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 Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve

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Naelin

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Tache d'encre

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MessageCommentaires de Jusqu'à la fin du rêve   Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve Icon_minitimePublié le : Lun 1 Nov 2010 - 10:11

Vous avez la parole ^^
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Lou

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Tache d'encre

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MessageRe: Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve   Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve Icon_minitimePublié le : Lun 1 Nov 2010 - 11:00

ecriture sèche dis-tu, je ne suis pas certaine de ce que ça veut dire....j'ai lu ton texte pour comprendre.


Quelques redondances, quelques fautes, tes phrases courtes rythment ton récit. Sur le fond, ton histoire est bizarre, l'ambiance est bizarre comme cette fille, peut-être parce que ce chapitre est essentiellement descriptif.

Au passage je ne vois pas où est le mal de courir les cheveux au vent plutôt qu'attachés ( mais bon ce n'est qu'un détail)

Le fait que tu passes du" nous" à "je" me gène un peu.

bref je ne suis pas sure de vouloir savoir pourquoi elle court cette fille aux cheveux noirs et aux yeux bleus mais je suis curieuse...
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Naelin

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MessageRe: Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve   Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve Icon_minitimePublié le : Lun 1 Nov 2010 - 11:17

Sèche parce que justement, je fais des phrases courtes xD
Et il faut admettre que c'est plus facile de courir avec des cheveux attachés, non ?
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Lou

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MessageRe: Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve   Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve Icon_minitimePublié le : Lun 1 Nov 2010 - 11:24

Naelin a écrit:
Sèche parce que justement, je fais des phrases courtes xD

Personnellement, ton style "phrases courtes" ne me rebute pas.

Citation :
Et il faut admettre que c'est plus facile de courir avec des cheveux attachés, non ?

facile je ne pense pas , plus pratique ça c'est une certitude. Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve 79715
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Naelin

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MessageRe: Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve   Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve Icon_minitimePublié le : Lun 1 Nov 2010 - 11:28

Soit xD
Tant mieux si ça ne te gène pas, je crois que ce ne sera pas le cas de tout le monde, m'enfin...
Ah, pour les fautes, par contre, ça c'est ennuyeux, je vais devoir me rererelire xD

Enfin, le passage du nous à je est totalement voulu, bien sûr, mais je pense que la suite expliquera...
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Edward Smith

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MessageRe: Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve   Commentaires de Jusqu'à la fin du rêve Icon_minitimePublié le : Jeu 10 Nov 2011 - 17:46

Bonsoir,

Comme tu dois t’en douter, cela fait un moment que je voulais commenter ce texte. J’ai d’abord mis un certain temps à commenter le moindre texte ici. Poster, exhiber ses « poèmes », ses griffonnages est une chose facile : je les postes, je me délecte des interprétations, me flatte des compliments, m’insurge des critiques que je juge trop anodines, trop peu « littéraires » lorsque j’ai décidé de croire un instant que je savais quelque chose de la littérature. La plupart des membres de ce forum sont des inconnus, des personnes dont j’apprécie les qualités mais qui finalement ne risquent pas de me blesser. Commenter a été pour moi une première difficulté : je n’avais aucune envie de « commenter pour commenter », donner mon opinion de publique lointain, dans le genre facebook, « j’aime ». Alors devrais-je commenter dans le style « cours de littérature de Khâgne » ? J’ai déjà prouvé à plusieurs reprises que je ne faisais que des choses très moyennement satisfaisantes dans ce domaine, pour la raison très simple qu’à mon sens l’exercice introduit une distance qui, si elle n’est pas à la hauteur de celle qu’implique la dissertation, m’est difficile à supporter. J’ai dans cet exercice l’impression atroce de devoir me couper complètement de ce que le texte m’évoque pour être le plus proche possible d’une convention datée, arriérée, qui elle n’a rien compris à la littérature – dans la mesure où moi-même j’ai l’impression de mieux la comprendre qu’elle -. Finalement je me suis lancé dans le « point de vue essayant d’être un minimum intelligent voir constructif ». Je ne prétends pas réussir dans cet exercice – je ne prétends jamais réussir dans un exercice quel qu’il soit, tu le sais bien -, mais disons que j’ai l’impression de faire avancer quelque chose lorsque je m’exprime sur un texte de cette manière. Sur les textes « d’étrangers », de « bonnes connaissances » du moins. Or cette fois une difficulté nouvelle s’offre à moi : nous ne sommes pas des étrangers. Et ce que j’ai à commenter n’est pas un délire de fan plus ou moins bien construit – voir brillant qui sait – sur un jeu vidéo pour lequel je m’empresserais de me cacher derrière le relevé des références au jeu en question et de ce qui m’interpelle dans ta reprise de l’univers, dans la psychologie des personnages, voir pourquoi dans la forme de l’écrit. Oui, ça aurait été court, plutôt amusant. Pas d’introduction titanesque comme je suis en train d’écrire, pas de peur de dériver au moindre instant, pas de remise en question. Mais nous nous connaissons suffisamment pour savoir que, même si on le voudrait bien, le « simple » ce n’est finalement pas notre truc – ou du moins que lui ne nous aime pas beaucoup -.

