne savais pas au juste quand est ce que j'avais changé d'avis, mais j'étais maintenant convaincu.

– Qu’est-ce qui vous a convaincu ? demanda Mikel, curieux.

– J’ai vu quelque chose d’incroyable hier, dis-je, quelque chose que je croyais impossible, alors après tout, pourquoi est-ce que d’autres mondes n’existeraient pas ?

– Moi je viens de voir un de mes amis que je croyais connaître, soigner une plaie mortelle rien qu’en posant sa main dessus… rigola Maria.

– Si tu viens avec moi Mikel tu auras peut être une chance de pouvoir rentrer chez toi… fis-je en pensant à la princesse.

– Ah bon ! Comment ça ? m'interrogea-t-il.

– La fille que je recherche, c’est une princesse, elle dit que son royaume possède de nombreux experts en magie, l’un deux connaîtra peut être un moyen de te ramener chez toi. Comment as-tu changé de dimension, comme tu dis, par magie ? Veux-tu nous raconter ? Ça m’intrigue.

– Si vous voulez… Je… Chez moi je suis le troisième fils d’un noble. Il y a quelques années, une faille surnaturelle est apparue. C'est comme un fissure dans la réalité... Des gens en sont sortit, une armée, et depuis, c’est la guerre. D’autres failles se sont ouvertes, les combats sont incessants. Lorsque l’on passe par ces failles on se retrouve dans un endroit bizarre. Nous l’avons appelé : « Le pont entre les monde ». Il semble qu’il a été créé par de très puissants magiciens d’un autre monde, il y a très longtemps. Nos ennemis ont des mages qui contrôlent le voyage entre les mondes. Mais mon peuple commence à peine à contrôler ces failles. Lorsque nous sommes sur le pont entre les monde nous devons faire extrêmement attention de ne pas perdre notre chemin. C’est très difficile parce que tout se ressemble là bas. On dirait un gigantesque couloir dénué de tout ornement qui s’étend à l’infini, d’un blanc immaculé et parfaitement lisse, avec de chaque coté des fissures qui se ressemblent toutes. Normalement quant on passe une faille, on s’attache une chaîne magique au tour de taille, dont l’autre bout est solidement accroché dans notre monde. Pour revenir on n’a qu’a suivre la chaîne. Ces chaînes sont magiques, elles flottent au dessus du sol et n‘ont pas de consistance matérielle, si bien que l'on peut passer à travers. Mais alors que j’essayais de ne pas mourir lors d’une bataille que mon peuple perdait, ma chaîne a été détruite, certainement par un magicien ennemi... J’ai vraiment pas eu de chance, car même parmi les meilleurs, peu de mages peuvent faire ça… Quant les combats ont pris fin, j’étais miraculeusement encore vivant, mais complètement perdu… Aussi ai-je marché pendant un moment, mais j’étais mort de faim, de fatigue, de soif, et je perdais du sang de mes blessures. Je ne voyais rien à l’horizon, rien que du vide, du blanc et des failles de chaque côté. Si bien qu’en désespoir de cause, j’en ai traversé une au hasard… Et j’ai atterri non loin d’ici…

– Là où tu es apparu il n’y a pas une faille qui te permettrais de retourner dans le couloir ? demandai-je.

– Non. Ce serait bien mais quand on prend une faille sur le pont on réapparait pas par une autre faille. En fait, on apparaît comme ça, comme par magie, au milieu de rien. Et même si je prenais une nouvelle faille, nos magicien disent que sur le pont chaque faille est stable et mène toujours qu’a un seul monde, mais que dans chaque monde les failles mènent n’importe où sur le pont. Bref je suis coincé. À moins de trouver un magicien pour me servir de guide… Mais les seuls mage qui à ma connaissance comprenne le fonctionnement du pont, sont mes ennemis et veulent me tuer...

– Je vois... fis-je. En tout cas ça nous fait une bonne raison à tous les deux de retrouver cette princesse, concluais-je, elle pourrait peut être t'aider car elle m'a donné l'impression d'être calé en magie...

– Ouais, mais d’abord, le ménage ! dit Maria en nous tendant une serpillière dans un seau.


Le lendemain, après un bon petit déjeuner, Mikel et moi dîmes au revoir à Maria.

– Tu sais par où commencer à chercher Gale ? me demanda Mikel une fois dehors.

– Non mais, si tu étais une princesse écervelée et trop imbue de ta personne, où irais tu après avoir était injustement jetée en prison ? demandais-je.

– Si j’étais vraiment culottée j’irai sans doute me plaindre à la cour du roi…

– C’est-ce que je pense aussi…fis-je.

– On ne devrait pas d’abord demander ? Se mettre au courant des rumeurs... Personne ne parle d’elle en ville ?

– J’en sais rien, dis-je, j’ai passé tellement de temps dans un cachot humide et puant que je ne sais pas se qui ce dit en ville… Quel idiot ! J’aurais dû demander à Maria ! Pas mieux qu’une aubergiste pour être au courant de tous les derniers ragots !

– Dans un cachot ? s’interrogea Mikel, tout d’un coup inquiet de se promener avec un criminel.

– Oh, ne t’en fais pas, dis-je après avoir capté son regard. Je n’avais pas fais grand-chose, juste une petite bagarre un peu ivre… fis-je d'un ton rassurant – en fait j'avais plusieurs fois tabassé de nombreux gars et sacrément réduit le mobilier de plusieurs tavernes, complètement saoul.

– Et on t’avais enfermé tellement longtemps que tu n’es plus au courant de rien en ville ! fit-il. Seulement pour une bagarre ?

– Eh bien… C’est que je suis récidiviste… expliquais-je. Et puis au bout d’un moment personne n’en avait plus rien à faire de moi, je crois qu’on m’avait oublié dans ma cellule, ricanai-je.

– Mais c’est horrible ! Dans mon monde personne ne serait oublié dans un cachot pour une simple bagarre ! dit Mikel, outré.

– Dans ce cas j’aimerais bien connaître ton monde Mikel. Il a l’air meilleur que celui là.

Tout en discutant, nos pas nous avaient menés devant le palais. Une foule bruyante était entassée devant les portes royales.

«Qu’est-ce qui se passe ? demandais-je à un passant après mettre précipité.

– Ils vont exécuter la princesse sorcière ! me répondit alors un vieillard tout excité.


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Dernière mise à jour le 03/03/2015