Ce texte que tu présentes est, tu me l’as dit toi-même, à la fois transcription d’un rêve que tu as fait et écrit de ton invention. Un écrit un peu biographique donc, très personnel, où je pourrais presque sortir mon cigare et parler de ton rapport à ta mère – que j’apprécie beaucoup hein, pas de mauvaise interprétation -. Cependant je n’ai aucune envie de te psychanalyser – j’en serais bien incapable par ailleurs -. Je n’ai pas besoin de ton inconscient pour t’apprécier. Et la connaissance que j’ai de toi, bien qu’incomplète, elle le sera toujours, me place dans une position délicate face à cet écrit, face à ce récit onirique : il ne s’agit pas du rêve de Diderot ou je ne sais quel auteur qui, bien que m’étant fort sympathique, n’était pas assis à côté de moi en Latin en 5e. Il n’a pas été mon ami depuis près de huit ans maintenant. Il n’a pas été cette personne avec qui j’ai une expérience de la vie, des confidences, une complicité. Alors me vient cette question : que dois-je faire de cette connaissance que je crois avoir de toi ? Est-ce que je dois l’écarter, lire ce texte comme celui d’un inconnu ? Je serais bien prétentieux de m’en croire capable, et prétendant déjà écrire j’irai loin dans la fausse modestie en allant en plus envisager cela. Devrais-je te prendre en compte, noter ce que je sens de biographique dans ton texte ? Oui, certainement, au moins un peu. Mais là je me perdrais dans un éloge de l’humain fortement malvenu, comme si je me fichais de ton texte, comme si je n’avais qu’envie d’être un lèche-botte. Alors j’ai décidé encore une fois d’abandonner ce conflit. De chercher une médiation, un équilibre.

Pourquoi cette longue introduction qui maintenant dépasse ma page Word ? C’est un parachute. Si je m’écrase dans mon commentaire, si je montre mon incapacité à trouver l’équilibre, j’aurai la consolation d’espérer que cette longue justification me servira déjà d’excuse. Au moment où j’écris ces lignes je ne sais si mon commentaire ne sera pas plus court que cette introduction. Je me sens un peu ridicule. Mais j’avais besoin de l’écrire.

Entrons dans ton texte sans plus de bavardages. J’ai décidé de faire quelque chose de plus linéaire que thématique. Ce risque donc de partir un peu dans tous les sens, tu m’en vois navré…
Le titre d’abord, parce que pour une fois je peux faire une remarque sur le titre, ce que j’oublie la plupart du temps. Je parlerais ici de ton titre général « Jusqu’à la fin du rêve… ». Il y a quelque chose d’intéressant à mon sens dans ce titre, comme une idée épique qui pourtant reste dans le domaine du commun. On a l’impression d’un long voyage, étendu évidement par la ponctuation qui sonne à la fois comme un soupir et une extension. Peut-être y a-t-il même contradiction d’ailleurs dans ce titre qui prétend atteindre une fin, mais qui se suspend déjà lui-même, coupé dans son élan, comme s’il s’arrêtait en cours de route ou promettait d’aller au-delà même de ce fameux rêve. Je ressortirais de ce paradoxe l’idée d’un texte qui veut aller au-delà de cette histoire onirique mais qui, en même temps, serait en recherche d’humilité, qui au fond n’est qu’un « rêve ». On pourrait donc y voir un questionnement sur la nature même de ce texte qui ne t’est apparemment pas précise – ce n’est nullement un reproche, j’aime de genre de texte -, et qui a donc une difficulté à se définir de lui-même. Le sous-titre toutefois me fait beaucoup moins d’effet malheureusement, et me parait un peu pragmatique face à un tel texte, comme une définition au premier degré pas très heureuse. Cependant ce côté pragmatique et terre à terre sonne un peu moins comme une incorrection lorsque le reste de la lecture est faite.

Dès le premier moment de ton texte j’observe cette lutte entre onirisme et pragmatisme. Alors que le récit démarre, abrupt, dans une course et donc déjà pressé – comme une métaphore de ton style d’écriture si je puis me permettre, il ne s’agit absolument pas là d’un reproche. Mais je trouve que cela convient assez bien « pressé » -, dans un rythme assez saccadé, une énumération d’éléments de « décors », ou du moins d’une situation qui s’accumule, il est immédiatement coupé par le narrateur, et définit comme impossible. A la première ligne apparait déjà l’idée de la contradiction, peut-être contradiction de soumettre au récit éveillé le fantasme onirique, en tout cas le retour du narrateur sur son propre récit. Il y a un combat dans ton texte à mon sens : un combat entre ton pragmatisme, ton analyse froide et méthodique, et le sentiment purement artistique, voire peut-être – mais je m’avance trop loin sans aucun doute – le sentiment en général. Le froid de cet univers ne peut pas, dans cette condition, ne pas m’évoquer cette réflexion froide, impersonnelle qui vient s’opposer à la course de cette jeune fille qui représenterait sous cet œil l’amour, l’éros, mais plus généralement ce qui a attrait au poétique, au rêve, à ce qui est l’antithèse de cet esprit analytique, « réaliste » dans son sens fort. On dresse dès le départ des barrages à sa course. Elle les déjoue dès le retour à la ligne par sa différence.

Que dire de cette phrase « Elle était différente ». Il serait mentir que d’affirmer que cette phrase est exceptionnellement originale, elle apparait d’abord comme un lieu commun, la différence de l’être aimé. Néanmoins, je ne trouve pas en cette jeune fille que le motif de la fascination amoureuse, et je vais donc tenter d’interpréter cette phrase différemment, à la lumière de mes précédentes positions. La « différence » peut alors justement marquer cette rupture, cette fois exprimée très clairement, entre cette fille et son monde, entre l’émanation poétique et la rigueur analytique. Il y a dans le rejet une affirmation clairement posée, un constat de ce combat et de ce relief venant d’apparaitre presque immédiatement.

Dès lors la perspective change, brusquement. N’apparait plus la scène de la course, comme un tableau en mouvement, mais une sorte d’analyse – le mot est révélateur – psychologique du personnage. Analyse qui est elle-même aveu d’échec, cette jeune fille ne laissant rien apparaitre à la surface. La lutte continue alors à mon sens, là où l’analyse froide chercherait dans le visage de l’onirique une faille, quelque part où s’engouffrait, mais en restant en surface ne parait que faire le constat de son incapacité. J’ajouterai alors à cette image « l’imperméabilité », « l’hermétisme » - pour rebondir sur la notion du « visage fermé en permanence » - du poétique et de l’onirique – je lie les deux dans ton textes car je pense que la double interprétation peut se défendre, mais j’ai peut-être tort d’y croire -, le sens qui échappe à l’analyse froide, ce qui se dresse comme une limite pour lui. Le stoïcisme a bien évidement son importance à mon sens, car assez bien ancré dans ton caractère en général. Il y a donc un caractère mélioratif à cet enfermement à mon sens, dans une interprétation purement biographique. Pour terminer sur ce passage, je lui trouverais peut-être une contradiction avec mon interprétation principale : cette jeune fille que j’interprète comme une allégorie de ce qui fait partie du sentiment, du rêve et de la poésie est justement celle qui dissimule ces émotions. Sans doute pourrais-je relier cette observation et ma théorie en envisageant justement la poésie comme l’art de dissimuler son émotion tout en l’exprimant, ou encore en parlant d’un sentiment qui n’apparait jamais comme ce qu’il est aux yeux des autres ou de la raison. L’amour n’est jamais l’amour pour l’autre au sens où il le ressent : lorsque je vois quelqu’un aimer je n’ai pas l’impression d’aimer moi-même – à l’exception peut-être de l’amour de la personne que l’on aime, mais ce serait une autre histoire -. Dans cette impassibilité il y aurait l’impossibilité d’atteindre le cœur du sentiment, son essence. Pour le rêve, je me défendrais comme pour la poésie en le présentant, dans des termes un peu freudiens, comme l’apparition imagée du désir.

Arrive alors une nouvelle impossibilité, un nouveau conflit, directement après ce motif de l’hermétisme : impossibilité de la beauté du personnage, dont la condition serait le sourire, l’extériorisation. Je dois avouer avoir un problème purement stylistique avec la phrase du milieu. Non pas que j’ai quoi que ce soit à redire au sens, mais il y a à mon sens dans la formulation de cette phrase une trivialité qui ne se justifie pas même au travers de mon analyse du prosaïsme du narrateur. Evidement cette remarque est parfaitement – stupidement – personnelle, mais je pensais tout de même la soulever, histoire de donner un peu de caractère affectif à l’austérité de mon commentaire. Ne t’en fais pas je ferais aussi des remarques stylistiques dans le positif – mais tu sais que quand je ne dis rien c’est que généralement je trouve cela plutôt bon -. Du reste le passage évoque pour la première fois une notion purement esthétique, celle de la beauté. En liant cette remarque à mon grand fil conducteur du combat entre onirisme et prosaïsme, on pourrait voir ici la volonté de l’analyse de voir enfin surgir le sens du non-dit, où il pourrait alors accepter ce poétique qui la dérange, la trouble. Nouvel échec, et donc nouvel angle d’attaque.

Ce nouvel assaut de l’analyse porte sur ce merveilleux passage très central à ton texte, d’un motif très central dans mes textes par ailleurs et que, de fait, je ne peux qu’aimer, à savoir une focalisation sur les yeux, le regard ce la jeune fille. Notons d’abord la distinction très nette entre yeux et regard dans ton texte. Poétiquement je fais très peu cette distinction, elle m’a donc semblé intéressante et ici même pertinente. Car le regard vis, il est puissance dans ton texte. Les yeux n’en sont qu’une sorte de réceptacle, ils sont ce qui contient cette vie. Petite imperfection à mon sens dans la formulation de la première phrase cependant, c’est dommage, mais encore une fois très personnel, dans ce « … et plus à son regard », qui à mon sens n’introduit pas la force du passage qui le suit avec suffisamment d’intensité. Intensité, le terme est heureux, puisque c’est de quoi il est question dans ledit passage. Pour la première fois le narrateur manque de tomber dans le lyrisme. Bien entendu il prend toutes les précautions possibles : il amène sa comparaison en grande pompe, cherchant d’abord la qualification, lourdement, puis finalement se résignant à l’image une adresse au lecteur, comme s’il disait à peu près « tu l’entends ma grosse métaphore ? », pour se dédouaner de toute divagation lyrique ; il est le raisonnable, l’analyse lui, mince ! Il n’empêche que la puissance de ce regard, cet abysse manque de l’emporter. Bien évidement je pense peu utile, après cette exposition de mon point de vue, de développer longuement sur ce que j’y vois dans le combat entre onirique et pragmatisme. Le point de tension est à son paroxysme : l’analyse manque elle-même de se perdre en poésie. Elle en est par ailleurs « effrayée » par cette beauté qui lui est parfaitement étrangère. Je suis d’ailleurs désolé de faire mon khâgneux de seconde zone, mais je ne peux pas m’empêcher de me rappeler ces vers de 1909 d’Apollinaire :
« Cette femme était si belle
Qu’elle me faisait peur »
Je pense que l’on retrouve l’idée d’une beauté tellement forte qu’elle nous est totalement étrangère et donc terrifiante dans ce passage. L’idée que ce motif poétique peut être bien autre chose qu’un idéal, qu’il peut être rejeté, parce qu’il révèle quelque chose de trop profond. Le narrateur sent qu’il doit s’éloigner de la dangerosité de cette possibilité de découvrir le vrai du poème, du rêve, du sentiment.

Il repousse alors l’angle de vue pour se poser alors la question de la course. Là encore on peut voir dans ce questionnement un raisonnement « métalittéraire », où va donc la poésie, où va le rêve, conduisent-ils à quelque chose, finalement ? L’intéressant à cet instant est que la volonté despotique du narrateur-analyse faiblit clairement. Il termine sa phrase par une modulation, une possibilité d’être mis en doute, « Du moins, je crois ». Toutes ces défaites semblent avoir affaiblit la puissance analytique, qui ne peut s’empêcher de questionner mais qui, du même coup, se remet elle-même en question. Suis-je véritablement utile à cette course ? Chercher son sens, est-ce là la question ? D’autant plus qu’apparait un danger : il y a la « neige ». « C’est dangereux, la neige » affirme ce narrateur, dans une formulation presque penaude, un peu en retrait, enfantine. Ce danger est à mon sens un « glissement », ici du sens. Un raccourcit qu’on serait tenté de prendre et qui ferait trébucher la jeune fille-onirisme dans sa course. Le froid de la neige, encore une fois, me ramène au froid de l’analyse : le narrateur semble prendre conscience du danger pour le poétique de courir au milieu de la raison qui lui est hostile, qui pourrait l’engloutir, la faire trébucher. Mais peu lui importe, à cette jeune fille, elle court, « Tout simplement ». Sous « l’éclairage » - pas forcement éclairé - de ma pensée de ton texte, il y a quelque chose de choquant à voir le narrateur prononcer cette phrase : l’analyse admettant qu’il existe du simple. Pourtant c’est là une évidence. Finalement, pourquoi ne pas laisser l’onirisme, le sentiment, le poème, être sans avoir à rendre de comptes à la raison ? Pourquoi poursuivre la vaine tentative d’interprétation qui, comme le texte le démontre depuis ses débuts, échoue à chaque fois et manque même de sombrer dans la métaphore ? On a l’impression d’un accord ici, d’un instant de paix où tout s’accorde en simplicité.

Pourtant l’accord se veut de courte durée, puisque, fort de cette acceptation, nous repartons dans l’évocation de la course, avec d’abord des indications climatiques, un vent qui redouble, de la neige qui s’intensifie. Paradoxalement, ce qui semblait être accord redeviens ici acharnement nouveau, comme si l’analyse avait cette fois l’intention de se heurter de front à cette jeune fille, à la stopper dans sa course. Une nouvelle situation nait alors de ce changement de climat : il s’agit de la réaction du poème à la bourrasque impitoyable de l’analyse froide et posée. Avant cela, seul un regard assez peu engagé dans l’introspection avait été jeté sur elle : c’est ici que la lutte véritable se lance. Le premier effet de la tempête est nul, et à nouveau le narrateur s’en étonne. Le motif des cheveux me semble avoir une importance particulière ici que j’ai du mal à saisir. Dans ma perspective, j’aurais pu y voir ce qui se dévoile du poème, voir du sens sous le poids de l’analyse, qui, alors qu’on pourrait croire à une victoire, n’est en réalité qu’un objet sombre, puissant, semblant supérieur au vent lui-même, qui ne fait que le renforcer. Finalement l’analyse bien loin d’être antagoniste apparait comme une possibilité de renforcer l’onirique en en révélant le sens. La contradiction est évidente avec la première partie de mon analyse, et donc peu satisfaisante, mais c’est là la seule réflexion que j’ai pu faire. En tout cas en résulte une nouvelle impuissance de l’analytique puisque la jeune fille « court toujours ».

S’ensuit une nouvelle approche, de l’allure cette fois. Je n’ai qu’assez peu de choses à dire sur ce passage, du moins qui diffère de ce que j’ai déjà pu dire. La différence viendrait peut-être du fait qu’ici le poids de l’analyse se fait moins présent, comme pour appuyer sur le caractère perpétuel et parfaitement régulier de cette course vers un objectif, un but brouillé – le parallèle à la littérature est évidement irrésistible, celui avec le rêve lui-même est également fort tentant -. La régularité de la course peut également nous permettre quelques réflexions, en particulier si l’on entend l’allégorie dans son sens littéraire. La course de la littérature ne connait pas de raccourcit : elle est course depuis son existence, elle ne s’est jamais arrêtée, même briguée, elle n’a jamais ralentie. Elle ne semble pas non plus avoir accélérer : elle semble suivre une temporalité qui lui est propre où l’accélération ou la décélération n’ont aucun sens. D’où cette « meilleurs voie » évoquée dans la poursuite du but, par la même inconnu. Il y a donc connaissance de la meilleure allure, même sans savoir où elle se rend, comme si finalement le but était toujours là, peut-être trop évident, trop premier pour qu’on le saisisse, dans la course de cette jeune fille. Peut-être que cette course est par ailleurs but en soit, le voyage, l’épopée. « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage » comme dirait un certain du Bellay. Mais je m’égare sans doute encore plus loin que je ne le fais déjà, ce qui est très fort tu l’admettras.

Le rythme s’intensifie dans le passage suivant, plus saccadé, plus difficile. « On ne voit pas à dix mètres » nous dit le narrateur, comme si l’introspection touchait à son point culminant, comme si l’analyse tenait à forcer la main, à découvrir absolument ce que cache cette allégorie onirique. Victoire, enfin la jeune fille chute, elle est épuisée, elle pourrait se dévoiler, enfin montrer son sens. Mais il n’en est rien. Elle a juste chuté. Elle s’est simplement blessée. La victoire de l’analyse sur l’onirisme semble alors ne mener à rien de précis, rien de concret, rien de crucial, et est même dangereuse. Car la révélation arrive cette fois plus concrète, prenant à parti le lecteur dans une première personne du pluriel. La jeune fille souhaitant éviter les regards m’apparait ici comme cet objet onirique ou poétique qui, justement, voudrait échapper au despotisme du sens, principe sur lequel le narrateur et la jeune fille semblait s’être accordé dans la simplicité première. Il semble alors revêtir un nouvel aspect dans ce passage : alors que cette jeune fille se retrouve mis à nue, révélant sa faiblesse, il se dresse devant à elle par une phrase nous prenant à parti, nous obligeant à détourner le regard vers nous-même, ou vers une image passée de la jeune fille, celle de sa course, où elle souhaitait atteindre un but, comme si c’était là l’essentiel, comme si cette forme enfin dénudée n’avait pas d’importance, finalement. Le lecteur ressent alors presque une honte à avoir cherché à comprendre avec ce narrateur, à avoir voulu violer la pudeur de la beauté terrifiante en course vers on ne sait quoi. Avant même que notre intérêt ai pu renaître, la jeune fille a déjà repris sa course. Toute l’entreprise engagée tout au long du texte a finalement résulté sur une ellipse. Nouveau constat d’échec, teinté ici d’une honte presque morale à avoir voulu dénudé ce qui n’avait pas à l’être, à avoir cherché à arrêter une course si belle parce qu’insaisissable.

Presque à la conclusion apparait une série de question, récapitulatives. D’un point de vue tout à fait justifiable, on peut voir en ces questions l’annonce de ce qui va suivre au cours de ce récit, l’ensemble des questions auxquelles l’auteur va tenter de répondre par l’introspection de sa psyché profonde. Toutefois, après toute mon analyse à la fois « métalittéraire » et s’appuyant sur une réflexion sur l’onirisme, il m’est impossible ne pas y voir des questions rhétoriques, amenant à relire à nouveau ce passage lui-même. Les réponses sont déjà offertes, ou plutôt l’absence de réponses y semble justifiée. J’espère que cette affirmation paraitra claire, car si elle ne l’est pas, c’est que j’ai manqué de me faire comprendre dans mes commentaires précédents.

Enfin, le chapitre rencontre sa conclusion sur une série d’affirmations. C’est ici que je ne peux m’empêcher d’être biographique. Car dans ces questions je retrouve tout à fait l’analyste que tu peux être, mais également l’acharnement et la confiance extrême que tu peux dégager. Tu n’as pas dit ton dernier mot dans ta lutte. L’analyse a l’air d’avoir échoué. Qu’importe, tu comprendras, quel que soit l’obstacle qui se dresse sur ta route, quel que soit ta difficulté à saisir quelque chose de cette course, de l’onirisme et même de la littérature. C’est trois phrases résonnent en moi comme une signature, peut-être mieux qu’une signature, comme l’ultime marque de ta présence.

Voilà, j’ai été très long. J’ai écrit cette critique en environs trois heures, j’espère donc que tu y trouveras un peu d‘intérêt… J’ai par ailleurs cru comprendre que tu avais débuté une suite. Je serais très intéressé de la lire. L’analyse fut longue, mais comme le poste de critique m’intéresse pas mal et que je pense que l’on va me reprocher un « trop plein d’objectivité » dans la mesure où j’analyse sans véritablement offrir mon goût ou non pour le texte, je me permets de résumer ce que j’en pense, très personnellement, dans une affaire de pur goût.

Dire que ton texte est parfait serait, tu en es conscient, te mentir. Dire que ton texte est sans intérêt le serait tout autant – voir plus -. Je n’ai que peu de choses à dire de l’approche en réalité : il y a dans cette remise en question du lyrisme quelque chose qui, à la première lecture, m’a rebuté, puis m’a fasciné. Je crois que c’est là le gros point fort de ton texte : tu nous racontes un rêve non pas en partant dans des métaphores complexes ou un peu naïves comme je pourrais le faire, mais au contraire en tentant de plaquer un esprit analytique sur ce rêve. Toutefois, si je peux te reprocher quelque chose, et ce uniquement sur ce texte, c’est une expression qui sonne parfois un peu étrange, même dans l’optique de ce que je viens d’évoquer. J’ai relevé quelques exemples dans mon analyse : je peux également relever le verbe « mouvoir » qui semble appartenir à un autre texte tant le tiens travaillait sur une expression simple. C’est là ce que je trouve dommage dans ton écrit. Cependant je ne doute pas qu’après notre année de dur labeur, tu as progressé dans l’expression, sans doute plus que moi d’ailleurs.

C’est enfin terminé ! en espérant que tu prendras le temps de lire ce long commentaire. Que les autres n’aient pas trop d’espoir : la sainte inspiration ne sera que très rarement aussi clémente avec moi…

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